Bonjour les p'tits chats !
Avant de vous laisser à la lecture de ce petit bonus, je voulais vous remercier pour vos retours sur l'épilogue. Même s'il y a cet OS en plus, l'histoire en tant que telle s'est clôturée la semaine dernière et je vous remercie pour toutes les reviews que vous m'avez laissé. Comme d'habitude, j'en ai été très touchée.
Pour vous en dire un peu plus sur la suite, un OS Dramione est en relecture en ce moment, et après ça, je pourrai sérieusement me pencher sur une nouvelle histoire longue :)
En entendant, voici ce bonus que certains-es d'entre vous avaient senti venir... Le rapprochement entre Harry et Astoria ! Ils sont trop chou, je n'ai pas pu m'en empêcher :D
Bonne lecture !
Réponses aux reviews anonymes :
Elena : Hey ! Merci beaucoup pour ta review, je suis très contente que tu aies apprécié cet épilogue. Plus globalement, merci pour ta fidélité tout au long de cette histoire, c'était un bonheur de lire tes reviews toutes les semaines. J'espère que ce bonus te plaira, à bientôt !
Guest : Eh oui, toutes les bonnes choses ont une fin, paraît-il ! Merci pour ta review :)
Merci à JK Rowling pour l'ensemble de son œuvre.
Merci à Lyra Verin et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils et leur soutien.
ASTORIA / HARRY
Astoria sortit du Chaudron Baveur en même temps que Harry.
Ron était parti le premier, puis cela avait été au tour de Blaise et Théo. Lorsque Harry et elle avaient constaté que Hermione et Drago n'avaient pas besoin d'eux pour passer une bonne soirée, ils avaient décidé de quitter le pub également.
Cette soirée improvisée entre anciens membres de maisons rivales avait été très agréable. Ils avaient beaucoup discuté, beaucoup rigolé également, et Astoria avait découvert trois personnes très sympathiques. Elle avait aussi remarqué que Drago passait une bonne soirée, notamment grâce à sa voisine, et elle n'avait pas pu s'empêcher de le lui faire silencieusement remarquer de temps à autre avec des petites mimiques.
Quelque chose lui disait que ces deux-là n'allaient pas tarder à se trouver et elle en était ravie.
- Tu as besoin d'un coup de main pour rentrer ? entendit-elle dans son dos.
Astoria se retourna vers Harry qui venait de lui parler. Il venait de refermer la porte du pub et il la regardait, les mains dans les poches de son jean.
- Non, c'est gentil, ça va aller. Je n'ai pas trop bu, je peux transplaner. Et toi, ça va aller ?
- Je vais attendre un peu, avoua-t-il en grimaçant. Je me sens nauséeux et je ne voudrais pas me désartibuler.
- Ça serait dommage d'avoir survécu à deux Avada Kedavra pour succomber à un transplanage.
Elle étouffa un rire légèrement moqueur tandis que Harry, lui, riait franchement.
- Tu marques un point, dit-il en la pointant du doigt.
- Si on vient à se fréquenter plus souvent, et quelque chose me dit que ça va arriver, tu finiras par comprendre que j'ai très souvent raison.
Elle lui fit un clin d'œil mutin auquel il répondit en relevant son sourcil avec étonnement.
- Tu penses qu'on va se revoir ?
- Hum hum. J'ai l'impression que ta meilleure amie et mon meilleur ami ont des atomes crochus.
À nouveau, Harry grimaça, mais elle ne savait pas si c'était à cause de l'alcool ou de la vision de Hermione et Drago ensemble.
- Je vais faire comme si tu n'avais rien dit.
Astoria pouffa en roulant des yeux.
- Allez, viens, on va faire un tour pour t'aérer l'esprit avant que tu transplanes.
Elle glissa son bras sous celui de Harry qui tiqua un peu, probablement surpris par son geste.
- Tu ne travailles pas demain ? lui demanda-t-il alors qu'ils commençaient leur balade nocturne sur le Chemin de Traverse.
- Non, je suis en vacances, lui apprit-elle.
- Tu fais quoi, d'ailleurs ? Il m'a semblé t'entendre dire que tu travaillais au Ministère.
