Salut tout le monde !

Note: Me voilà enfin de retour pour la deuxième partie de Chaînes d'Or et Couronne de Sable ! Cela a pris du temps, mais j'ai finalement trouver le temps d'écrire cette nouvelle fanfiction et de la poster. Bien sûr, étant donné que je la poste en entière plutôt qu'un chapitre par semaine, il m'a également fallut du temps pour la corriger et la télécharger sur le site et ce, en comptant les explications de chapitres et la mise en page. En tout cas, je voulais vous remerciez infiniement de votre patience/attente. Cette fiction SERA terminée, pas d'inquiétude, il me faut juste du temps. Aussi navrant que cela puisse être, le COVID m'a forcé à travailler chez moi et j'ai maintenant plus de temps pour me concentrer sur mes fictions... Surtout restez prudent et suivez les consignes sanitaires ! Je m'excuse d'avance pour cette loooooooongue intro qui va suivre, vous êtes les meilleurs ! XOXO

Une petite chose avant de commencer à lire :

J'aimerais d'abord clarifier certaines choses. Donc, ma fiction utilisant des éléments du manga et de l'anime, ce n'est pas toujours facile de réaliser qui est qui, ou quelle est la fonction de ce personnage spécifique etc., et j'ai personnellement encore plus de difficultés dû au fait de devoir changer les noms de personnages et d'autres trucs de leur version anglaise à leurs versions françaises. J'ai donc décidé de faire un petit résumé, pour que vous sachiez de qui/quoi je parle.

• Tout d'abord, pour la plupart des personnages, j'utilise la version de leurs noms qui a été utilisé dans l'anime. Premièrement, parce que la plupart des gens n'ont jamais lu le manga et pourraient donc avoir des difficultés avec les versions du manga, et aussi parce que c'est une putain de douleur de les écrire dans leurs versions de manga, et c'est déjà assez compliqué comme ça pour moi .

• Ensuite, certains des Gardiens Sacrés portent le nom de dieux égyptiens comme Isis ou Seto. Pour une raison que j'ignore, la version française (manga et anime) n'a pas toujours changé leurs noms japonais pour celle de leur homologue occidental. Par exemple, le nom de la prêtresse Isis est orthographié de la même manière que la déesse égyptienne (la prononciation japonaise de son nom étant Aisis), ce qui est une bonne chose, mais assez étrangement, le nom du prêtre Seto a été conservé comme ceci au lieu d'être changé pour l'orthographe Seth (dont la prononciation japonaise est la même que Seto). Tout cela n'a aucun sens, surtout pour moi qui ai lu le manga original. Ainsi, j'ai décidé de conserver le nom des dieux pour les Gardiens Sacrés tels qu'ils sont épelés sous leur forme occidentale.

Le cas de Seto étant un peu compliqué, je résume ici : Seto Kaiba = Prêtre Seto, mais aurait dû être orthographié Seth puisque, nommé d'après le dieu égyptien.

Merci pour votre compréhension.

• Parlons maintenant du cas de Shadi/Shada/Hassan. Pour moi, il a toujours été évident que Shadi et Shada est la même personne. Comme Yugi est le pendant moderne d'Atem, Shadi est le pendant moderne de Shada. Cependant, Shadi est né bien plus tôt et en raison du fait qu'il possédait la clé du millénium, il connaissait déjà son lien ancestrale avec Shada et son destin en tant que protecteur du pharaon. En outre, le nom arabe de Shadi est une forme archaïque du nom Shada, il est donc inutile de nier que les deux sont liés.

Concernant Hassan, c'est un peu plus complexe. Hassan est l'esprit de la Pierre du Millénium associé à une partie de l'âme de l'ancien pharaon Akhnamkanon, le père d'Atem. Dans l'anime/manga, après être mort en protégeant le Pharaon Atem, son corps a été utilisé par Shadi (qui, petit rappel, est un fantôme car tué par Yami Bakura 5 ans avant le début de YuGiOh) pour protéger Atem d'une explosion d'énergie mortelle. En tant que tel, ni Hassan ni Shadi n'étaient en vie à ce moment-là. L'un était juste un esprit dont le corps a été laissé après sa mort et a donc été utilisé pour protéger Atem, et l'autre était simplement un fantôme incapable d'agir dans le Monde du Millénium sans une forme appropriée lui appartenant, et donc a dû possédé le corps d'Hasan).

