Déjà deux semaines étaient passées depuis que Drago et Jesse se voyaient dans la salle sur demande. A force de se côtoyer, ils apprenaient peu à peur à s'apprivoiser. Leur moment étaient hors du temps, hors de leur histoire. Comme un temps suspendus où ils pouvaient être deux adolescents, sans préjugés, sans éducations, sans préconçus. Les rapports conflictuels qui les opposaient c'était peu à peu adoucit, et sans non plus se considérer comme des amis, ils arrivaient à être dans la même pièce sans tension constante.
Depuis deux semaines, Jesse s'était rendue compte que les regards de ses camarades Gryffondor avaient changés. Ils semblaient plus compatissant, elle voyait moins de bavardage sur elle au sein de sa maison, et elle se doutait que sa conversation dans la salle commune n'y était pas pour rien. Elle passait beaucoup plus de temps avec Lavande, Hermione et Parvati pendant les repas et en cours, et cela lui faisait énormément de bien.
Aujourd'hui, et comme chaque mercredi, Jesse comme Drago se levèrent avec un certaine hâte, plus ou moins présente et accepté. Jesse savait déjà qu'elle commençait à beaucoup apprécier le jeune homme, et pour l'instant Drago était rassuré d'avoir un alibi, et de pouvoir changer un peu son quotidien d'apprenti mangemort. Alors c'est presque euphorique que Jesse se leva le matin, un sourire un peu niai aux lèvres, qui ne manqua pas de faire réagir Hermione qui pour une fois c'était levé en même temps qu'elle.
- A quoi tu penses Jesse ? Se hasarda Hermione.
- A rien de particulier, répondit son amie avec un temps de latence révélateur.
- Depuis presque deux moi je t'ai rarement vu sourire pour rien. Et ça fait trois semaines que tu t'absente à chaque pause le mercredi. Et il en sera sans doute de même aujourd'hui. Je suppose que tu pensais à ta prochaine absence pas vraie ? Rétorqua Hermione, sachant pertinemment qu'elle avait raison.
La jeune femme se retrouva bloquée, elle savait où Hermione voulait en venir. Elle insinuait très clairement que son amie s'absentait pour voir un garçon. Or, elle avait plus ou moins raison. Jesse était d'autant plus déstabilisée qu'elle venait de se rendre compte qu'en effet, elle était en train de penser à lui. Maintenant elle devait réagir et n'avait pas trente-six solutions. Elle ne pouvait pas nier, ni contredire Hermione et encore moins avouer qu'elle voyait Malfoy. Mais elle pouvait aller dans son sens, celle-ci la croirais plus facilement, et n'imaginerais pas un mensonge. Alors, elle menti :
- Bon, tu as raison, dit la jeune femme en baissant les yeux de gêne, j'ai rencontré un garçon, mais je ne voulais pas en parler avant d'être sûr. Avoua-elle finalement.
- Je le savais ! Quand tu seras prête je veux être la première à le rencontrer ! Répondit Hermione folle de joie.
- Evidemment, qui d'autre !
Et sur cette phrase, Hermione laissa Jesse pour aller se préparer. C'est du théâtre qu'elle aurait dû faire, pas une école de sorcellerie. Jesse se retourna vers Wink :
- On a eu chaud pas vrai ? Le chaton sembla lever les yeux au ciel. Tu t'ennuies tout seul, je sais. Tu veux que je vienne te chercher pour venir avec moi supporter Malfoy ? Je reviens pour 11 heures alors, essaye d'être réveillé petit râleur.
La jeune Gryffondor, qui était déjà prête, descendit dans la salle commune rejoindre Ron et Harry qui eux aussi attendait Hermione.
- Je commence à en avoir marre de la botanique, souffla Jesse, je ne sais pas pour vous mais personnellement je n'en peux plus de ce cours.
- C'est pour ça que tu es si nulle en potion, ris Ron, comment veux-tu faire de bonne potion si tu n'apprends pas correctement leur matière première ?
L'intéressée allait amicalement rappeler à Ron qu'elle, elle excellait en sortilège contrairement à lui, mais l'entrée d'Hermione capta complètement l'attention de son interlocuteur. Elle devait être la seule à ne pas s'en apercevoir. Enfin ce n'était pas son souci. En chemin pour le petit déjeuner, ils croisèrent Luna.
