Disclaimer : Le monde de Teen Wolf appartient à Jeff Davis.

Note : Bonjour ! Ici s'arrête de manière symbolique ce marathon « Pérégrinations » ! J'espère que cela vous plaira !

Commencée le vendredi 10 novembre 2017

Terminée le 23 décembre 2017. (il a été long à finir celui-là ^^ )

Un jour, Derek arrêta de se transformer.

Ce qu'il avait toujours vu comme une chance : être un loup-garou, avoir une meute, être plus fort que les humains, devint une malédiction.

C'était sa condition de loup-garou qui faisait que les chasseurs existaient. C'était sa condition de loup-garou qui avait tué sa famille. C'était cette même condition qui avait rendu fou son oncle et l'avait transformé en psychopathe, l'entraînant à tuer sa propre nièce.

Si Derek avait été normal, il aurait eu des problèmes normaux. Sa première petite amie ne serait pas morte dans ses bras. Aucune femme n'aurait abusé de lui pour s'en prendre à sa famille. Il ne se serait pas retrouver seul. Il n'aurait pas essayé de se recréer un semblant de meute et Erica et Boyd seraient toujours en vie.

Maintenant qu'il y réfléchissait, être une créature surnaturelle n'avait eu aucune conséquence positive.

A part Stiles.

Ce foutu gamin hyperactif, trop bruyant, trop gesticulant, qui s'évertuait à lui tenir tête en toutes circonstances. Un gamin qui était resté au côté de son meilleur ami, malgré le danger, les mensonges et les risques. Un garçon qui avait mis sa propre vie entre parenthèse pour que Scott puisse vivre la sienne sans péril.

S'il devait tout recommencer, Derek demanderait à ne pas être un loup. Mais il espérait que la vie le mènerait toujours à Stiles Stilinski.

Malheureusement, on ne peut pas recommencer sa vie. Quoi qu'il fasse, Derek serait toujours orphelin. Rien ne pourrait ramener sa grande sœur, ou soigner son oncle. C'était ça, sa vie. La solitude.

Mais on pouvait prendre de nouveau départ. Il était revenu à Beacon Hills pour trouver ce qui était arrivé à Laura. Il n'avait pas prévu d'y rester. Mais Peter avait mordu Scott et il ne pouvait décemment pas laisser un louveteau seul.

Aujourd'hui, Scott était un alpha, doté d'une meute solide. Christopher Argent veillait, et ça lui était douloureux de dire ça, mais tant que le chasseur était là, jamais Scott ne serait seul.

Alors, il partit. Après un dernier regard pour ce qui avait été ses compagnons de galères, il avait quitté le Mexique de son côté. Officiellement, pour suivre Braeden. Officieusement, pour pouvoir partir sans sembler être un lâche. Il l'avait laissé continuer sa route quand ils étaient arrivés au Brésil. Voir du pays commençait à le lasser, il voulait pouvoir dormir deux nuits de suite au même endroit et arrêter de faire peur à des types pour traquer un fantôme. Ils avaient eu une baise d'adieu et ils s'étaient quittés sans plus de cérémonie, avec la promesse de se revoir, tout en sachant que ça ne serait jamais le cas. Et ça ne leur faisait ni chaud ni froid.

Il était retourné aux Etats-Unis, à Chicago. Même s'il avait aimé New-York, ça lui rappelait beaucoup trop sa fuite avec Laura. Bien qu'il ne se l'avouait pas, c'était toujours une fuite. Mais cette fois, sa grande sœur n'était pas là pour veiller sur lui.

Il reprit son travail de mécanicien. Il pouvait bien se moquer de l'amour de Stiles pour sa Jeep, il ressentait le même pour sa Camaro et pour toutes les voitures de collection. Il se fit embaucher dans un garage spécialisé dans la réparation de vieilles voitures. Il faisait de grosses journées mais le travail était intéressant et les collègues sympas sans être invasif.

Il reprit une vie normale. Il laissa derrière lui le monde surnaturel. Plus de transformation, plus de traque. A peine une balade au clair de lune quand cette dernière était pleine, l'air frais lui faisant du bien dans cette période.