- Exact. Au Quartier Général des Oubliators, plus précisément.
- Oh, tu es Oubliator ? lui demanda-t-il, de l'étonnement et un peu d'émerveillement dans la voix.
- Non, je suis seulement l'assistante de l'Oubliator en chef, Eddie Rosewood.
- Ne dévalorise pas ton travail ainsi. Sans toi, je suis persuadé que ce Eddie Rosewood serait totalement largué. Les chefs, les directeurs, tous ces gens-là, ne seraient rien sans leurs assistants. Ils sont tellement débordés tout le temps qu'ils ont besoin de quelqu'un sur qui compter.
Malgré elle, Astoria sourit. Harry n'en savait rien, mais elle doutait toujours de son travail et de son utilité. Elle avait souvent l'impression qu'elle ne servait à rien et que si, du jour au lendemain, elle venait à partir, personne ne s'en soucierait.
Et là, sans le savoir et sans le vouloir, Harry venait de la rassurer.
- Et toi, alors, tu as parlé d'un orphelinat ?
- Hum, j'y suis assistant social.
- Moi qui pensais que tu deviendrais un brillant auror !
- C'est ce à quoi j'étais destiné, en effet, confirma-t-il. Mais j'ai assez vu d'horreurs pendant la guerre, je n'avais pas envie d'en retrouver. J'aspire à une petite vie tranquille maintenant et je l'ai trouvée avec mon métier.
- Ce n'est pas trop dur quand même ? Je veux dire, tu ne chasses pas des mages noirs, mais tu es confronté à d'autres malheurs avec ces orphelins.
- C'est vrai, mais je sais ce que c'est que d'être orphelin et je veux aider ces enfants à avoir la vie qu'ils méritent.
À nouveau, Astoria sourit. Elle ne connaissait Harry qu'à travers ce qu'on disait de lui, à l'époque de Poudlard ou même maintenant, et là, elle le découvrait réellement. Elle aimait beaucoup cette bienveillance et cette générosité qui semblaient l'habiter.
- Tu travailles demain, du coup ? s'enquit-elle.
- Moi oui et si je ne veux pas avoir des valises sous les yeux, il faut que je songe à aller dormir.
- Tu te sens de transplaner maintenant ?
- Je pense que ça va aller, oui.
- Tu es sûr de toi ? Je ne voudrais pas avoir ton désartibulement sur la conscience, ça m'empêcherait de dormir.
- Ça va aller, lui confirma-t-il.
- Bien, alors bonne nuit Harry, lui dit-elle avec douceur tout en lâchant son bras avec la même délicatesse.
- Bonne nuit Astoria.
Il prit une grande inspiration avant de transplaner et la jeune femme croisa fortement les doigts en espérant qu'il soit arrivé chez lui en un seul morceau et avec tous ses membres à leur place.
Elle remonta complètement le Chemin de Traverse pour rejoindre son appartement. Elle avait définitivement passé une très bonne soirée.
Pour son dernier jour de vacances, Astoria avait décidé de faire un peu de shopping.
Elle avait essayé d'embarquer Drago avec elle, sans lui dire ce qu'elle comptait faire, mais monsieur avait décliné. Voilà pourquoi elle était seule à écumer les magasins du Chemin de Traverse.
En sortant de chez Madame Guipure, le regard d'Astoria fut attiré par quelqu'un qui sortait de chez Fleury et Bott, les bras tellement chargés de livres qu'il ne semblait même pas arriver à voir devant lui.
En s'avançant, elle remarqua qu'il s'agissait de Harry qui, effectivement, semblait en proie à une légère détresse. Elle accéléra donc le pas et s'approcha suffisamment pour pouvoir le décharger de quelques livres.
- Laisse-moi t'aider, dit-elle en prenant plusieurs livres pour dégager sa vue.
Elle croisa aussitôt son regard émeraude brillant de reconnaissance et son grand sourire. Dans la pénombre du pub, l'autre soir, puis avec seulement la faible lumière de la lune en sortant, elle n'avait pas pu remarquer à quel point il avait de beaux yeux.
- Merci ! lâcha-t-il, une fois libéré d'un certain poids. J'ai pas anticipé.
