Disclaimer: Le monde de Teen Wolf appartient à Jeff Davis.

Note : Bonsoiiiir !

Ce texte est issu d'un défi de Piccolina Sandra, écrire une histoire à partir de « It wasn't smart. It wasn't cute. And it wasn't pleasant. But it was the best option.». Le premier opus était vraiment mauvais mais cette seconde tentative est mieux et a reçu son assentiment (et sa correction!).

Merci à Sloe Balm dont les reviews m'ont replongé dans ce recueil.
Merci aussi à
Tounet, j'espère que cette histoire te plaira aussi !

En espérant que ça vous plaira !

oOo

Derek était assis dans le noir, attendant. Seuls ses yeux rougeoyaient dans l'obscurité, marquant ses traits, de ses sourcils froncés à la courbe colérique de sa bouche. Ses muscles étaient sous tension et il émanait de lui une tentative de contrôle pour essayer de garder sa condition humaine. Seuls ses yeux de loup le trahissaient.

Derek Hale puait la rage et il devait beaucoup tenir à la personne contre qui il était en colère pour ne pas avoir déjà broyé le fauteuil qui l'accueillait et éventré tous les humains sur son chemin.

Les heures passèrent et la colère ne désamplifiait pas. A aucun moment ses épaules ne semblèrent se détendre ne serait-ce que d'un petit centimètre. Ses mains étaient crispées autour des accoudoirs et le silence, pesant, même pas brisé par le tic-tac d'une horloge ou le fonctionnement d'un appareil, ne faisait rien pour diminuer la tension ambiante.

La tête bougea de quelques millimètres, bien avant que le bruit de la voiture ne puisse être audible par un simple humain.

Le moteur s'arrêta dans le jardin. Les pieds trainèrent sur la terrasse. Et malgré l'intérêt non dissimulé de Derek pour ces bruits, il ne bougea pas. Statique, comme une bête à l'affût.

L'inconnu déverrouilla la porte d'entrée, fit quelques pas dans le vestibule avant de déposer quelque chose sur ce qui devait être une table. Il y alluma la lumière, qui se répercuta en partie dans le salon, diminuant l'obscurité, sans pour autant l'éclairer totalement.

Il finit par entrer dans le salon. Son ombre se découpa sur le plancher. Il semblait fatigué mais pas inquiet. Naïf. Incapable de voir le danger.

Derek était toujours à l'affût mais l'arrivée de son invité dans son espace provoqua un rugissement qui venait des tréfonds de son être.

L'homme sursauta, d'un mouvement vif, dégaina sans même avoir eu l'air d'y penser.

L'instant semblait figé. D'un côté, Derek était debout, les crocs sortis, les yeux rouges, les griffes affûtées. En face de lui, Stiles était campé sur ses appuis, la crosse de son révolver bien calée dans sa paume et le regard braqué sur le loup.

Comme le silence avant la tempête, une pause avant le déchaînement.

Doucement, Stiles baissa son arme mais il la garda au poing. Derek ne bougea pas d'un iota.

- Tu étais obligé ?

C'était plus un rugissement qu'une question.

Et soudain, ça devint limpide. Derek n'était pas le seul à être ivre de rage. La main qui tenait le révolver n'était pas complètement baissée, comme s'il hésitait encore à le ranger, comme si son bras était bien incapable de se détendre. Son corps était crispé, sa bouche n'était qu'une fine ligne. Il n'avait même pas l'air de vouloir répondre, comme s'il ne voyait pas vraiment de quoi il devait se défendre.

Les deux hommes semblaient camper sur leurs positions et étaient comme deux armes prêtes à faire feu.

Stiles força son visage à se détendre assez pour pouvoir répondre. Tout son visage était figé alors que sa bouche s'ouvrit pour répondre.

- Bonsoir à toi aussi, Derek. Merci, je vais bien. Et toi ?

Derek grogna. Il ne semblait pas goûter le trait d'esprit de Stiles. Mais ce dernier ne montra aucune malignité. Le sarcasme suintait de ses mots.

Cette entrevue ne semblait avoir aucune issue heureuse. Quoiqu'il se passerait, les deux hommes avaient l'air trop pris par leur colère pour pouvoir agir autrement qu'en se sautant à la gorge.