Métro. Boulot. Dodo.

Derek adorait cette nouvelle vie. (c'était pas tout à fait vrai. Parfois, la camaraderie, l'esprit de meute lui manquait. Mais il n'y réfléchissait pas, il se laissait happer par son quotidien, savourant inconsciemment qu'il n'y ait ni ennemis à combattre, ni personne à sauver)

Forcément, tout était trop calme. Et rien dans la vie de Derek n'avait jamais été calme.

La tempête arriva de manière tout à fait inattendue. Malia demanda à passer quelques jours chez lui, « parce qu'il était sa seule famille ». Cela l'étonna mais il accepta. Actuellement, il ne restait que trois membres de la meute Hale : Peter – psychopathe Cora – retournée au Mexique auprès de sa meute et Malia – souvent plus sauvage qu'humaine mais faisant des efforts.

Elle arriva en avion et l'une des premières choses qu'ils firent après avoir déposé ses bagages, furent d'aller courir dans un bois. L'avion avait rendu Malia un peu à fleur de peau – Derek la comprenait aisément : trop de bruits, d'odeur, la pression leur faisait mal aux oreilles et il n'y avait aucun moyen de s'isoler pour se calmer.

Pour la première fois depuis un long moment, Derek se retransforma et apprécia – malgré lui – de courir avec un membre de sa famille.

Ils passèrent une bonne semaine tous les deux mais il ne fût pas mécontent de retrouver le silence de son appartement. (ce n'était pas tout à fait vrai. Il avait apprécié retrouver quelqu'un quand il rentrait du travail)

Il reprit son quotidien. Métro. Boulot. Dodo. Plus quelques appels de Malia. Ca égayait son quotidien.

Deux mois plus tard, Lydia le contacta. Dans le cadre de ses études, elle avait des réunions à Chicago. Elle voulait savoir si ça le dérangeait de l'accueillir. Derek grogna que c'était la première fois qu'il l'entendait demander la permission. Elle reconnut que c'était vrai et annonça à Derek son arrivée prochaine, avant de raccrocher. Il râla pour la forme mais prépara la chambre d'ami avec soin.

Quand elle arriva, elle l'emmena de force au restaurant, arguant que 1) il n'avait rien à manger, 2) ce serait un repas de retrouvailles. Il n'eut pas le courage d'argumenter et ils allèrent manger japonais. Ils passèrent une bonne soirée et Derek apprécia de découvrir de nouvelles facettes de Lydia.

Elle resta quatre jours.

Derek retrouva sa solitude avec joie. (ce n'était pas tout à fait vrai, les discussions avec Lydia lui manquaient.)

Il reprit son quotidien. Métro. Boulot. Dodo. Plus quelques appels de Malia. Plus les mails de Lydia. Ca égayait son quotidien.

Courant automne, Scott lui envoya un message. Derek craint un instant de devoir retourner à Beacon Hills pour chasser une créature mais rien de tout ça. L'alpha voulait juste savoir comment il allait. C'est à ce moment-là que Derek commença à soupçonner quelque chose.

Que Malia le contacte, parce qu'il était sa seule famille, il pouvait comprendre. Bien qu'elle n'en ait pas montré l'intérêt avant, une évolution dans sa vie aurait pu lui faire prendre conscience de ça et lui donner envie de nouer des liens avec lui.

Que Lydia vienne s'installer chez lui, c'était … étonnant, vu le peu de lien qu'ils avaient par le passé. Elle avait quand même ressuscité Peter. Mais la Reine des Abeilles n'était pas du genre à faire grand cas des conventions sociales : si c'était plus pratique de dormir chez Derek, elle dormirait chez Derek.

Mais que Scott lui demande comment il allait ? Ce n'était absolument pas son genre. Bon sang, il oubliait de poser cette question à Stiles alors que c'était son meilleur ami !

Stiles.

