Un peu plus d'un mois était passé depuis la rentrée et Jesse commençait à reprendre doucement ses marques dans l'immense château. Elle avait eu quelques altercations avec Drago, mais rien de vraiment grave, beaucoup de regard mauvais et des « Sale elfe. » ou « Serpents à sonnettes. » bien placé. Mais elle s'en fichait éperdument, elle savait pertinemment comment était le garçon, et finalement il lui faisait plus de peine qu'autre chose. Elle se souvenait, maintenant, elle avait fait une analyse de Drago avant l'accident. Au fond, même s'il fallait bien creuser, au tractopelle, il n'était pas si méchant, juste mal éduqué et triste si l'ont peu résumé un être si complexe ainsi. Elle se rappelait de ses six années à le côtoyer de loin, à entendre ce qui se disait sur lui, à l'entendre parler. Un enfant insupportable, geignard, fils à papa et désagréable. Cependant, quelque chose était différent du Drago de ses souvenir, depuis la rentrée, elle le trouvait, torturé ? Il semblait réellement souffrir de quelque chose, au-delà de sa façade hautaine, il semblait cacher une réelle souffrance.
La jeune femme ne pensa plus à lui, elle s'en sortait plus où moins dans ce début d'année chaotique. Elle arrivait à suivre les cours, avec plus ou moins de mal, et était heureuse de se rendre compte qu'elle n'avait rien perdu de ses capacité en divination et en sortilège. Pour le cours de potion, c'était une autre histoire, mais elle trouverait une solution plus tard. Pour ce qui était de sa vie sociale, c'était une autre histoire. Elle était seule la plupart du temps, et elle voyait bien que Parvati et Lavande passaient du temps avec elle presque par obligation, ou par pitié, car elle partageait leur chambre. Elle essayait d'ignorer les rumeurs qui se répandait sur elle, les messes basses et les rires dans les couloirs, au moins, cela lui permettait d'être tranquille. Grand bien leur fasses.
Ce matin, en se réveillant elle était un peu plus stressé qu'à l'habitude. En effet, la veille Parvati l'avait bien prévenu que cette fois-ci elle devrait se débrouiller toute seule pour se lever et aller à la grande salle. Elle comprenait que la jeune femme soit fatiguée de la baby-sitter, et qu'elle avait autre chose à faire. Cependant, bien que Jesse retrouvait ses marques petite à petit, elle n'était pas certaine que sa mémoire soit parfaitement opérationnelle et ne lui joue pas de tours.
Elle était réveillée depuis une bonne dizaines de minutes, elle regardait Wink dormir paisiblement, et se dit qu'elle aimerait être à sa place par moment, ne pas avoir de problèmes, faire ce qu'elle aurait envie, dormir toute la journée. Elle regarda l'heure, 7:30. La jeune femme se leva d'un coup, en réveillant Wink au passage qui miaula pour lui faire comprendre qu'il l'a détestait à l'heure actuelle.
Et voilà, elle allait encore être en retard, mais comment elle se débrouillait à chaque fois! Elle prit une douche rapide, s'habilla et sortie de la chambre en courant. Elle sortit du dortoir et se dirigea à l'instinct vers la grande salle en se disant qu'elle se coucherait plus tôt ce soir, même si elle n'y croyait pas elle-même. Elle passa à trois reprise par le même couloir, et commença à perdre patience, elle arriva dans un grand couloir qui lui semblait familier, mais se demanda si elle devait continuer tout droit ou aller dans l'autre sens. Elle se souvint d'un coup, comme un flash-back. Tout droit !
- On est perdu Lewis ? Je pensais que Patil t'avait montrée le chemin depuis le temps. Fit une voix derrière elle.
Jesse se retourna en sursautant. Elle fut surprise de trouver Drago derrière elle, l'air dégouté de la voir. Il ne s'était pas retrouvé seul depuis leur fameuse altercation dans la Grande Salle. Elle aurait pu l'ignorer, mais elle n'était pas d'humeur.
- Qu'est ce que tu me veux Malfoy ! C'est dans tes habitudes d'effrayer les gens comme ça ! Commença-t-elle, visiblement iritée.
- Non, je me demandais juste pourquoi tu n'étais pas resté avec ta maîtresse, étant donné que tu n'es pas foutu de retrouver ton chemin seule. Tu es pitoyable. Assena-t-il avec son air de dégout habituel, tout en la regardant de haut.
