Bonjour :) Désolée pour t'attente, quelques contretemps IRL.

Merci à tous et à toutes pour vos retours, vous êtes des adorables. Voici le dernier chapitre de cette histoire, même s'il est possible que j'écrive des OS sur la suite de leur vie un jour ou l'autre et puis il reviendront dans d'autres textes de l'univers des Black, pas de panique FelicityCarrow ;)

Bonne lecture !

Chapitre 7 : Une autre vie

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Le lendemain matin, Lucretia décida qu'à défaut de pouvoir porter l'enfant d'Ignatius, elle devait tenir leur maison de manière irréprochable. Elle se réveilla bien avant lui, fit chauffer de l'eau dans la bouilloire dont il s'était servi la veille, et prépara la table. Elle entendit descendre Ignatius lorsqu'elle se demandait ce qu'elle pouvait servir à manger.

« Tu es déjà levé ? marmonna-t-il en souriant.

— Oui, je voulais tout préparer, approuva-t-elle, mais je n'ai pas été faire de courses, donc… donc il n'y a rien à manger, avoua-t-elle en faisant la moue. Comment as-tu fait hier ? demanda-t-elle.

— Ouvre le placard du bahut, il doit rester du pain que j'avais emporté avant de partir, lui proposa-t-il en s'asseyant. »

Elle s'empressa de le faire, et put lui servir quelque chose de correct. Elle intercepta son regard insistant et lui sourit en s'asseyant en face de lui après avoir rempli leurs tasses de thé.

« Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle. J'ai ronflé cette nuit ? s'inquiéta-t-elle.

— Mais non, marmonna-t-il avec amusement. Je te trouve en forme ce matin, c'est agréable, dit-il avant de plonger le nez dans sa tasse. »

Lucretia sentit son cœur exploser de soulagement et de joie. Il l'aimait toujours. Il l'aimait encore. Malgré sa stérilité, et malgré l'état pitoyable dans lequel il l'avait vue à plusieurs reprises à cause de sa stérilité. Et il était toujours aussi gêné quand il lui faisait des compliments. C'était étonnant. Lorsqu'il lui avait fait l'amour, elle n'avait plus vu une seule trace d'hésitation dans sa voix et dans ses gestes. Lorsqu'il l'embrassait non plus il ne lui paraissait pas hésitant ou gêné. Elle aimait bien ce côté inébranlable qui tenait son corps et qui se ramollissait un peu lorsqu'il essayait de lui faire des compliments ou de lui dire qu'il l'aimait et qu'ils n'étaient pas dans leur lit. C'était rassurant qu'il soit fort et imperturbable en permanence, et c'était merveilleux qu'il cherche ses mots pour lui parler à cœur ouvert. Elle aimait sa complexité. Et elle devait faire en sorte de pouvoir l'avoir toujours à ses côtés, et donc, qu'il l'aime toujours. Elle devait…

« Je travaille de neuf heures à dix-huit heures tous les jours de cette semaine, avec une heure le midi pour manger. Je commence les gardes de nuit la semaine prochaine, et le samedi nous renouvelons les sortilèges Repousse-Moldus, lui apprit-il et elle s'employa à tout mémoriser. Tu pourras participer si tu le souhaites.

— Bien sûr, approuva-t-elle. C'est un des sortilèges que j'ai dû lancer pour mes ASPIC, tu sais. Je l'ai bien réussi.

— Eh bien c'est parfait, marmonna-t-il en souriant.

— Je… J'aimerais faire quelques achats aujourd'hui, des achats alimentaires, précisa-t-elle. Mais… Avec quoi je peux payer ? demanda-t-elle habilement.

— Ah oui, marmonna Ignatius. Attends un instant. »

Il se leva et monta l'escalier quatre à quatre. Il redescendit quelques secondes plus tard avec une bourse.

« Voilà, j'ai changé de l'argent avant de partir. Je serai payé en argent roumain ensuite. »

Il lui expliqua brièvement comment compter l'argent roumain avant de devoir partir travailler. Elle lui sauta dans les bras avant qu'il n'ouvre la porte, l'embrassa longuement, comme une épouse attentionnée devait le faire, et le laissa partir, le rouge aux joues, la tête en ébullition. Tout devait être parfait pour ce soir.

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Elle briqua la maison avec les sortilèges que lui avait appris Dorea, et avec divers produits dont elle lui avait montré l'utilisation. Elle rangea toutes leurs affaires, plia leurs vêtements à apporter à la blanchisserie pour les mettre dans le panier de linge, et rangea encore et encore. Lorsqu'elle fut satisfaite d'elle-même, elle s'autorisa à quitter la Réserve pour faire quelques achats. Elle se débrouilla plutôt bien selon elle, et revint quelques heures plus tard. Elle n'avait pas faim, mais Ignatius aurait très faim ce soir, après une bonne journée de travail. Elle s'attaqua à la cuisine, avec sous les yeux le livre qu'elle avait acheté avec Dorea.

