Hey !
Me revoici (encore) avec une nouvelle fic (le titre vient de la chanson Power is power de l'album For the throne)
Je la dédie à Black Angelis, ma merveilleuse femme de Discord, pour son anniversaire.
Elle m'avait demandé il y a quelques de temps de faire une ''fiception'' de sa fic my fire never goes out (I rise from my scars) dans laquelle Cersei et Tyrion finiraient par devenir amants.
Pour cette fic, vous aurez besoin d'avoir lu la fic originale au moins jusqu'au chapitre 15 pour comprendre, bien que je vous conseille de la lire entière, parce que c'est une vraie merveille, clairement une des meilleures fics au monde.
Donc BA, bon anniversaire à toi, je t'aime très fort, je suis très contente de t'avoir rencontrée, et très honorée que tu m'aies demandé d'écrire cette fiception, et j'espère qu'elle te plaira 333
Bonne lecture !
Quelques jours après son anniversaire, Tyrion est penché sur un dossier qu'il leur a confié, mais il ne réussit pas à se concentrer dessus.
Son esprit ne cesse de divaguer vers le petit lion en bois posé sur la boîte à reproches, et une drôle de sensation lui remue les entrailles, comme si une nuée de papillons était prisonnière dans son ventre, battant des ailes et cherchant à tout prix à s'envoler, à s'échapper.
Cersei lui a fait un cadeau, un vrai cadeau, pour la première fois de leur vie.
Cette pensée le ravit, le réjouit, le cadeau est simple, en soi, ce n'est rien qu'un petit lion, un petit lion en bois, mais ce qu'il représente est immense, tellement immense que Tyrion ne parvient pas à mettre de mots dessus, comme s'il ne voulait pas encore s'autoriser à y croire, cela ne pourrait être qu'un rêve, rien qu'un rêve dont il se réveillerait beaucoup trop tôt, et il n'a pas envie qu'il s'étiole puis s'évapore, comme à chaque fois qu'il a cru être heureux.
Au fond, la prophétie qu'il a faite à Cersei s'est toujours retournée contre lui.
Un jour où tu te croiras heureuse et en sécurité, ta joie se changera en cendres dans ta bouche.
Cela avait été le cas avec Daenerys. Il avait réellement cru qu'elle pourrait faire de ce monde un meilleur endroit, mais ses espoirs avaient disparu quand Daenerys avait mis Port-Réal à feu et à sang.
Mais quand il regarde le petit lion de bois, ce sont de nouveaux rêves, qui fleurissent, des rêves qu'il n'a fait trop souvent et auxquels il n'a jamais vraiment cru, peut-être parce qu'il savait que ça ne serait pas possible, des rêves auxquels maintenant, il croit.
Sa relation avec Cersei va mieux, beaucoup mieux, elle n'a jamais été aussi bien qu'à ce moment-là, en réalité, sa sœur lui a fait un cadeau, et elle l'a enlacé après, pour des gens banals, ce n'est rien, c'est normal, un frère et une sœur qui s'étreignent ou qui s'offrent quelque chose pour leur anniversaire, mais les Lannister ne sont pas des gens banals, même quand ils sont exilés, même quand ils sont démunis et impuissants, et pour Cersei et lui, qui ont toujours adoré se détester ou détesté s'adorer, c'est quelque chose d'énorme.
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Cersei est vraiment magnifique.
Ils sont assis à table quand Tyrion se fait cette réflexion.
Joanna est sur les genoux de sa mère, essayant d'attraper tout ce qui est à portée de ses petites mains, pour observer l'objet sous toutes ses coutures, d'un air émerveillé.
Cersei sourit en regardant faire sa fille, depuis combien de temps n'a-t-elle pas souri comme ça ?
Et lui, quand a-t-il cessé de remarquer la beauté de sa sœur, de ses cheveux qui brillent comme de l'or au soleil et de ses yeux d'émeraude dans lesquels on pourrait presque jurer voir brûler du feu grégeois ?
Les années ont peut-être passé, mais elles n'ont en rien entaché l'élégance de sa sœur. Elle vieillit gracieusement, malgré le ravage que sa vie lui a causé à l'intérieur.
Au moment même où il se dit ça, il a à nouveau cette drôle de sensation dans son ventre, ces papillons qui s'agitent, son cœur qui bat légèrement plus vite, une sensation qu'il n'a jamais éprouvée auparavant, une sensation qui le fait se sentir aussi bizarre que bien.