- J'ai vu ça, je t'ai vu galérer depuis l'autre bout de la rue, se moqua-t-elle gentiment.
- Merci pour ta dévotion et ton altruisme, alors, rit-il tout en sortant sa baguette.
Il miniaturisa tous les livres qu'il rangea dans un sac.
- Tu t'es sérieusement mis à la lecture, dis-moi.
- Non, pas du tout, j'ai récupéré une commande pour l'orphelinat. Ce sont des livres pour enfants, précisa-t-il en en sortant un au hasard, intitulé "Le sorcier et la licorne".
- Oh, je l'adorais celui-là quand j'étais petite ! s'exclama Astoria en lui prenant le livre des mains. C'est l'histoire d'un sorcier qui se perd dans un royaume inconnu peuplé de trolls et de dragons et il va être guidé par une licorne qui a perdu sa corne. Elle va l'aider à retrouver son chemin jusqu'à son village et à la fin, pour la remercier, il l'aide à récupérer sa corne.
- Voilà qui me semble tout à fait passionnant, se moqua-t-il à son tour.
Astoria le frappa au bras avec le livre avant de le remettre dans son sac.
- Je te rappelle que, sans moi, tu te serais probablement cassé la figure en avançant à l'aveugle sur le Chemin de Traverse. Donc, je te prierai de garder tes moqueries pour toi, Potter !
Elle le menaçait en le pointant du doigt tout en affichant, malgré tout, un sourire.
- C'est vrai, excuse-moi, reconnut-il en souriant lui aussi. Pour me faire pardonner, est-ce que je peux t'inviter à aller boire quelque chose ?
- Uniquement si c'est un milkshake à la vanille de chez Fortarôme, exigea-t-elle.
- Vos désirs sont des ordres, dit-il en l'invitant, d'un élégant geste de la main, à se diriger vers la terrasse du glacier.
Ils s'y installèrent, Astoria commanda effectivement son milkshake à la vanille et Harry une bièraubeurre.
- Comment se sont passées tes vacances ? lui demanda-t-il après une gorgée de bière.
- C'était reposant et, honnêtement, j'ai très peu envie de reprendre le travail, reconnut-elle. Je reprends demain et j'attaque par une réunion avec la directrice du Département des accidents et catastrophes magiques. Mon responsable direct, l'Oubliator en chef, est très sympa, le directeur de la Brigade de réparation des accidents de sorcellerie, aussi, mais alors elle… C'est une vraie pimbêche ! Elle me rappelle ma sœur Daphné.
- Daphné est comme ça ? s'étonna Harry.
- Par Salazar, oui ! On ne s'entend pas toutes les deux. Elle adore me critiquer et me rappeler que je ne rentre pas dans ses critères parce que je n'ai pas de mari. Elle est prétentieuse, méchante et langue de pute, pour reprendre les mots exacts de Drago.
- Dur ! grimaça-t-il.
- Mais parfaitement réaliste, malheureusement. Elle passe sa vie à rabaisser les autres. J'ai coupé les ponts récemment et je m'en porte très bien.
- C'est dommage d'en être arrivée là, mais tant mieux, si tu es plus heureuse ainsi.
- Largement !
Ils discutèrent ainsi pendant un long moment, bien longtemps après avoir terminé leurs boissons. Heureusement que Florian Fortarôme appréciait Harry car sinon, il leur aurait déjà demandé de quitter les lieux s'ils ne commandaient plus rien.
Et ceci-dit, comment ne pas aimer Harry ? Il était très gentil, drôle, imprévisible dans ses remarques, parfois, et Astoria appréciait vraiment sa compagnie.
Plusieurs fois, durant leur conversation, elle s'était surprise à ne l'écouter que d'une oreille, plus occupée à le regarder.
Au-delà de ses qualités humaines, elle ne pouvait nier qu'il était beau et plutôt à son goût. Ses cheveux désordonnés lui donnaient un air insouciant et ses yeux, d'un vert si profond, étaient magnifiques. Il avait aussi un sourire lumineux sur lequel il était quasiment impossible de ne pas s'accorder. Lorsqu'il riait, deux petites fossettes se creusaient sur ses joues et Astoria trouvait ça adorable.