Jesse avait déjà eu la chance de parler avec la jeune femme une semaine plus tôt, lors d'un repas au court duquel elle avait partagé leur table. La Serdaigle était passionnante, elle savait un tas de choses, et n'hésitait pas à parler de sujets qui sont souvent écourté. Malgré le fait qu'elle semblait tout le temps avoir la tête dans un nuage, probablement de fumé en passant, Jesse l'appréciait. C'est donc un petit déjeuné plein d'intérêt qui fut suivit d'un cours largement moins intéressant et d'une lenteur frôlant celle d'un vif-d 'or enrhumé. Jesse détourna les yeux et s'aperçu, stupéfaite que Malfoy n'était, une nouvelle fois, pas en cours.
En deux semaines, Malfoy avait déjà commencé à échafauder des plans. Il savait comment procéder, du moins pour sa première tentative. Il avait été absent à une bonne partie des cours de la semaine, et était occupé à préparer son offensive. Enfin si l'on peut appeler cela comme ça. La prochaine sortie à Pré-au-lard était pour bientôt. C'est à ce moment-là qu'il tenterait quelque chose. Rien de bien compliqué. Le jeune homme se rendit compte qu'il était presque onze heure et eu comme un sentiment d'oubli. Il était persuadé que s'il avait gardé le rappelle-tout de Londubat, la fumée serait devenue rouge. Rouge... Rose. Les potions. Lewis.
Le jeune homme se leva pour sortir de la salle des préfets. Il fit un récapitulatif rapide dans sa tête, il avait passé les deux premier mercredi à améliorer la potion rose, et il avait simplement ajouté des bais de gui. La semaine dernière ils avaient commencé une potion bleue, pour faire dormir, visiblement. Cela fit penser à Drago que cette fille était vraiment perturbée. Mais cela n'excuse pas le fait qu'elle soit une peste, même s'il fallait dire qu'elle s'était bien calmée depuis quelques temps. Il tourna à droite, en se disant que maintenant l'essence de lavande devait être prête et qu'il pourrait commencer la potion.
Quand il arriva devant le mur, en face de la tapisserie, il ne trouva pas Lewis. Il se demanda si cette idiote avait oublié puis se rappela que c'est lui qui était en retard. Il passa trois fois devant le mur, et entra. Le Serpentard trouva Jesse en train de jouer avec un chat, faisant sautiller une branche de lavande devant son museau.
Il eut malgré lui un sourire presque sincère devant ce spectacle qu'il aurait certainement pu qualifier de pathétique. Le jeune homme s'approcha, oubliant presque que la jeune femme en face de lui était une bombe à retardement éternellement remonté après chaque explosion. Et il s'en rappela quand elle leva vers lui, un regard froid.
- Tu es en retard Malfoy. Souligna la Gryffondor.
- Au moins je suis venu, Lewis. Répliqua le Serpent. Et je te rappelle que tu as besoin de moi.
Jesse ne répliqua pas, car le jeune homme avait raison. Et c'était beaucoup plus de l'inquiétude déguisé que de la haine qu'elle ressentait, donc elle n'allait pas insister.
- Je te présente Wink, dit-elle à mesure que le jeune homme rassemblait les éléments.
- Je suis sensé lui dire que je suis ravi de faire sa connaissance ? Dit Drago d'une voix monocorde, arrachant un feulement de haine en face de lui. T'es bien comme ta maitresse, ajouta-t-il, un caractère d'hippogriffe.
Cette fois c'est Jesse qui émit un son de mécontentement, ce qui fit presque rire Drago. Celui-ci reprit la parole :
- En tout cas, Wink, je te serais grés de ne pas mettre de poil partout, et surtout pas dans les potions, il serait dommage d'ajouter un ingrédient imprévu. D'autant plus que je ne pourrais pas en prédire l'effet dans ce cas. Racine de valériane, fèves soporifique, mucusse de verracrasse, essence de lavande, c'est cela Lewis ?
La jeune femme fit un signe de tête affirmatif. Drago, qui avait de toute façon déjà tous réuni, commença par mettre sur le feu l'essence de lavande et le mucusse. Pendant qu'il écrasait les fèves et mettait leur jus en un petit récipient, Jesse prit la parole :
- Sans vouloir m'occuper de ce qui ne me regarde pas, pourquoi n'étais tu pas là au cours de botanique ?