Ignatius arriva peu après. Ils dînèrent en tête à tête, tout en se racontant leur journée. Il semblait content de tout le travail qu'elle avait fait pour leur maison, et elle se promit de continuer sur sa lancée.

La journée de la veille était très loin lorsqu'il l'étreignit ce soir-là, et qu'ils s'aimèrent à nouveau. Tout était à nouveau à sa place. Et tant qu'elle tenait sa maison, tant qu'elle prenait soin d'Ignatius, même si elle ne pouvait pas lui offrir d'enfants, tout irait bien. Elle serait tout pour lui, comme il était tout pour elle, et le reste n'avait pas d'importance.

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Quelques semaines plus tard,

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Lucretia aimait sa nouvelle vie, si différente de celle qu'avait vécue à Londres, avec un mari attentionné et avec lequel elle s'occupait toute la journée de leurs animaux et de leur jardin. Elle aimait avoir les mains dans la terre pour entretenir les arbustes. Elle aimait tenir sa maison. Comme il manquait des rideaux aux fenêtres, elle en avait confectionné dans son voile de mariée, en dentelle de calais, magnifique mais inutile à présent. Elle avait fait une nappe dans un tissu qu'elle avait acheté à Bucarest un week-end, avec Ignatius. Elle avait l'impression qu'il avait pris quelques kilos depuis qu'ils étaient mariés et qu'elle lui faisait de bons plats.

La journée, si elle n'avait plus rien à faire, elle tournait un peu en rond, elle relisait des vieux romans qu'elle avait lus adolescente, elle se promenait dans la Réserve, protégée par les sortilèges, et elle observait les dragons. Elle attendait avec impatience le soir, quand Ignatius lui racontait ce qu'il avait observé, quel animal il avait dû soigner, et lequel ils avaient dû abattre. Elle aurait voulu en faire autant que lui. Elle aurait voulu savoir approcher un dragon. Elle observait, à défaut de plus. Sinon, elle écrivait des lettres.

Dorea lui racontait sa vie, et elle lui racontait la sienne. Elle évitait de lui parler de son bébé qui grandissait toujours dans son ventre. Elle savait qu'il se portait bien parce qu'elle le disait brièvement de temps en temps, mais surtout parce que Charlus en faisait des tonnes dans ses lettres à Ignatius. Il était apparemment ingérable et s'affolait dès que Dorea mettait un pied hors de chez eux. De toute façon, la coupe d'Europe de Quidditch, qui avait lieu un peu partout en Europe, poussait Charlus et Dorea à se déplacer constamment depuis plusieurs jours. Il finirait bien pas s'y habituer et se calmer. Elle n'en était qu'à trois mois de grossesse.

Elle écrivait beaucoup à son père. Il lui racontait des anecdotes sur sa vie passée qui la faisaient sourire, il lui demandait comment elle allait, ce qu'elle faisait la journée, si elle comprenait mieux le roumain… Pour la première fois, elle osait lui répondre sans prendre peur.

Elle écrivait aussi énormément à sa cousine Mathilda qui était dans tous ses états avec l'approche des ASPIC. Le Professeur Slughorn lui faisait toujours des misères, et elle avait de plus en plus de mal à garder son calme face à lui. Sans parler d'Alexander Rosier, son amant et presque fiancé qui devenait de plus en plus possessif. Il ne voulait plus qu'elle soumette son dossier pour entrer en tant qu'Apprentie-Guérisseuse à Sainte-Mangouste, et elle avait raconté tout cela à Lucretia dans une lettre dont les traces de larmes avaient ravagé le parchemin. Lucretia lui avait dit d'en rediscuter avec lui. Mathilda était tellement mal et tellement en colère contre lui, qu'elle avait écrit dans sa dernière lettre qu'elle était décidée à le quitter, quitte à se prendre une soufflante par leur Grand-père Sileas. Lucretia lui avait seulement demandé si elle ne l'aimait plus pour prendre une décision pareille. Elle attendait à présent sa réponse.

Elle avait beaucoup écrit à sa mère au début. Mais la semaine dernière, elle lui avait demandé de répondre aux nombreuses lettres de son Grand-père Sirius qu'elle n'avait pas ouvertes. Alors, elle ne lui avait plus répondu.

Sa Grand-mère Hesper avait été un vrai soutien au début, notamment pour ses conseils avisés sur la gestion d'une maison. Puis elle lui avait demandé de répondre aux nombreuses lettres de son Grand-père Sirius. Alors, elle ne lui avait plus répondu.

