Explications de chapitre :
-Ouadjour est dans la mythologie égyptienne la personnification de la la mer Méditerranée.
-Ptah, Thot, Sebek et Maât sont les dieux et la déesse des artisans, de la lune et des scribes, de l'eau, et de l'harmonie et de la justice respectivement. Les divisions militaires étaient souvent nommées d'après les dieux pendant l'Égypte ancienne.
-Souvenz-vous, les bêtes mythiques représentent les trois cardes de dieux égyptien, Slifer le dragon du ciel, Obélisque le tourmenteur et le dragon ailé de Râ.
-Et le Dia Diank est la version du disque de duel en Egypte antique.
-La dépression de Qattara est située dans le nord-ouest de l'Égypte. Elle fait partie du désert Libyque.
-Hâpy est la personnification divine du Nil dans la mythologie égyptienne.
Flammes sanglantes, dévorant sans différences, ne laissant derrière elles pas une seule âme innocente. Mais quelle innocence ? N'étaient-ils pas tous coupables ? Le jugement des dieux n'avait-il pas été impitoyable ? Pour eux, brigands sans le choix, incapable de survivre sur le chemin des justes et des droits.
Et alors que résonne les hurlements agonisants et les supplications des mourants, la chair et les os se mélangent à l'or en fusion.
Sept trésors créés pour apporter la paix. Quatre-vingt-dix-neuf âmes sacrifiées pour un paradis mensonger. Et au sein des ténèbres, les ombres se rassemblent, préparent un sombre destin, annonciateur de la fin.
Pour ces crimes du passé, jamais ils ne seraient pardonnés. Sans distinction, l'amertume de ce temps s'abattra sur ce Pharaon.
Pour les larmes qu'il avait versées, les cauchemars qui chaque nuit l'avaient effrayé… pour la famille qu'il avait laissée à l'abandon, la vie qu'il avait offerte au démon…
Ne pouvaient-ils pas comprendre ? Croyaient-ils pouvoir prétendre ? Que rien n'était arrivé ? Que tout avait été oublié ? Mais il était un rescapé. Et tous ceux qui partageraient aussi son sort se souviendraient.
L'histoire se poursuivait. Et à nouveau tout recommencer. Jusqu'à ce que tous soient vengés, jusqu'à ce qu'il soit satisfait… Lui, enfant de la lumière, serait l'instrument de sa colère.
Son nom est Bakura, du village maudit de Kul Elna. Roi des voleurs, esprit naît de ses peines comme de ses peurs.
Le crépuscule se couchait lentement sur Khemet, pyramides et habitations disparaissant dans l'obscurité tandis que des nuances rouges et orange coloraient un ciel vide de tout nuage.
Battant des cils plusieurs fois de suite alors qu'il sentait le sommeil le quittait, Heba se redressa avec paresse sur le lit, toujours légèrement fatigué. Ses doigts trouvèrent leur chemin vers ses lèvres roses, s'y déposant une seconde avant qu'il ne laisse sa main retomber contre le matelas, fronçant les sourcils avec perplexité tout en poussant un soupire de dépit :
Bakura…
Il avait maintenant un nom. Un nom à poser sur ce visage qui hantait ses rêves depuis des semaines à présent. Un homme qui par d'étranges moyens, tentait désespérément de lui transmettre une vérité, un destin, une bataille sans fin dont il semblait désormais faire partie, combien même il ne l'avait jamais voulu en premier lieu.
Posant les yeux à sa droite, il observa avec absence comme l'autre côté de la couchette n'était pas défait, et sans toutefois s'inquiéter, finit par se relever pour se diriger vers les portes de la chambre, le soleil baignant la salle de jeux de ses derniers rayons. Marchant ainsi sans se presser à travers les couloirs, il parcourra successivement plusieurs salles et croisa différentes personnes avant de finalement sortir du palais, quittant ses murs pour s'acheminer sans aucune hésitation vers un grand bâtiment à l'arrière du palace.
