Elle suffoquait. La pression lui écrasait la cage thoracique. La jeune femme avait la vue brouillée, comme quand on cherche à ouvrir les yeux dans l'eau trouble et boueuse d'une rivière agitée. A chaque fois qu'elle tentait de gonfler ses poumons, c'était comme si une force extérieur l'en empêchait. Jesse se senti sombrer, elle paniquait, se débattant dans l'abysse.
Elle voulut hurler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Son corps se crispa, et elle sut qu'il ne servait plus à rien de se battre. Elle ferma les yeux. Le vide. Le néant. Puis le calme. Elle entendit une voix au loin. Elle pria pour que ce ne soit pas cette voix. Pas cette phrase encore. La voix se rapprocha, et comme un doux murmure elle l'entendit résonner « Jesse », l'appelait elle.
Elle lui était familière. La jeune femme commença à voir de plus en plus clair à mesure que la voix s'amplifiait, comme un halo de lumière dans l'obscurité.
- Jesse, répétât Hermione un air de panique sur le visage, à présent genoux à ses côtés.
La jeune femme en question ouvrit les yeux difficilement, et se rendit compte qu'elle était recroquevillée sur l'herbe, non loin du lac. Elle se redressa avec peine et se mis à paniquer, sa respiration se saccada et devint roque. Bientôt elle eut de nouveau des difficultés à respirer. Elle regarda Hermione, l'air terrifié et ses yeux commencèrent à s'emplirent de larmes. La jeune femme chercha quelque chose du regard, désespérément, quand elle l'aperçu elle se pencha pour l'attraper dans une vaine tentative. Hermione se retourna et vit qu'il s'agissait de son sac qui était bien plus loin, comme si la jeune femme l'avait lâché avant de tomber. La Gryffondor se leva pour attraper le sac.
- La… rose. Parvint difficilement à prononcer Jesse.
Hermione chercha instinctivement dans le sac de Jesse et trouva une petite fiole contenant un liquide rose pâle. La jeune femme l'attrapa et s'empressa d'en avaler le contenu. L'instant d'après, elle put de nouveau respirer convenablement, et ferma les yeux pour se calmer. Elle put enfin profiter du vent frais automnal, libérée de cette noyade métaphorique dont elle fut une nouvelle fois victime. Quelque seconde passèrent, et Jesse du refaire face à la réalité. Elle ouvrit les yeux pour voir Hermione qui la dévisageait, l'air inquiet. Elle détestait ça, être vu ainsi, encore plus par quelqu'un qui ne la connaissait pas. Elle se sentait mise à nu, et ridicule.
- Jesse… Qu'est-ce qu'il t'a fait. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
La jeune femme mit un certain temps à répondre, elle tentait d'apprivoiser sa voix, encore sous le choc de l'émotion.
- J'ai eu une attaque de panique, c'est courant dans les tableaux de troubles anxieux. Répondit-elle comme en récitant. Puis elle prit conscience du début de la question d'Hermione et ajouta : Qui m'a fait quoi ? Ne voyant vraiment pas où elle voulait en venir.
- Malfoy, que t'a-t-il fait ?
- Quoi mais pourquoi il m'aurait… Jesse s'interrompit un instant, reprenant ses esprits peu à peu. Attend, qu'est ce que tu fais là ? Pourquoi tu me parle de Malfoy ?
- Tu sais tu peux me le dire s'il t'a fait quelque chose. On ne le laissera pas recommencer, tu n'as pas à avoir peur.
- Je n'ai pas peur ! s'indignât la brune. Et de quoi est ce que tu me parles ? Et, vraiment, sans vouloir t'offenser, pour qui vous vous prenez tout les trois, à jouer aux justiciers tout le temps. J'imagine vraiment que ça part d'une bonne intention et je te suis reconnaissante d'être là, vraiment, mais il va falloir arrêter avec vos conclusions hâtives.
Les deux jeunes femmes s'étaient redressées.
- D'accord, Jesse, d'accord. Mais s'il ne t'as rien fait. Pourquoi étiez-vous ensemble et pourquoi n'étais tu pas là ce matin ? Lui lança Hermione, qui était suspicieuse.