J'ai mentionné Hassan dans la fiction précédente, et alors que dans l'anime, la plupart des prêtres et Hasan sont morts en combattant Zorc, dans ma fiction, ils sont évidemment tous vivants. J'ai l'intention d'expliquer tous les événements menant à une fin différente de celle de l'anime (ou du manga), mais en attendant, vous devez comprendre que tout personnage qui était censé être mort dans l'anime/manga pourrait ne pas l'être dans ma fiction. De plus, l'identité de Hassan n'est que partiellement connue d'Atem et des autres, et j'ai l'intention de me concentrer davantage sur le fait qu'il est l'esprit de la Pierre du Millénium plutôt qu'une partie de l'âme du pharaon Akhnamkanon.

Encore une fois, merci de votre compréhension.

C'est tout, je vous laisse avec les explications de ce premier chapitre, et l'histoire elle-même.

Bonne lecture !

Explications de chapitre:

-Abydos est une ville et lieu de culte de l'Égypte antique située dans le sud du pays, à 91 km au nord-ouest de Louxor.

-Nabta Playa est un site archéologique d'Égypte où sont assemblé plusieurs monuments de pierres et où vivait une une population néolithique.

-Le désert blanc désigne le désert libyque. Il est appelé ainsi en raison d'une partie de sa surface qui est constituée de calcaire. Il ne faut pas le confondre avec le Parc National du Désert Blanc en Egypte qui désigne un site de grandes formations rocheuses de craie blanche dans la dépression de Farafra.

-Le Shât était la devise monaitaire utilisée à partir de l'Ancien Empire pour le commerce, et était équivalent à 7,5 grammes d'or. Le Deben représentait la plus petite devise, et était équivalent à 90 grammes d'or ou 12 shâts.

Voilà, je vous souhaite une très bonne lecture! Comme d'habitude, si vous avez des questions, laissez-moi un commentaire!

Disclaimers: YûGiOh! est la propriété de Kazuki Takahashi et Yu-Gi-Oh! Forbidden Memories de Konami. Le reste des personnages introduits dans cette fiction sortent tout droit de mon imagination, merci de me demander avant de les réintroduirent.

Légende: Italics - Pensées

Texte au centre - Rêves

« Italics » - Flashbacks/Flash-forwards


« Poussière du désert s'élevant au-dessus des têtes, les lames des épées, glaives et sabres s'entrechoquant dans un bruit de métal strident alors que les chevaux des charriers et autres cavaliers hennissaient sans cesse au son des flèches des archers qui fendaient l'air, passant tout près, parfois même trop près, déchirant leurs chairs et tachant leurs robes d'une couleur rouge agonisante.

Les armes virevoltaient sans jamais s'arrêter, brandies par des soldats aux armures imbibées de sang dont la hargne et la fatigue les poussés aux pires atrocités, une traînée de cadavres s'agglutinant à leurs pieds tandis qu'ils tuaient, amputaient, égorgeaient, décapitaient tout ce que leurs regards voilés apercevaient.
Cacophonie de bruits, tumulte de cris, le ciel bleu s'assombrissant lentement comme le Dieu soleil disparaissait derrière la plaine, les combats ne prenant pas fin tant que l'armée ennemie donnerait encore signe de vie.

Fantassins se comptant par milliers, pour la gloire du pharaon et de l'Égypte sacré combattaient. Mais ils n'avaient plus rien d'humain. Ridicules pantins dont la volonté s'était éteinte, ils n'étaient à présent plus motivés que par l'agitation qui sur le champ de bataille régnait, obéissant à des ordres dont ils ne comprenaient plus le sens, avançant tel un troupeau de bêtes écervelés vers le possible abattoir que seraient leurs destinées.