A cette pensée, Derek lutta contre un sourire. Il attrapa son téléphone et composa le numéro de Scott. Ce dernier répondit à la deuxième sonnerie. Il ne lui laissa pas le temps de parler et ordonna :

- Passe-moi Stiles.

Il entendit un bruit de bagarre en fond, l'hyperactif ne voulant certainement pas prendre le téléphone donné par un Scott trop sûrement heureux de ne pas avoir à mentir (chose qu'il n'avait jamais su faire correctement).

- Hum … Salut Derek !

La voix de Stiles était devenue un tantinet plus grave que par le passé mais ses intonations étaient exactement les mêmes.

- Stiles, pourquoi, soudainement, Malia demande des nouvelles de sa seule famille, Lydia vient dormir chez moi et Scott me demande comment je vais ?!

- Je savais que j'aurais dû choisir quelqu'un d'autre que Scott, ce benêt est incapable de mentir ou de se montrer crédible. Mais tu ne connais ni Liam ou Mason et Christopher a refusé.

- Je peux savoir ce que tu es en train de faire ?

- Je … heu … prends des nouvelles ?

- Stiles, quand on veut prendre des nouvelles, on envoie un message, pas des GENS !

- Je te signale que Scott t'a envoyé un message et t'as pas répondu.

Derek grogna face à cette tentative évidente d'éviter le sujet.

- Je suis ravi de voir que certaines choses ne changent pas : je parle, … tu grognes.

- Stiles, pourquoi tu m'as envoyé tes amis ?

- Parce que c'est important qu'ils prennent de tes nouvelles.

- Et tu ne pouvais pas les prendre toi-même ?

- Parce que tu m'aurais répondu ?

- Peut-être !

- Ah bah merci ! Ça fait plaisir !

Derek raccrocha. Oubliez ce qu'il disait auparavant. Stiles ne lui manquait pas. Se disputer avec Stiles, ce n'était pas marrant. Et il préférait être seul.

Le téléphone portable sonna à nouveau. Derek vit le numéro de Scott. Il posa le téléphone et alla s'asseoir sur le canapé. Le téléphone sonna encore, cette fois, avec le numéro de Stiles. Le loup l'ignora. Le téléphone fixe se mit à sonner. Derek le regarda, halluciné : personne n'avait son numéro de fixe, comment Stiles l'avait eu ?! Sa patience disparue quand son portable et son fixe se mirent à sonner en même temps. Il éteignit son mobile et débrancha son fixe. Il avait parlé 30 secondes avec Stiles et c'est comme si ce dernier n'avait jamais quitté sa vie. Il l'emmerdait.

Il se décida à aller courir, pour évacuer son irritation. (et son envie de répondre, parce que parler avec Stiles lui avait réellement manqué).

Il enfila un short de basket, ses chaussures et il partit avec une bonne foulée.

.II.

Il rentra une heure plus tard, détendu et transpirant. Il se dirigea vers la douche, enlevant avec plaisir baskets, tee-shirt et short et apprécia l'eau chaude qui coulait sur sa peau. Il y resta une dizaine de minutes, puis s'essuya avant de passer une serviette autour de sa taille, n'ayant pas envie de s'habiller. Il alla chercher une bouteille d'eau à la cuisine avant de s'asseoir dans le salon, devant son PC. Il décida de ne pas rallumer immédiatement son téléphone portable car il était sûr que Stiles l'avait harcelé.

Il surfait sur internet quand Skype s'illumina. Il ouvrit la fenêtre et tomba sur … Stiles. Qui partit dans un laïus que Derek ne s'embêta pas à écouter. A la place, il observa. Le garçon avait grandi, ses traits s'étaient un peu épaissis mais il gardait tout de même cette finesse dans le visage. Il gesticulait, et Derek ne pouvait que fixer les grains de beauté qui s'étendaient sur sa peau.