Jesse resta interdite un instant devant autant de culot.
- Je n'arrive pas à croire que je sois en train de me justifier. Je suis sorti tôt ce matin et je l'ai croisé par hasard. On a à peine échangé deux phrases. Il est partit rapidement bien heureusement pour moi et j'ai continué mon chemin de mon côté. Attend, c'est lui qui vous as dit qu'on était ensemble ce matin ? Et c'est pour ça que tu es venu ?
- Bien sûr ! Il est dangereux, on s'est tout de suite dit qu'il s'était passé quelque chose ! On s'est inquiété !
Jesse fulminait.
- Vous êtes incroyable. Vous le haïssez, vous êtes aveuglés. Vous n'avait pas remarqué à quel point il est faible ? C'est à peine s'il peut tenir debout. Qu'il ne mange presque rien pendant les repas, qu'il semble toujours pourchassé par des démons ? C'est peut être un Bandimon, mais il n'en reste pas moins humain, et que vous soyez d'accord ou non il va mal !
Quand la jeune femme réalisa ce qu'elle était en train de dire, elle changea de sujet et dirigea sa colère vers Hermione :
- Et sérieusement ? Vous vous êtes dis que vous alliez me secourir ? Au nom de quoi ? Nous ne sommes même pas amis, on se connaît à peine ! Tu ne connais rien à ma vie, ni à ce que j'endure en ce moment ! Et Malfoy n'a rien à voir avec ça…
La voix de la jeune fille s'étouffa dans sa gorge, et elle dû s'arrêter de nouveau.
Tout lui revenait en pleine face. Ses parents, ses cauchemars, les ténèbres, la terreur, la douleur. Ses yeux s'emplirent de larmes. Elle essaya de continuer sa phrase, mais la douleur fut trop forte, elle se laissa tomber au sol, presque en sanglot. Elle ressentit une tristesse si profonde qu'elle lui déchira le poitrail. Toujours mal aiguisé, cette lame rouillée.
Elle se sentit défaillir une nouvelle fois, quand elle fut surprise par Hermione qui la prit dans ses bras. Jesse pleura comme elle ne s'était pas permis de pleurer depuis un moment déjà. Elle se sentit moins seul, c'est pour cela qu'elle savait qu'elle pouvait se permettre de craquer. Au moins pour cette fois.
Quand elle sentit enfin le sentiment de vide qui accompagne inévitablement la fin d'une crise de larmes, son corps se détendit et elle se redressa. Un long silence s'installa encore une fois. Sans savoir pourquoi, Jesse se sentait plus proche de Hermione, a cet instant. Elle sentait qu'elle pouvait se laisser aller à parler :
- Je me suis réveillée très tôt ce matin car j'ai fait un cauchemar qui m'a remémoré d'affreux souvenir... J'ai décidé de prendre l'air. J'ai croisé l'autre Doxy. J'ai tenté de m'excuser pour l'altercation dont vous vous êtes doutés, qui à eu lieu hier, mais il m'a envoyé cuire une bouse de Dragon, comme prévu. J'ai continué ma route, et je me suis assise près du lac un bon moment. Quand je me suis relevée, j'ai dû faire une attaque de panique, c'est flou, je ne me souviens pas de grand choses. Et puis, tu m'as trouvé. Je te remercie pour ça, c'était injuste de ma part de m'en prendre à toi de cette manière, j'en suis désolée.
- Ne t'en fais pas, répondit simplement Hermione, effectivement, je ne sais rien de ton et je suis parfois indélicate. Je suis ici parce que Malfoy nous à indiquer l'endroit sans le vouloir. Tant mieux s'il ne t'as rien fais. J'espère juste que ça n'a pas dérapé quand Harry et Ron sont partit à sa poursuite. On a réellement crut qu'il t'avait fait quelque chose, vu comme il était énervé.
