Explications de chapitre :

-J'ai eu du mal à trouver une hiérarchie militaire précise dans l'Égypte ancienne, et j'ai donc simplement décidé d'utiliser les rangs militaires de l'armée égyptienne actuelle. Pour les officiers supérieurs uniquement et du grade le plus élevé au plus bas:

Commandant en chef - Maréchal - Général - Général de corps d'armée - Général de division - Brigadier - Colonel - Lieutenant-Colonel - Commandant - Capitaine - Lieutenant - Sous-Lieutenant.

-Petit rappel : Horus, Dieu de l'ordre et des pharaons, est dans la mythologie égyptienne l'éternel rival de son oncle Seth, Dieu du désordre et des tempêtes. Dans ce contexte, les rares fois où un orage se déclarait en Egypte, on disait que Horus faisait face à son oncle Seth lors d'un énième affrontement.


« Nous avons donc dix-huit compagnies de 250 hommes chacune, regroupées en quatre divisions comptant elles-mêmes plus de 5,000 hommes, ainsi que deux navires de ravitaillement pouvant contenir environs 250 hommes chacun également, ce qui nous donne une armée de 20,000 hommes en tout. »

« Avec la forte possibilité que Kerma nous dépasse d'au moins 5,000 soldats supplémentaires ? »

« Oui, votre Majesté. »

« Je vois. Bon travail. »

Ahmes s'inclina avec respect à ses mots et se recula de quelques pas pour laisser le jeune roi à ses réflexions. Il ignorait encore la raison de sa présence en ces lieux, lui un simple second aux commandes qui ne côtoyait les hauts gradés qu'en de très rares occasions se retrouvait subitement propulsé au titre de conseiller du pharaon. Il ne pouvait pas se trouver là. Il ne devait pas se trouver là. Si jamais le général Neheb venait à apprendre qu'il avait outrepassé son rang et s'était approprié ainsi sa place, il ne donnait pas cher de sa peau.

Je vais probablement me faire lyncher sur la place publique…

La situation le dépasser complètement, et à cet instant même, coincé dans les appartements de son souverain, la pression n'en devenait qu'un peu plus accablante. S'il avait un moment craint pour sa vie lorsque la garde personnelle du roi d'Égypte avait fait irruption dans sa garnison pour l'y en sortir avec fracas, il regrettait maintenant vivement de ne pas avoir refusé de les suivre. Cela n'avait aucun sens à ses yeux, que pouvait-il donc rapporter au pharaon que ce dernier ne sache pas déjà ? Et quel genre de stratégie militaire pouvait-il bien avoir besoin d'apprendre lui qui se trouvait être doté d'une intelligence analytique dépassant celles des plus grands chefs d'armées de l'histoire ?

Tournant la tête, le commandant se surprit à observer un soleil brillant de mille éclats dans le ciel azure. Midi venait de sonner, et avec lui six heures venaient de s'écouler. Six longues heures qu'il avait passé à expliquer à tort et à travers tout ce qu'il savait des tactiques de l'ennemi et du terrain sur lequel ils allaient se battre plutôt que d'entrainer les troupes et d'organiser le train.

« Commandant ? » appela d'un coup une voix près de lui.

« Hmm ? » marmonna-t-il distraitement avant de réaliser son erreur et de tourner brusquement son regard vers le jeune roi, balbutiant maladroitement : « J-Je veux dire… votre Grandeur ? »

Mais le souverain ne parut pas s'offusquer de sa faute et, se redressant sur son siège, se mit à énoncer avec calme :

« Je suppose que vous vous demandez pourquoi j'ai souhaité vous voir spécifiquement. Et la raison à cela est tout ce qu'il y a de plus simple ; j'ai récemment pris la décision de changer quelques attributions au sein du commandement, attributions par lesquelles vous êtes bien sur directement concerné. Afin que vous puissiez au plus vite vous adapter à vos nouvelles fonctions, j'ai choisi de vous en faire part sur-le-champ plutôt que de passer par des moyens, disons, plus officiels. J'estime que les responsabilités qui deviendront les vôtres à l'issue de mon annonce seront à même de nous offrir un net avantage sur nos ennemis pour la bataille à venir. »

« Je suis aux ordres de mon roi et dieu. » répondit Ahmes avec appréhension.