Tout comme ses petites manies qu'il avait, comme remonter ses lunettes ou gratter sa cicatrice sur son front lorsqu'il cherchait ses mots.
- Astoria ?!
La jeune femme sortit brutalement de ses pensées pour voir Daphné, debout près de leur table, à les regarder tous les deux comme s'ils étaient devenus des créatures étranges.
- Daphné, la salua-t-elle sans grand entrain.
- Salut Daphné, dit Harry avec un sourire poli.
Peu à peu, l'étonnement sur le visage de sa sœur laissa place à quelque chose de plutôt enjoué, limite excité.
- C'est surprenant de vous voir ici ensemble, commenta-t-elle. Je suis contente de te revoir, Harry, comment vas-tu ?
Harry sembla légèrement déstabilisé, mais une conversation très banale s'enclencha entre eux. Conversation qui paraissait légèrement surréaliste à Astoria, mais elle n'en dit rien. Si sa sœur était occupée à autre chose qu'à la critiquer, elle n'allait pas s'en plaindre.
- Asto, j'espère te voir à l'anniversaire de mariage de papa et maman dimanche, dit-elle d'un ton qui n'autorisait pas la contestation.
Astoria grimaça. Elle détestait ce surnom dont Daphné l'affublait depuis qu'elles étaient petites et, en plus, elle avait complètement oublié ce repas de famille. Pourtant, en mettant les choses au clair avec Daphné, elle avait bien dit qu'elle ferait un effort pour les moments qui le méritaient. L'anniversaire de mariage de leurs parents en était un.
- Je serai là, bien entendu, confirma Astoria avec un sourire forcé.
- Bien. J'espère t'y voir également, Harry, ça m'a fait plaisir de te voir. Bonne journée !
- Comment ça "j'espère t'y voir également" ?! Daphné ! Merde !
Sa sœur était déjà partie et Astoria ne la distinguait plus dans la foule.
- Il semblerait que ta sœur ait tiré des conclusions plutôt hâtives en nous voyant ensemble, constata Harry avec un sourire gêné.
- Tu crois que… Nooon… Si ?
- Ah ben si j'en crois la tête qu'elle a fait en nous voyant ensemble, puis le fait qu'elle espère me voir à l'anniversaire de mariage de vos parents, ça ne laisse pas vraiment de doute sur ce qu'elle pense.
- Par Merlin ! jura Astoria.
Sa sœur n'arrêterait donc jamais de lui casser les pieds ? Elle n'avait pas le droit de simplement traîner avec un homme sans qu'on pense qu'elle sortait avec ?!
- Cela-dit, peut-être que ce quiproquo pourrait te rendre service, dit Harry.
- Comment ?
- Je pourrais, effectivement, t'accompagner à l'anniversaire de mariage de tes parents.
- Et prétendre être mon petit-ami ?
- Ça ne nous engage en rien tous les deux et, au moins, ta sœur te lâcherait un peu la grappe.
Si Astoria fut surprise par la proposition, il fallait avouer qu'elle tenait la route.
Daphné n'arrêtait pas de lui reprocher sa relation avec Drago et là, arriver à un repas de famille au bras de Harry Potter, l'Élu, le Survivant, le Sauveur du monde sorcier en chair en os, rien de mieux pour lui faire fermer son caquet une bonne fois pour toute.
- L'idée n'est pas mauvaise, débuta Astoria, mais tu n'y gagnes rien dans l'histoire, toi.
Harry haussa les épaules.
- C'est tout à fait désintéressé, pour le coup, avoua-t-il.
Un sourire étira lentement les lèvres d'Astoria. Non seulement ce plan lui plaisait bien mais, en plus, elle allait passer un peu plus de temps avec Harry et ça, elle ne pouvait nier qu'elle était impatiente.
- Alors marché conclu, dit-elle. On peut se retrouver sur le Chemin de Traverse, si tu veux, je nous ferai transplaner directement chez mes parents, dans le Surrey.
- Faisons ça. Quelle heure te conviendrait ?
- Disons… Onze heures ?
- C'est parfait. Alors à dimanche Astoria.
Il se pencha pour l'embrasser sur la joue avant de récupérer son sac rempli de livres et de transplaner aussi sec.