Il en était de même de tous les autres. Pourquoi ne comprenaient-ils pas que Grand-père Sirius avait été horrible avec sa mère ? Et avec elle ? Pourquoi personne ne voulait comprendre à part son père et Dorea à qui elle avait expliqué la situation, qu'elle avait le droit et toutes les raisons de refuser d'adresser un mot à son grand-père à l'avenir ? Son grand-père lui envoyait plusieurs lettres par jour. Il ne se lassait donc pas ? Il ne comprenait donc pas qu'elle ne voulait plus lui parler ? Les autres non plus ne comprenaient pas ? Elle ne leur répondait plus pourtant, mais elle recevait encore leurs lettres, tous les jours ! C'en devenait invivable !

Elle avait certes de quoi s'amuser à lancer dans le feu, mais c'était pénible.

Aujourd'hui, 27 mars, cela faisait un mois qu'Ignatius et elle s'étaient dit oui. Elle lui avait préparé tout un dîner aux chandelles, elle avait été acheté un Fléreur roux pour lui faire un présent. L'animal était dans une boîte percée de petits trous pour le moment, près de la cheminée. Elle s'était maquillée, coiffée et habillée avec application.

La porte d'entrée s'ouvrit enfin. Elle tourna le dos à la cheminée pour regarder Ignatius se figer en voyant la table et la lumière tamisée. L'atmosphère romantique qu'elle avait crée devait lui plaire, non ?

« Hum… Je crois que j'ai manqué quelque chose, marmonna Ignatius en refermant lentement la porte derrière lui.

— Mais non, mais non, le rassura-t-elle.

— Si, je vois bien qu'il y a quelque chose de spécial aujourd'hui, marmonna-t-il. Je vais réfléchir en allant me laver et me changer, je reviens. »

Elle le regarda filer à l'étage en souriant de toutes ses dents. C'était à elle de veiller sur eux. Lui, il devait veiller sur les dragons. Elle, elle veillait sur lui et sur leur amour. Mais cela lui plaisait qu'il cherche à veiller avec elle sur eux.

Elle replaça les bougeoirs de chaque côté de leurs assiettes puis retourna surveiller son chaudron. Elle remplit deux bols de soupe qu'elle posa à chacune de leurs places, ajouta des morceaux de pain pour Ignatius, et jeta un dernier coup d'œil à son ragoût.

Elle s'assit à sa place, côté cuisine, et regarda Ignatius descendre les escaliers.

« Je me suis souvenu, ce sont nos un mois de mariage, c'est ça ? marmonna-t-il en s'asseyant précipitamment devant elle.

— Oui, c'est ça, approuva-t-elle en se penchant sur la table. »

Il se pencha aussi pour l'embrasser. Ce fut bref, mais tout comme il le fallait.

« Heureusement que tu as pensé à tout préparer, je pensais que c'était demain. Je voulais t'emmener faire un pique-nique dans le village ce week-end, continua-t-il.

— Pique-niquer ? Dehors ? s'étonna-t-elle. Nous sommes mieux chez nous, non ?

— C'est bien de sortir aussi, marmonna-t-il en attrapant la cuillère à soupe. Je peux ? C'est que ça sent vraiment bon.

— Bien sûr voyons, vas-y, l'encouragea-t-elle. »

Elle le regarda avec attention. Le sourire satisfait qui gracia ses lèvres la rendit euphorique. Il avait dû reconnaître les châtaignes qu'elle avait mises juste pour lui, parce qu'il les aimait.

« Ne le dis pas à ta cousine, mais niveau cuisine, elle ne t'arrive pas à la cheville, marmonna Ignatius en ajoutant des morceaux de pain dans sa soupe.

— Charlus s'en plaint encore ? demanda-t-elle en enfouissant une cuillère pleine dans sa bouche.

— Il ne fait que ça, marmonna Ignatius avec un demi-sourire. Mais je crois qu'il est masochiste. Il aurait largement les moyens d'acheter un elfe, ou les services de quelqu'un, mais il dit qu'il ne veut pas la vexer.

— Dorea est susceptible, rappela Lucretia en riant. Et elle est têtue, il a raison de se méfier.

— Elle est surtout enceinte, il ne veut pas la fâcher plus que de raison, ajouta Ignatius en secouant la tête. Alors, dis-moi, tu n'as tout de même pas passé la journée à tout préparer ?

— Non, non, c'était trois fois rien. »

Bien sûr que si, elle avait passé la journée à tout préparer. À quoi pensait-il ? Elle lui avait fait des choux à la crème en dessert, parce qu'elle savait que c'était l'un des desserts qu'il préférait. Et puis elle avait dû marcher deux heures avant d'arriver à l'élevage de Fléreurs, et deux heures pour en revenir car il était dans une zone soumise au sortilège d'Anti-transplanage. Et puis elle s'était fait une coiffure compliquée, toute seule.

« Tant mieux, ce serait dommage que tu t'endormes sous le coup de la fatigue. »

Elle rit doucement. Elle aurait pu faire dix fois plus, elle ne serait jamais fatiguée pour lui.