« Commandant, j'ai pris la décision de vous nommer à la tête des divisions Ptah et Thot. » déclara Atem d'un ton ferme et sans appel.

« Les divisions Ptah et Thot ?! Mais mon Pharaon, ces régiments sont sous la responsabilité du Général de corps d'armée ! »

« C'est-à-dire Mahad, qui se trouve également être mon Maréchal. Oui, j'en suis parfaitement conscient. » indiqua le pharaon avec un léger sourire, comme cherchant à réconforter le soldat dont il voyait déjà les traits se tendre sous l'inquiétude. « Cependant, au vu des informations que je ne cesse de recevoir depuis la proclamation de cette guerre, il me semble évident que votre rôle ne doive pas à se limiter qu'à de la simple gestion logistique. »

Alors ça…

L'annonce du jeune roi le prit au dépourvu, et il se recula d'un nouveau pas, baissant la tête au sol avec confusion. Face à lui, Atem l'observait le front plissé, la tête penchée sur le côté, attendant probablement une réponse. Mais les choses n'étaient guère aussi simples.

Du moins pas dans le monde dans lequel il vivait.

Un souverain à peine mature pour monter sur le trône, mais trop jeune pour se rendre sur le champ de bataille n'avait aucune idée des us et coutume au sein d'un régiment. Il ignorait tout de la loyauté et de la considération d'un fantassin à sa hiérarchie ou d'un chef à ses troupes. Que diraient les autres ? Que penserait-on de lui ? Alors qu'il avait passé des années à se bâtir une réputation, qu'il avait sué sang et eau pour toujours suivre les ordres sans jamais contrarier ni ses supérieurs, ni les dieux auxquels il croyait…

Il ne pouvait tout simplement pas… pas s'il voulait conserver l'égard de sa hiérarchie, s'il espérait que ses troupes continuent de lui obéir et de le regarder avec admiration.

« Majesté… » articula-t-il avec hésitation, incertain quant à la marche à suivre.

« Vous avez fidèlement servi cette armée depuis votre entrée en son rang. Vous vous êtes montré digne de la grandeur de l'Égypte. Je n'ai aucun doute quant à votre succès à la tête de ces divisions. » le loua le pharaon d'un signe de tête, et Ahmes se sentit encore plus dépassé.

« Pourquoi moi ? » questionna-t-il alors subitement, relevant un regard inquisiteur vers le jeune roi qui souffla avec amusement à cette interrogation.

« Vous voulez la vérité ? Je n'ai pas de temps à perdre à douter des informations que je recevrais parce qu'elles proviendraient de personnes en qui je n'ai pas pleinement confiance. » révéla Atem en balayant une main en l'air avec indifférence. « Vous êtes d'une rare vivacité, Commandant Ahmes, bien plus qu'on pourrait le croire aux premiers abords. Je l'ai remarqué de suite. Et avec cette vivacité qui est la vôtre, vous avez sûrement dû noter les failles qui existent au sein de cette armée. »

« Je n'appellerais pas cela des failles à proprement parler. »

« C'est pourtant ce qu'elles sont. Et elles sont autant un poids pour mon règne qu'un désavantage évident pour la guerre qui se prépare. »

« Malgré cela, on ne peut douter des nombreuses victoires que cette armée a apportée au royaume. »

« Rien n'est aussi simple, Commandant. Jusqu'ici, j'ai respecté la tradition et ai passé sous silence les débordements, mais je n'accepterais sous aucun prétexte que ces derniers nuisent à mon succès. Des vies sont en jeu. Ma couronne est en jeu, et je n'ai pas survécu aux ténèbres eux-mêmes pour me faire détrôner par une reine de pacotille à l'ambition démesurée ! »

Mordant sa lèvre d'embarras, le commandant secoua la tête avec déférence, s'approcha du souverain, déplaça la chaise tout à sa gauche pour s'y asseoir, et prit une profonde inspiration avant de finalement exprimer sa pensée.