Jesse dévisagea Hermione un instant, elle était incroyable. Au sens premier du terme. Même si elle s'était énervée et qu'elle n'aurait pas dû parler à Hermione de cette manière, Jesse pensait chaque mot qu'elle avait prononcés. Est-ce que Hermione venait sincèrement de lui avouer qu'elle était indélicate et dans la même phrase lui apprendre que l'autre parti du trio était parti rendre justice pour une situation qu'ils ne connaissaient pas ? Il y a quand même un problème quelque part.
- Non, il ne m'a rien fait. Et je me répète, même si j'apprécie le geste, je vous trouve vraiment disproportionnés dans vos réaction. J'espère réellement qu'il ne s'est rien passé de grave, et j'aimerais qu'on en discute tout les 4 si tu veux bien.
- Je comprend, nous en parlerons. Jesse, finit par ajouter Hermione après plusieurs secondes, veux tu me parler de ce qui ne va pas ? Demanda doucement Hermione.
La jeune femme hésitât un instant mais finit par décliner l'offre. Il était trop tôt pour elle, et ce n'était pas le moment, mais elle promit à Hermione d'y réfléchir. Elle se leva en titubant légèrement encore affaiblie et toutes deux se dirigèrent vers la Grande Salle pour déjeuner. Ce fut éprouvant pour Jesse qui fut bien heureuse quand elle put enfin s' était pâle. Hermione lui avait proposé de s'installer avec eux, le temps du repas.
Harry et Ron était déjà là. Quand elles arrivèrent Hermione leurs expliqua rapidement et sans entrer dans les détails ce qui était arrivé, en voyant la mine dépité de Ron elle comprit qu'il avait une mauvaise nouvelle à annoncer. Et pas des moindre. Il avait effectivement rattrapé Drago, mais cela s'était mal passé, Ron ne s'était pas contrôlé et avait frappé « l'insupportable » Serpentard.
Ce dernier était en train de sortir sa baguette pour se venger quand McGonagall passa par hasard. Ils ont fini collés, tous les trois, pour un bon moment.
Jesse s'excusa sincèrement pour ce qui leur était arrivés, mais ne pu s'empêcher de leur expliquer qu'ils n'avaient pas à s'immiscer dans des affaires qui ne les regardait pas, et que même si elle appréciait le geste, ils n'avaient pas à agir de la sorte. Elle se garda de dire qu'ils ne pouvaient s'en prendre qu'à eu même pour la colle. Ron prit la parole :
- En effet, On était partit parce qu'on avait cru qu'il t'avait fait quelque chose, mais quoiqu'il se soit passé, ça aurait fini comme ça. Le simple fait qu'on se soit retrouvé seul avec lui était un facteur de conflit. Je pense que même si on l'avait croisé au hasard, on se serait certainement battu.
- J'espère que nous pourrons éviter ce genre de conflits à l'avenir, souffla Jesse.
Finalement Hermione expliqua à Jesse que le professeur Chourave était très compréhensive donc qu'elle n'aurait pas de problème avec elle. Elle s'était elle-même proposé de lui donner son cours, et de lui expliquer les passages difficile. Elle en profita pour relancer sa proposition de l'aider en histoire de la magie.
Jesse ne pouvait pas se permettre d'avoir de mauvais résultats cette année, elle n'avait pas le droit à l'erreur. Elle avait réfléchis et, même si le fait que Hermione lui propose de cette manière lui tapait sur le système, elle ne pouvait pas se permettre de laisser son égo la contrôler et l'empêcher de saisir cette opportunité, car Hermione était sans doute la meilleure élève de poudlard. Elle finit par accepter son offre.
Il était bientôt l'heure de partir en cours, et Jesse laissa le trio partir de son côtés. Après un certain remps, elle se leva, avec beaucoup de difficultés, pour se diriger vers le cours de défenses contre les forces du mal.
Au milieu du cours, Jesse leva les yeux pour regarder du côté des Serpentards. Drago était de côté, concentré sur le cours, pour une fois. Il est vrai que ce cours sur les Inferis était passionnant. Enfin quand on aime les cadavres d'enfant vouant une allégeance éternelle aux sorciers noirs. Elle s'était un peu perdue dans ses pensées toujours incliné en direction de la table des Serpents, quand elle fut ramenée à la réalité par un mouvement dans son champ de vision.