(Au fond, c'est peut-être parce qu'il n'a jamais vraiment été amoureux de quelqu'un, que Tyrion ne sait pas ce qui lui arrive…)
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Les moments où il observe, admire sa sœur se font de plus en plus nombreux.
C'est un matin où il l'observe dormir, ses traits fins détendus, qu'il comprend.
Il est amoureux de Cersei.
Il en est amoureux, même si ce qu'il éprouve pour elle ne ressemble en rien à ce qu'il ressentait pour Sansa, ou à ce qu'il ressentait pour Daenerys.
Il n'a pas assez connu Sansa, elle n'était qu'une enfant, quand il l'a épousée, une enfant terrifiée, qui venait de perdre plus de la moitié de sa famille à cause de la sienne, une enfant qu'il avait été obligé d'épouser, une enfant qui, quoiqu'elle en dise, était révulsée par lui, au moins un peu, même si elle s'acharnait à prétendre le contraire, comme on le lui avait toujours enseignée en jeune dame bien élevée.
Et Daenerys…
Il a idéalisé la Mère des Dragons, il le sait, il le voit maintenant, il voulait tellement y croire qu'il n'avait rien vu venir, n'avait rien voulu voir venir.
Et l'idéal qu'il s'était formé autour d'elle, se persuadant que la seule chose qu'elle voulait, c'était le bien du monde s'est effondré avec Port-Réal et le Donjon Rouge.
Mais Cersei…
Il connait Cersei, maintenant, mieux que personne. Il sait qui elle est et ce qu'elle est, ce qu'elle a fait, tout ce qu'elle a fait, il sait, il sait, et pourtant…
Et pourtant, il l'aime.
Un millier de questions l'assaillent.
Il aime Cersei, mais il n'a aucune idée de si elle l'aime en retour. Probablement pas.
Une autre personne aurait pu se demander si le fait d'être amoureux de sa sœur ne dégoûterait pas la sœur en question, mais Tyrion sait bien que ce n'est pas le cas de Cersei.
Avant lui, il y a eu Jaime, et elle considérait Jaime comme son autre moitié, une personne avec qui elle partageait son âme.
Mais surtout, il a peur.
Si sa relation avec Cersei va mieux, il est parfaitement conscient que tout est loin d'être rose, et qu'elle demeure encore extrêmement fragile.
Il sait que s'il lui avoue ses sentiments, s'il lui avoue ce qui lui passe par la tête et ce qui se passe au plus profond de son être, il risque de tout envoyer valser, de tout briser, de tout faire voler en éclat, et c'est tout ce qu'il veut éviter.
Il sait ce qu'il risque. Alors, il décide de ne rien dire.
Après tout, il a bien vécu toute sa vie sans qu'une femme ne l'aime réellement pour ce qu'il est.
Il pourra certainement la finir sans qu'une femme ne l'aime réellement pour ce qu'il est.
(S'il savait, si seulement il savait…)
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Cersei ne tarde pas à remarquer que quelque chose a changé entre eux.
Elle voit bien que Tyrion s'éloigne progressivement d'elle, elle ne sait pas pourquoi, se demande ce qu'elle a bien pu faire de mal, le petit lion de bois a pourtant eu l'air de lui plaire, elle ne comprend pas.
Il ne lui parle plus que quand c'est nécessaire, et encore, elle a presque l'impression qu'il le fait à contrecœur.
Un jour, alors qu'elle a encore l'impression qu'il l'évite, elle le saisit par le bras alors qu'il s'apprête à quitter la pièce, et s'assoit sur le lit pendant qu'il se tient debout en face d'elle.
« Mais qu'est-ce qui ne va pas ? »
Il évite son regard, et répond du bout des lèvres :
« Rien… »
Il brûle de lui dire, de lui dire ce qui le consume de l'intérieur, mais l'idée qu'il pourrait tout gâcher à cause de quelques mots le dévore, et il ne veut rien lui dévoiler.
Cersei s'agace :
« Ne me mens pas… Je sais très bien quand tu ne me dis pas la vérité… »
Tyrion ne sait pas quoi dire.
Il ne sait pas quoi dire, il sait qu'il ne devrait pas lui cacher, mais…
Et tout d'un coup, il ne sait pas ce qui lui prend, il se penche vers elle, et l'embrasse.
Ses lèvres sont douces et chaudes, il a presque envie de fermer les yeux.
Puis il se rend compte de ce qu'il vient de faire, et horriblement gêné, il recule, et part en courant.
Merci beaucoup d'avoir lu !