Il semblait avoir changé du tout au tout, passant d'un soldat timide et craintif à un homme d'âge mûr et confiant, son attitude plus assurée et tranchante attestant d'une telle métamorphose. Dans ses pupilles cannelle, Atem pouvait lire la tendresse d'un père face à la bêtise de son enfant. Dans ses pupilles cannelle, le pharaon pouvait voir la sagesse d'un homme ayant échappé au désespoir un nombre incalculable de fois et qui cherchait à présent à inculquer cette sagesse au roi incompétent qu'il était.

« Vous voulez mettre des mots sur les choses ? Très bien. Oui, le Général Neheb à tendance à s'attribuer les victoires d'autres par soif de gloire. Et certains régiments sont loin de ne pas se rendre coupables de vols et de meurtre par simple appât du gain. Si vous cherchez la parfaite armée, elle n'existe pas. Mais si vous accepter de faire l'impasse sur ce qui ne peut être changé et que vous concentrez vos efforts sur ce qui mérite d'être modifié, alors, en effet, vous aurez la plus grande armée qui soit, et vous écraserez vos ennemis avec autant de bravoure et de grandeur que n'importe lequel de vos prédécesseurs. »

« Et que proposer-vous en ce sens ? » demanda le jeune roi en haussant un sourcil, perplexe.

« Si le fait que le Maréchal Mahad et moi échangions nos postes sur le champ de bataille vous permet de mieux vous concentrez sur les manœuvres à opérer, alors soit, j'accepte. Du moment que cela reste temporaire et que vous me promettez que je retrouverais mon ancien titre lorsque cette guerre sera terminée. Si jamais je devais devenir Général de division, je préférerais que ce soit parce que je me serais démarqué sur le champ de bataille.

« Et ensuite ? »

« Ensuite, vous me laissez gérer les choses à ma manière. Je ne vous promets pas de miracle, mais si vous me faites effectivement confiance, je saurais vous prouver mon allégeance. »

Atem soupira en se relevant, s'approchant du balcon et s'adossant contre le chambranle avec nonchalance, un fin sourire sur les lèvres et les bras croisé sur sa poitrine.

« Cela te semble-t-il suffisant ? » lança-t-il à tue-tête, surprenant le soldat qui se redressa soudainement en reconnaissant la silhouette émergeant de derrière le mur et se dévoilant à travers les rideaux de satin.

« Plus que suffisant. » acquiesça Seth en partageant le sourire du pharaon, sa main posée contre la tête de sa baguette du millénium reposant à sa ceinture.

« Grand Prêtre… »

« Maintenant que je peux être sûr de pouvoir compter sur le second Général de division, il ne reste plus qu'à convaincre Mahad. »

« Tu crois que ce sera facile ? » interrogea le souverain en faisant la moue.

« Le connaissant ? » émit Seth d'une voix sarcastique, son regard toujours posé sur le commandant Ahmes demeurant interdit devant les deux cousins. « Tu ferais bien de faire appel à Shimon pour le tempérer… »

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L'obscurité enveloppait Abydos, les nuages noirs dans les cieux gris formant une masse difforme dissimulant la lumière divine de Râ et projetant une ombre menaçante sur la cité funéraire d'Osiris. Les eaux du Nil étaient agitées, se soulevant à chaque bourrasque de vent qui se levait avant de s'écraser contre les remparts du port en de destructrices vagues de petite envergure.

Silencieuse, la ville demeurait immobile, les commerçants stoppant leurs affaires, les touristes abrégeant leur visite, et les pêcheurs remontant leurs filets et quittant avec précipitation la rivière hors de contrôle. Effrayés, les habitants tentaient de trouver refuge dans la moindre bâtisse pouvant les accueillir, des maisons aux temples, et attendaient patiemment tout en observant avec terreur Horus et Seth s'affrontaient, priant pour que l'ordre triomphe du chaos et que la paix revienne sur terre comme au ciel.

Un froid glacial parcourra son corps, et elle resserra autour de ses épaules le drap de lin faisant office de châle. Son regard scruta les alentours du marché avec inquiétude, et laissant échapper un soupir inaudible en se retournant, elle s'éloigna de la fenêtre à grands pas.