Illuminé par les flammes de plusieurs torches bordant les marches, le long escalier d'ocre rouge laissait place à un immense temple de pierre et de granite orné de fresques aux couleurs vives et de peintures représentant différents dieux égyptiens. Gravissant les marches une à une, le garçon s'arrêta devant les lourdes portes du sanctuaire sacré, poussant sur l'une d'entre elles de toutes ses forces pour enfin parvenir à l'ouvrir. Franchissant l'entrée, il se stoppa à nouveau, soudainement plus réservé, et secouant sa tête de droite à gauche, reprit sa route vers le fond de la pièce emplit de dizaines de piliers aux formes circulaires.
Les hiéroglyphes qui parsemaient les murs n'avaient plus aucun éclat, ayant été inscrits il y avait déjà bien trop de siècles de cela, s'effaçant petit à petit sous le regard bienveillant d'Horus installé sur un gigantesque trône de pierre se dressant en plein centre, son œil Oudjat d'or luisant au-dessus de lui malgré la sombreur des lieux. Heba leva les yeux sur la statue divine, et comme toutes les autres fois où il était entré dans ce temple, se mit à l'examiner longuement en attendant que le jeune roi, agenouillé en prière devant elle, ne se mette à parler.
« Ce palais n'a vraiment plus de secrets pour toi. » déclara d'un coup ce dernier sans relever sa tête prostrée contre le sol glacé.
« Je m'étonne encore de l'aisance avec laquelle je m'y déplace. » indiqua l'adolescent en faisant la moue, se décidant à croiser le regard du souverain tandis que celui-ci se remettait finalement debout.
« On s'accordera donc sur le fait que je sois un bon guide, alors ? »
« Oui ! »
Souriant avec allégresse, les deux garçons rebroussèrent chemin vers la sortie, s'arrêtant au bord de l'escalier pour s'y asseoir nonchalamment.
« Vous priez encore les dieux pour qu'ils vous aident dans la guerre qui va survenir avec le royaume de Kerma ? »
« Je ne peux rien te cacher, Heba. Comme d'habitude… »
Observant les étoiles se dévoilaient tout doucement dans les cieux bleu-nuit, le pharaon prit appui sur ses mains et énonça d'un ton léger :
« Bien que, question stratégies militaires, la décision ne me revient pas réellement. »
« Le Général Neheb donne vraiment tous les ordres ? Sans vous consulter ? » demanda son double quelque peu surprit, et Atem s'exclama avec un certain dédain :
« Sans me consulter, non. Mais à la fin, c'est toujours lui qui a le dernier mot. Même si je décidais de me lancer dans la bataille en tête de mon armée, c'est toujours lui que les hommes écouteraient, toujours à lui que les décisions reviendraient. Parce qu'il est le Général et que, évidemment, il est celui qui s'y connaît le mieux. »
« Je vois. »
« Ce n'est pas comme si je pouvais contredire ce fait. Neheb était déjà au service de mon père, et de son père avant lui. »
Hochant la tête, Heba se plongea également dans la contemplation des astres stellaires, réfléchissant quelques minutes tout en laissant son alter-ego savourait le silence ambiant.
« Grand-père m'a dit que l'ancien Pharaon cherchait toujours à régler les conflits de manières pacifiques.
Pourtant, vous vous êtes lancé dans la bataille sans la moindre hésitation. »
« Il me semble bien t'avoir déjà dit que je ne suis pas lui. » répondit sèchement le jeune roi en se redressant.
« Je l'aime et je le respecte profondément. Mais je ne lui ressemble en rien. Je ne gouvernerais pas selon son modèle, et je ne commettrais surtout pas les mêmes erreurs que lui. »
« D'où l'ordre absolu de ne pas faire appel aux objets du millénium ? »
« Exactement. Je n'ai aucunement envie d'avoir un génocide sur la conscience. »
Soufflant, le souverain se releva subitement, saisissant la main de son partenaire de jeux pour le relever à son tour, et sans lâcher cette dernière, commença à descendre les marches avec lenteur, faisant cap vers le palais.