Barbarie et cruauté symbolisaient à présent cette guerre de damnés. Et d'un seul coup de l'étrier, les destriers s'envolaient pour s'écraser contre l'infanterie déjà blessée et épuisée, piétinant de leurs sabots ferrés leurs corps meurtris, continuant les massacres comme s'élever un peu plus la poussière du sable ambré.
Et par-delà les falaises surveillées des sentinelles camouflées, au sein d'un village abandonné de sa population à la seconde où les trompettes de la guerre avaient retenti, plusieurs tentes placés les unes à côté des autres se dressaient dans ce qui semblait être un immense camp militaire.

Dans l'une d'entre elles, deux, trois soldats en tenue légère entouraient une table recouverte de cartes et de petites pierres signées de hiéroglyphes. Assit face à celle-ci, un homme aux cheveux mi-long noisette semblait absorber dans ses pensées, ne se préoccupant plus ni des hurlements, ni des esclandres qui résonnaient tout autour de lui.

Un second homme tout habillé de bleu franchit l'entrée de la tente, projetant son ombre sur les papyrus que la lumière du jour ne permettait déjà presque plus de percevoir, les soldats s'inclinant en signe de respect comme le premier homme relevait les yeux vers le nouvel arrivant. Ce dernier ne prononça toutefois pas la moindre parole à ce geste, se contentant simplement de croiser les bras sur sa poitrine tout en se retournant pour s'adosser contre un des piliers de bois servant à maintenir debout l'habitat de tissu.

« Seth. »

« Mahad. »

Un soupir s'échappa d'entre les lèvres du détenteur de l'anneau du millénium alors qu'il se mettait debout pour rejoindre son compagnon à l'entrée de l'abri, ses pupilles violettes étant inéluctablement attirées par les combats se déroulant au loin.

« Tu aurais dû rester au palais pour veiller sur le Pharaon. » lança-t-il de but en blanc, une sensation d'effroi le parcourant de part en part à la vision que lui offraient les affres inévitables de la mort.

« Shimon peut très bien occuper ce rôle sans moi. » se contenta de déclarer Seth sans se retourner, son regard lui aussi tourné vers le champ de bataille. « De plus, qui veillerait au bon fonctionnement de cette armée avec un chef de la garde aussi incompétent que toi et un général plus préoccupé par les honneurs et la gloire. »
Mahad sourit à ces mots sans donner de réponse, conscient de ce qu'ils signifiaient réellement. En restant ici malgré les risques, le porteur de la baguette du millénium s'assurait simplement qu'il n'arrive rien au magicien.

Après tout, les dieux seuls savaient ce dont il adviendrait de cette bataille. Au milieu de cette guerre sanglante où toute forme de magie liée au Jeu des Ombres était interdite, nul n'était jamais sauf… »

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Aujourd'hui…

Dunes de sable aux sommets arrondis, longeaient par dizaine la berge du Nil comme pour en délimiter la rive, servant de mur d'enceinte à l'édifice de pierre faisant face au fleuve noir. S'étant écroulé depuis des siècles de cela, il ne perdait en rien de son utilité, bien souvent utilisé d'abris de fortune temporaire par des voyageurs venu de l'est avant qu'ils ne traversent les eaux profondes du canal pour rejoindre la vivide cité de Khemet.

Ainsi entourés de ses monolithes à moitié effondrés et protégés des intempéries grâce à l'unique arche d'argile encore debout, ils pouvaient tranquillement reprendre des forces, se nourrissant des dattiers aux alentours et se rafraîchissant à l'aide d'un puits souterrain laissé à l'abandon. Pourtant, alors même que l'endroit n'était supposé n'être qu'une halte pour tous ces nomades, un homme ayant l'apparence d'un noble de la cour y revenait chaque jour, tel en pèlerinage, pour se poster face à une stèle d'une couleur bleue lapis-lazuli aux écritures d'or.

Et avant que Khépri n'offre sa lumière à ce monde mortel, depuis l'aurore rosée jusqu'à l'aube rougeoyante, il restait parfaitement immobile devant celle-ci, ses yeux azur scrutant encore et toujours les mêmes hiéroglyphes dorés qu'il avait lui-même fait gravés. Lorsque le soleil faisait finalement son apparition, il repartait d'un pas lent, rebroussant chemin vers la ville tout en se perdant dans ses pensées les plus sombres.