Derek était une cocotte-minute qui a passé les dernières heures à ruminer sa colère.

Stiles avait la tête de quelqu'un qui venait de passer de très longues heures, beaucoup trop épuisantes pour que ce soit sain, porteuses de beaucoup trop de conséquences.

Derek avait l'air prêt à répliquer mais Stiles se mit en mouvement. Arme toujours au poing, prêt à combattre si besoin, il contourna Derek pour se diriger vers ce qui était manifestement l'étage.

Le loup n'avait pas bougé, attendant que son adversaire revienne, comme s'il ne pouvait se mouvoir si la dispute n'était pas terminée.

Stiles revint avec une couverture sous le bras. Il s'assit sur le canapé, défit avec deux doigts les lacets de ses chaussures pour les enlever, retira son pull et s'allongea en étendant la couette sur lui. Sur la table basse, il posa, bien en évidence, sa montre, son téléphone portable et son révolver.

Il se retourna, se rencogna contre l'accoudoir et s'endormit, immédiatement, sans ajouter le moindre mot.

Derek gronda avant de faire volte-face et de manifestement rejoindre la chambre à coucher.

Personne ne sut si l'un d'eux avait réellement dormi cette nuit-là.

oOo

Stiles était debout, dans les habits dans lesquels il avait dormi. Il avait remis son pull, ses chaussures et son fidèle revolver avait retrouvé sa place dans son holster. Il avait une tasse de café fumante dans la main et était appuyé contre le plan de travail, face à la porte.

Derek entra dans la cuisine. Ses vêtements avaient changé mais il ne s'était manifestement pas douché.

Aucun des deux ne savait comment agir. La colère n'était pas retombée. Mais ils avaient maintenant conscience que les mots qu'ils utiliseraient pourraient signer la fin de quelque chose de bien plus important que d'avoir raison.

Alors ils ne parlaient pas, craignant de lancer un boulet de canon, de blesser irrémédiablement l'autre et de brûler ce qu'ils avaient mis tant de temps à construire.

Derek ferma les yeux et se souvint d'une phrase que son père lui avait dite il y a maintenant plus d'une décennie. « L'assassin des histoires d'amour, ce n'est pas la dispute, c'est le manque de communication. Tu as le droit d'être en colère mais tu n'as pas le droit de penser que l'autre sait ce qu'il y a dans ta tête. »

Il s'assit à la table de la cuisine et inspira.

- Je me suis beaucoup inquiété pour toi.

C'était tellement évident que Stiles dut retenir la phrase sarcastique qui allait s'échapper de ses lèvres. Derek faisait un effort, il n'avait pas le droit de ruiner ce qui s'annonçait être une discussion très importante pour un mauvais jeu de mot.

- Je m'en suis rendu compte. Mais ça ne change rien.

Derek se crispa et Stiles maudit son choix de mots. Mais il maintint.

- Non, ça ne change rien. Je ne suis pas un loup-garou Derek, mais ça ne signifie pas que je suis faible ou que je dois me cacher derrière toi à chaque fois. C'était à moi de faire ça, c'était mon rôle.

- Te mettre en danger n'est jamais une solution. Tu aurais pu mourir des dizaines de fois !

- Te mettre en sécurité, mettre la Meute en sécurité est toujours mon seul vœu. Et si ça signifie devoir aller parlementer pendant des heures avec des gens qui nous ont menacé, torturé, blessé, je le ferais.

- Jamais je n'aurais dû t'amener dans cette vie.

- Derek, arrête.

La voix de Stiles était tranchante. Il choisit de s'installer sur l'autre chaise, en face de Derek.

- Tu ne fais pas de choix pour moi. Je fais mes propres choix. Je savais, j'ai choisi. La Meute, le surnaturel. Et si je dois mourir demain … Derek, écoute-moi ! Si je dois mourir demain, je ne regretterais pas mon choix, tu m'entends ? Et ce ne sera pas de ta faute.

J'ai été à cette réunion parce que je me sentais capable de gérer. Je suis flic, bordel Derek ! Est-ce que tu peux arrêter de penser deux secondes que je suis une petite chose fragile que tu dois toujours protéger ?