« J'ai dormi toute l'après-midi, je n'ai plus tellement sommeil. » lança le garçon aux perle améthyste, un brin embarrassé.
« Quelle chance, moi non plus. Une partie de cartes, ça te dit ? » se contenta de dire Atem sans se retourner, démontrant ainsi son envie de se changer les idées. Une chose que son compagnon accepta avec joie.
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Les heures se succédaient dans une lenteur interminable, les réunions avec le Conseil, les charges à répartir entre nomarques et vizirs semblant ne plus en finir. Amon-Râ illuminait les cieux de ses rayons flamboyants, pas un seul nuage à l'horizon ne venant ternir son éclat sur les plaines sacrées d'Égypte.
La cité battait son plein dans un calme des plus mystérieux, comme si la guerre ne venait pas d'être déclaré, comme si les hommes n'avaient pas déjà quitté femmes et enfants pour rejoindre les camps d'entrainements et que les rationnements d'eau et de nourriture n'avaient pas déjà commencé. Le calme avant la tempête. Et l'orage au loin qui grondait, signe précurseur que sans les objets du millénium, ceux qui tomberaient lors de la bataille pourraient de leur sang seul remplir Ouadjour.
« Les troupes ennemies seront plus nombreuses. Kerma est depuis des siècles connue pour renforcer ses propres armés à l'aide de mercenaires. Nous devrions nous attendre à au moins 5,000 à 10,000 hommes de plus que nous. »
« Cela ne se peut… »
« En ce sens, je suggère une attaque surprise et en force. Pour commencer, nous placerons des archers à 10 mètres des falaises, ici et là, en rang serré. Avant que le clairon ne sonne, et à un signal précis, ils lanceront une salve de flèches enflammées sur les troupes adverses. »
« Et pour ce qui est de l'attaque en force, que proposez-vous Général ? »
« À ce moment-là, l'ennemie sera déstabilisée, nous ordonnerons donc l'offensive à nos soldats en amont seulement. Des troupes lourdes telles que les lanciers, là, des chars et les cavaliers. Ils affaibliront un peu plus les hommes de Kerma avant que notre infanterie et le reste de nos troupes ne se lancent à l'assaut. »
« Hmm… cela semble faisable. Les troupes seront divisées en 4 sections. Mahad sera à la tête de la division Ptah et Thot au Sud, et je prendrai en charge les divisions Maât et Sebek à l'Ouest. »
« Entourés par les falaises à l'Est et protégés par les mines de cuivre au Nord, nous ne risquons pas de subir une quelconque embuscade. »
« Pharaon ? »
Atem releva un sourcil à la mention de son titre, redressant avec paresse sa tête jusque-là posée dans la paume de sa main. Dans la salle du conseil, le silence régnait, chacun des membres du palais royal s'y trouvant, de ses prêtres aux scribes et autres chefs militaires, l'observant en attendant son approbation.
Soufflant, il se décida finalement à poser le regard sur le diorama représentant le champ de bataille où se dresserait bientôt son armée. La carte désertique n'avait pour paysage que montagnes, dunes de sable, oueds et surfaces rocheuses, et était peuplée de petits soldats d'infanterie, cavaliers, chars et archers en argile cuit et peint aux couleurs du pharaon. Étudiant avec minutie cette dernière, le jeune roi se mit à tracer du doigt une ligne invisible entre chaque déploiement, et relava finalement les yeux vers ses prêtres et ses conseillers militaire.
« Somme-nous certains que Katimala déploiera son armée à cet endroit ? »
« C'est bien ici que ses hommes ont posé leur campement depuis quelques jours déjà. Ils attendent probablement les dernières garnisons avant d'établir un véritable camp fortifié. » assura l'un des scribes en lisant un rouleau de papyrus faisant office de rapport sur les derniers mouvements des troupes ennemies.