Focalisant sa vue, elle s'aperçut que Drago avait dirigé son visage vers sa table sans doute sans le vouloir. Elle put apercevoir une coupure au coin inférieur de sa lèvre gauche, qui avait légèrement enflé à cause du coup qu'il avait reçu. Elle ressentit un pincement au cœur. Elle s'empressa de détourner les yeux, pour cacher sa honte, sa culpabilité et surtout son inquiétude nouvelle pour le jeune homme.
Drago venait de détourner le regard de la jeune femme qui fuyait le sien. Il sentait le sang battre à l'endroit où il avait pris le coup. A cause d'elle. Le matin même il s'était dit qu'elle était néfaste, il ne s'était pas trompé. Il n'avait même pas remarqué que Potter et Weasley le suivait.
C'est quand il n'était pas loin de la salle sur demande qu'il s'en était aperçu, et avait dû faire diversion pour qu'ils ne s'en rendent pas compte. Mais il ne s'attendait pas à ce que Ron baragouine quelque chose du genre « Pourquoi tu t'en prends à l'autre pauvre chose là ». Et donc il avait subtilement souligné que ce n'était pas parce que la sang de bourbe était en train de devenir complètement paranoïaque qu'il devait croire tout ce qui sortait de sa misérable bouche. C'est à ce moment-là qu'il avait osé le frapper. Il lui aurait bien réglé son compte mais évidemment, c'est à cet instant qu'avait décidé de se pointer McGonagall. Il avait eu de la chance, uniquement de la chance qu'elle se soit pointée, parce que ce ne sont pas des limaces qu'il aurait craché cette fois-ci.
Dire que c'était encore à cause de cette saleté. La veille elle l'avait ridiculisé et s'en était venté auprès de son écœurante bande d'amis, aujourd'hui elle racontait qu'il lui avait fait du mal ? D'ailleurs depuis quand elle était proche de Potter et sa bande ? Et puis, comme si il était un monstre froid. Si elle avait été une sang-de-bourbe ou autre chose, il y aurait eu des raisons pour qu'il s'en prenne à elle, et encore il avait autre chose à faire. Mais de là le faire passer pour un Doxy qui attaque les gens sans raison il y a des limites. Il était bien décidé à l'éviter, mais si elle continuait à lui attirer des problèmes, il allait lui en toucher deux mots.
Puis il se rappela qu'il avait été collé à cause de cette fille. Non, il allait lui parler, et lui couper l'envie de recommencer ses jérémiades stupides. Il ne comprenait vraiment pas cette fille, ce qu'elle foutait là pour commencer. D'après les rumeurs elle avait pété les plombs l'année dernière, et elle avait quitté l'école. Elle ne devrait même pas être encore ici, cette école était vraiment misérable. Elle avait réellement un comportement étrange, qui ne pouvait que confirmer les rumeurs sur sa folie.
Et maintenant elle le fait passer pour ce qu'il n'est pas. Si cela ne prouvait pas qu'elle était complètement dérangé et instable, que fallait-il de plus ? Ils finissaient à 18 heures par le cours de métamorphose, il aurait donc une heure pour avoir une conversation plutôt désagréable avec elle. Il continua d'écouter le cours de défense contre les forces du mal, tout en parlant à Goyle du prochain match de Quidditch contre les Serdaigles, qu'ils allaient sans aucun doutes remporter haut la main.
A la fin du cours, Drago se dirigea vers la salle de l'autre côté de la cours. Il était accompagné de Pansy qui n'arrêtait pas de lui dire qu'il était probablement le meilleur élève de l'école. Il savait qu'elle exagérait, mais il était toujours plaisant d'avoir une personne qui vante vos mérites, surtout que celle-ci ne s'en laçait pas. Il détourna rapidement son attention de la jeune femme qui continuait à minauder, en se disant qu'il allait avoir cours avec le professeur qui l'avait collé et que de toute façon tout le système scolaire était complètement incompétent.