Le jeune femme commençait à bouillir, s'il y avait bien une chose qui la mettait hors d'elle, c'était la condescendance.
- Tu es infernal. Je te conseil de me laisser tranquille. Déclara Jesse en essayant de rester calme.
- Des menaces Lewis ? Lui répondit Malfoy en souriant, l'air narquois. A qui crois tu faire peur comme ça ? Tu ne feras rien du tout.
Jesse avait bien entendu le défit dans la voix du garçon, elle commençait à bouillonner et était sur le point de faire manger sa cravate au Serpentard, quand elle eut un sourire sarcastique.
- Ecoute moi bien, sa majesté, je ne peux certainement pas m'imaginer à quel point ta vie doit être vide de sens et douloureuse pour que tu te sentes obligé d'être toujours si cruel avec les personnes qui t'entoure, mais je ne suis pas le genre de personne à qui tu peux faire subir ça. Je ne suis pas ton amie, je n'ai pas peur de toi, ni de ton influence, et je n'ai rien à perdre. Alors, reste loin de moi. Ou c'est moi qui te ferais regretter de m'avoir croisé la prochaine fois. Assena la jeune femme avec un mou de mépris, et un regard haineux, si elle avait d'abord était agacé, elle sentait la colère monter en elle à mesure qu'elle parlait.
Elle vit le garçon se décomposer un instant et su qu'elle avait bien pressentit la chose. Son expression se transforma et elle le vit faire un mouvement si bien qu'elle ajoutât d'un ton calme mais glaçant :
- Et s'il te vient l'idée de sortir ta baguette, la mienne est dans ma manche, et crois-moi, je connais des sorts qui te ferons regretter d'être né.
Drago resta planté là, la main sur sa baguette. Elle était partie sans se retourner, elle l'avait humilié et était partie. Jamais personne n'avait osé lui parler ainsi. Elle disait n'importe quoi. Vide de sens. Il avait tout ce qu'il voulait. Il était doué, intelligent et riche. Que demander de plus. Douloureuse. Qu'est-ce qu'elle en savait cette peste. Zabini avait raison, elle était complètement folle. Peut être que les rumeurs à son sujet était fondés ? Le jeune homme était déstabilisé, s'il n'avait pas si peu dormit, s'il n'était pas au bord du gouffre en ce moment, il aurait trouvé quoi répondre, il aurait fait fermer sa goule à cette peste et n'y aurait même pas repensé.
Mais là, il était trop à vif pour que ces remarques ne lui fassent rien. Lui, Drago Malfoy, était blessé. Enfin il ne se l'avouerait pas. Mais c'était bel et bien le sentiment qui l'animait. Lui qui se pensait au-dessus de tout. Il se trouva bien bête, et surtout, vulnérable. Il rangea la baguette à demi sorti, et se dirigeât vers la grande salle. Il poussa la porte, et aperçu le trio de Gryffondor tant détesté. Il alla s'assoir à sa place habituelle, son expression méprisante comme une protection face à d'éventuelles remarques ayant laissé place à de la rage.
Qu'est ce qu'elle faisait avec eux, ce n'était pas habituel. Elle était pour la plus part du temps seule, et il n'y avait que Patil et Brown qui semblait lui tenir compagnie. Ses pensées ne firent qu'un tour. Il était convaincu que cette folle avait tout raconté, qu'ils avaient dû bien se moquer de lui, qu'elle avait dû le ridiculiser. Elle avait donné une nouvelle chance à Potter de le rabaisser, il la haïssait. Il les détestait tous, il détestait leur façon d'être heureux pour rien, leur façon de le regarder comme s'il était un monstre, tous ces jugements fait envers lui. Il balaya sa table d'un revers de main, envoyant une tasse et une assiette s'écraser au sol, amenant au passage des regards de surprise et de colère de la part des élèves en train de petit-déjeuner. Il sorti de la salle en s'avançant vers la porte qui s'ouvrit brusquement et claqua contre le mur bien avant que ses mains ne l'effleurèrent.
