Les Justiciers, comme ils se sont auto-définis, sont des groupuscules de terroristes soient disants écologistes qui prolifèrent dans les capitales les plus influentes du monde. Ces terroristes sèment la terreur en tuant chefs d'entreprises et politiciens sans hésiter à sacrifier des civils dans leurs massacres. Les organisations internationales de police se rassemblent pour mener des actions contre ces crimes contre l'Humanité, l'ONU participe également au…
"Putain… ça va être un sacré morceau tout ça." fit Kiba, la mine déconfite contre le téléviseur de la salle de pause.
Il ôta ses pieds de la table face à sa chaise, et se leva d'un air las.
"T'en penses quoi, toi?", dit-il en s'étirant les bras vers le plafond.
L'interpellé était perdu dans ses songes, les mains croisés devant son visage, le regard dans le vague. Il fallait agir, et vite. Les partisans de cette cause, malgré le côté désastreux relayé par les médias, allaient être nombreux selon lui. Une partie de la population défendrait donc Les Justiciers et s'en prendrait directement aux personnes qui les chassent: le gouvernement, et les organisations policières mobilisées pour cette affaire.
Un crépitement se fit entendre, signifiant que quelqu'un allait prendre la parole sur les hauts-parleurs de la section criminelle de la police de Tokyo.
"Arrêtez tous vos activités de branle-couilles, et venez illico en salle de réunion! demanda poliment Jiraya, autre capitaine de la criminelle, à qui personne ne manquait de respect tant les traits de son visage semblaient marqués par les expériences qu'il avait vécu dans le corps de l'armée.
- Raaaaah il m'énerve ce vieux con !" Jura Kiba.
Sasuke, Kiba, ainsi que le reste de leurs collègues qui prenaient leur pause dans la salle prévue à cet effet, se levèrent de bon train rejoindre ladite salle de réunion. Tous les chefs étaient déjà présents face à une rangée de chaises vide et dos à un tableau en liège où étaient punaisées les maigres pistes de l'enquête et un tableau blanc sur lesquelles les futurs actions seraient inscrites.
Les agents de la criminelle prirent place dans un silence de cathédrale, et Kakashi prit soin d'attendre que tout le monde s'installe pour fermer la porte et démarrer son discours.
"Bon, plus besoin de vous mettre au parfum sur le pourquoi du comment de l'enquête, je pense que cette introduction est acquise. Les lieutenants ici-présents et moi-même, avons réfléchis sérieusement à comment "commencer" à prendre les choses en main. Il pris une baguette et se retourna avec le tableau en liège.
"Tout ce que nous savons pour le moment, c'est que le groupuscule de Tokyo vient de se former. Avec la récente mort de Atsuya Watanabe, le dirigeant de l'entreprise de téléphonie mobile Huzo, on sent que ceux qui s'auto-proclament Les Justiciers veulent affirmer leur sérieux par le sang, mais pas celui de n'importe qui. Il pivota vers le tableau en liège. Nous avons fait un récapitulatif de ce qui s'est passé dans le monde avec le reste de groupuscule avec qui nous pensons qu'ils sont en réseaux. La raison ? Ils utilisent le même titre pour se définir et actent avec une cheminement de pensé très clair : la lutte contre les géants du monde capitaliste avec souvent le même type de crime: ôter les allégories des sens humains. Du moins c'est le constat du moment, le communisme en souffre aussi à Moscou.
"Vous devez sûrement vous demander comment nous allons aborder tout ça, et nous nous sommes posés la même question jusqu'à présent, car nous avons trop peu d'informations. Les meilleurs informaticiens et hacker du pays ont été appelé pour tenter de déconstruire, ou du moins déceler, leur façon de communiquer ensemble. Tout est passé au peigne fin: forum ciblés et engagés, les groupes privés et publics des réseaux sociaux en tout genre, et même le dark net. Pour l'instant, mis à part les articles de journaux, leur évocation sur lesdits forums et réseaux sociaux, nous n'avons pu identifier aucun utilisateur suspect. Mais nous avons trouvé autre chose."
Les agents de la crim' commencèrent à s'agiter sur leur chaise.