Bêtement, Astoria glissa ses doigts sur sa joue, juste là où il l'avait embrassée.
Nerveuse, Astoria était arrivée bien avant onze heures au point de rendez-vous. Bon, elle n'avait eu qu'à descendre la rue, cela-dit.
Un simple déjeuner en famille ne devait pas la mettre dans un tel état de nervosité ! Pourtant, il y avait un facteur qui différait de d'habitude : Harry. Non seulement il serait là, mais en plus, ils allaient devoir jouer au couple parfait.
Elle était en train de le maudire d'avoir eu cette idée et elle de l'avoir acceptée lorsqu'il se matérialisa justement pile devant elle. Lui qui, d'habitude, arborait un style vestimentaire d'éternel adolescent, avait fait un effort considérable et Astoria était forcée de constater qu'il était vraiment pas mal. Il portait une chemise noire dont les manches étaient remontées sur ses avant-bras ainsi qu'un jean brut à la coupe droite. À ses pieds, des bottines Chelsea noires terminaient son look très moderne.
Astoria, elle, avait opté pour une robe noire à manches longues assez moulante lui arrivant à mi-cuisses. L'encolure carrée dégageait son décolleté et les petits volants aux épaules structuraient sa silhouette. De très simples escarpins dorés au bout pointu et au talon très fin allongeaient ses jambes et donnaient de la lumière à sa tenue.
- Salut. Tu… Tu es magnifique, bafouilla-t-il en rougissant légèrement.
- Merci, tu es pas mal non plus. Tu vas vraiment faire bonne impression auprès de mes parents comme ça, déclara Astoria en riant.
- Je mets toutes les chances de mon côté pour plaire à ma belle-famille, dit-il en riant aussi, détendant nettement l'atmosphère.
Et se détendre, Astoria en avait bien besoin. Elle avait vraiment l'impression qu'elle présentait officiellement un petit-ami à ses parents.
- On y va ? s'enquit-elle en tendant sa main. Mes parents vivent dans le Surrey, on va transplaner.
- Allons-y !
Harry prit sa main et Astoria les fit transplaner directement devant les immenses grilles du manoir Greengrass. C'était un manoir de style baroque très ancien, mais parfaitement entretenu, qui s'érigeait au bout d'une longue allée bordée d'hortensias.
- Wow ! Il est impressionnant ce manoir, commenta Harry. Il est immense !
- N'est-ce pas. Bien trop grand pour une famille de quatre personnes, je t'assure. Et maintenant que mes parents ne sont plus que tous les deux, autant dire que c'est pire.
- Peut-être s'y sont-ils déjà perdus ? supposa Harry en pouffant.
- Je crois qu'un jour, alors qu'ils venaient de s'y installer, ma mère s'est perdue dans les couloirs du deuxième étage. Elle pensait entrer dans la bibliothèque, mais c'était plutôt un immense débarras avec tous les vieux portraits des ancêtres de mon père qui discutaient entre eux. Une sacrée cacophonie, selon elle.
- De quoi bien l'intégrer dans la famille, c'est ça ?
- Oui, mon arrière-grand-mère Agatha adore raconter cette histoire.
Après avoir remonté l'allée d'hortensias, Astoria regarda Harry, sa main levée, prête à utiliser le heurtoir.
- Toujours sûr de toi ? voulut-elle s'assurer.
- Plus que jamais, ma douce, confirma-t-il avec un large sourire.
Astoria essaya de calmer le feu qui menaçait d'envahir ses joues puis elle toqua avec le heurtoir. La porte s'ouvrit presque aussitôt sur un elfe de maison aux yeux globuleux.
- Bonjour Lolly.
- Bonjour Maîtresse Astoria, la salua l'elfe en s'inclinant. Lolly est heureuse de voir la Maîtresse Astoria. Entrez.
Ils entrèrent et Lolly récupéra leurs affaires.
- Bonjour Lolly, je m'appelle Harry Potter, je suis ravi de te rencontrer.
Les gros yeux de l'elfe s'ouvrirent encore plus et elle s'inclina, son nez touchant presque le carrelage.