« Auriez-vous des doutes, Votre Majesté ? »
« Je me pose simplement des questions, Général Neheb. » indiqua le souverain en faisant la moue. « Le Nil est à plusieurs jours de marches de là, l'oued d'Allaqi est probablement asséché à cette époque de l'année, et il n'y à proprement parlé aucun lieu proche pour s'abriter des tempêtes de sable qui sont fréquente dans la région. »
« Se pourrait-il qu'elle cherche justement à nous affaiblir par ces moyens ? » demanda Mahad en croisant les bras, suspicieux.
« Au risque de sacrifier ses propres troupes ? »
« Ça ne m'étonnerait pas d'elle, c'est un serpent aveuglé par l'ambition. Ses trois frères aînés peuvent en témoigner devant Osiris… »
« Je n'accorde aucun intérêt aux rumeurs, mon oncle. » débita d'un ton détaché le pharaon en se relevant, faisant le tour de la grande table dorée pour rejoindre son chef des armées.
« Les rumeurs sont toujours fondées sur une part de vérité, rappelle-toi de cela, Atem. » murmura Aknadin en tournant toutefois la tête vers son fils, comme cherchant à lui inculquer cet enseignement à lui aussi.
« Quoiqu'il en soit, il faudra demeurer prudent. Nous pourrions peut-être demander l'aide d'Isis afin qu'elle— »
« Mahad ! » s'exclama brusquement Atem en fronçant les sourcils.
« Je… J'avais oublié… » balbutia le porteur de l'anneau du millénium en baissant la tête, honteux. « Pardonnez-moi, Majesté. »
Laissant échapper un léger soupir, le jeune roi se contenta de ne rien dire et, attrapant le râteau reposant sur le bord de la table, se mit à modifier les positions de chaque régiment.
« L'attaque des archers est une bonne idée, mais inutile de gaspiller nos ressources dès le premier assaut. L'armée sur place avancera en ordre rapproché, par colonnes de 4, les officiers prenant l'arrière avec l'armée principale et l'infanterie au centre, entourées par les charriers sur chaque aile. Certains seront équipé d'arc, d'autres de lances, et les derniers de haches. Et les cavaliers en amont, prêts à lancer l'offensive. »
« Qu'en dîtes-vous, Général Neheb ? » interrogea alors Shimon avec un sourire sarcastique, sachant parfaitement que la stratégie du pharaon était meilleure que celle du chef militaire.
« Je m'incline devant la grandeur de mon roi… » répondit celui-ci en joignant la parole au geste, courbant l'échine devant le souverain qui grimaça discrètement à cette vision. Il n'y avait rien qui l'insupportait plus que l'hypocrisie de son entourage.
Retournant enfin s'asseoir à son siège, Atem reprit sa position initiale et d'un geste de la main lasse, ordonna à ses conseillers de reprendre les discussions. Il avait une terrible impression qui lui enserrait la poitrine, l'empêchant de réellement prendre part aux manœuvres stratégiques… Il livrait une guerre dont il ne savait rien des tenants et des aboutissants, née d'un conflit qui datait de bien au-delà de la naissance de ses ancêtres. Cela ressemblait presque…
Au jeu des ombres que j'ai livré contre Bakura…
Mais cette fois, nul Kâ pour le protéger, nulle bêtes mythiques pour l'aider à vaincre, et pas de Dia Diank auquel il pourrait se raccrocher. Il devait plonger dans les ténèbres sans même savoir s'il pourrait en ressortir un jour. Mais c'était là sa décision et il devait s'y tenir.
Fermant les yeux, il inspira à pleins poumons et replongea dans la contemplation du diorama. Il avait une guerre à préparer, et il comptait en être sacré le vainqueur !
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« Bakura… Kul Elna… Kul Elna… Bakura… Il doit pourtant bien y avoir quelque chose là-dessus quelque part ! »
Soufflant en se laissant retomber contre les étagères derrière lui, Heba se mordit la lèvre inférieure avec force, la mine ennuyée. Il avait passé son après-midi à chercher parmi des milliards de papyrus, de livres de pierre aux tablettes de cire, déplaçant poussières et scarabées momifiés à la recherche de ces noms qui s'étaient imprimés dans sa mémoire après son réveil.