Il était remonté contre le professeur, à un point qu'il avait décidé qu'il ne suivrait pas son cours. Entre deux conversations discrètes avec Pansy ou Goyle, il regardait à la fenêtre ou griffonnait sur sa feuille. « Les sortilèges de métamorphose humains » se dit-il « comme si on avait besoin d'apprendre ça, il n'y a que les sangs de bourbes qui ne connaissent pas déjà ces formules » pesta il intérieurement.
A la fin du cours, il fit comprendre à Pansy et Goyle, d'une manière plus ou moins aimable, qu'ils n'auraient pas besoin de l'attendre et qu'il les rejoindrait pour le diner.
Après le cours de métamorphose, Jesse ressentit le besoin de se retrouver seule, avant le dîner. La jeune femme était encore malade à cause des effets secondaires de sa potion, elle n'avait jamais réussis à améliorer la formule de son père. De plus, elle se sentait irritée mais n'arrivait pas à savoir pour quelle raison. Malgré le fait que la jeune femme venait de passer deux heures assise, elle se sentit rapidement faible, et dû trouver un endroit où s'assoir. Elle se dirigeait vers la cours intérieur, mais préféra s'assoir sur une alcôve dans un des couloirs couvert bordant cette dernière.
Essayant de contrôler le vertige dont elle était victime, elle se demandait si l'effet secondaire allait durer encore longtemps, car elle ne voulait pas être obligée d'aller à l'infirmerie. Pourquoi elle n'avait pas créé un sort, au lieu de s'entêter à vouloir à tout prix améliorer les potions de son père alors qu'elle savait pertinemment qu'elle était nulle en potion.
Pendant qu'elle réfléchissait à une solution, son vertige s'apaisa doucement. Dans le silence du couloir, elle entendit une démarche familière, qu'elle reconnut malgré elle. Elle pria de s'être trompé, et vérifia son hypothèse en tournant la tête. Et oui, Drago Malfoy était bel et bien à un petit mètre d'elle, et son regard n'inspirait rien de bon. Elle n'était pas en état de se défendre, ni même de riposter, ce qui l'inquiéta légèrement car elle n'arrivait pas deviner les intentions du jeune homme. Elle se leva pour ne pas laisser paraitre qu'elle était dans un état de faiblesse. Le Serpentard arrivant à son niveau.
- Bonjour Lewis. Je pense qu'il y a deux ou trois choses que nous avons besoin de mettre au clair tous les deux. Dit le Serpentard en la bloquant devant l'alcôve, ne lui laissant pas le temps de répondre. Premièrement, je pense que tu te méprends à mon égard, je ne suis pas le garçon à qui tu peux dire le genre de chose que tu m'as sortie hier. Je suis un Malfoy et crois-moi, si tu penses connaitre des sors qui me ferais regretter d'être né, je pourrais te faire des choses qui te feront regretter de ne pas t'être toi-même ôté la vie plus tôt. Il sentit la jeune femme tressaillir à cette dernière phrase.
Jesse était pétrifié. Elle ne trouva pas la force de bouger comme elle l'avait pressentit, mais le Serpentard avait une emprise terrifiante sur elle. Le son de sa voix lui glaçait le sang, et à son grand regret, ce n'était pas à cause de ses promesses de torture qui n'avaient aucune crédibilité à ses yeux et sonnaient beaucoup plus comme un caprice d'enfant.
Une nouvelle fois, elle se retrouva perdue dans le bleu hypnotique des yeux du jeune homme. Elle aurait voulu pouvoir partir, elle commençait à se sentir mal, pris d'un nouveau vertige, un souffle de panique commençant à apparaitre en elle. Il aurait suffi qu'elle le pousse pour qu'il dégage le passage, mais en se rappelant de la force inouïe avec laquelle il l'avait aidé à se lever le matin même et son état actuel, elle n'aurait aucune chance. Alors elle resta inerte, attendant que le Serpentard finisse son discours.