Il fallut un instant pour qu'il remarque Stiles avait arrêté de parler. Ce dernier fixait un point. Derek baissa la tête pour voir ce qui avait fait s'arrêter le jeune homme. Il vit son torse nu. Merde. Il avait oublié qu'il était presque nu. Mais que cela fasse stopper Stiles était étonnant. Il relava la tête et haussa un sourcil. Mais Stiles ne le remarqua pas, puisqu'il était toujours en train de regarder ses pectoraux. Derek leva les yeux au ciel et ferma le PC. (Secrètement, il était flatté que Stiles le trouve attirant.)

Après cela, il reprit son quotidien. Métro. Boulot. Dodo. Plus quelques appels de Malia. Plus les mails de Lydia. Plus des messages de Stiles. Ca égayait son quotidien.

(en fait, avoir ces gens dans sa vie faisait plus qu'égayait son quotidien. Malia appelait une fois par semaine, pour parler de ses études, ou du travail de Derek, ça ne durait jamais longtemps, juste assez pour que Derek sente cette chaleur dans sa poitrine, à l'idée que quelqu'un prenne de ses nouvelles. Lydia lui envoyait un mail toutes les deux semaines, pour discuter de sujets presque aléatoire- psychologie, physique, sociologie, juste pour le plaisir de découvrir des choses et d'en débattre. Quant à Stiles … dès que ce dernier pensait à truc drôle ou étonnant, quand il voyait quelque chose qui le surprenait, il lui envoyait un texto. Ca tirait de drôle de sourire à Derek et ça faisait s'interroger ses collègues de travail.)

Les choses continuèrent ainsi jusqu'au mois de décembre. Cette période était toujours difficile pour Derek. Sans qu'il ne puisse rien, ses pensées se dirigeaient toujours vers ses souvenirs de noël joyeux et bruyant, entouré de toute sa famille. Ils faisaient un grand repas, allaient courir dans les bois et dormaient tous ensemble dans le grenier. Et quand le jour se levait, le père noël était passé. La matinée passait dans les cris, la joie, un petit-déjeuner gargantuesque et des morceaux de papiers cadeaux partout dans la maison.

Cette année, comme les années précédentes, il passerait noël seul, regardant un bon film avec un bon plat et irait se coucher de bonne heure. Il passerait nouvel an d'une manière similaire. Peut-être qu'il essayerait d'aller boire un verre dans un bar, pour trouver de la compagnie pour une nuit. L'important était que le mois de décembre passe rapidement.

.II.

On était le 23 décembre et cette année semblait à la fois plus dure et plus facile que les autres années. Plus facile, car la douleur de la perte de sa famille mettait son cœur moins à vif que les autres années. Plus dure, car la présence de Lydia, Malia et Stiles dans son quotidien avait changé sa perception de la solitude. Et voir autour de lui les gens se rassembler, lui donnait envie de faire de même. Il regretta même de ne pas avoir rejoint Beacon Hills quelques jours pour pouvoir voir ses amis. Mais ça n'aurait pas été une bonne idée. 1) parce qu'on ne s'incruste pas chez les fêtes de famille et 2) parce qu'il savait que la douleur de la perte était moins vive parce qu'il n'avait pas à supporter la vue de sa maison calcinée.

Alors, il fit ce qu'il savait le mieux faire : il serra les dents, carra les épaules et attendit que la tempête passe.

C'est ce mantra qui passait dans sa tête, lorsqu'il acheta de la nourriture chez le traiteur pour son repas du soir.

C'est ce mantra qui passait dans sa tête quand il mit sa cuisse de poulet au four, avec les pommes de terre.

La sonnette retentit et il s'en étonna. Peut-être que l'un de ses voisins avaient besoin de sel. Il alla ouvrir et manqua de tomber. Une tornade venait de sauter dans ses bras et lui faisait un câlin. Ou plutôt, écrasait sa cage thoracique. Cette étreinte ne pouvait appartenir qu'à une personne mais cela n'avait aucun sens. Parce que Malia devait être à Beacon Hills et pas dans ses bras, dans sa maison, à Chicago.