Il avait sortilège, il se dirigeât donc vers la porte de sortie, toujours sous l'emprise de sa colère. Cette fille l'avait mis hors de lui, comme jamais. Si cette petite peste pensait qu'elle allait s'en tirer comme ça. Il allait lui faire comprendre à qui elle avait affaire. Elle n'oserait plus jamais le rabaisser comme elle l'a fait. Il ne le permettrait plus. Il allait lui faire regretter d'avoir intégré cette école. Elle allait comprendre qu'elle ne s'était pas attaquée à la bonne personne.
Quand il arriva en cours, les quatre Gryffondor n'étaient pas là, et c'était tant mieux. Mais ce ne fut que de courte duré. Une dizaine de minutes plus tard il les entendit débouler dans la salle. Il leva la tête pour échanger un regard conflictuel avec la peste, mais ce n'est pas un regard de haine qu'il reçut en échange.
Jesse entra dans la salle, une aura de haine l'entourant. Elle leva la tête pour croiser les regards des élèves présents. De la peur, du dégoût, de la moquerie. Était ce tout ce dont ces étudiants étaient capable de ressentir. Elle sentait son cœur tambouriner contre sa poitrine, le sang battre contre ses tempes, elle sentait la colère commencer à la submerger. Inspirer, expirer, elle ne devait pas se laisser happer. Elle avait le regard perdu, elle essayait chasser l'envie de meurtre qui la tiraillait, l'envie de répandre le sang du Serpentard dans le château ou de le jeter du haut de la tour d'astronomie. Elle ne devait pas se laisser aller, elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas se laisser faire par cette folie qui la guettait chaque jour. Pas comme avant, pas comme ce jour, pas à cause de ça.
Elle ferma son point pour planter ses ongles dans sa paume, et commença à se diriger vers un endroit calme pour prendre son petit déjeuner et tenter de se calmer quand elle entendit quelqu'un prononcer son prénom. Elle tourna la tête et sous la surprise, sa colère diminua légèrement. Hermione Granger lui faisait un signe de la main. Dubitative, Jesse s'approcha donc du trio le plus populaire de l'histoire de Poudlard.
- Bonjour Hermione, c'est bien toi qui m'a appelé ? Tenta Jesse, perplexe.
- Bonjour Jesse, oui c'est bien moi, est ce que tu voudrais bien t'assoir un instant ?
Jesse la dévisagea un instant. Elles n'avaient jamais parlé toutes le deux, autrement que pour se dire bonjour, et au vu de la réputation qui suivait Jesse, elle ne comprenait pas bien ce que la jeune femme pouvait lui vouloir.
- C'est peut être déplacé, mais tu sembles en colère ?
En effet, c'était déplacé.
- C'est pour cela que tu voulais me parler ? Demanda Jesse d'un ton sec.
- Non, en effet ce n'était pas très…
Hermione se stoppa quand elle entendit la porte s'ouvrir violemment pour laisser entrer Malfoy, qui avait troqué sa moue de mépris habituelle contre une expression de colère peu familière. Le Serpentard passa à côté de leur table et alla s'assoir sans aucunes remarques ou regards à l'encontre du groupe d'ami. Il ne fallut pas longtemps à Hermione pour comprendre qu'il s'était passé quelque chose entre les deux élèves, mais au vu de l'humeur de Jesse, elle ne s'aventura pas à poser la question.
Jesse écouta Hermione lui expliquer que le professeur McGonagall lui avait fait par de la situation particulière de Jesse, et qu'elle s'était proposée pour l'aider en cours d'histoire de la magie.
Plus Hermione parlait, plus Jesse était agacée. La brillante élève de Gryffondor, celle qui réussit tout, commençait à lui taper sur le système.
- Et qu'est ce que tu y gagnes ? La coupa Jesse.
- Je te demande pardon ? Demanda Hermione légèrement choquée, en jetant un regard à Harry et Ron.
- Arrêtons d'être hypocrite un instant tu veux bien ? Tu ne m'as presque jamais adressé la parole depuis six ans, tu as très certainement dû entendre les rumeurs sur moi mais je ne t'ai jamais vu venir prendre des nouvelles ou demander ma version des fait ? Les trois amis étaient bouche bée devant tant d'aplomb. Donc, continua Jesse, je repose ma question, qu'est ce que tu gagnes à aider la pauvre Jesse Lewis qui est devenu complètement folle et qui est dans une situation si particulière ?
Hermione resta interdite un instant. Jesse senti rapidement que Ron était plus qu'agacé par sa réponse, mais c'était le cadet de ses soucis.