« Parce que tu as des projets ? demanda-t-elle avec un ton mutin.

— Tu n'en as pas toi peut-être ? marmonna-t-il en baissant le nez dans sa soupe.

— J'en ai plein, reconnut-elle en se levant. »

Elle emporta les bols vides pour les laisser dans l'évier et amener le petit chaudron de ragout. Ignatius se pencha aussitôt pour humer le fumet au romarin qui s'en échappait avec délice.

« Tu es vraiment un cordon bleu, marmonna-t-il en lui souriant largement derrière sa barbe rousse. »

Elle rougit de plaisir et le servit généreusement.

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Ils avaient fini de manger depuis une petite heure lorsqu'elle se décida à lui offrir son cadeau. Elle se détacha de ses bras et se leva du fauteuil sur lequel ils étaient assis. Il attrapa ses hanches pour la ramener sur ses genoux, elle se mit à rire, se pencha pour l'embrasser longuement, puis put s'éloigner lorsqu'il la lâcha. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui offre quoi que ce soit puisque qu'elle le vit attraper sa pipe, la bourrer et l'allumer. Elle hésita un instant. Elle savait qu'il aimait être tranquille lorsqu'il fumait le soir. Elle jeta un coup d'œil au paquet. Pauvre Fléreur, il devrait rester encore un peu dans sa petite boîte soumise à un sortilège d'assourdissement. Elle attrapa l'autre Fléreur qu'Ignatius avait depuis plusieurs années et qui tournait autour de la boîte depuis tout à l'heure et s'assit par terre pour jouer avec lui. Elle avait facilement apprivoisé l'animal, un gros Fléreur gris avec des pupilles vertes. Elle tira sa baguette et lança des étincelles de couleur, des Lumos, et autres sortilèges pour l'amuser.

Dix bonnes minutes plus tard, elle rangea sa baguette, jeta un coup d'œil à Ignatius, qui regardait fixement le feu sans cesser de fumer. Elle prit l'animal sur ses genoux et lui fit des caresses entre ses oreilles pointues et sous sa tête, comme il les aimait.

Dix autres minutes plus tard, elle n'y tint plus et alla chercher le paquet. Elle se posa devant Ignatius, entre la cheminée de la partie salon, et son fauteuil. Il délaissa l'âtre de la cheminée pour la regarder elle. Un simple sourire suffit à vraiment attirer son attention. Il ôta la pipe de sa bouche et haussa un sourcil pour lui demander visuellement ce qu'elle voulait.

Elle tendit le paquet.

Il fronça ses sourcils roux, passa une main distraite dans sa barbe et délaissa sa pipe sur le linteau en pierre de la cheminée.

« C'est pour toi, ajouta-t-elle à mi-voix.

— Pour moi ? s'étonna-t-il en prenant l'énorme boîte. Pourquoi ? »

Il était tellement désintéressé, tellement… Elle lui sourit largement.

« C'est mon cadeau pour nos un mois de mariage, expliqua-t-elle en poussant sur la boîte pour qu'il la pose sur ses genoux. Ouvre-le, vas-y, l'encouragea-t-elle avec impatience. »

Il la regarda encore de longues secondes avec étonnement puis se décida à ouvrir le paquet. Le miaulement du Fléreur put enfin s'entendre lorsque l'animal sortit de la boîte soumise à un sortilège d'Extension Indétectable. Ignatius le souleva devant lui avec un demi-sourire mangé par sa barbe rousse. L'animal était encore tout jeune, peut-être deux ou trois mois.

« Il vient de finir d'être sevré, lui apprit Lucretia en trépignant de joie. Il te plaît ? Comment veux-tu l'appeler ?

— Qu'est-ce qui t'est passé par la tête ? marmonna Ignatius en caressant déjà le chat avec affection. Nous avons déjà un Fléreur et tout un tas d'autres ani…

— Mais c'est vraiment notre Fléreur à tous les deux celui-là, non ? le coupa-t-elle en s'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil qu'occupait Ignatius. Alors comment veux-tu l'appeler ? Que dirais-tu de Nikita ? Ou Peter ? Ou…

— Ce sont des prénoms d'humains, refusa Ignatius sans cesser de caresser le chat qui ronronnait.

— Mais c'est notre bébé, non ? reprit Lucretia. »

Elle laissa plusieurs secondes de silence passer, le temps pour Ignatius de choisir un prénom qui lui convenait. Il soupira lourdement.

« Lucretia…

— Ou, nous pourrions l'appeler Norbert ? reprit-elle précipitamment. Ou même Henry ? Ou Jack, ou…

— Lucretia… essaya-t-il à nouveau mais elle proposa d'autres noms.