"Un lien du darknet qui semble mener à une page, qui utilise un langage codé, qui permet, du moins nous le pensons, recruter.
- Cette page, est sûrement relayée par une ou plusieurs autres que nous n'avons pas encore trouvé. Nous pensons qu'il faut que les potentiels recrutés passent par des réseaux, des groupes, des forums influents encore introuvables. Il est possible que des utilisateurs soient au service de ces terroristes pour cerner les futures recrues et les guider par messages privés et/ou codés, annonce Jiraya, les bras croisés dans le dos, une posture militaire qu'il a pris l'habitude de garder.
- Ces recherches sont cruciales pour le plan que nous voulons mettre en place. Plan qui ne nous réjouit guère, mais que nous sommes obligés d'appliquer pour pouvoir démanteler ce réseau qui jusqu'à présent, n'a montré aucune faille et qui s'avère très efficace. "
Le coeur de Sasuke rata un battement, il savait d'ores et déjà ce que les capitaines et commandants avaient prévu pour eux. Peut-être même que les ordres venaient encore d'au-dessous, mais d'où?
"Une mission d'infiltration va être mise en place quand on saura le profil type qui peut être potentiellement recruté et nous avons déjà choisi l'agent qui l'aura à charge. Ce qu'il nous faut, c'est accéder à la fameuse plateforme d'entretien."
Comme un réflexe, Kiba regarda ses collègues un par un, ayant déjà la certitude que sa personne n'allait pas être sollicitée. Quand son regard se posa sur Sasuke Uchiwa, lieutenant le plus prometteur de leur section, il n'y avait pas de doute.
"Lieutenant Uchiwa, vous serez l'agent infiltré chargé de démanteler de l'intérieur le groupuscule terroriste des Justiciers"
Kiba regardait toujours Sasuke, qui fixait ses supérieurs le regard déterminé.
"Entendu, commandant Sarutobi."
La porte blindée se referma lentement dans un bruit sourd, faisant retentir son écume sonore comme une sentence qu'on proclame. L'écho se propagea dans tout le sous-sol qui redevint vite silencieux. Il était le premier ce matin, comme très souvent. Le silence contrastait avec l'entreprise de confection de tissu japonais ZiNo, par laquelle il fallait passer pour accéder aux locaux souterrains. Cette quiétude industrielle, accompagnée des cliquetis émis par les néons à lumière jaune qui réfléchissent sur les murs de béton, ne bouleversa pas Naruto que la musique animait dans son casque.
D'un pas nonchalant, il s'avança vers ce qu'on appelait le "bureau". C'est dingue, même chez les marginaux il faut travailler dans un "bureau", quelle horreur. Le bureau était en réalité des rangées d'ordinateurs plus ou moins puissants, alimentés par des câbles reliés à des serveurs impressionnants, des switchs, ainsi qu'un tas de gadgets qui semblaient imposants et bordéliques, sauf pour Naruto qui y voyait avec une certaine clairvoyance, un exutoire stimulant. Les RJ45, qui sillonnaient statiquement dans le moindre recoin des locaux informatiques, semblaient protéger le matériel des incultes et néophytes de ce genre de système, comme les ronces d'une forêt primaire. Voici son terrain de jeu, qu'il retrouvait tous les jours à l'instar de ses co-équipiers.
Il s'est directement senti à l'aise en arrivant ici, et surtout, il s'est senti utile. Intégrer la section des hackers des Justiciers était ce qu'il pouvait rêver de mieux. Dans un monde entièrement informatisé, il était facile de changer les choses pour rendre justice. Hacker les banques, faire du chantage aux riches en sabotant leurs paradis fiscaux, quoi rêver de mieux qu'avoir le pays entier, voire le monde, pour terrain de jeu ? Un jeu équitable, qui consistait à changer la balance et mener par le bout du nez les riches à la place des pauvres.
Cet instinct engagé était ce qui animait tous les jours les locaux du sous-sol, et nous nous sommes installés clandestinement au sein d'une entreprise qui appartenait à Shukaku. Elle est bien sûr gérée éthiquement, l'hypocrisie est le pire des vices qu'il peut y avoir dans une organisation engagée.