- En effet, c'était indélicat de ma part de t'annoncer cela comme ça, c'est vrai. Déclara Hermione à la grande surprise de Jesse. Cela donne l'impression que je te prend en pitié et ce n'est pas le cas. Disons que je prend mon rôle de préfète à cœur.
Jesse se contenterais de cette réponse pour le moment, et même si elle était grandement agacé par la proposition de Hermione, il fallait être honnête, cela valait le coup d'y réfléchir. Elle s'apprêtait à répondre quand un bruit de vaisselle brisé la fit sursauter, elle et la plupart des élèves présent dans la grande salle. Elle commença à chercher d'un regard assassin la personne qui avait fait tomber son verre quand elle vit que le cause de son sursaut était Drago, qui s'était levé et qui ne manqua pas de faire encore plus de raffut en molestant la porte d'entrée.
Jesse avait suivi les moindres mouvements du garçon, et quand elle vit dans quel état il était, sa haine envers lui s'était transformée en culpabilité. La jeune femme avait toujours été comme cela. Elle était calme de nature, mais quand elle ressentait une émotion, elle était pleine et presque universelle. Il n'était donc pas rare que dans la même journée, elle haïsse quelqu'un au point de vouloir sa mort, puis lui propose d'aller boire un café au pub du coin. Mais depuis ce jour, elle ne pouvait pas les contenir, elle risquait sans arrêt de sombrer. Quand elle tourna la tête, elle vit le regard interrogateur des trois compagnons posé sur elle. Il était clair qu'ils se posaient des questions, et étaient assez intelligent à eux trois pour comprendre qu'il y avait un lien entre son humeur et celle de Malfoy, mais elle ne leur devait clairement aucune explication.
- Je vais réfléchir à ta proposition Hermione, je te remercie.
Hermione acquiesça et les quatre Gryffondors se levèrent pour aller en cour. Une fois arrivés dans la salle, presque en retard, Jesse croisa le regard de Malfoy, qui inspirait la haine, elle se contenta de baisser les yeux de honte et de les relever une dernière fois vers le jeune homme avant de le dépasser, en esquissant un sourire de gêne. Elle alla s'assoir du coté Gryffondor. Pendant qu'ils poursuivaient leurs cours, Jesse se demanda si elle devait aller s'excuser auprès de Drago.
Effectivement, c'était un personnage infernal et insupportable, mais cela ne l'empêchait pas d'être un être humain, et elle d'être polie. Le risque principal serait qu'il l'envoi lamentablement se faire cuire une bouse de dragon et qu'elle se sente obligé de lui casser le nez. Mais elle culpabilisait, d'autant plus qu'il allait certainement se faire coller à cause d'elle pour la vaisselle cassée. C'était décidé, juste pour cela elle irait s'excuser, mais qu'il accepte docilement sinon elle ne se laisserait pas faire. Elle savait pertinemment que cela risquait de mal se passer, mais elle tenterait le coup, pas uniquement pour lui, mais aussi parce qu'elle serait rongé par la culpabilité si elle ne le faisait pas. Elle regarda son emploi du temps et s'aperçu qu'ils avaient une pause de 14 heure à 15 heure juste après le cours d'histoire de la magie.
C'est à ce moment qu'elle tenterait de s'excuser auprès de lui, elle détestait faire du mal. Mais elle était si impulsive qu'elle le faisait sans arrêt sans le vouloir… Elle avait senti que Drago avait eu une réaction face à son regard mais cela ne voulait pas dire qu'il accepterait ses excuses. Elle n'allait pas lui courir après en sortant, car s'ils n'étaient pas seuls, il était clair qu'il l'insulterait, surtout si Harry était dans les parages.
À la fin de la matinée, une fois que la jeune femme eut déjeuné, elle se lança dans son périple. Bien, maintenant il lui suffisait simplement de trouver Drago parmi les sept étages du château. Sans compter les jardins. Et les quelques trois cent cinquante pièces en omettant les pièces secrètes ou inconnues. Et tous cela en moins d'une heure. Oui, c'était largement jouable se désespérât elle.
La jeune femme commença sa quête et bien entendu en moins d'une demi-heure, elle s'était déjà perdue quatre fois. Quand elle vit qu'il était 14 :45 et qu'elle était à environ dix minutes à pied de sa salle de classe elle lâchât l'affaire et se précipita vers l'aile ouest du château.