La bibliothèque avait beau sembler contenir bon nombre de savoirs différents, rivalisant presque avec celle d'Alexandrie, elle avait l'air d'avoir fait l'impasse sur le village de Kul Elna ou d'un certain Roi des voleurs nommé Bakura.
À moins que…
Il était également possible que toute information concernant ce dernier eût été détruite afin de cacher les évènements auxquels il était mêlé.
Mais s'il rêvait de toutes ces choses, si les dieux avaient fait de lui le récepteur des souvenirs de Bakura, alors certainement, il devait avoir une raison à cela. Qu'il s'agisse de rétablir une vérité, de punir une faute ou simplement de faire en sorte que jamais plus l'histoire ne soit comptée sans que Bakura et Kul Elna ne soient également mentionner.
Un village maudit victime de l'indifférence et de l'hypocrisie du royaume. Des centaines de vies sacrifiés sans la moindre considération et ce, dans le but de façonner au sein de la Pierre du Millénium les sept objets sacrés brandi par les grands prêtres et leur pharaon… Qui que ces gens avaient été, ils ne méritaient pas un tel destin. Si leurs esprits lui demander justice, il suivrait leur volonté les yeux fermés. Ni sa rencontre avec Atem, ni ses rêves n'étaient dû au hasard. Il avait un rôle à jouer, lequel il l'ignorait encore…
Posant un dernier regard derrière lui, Heba finit par se décider à quitter les lieux, prenant le chemin des jardins royaux pour y rejoindre Mana qui devait avoir terminé sa session d'étude à cette heure-ci. Il lui restait encore quelques heures avant le repas du soir et il espérait que la jeune fille aurait du temps à lui consacrer. Il croisait rarement quoique ce soit depuis que la guerre avec Kerma avait été officiellement annoncée. Et bien que comprenant cette situation, malgré ses centaines de résidents, jamais le palais n'avait semblé aussi vide, la solitude oppressant à nouveau son cœur et son âme.
Peut-être devrait-il réfléchir à de nouvelles stratégies pour les futurs jeux auxquels Atem voudrait très probablement jouer après ses devoirs remplis…
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Un nouveau pas en avant, son pied s'enfonçant dans le sable chaud, brûlant sa peau découverte et laissant une empreinte derrière lui qui s'évanouit à la seconde où une légère brise s'éleva depuis les ouvertures dans les reliefs abrupts de Qattara.
Il se stoppa, savourant ce vent frais bienvenu sous les chaleurs étouffantes du désert. L'air devenait de plus en plus sec depuis qu'il avait quitté la pyramide d'Hawara, s'éloignant toujours plus loin du courant vénéré d'Hâpy pour tenter de rejoindre l'oasis d'Al-Bahariya. Tant qu'il continuait à traverser le désert, nul ne pourrait le rattraper et le ramener de force à Memphis. Les esclaves en fuite n'avaient que peu de chance de survie s'ils se déplacer de ville en ville, pouvant à tout moment être arrêté par les autorités, tuer ou pire, capturer et revendu par de nouveaux marchands d'esclaves.
Il enviait la main d'œuvre sur les chantiers de tombeau, pyramides et autres structures ordonné par les seigneurs du pays. Même si considérés aussi comme esclaves, ils bénéficiaient toutefois de bien meilleures conditions de vie que lui et ses semblables forcés de servir une famille de noble. Ils maudissaient d'autant plus leurs destins quand, tout comme lui, ils n'étaient jamais nés esclaves, mais au contraire avait grandi en homme libre.
Secouant la tête, il reprit sa lente marche, rabaissant sur ses yeux le bout de tissus couvrant sa tête et son cou. Le zénith se dévoilerait bientôt au-dessus des vallées escarpées, et il affronterait bientôt les nuits glaciales du Sahara.