« Voilà qui risque de retarder un peu plus notre départ. »

« Ce que tu peux être cynique ! N'as-tu donc aucune peur des dieux ? »

« Peur des dieux ? Si, mais j'crains encore plus de me faire abuser par ces nobles de bas étage et de jamais plus revoir ma fille ! »

« Tu exagères. Ils nous ont conduits jusqu'ici non ? »

« Et qui t'dit qu'ils ne vont pas nous abandonner là, Shani ? Tu l'as vu comme moi que cet émissaire préfèrerait s'occuper de toute autre chose que d'nous ! »

Tiye fronça les sourcils en se rasseyant sur la couchette qu'elle partageait avec Rana. Ce genre de discours n'avait rien d'inhabituel chez Khaba. Le père de Teana n'avait jamais fait confiance aux gens de la classe supérieure, il répétait souvent à qui voulait l'entendre que les nobles comme les membres du palais royal n'étaient que mensonges, hypocrisie et trahisons.

Fermant les yeux une seconde, elle s'empêcha de regarder à nouveau vers l'extérieur, et argua d'une voix douce et calme :

« Que cela lui plaise ou non, il est bien obligé d'accomplir son devoir. Que lui arriverait-il s'il revenait à la capitale sans nous ? »

« Et si c'était exactement c'qu'ils cherchaient ?! » s'écria Khaba sur la défensive. « S'ils voulaient se débarrasser d'nous pour continuer à exploiter nos enfants ?! »

« Mais de quoi est-ce que tu parles ?! Tu as complètement perdu l'esprit ! »

« T'es trop naïve, Rana ! Ils ont une dette envers eux après avoir été sauvés et logés par le palais ! »

« Silence ! »

Le cri résonna à travers les quatre murs de la chambre avec fracas, mettant fin à leur dispute avant même qu'elle n'ait commencé. Ils relevèrent alors les yeux vers la personne se tenant dans l'encadrure de la porte, et retinrent leur souffle à la vue du messager se tenant là, le visage tordu par la colère et une sorte de profond agacement.

Ils se sentaient comme des enfants pris sur le fait après avoir tenté de dérober une miche de pain. Baissant la tête dans un même mouvement, ils se rassemblèrent en un demi-cercle autour de l'émissaire et attendirent avec crainte que ce dernier n'ouvre la bouche.

« La tempête empêche toutes barques de descendre le Nil. Cependant, j'ai parlé aux marins ayant accosté récemment, et il semble que le mauvais temps ne se concentre que sur la Vallée des Rois jusqu'à Akhmîm. »

Comprenant immédiatement que la moindre complainte à cette situation incongrue leur vaudrait quelques ennuis, Tiye s'appuya contre l'épaule de Shani à sa gauche et la pressa avec force. Celle-ci hocha discrètement la tête en guise d'acquiescement et agrippa la main de son mari afin de l'empêcher de réagir trop violemment.

« Qu'est— » finit par balbutier Kahba en se mordant la lèvre et en serrant le poing. « Qu'est-ce que cela signifie-t-il pour nous ? »

Haussant un sourcil avec surprise en constatant le comportement plus assagi de ses protégés, l'émissaire s'autorisa à se détendre un peu plus, expliquant d'un ton toutefois toujours sec :

« Cela nous laisse avec deux choix : soit nous continuons à remonter le Nil à pied jusqu'à Tjebou pour enfin embarquer vers Khemet, ce qui rallongerait le voyage d'au moins deux à trois jours, soit nous attendons que la tempête passe et que les voies maritimes soient à nouveau praticables. »

« Et combien de temps peut durer une tempête de ce genre ? » osa demander Rana, soucieuse.

« Les dieux seuls le savent. De quelques heures à quelques jours… »

« Et… C'est à nous de choisir ? »

« À votre convenance. »

Les pupilles améthyste de Tiye se perdirent dans celles de ses compagnons, y cherchant un choix à une décision qu'elle ne se sentait pas la force de prendre. Une seule erreur pourrait la séparer de son fils plus longtemps encore qu'elle ne l'avait déjà été. Elle ignorait ce qu'il était bon de faire. Elle ne comprenait pas quel genre de test les dieux lui faisaient-ils passer ? N'avait-elle pas assez pleuré la disparition d'Heba ? Ne s'était-elle pas déjà assez sentie impuissante et inutile… ? Incapable de protéger sa chair et son sang comme Isis avait su le faire avec Horus pour le protéger des dangers du monde mortel.