- En effet, ça ne te regarde pas Lewis, répondit le jeune homme en continuant d'écraser les fèves, et puis franchement, je connais déjà tous ce qu'il faut savoir sur les ingrédients des potions, le cours de botanique est inutile pour moi.
- Et les cours de lundi ? Et ceux de mardi matin ? D'accord, tu es un bon élève, même un excellent élève. Mais tu vas avoir des ennuis. Tu penses à ton avenir un peu. Tu crois que les profs ne sont pas au courant que tu rates les cours ? La jeune femme continua, sans faire attention à la tentative de prise de parole de Drago. Et puis, tu as déjà été suffisamment collé pour cette année quoi...
- Jesse. Dit Drago, arrêtant tout ce qu'il était en train de faire, faisant taire la demoiselle par la même occasion.
La jeune femme ressentit malgré elle un frisson quand le jeune homme l'appela par son prénom. C'était la première fois. Mais Drago la regardait avec insistance, et encore une fois elle se sentit gêné par ce regard si envoutant, si clair, presque transperçant. Elle baissa les yeux et se mit à rougir légèrement. Elle sentit son regard sur elle. Un regard lourd, de reproche, un regard qui inviter à ne pas en rajouter.
Sans un mot, il reprit ce qu'il était en train de faire. Ajoutant le jus des fèves soporifiques à la préparation, il se mit à couper les racines de valériane en morceau, et à les faire cuire dans un petit chaudron à part, dans le but d'en obtenir une pâte. Pendant la cuisson, il se demanda ce qu'il pourrait ajouter pour calmer les effets secondaires. C'est à ce moment qu'il eut un regard vers Jesse qui n'avait pas bougé de sa place.
- C'est quoi ton problème Lewis ? Finit par lui demander Drago.
- Mon problème ? Tu es aussi délicat qu'un Cognard, c'est ça mon problème Malfoy. Je m'inquiète simplement pour toi. Avoua la jeune femme.
- Et je n'ai pas besoin qu'on s'inquiète pour moi. Rétorqua le jeune homme sans prendre en compte ce que venait de dire Jesse.
- Quand tu dis ça, tu parles de quoi ? De tes cernes ? De ton teint pâle, à la limite cadavérique ? Du fait que tu caches ta difficulté à tenir debout ? De ce qui t'empêche de manger correctement ? Du fait que tu sembles tout le temps préoccupé ? Ou à la limite tout lâcher ? Tu sais Drago...
- La ferme. Lâcha le jeune homme presque malgré malgré lui.
- Mais pour qui tu te prends espèce de goule !
Le Serpentard se leva, et comme il était plus grand que Jesse d'une bonne dizaine de centimètre, et qu'il était assez impressionnant, la jeune fille se tut. Drago contourna l'obstacle en face de lui et sorti en claquant la porte. Laissant une nouvelle fois Jesse. On ne pouvait de toute façon rien lui dire sans qu'il ne s'emporte, ou prenne la fuite.
La jeune femme remarqua que la potion était presque finit, et que le jeune homme avait d'ailleurs oublié un papier. Elle s'approcha et lu Racine d'asphodèle en poudre. Elle ajoutât donc simplement cet ingrédient dans le grand chaudron. La potion pris instantanément une couleur bleu bien plus foncée qu'à l'origine. Jesse mit un peu de potion dans deux petites fioles et le reste dans un récipient plus gros comme l'avait fait Drago la première fois. Elle en aurait une réserve pour un bon moment. Wink sauta naturellement sur son épaule tandis qu'elle se dirigeait vers la sortie.
La fin de la journée arrivait, et Jesse était en train de discuter avec ses amis autour du repas. Ils étaient déjà fins d'octobre, et les jours étaient de plus en plus cours. A la fin du diner, tandis que tout le monde se dirigeait vers les salles communes, Jesse prévint ses amis qu'elle comptait faire un tour dans les jardins, avant que les saisons ne le lui permettent plus.
Le couvre-feu n'étant qu'à 22 heures, cela lui laissait une bonne heure de tranquillité. En réalité la jeune femme espérait croiser Drago, et comme la fois où elle l'avait croisé par hasard, il était dans les jardins, elle tenta sa chance. La jeune Gryffondor partit donc en direction des jardins du château, à l'instant vers l'endroit où elle était entrée en collision avec le jeune homme. Et elle avait bien fait, elle finit par le voir, assis sur une pierre.