La tornade s'en alla et Derek, toujours hébété sentit deux lèvres se poser délicatement sur sa joue, avant de passer à côté de lui et de rentrer. C'est à ce moment-là qu'il se secoua mentalement, et se concentra sur ce qui se passait devant lui. Malia était en train de fureter dans la cuisine, pendant que Lydia s'asseyait sur le canapé. Devant lui, sur le pas de porte, un Scott ne sachant visiblement pas comment agir, un Stiles qui trépignait, une Mélissa souriante et un Shérif oscillant entre exaspération et affection.

- Je crois qu'on l'a fait buggué.

- Stiles, je croyais qu'il était au courant de notre venue. Que c'était lui qui avait demandé !

L'attitude du Shérif était maintenant plus exaspérée qu'affectueuse.

- Il a demandé ! Pas oralement, mais qui voudrait passer noël tout seul ?! Ça allait de soi !

- Stiles, on ne s'invite pas chez les gens. Combien de fois devrais-je te le dire ?

La diatribe du Shérif fût coupée par l'intervention de Mélissa.

- Noah, je retrouve ton fils dans ma maison deux fois par semaine, sans qu'il n'y soit invité. J'ai fini par lui faire un double de la clé pour éviter qu'il ne se rompe le cou en passant par la chambre de Scott. Je crois que tu pourrais lui dire des milliers de fois, ça ne changerait rien

Noah secoua la tête et regarda Derek, compatissant.

- Désolé fils. Si j'avais su que Stiles prévoyait une invasion, je l'aurais stoppé.

- C'est pas grave Shérif. Je …

Derek ne savait pas quoi ajouter. Il n'avait pas encore réalisé qu'il ne serait pas seul pour noël. Il ne savait s'il devait en être heureux, ou agacé que quelqu'un (Stiles, en l'occurrence) ait pris cette décision sans lui demander. Cependant, un problème technique lui apparut.

- Par contre, j'ai rien préparé !

- T'en fais pas Sourwolf, on a amené le festin.

Le loup se décala pour laisser entrer ses « invités ». Mélissa l'enlaça rapidement, comme si elle était contente de le voir. Le Shérif posa sa main sur épaule et la pressa, en signe de soutien. Scott lui serra la main et l'attirer vers lui pour une rapide étreinte. Derek ne savait pas qui était le plus gêné des deux mais il apprécia le signe d'affection. Le dernier, Stiles, trépignait toujours, ne sachant pas quelle attitude adoptée. Il finit par le serrer rapidement contre lui. Il sembla gêné un instant mais se revêtit rapidement de son air enjoué.

- Je sais que c'est une invasion mais je ne pouvais pas te laisser passer noël seul, et je ne pouvais pas te demander de revenir à Beacon Hills, dans une telle période, ça aurait été …

Il hésita sur le mot mais Derek entendit parfaitement le « cruel » que Stiles taisait. Le loup fut un instant reconnaissant que l'hyperactif puisse le comprendre aussi facilement.

- Alors, on est venu à toi !

Derek ne put que sourire face à l'enthousiasme de Stiles. Mais il refusait de lui accorder cette victoire, alors il se détourna pour ne pas être vu. Enfin, vu le sourire malicieux que Lydia lui renvoya, elle, l'avait remarqué.

L'ambiance de la soirée changea du tout au tout. Lui qui avait prévu une soirée en solitaire, vit bientôt sa maison être remplie de rires et de conversation. Stiles et Mélissa s'affairaient en cuisine, pour faire réchauffer les plats qu'ils avaient amenés, pendant que Derek et le Shérif mettaient des rallonges sur la table et la dressaient. Scott, Malia et Lydia piochaient dans un carton qu'ils avaient apporté et décoraient le salon avec des boules de noël et des guirlandes. Derek aurait aimé râler face à cet envahissement mais il était heureux de ne pas passer cette soirée seul. Alors il décida que pour une unique fois, il laisserait Stiles n'en faire qu'à sa tête.