- Lolly est plus qu'honorée de recevoir le grand Harry Potter. Lolly a honte de ne pas avoir reconnu monsieur Harry Potter tout de suite ! Lolly va se…
- Non ! Ne fais rien, Lolly, l'empêcha Astoria. Harry ne t'en veut pas, pas vrai ?
- Je ne t'en veux absolument pas, Lolly, rassure-toi.
- D'accord. Lolly va vous emmener dans le grand salon. Suivez-moi Maîtresse Astoria et monsieur Harry Potter.
L'elfe trottina, Astoria et Harry à sa suite. Lorsqu'ils arrivèrent au salon, tous les regards convergèrent vers eux. Sa mère, son père, Daphné et son mari.
- Ma jolie princesse ! s'enthousiasma sa mère, venant jusqu'à eux les bras grands ouverts. Je suis contente de te voir et je suis d'autant plus contente de voir que tu n'es pas venue seule.
- Bonjour maman. Oui, je suis venue avec Harry.
- Enchantée, Mrs Greengrass, la salua-t-il avec un sourire parfait.
- Oh, je vous en prie, Harry ! Appelez-moi Carol.
Astoria lutta pour ne pas lever les yeux au ciel face à l'enthousiasme bien trop exagéré de sa mère.
- Bonjour, Harry, embraya son père, juste derrière. Jacob Greengrass, enchanté.
- De-même, dit-il en lui serrant la main.
- Tu connais ma sœur, Daphné, ajouta Astoria en se dirigeant vers elle. Voici son mari, Paul.
Paul semblait tétanisé. D'ordinaire, il était discret, à tel point qu'on en oubliait parfois sa présence, mais là, il était comme pétrifié, le regard bloqué sur Harry. Astoria le soupçonnait d'être impressionné par la présence de celui qu'on appelait le Survivant.
Lolly servit l'apéritif à tout le monde et sa mère recommença son numéro de parfaite mère de famille.
- Je suis tellement contente que notre petite Astoria ait enfin trouvé quelqu'un ! Et, surtout, quelqu'un comme vous, Harry. On ne tarit pas d'éloges à votre sujet, je suis vraiment curieuse de savoir comment vos chemins se sont croisés.
Sa mère clignait très rapidement des yeux, un large sourire fixé sur son visage, attendant patiemment qu'un des deux crache le morceau. Son père écoutait avec un air plus mesuré, Daphné semblait toute aussi impatiente que leur mère et Paul était toujours aussi tétanisé.
- Au Chaudron Baveur, dévoila Astoria. J'y étais avec Drago, Blaise et Théo, Harry y était aussi avec ses amis et comme on se connaît tous de Poudlard, on a passé la soirée ensemble.
Daphné eut un petit reniflement méprisant.
- Drago est toujours là, remarqua-t-elle.
- C'est mon meilleur ami, donc oui, je le vois souvent.
- Ne commencez pas à vous disputer toutes les deux, les prévint sa mère. Harry, je suis navrée, mes filles se laissent souvent emporter par leurs émotions.
- Ce n'est rien, Carol, la rassura-t-il.
- Et puis ne t'inquiète pas, Daphné, Harry sait tout de la relation que j'avais avec Drago, mais c'est terminé et il n'en fait pas cas, lui.
C'était faux, Harry ne savait rien de tout ça, mais il fallait bien qu'elle fasse taire sa sœur.
L'apéritif se passa plutôt bien. Sa mère n'arrêtait pas de poser plein de questions à Harry, comme si elle cherchait à tout connaître de lui, pendant que son père n'intervenait que de temps à autre. Harry, en faux gendre parfait, répondait aux questions avec enthousiasme et Astoria ajoutait quelques remarques, parfois, pour parfaire le discours.
Ils passèrent ensuite à table et, au grand étonnement d'Astoria, le repas se passa bien aussi. Daphné avait bien sûr tenté, à deux ou trois reprises, de les mettre mal à l'aise avec une question déplacée, mais ils n'avaient pas flanché. Décidément, pour un couple qui s'était décidé il y a trois jours sur un coup de tête, ils s'en sortaient plutôt pas mal.
Et Astoria devait reconnaître que Harry jouait parfaitement le jeu. Il avait été légèrement tendu au début, ce qui était tout à fait normal, mais il était désormais détendu et se prêtait au jeu. Parfois, prise dans la conversation, elle trouvait leur mise en scène tout à fait crédible.
