Oups, j'ai oublié de mettre le chapitre lundi, mais le voilà :)

Merci FelicityCarrow (ils partiront vite en Roumanie, promis ! Et pour Arcturus et Melania, je suis en train de réécrire le pourquoi du comment leur vie, mais ça va être un peu long, je stagne un peu) et Titou Douh (trop de suspens, ouais, et Cygnus c'est le chewing-gum sous la semelle de chaussure...) pour vos reviews ! C'est en faisant le tri dans mes mails sur j'ai revu vos reviews et ben que j'avais oublié de mettre le chapitre quatre... bref

Bonne lecture !

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Chapitre 4 : Mr et Mrs Prewett

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Lucretia lissa sa robe bleu pâle, vérifia son maquillage et sa coiffure dans la psyché de sa chambre puis enfila une paire de gants blancs. Elle avait essayé de se faire belle sans pour autant se montrer trop coquette. Ignatius ne lui avait pas parlé de ses parents. Elle savait qu'il avait un frère et une sœur parce qu'elle l'avait entendu au mariage de Dorea et Charlus, mais c'était tout. Elle appréhendait un peu.

Elle n'avait voulu de personne dans sa chambre depuis hier soir. Son Grand-père avait frappé et avait essayé de lui parler à travers la porte en bois, mais elle n'avait pas écouté. Elle avait entendu Grand-mère Hesper discuter avec Grand-père Sirius pour le convaincre d'aller se coucher. Elle avait attendu qu'il soit parti pour demander à Lucretia de parler à son Grand-père avant de partir pour la Roumanie.

Lucretia n'avait pas répondu.

Elle prit le rouleau de parchemin qui faisait office de contrat de mariage, le glissa dans sa pochette, et ouvrit prudemment la porte de sa chambre. Elle tomba sur sa mère. Après une seconde d'étonnement, elle fut seulement soulagée. C'était la seule dont la vue ne la mettait pas en colère.

« Bonjour Mère, dit-elle en venant lui embrasser la joue. »

Sa mère la retint un court instant contre elle avant de la laisser reculer. Elle sentit le regard analytique de sa mère détailler sa tenue avant de revenir vers son visage.

« Tu as très bien su équilibrer ta tenue, commenta-t-elle en souriant. Nous avons tout juste le temps de prendre un petit déjeuner avant que Mr Prewett n'arrive…

— Nous ? releva simplement Lucretia.

— Ton père et moi allons vous accompagner, lui apprit sa mère.

— Il n'en est pas question, protesta Lucretia. Après ce qu'il s'est passé hier, je…

— N'empêche pas ton père de s'occuper de toi, Lucretia, la coupa sa mère avec douceur. Il est déjà malade de chagrin alors…

— Il est malade tout court, marmonna Lucretia.

— Lucretia, la reprit fermement sa mère. Ton père est paranoïaque, d'accord, mais ne me dis pas que tu as honte de lui.

— Il me fait peur, avoua-t-elle à sa mère pour la première fois. Et Mr Prewett l'a très bien entendu hier. Vous ne pourrez jamais rien y changer. »

Sa mère ne répondit rien. Lucretia garda la tête baissée sur ses mains.

« Ton père ferait n'importe quoi pour te protéger, lui dit sa mère en lui relevant le visage. Il ne te fera jamais de mal. Nous allons vous accompagner au Ministère d'abord, puis chez les parents de Mr Prewett. Nous aimerions rencontrer Mr et Mrs Prewett. Tu seras loin dès lundi prochain quoi qu'il en soit, laisse-nous rester auprès de toi cette semaine. »

Lucretia ne réussit qu'à acquiescer faiblement à sa mère. Comment pouvait-elle refuser quoi que ce soit à celle qui avait souffert du sortilège ? A sa mère ?

« Viens avec moi rejoindre les autres. Tu pourras annoncer tes fiançailles et le mariage imminent, la pria sa mère. »

Elle descendit les escaliers lentement. Elle qui avait espéré ne croiser personne et pouvoir retrouver Mr Prewett discrètement, c'était manqué.