Sa résolution dura 10 minutes, le temps que Scott, sous les ordres de son meilleur ami, ne se mette en quête d'une chaine hifi pour mettre des chants de noël. Toutes les personnes présentes le sommèrent d'arrêter. Stiles bouda quelques secondes, puis décida de chanter des chansons de noël. A ce stade, même Scott demanda grâce. Le Shérif amadoua son fils lui mettant des gâteaux apéritifs dans la bouche (toute l'assemblée s'accorda sur le mot « amadouer » sauf Stiles qui affirma que son père avait voulu l'étouffer. Mais ce n'était qu'un détail).

Finalement, le salon fut décoré, le repas fut prêt et tous se réunirent autour de la table pour manger. Derek en bout de table, Malia à sa droite, Stiles à sa gauche. Lydia et Scott respectivement à leurs côtés et enfin, le Shérif et Mélissa. Le silence se fit et Derek se demanda ce que tous attendaient. C'est quand il les vit tourner la tête vers lui, qu'il comprit qu'il devait sans doute dire quelques mots. Il voulait exprimer sa reconnaissance, mais c'est un exercice pour lequel il n'avait jamais été doué.

- Hum … Je voudrais vous remercier d'être venu ce soir.

Le Shérif le coupa pour se tourner vers son fils et assurer d'une voix menaçante :

- Ceci ne signifie pas que tu peux t'inviter chez les gens !

Puis, il se tourna vers Derek et dit :

- Pardon, fiston, continue.

Il ne put cacher un petit sourire mais ne savait pas vraiment si c'était à cause de la réprimande ou « fiston » affectueux.

- Noël est quelque chose que je fais en solitaire d'habitude, et je suis content que ce ne soit pas le cas cette année.

Derek était gêné et ne savait pas trop comment conclure.

- Donc, heuu … bon appétit !

Ils mirent fin à sa gêne en commençant à faire tourner les plats pour que chacun se serve.

L'ambiance était conviviale autour de la table, les discussions et les rires retentissaient dans son appartement parfois trop silencieux, et cela emplissait Derek d'une joie qu'il ne savait pas pouvoir ressentir.

Sans qu'il ne le remarque, la présence de cette meute un peu décousue, lui avait manqué. Elle était ce qui ressemblait le plus à une famille, à défaut d'en avoir vraiment une.

Quand il avait cessé de se transformer, c'était un fait qu'il avait accepté. Être seul. Il pensait que cela faisait suffisamment longtemps qu'il l'était, et que c'était un état qu'il pouvait gérer facilement. Mais sans qu'il ne s'en aperçoive, ces adolescents étaient devenus sa meute. Il pouvait cesser de se transformer, nier le loup en lui, le sentiment d'appartenance envers ce groupe existait et il l'avait nié pendant assez de temps comme cela.

Il releva un peu plus la tête, prêt à profiter un maximum de la présence de ces gens.

- Tu viens enfin de le remarquer ?

Il tourna la tête vers Stiles, qui venait de lui murmurer cette phrase, comme s'il était content que Derek ait enfin compris. Le loup jeta un coup d'œil aux autres, mais ils étaient tous plongés dans leur conversation à propos des cuisses de grenouilles.

- De quoi parles-tu ?

- Ne plus te transformer ne signifie pas que tu n'es plus un loup. Et t'en aller ne signifie pas que l'on n'est plus ta meute.

Derek ne chercha même pas à savoir comme Stiles pouvait savoir qu'il avait cessé les transformations.

- Une meute est basée sur les liens que l'on cultive.

- Une meute est basée sur l'amour et l'attention que tu portes aux tiens.

Derek s'apprêtait à répliquer mais Stiles le devança.

- A des milliers de kilomètres, tu as continué à appeler Scott pour être sûr que tout allait bien. Je comprends que cet attachement t'aie pesé, et que, vu ton … vécu, tu ne voulais pas trop t'attacher à nouveau. Et j'avoue qu'on ne t'a pas vraiment laissé le choix en s'imposant dans ta vie. Mais tu n'es jamais parti, alors que tu aurais pu. Tu as déménagé quand tu as su que l'on pouvait se débrouiller sans toi, mais pas avant alors que t'en avais le droit. Ton loup savait qu'il avait une nouvelle meute. L'humain n'était pas prêt à accepter que des gens remplacent ton ancienne meute. On n'est pas là pour les remplacer. Avant d'être ta meute, c'était ta famille et c'est normal que tu crèves de leur absence chaque jour. Mais laisse-nous être là pour toi. Ce n'est pas une trahison envers ta famille.