Quand elle arriva discrètement en retard, le professeur Binns ne leva même pas le nez de sa fiche et continua son cours de sa voix monocorde. Elle s'assied toujours aussi discrètement à côté de Ron non par choix, mais parce qu'il ne restait plus d'autres place disponible qui commençait déjà à piquer du nez. Si Jesse s'était rappelée que le fantôme ne prêtait pas plus attention à ses élèves qu'eux à son cours, elle ne se serait pas autant dépêchée.
Elle avait frôlé la syncope et faillit faire tomber au moins cinq élèves. Et elle n'avait même pas été foutu de trouver Drago. Maintenant elle devrait attendre le lendemain pour présenter ses excuses au Bandimon. Parfait. Une journée de perdu se dit-elle en regardant à la fenêtre. Et cette journée perdue se finit comme tous les soirs dans le dortoir, dans ce lit que Jesse haïssait.
Elle fut prise d'angoisse, et chercha désespérément dans son sac une petite fiole contenant un liquide bleu. Elle en déposa une goutte sur son oreiller et en à peine quelque minutes elle fut détendu et commença à trouver le sommeil. Elle ne voulait pas penser ce soir, ni être confronté à ses démons. Elle voulait dormir. La jeune femme était à présent seule dans une grande pièce sombre, et vide. Seul son corps semblait produire une faible lumière, tel un astre dans l'immensité abyssale. Elle ne savait pas où elle était. Elle ne voyait rien, elle n'entendait rien non plus. Elle se laissa glisser au sol et se concentra. Jusqu'à entendre d'infimes vibrations, trop peu importantes pour être comprises. Elle se dirigeât vers ces vibrations. Et commença à distinguer des sons, et bientôt des mots, mais elle ne comprenait pas encore leurs signification.
Toujours dans le noir, elle se rapprocha, et compris enfin la signification des sons. « Nouvelle. Facile. Parents. Ténèbres ». Du chuchotement, ils passèrent au son parlé, puis au hurlement. Jesse tenta de s'enfuir, mais quand elle s'éloignait d'une source sonore, elle s'approchait d'une nouvelle. Si bien qu'à un moment elle entendit les mots, dans le désordre et venant de partout autour d'elle, crié, chuchoté, hurlé ou scandé par différente voix. Dans ce chaos sonore, elle se sentit défaillir et se laissa tomber au sol une nouvelle fois, se recroquevillant et tentant de boucher ses oreilles mais les mots était à présent dans sa tête. Elle se battu pour les empêcher de se mettre en ordre, de donné sens et réalité à cette phrase immonde. Mais en vain. Quand la phrase si fit entendre dans sa tête et résonna dans la pièce d'une seule et unique voix bien audible, la jeune femme lâcha les armes, et s'abandonna sur le sol glacé. Elle ne s'occupa plus des larmes qui coulaient sur ses joues et se contenta de répéter la phrase, vaincu : « Mlle Lewis. J'ai une nouvelle à vous annoncer qui ne sera pas facile à entendre. Vos parents sont décédés, il s'agit surement de l'œuvre du seigneur des ténèbres. Une enquête est en cours. ».
Jesse se réveilla, les yeux humides, elle s'assied calmement, pour ne pas réveiller Wink cette fois-ci. Elle se sentait profondément triste et vide. Il était cinq heures du matin, et le soleil était déjà presque levé. La jeune femme monta dans la salle de bain, lentement, et s'habilla avec une jupe en tulle, des collants en plumetis, un-t-shirt gris arborant un crâne de félin et un perfecto de cuir noir. Elle n'avait cours que dans trois heures et demie. Elle se changerait dans deux heures, elle avait besoin de se sentir un peu elle-même.
La Gryffondor descendit les escaliers doucement car pour une fois elle n'était pas pressé, elle trouva rapidement la salle des banquets. Elle prit un énorme bol de chocolat chaud qu'elle but assez rapidement et se leva, pour laisser derrière elle une salle de toute façon vide. Elle décida de sortir un peu de l'école.