- Que tu sois une peste c'est ton problème mais que tu te serves de moi pour te faire passer pour une victime et te faire plaindre par ton écœurante bande d'ami, ça me dérange. Hier tu ne t'es pas gêné pour te venter de m'avoir humilié. N'essaye plus de me couper la parole. Lança le jeune homme, laissant la rage l'emporter. Je ne t'ai rien dit parce qu'il ne me semblait pas important de me préoccuper de toi. Mais aujourd'hui, tu leur fais croire que je t'ai fait du mal ? Laisses-moi rire, quel serait l'intérêt de t'attaquer ? Tu es tellement pitoyable. A quoi tu joues Lewis ? A cause de toi je vais être collé. A cause de toi Weasley pense qu'il a été supérieur à moi. N'importe qui te dirait que si McGonagall n'était pas arrivé il aurait eu ce qu'il méritait. Mais toi, tu ne m'apportes que des problèmes.
- Drago. Finit par l'interrompre la jeune femme. Il faut que je m'asseye. S'il te plait.
C'était la première fois que la jeune femme l'appelait par son prénom, ce qui déstabilisa légèrement le garçon, malgré la haine qu'il ressentait au fond de lui. Cette interruption le fit se rendre compte à quel point la Gryffondor était pâle et semblait faible. Cela ne s'entendait pas, au premier abord, mais elle respirait avec difficulté, quand ont été attentif. Elle avait parlé sur un ton qui n'était ni empreint de colère, d'agacement ou d'apitoiement. Un ton qui ne trahit aucune demande de pitié, un ton qui se veut sincère, celui qu'on utilise dans des situations sérieuses. Drago recula, libérant ainsi la jeune femme. Cette dernière se laissa tomber sur le bord de l'alcôve où elle était assise au début. Elle essaya de contrôler la nouvelle crise qui arrivait, si elle n'y arrivait pas elle devrait prendre une deuxième potion. Et vu que les effets secondaire de la première c'était à peine dissipé, elle s'attendait au pire. Elle respira dans son écharpe, le dioxyde de carbone qu'elle dégageait la détendit un peu.
Drago la regarda, se demandant certainement ce qu'il faisait encore là, ce qu'il attendait.
- Ecoute, finit-elle par dire calmement. Je pense qu'à un moment, toi comme les trois autres, vous allez devoir arrêter de vous faire des films. Je suis suis d'accord, tu as été collé et tu t'es fais frappé alors que tu n'avais rien fait, et techniquement, c'est même toi le plus à plaindre dans l'histoire. Mais crois-moi ou non, je n'ai jamais dit que tu m'avais fait du mal, ils ont supposé ça tout seuls, parce qu'ils te détestent autant que tu les hais. Je ne les fréquentes même pas habituellement, je pense que tu as pu le remarquer. Je ne me suis jamais venté de quoi que ce soit. Jamais. Je ne suis pas ce genre de personne. Même si tout l'école, toi y compris, préfère penser que je suis instable et infréquetable. Elle s'interrompit quelque seconde pour reprendre son souffle, puis reprit : Je comprends ta colère, et si tu veux je t'évite jusqu'à la fin de ma scolarité, ça ne me dérangera pas, bien au contraire. Mais j'ai eu une journée éprouvante, je suis malade à en crever, alors j'aimerais qu'on arrête de me prendre à parti, que tu arrêtes de m'agresser, surtout pour des choses que je n'ai pas faites. Je suis désolée encore une fois, même si visiblement tu n'en as rien à foutre de mes excuses. La jeune femme commençait à monter le ton, la colère prenant le pas sur son angoisse : Oui, je suis désolée. Je suis désolée que tu sois collé, je suis désolée que tu te sois pris un coup à cause de moi et je suis désolée que tu ai cru que j'étais à l'origine de tout cela. Maintenant Drago… Cette fois-ci c'est elle qui se sentit gêné de l'appeler par son prénom, elle s'arrêta un moment puis continua : Maintenant, j'aimerais qu'on remette les choses au clair. Je n'ai rien fais consciemment pour te nuire. On ne se connait même pas a dire vrai, et on se déteste pour quoi ? Parce que tu es Serpentard et moi Griffondor ? Je trouve cela d'un ridicule. Je ne dis pas vouloir être ton ami, mais on pourrait peut-être arrêter de se balancer des trucs à longueur de journée… La jeune femme s'arrêtât encore, elle mit ses mains sur son visage, prise d'un nouveau vertige.