Il voulait rétorquer quelque chose, mais il était soudainement sans voix. Stiles avait tout compris. Avant lui. Il avait compris son besoin d'éloignement, sa culpabilité vis-à-vis de sa famille, tout, dans les moindres détails. Il l'épatait toujours. Des mois qu'ils ne s'étaient pas vu, et il le comprenait toujours au premier coup d'œil.

Ne sachant quoi répondre, il se contenta d'hocher la tête et de se mettre à manger. (il nierait toujours avoir eu la gorge serrée, à l'entente de ces mots.)

Stiles replongea ensuite dans la conversation, comme s'il ne l'avait jamais quitté, laissant à Derek le temps de se reprendre.

Quand il fût à nouveau maître de ses émotions, le loup releva la tête et regarda avec plaisir ceux qu'il ne savait pas trop nommés. Amis ? Famille ? Meute ? Il ne lui semblait pas partager avec eux des liens d'amitié, en tout cas, pas à au sens conventionnel. Mais, en y réfléchissant un peu, il se rendit compte qu'il savait beaucoup de choses sur eux, sur leurs goûts, leurs peurs et leurs faiblesses. Il décida que, dans le futur, il découvrirait encore plus de choses sur eux (et il savait qu'il allait devoir se forcer, aller vers les autres n'avait jamais été son fort. Plus celui de Laura. Mais il était sûr de pouvoir compter sur Stiles pour lui mettre un coup de pied aux fesses, même s'il ne lui avait rien demandé).

Le repas se déroula dans la joie et la bonne humeur et Derek ne se souvenait pas avoir jamais mangé une bûche de noël aussi bonne (et pourtant, son père avait été un sacré Cordon Bleu).

Vint le moment légèrement gênant de l'échange de cadeau. Derek n'avait rien prévu mais encore une fois, Stiles le sauva. Il glissa quelques cadeaux dans le tas (assez imposant) de paquets et quand l'un d'eux demanda de qui venait ce présent, il répondit « De Derek ! ». Personne ne fût dupe mais cela fit sourire tout le monde. Le loup se promis de 1) rembourser Stiles et 2) de lui trouver un cadeau pour le remercier.

La soirée suivit son cours, entre éclats de rire et bonne humeur. Il y eut des photos pour pouvoir se remémorer cette bonne soirée et la promesse de réitérer cela l'année prochaine.

Le moment le plus gênant fut quand il fallut trouver de la place pour que tout le monde puisse dormir. Derek découvrit à ce moment-là que Noah et Mélissa se fréquentaient, quand ils prirent le lit de Derek pour passer la nuit. Le reste de la meute trouva des coussins et des duvets pour dormir au milieu du salon. Le loup fut le tour de la maison pour vérifier que tout était fermé et les lumières éteintes avant de retourner dans la pièce principale. Il ne put cacher son sourire quand il vit la pile de loups sur le sol, ressemblant à un amas de membres et de voix. Il éteignit la lumière et se dirigea vers eux, cherchant un endroit où se coucher. Il ne dit rien quand Stiles attira son attention et se glissa derrière lui, dans la couette qu'il avait piquée pour lui. Il ne dit rien non plus quand l'hyperactif se lova contre lui sous-prétexte qu'il avait froid, malgré son cœur qui battait le mensonge. Derek le serra contre lui et murmura un Merci dans le creux de son oreille.

Bien des années plus tard, lovés l'un contre l'autre la nuit de noël, Stiles assurera que les frissons qui l'avaient parcouru à la suite de ces mots étaient dus au froid, malgré son cœur qui battait le mensonge.

Voilà ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Passez de bonnes fêtes, prenez soin de vous, on se retrouve plus tard pour plein de nouvelles histoires !

Sterekement vôtre,

Math'