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« C'est assez, Maman ! hurla Ignatius en se levant violemment. »

Sa mère se plaignait depuis des heures sur le fait qu'elle ne connaissait pas Lucretia Black, qu'elle ne venait pas de Flaglet-le-Haut, qu'ils partaient en Roumanie dans une semaine, que les Black allaient les prendre de haut, qu'elle n'aurait jamais le temps de préparer un dîner convenable pour Lucretia Black et ses parents, qu'Ignatius ne tenait jamais compte de ses sentiments et de ses nerfs, qu'il imposait son choix à leur famille, que c'était tout de même à elle de lui trouver une fiancée et de lui préparer son mariage et patati et patata.

« Je pars chercher Lucretia, nous irons au Ministère régler les détails administratifs et puis je les ferai transplaner, elle et ses parents ici, décida-t-il hors de lui. Si rien n'est prêt, eh bien nous ne ferons que prendre le thé. Nous sommes mardi, le mariage a lieu dimanche : je te demande six jours de complaisance, c'est tout. Tu pourras me dire tout ce que tu veux et être infecte comme tu sais le faire avec Lucretia, cela ne changera rien ! Elle va devenir ma femme, et je partirai avec elle dimanche soir pour la Roumanie ! Des questions ? »

Le visage offusqué de sa mère manqua de le faire exploser à nouveau.

« Thaddeus, mais dis quelque chose ! s'écria-t-elle en se tournant vers son mari.

— Pamelia, cesse de crier, s'il te plaît, ne trouva qu'à marmonner son père sans lâcher la Gazette des yeux. Si même les Black ont accepté, tu ne pourras pas y changer grand-chose. »

Ignatius laissa sa mère asticoter son père et préféra sortir de la maison de ses parents pour aller transplaner.

Il trouva facilement le 12, Square Grimmaurd sur le plan des localités magiques de Londres.

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Tout ce que Lucretia avait retenu du chemin jusqu'au Ministère fait à pied, c'était sa main bien callée dans le creux du coude de Mr Prewett, les trois baisers qu'il avait posés sur sa joue et sa voix grave qui ressemblait à un marmonnement et qui lui parlait de Ludovicus Prewett, son petit frère, Muriel Prewett, sans grande sœur, et ses parents, Thaddeus et Pamelia Prewett. Elle se souvenait aussi des compliments qu'il avait faits sur son sourire (plutôt que sur sa robe) et de son visage reposé (plutôt que sur sa coiffure). Si elle avait été un peu désappointé au début, elle avait finalement trouvé ceci plus original… avant qu'il ne lui glisse enfin que le bleu de sa robe faisait ressortir ses yeux, et que son chignon compliqué lui donnait quelque chose de plus… royal. Elle avait rougi, elle avait ri bêtement puis ils étaient entrés au Ministère.

Elle n'avait encore jamais mis les pieds là-bas. Pourquoi l'aurait-elle fait d'ailleurs ? Elle avait regardé les allers et venus des gens avec fascination, les hauts plafonds l'avaient impressionnée et voir Mr Prewett serrer la main à quelques personnes et la présenter comme sa fiancée l'avait émerveillée de plaisir.

Elle avait distraitement écouté Ignatius, son père et le Mage qui les marierait discuter du contrat de mariage. Elle se fichait de tout cela. Ce qu'elle voulait, elle, c'était signer ce qu'il fallait pour que Mr Prewett et elle soit liés d'abord par des fiançailles, ensuite par le mariage.

Alors lorsqu'enfin ils sortirent du Ministère officiellement fiancés et quasiment mariés, elle lui sauta dans les bras sans tenir compte du regard de ses parents.

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Lorsqu'enfin la maison en pierre de ses parents fut en vue au milieu des vergers, Miss Lucretia s'arrêta pour contempler l'endroit. Elle avait vraiment bonne mine aujourd'hui, comme le jour où Ignatius l'avait rencontrée. Sa robe bleue pastel lui faisait perdre une année ou deux, années vite reprises par son chignon savamment construit et ce maintien raffinée qui ne la quittait jamais. Il ouvrit le lourd portail en fer qu'elle passa sans se faire prier. Ses parents étaient quelques pas derrière eux. Il s'appuya sur la barrière pour la regarder s'émerveiller face à toutes les plantes de son père.

Elle tourna ses immenses yeux gris et son large sourire vers lui.

« C'est ici que vous avez grandi, Mr Prewett ? demanda-t-elle les joues rouges d'impatience.

— Oui, dit-elle en répondant à son sourire.