Il était tourné vers elle, mais comme il était dans ses pensées il ne la vit pas tout de suite. Elle détailla cet air soucieux, presque torturé qu'il arborait de plus en plus en ce moment. Qu'est ce qui pouvait bien le mettre dans cet état. Il l'avait enfin remarqué, et la jeune femme ne sut dire quelle émotion était sur son visage, mais ce n'était pas de la joie, ça, elle en était sûr. Elle s'approcha, ne voyant pas d'hostilité de la part de Drago. S'asseyant à côté de lui, elle fouilla dans son sac. Elle en sortie une fiole et la tendis au garçon :
- Tu poses une goutte sur ton oreiller pour dormir, je te remercie pour la recette.
Voyant que le garçon ne réagissait pas, elle insistât.
- Tu comptes me faire la tête ? Je viens faire la paix, je t'ai apporté de la potion et plus j'ai laissé Wink dans ma chambre...
- Je pense qu'on va devoir arrêter de se voir, Jesse. Répondit Drago d'un ton froid.
- Tu te moques de moi ?
- Non.
- Tu ne peux pas me lâcher comme ça ! Je suis peut être allée un peu loin à ton goût, mais ce n'est pas une raison !
- De toute façon je ne te supporte plus. Lâcha-t-il froidement.
La jeune femme ne répondit pas, car la remarque lui fit plus de mal qu'elle ne l'aurait voulu. Elle se leva, et posa la fiole à l'endroit où elle était assise. Elle disparut sans dire un mot.
Drago ressentit un pincement au cœur, il n'avait jamais vu ce regard. Il était habitué aux regards de haine, de mépris, de honte et même d'indifférence. Mais jamais, il n'avait vu un regard aussi déchirant sur le visage de la jeune Gryffondor, il venait de lui faire du mal. Le jeune homme se doutait bien qu'elle serait vexée, mais pas qu'elle lâcherait l'affaire comme ça.
C'était quoi son problème à la fin, chacune de ses réaction étaient incohérentes. Il détesta l'idée d'être à l'origine d'une quelconque souffrance chez elle. Mais il n'avait pas le choix. Elle devenait réellement dangereuse, elle était trop curieuse et beaucoup trop observatrice. Et surtout, elle risquait vraiment de le déstabiliser et le détourner de son objectif. Non, c'était mieux comme cela.
Le garçon décala sa main pour se redresser légèrement, et frôla quelque chose qui cliqueta contre la pierre. En baissant les yeux, il aperçut la fiole de potion. Il la prit, la couleur était parfaite. Il revit la fierté sur le visage de Jesse quand elle lui avait apporté, elle avait un petit air d'enfant qui à réussit à envoyer un gnome par-dessus la barrière comme une grande. Elle avait certainement eu le sentiment de réussir une chose extraordinaire, et il n'y avait même pas prêté attention.
Le néant. Des taches vertes semblant être la seule lumière dans cet obscur amas toxique. Suffocant, acre et opaque, il l'étouffait. Il essaya de marcher, mais ses pieds furent pris dans la visqueuse mélasse noire. Du pétrole. Dans son vain effort pour avancer, le jeune homme chute. Du sang. C'était du sang. Noirci, coagulant et pourrissant. Tels des sables mouvants, ils l'engloutirent. Il se noyait. Il hurla de frayeur et le gout métallique s'immisça dans sa bouche, formant une épaisse pâte visqueuse qui l'empêcha de déglutir. Bientôt il sombra complètement dans cet abysse suffocant et meurtrier.
Puis tout disparu. Le néant. C'est comme si le jeune homme voyait sa chute. Lente et inévitable. Il ferma les yeux. Un flash vert passa à travers ses paupières. Une voix résonna dans sa tête. Cette voix. Sinueuse, sourde et froide. Cette voix qui vous glace le sang, qui vous promet l'enfer. Ce simple son, qui vous laisse imaginer le bruit que fera votre corps se brisant, tordu et déformé par la douleur, sur un sol froid et humide. Et une simple phrase. « C'est toi, Drago, qui tuera Dumbledore ». Maintenant, il distinguait un bruit léger et subtil, celui d'un animal qui glisse sur le sol. Une violente angoisse s'empara du jeune homme. Il sentit la bête s'enrouler lentement le long de sa jambe. Au bout de longues secondes, un contacte froid et humide s'insinua autour de sa gorge. Et une pression, de plus en plus intense. Le jeune homme tomba à genoux sous le poids du monstre écailleux. Un nouvel éclair vert apparu, mais cette fois-ci il lui était destiné.