- Hum, Astoria, et si tu faisais visiter le manoir à Harry ? proposa son père.
- Oh, euh… Ça t'intéresserait ? s'enquit-elle auprès du principal intéressé.
- Bien sûr ! J'en apprendrai plus sur la famille Greengrass comme ça.
- Bien, alors on y va.
- Je vous accompagne ! lança son père en amorçant un mouvement pour se lever.
- Reste ici, Jacob, marmonna sa mère entre ses dents en le forçant à se rassoir. Astoria connaît très bien nos histoires de famille, elle ne manquera pas de les raconter à Harry, j'en suis certaine.
La jeune femme remercia silencieusement sa mère pour son intervention. Elle n'avait pas très envie que son père les accompagne et c'était le seul moment où, s'ils étaient seuls, ils pouvaient souffler et arrêter leur comédie.
Astoria joua le jeu de la visite pour le rez-de-chaussée mais, une fois au premier étage, elle soupira.
- Désolée de te faire subir ça, dit-elle tout en se laissant tomber sur une banquette dans le couloir. Mon père est très attaché à ce manoir, à son histoire et à toutes les anecdotes de famille qui s'y rapportent.
- Ne sois pas désolée, ça me fait plaisir, dit-il en s'asseyant à côté d'elle.
- C'est vrai ?
- Hum hum. Je ne regrette pas du tout d'être venu. Tes parents sont plutôt sympas et jouer ton petit-ami n'est pas désagréable.
Astoria regarda ailleurs pour qu'il ne voie pas ses joues rougir.
- Qu'est-ce que tu as voulu dire, tout à l'heure, quand tu parlais de Malefoy et de votre relation ?
- Oh… Et bien jusqu'à il y a peu, Drago et moi avions une relation, disons… purement physique.
- Oh, je vois. Daphné n'a pas l'air de l'apprécier.
- Daphné n'aime pas grand-monde, je me demande même si elle aime vraiment son mari. C'est surtout qu'elle a du mal avec tout ce qui ne correspond pas à sa propre vision de l'amour et des relations. Elle ne comprend pas du tout le principe et l'intérêt d'une relation juste physique comme celle que j'avais avec Drago.
- Tant que les deux personnes sont d'accord, je pense qu'il n'y a pas qu'un modèle de relation.
- Et je suis on ne peut plus d'accord avec toi, sourit Astoria.
- Et du coup, c'est terminé entre Malefoy et toi ?
- Oui, Drago a envie de voler de ses propres ailes, se moqua-t-elle gentiment. Je ne lui en veux pas du tout, tant que je garde son amitié, ça m'est égal.
- Tant mieux pour vous deux alors.
- Tout à fait. Mais si tu veux mon avis, et pour en revenir à mes spéculations de l'autre soir, je pense que ta meilleure amie n'est pas étrangère aux nouvelles envies de Drago, si tu vois ce que je veux dire.
Harry frissonna tout en esquissant une grimace et Astoria ne put s'empêcher d'éclater de rire.
- Drago peut être un petit con, je le reconnais, mais ce n'est pas un mauvais garçon, le défendit-elle.
- Oh, ça je le sais, il se cache derrière ses grands airs. Mais tu ne m'en veux pas si on ne parle pas de lui ? J'aimerais vraiment que tu m'apprennes d'autres choses sur ta famille.
Astoria ne put que craquer face à l'adorable sourire que Harry lui offrait. Elle se sentait flancher et glisser sur une pente qu'elle ne soupçonnait pas et, étrangement, elle avait bien envie d'y glisser.
C'est pourquoi ils reprirent leur exploration du manoir Greengrass, de pièces en pièces, dans lesquelles elle ne manquait pas de lui raconter l'une ou l'autre anecdote à propos de sa famille.
- On va terminer par mon endroit préféré de ce manoir, lui dit-elle tout en retournant dans la bibliothèque visitée un peu plus tôt.
Elle se dirigea au fond de la pièce, vers un mur entièrement couvert d'étagères remplies de livres. Elle sortit sa baguette et, après avoir prononcé un Alohomora, une porte dérobée se dessina parmi les ouvrages et s'ouvrit toute seule, dévoilant un grand escalier qui montait.