Elle avança un peu au hasard dans le beau paysage d'automne qu'elle ne remarqua pas. Elle se sentait fragile, et en effet elle avait beaucoup de mal à tenir debout, mais elle devait marcher, ne pas se laisser aller, toujours continuer. Elle était happée dans ses pensées comme souvent. Si bien qu'elle laissait son corps aller au gré de son envie, et qu'elle ne vit pas la personne de dos droit dans sa trajectoire. Elle ne tarda pas à la percuter de plein fouet d'ailleurs, avec une violence telle qu'elle bascula en arrière.
- Tu ne pourrais pas faire plus attention, espèce de … Commença Drago en s'énervant, quand il vit Jesse, au sol, les yeux rouges, il se stoppa.
Pour la première fois sa haine envers elle s'était légèrement apaisée, et il se senti presque gêné de la voir dans cet état, si vulnérable. Il en était presque troublé. Quant à Jesse, elle trouvait la vie de plus en plus ironique avec elle, elle avait cherché Malfoy toute la journée de la vieille et avait été incapable de le trouver. Et maintenant qu'elle ne voulait voir personne, qu'elle était dans un état de faiblesse absolument pathétique, il fallait qu'elle le croise, lui. Il allait pouvoir profiter de sa vengeance maintenant. La pitoyable et inutile petite Gryffondor incapable de tenir debout, qui ne sait pas regarder en face d'elle. Les larmes aux yeux, faible et ridicule.
C'était bien le moment, surtout aujourd'hui, elle n'osa même pas lever les yeux, elle sentait qu'elle allait craquer. Pendant ce qui lui sembla être un long moment, rien ne se passa, alors elle leva la tête. Drago lui tendait la main. Il ne la regardait pas mais il lui tendait la main. Elle n'en revenait pas. Jesse hésitât, de peur d'une ruse de sa part et finit par saisir la main du Serpentard qui l'aida à se relever avec une force qui étonna la jeune femme.
Cependant, il retira vite sa main et s'éloigna d'un pas. Une gêne s'installa rapidement entre les deux sorciers, l'une se tordant les doigts, l'autre se demandant pourquoi il était encore là. Jesse finit par prendre la parole :
- Écoute, je voulais m'excuser pour hier, voyant que le Serpentard allait l'interrompre, et certainement pas pour la remercier, elle s'empressa de continuer : non, attend écoute moi s'il te plait. J'ai été blessante je le conçois, et je sais que le simple fait que je dise t'avoir blessé va t'énerver. Mais je suis vraiment désolée, continua-t-elle la voix encore chargé de l'émotion du matin. Je m'en veux vraiment, je ne voulais pas te mettre dans cet état, ni t'attirer des ennuis, mais je ne t'ai rien fait, je ne t'ai jamais rien demandé, comprend que tu es…
Se rendant compte qu'elle parlait peut être trop, Jesse s'arrêtât. Puis elle prit l'ampleur de la situation, elle était seul en face du Serpent, qui, pour une raison inconnu, n'avait toujours pas attaqué. Peut-être devrait-elle fuir tout de suite avant qu'il ne se décide à enfin lui injecter son poison mortel dans les veines. La perspective d'une mort lente, d'une douloureuse agonie par asphyxie dû à une paralysie du système respiratoire ne l'enchantât gère. Ou bien d'un arrêt cardiaque brutal et douloureux dû à la coagulation de son sang dans ses artères.
Elle décida donc que la fuite était la solution la plus sage à adopter, elle relava la tête pour anticiper un hypothétique mouvement du jeune homme. Et croisa son regard, elle se perdit un instant bien malgré elle de les yeux acier du Serpentard, qui lui rendit son regard sans laisser passer la moindre émotion.
- Comme si toi tu m'avais blessé. répondit-il froidement. Ne perd pas ton temps à essayer de réparer des choses qui ne sont pas cassées et, surtout, ne me fais plus perdre mon temps pour ce genre de futilité.
Drago contourna la jeune femme, la laissant seule. Il se dirigeât vers le château, d'un pas plus pressant qu'a l'habitude, et avança jusqu'à trouver la salle commune réservée aux préfets. A peine rentré il se laissa tomber sur le canapé et relâcha sa respiration.