Aujourd'hui ne faisait pas exception.

Et tandis que le ciel s'enveloppait de nuances de feu, l'étrange noble parcourait la stèle du regard, relisant constamment, et avec un entêtement certain, la même histoire tragique y étant décrite.

« Seth. » appela une voix derrière lui, et il se contenta de hocher la tête pour signifier qu'il avait entendu.

S'avançant légèrement, le pharaon s'installa aux côtés de son cousin et observant les lignes de symboles à son tour, décréta :

« Aknadin te réclame. » puis, laissant un soupir lui échapper, il se tourna vers ce dernier, les mains sur les hanches, ajoutant : « S'il te savait ici… »

« Eh bien quoi ? » lança sèchement le porteur de la baguette du millénium en se retournant vers son interlocuteur, agacé.

« Je n'ai pas besoin de te le dire. Tu sais aussi bien que moi ce qu'il pense de tes petites escapades matinales. »

Plissant les yeux, le gardien sacré souffla avec fatigue avant de se prendre le visage entre les mains, l'air complètement abattu :

« C'est peut-être l'une des dernières fois… l'une des dernières fois que je la voie… Je ne pouvais pas partir sans lui faire mes adieux. »

« Je suis loin de te juger, Seth. » indiqua Atem en posant une main se voulant réconfortante sur l'épaule du prêtre. « Je comprends très bien ce besoin d'agir comme tu le fais. Mais n'oublie pas qu'elle veille sur toi. La force du dragon blanc aux yeux bleus réside en elle et te protègera quoi qu'il arrive. »

Hochant à nouveau la tête, Seth posa un dernier regard sur la stèle luisant sous les rayons de l'astre du jour, et murmura d'une voix douce avant de s'engager vers le rivage pour retourner au palais :

« Kisara, je compte sur toi. »

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Cité des dieux, aux courbes angulaires simples, dont les couleurs blanches et de lins la dépossédaient de toutes fioritures. Une ville basse s'étendait sur des kilomètres en bordure du sable libyque de la Haute-Égypte tandis que sa citadelle longeait les rivages du Nil occidental emplit de ses barques marchandes. Osiris, assit sur son trône mortuaire, parcourait Abydos de son regard depuis les deux statues gardant l'entrée des portes de la ville, des obélisques de granite longeant les chemins de pierre qui entouraient toute la métropole parsemée de palmiers, arbres fruitiers et autres végétations diverses.

Site mythique, à la symbolique unique, là où, à l'aube des temps, le Dieu Seth, fou de jalousie, avait massacré son frère, éparpillant son corps aux quatre coins du pays. Temples divins ou funéraires, tombes royales, cénotaphes et chapelles par centaine, des édifices à chaque intersection aux titres de différents pharaons, noyau urbain de vestiges anciens, nécropole aux milliers de noms…

Leurs yeux ne savaient plus où se poser, la stupéfaction les figeant sur place alors qu'ils franchissaient l'enceinte de la cité. Eux qui n'avaient pas une seule fois quittés leur petit village dont même les habitués de l'oasis de Kharga n'avaient jamais entendu parler, les voilà qui pouvaient se compter parmi les milliards de touristes la visitant pour y prier, faire un hommage aux divinités ou simplement y commercer.

Trois secteurs d'habitations larges comme deux hectares se distinguaient au sein de la ville basse, des marchés s'étendant le long des portes menant à l'intérieur de la citadelle où sept quartiers entouraient avec une certaine complexité un bâtiment central de marbre blanc.

C'était une sensation étrange qui y régnait, comme quelque chose d'occulte, d'oppressant… Bien sûr, le fait que le Dieu de l'Au-Delà faisait loi sur cette cité n'y était pas pour rien, et les échos de la guerre sur le point d'éclater près de Nabta Playa n'étaient pas loin, mais cela restait toutefois un sentiment bien différent qui enserrait leurs cœurs en ce moment.

Et en attendant qu'ils atteignent leur destination, ils n'avaient plus qu'à faire abstraction, si tenter qu'ils y arrivent seulement. Les vagues de populations se dispersant à travers le désert blanc à l'annonce des affrontements avec la Nubie avaient provoqué un chaos sans précédent, des hommes fuyant le recrutement obligatoire aux habitants trop proches craignant pour leurs vies.