— C'est ici que vous avez essayé de monter un élevage de Doxys ? continua-t-elle en ses mordant les lèvres, sans doute pour se retenir de rire.

— Oui, avoua-t-il avec une moue embêtée parce qu'il ne pensait pas lui avoir raconté ceci.

— C'est ici que l'œuf de dragon que vous aviez gagné aux cartes a éclos et c'est le toit de cette maison qu'il a brûlé ? poursuivit-elle en trépignant d'impatience.

— Oui, marmonna-t-il ne se passant une main gênée sur sa nuque.

— C'est ici encore que vous avez adopté un Charretier et que pour le nourrir vous avez monté un élevage de gnomes de jardins qui n'ont jamais voulu quitter le terrain ? dit-elle avant d'exploser de rire. »

Cette nana lui avait fait raconter n'importe quoi. Pourquoi lui avait-il raconté tous ses essais avec les créatures magiques, hein ? Cette histoire d'œuf de dragon aurait pu lui apporter de gros ennuis. Il marmonna avec agacement qu'il ne lui raconterait plus rien, ce qui, bien sûr, la fit seulement rire un peu plus aux éclats. Mais c'était tellement mieux de l'entendre rire que pleurer, qu'Ignatius n'ajouta rien. Il poussa un peu plus la grille pour laisser entrer les parents de Miss Lucretia, puis la referma dans un déclic métallique. Il proposa son bras à sa fiancée qui l'accepta aussitôt.

« C'est vraiment charmant, dit-elle en regardant tout autour d'elle les arbres et l'herbe givrée.

— C'est mieux au printemps, commenta Ignatius. »

Il restait un peu de neige sur le chemin de pierre qui menait jusqu'à la porte d'entrée, si bien que leurs pas produisaient des couinements. Il ouvrit la porte sans frapper et fit signe à Miss Lucretia de passer devant lui. Le sourire émerveillé qu'elle lui renvoya le fit rougir.

« Maman, Papa, nous sommes là, dit-il de sa voix bourrue en entrant après Miss Lucretia. »

Il prit la cape et le chapeau de sa fiancée pour les laisser sur la patère de l'entrée avant de s'occuper des affaires de ses futurs beaux-parents. Mrs Melania Black regardait tout autour d'elle avec un sourire discret, Mr Arcturus Black ne quittait pas sa fille des yeux. Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir de la belle maison de ferme, puis son père, en habits du dimanche, passa la porte du salon.

« Miss Lucretia, Mr et Mrs Black, je vous présente mon père, Thaddeus Prewett. Papa, voici Miss Lucretia et ses parents, marmonna-t-il en cherchant sa mère du regard.

— Je suis enchantée de faire votre connaissance, Mr Prewett, s'empressa de le saluer Miss Lucretia de cette voix toujours gentille qui faisait sourire Ignatius.

— Je suis ravi de vous rencontrer aussi, Lucretia, répondit son père en se contentant de poser sa main sur son épaule. Mr Black, je suis heureux que vous ayez accompagné votre fille et de pouvoir vous rencontrer aussi, continua-t-il en tendant la main à Arcturus Black. »

Son futur beau-père n'y fit pas attention et continua de fixer son père sans manifester la moindre émotion. Ignatius grimaça sans pouvoir se retenir. Pourvu qu'il ne parte pas en crise comme la veille au soir…

« Nous ne pouvions pas laisser Lucretia pour un jour si particulier, Mr Prewett et nous tenions à vous rencontrer avant la cérémonie, répondit à sa place Mrs Black en serrant la main tendue. »

Ignatius regarda son père cligner des yeux, froncer les sourcils, grimacer et lui jeter un discret coup d'œil auquel il ne répondit que par une grimace désolée. Arcturus Black était cinglé. Mieux valait ne pas chercher à comprendre son attitude.

« Où est ma mère ? demanda-t-il pour combler le silence pesant.

— Dans la salle à manger avec l'elfe de Maison et Muriel. Ludovicus est allé se changer. Je m'excuse par avance, Mr et Mrs Black, mais le dîner ne pourra pas être très long. Nous sommes en train de couper les pruniers, et…

— Tu ne peux pas le faire demain ? le coupa Ignatius avec agacement.

