Disclaimer : Sinbad est l'oeuvre de James Dormer, de Russel Lewis et de Jack Lothian.

Résumé : Anwar met un océan entre ses parents et lui, non pas parce qu'il n'est pas aimé d'eux. Loin de là. Ils l'aiment justement trop. Et à trop l'aimer, ils l'aiment mal.

Note de l'auteur : Cet OS a été écrit lors de l'atelier d'écriture du Discord « La Fabrique à Plumes » sur le thème des images et citations. 30 minutes par image/citation, écrire sur l'image ou sur la citation inspirée de l'image. Citation 3 : Proverbe français : "Qui se nourrit d'attente risque de mourir de faim."

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de fandom méconnu + Quatre aspects de Wylan : Père : écrire sur Tywin ou écrire sur quelqu'un qui a une relation compliqué avec ses parents + Titre du 13/06/2020 : Un océan entre nous

Un océan entre nous

La première fois qu'Anwar a émis le désir de voir autre chose que son quartier de Bassorah, l'école, la place du marché, sa mère, un sourire tendre aux lèvres, lui a dit qu'il est encore trop jeune. Certains quartiers ne sont vraiment pas sûrs. Du haut de ses neuf ans, il l'écoute comme Allah lui-même et ne remet pas sa parole en doute.

La deuxième fois qu'Anwar a émis le désir de voir autre chose que son quartier de Bassorah, l'école, la place du marché, son père a un sourire ému et fier, lui ébouriffe doucement les cheveux. Il s'est proposé de l'accompagner un jour auprès de ses patients pour l'assister. Il ne sera pas dans ses jambes, c'est promis. Mais il pourra peut-être lui tendre des objets, rassurer les enfants s'il y en a. Et lui qui sera médecin plus tard, cela serait bien d'avoir une expérience sur le terrain. Son géniteur lui dit qu'il ne faut pas brûler les étapes, il doit d'abord finir l'école, faire ses études et seulement là, pendant son cursus, il pourra aller ailleurs et encore, il fera en sorte qu'il soit accompagné. Les rues ne sont pas sûres, il est son seul enfant. L'adolescent comprend même s'il se sent un peu à l'étroit dans sa maison pourtant immense.

Il n'y a pas de troisième fois.

Parce qu'Anwar a compris que ses parents ne le laisseraient jamais quitter son quartier.

Il essaye de se mettre à leur place : sa mère a failli mourir en le mettant au monde. Ils n'ont pas réussi à concevoir après lui. Il est leur seul descendant. Mais à le surprotéger, à millimétrer chaque aspect de sa vie au point de vouloir lui trouver sa propre épouse, au lieu de l'aider à survivre, ils le tuent à petit feu. Il n'est pas juste leur fils, il est aussi un être humain, un homme qui a besoin de déployer ses ailes, de découvrir ce qui l'entoure et surtout, il a vingt ans. Il ne sait peut-être pas mieux qu'eux et surtout pas dans le domaine de la parentalité. Cependant, il est capable de faire ses propres choix, ses expériences, pour grandir un peu plus. Qui se nourrit d'attente risque de mourir de faim. Alors sa fugue, si on peut qualifier son départ ainsi, n'est alors qu'un geste pour sa propre survie alors que la famine guette son âme. Et le navire qui l'accueille, qui l'accepte comme médecin, porte un nom à la fois ironique et délicieusement à propos :

La Providence.

Il ignore encore tous les bienfaits qu'elle lui apportera.

FIN