Il n'avait jamais eu autant de mal à contenir ses émotions. Mais qu'elle sorte de goule était cette fille. La vieille elle l'avait mis dans un état de haine absolument incommensurable, et maintenant, il aurait presque été prêt à accepter ses excuses. Quel sort lui avait-elle jeté. Il était troublé et détestait ça. Et plus que troublé, il avait ressenti une sorte de peine en la voyant dans cet état, presque de l'inquiétude. Elle le perturbait et il détestait perdre le control. Il ne pouvait pas se le permettre surtout pas en ce moment. C'était décidé, il éviterait cette peste au maximum. Elle était néfaste. Il décida d'ignorer les sentiments qui l'envahissaient à l'instant. Cette envie de la protéger qui n'arriva même pas à sa conscience.
En même temps comment aurait-il peu se douter qu'il la croiserait au beau milieu des jardins à cette heure. Lui qui pensait être seul pour réfléchir. Une idée passa dans son esprit, sans même qu'il ne s'en aperçoive : pourquoi elle était là et surtout dans cet état. Mais il passa à autre chose et décida de faire une sieste en attendant le cours de botanique.
Le jeune homme se réveilla dix minutes avant le début du cours, il se leva d'un pas nonchalant et se dirigea vers les serres. Pas de cauchemar. C'était bon signes. S'approchant des serres, il se dit qu'il détestait ce cours stupide, et que de toute façon il ne comptait bientôt plus y assister. Il entra et s'assied à côté de Zabini. Les pathétiques Gryffondor étaient déjà assis au complet. Enfin à première vue. Lewis n'était pas là, remarqua Drago au deuxième coup d'œil. Il aurait voulu se réjouir de l'absence de la jeune femme, mais il ne put s'empêcher de se demander s'il ne lui été pas arrivé quelque chose. Dans l'état qu'elle était, semblant si faible. Oh et puis qu'est-ce que cela pouvait bien faire ?
Et pourtant, le cours sembla passer encore plus lentement qu'à l'habitude. En sortant il décida de s'approcher discrètement du petit groupe pour savoir ce qu'il en était.
- Ce matin quand je me suis réveillée elle n'était déjà plus là, je l'ai cherché dans le dortoir, mais impossible de la trouver, expliqua Parvati à Hermione. J'ai donc rejoins Lavande, et on s'est dit qu'elle serait certainement déjà en cours.
- Mais de toute évidence elle n'était pas là. Conclut Lavande.
- Qu'elle ne soit pas dans le dortoir ou dans la grade salle passe encore, elle est… Étrange. Mais qu'elle ne soit pas en cours, c'est une première.
- En effet, de ce que je sais, elle ne louperait pas des cours volontairement, c'est certain, elle ne peut pas se le permettre. Ajouta Hermione. Qu'est ce qui aurait pu se passer hier pour… Tout en réfléchissant, elle tourna la tête et croisa le regard de Malfoy, adossé contre un mur non loin du groupe.
- Toi ! S'exclama-t-elle, qu'est-ce que tu as osé faire à Jesse ?
Hermione se rapprocha de Malfoy, suivit de prêt pat la petite troupe, Parvati et Lavande comprenant mal ce qui était en train de se dérouler.
- Je n'ai rien à dire aux sangs de bourbes. dit-il sur le ton le plus méprisable qu'il trouva, ce qui lui valut un regard haineux de la part de Ron.
- Écoute-moi bien Malfoy, si tu as osé lui faire le moindre mal… Commença Ron.
- Je ne pense pas que tu sois en mesure de me faire des menaces Weasley. A moins que tu n'aies encore envie de cracher des limaces. Le coupa Drago. Et puis qu'est ce qui j'irais faire avec cette bonne à rien. C'est pathétique.
- Arrête de mentir, dis-nous tout de suite où est Jesse ! Scanda Hermione, commençant à perdre patience.
- Mais la ferme ! Je ne l'ai pas touché ton elfe Granger !
- On sait très bien qu'il s'est passé quelque chose entre vous hier ! Scanda Hermione.
- Mais qu'est ce que tu es en train d'inventer, il ne s'est rien passé entre nous hier, et La dernière fois que je l'ai vu c'était près du Lac noir, finit-il par lâcher malgré lui.
Cette phrase arracha une exclamation à Hermione qui regarda Ron d'un air paniqué. Elle ne croyait pas en l'innocence du jeune homme et s'imagina le pire. En moins d'une minute chacun savait ce qu'il avait à faire, Hermione se mit à courir en direction du lac tandis qu'Harry et Ron se mirent à la poursuite du Serpentard, celui-ci ayant déjà disparu dans le château.