— Ignatius, tu sais très bien que…

— Je viendrai pour vous aider, Ludo et toi, si tu veux, je te demande une demi-journée, insista Ignatius. »

Les yeux bleus de son père, les mêmes que les siens se plissèrent avec agacement. Thaddeus Prewett fit claquer sa langue dans sa bouche et tourna les talons pour les inciter à le suivre dans le salon. Il proposa l'un des trois fauteuils à Mr Black qui préféra s'asseoir sur l'un des deux canapés en cuir à côté de son épouse sans avoir encore dit un mot. Son père lui jeta un autre coup d'œil intrigué, surtout quand Mrs Black fit signe à Miss Lucretia de s'asseoir à côté d'elle.

« Va chercher ta mère et ta sœur, lui intima son père. Vous boirez bien un verre de Whiskey-Pur-Feu, Mr Black ? »

Encore une fois, Mr Black ne prononça pas un mot pour se contenter d'acquiescer. Ignatius attrapa le regard de Miss Lucretia avant de quitter la pièce avec réticence. Son immense sourire le rassura un peu.

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La maison des parents de Mr Prewett était vraiment charmante. C'était une grande et vieille maison de ferme, avec des tapis partout au sol, et des meubles en bois sombre. Les canapés en cuir immenses et rembourrés du salon et la grande cheminée en faisaient une pièce à vivre vraiment agréable. Mr Prewett ressemblait beaucoup à son père d'un point de vue physique. Même barbe rousse, mêmes cheveux roux, mêmes yeux bleus. Seul le nez de son futur beau-père était plus épaté et son regard moins perçant. Ils marmonnaient aussi tous deux de la même manière, quoique de manière encore plus prononcée pour le père de Mr Prewett.

« Miss Lucretia, vous êtes bien la cousine de l'épouse de Charlus, c'est cela ? lui demanda directement son futur beau-père. »

Elle rougit de plaisir parce qu'elle ne s'était pas attendue à ce qu'il lui parle à elle, et non à ses parents.

« Sa petite-cousine, oui, osa-t-elle préciser. Mon père est le cousin de Dorea, mais ils ont vingt ans d'écart, et moi seulement cinq ans d'écart avec Dorea. »

Elle s'empressa de se taire en voyant le froncement de sourcil de sa mère.

« Un drôle d'énergumène ce Charlus Potter, hum, marmonna son futur beau-père avec un demi-sourire. J'imagine que votre cousine ne sait plus où donner de la tête, Mr Black ? reprit-il en remplissant deux verres de Whiskey-Pur-Feu. »

Il tendit le verre à son père qui le prit sans pour autant le goûter pour continuer de fixer son futur beau-père. C'est sa mère qui reprit la parole.

« Dorea a toujours cherché la complication, le caractère de Mr Potter ne pouvait que lui plaire, commenta sa mère avec un discret sourire.

— Et c'est donc à leur mariage que vous avez rencontré mon fils, Lucretia, d'après ce que j'ai compris, continua-t-il sans perdre son demi-sourire.

— Oui, s'empressa de répondre Lucretia, ravie. J'étais la demoiselle d'honneur de Dorea, et Mr Prewett leur témoin, nous étions destinés à passer la soirée ensemble et…

— Lucretia, la reprit doucement sa mère. »

Elle se tut immédiatement. Elle était volubile, elle le savait, et elle essayait de se retenir d'habitude, mais elle était si contente aujourd'hui que… Un bruit de fracas la fit sursauter.

« Ah, Ludovicus descend les escaliers, commenta Mr Prewett en levant les yeux au plafond. »

Et effectivement une tête rousse sans barbe passa à travers la porte. Il resta un instant sur le seuil de la porte, les mains de chaque côté des montants puis s'avança.

« Miss Lucretia, vous voilà donc. Mr et Mrs Black, les salua-t-il avec un grand sourire. Ignatius ne m'avait pas dit que vous étiez aussi jolie, continua-t-il en tendant la main à son père que sa mère serra à la place, comme d'habitude. »

Il s'assit ensuite sur le fauteuil proche de Lucretia qui le dévisageait. Il avait beau être roux, il ne ressemblait pas du tout à Mr Prewett.

« Mon frère est un cachotier, reprit-il. Je pensais me marier avant lui, et voilà qu'il me double. Vous devez connaître Agatha Fawley, elle est en dernière année à Poudlard, à Serdaigle. Vous la rencontrerez en août sinon, lorsque je l'épouserai.