« Vous vous reposerez ici quelques jours. Pendant ce temps, nous nous occuperons des préparatifs pour continuer le voyage en bateau. »

Tiye hocha la tête sans répondre aux paroles que prononçait l'homme devant elle, imitant ses compagnons aussi intimidés qu'elle. Après tout, malgré les cinq derniers jours qu'ils avaient passés ensemble, faire face à l'une des divisions de la garde royale et à un émissaire du pharaon n'en restait pas moins déstabilisant.

« Quand arriverons-nous à Khemet ? » demanda l'une de ses compatriotes, et elle reposa immédiatement ses pupilles améthyste si semblables à celles de son fils sur le messager à la longue tunique de coton vanille surmontée d'une bande de tissu vert-olive nouée à la manière d'un sari.

« Eh bien, cela va dépendre du nombre de navires se dirigeant vers la capitale et de leur disponibilité, il risque d'y avoir des délais. » répondit ce dernier en triturant les bracelets d'or à ses poignets. « Probablement dans une dizaine de jours. »

« Une dizaine de jours ?! Vous plaisantez, j'espère ?! »

Se précipitant subitement vers l'homme s'étant écrié de la sorte, la jeune femme lui saisit l'épaule avec délicatesse, lui intimant de se taire d'un regard entendu, comme cherchant à apaiser des tensions invisibles qui s'élevaient dans l'air.

« Veuillez lui pardonner. » s'excusa-t-elle à la place de son compagnon en se penchant en avant respectueusement, un léger sourire embarrassé sur les lèvres. « Nos enfants nous ont été enlevés si violemment… je vous prie de comprendre notre souhait de les retrouver au plus vite. »

« Je comprends très bien. » déclara l'émissaire en croisant les bras sur sa poitrine, plus agacé qu'il ne voulait bien le montrer. « Mais je ne peux rien faire de plus que ce que je fais déjà. Le bateau est encore le moyen de transport le plus rapide, alors prenez votre mal en patience. »

Laissant ainsi les habitants du village d'Aldawminu au seuil d'une auberge quelque peu lugubre en plein cœur de la ville basse, le messager prit la direction des quais, rapidement suivie des soldats étant supposés veiller sur eux. Tiye souffla en se retournant vers la bâtisse, la considérant avec dubitation.

« Au moins, ils ne nous font pas coucher dehors. » s'exclama sa compagne près d'elle, la faisant sourire d'un véritable sourire de joie pour la première fois depuis des semaines.

Depuis la disparition de son fils…

Oui, depuis ce jour maudit, ni elle, ni Rana, la mère de Jonou ou les parents de Teana, Khaba et Shani, n'avaient pu faire autre chose que s'inquiéter et imaginer le pire. Alors, lorsque la garde royale avait fait irruption dans leur village perdu au milieu du désert pour leur apprendre la nouvelle de leur sort, ils n'avaient pu que se sentir rassuré, quand bien même leur calvaire avait dû être horrible. Toutefois, ce soulagement temporaire faisait à présent lentement place à une impatience évidente. Une impatience qu'il était inutile de leur reprocher.

Replaçant une mèche de cheveux bordeaux derrière son oreille, Tiye finit par se décider à entrer dans l'infrastructure envahie par les rires sardoniques et les braillements rauques d'une clientèle de taverne clairement malfamée. Tout en se dirigeant d'un trait vers le comptoir du bar servant également d'office, elle attira l'attention de l'aubergiste d'un rapide geste de la main, prenant soin de ne pas remarquer les regards langoureux qu'elle sentait dans son dos et qui la faisait frémir de tous ses membres.

Si seulement son époux l'avait accompagné…

Le vieux tavernier observa la jeune femme quelques secondes, presque méfiant, avant de finalement lui indiquer l'étage supérieur de façon dédaigneuse, s'emparant avec brusquerie de la bourse de Shât qu'elle tenait en mains. Mordant l'intérieur de sa joue avec appréhension, celle-ci finit par commencer à monter les marches de la bâtisse, non sans réticence, ses compères la suivant à la trace.