Naruto s'installa sans avoir enlevé son casque de ses oreilles. Il était seul, il était tôt. Il alluma son pc, et entra directement des codes familiers dans la barre de contrôle d'accès, et ouvrit sa "to-do list" cryptée et protégée sur son ordinateur dont il avait conçu le propre système d'exploitation. Système qui a d'ailleurs été adapté par tous les autres ordinateurs de bureaux, dans un soucis de sécurité maximale, sauf pour quelques ordinateurs ou Windows est peut-être nécessaire pour des logiciels permettant d'accéder au "monde moderne" comme il se plaisait à l'appeler. Il ne se sentait pas dans la linéarité des choses, mais plutôt dans une bulle isolée, où il était spectateur d'un chaos nécessaire, pour instaurer la paix et l'égalité.
« eh bien, t'es matinal toi ! »
L'individu ferma la porte dans un fracas plus assourdissant que son prédécesseur.
« Chouette, j'adore me faire ignorer dès le matin, ça me revigore t'imagines même pas ! »
Il descendit les escaliers de la mezzanine qui menait aux bureaux d'une façon bien à lui, le corps se laissant aller par la gravité, les épaules qui se balancent avec entrain.
« Youhou ! »
Le jeune garçon aux cheveux bruns commençait à perdre patience. Quand il put enfin distinguer que Naruto avait toujours son casque, il décida de s'approcher de lui, lever et une écoutille et hurler un « BON-JOUR KU-RA-MA! ». Ledit Kurama tressauta, donnant satisfaction à Konohamaru mais pas assez pour rire et se jouer de lui comme il avait l'habitude de la faire.
« Bonjour Noha, toujours un réel plaisir que tu me débouches les esgourdes avec une telle conviction à 7h du matin.
– Bien le bonjour aux deux blaireaux. »
Un desdits blaireaux se retourna va la porte d'entrée, pour remarquer la présence d'un énième membre du groupe qui avait l'air tout aussi réveillé qu'eux.
"ah v'là Nara"
Les mains dans les poches et un cure-dents entre les chicos, se dandinait ledit Nara qui rejoignait ses compagnons d'infortune. Il avait comme qui dirait une gueule "jusque par-terre", mais avec le temps on apprend que c'est complètement naturel et que cet air fatigué n'en était pas un. Il avait changé à ses dépends, passant d'un être enjoué par la vie à celui qui l'a subissait juste, avec un amusement qu'il tirait de son nihilisme profond. Quand on se rend compte de ce qu'il se passe dans le monde et que vous n'êtes qu'une poignée à vouloir changer les choses, on relativise rapidement en comprenant que parfois, les émotions et les sentiments sont un luxes que les riches peuvent se permettre. La réalité en est tout autre, nous n'avons pas le temps de ressentir, et surtout de s'amuser, quand on fait face à la misère. Et cette dernière, Shikamaru l'avait vu de près.
"Yo tronche d'ananas!
- Oh Noha, on avait absolument pas voté pour ce nom-là, ok ? Donc on s'en tient à celui a été voté pour moi. Bon Kurama, quoi de neufs sur les ondes ?
- Toujours en train de patiner pour bloquer les comptes de Mizuna*. Cette saleté est cryptée comme jamais. Si tu savais comme j'aimerai juste foutre le bordel dans leur baie informatique qui doit faire la taille de ce sous-sol au bas mot !
- Ces choses là prennent du temps. Mais quand tu auras hacké leur système, tu prendras ton pied comme un prépubère devant son premier porno. D'ailleurs Noha, t'es pas dans la fleur de l'âge un peu ? ou tu as déjà "trempé ta zézette" ? se moqua Shikamaru, un rictus au bord des lèvres.
- C'est pas tes oignons ! et quand t'es un badboy avec un emploi du temps comme le miens c'est compliqué je te signale! ah bah t'en sais rien toi t'es frigide !" assena Konohamaru, submergé par une vague de gêne qui teignait ses joues.
Naruto et Shikamaru rirent discrètement. Konohamaru était le plus jeune de leur bande. Étant encore mineur, il faisait souvent les frais des moqueries de ses aînés, mais toujours de façon bon-enfant. En réalité, ses aînés avaient beaucoup de respect pour lui, car malgré son jeune âge, Konohamaru était un crack en codage. Shikamaru lui ébouriffa les cheveux d'un geste fraternel.