Préférant rester muette, elle ferma les paupières et se contenta de prier. Prier pour que ce choix soit le bon et que très vite, elle puisse serrer son garçon dans ses bras…

« Prenons la route sans plus tarder ! »

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Il resserra son emprise autour de la pyramide inversée, la portant tout contre sa poitrine dans un geste presque surprotecteur. Ses mains tremblantes et moites glissaient sur l'or lisse et sans accros, et son cœur battant à tout rompre l'empêchait de se concentrer suffisamment dessus pour l'empêcher de lui échapper.

Cette sensation. Ce désespoir nourrit par la défaite. Il ne le connaissait que trop bien. Il alimentait sa rage, faisait ressortir ses plus mauvais côtés. On ne le nommait pas le roi des ténèbres pour rien. Il avait l'habitude de jouer de ce surnom. D'en faire une arme et un bouclier contre ses ennemis comme ses alliés. Il était, après tout, un dieu parmi les hommes qui se devait d'être craint comme respecté. Mais aujourd'hui, alors que cette sensation avait été autrefois sa force, il avait fini par le redouter.

Que les dieux lui pardonnent sa couardise, car désormais, les ténèbres le terrifiaient.

Rien ne serait jamais pire que ce qu'il avait dû affronter lors des premières années de son règne, et pourtant, il en venait à regretter son courage d'antan. Lui le roi élu des cieux. Celui que les prophéties avaient depuis des siècles prédit l'arrivée… Quelque chose se brisa d'un coup en lui. Comme si son âme avait été éparpillée en un millier de morceaux dont il avait à présent la charge de retrouver.

Il s'agrippa un peu plus fermement à l'objet entre ses doigts, fermant les yeux avec force. Il se sentait comme pris au piège, enfermait dans le labyrinthe de son esprit, essayant de trouver la sortie parmi des milliards de portes cachant un contenu mortel. Un vide sans fin s'était créé en lui, aspirant souvenirs et sentiments, pour le laisser sans rien.

Il avait besoin d'une lumière. La lumière détenant la clé de son âme esseulée. Celle capable de rassembler ses souvenirs, d'ouvrir la porte tant recherchée, de lui montrer le chemin de la vérité. Un seul être en ce monde possédait un tel pouvoir, une telle influence sur lui. Un seul…

Atem rouvrit les yeux, relâchant brusquement le puzzle du millénium qui se mit à pendre dans un mouvement de bascule autour de son cou. Au-dessus de lui, le soleil brûlant et l'air sec venaient réchauffer ses membres glacés par la peur et l'incertitude.

Rien ne peut être pire que Bakura… Rien ne peut être pire que Kul Elna… Rien ne peut être pire que la trahison et le mensonge… Cela ne se reproduira pas, tu t'en es assuré…

Répétant ces mots une fois de plus, il fit finalement demi-tour, quittant le balcon et rejoignant son trône sur lequel il s'installa avec prestance et autorité. Il était temps d'abandonner le rôle du garçon chétif et sensible et de revêtir le masque du souverain stable et serein. Il ne pouvait pas se permettre de montrer ses faiblesses et risquer de perdre la confiance qui lui avait été accordée après son couronnement.

Soudain, les grandes portes de la salle du trône s'ouvrirent, laissant apparaître Mahad et Shimon se dirigeant d'un pas rapide vers sa personne. Très vite, cependant, ils furent suivis de Seth, Aknadin et Isis, et le pharaon fronça les sourcils en se relevant, manifestement mécontent.

« Je ne me souviens pas vous avoir tous convoqué ici. Vous auriez l'obligeance de me dire ce qu'il se passe ? »

« Majesté… » prononça le magicien le premier, hésitant.

« Inutile de faire dans le cérémonieux, Mahad. Nous n'avons guère le temps pour ça. » argua Seth en s'approchant du jeune roi, la mine renfrognée. « Atem, Hussein et sa cour ont disparu. »

« Quoi… ? »