Suffocant, tremblant et en proie à des sueurs froides, le jeune homme s'assis, enfin sorti de cet enfer. Drago tenta de calmer sa respiration dans un premier temps. Il n'arrivait pas à arrêter ses tremblements encore terrifié par l'atmosphère du cauchemar qui ne le lâchait pas. Cette emprise malsaine allez l'empêcher de dormir. La potion bleue lui revint en mémoire. Tu poses une goutte sur ton oreiller. Il obéi aux paroles de la jeune femme, et en un instant il sentit son corps s'alléger. Comme si tous devenait simple, un apaisement totale. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas ressenti un tel calme intérieur, il se laissa emporter par le sommeil qui se promettait réparateur.
Il ne la supportait plus alors. La jeune femme laissait son corps avancer, elle avait l'impression que son monde s'effondrait, sa poitrine la brulait. Elle avait le regarder perdu, elle se sentait perdu, comme si tout ses repères c'était évanouies, envolés. Il ne lui avait même pas donné de raisons, peut être parce qu'il n'en avait pas. Je ne te supporte plus. La phrase lui avait fait beaucoup plus de mal qu'elle ne l'aurait voulu. Alors, lui aussi, en avait marre d'elle ? Est ce qu'elle était condamnée à être rejetée et abandonnée ? Elle n'arrivait pas à être rationnel, elle n'arrivait pas à y voir clair, à prendre du recul. Est ce qu'il l'avait abandonné ? Pourquoi est ce que cela faisait si mal? Jesse se dirigea vers son dortoir, en prenant soin d'éviter les éventuelles regards, et partie s'enfouir sous sa couverture. Le ventre déchiré, des larmes sur les joues, se sentant profondément seule.
L'orpheline regarda disparaitre les dernières étoiles comme elle avait contemplé l'apparition des premières et senti enfin son corps s'alourdir et le sommeil l'emporter. Elle eu l'impression d'un clignement de paupière, et elle dû se lever, elle eut l'impression d'être hors de son corps, comme si elle était poussée par une force extérieure. Ces semaines si pauvre en sommeil l'avaient bien plus affaibli qu'elle ne le pensait, et elle avait besoin de repos. Mais elle poussait sur son corps, car il était hors de question qu'elle s'avoue vaincu. Elle passa à travers de sa journée, c'était irréel. Des visages qui défilent, des sons, des bribes de conversations, un regard familier, puis une violente sensation de vide. Et plus rien. Elle entend qu'on cri son nom, enfin s'il s'agit bien d'un cri. Mais son corps de répond pas.
Des draps blanc immaculés, une odeur de désinfectant, un calme presque angoissant. Quand Jesse se réveille, elle est à l'infirmerie. La première chose qu'elle se demande, est comment elle va faire pour sortir d'ici discrè avait trop connu l'enfer de ces murs blanc pour rester ici une seconde de plus. Elle a l'impression d'être une panthère en cage. La jeune femme n'était pas une personne qui savait rester docilement dans un endroit comme celui-ci, elle détestait avoir l'impression d'être faible. Il fallait qu'elle continue d'avancer. Elle n'avait pas le droit de s'arrêter, ni de se laisser aller.
Ne voyant pas madame Pomfresh, la patiente se leva, mais ses jambes ne soutinrent pas son poids, et elle tomba sur le sol. Elle ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Elle détesta cette sensation d'impuissance. Se relevant tant bien que mal, elle réussit à se remettre sur son lit. Il allait falloir qu'on lui explique ce qu'elle faisait ici et vite, car si elle perdait patience, elle était capable de ramper jusqu'à la sortie. Elle entendit enfin des bruits de pas.
- Vous avez essayé de vous lever ! Réprimanda l'infirmière. Vous ne devez pas bouger, vous devez vous reposer c'est important !
- Je pourrais bientôt sortir ? Jesse s'arrêtât. Attendez. Pourquoi je suis ici déjà ? Finit-elle par demander.