Il entreprit d'aller se faire un café dans l'espace dédié sous les escaliers qui menaient à la mezzanine de l'entrée du sous-sol. Il lui arrivait de se dire qu'ils avaient la ganache d'une start-up, avec leur espace de "co-working". D'ailleurs, ils s'amusaient souvent à appeler leurs camarades " eh collègue!" et à utiliser des anglicismes propres aux coutumes des start-up de type "j'ai un rdv asap avec un bankable pour build-up tu pourrais me faire un budg' type B to B ?". Ce genre de sarcasme créait une parenthèse enchanté au sein de leur lutte jugée criminelle. Ils l'oublient souvent, mais la réalité était qu'ils se terraient comme des animaux dans cet immense local souterrain pour guérir un monde qui apercevaient à peine les symptômes de sa maladie.
"Asseyez-vous."
Commissaire Sarutobi rangeait des documents dans les chemises prévues à cet effet et classait dans ton armoire de dossiers suspendus, dédiés aux affaires criminelles de l'année en cours. Son bureau était aérien et tricolore. Tout ce qui l'accessoirisait était bleu marine, kaki, et gris, en référence à son passé militaire qui semblait aussi dicter le placement et l'orientation de tous les objets. La règle et le soumain, convenablement parallèles et perpendiculaires à la table, l'ordinateur à 45 degrés à droite, le clavier respectant le même angle, à l'instar de sa souris et de son tapis. Absolument tout était ordonné, calculé. Sasuke ne pouvait s'empêcher de trouver cela esthétique, et aurait sûrement souhaité pouvoir appliquer ce schéma à son bureau, envahi par la paperasse qui respectait, quant à elle, son schéma de pensée actuel.
"Tout va bien, agent Uchiwa ?
- Oui parfaitement bien Commissaire Sarutobi, fit-il, troublé par la question de son supérieur.
- Vous vous demandez sûrement pourquoi je vous convoque pour vous demandez si vous allez bien. A partir de maintenant, agent Uchiwa, il va falloir que vous communiquiez sur tout ce que vous ressentez et vous environne. Le boulot que vous allez effectuez va être très, très difficile, même pour un agent honorable tel que vous. Sasuke restait silencieux.
- Vous allez être un agent infiltré. Cela signifie qu'il va falloir jongler entre deux vies, dont une qu'il faudra effacer. Entre votre vie d'agent de police de la ville de Tokyo, et un justicier d'un groupuscule hautement criminel du pays. Vous allez rencontrer des difficultés que personne ne pourra imaginer. Vous allez vous sentir très seul. Vous n'allez sûrement plus savoir où vous en serez, qui est le vrai "Sasuke". Votre identité va changer, vous n'aurez plus la même, vous n'aurez plus les mêmes papiers. Donc, quand nous serons en contact durant cette intervention, qui peut être très longue, et là je parle de mois, voire presque d'années, il va falloir tout nous dire, lieutenant Uchiwa. Absolument tout, pour le bien de l'enquête dans un second temps mais dans un premier, pour votre bien à vous.
- Oui commandant, répondit Sasuke, comme indifférent, mais pas moins déterminé.
- Il va falloir laissé de côté votre droiture et votre politesse pour cette mission. Ainsi que votre passé, nous allons construire pour vous une histoire de toute pièce. Il va falloir faire très attention et vous adapter très vite. Vous allez également faire face, voire engendrer, des dommages collatéraux. Nous ferons le nécessaire pour que, quand vous serez de retour, que vous soyez dédouané de toutes responsabilités concernant vos actes durant la mission.
- C'est-à-dire ?
- Vous allez sûrement devoir tuer, et pas que des criminels."
Cette déclaration lui glaça, malgré lui, l'échine.
*Banque Mizuho (la plus connue au japon, inspiration)
* asap: as soon is possible (aussi vite que possible)
* bankable: personne qui va assurer une audience importante, et donc un financement conséquent
* build-up: Croissance d'une entreprise par rachat d'entreprises généralement de plus petite taille
* budg' : budget
* B to B: business to business, de pro à pro.