Astoria fit signe à Harry de la suivre tout en lui disant de se baisser car le plafond était bas. Ils firent quelques mètres dans cet espace étroit jusqu'à arriver face à une autre porte. Astoria l'ouvrit et ils arrivèrent à l'extérieur, plus précisément sur le toit. C'était si haut qu'ils dominaient tout le parc du manoir.
Harry était bouche bée. Il tournait sur lui-même, regardant partout à la fois. Astoria adorait venir ici. Ce n'était pas du tout aménagé, mais quand elle était petite, elle s'y réfugiait très souvent lorsqu'elle avait envie d'être seule.
- Qu'en penses-tu ? lui demanda-t-elle.
- C'est… wahou !
- N'est-ce pas ? Je crois que j'ai passé plus de temps ici que dans ma chambre quand j'étais petite.
- Ça se comprend. C'est reposant comme endroit.
Ils s'assirent tous les deux à un endroit plus ou moins adapté, leurs regards rivés sur l'horizon. Si on plissait les yeux, on pouvait distinguer le manoir Zabini entre les arbres, au loin.
- Au fait, merci, lâcha Astoria à brûle-pourpoint.
- Merci pour ?
- D'avoir proposé de m'accompagner. C'était nettement moins difficile et bien plus agréable en ayant un allié de mon côté.
- Dois-je en conclure que je suis un faux petit-ami convaincant ?
- Plutôt, oui ! reconnut-elle. En tout cas, je pense que mes parents et ma sœur n'y ont vu que du feu.
- Tant mieux, j'espère que Daphné te lâchera un peu la grappe maintenant.
- J'espère aussi.
Un léger silence s'installa entre eux, mais absolument pas inconfortable, au contraire. On entendait les pépiements des oiseaux et le bruissement des feuilles et c'était tout à fait agréable.
- Astoria ? l'appela Harry au bout d'une petite minute de silence.
- Oui ?
- Je me demandais si… Enfin, ma question va peut-être te paraître surprenante et je comprendrais si c'était le cas. Enfin, tu peux toujours dire non, hein, mais…
- Harry, le coupa-t-elle tout en posant délicatement sa main sur son bras pour attirer son regard sur elle. Crache le morceau.
- J'aimeraist'inviteràdîner, lâcha-t-il d'une traite sans articuler.
- Quoi ?
- J'aimerais t'inviter à dîner, dit-il après avoir pris une grande inspiration. Sans mensonge, sans comédie, sans se forcer à essayer de plaire à tes parents. On reprend à zéro et je t'invite à dîner. Qu'est-ce que tu en dis ?
Astoria se surprit à sourire de toutes ses dents.
Elle était ravie que Harry lui fasse cette proposition. Il aurait été hypocrite de prétendre qu'elle n'avait pas espéré ça et, honnêtement, s'il ne l'avait pas fait, elle lui aurait demandé elle à la fin de la journée.
- Ce serait avec plaisir, accepta-t-elle sans se départir de son sourire.
Les traits du visage de Harry se relâchèrent, comme s'il était rassuré par sa réponse.
Astoria aimait beaucoup ce qu'il laissait entrevoir de sa personnalité et elle avait vraiment envie d'en apprendre plus. Au-delà de l'aspect physique, car il était, certes, très charmant, il était aussi intéressant, drôle et à l'écoute.
Elle ne demandait qu'à en savoir plus sur lui.
Et voilà !
Je sais, c'est un peu frustrant, il n'y a même pas leur premier baiser... mais c'est totalement volontaire ahah. Je voulais seulement mettre en avant leur rapprochement, comprendre comment ils ont commencé leur histoire, donc voilà. J'espère que ça vous a plu !
N'hésitez pas à me poser vos questions en reviews si vous en avez, j'y répondrai dans une note plus tard. Que ce soit sur Hermione et Drago, sur Harry et Astoria, Théo et Blaise, la carrière de Drago, celle d'Hermione, Neel, Leona, Thomas, etc. N'hésitez pas !
Un dernier remerciement s'impose, alors, merci.
À bientôt, du love.