— Si, si, je vois qui elle est. Elle est à la chorale, non ? se permit de répondre Lucretia.

— Exactement. Vous y étiez aussi ? s'étonna-t-il.

— Non, pas du tout, mais je me rappelle l'y avoir vue.

— Ludo, ne commence pas à la harceler, gronda la voix de Mr Prewett. »

Lucretia tourna la tête vers la porte pour voir son fiancé accompagné de deux femmes. Elle se leva aussitôt malgré la main de sa mère sur sa cuisse pour l'en empêcher. Voilà à qui ressemblait le frère de Mr Prewett : à sa mère. Sa mère semblait avoir déjà un certain âge… Son père aussi, mais ceci l'avait moins surprise. Il est vrai qu'il lui avait dit que sa sœur Muriel avait vingt-huit ans de plus que lui, mais…

« Miss Lucretia, voici ma mère. Maman, je…

— J'ai compris, coupa sèchement Mrs Prewett. »

Le sourire de Lucretia s'effrita un peu. Qu'avait-elle fait de mal ? Elle le demanda avec un regard perdu à Mr Prewett, dont la mâchoire crispée lui indiqua seulement l'agacement. Elle fronça les sourcils pour lui en demander muettement la raison, mais il se contenta de secouer sèchement la tête et de lui grimacer un sourire.

« Je suis ravie de vous rencontrer, Mrs Prewett, dit-elle à mi-voix. »

Le hochement de tête semblait être la meilleure réponse qu'elle obtiendrait.

« Le dîner est prêt, Muriel va vous mener dans la salle à manger.

— Veuillez me suivre, reprit l'autre femme d'un ton mielleux. »

Elle laissa ses parents passer devant elle avec son futur beau-père et le frère d'Ignatius pour se retrouver un instant seule face à lui.

« Ai-je fait quelque chose de mal ? demanda-t-elle en sentant sa gorge se nouer. »

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Ignatius allait vraiment étriper sa mère. Ce n'était pas parce qu'elle avait épousé son père à seize ans après la consultation de leurs deux familles que toutes les nanas devaient faire pareil. Merlin, il s'était passé cinquante ans depuis, nom de nom. Sans compter qu'obtenir ses ASPIC n'étaient pas une option pour une femme selon Ignatius. Sa mère n'avait aucune jugeote. Et voilà que Miss Lucretia perdait à nouveau son sourire.

« Ma mère voulait me faire épouser une cousine Fawley, oubliez-la, marmonna-t-il en glissant ses mains sur ses joues. »

Il l'embrassa comme la première fois, brièvement et amoureusement. Non pas qu'il ne l'embrassait plus amoureusement, mais il l'avait fait bien moins brièvement les fois suivantes.

« Que faut-il que je fasse pour qu'elle m'accepte ? lui demanda-t-elle avec espoir.

— Rien, elle est entêtée, vous perdriez votre temps, dit-il brusquement. Et puis, nous serons bientôt en Roumanie, et nous ne la verrons plus. Laissez, vraiment, insista-t-il. »

Il posa sa main dans le bas de son dos pour la mener dans la salle à manger. Heureusement, sa mère le laissa s'asseoir à côté de Miss Lucretia sans faire d'histoire.

Ce fut néanmoins une catastrophe. Entre sa mère qui n'adressait pas la parole à Miss Lucretia et ses parents, Mr Black qui ne parlait que pour dire qu'il allait prendre l'air, Mrs Black qui essayait d'entretenir la conversation avec son père, et Ludo qui parlait d'Agatha Fawley à Miss Lucretia, sa mère qui en rajoutait une couche pour dire combien Agatha serait une belle fille formidable, Ignatius se savait plus après qui il était en colère. Et le pire, assurément, fut lorsque sa mère amena le sujet par excellence qu'il ne fallait pas, lorsqu'elle adressa la parole à Miss Lucretia pour la première fois.

« Combien d'enfants voulez-vous, Lucretia ? »

Silence à table. Que ce soit Mr Black, Mrs Black ou même Ludo, plus aucun ne parla. Comme à son habitude, Ludo fit un sourire sarcastique à Ignatius en jouant avec ses sourcils. Lucretia tourna la tête vers lui, plus pâle que jamais. Il tourna lentement la tête vers sa mère.

