Les personnages appartiennent évidemment à Masashi Kishimoto, mais il se peut que j'en créer. Chaque musiques que je partagerais au début d'un chapitre permet de vivre l'ambiance dans laquelle j'aimerai que le lecteur ressente quand il lit le récit. Le prologue n'est volontairement pas musical, étant donné que le silence représente le calme avant la tempête dans un premier temps, puis le tumulte de l'environnement des personnages.
PROLOGUE
"LE BIEN"
L'Agence nationale de la police est un grand réseau qui couvre toutes les démarches policières du pays. Elle est dirigée par la Commission nationale de sécurité publique, elle-même dirigée par le premier Ministre et le Cabinet du Japon. Le pays Nippon a toujours été connu pour sa sécurité irréfutable, sans aucune tâches noircissant ce tableau de propreté.
Evidemment il est bien connu que la police laisse des écarts et faveurs à certains dealers qui leur graissent la patte et qu'elle ferme volontiers les yeux sur les nombreux réseaux de prostitués, mais on ne peut pas vraiment en vouloir au plus vieux métier du monde, ni aux gens désespérés qui s'accordent du plaisir de temps en temps, en général on fait main basse sur ce genre de petits délires risiblement notoires.
Il n'est pas récent que le Japon est un rare des pays du monde où la criminalité est en hausse..
Et nous ne parlons surtout pas des suicides ayant lieu principalement dans les lycées avec le harcèlement des élèves. La violence morale après tout, n'est pas un crime.
..Mais, aujourd'hui, nous pouvons affirmer grâce aux statistiques établies par les médecins et les polices de toute la nation, que nous connaissons une véritable crise de meurtres sanguinaires. Et le territoire Nippon n'est pas le seul concerné par cette crise. En effet, aux quatre coins du globe, des tueurs qui appartiennent apparemment à une organisation similaire tuent des milliers de personnes. Des analyses ont permis de constater que toutes les victimes ont été retrouvées dénuées de cerveau, d'oreilles, de globes oculaires, de mains, de nez et de langue. Ces drames se répètent en France, à Washington, à Pékin, à Rome, à Moscou, à Berlin, et à Londres où encore aujourd'hui où on a retrouvé le corps d'un riche propriétaire dépouillé devant la Bank Of England. Cette organisation s'auto-définit comme un groupement de justiciers dans une lettre adressée à la Maison Blanche, voici la vidéo montrant le désespoir du président américain qui..
Les yeux noirs du sergent regardaient avec lassitude le président américain taper du poing sur son bureau en serrant l'autre qui contenait la lettre des tueurs devant la masse de journalistes qui ne cesse de piailler.
..Son discours n'est pas sans rappeler que ces fameux « justiciers » tuent des innocents dans les capitales les plus influençables internationalement.
Sasuke éteignit son téléviseur, et tourna sa chaise pour arriver face à son bureau qu'on ne voyait plus tant il s'y logeait de la paperasse. Paperasse qui portait entièrement sur les « justiciers ». On commence avec les hypocrites d'Anonymous et leur critique à deux balles sur la société de consommation tout en vendant eux-mêmes des lots de 3 masques pour une maudite somme de 40 dollars, et on finit avec une bande de psychopathes qui tuent pour montrer qu'ils sont effectivement bien présents sur cette terre et pas contents du tout. Génial.
Loin des pensées morbides de Sasuke Uchiwa, ce dernier a toujours été un des meilleurs flics de la criminelle japonaise, à tel point qu'il sera bientôt élu capitaine de la police de Tokyo à 25 ans par son grand chef, le commandant divisionnaire Hiruzen Sarutobi, bientôt remplacé par le capitaine actuel Hatake Kakashi.
Au département de la police métropolitaine de Tokyo, la Criminelle occupe le 18ème étage. Le dernier étage pour le sale boulot, heureusement qu'il y'a des ascenseurs et une machine à café pour motiver le sergent aux cheveux de jais tous les matins.
Il est 22h34, l'heure où tout le monde est déjà chez soi et idéalement, dans son lit. Ce n'est pas le cas de l'Uchiwa, il se sent plus chez lui au bureau que dans son 18m², même s'il savait qu'il pouvait être heureux d'avoir une telle surface à lui tout seul dans cette capitale surpeuplée. Malgré ses apparences de lieutenant désabusé, l'affaire des justiciers le passionne énormément. Chaque jour il trouve goût à son intérêt et ce pour chaque piste qu'il mène. Un odeur de café émane soudain dans l'air.
« Tu rentres pas Uchiwa ? »
Ledit Uchiwa se tourna pour tomber face à Kiba, son partenaire.
« Personne ne m'y attend et plus je prends du temps pour bosser sur cette enquête et moins on aura de victimes, surtout qu'annoncer la mort de celles-ci à leur famille est loin d'être ma partie préférée du gâteau.
- Refile ça à un stagiaire, tu crois que je fais quoi moi ? dit-il en tenant un des cafés qu'il tenait à son collègue qui tendait déjà sa main.
- Tu penses ça sérieusement que j'vais encore essayer d'en trouver un ? Surtout que, avoue quand même que t'as pas choisi Sakura pour son intelligence et son assiduité au travail.
- Elle est très compétente figure toi, et je parle pas seulement de sa paire de..
- Kiba si c'est pour dire des conneries décampe et laisse un message sur ma boite vocale que je me ferais un plaisir de supprimer, tu veux ? »
Kiba se mit à rire, Sasuke avait un tempérament odieux mais c'est, après tout, ce qui faisait de lui un bon flic.
« Décoince toi un peu, t'es trop contracté sur cette affaire en faisant du 15h par jour tu vas finir par avoir des crampes à vie vieux. Sasuke nota avec étonnement la subtilité dont a fait preuve son collègue dans cette phrase.