— Que dirais-tu de Philip ? Ou Archi ? Ou…

— Arrête Lucretia, s'il te plaît…

— Tu… Tu préfères un prénom roumain ou un prénom anglais ? »

Elle n'entendit pas la réponse d'Ignatius puisque la fenêtre s'ouvrit sur un hibou postal pour les longs voyages. Mais c'était pas vrai ! Elle avait répondu ce matin à son père, à Dorea et à Mathilda, ils n'avaient pas encore eu le temps de lui répondre ! Qui lui envoyait encore des lettres alors qu'elle n'en voulait pas ! Qui…

Elle arracha la lettre de la patte du volatil, et reconnut l'écriture de son Grand-père Sirius. Comment pouvait-il… Ne se rendait-il donc pas compte qu'il en avait déjà fait assez ? Venait-il en plus troubler la soirée de ses un mois de mariage ?

« C'est encore lui ! Je n'en peux plus, Ignatius, craqua-t-elle en froissant la lettre. Je n'en peux plus ! Pourquoi ne veut-il pas comprendre que je le déteste et que je ne veux plus le voir ? Pourquoi est-ce que personne ne comprend que je ne veux plus lui parler ? Même ma mère s'y est mise ! Envoie-lui une lettre, Ignatius, dis-lui de me laisser tranquille ! Dis-lui que… »

Elle s'apprêtait à jeter la lettre qu'elle avait roulée en boule dans le feu lorsque la main d'Ignatius se posa sur son poignet pour l'arrêter.

« Arrête, Lucretia, exigea-t-il mais elle ne réussit pas à rester calme cette fois.

— Grand-mère Hesper m'a demandé de répondre à Grand-père Sirius, ma mère s'y est mise, tout le monde s'y met ! Il a été horrible avec ma mère, et après ils veulent tous que je lui parle ? s'exclama-t-elle en se détachant de ses mains. Écris-leur de me laisser tranquille ! Tu es mon mari, tu dois prendre ma défense ! Tu dois…

— Tu es bien assez grande pour envoyer cette lettre toi-même ! s'exclama Ignatius. »

Elle resta un instant figée, complètement stupéfaite de l'entendre élever la voix sur elle. Il se passa une main lasse dans les cheveux. Son cœur battait si fort à ses tempes qu'elle ne discernait plus rien d'autre qu'Ignatius, ses yeux bleus et ses lèvres blanches sous le coup de la colère.

« Je… Tu es mon mari, dit-elle avec une voix lourde. Tu dois me protéger, martela-t-elle.

— Non, rétorqua-t-il en faisant un pas vers elle mais elle se recula. Je suis ton mari, je dois t'aimer. Tu sais écrire, tu sais envoyer une lettre, tu peux envoyer toi-même une lettre à ton grand-père et aux autres pour leur dire que tu leur en veux et leur expliquer tes raisons.

— Les raisons sont évidentes ! s'offusqua-t-elle. À cause de lui je ne peux pas avoir d'enfant !

— Non, ce n'est pas à cause de lui que tu ne peux pas avoir d'enfants ! s'exclama-t-il la faisant sursauter. C'est à cause de ton oncle, ton Grand-père est arrivé trop tard, et tu le sais très bien.

— Ma mère a dû vivre avec mon oncle pendant des années avec ce qu'il lui avait fait !

— Ton oncle n'était jamais là. Il était les trois-quarts du temps en Europe de l'Est, renchérit Ignatius. Ton grand-père lui avait jeté des maléfices qui l'empêchaient de parler à ta mère, et il lui avait interdit certaines parties de la maison pour l'empêcher d'approcher ta mère et de s'adresser à elle. Il ne pouvait pas…

— Il aurait pu le dénoncer, il aurait pu le…

— Il n'y avait aucune preuve ! Il a fait des dizaines, même des centaines d'expériences avec ta grand-mère pour tenter de voir quels effets avaient vraiment eu le sortilège, lui rappela Ignatius en posant ses mains sur ses épaules. Ils n'ont rien trouvé parce que la Trace te protégeait, tu le sais. Ils ont tous pensé, ta mère aussi, que le sortilège était resté sans effet. Ta mère elle-même…

— Il ne l'a pas renvoyé du 12, Square Grimmaurd, il n'a pas…

— Ton oncle était fauché, s'il le mettait dehors, il mettait dehors ta tante et ses enfants. Vraiment dehors, répéta-t-il pendant qu'elle sursautait à nouveau. Dorea à la rue, tu comprends ?

— Tu… Tu ne comprends rien ! s'écria-t-elle hors d'elle. Ils m'embêtent tous, ils me font passer pour la méchante, ils…

— Arrête Lucretia, vraiment arrête, je sais que c'est triste et injuste, mais tu te comportes comme une enfant !

— Une enfant ? répéta-t-elle tout à fait outrée.