Stiles était en colère. C'était une conversation qui couvait depuis longtemps. L'inquiétude de Derek, sa surprotection. Il avait bien essayé de lui faire comprendre qu'il était fort aussi, Derek semblait penser que l'humanité impliquait qu'il n'était pas capable de gérer le surnaturel, même après autant d'années.

- Je ne peux pas te perdre.

La voix de Derek se brisa. Et ça brisa le cœur de Stiles.

Jamais Derek ne s'était remis de la mort de sa famille. Pouvait-on réellement lui en vouloir ? Mais il s'empêchait d'avancer.

Il ne voulait pas se marier parce que ça aurait été clamer au monde qu'il était amoureux et il avait peur que le Destin revienne s'acharner.

Il ne voulait pas d'enfant parce qu'il avait peur de ce qui pourrait leur arriver.

Il ne voulait pas accueillir d'autres membres dans la Meute parce qu'il se pensait maudit.

Stiles avait essayé de le rassurer, chaque jour. Il avait appris à se battre, il avait transformé la maison en bunker sécurisé, faisait des recherches sur chaque personne avec qui ils devaient traiter pour ne jamais être surpris.

C'était usant.

Stiles était fatigué.

Il attrapa la main de Derek.

- Ecoute-moi Derek. On ne peut pas continuer comme ça. Qu'importe ce que je ferais, même si je te laissais me transformer, tu ne seras jamais rassuré. Ce n'est pas vivable. Ni pour toi, ni pour moi.

- Qu'est-ce que tu es en train de raconter ? On était en train de parler de toi prenant des risques inconsidérés !

- Des risques pour nous protéger, des risques nécessaires ! Ce n'était pas intelligent, ce n'était pas bien, ce n'était pas plaisant. Mais c'était la meilleure solution !

Il prit une grande inspiration et essaya de calmer le sang qui battait dans ses tempes et l'impression qu'il était en train de jouer son bonheur sur les prochaines phrases.

- Bon sang, si ça avait été quelqu'un d'autre que moi, tu aurais approuvé ce plan ! Mais tu as peur de ton ombre.

Derek essaya de l'interrompre mais il l'en empêcha.

- Je ne peux plus continuer comme ça.

- Tu veux rompre ?

- Je veux que tu ailles mieux. Et tu ne pourras pas aller mieux si tu ne parles pas à quelqu'un. Quelqu'un qui pourra accueillir tous tes doutes et tes peurs. J'aimerais passer ma vie à tes côtés, Derek. Mais aux côtés d'un Derek heureux, pas de quelqu'un qui a peur de tout.

- Je suis heureux.

- Non. Tu n'es pas malheureux, c'est différent.

- Si, je suis heureux, avec toi.

- C'est avec soi qu'il faut être heureux. Les autres sont un bonus.

Je te propose un deal. Je retourne m'installer quelques temps chez mon père. Remets de l'ordre dans ta tête. Décide de ce que tu veux faire plus tard. Mais garde en tête que continuer ce qu'on fait maintenant n'est pas envisageable. Je ne vais pas te laisser mettre ta tête dans un trou en attendant que ta vie passe. Et je ne vais pas passer ma vie à te regarder te leurrer.

Stiles finit son café d'une traite, se brûlant la langue mais pressé de partir, de quitter cette atmosphère pesante, cette odeur de tristesse.

Il ne récupéra aucune affaire, préférant attendre l'absence de Derek pour revenir.

Il quitta la pièce, laissant derrière lui un Derek désorienté.

Ce n'était plus sa bataille.

Et malgré lui, ça le libérait un peu.

oOo

Avant que vous ne me disputiez, dans ma tête, ils vont se remettre ensemble !

La suite ne sera jamais écrite mais ça arriverait ! Et, souvenez vous que j'ai tué personne au chapitre précédent et qu'en plus, Derek et Stiles s'étaient retrouvés ! Je peux pas être aussi cool à chaque fois ! ^^

En espérant que vous avez passé un bon week-end et en souhaitant de tout cœur entendre votre avis sur ce chapitre,

Sterekement vôtre,

Math'