- Je veux absolument coincer ces enfoirés, s'ils tuent dans chacune de ces capitales importantes ça veut dire que l'organisation est coupée en 8, je ne sais pas à combien ils sont dans chacun de leur petit groupe mais ils résident tous dans leur capitale respective, j'veux au moins coincer ceux qui sont ici.
- Et s'ils sont séparés, ils sont obligés de communiquer.
- Exactement, faut trouver leur moyen de communication. Kakashi m'a dit que le Capitaine était en train de réunir les informations reçues par la NYPD, peut-être qu'ils ont une piste là-dessus.
- T'en as parlé au lieutenant ?
- C'est évident qu'il le sait déjà Kiba, il faudrait juste qu'il mobilise les troupes pour qu'on s'mette à chercher tout ça. »
Kiba leva la tête en arrière, tandis que Sasuke regardait la ville encore animée à travers la bais vitrée. Tous deux savaient très bien qu'on leur cachait des choses à propos cette affaire, son envergure en est une cause. Ce dossier est ouvert depuis un mois et il n'y a aucune piste concrète, comme si certains visaient à en brouiller quelques-unes. Les magouilles du système pour éponger ou rentabiliser une enquête importante a toujours répugné au plus haut point Sasuke, ce fait indéniable que l'argent vaut plus que la vie d'un être humain.
« Pause cigarette ? »
Cela sonnait comme une question rhétorique pour l'Uchiwa.
"LE MAL"
La vengeance est un plat qui se mange froid, et il a toujours eu pour coutume d'appliquer cette loi pour une question de justice, sa Justice. Celle qui dénonçait toutes les horreurs des guerres, qu'elles soient physiques, idéologiques ou symboliques. Vivre au détriment des autres et en dépendant d'un système c'était tout bonnement impensable.
Il ne comprenait pas comment un être qui se revendique marginal – et il y en a de plus en plus – ne faisait rien pour se sortir des sables mouvants créés de toutes pièces par l'Etat.
Il passait son temps à essayer de se sortir de cette galère. Du haut de ses 21 ans la vie ne l'intéressait plus, ne le stimulait déjà plus. Il ne pouvait vivre en endossant toute la misère du monde, parodiée par l'actualité des médias, sur ses épaules impuissantes. Alors quand on est dans une impasse, on cherche une issue, un moyen de s'échapper, c'est ce qu'on appelle l'instinct. Non pas qu'il se donne une excuse pour ses actes, tout le monde pourrait croire qu'il réagit comme un être primitif, dénué de sens, de morale ou de conscience. Tout le monde, mais pas eux.
Il avait surfé de blog en blog à la recherche de militants actifs du monde entier. En tâtonnant sur le deep web* il tomba sur des pages de militants effectivement actifs : les vidéos n'en démordaient pas. Des vidéos de meurtres pas pure symbole – et non pas de désir - de vengeance contre la misère, la cruauté. Des gens qui voulaient réellement changer le monde, des antimondialistes convaincus et convaincants. Ils avaient créé un groupe dans lequel on pouvait entrer librement après un certain contact avec quelques-uns des membres.
Comment ignorer des engagés pareils ? Sa raison prenait tout de même le pas sur ses envies, la première fois il ferma toutes les pages. Mais un mois plus tard s'en était trop, il y pensait tous les jours, et le poids accablant de ses cours sur le dos n'y arrangeait rien. Il n'avait qu'une envie : parler à des militants, après tout, ça ne l'engagerait en rien. Une semaine plus tard, il prenait goût à tout ce qui touchait à cette « organisation », son envie enveloppa tout son être, et ce fût si naturel et rapide qu'il ne se rendit quasiment pas compte que le lendemain il avait rendez-vous avec un des membres nommé Shukaku, un des « leaders » de la troupe qui s'occupait de « nettoyer les impuretés » de Tokyo.
La rencontre fût explosive. Il abandonna sur le champ ses études en informatique dans lesquelles il n'apprenait rien. Passionné d'informatique dans son ensemble, il a été autodidacte depuis qu'il a eu son premier ordinateur en main à 10 ans. Après avoir eu ses diplômes scolaires avec une aisance incroyable, son intérêt pour le monde informatique l'a amené naturellement à faire ce genre d'études, mais leurs niveaux étaient bien trop faible pour qu'il y ait, au final, un quelconque intérêt de continuer. S'assoir et apprendre - ou plutôt s'ennuyer - , tandis que le monde et la nature dépérissent, était insupportable. Intégrer une organisation visionnaire et compréhensive des enjeux qui allaient au-delà de trouver un travail, faire un crédit, acheter une voiture, trouver une femme, faire des gosses et consommer tout en critiquant les pubs à télé était comme une vision cauchemardesque du monde, et elle l'était pour tous ces humains qui répètent cette norme et qui sont dans le dénie. Il fallait qu'il aide les gens à se rendre compte, par des actions percutantes qui allaient avoir un impact sur l'économie, car c'est aujourd'hui la seule chose qui fait tourner les engrenages d'un monde malade, bien huilé. Quitter l'école, sa famille et son appartement. Prendre de l'argent et partir avec Shukaku, dont il ne connaissait pas le vrai mais peu importe. Il était l'être le plus impressionnant qui lui ait été donné de voir jusqu'à présent. Cela sonnait comme une nouvelle ère, et ça le vitalisait de plus en plus, comme s'il respirait mieux, voyait mieux, sentait et touchait mieux. Tous ses sens s'étaient éveillés.
Et pour les maintenir il les retire aujourd'hui aux personnes qu'il tue.