Drago était perplexe, comme à chaque fois que la jeune femme ouvrait la bouche. Sa haine pourtant si présente c'était totalement évanoui, car elle était infondée. Sans vraiment savoir pourquoi il se sentit de nouveau concerné par son sort. Et voilà, encore une fois il allait devoir changer de plan. Il voulait l'éviter, c'était raté. Il voulait lui dire que maintenant elle ne devrait plus s'approcher de lui, c'était raté aussi. Pourquoi est-ce qu'elle le mettait dans cet état ? Il finit par reprendre la parole :
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Dit-il d'un ton agacé.
Jesse leva les yeux vers lui et une nouvelle fois, se demanda s'il était sincère. Ce garçon était plein de contradiction, à n'y rien comprendre.
- Juste un effet secondaire d'une de mes potions, car comme tu le sais, je suis « d'une nullité affligeante ». Dit-elle sur un air de reproche. Il est vrai que nous n'avons pas tous tes compétences dans l'art de la préparation des potions.
- Quel genre de potion ? Demanda Drago.
- Ça ne te regarde pas. Répond dit-elle sèchement.
- Bien. Dit-il en se levant. C'est dommage pour toi, j'aurais peut-être pu les améliorer.
Jesse hésita. Longuement. Pouvait-elle partager les secrets des potions de son père avec ce garçon ? D'un côté, les effets secondaires étaient vraiment horribles, et certaines potions était même irréalisable pour la jeune femme. Elle allait avoir besoin d'aide de toute façon, c'était indéniable. Et c'était tout de même inattendu, cette proposition. Le cours de potion était le seul point noir qu'il lui restait à combler pour avoir une année parfaite. S'il pouvait l'aider ce serait parfait. Mais, qu'est ce qu'il y gagnait ? Voyant que le jeune homme était sur le point de s'éloigner, elle se décida à prendre la parole :
-Je peux savoir ce que tu y gagnes ? Lui lança Jesse, suspicieuse.
- Qui dirait non à des recettes de potions inédites ?
Jesse n'en croyait pas un mot, mais la tentation était plus grande que la méfiance. Elle avait juste besoin de savoir qu'elle pourrait augmenter ses notes, et se soigner d'une meilleure façon, cela lui suffirait pour le moment.
- On va dire que je te crois. Nous avons deux heures de pause le mercredi, ça me semble un bon moment. On se rejoint en salle de potion si elle est libre ?
- On se voit dans une semaine, à la sortie du cours de botanique. Lança-t-il sans répondre à la question de la jeune femme.
- Très bien. Répliqua Jesse en se levant, sérieusement agacé par le jeune homme. A mercredi alors !
Elle se dirigeât vers la grande salle, laissant le jeune homme seul sous l'alcôve. Il put enfin réfléchir calmement. Cette fille avait un caractère d'hippogriffe, elle était ingérable, comment était ce possible d'être au bord du malaise, puis de tout de même trouver l'énergie nécessaire pour râler. Cependant, il avait dû saisir l'occasion, elle serait parfaite comme alibis. Le jeune homme chassa la pensée qu'elle était certainement malade pour devoir utiliser des potions sur elle-même, et se dirigea vers la grande salle.
Après le repas, où il aperçut vaguement Lewis le regarder, il se dirigea vers son dortoir. Une nouvelle nuit cauchemardesque en perspective. Pourtant Drago s'endormi avec un sentiment d'appréhension et de hâte mélangé, comme la vielle d'une rentrée ou d'un match de Quidditch. Il ne parvint pas identifier l'origine de ce sentiment, mais pour une fois qu'il s'endormit paisiblement, et il ne s'en plaignit pas.