— Tu refuses de prendre les choses en main, tu refuses de me parler, tu attends que je parle pour toi et que je règle tous tes petits différents avec tout le monde et n'importe qui ! explosa enfin Ignatius. Mais je ne suis pas ton père ! »

Elle fit un autre pas en arrière pour se dégager de ses bras. Comment…

« Tu n'es pas ma fille, tu es ma femme ! insista-t-il. »

Les larmes de rage coulèrent silencieusement sur ses joues.

« Je peux t'aider, pas faire les choses à ta place ! acheva-t-il. »

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Lucretia resta devant lui, le visage déformé par la colère ou la tristesse, Ignatius ne savait pas bien. Puis elle explosa vraiment en sanglots et sortit sur le perron de l'entrée après avoir claqué la porte derrière elle.

Il n'aurait pas dû, il n'aurait pas dû s'énerver. Il se contenait depuis trois semaines de rester calme, à son écoute et patient pour l'aider à surmonter tous ses malheurs et ses traumatismes. Il aurait dû réussir à se contenir encore un peu même si elle tournait en rond. Il aurait dû réussir à attendre la venue prochaine de Dorea et Charlus pour leur demander ce qu'ils pensaient du comportement de Lucretia qu'il jugeait puéril et inquiétant avec peut-être pas assez de nuance.

C'était venu progressivement. Ou bien il ne l'avait pas remarqué auparavant.

Son grand-père avait des torts. Ignatius n'approuverait même pas vraiment que Lucretia tourne la page et continue à lui parler. Mais le vieux méritait au moins une explication, un mot l'invitant à cesser d'espérer quoi que ce soit d'elle, ou même que Lucretia lui renvoie au moins ses lettres. Et puis elle n'avait pas à se fâcher avec la première personne qui la contredisait ! Ça, c'était une attitude puérile !

Elle n'avait que dix-neuf ans, et si cette différence d'âge ne lui avait pas posé de problème plus tôt, elle commençait à lui paraître être l'un des raisons de leurs problèmes. Il n'aurait pas dû céder et plutôt attendre six mois, le mois d'août, comme il l'avait prévu à l'origine, pour officialiser leurs fiançailles et l'épouser. Qu'elle puisse prendre du recul sur cette situation et grandir encore un peu.

Mais tout ceci, ce n'était encore pas grand-chose. Elle manquait parfois de maturité, mais c'était aussi rafraîchissant.

Le problème principal, c'était sa stérilité. Lui, ceci lui était complètement égal. Et il avait pensé, malgré l'après-midi qu'elle avait passé à ne rien faire le mois précédent, qu'elle avait surmonté cet état de fait. Il n'était pas le plus tendre et patient des maris, il le reconnaissait, mais là, il avait vraiment fait tout son possible pour qu'elle comprenne combien il l'aimait quoi qu'il arrive. Il prenait sur lui tous les jours pour se confier alors que ce n'était pas du tout dans sa nature, parce qu'il voulait s'assurer qu'elle aille bien. Il n'avait rien dit lorsqu'elle avait commencé à bouder toutes ses connaissances les unes après les autres en cessant de répondre à leurs lettres, sans pour autant mettre de sortilèges autour d'elle pour repousser les courriers de certaines personnes… Il n'avait rien dit non plus lorsqu'il avait compris qu'elle n'essayait pas de lier connaissance dans la Réserve ou à l'extérieur, dans le village. Il se demandait parfois ce qu'elle pouvait faire de ses journées dans ces conditions, toute seule, chez eux. Il s'était attendu à ce qu'elle s'investisse dans la Réserve, qu'elle cherche à étudier les dragons avec ou sans lui, à ce qu'elle lui demande de la former comme Magizoologue… mais non. Et pourtant, il voyait qu'elle attendait chaque soir qu'il lui raconte tout ce qu'il avait vu. Il voyait qu'elle l'écoutait attentivement lorsqu'il lui expliquait ce qu'était en train de faire un dragon devant eux. Mais non, elle ne se décidait pas à prendre une décision, elle attendait qu'il choisisse pour elle.

Comme une enfant.

Ce n'était pas juste bien sûr, de lui faire un tel reproche, surtout dans cette situation, mais il avait vraiment l'impression, parfois, qu'une enfant n'aurait pas agi autrement. Et ceci le perturbait, surtout quand elle cessait d'avoir ce comportement… surtout parce qu'il aimait toujours autant l'embrasser, et qu'il ne pensait pas être un détraqué.

Il s'approcha de la porte et hésita à rejoindre Lucretia. Elle avait sûrement besoin d'être un peu seule, et de réfléchir à tout ce qu'ils venaient de se dire. Il y avait au moins une chose de bien dans sa réaction : elle n'était pas montée bouder dans leur chambre, comme une enfant l'aurait fait, elle était sortie de chez eux, comme si elle voulait prendre de la distance avec la vie qu'elle s'était construite, une vie refermée sur eux-mêmes, et centrée sur lui, son mari.