« Maman, marmonna-t-il en serrant les dents et en l'assassinant du regard. Tu sais très bien que je ne veux pas d'enfants. »

Il sentit la main de Lucretia sous la sienne se crisper. Mr et Mrs Black cessèrent de retenir leur respiration et Ludo perdit son sourire stupide.

« Eh, Ig, tu ne peux pas imposer une chose pareille à ta femme, dit-il en fronçant les sourcils.

— Je n'impose rien du tout, nous sommes du même avis.

— Mais enfin, Ignatius, je veux des petits-enfants ! s'emporta sa mère. Tu ne veux déjà pas t'occuper des vergers, tu ne veux pas d'enfants, quand vas-tu cesser de refuser tout ce qu'il faut faire ?!

— Maman, arrête ça, la prévint dangereusement Ignatius.

— Lucretia, vous voulez bien des enfants, non ?

— Maman ! s'exclama-t-il en tapant du poing sur la table. »

C'était de la faute de sa mère s'il avait eu tant de réticence à s'intéresser aux nanas à Poudlard et après. A cause de Muriel aussi, qui le regardait avec un air supérieur insupportable. Il ne s'étonnait plus que son mari l'ait planté pour partir aux Amériques avec une petite jeune vingt ans plus tôt. Elles étaient toutes les deux à lui dire quoi faire, et comment le faire. Elles étaient toutes les deux à tout critiquer et tout manigancer pour l'amener à faire ce qu'elles voulaient alors qu'il ne le voulait pas. Son père laissait faire et s'en allait dans son verger. Son frère était trop content qu'elles s'occupent de lui et qu'il n'ait rien à choisir et rien à faire. Et comme il aimait le travail de la terre, tout était parfait pour lui.

« Nous verrons plus tard, Mrs Prewett, intervint la voix voilée de Miss Lucretia. Avoir des enfants dans une réserve de dragons me paraît dangereux.

— Plus tard ? s'étonna sa mère pendant qu'Ignatius serrait les dents. Un enfant peut mettre des années à venir, Lucretia. »

La main de Miss Lucretia glissa de la sienne. Il se tourna vers elle pour la voir se lever.

« Veuillez m'excuser, dit-elle d'une voix lourde en quittant la pièce. »

Ignatius s'apprêtait à véritablement hurler après sa mère puis à courir rejoindre Lucretia, mais Mr Black le prit de court.

« Je dois prendre l'air, marmonna-t-il en se levant, tout son corps parcouru de tocs nerveux. »

La porte claqua derrière lui.

« Je ne veux plus t'entendre, Maman, marmonna-t-il.

— Ignatius, j'en ai assez de…

— Tais-toi Pamelia, la coupa sèchement son père. »

Ignatius jeta un coup d'œil à son père qui fixait sa mère sombrement. C'était très rare qu'il adopte un regard et un ton pareils. Il disait les choses de manière bien plus légère habituellement, presque nonchalante et indifférente. Son père n'était pas stupide. Pour qu'Ignatius dise une chose aussi violente et surprenante devant ses futurs beaux-parents, c'est que ceci avait déjà été discuté. Son père avait compris. Et son frère ne tarderait pas à comprendre aussi, après la sortie précipitée de Miss Lucretia. Il n'y avait que sa mère et sa sœur pour ne pas voir plus loin que le bout de leurs nez.

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Elle sentait à nouveau ses poumons exploser sous les sanglots. Pourquoi tout le monde lui rappelait sans cesse qu'elle n'était pas une vraie fille ? Une femme entière qui pouvait porter les enfants de l'homme qu'elle aimait ? Pourquoi Ignatius était si gentil avec elle ? Pourquoi avait-il menti immédiatement, pour éviter une discussion pesante avec sa mère ?

« Lucretia, ma… ma fille, s'il vous plaît, pourrions-nous… »

Son père l'avait toujours effrayée, avec tous ses tocs nerveux et ses crises de paranoïa. Il ne serrait aucune main et laissait sa mère le faire. Il ne parlait presque jamais aux gens en dehors du 12, Square Grimmaurd. Il n'avait pas d'ami car la seule chose qui lui importait c'était sa femme et sa famille.

Elle se jeta dans les bras de son père comme elle avait toujours eu trop peur de le faire par le passé.

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A lundi ou mardi ;)