Lorsqu'il n'entendit plus ses sanglots, il se décida à ouvrir la porte en prenant une grande inspiration.

Elle était assise par terre, sur la terrasse en bois, les pieds dans le vide. Elle ne sanglotait plus, même si les larmes coulaient encore sur ses joues. Elle regardait piteusement ses mains, surtout son alliance et sa bague de fiançailles.

Il n'aimait pas les disputes, un point sur lequel ils s'étaient toujours très bien entendus avec Charlus. Ils se disaient les choses directement, comme elles venaient, et tant pis s'il fallait bousculer l'autre. C'était surtout lui qui bousculait Charlus à la réflexion lorsqu'il se lamentait sur une nana pour une raison ou une autre. Mais Charlus n'avait pas sa langue dans sa poche non plus. Bref. Lucretia était malheureuse, et il n'avait pas su s'y prendre. Et bien sûr qu'il s'en voulait.

« Je suis désolée, souffla-t-elle lorsqu'il s'assit à côté d'elle. Je… Je suis tellement désolée.

— Allez, c'est fini, essaya-t-il maladroitement de la consoler. »

Il glissa son bras autour de sa taille pour la rapprocher de lui. Ils regardèrent tous les deux l'horizon, l'un contre l'autre.

« Je n'aurais pas dû crier, reconnut-il.

— Tu… Tu as raison. Je… chuchota-t-elle dans la nuit. Je ne suis pas logique. Lorsque je pensais que mon père était l'auteur du sortilège, je lui en voulais, mais… mais pas autant qu'à mon Grand-père, mais… Mais ce n'est pas logique. J'aurais dû lui en vouloir bien plus, et en être malade d'horreur pour ma mère, et en colère contre ma mère de rester auprès de lui et… Mais j'avais tellement besoin d'un coupable vivant à détester que… et, comme la situation était simplement injuste et que je n'avais pas le coupable face à moi, j'ai tout déchargé sur mon grand-père et… »

Elle se tut pour calmer sa respiration qui s'était emballée.

« Mais je suis malheureuse, en deuil et morte de peur, murmura-t-elle de manière presque inaudible.

— Je suis là, marmonna Ignatius en resserrant ses bras autour d'elle.

— Je suis morte de peur, reprit-elle, que tu te rendes compte que tu veux finalement des enfants et que tu me laisses et… j'essaie de tout faire pour que tout soit parfait, et peut-être… Et peut-être même que j'ai voulu être à la fois ta femme… et la fille que je ne pourrai jamais t'offrir, et… Et ce Fléreur, c'était aussi un peu un enfant que…

— Arrête Lucretia, s'il te plaît, ne te dénigre pas à nouveau, la coupa-t-il en sentant à nouveau une boule dans sa gorge.

— Non, il faut que je te le dise, répliqua-t-elle en secouant la tête. Tous les soirs, j'ai peur que tu ne rentres pas et que tu sois parti avec une femme qui peut te donner des enfants. Tous les matins, je m'émerveille d'avoir quelqu'un comme toi pour mari et de t'avoir encore à mes côtés. Tous les jours, je ne pense qu'à toi, qu'à faire tout ce dont tu as besoin, ce que tu aimes et qui pourra te faire plaisir pour que tu restes une journée de plus avec moi.

— Ce n'est pas une situation vivable, Lucretia, dit-il avec abattement. Pourquoi tu n'arrives pas à comprendre… Pourquoi tu n'arrives pas à comprendre que je t'aime et que je ne te quitterai pas pour une raison aussi futile que des enfants ?

— Ce n'est pas futile, répliqua-t-elle. Je… Je pense que tu ne peux pas vraiment comprendre parce que tu n'as jamais voulu d'enfants, ajouta-t-elle avec hésitation. Je ne sais pas. Mais… J'ai toujours voulu des enfants, beaucoup d'enfants, et… les enfants, pour moi, c'est aussi un peu… un fruit d'amour, une personne qui nous relie pour l'éternité, tu comprends ? »

Là, il n'était pas vraiment d'accord.

« Je comprends ce que tu me dis, mais tu te trompes, dit-il calmement. Il n'y a pas besoin d'enfant pour savoir qu'on s'aime. Et il y a beau avoir un enfant, un mariage peut très bien exploser. Tu vois Bastian Carley ? »

Il sentit Lucretia hocher vaguement la tête contre lui. Carley était l'un de ses amis de Poudlard. Charlus, Jim Anderson, Bastian Carley et lui avaient partagé leur dortoir à Gryffondor pendant sept ans. Ceci créait forcément des liens.

« Il est marié, et il a une fille de cinq ans.

— Pardon ? s'étonna Lucretia en se redressant pour le regarder dans les yeux.

— Il ne porte plus son alliance, hein ? Et puis il a dû te parler de sa copine ? Ou bien ses copines ? marmonna Ignatius. Eh bien voilà. On ne sait pas tout, mais ce que je sais, c'est que son épouse, Ludmilla, est partie avec leur fille pour retourner vivre chez ses parents et qu'il n'est pas trop affecté par tout ça. Il voit sa fille une fois de temps en temps et c'est tout.

— Mais… Il est marié et il a une enfant ! Comment… bafouilla Lucretia.

— Il nous a simplement dit qu'il n'en pouvait plus de Ludmilla, et qu'il voulait voir autre chose, je pourrais spéculer longtemps sur lui, mais il m'énerve à force, marmonna-t-il avec un geste agacé. Ce que je veux te dire, c'est que je ne veux pas avoir besoin d'un enfant pour t'aimer. C'est toi que je veux, et… et c'est tout. Peut-être qu'un enfant t'aurait rassuré, moi, ça ne m'aurait pas rassuré du tout. J'aurais craint que tu ne veuilles plus rester auprès de moi que pour l'enfant, et je sais que je me serais bien trop pris la tête avec toi à cause de cet enfant parce que je n'ai pas de patience et que je ne supporte pas de voir un enfant désobéir. Je sais, je suis hypocrite là-dessus parce que j'étais infernal quand j'étais môme, mais je le reconnais au moins, marmonna-t-il un peu plus bas. Ce que je veux te dire c'est que… Rien n'est acquis. Toi tu as peur que je parte, et moi j'ai peur que tu partes parce que je suis bien plus rustre que toi. Mais je t'ai épousée, et dans ma tête, cela signifie que j'ai choisi de partager ma vie avec toi pour toujours. Vraiment, cesse de… »

Il devait avoir enfin réussi à la rassurer et à consoler son cœur blessé puisqu'elle était à nouveau dans ses bras, contre lui, en train de l'embrasser. Il s'empressa de lui répondre, et de la serrer contre lui.

« Je vais avoir besoin que tu me le dises tous les jours de notre vie, souffla-t-elle contre sa bouche.

— Tu penses encore qu'un jour je changerai d'avis ? soupira-t-il.

— Non, j'aime seulement t'écouter me dire combien tu m'aimes, répliqua-t-elle avant de l'embrasser sauvagement. »

Il se sentit un peu agressé pour le coup et il se recula en criant quelque chose comme « Mais pas comme ça ! » qui fit seulement pouffer de rire Lucretia.

« Et puis, je m'ennuie un peu la journée, il faut bien que j'ai quelque chose à quoi penser, ajouta-t-elle avec une grimace.

— Et tu ne crois pas qu'il y a de quoi s'occuper dans cette Réserve ? marmonna-t-il en se levant.

— Co… comment ça ? demanda-t-elle en se levant à son tour. »

Il la regarda avec insistance en haussant consciemment ses sourcils pour lui dire de réfléchir un peu. Il vit ses joues rougir, ses yeux se baisser vers le sol puis remonter vers les siens, ses lèvres se pincer et s'ouvrir plusieurs fois avant que, enfin, elle produise une phrase d'un timbre un peu plus aigu que ne l'était le sien habituellement.

« Tu… Tu veux bien que je fasse comme toi ? dit-elle à toute vitesse alors qu'il hochait la tête. Tu veux bien me montrer comment approcher un dragon ? Et comment les étudier ? Et…

— Bon dieu, oui, oui et oui ! J'ai cru que tu ne te déciderais jamais ! se réjouit-il en la prenant dans ses bras pour la faire tourner autour de lui. Lucretia, Dresseuse de Dragon ! lui grogna-t-il à l'oreille. »

Il mordillait déjà la peau blanche de son cou lorsqu'ils retournèrent à l'intérieur de chez eux.

Ce soir, il la croquerait bien un peu, sa future dresseuse de dragons.

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(Merci d'avoir lu jusqu'au bout et pris le temps de laisser des retours. J'ai repris un peu la fin, mais je ne suis toujours pas entièrement satisfaite. Leur vie à deux commence seulement maintenant qu'ils ont enfin parlé à coeur ouvert, Lucretia de ses malheurs et de son traumatisme, Ignatius du fait qu'il veut l'aider mais qu'il ne sait pas forcément comment faire, tout ça. Enfin, Lucretia va découvrir la Réserve, les Dragons et qu'elle peut vivre pour elle et non pour un mari et un bébé comme on le lui a longtemps fait croire, même si elle sera toujours malheureuse de ne pas pouvoir avoir d'enfant. Et Ignatius va pouvoir vraiment partager sa passion avec elle tout en continuant à la rassurer et à la soutenir. Et ils vécurent heureux ensemble, aussi longtemps qu'ils furent vivants ensemble. ;)

Des bisous et peut-être à une prochaine fois

Juliette54)