- Vous avez perdu connaissance Miss Lewis. Lui apprit-elle
- Ne me dites pas que c'était dans la grande salle. Le coupa Jesse.
- En tout cas c'est ce que m'ont dit vos amis.
- Grandiose. Pesta Jesse, déjà qu'elle passait pour la folle, elle avait bien besoin de ça. Je peux sortir madame, je vais beaucoup mieux et...
- Il en est hors de question. Vous manquez énormément de sommeil. Vous devez vous reposer.
- Madame, tout le monde manque de sommeil. Je veux dire, je ne suis pas la seule élève de ce château à se coucher tard, j'ai perdu connaissance mais cela arrive. Je ne vais pas rester à l'infirmerie pour si peu.
- Si peu, comme vous dites, vous êtes en train de consumer vos dernières forces. Je ne sais pas depuis combien de temps cela dure, mais votre corps est à bout. Je vais vous concocter des potions pour arranger tout ça, mais vous passerez la journée ici. Et pas de visite. Mme Pomfresh n'attendit pas la réponse de Jesse et sortie de l'infirmerie.
Alors ça c'était la meilleure. Elle avait perdu connaissance devant la moitié de l'école, elle ne pouvait pas sortir et en plus elle n'avait pas le droit aux visites. Donc bien évidement ses amis, et en particulier Hermione allaient s'imaginer le pire. Elle se voyait déjà bombardée de questions par la brune, et se demanda si finalement elle n'aura pas préféré être dans le coma à l'heure actuelle. Si elle avait le droit de sortir pour le repas de ce soir, elle n'oserait même pas entrer dans la salle. Parce qu'elle savait que si quelqu'un lui faisait une remarque elle se sentirait obligé d'essayer de le noyer dans un des immense plats en argent.
Quand Hermione, Lavande et Parvati se heurtèrent à une porte d'infirmerie fermée, elle n'en revinrent pas. Comment pouvait-on interdire des visites dans une infirmerie ! C'était une honte. Et s'il s'était passé quelque chose de grave ? Si Jesse avait dû être transférée ? Si en fait elle avait une maladie que personne n'avait jamais décelée ? Il n'y avait aucune raison pour qu'on interdise les visites. La porte s'ouvrit, et Hermione pu apercevoir Jesse qui était allongé, mais elle se referma presque aussitôt.
- Madame ! Je voudrais simplement aller voir si elle va bien !
- Miss Lewis a besoin de repos, miss Granger. Vous la verrez ce soir si j'autorise sa sortie.
- Mais madame !
- Non, et je ne veux personnes qui traine devant cette porte, je vous prit de partir Miss Granger, Patil et Brown. Il en est de même pour vous monsieur Malfoy. Ajoutât-elle en s'éloignant.
Hermione se retourna. Pourquoi il était là lui ? Elle eut de nouveau envie de lui envoyer son point dans la figure. S'il venait pour se moquer de Jesse, il n'allait pas s'en sortir comme ça. Cet espèce de Bandimon était une plaie depuis le début de leur scolarité de toute façon. Elle s'apprêtait à répliquer à sa prochaine remarque, mais Malfoy se contenta de continuer son chemin, non sans bousculer la Gryffondor.
Le cours de sortilèges était déjà bien avancé et Drago avait beaucoup du mal à se concentrer. Il se dit que la vie était bien ironique. A chaque fois qu'il avait tenté d'éviter Lewis, il n'avait pas réussis pour quelques raisons plus ou moins absurde. Et maintenant qu'il avait clairement décidé d'évincer la jeune femme. Maintenant qu'elle était bel et bien loin de lui, ça n'allait toujours pas. Même quand elle n'était pas présente elle lui pourrissait la vie. En même temps elle avait fait un malaise en plein milieu de la Grande Salle. Il y avait de quoi se demander ce qu'il lui était arrivé.
Mais ce que Drago n'arrivait pas à comprendre, c'est pourquoi il s'inquiétait presque pour elle. Pourquoi il voulait savoir ce qu'il se passait, ce qu'il lui était arrivé, si elle était en danger, si elle allait bien ? Certes il avait passé du temps avec elle, mais cela ne voulait rien dire. Si Zabini ou Goyle avait fait un malaise, il ne serait pas en train de se torturer. Et pourtant, ils font partie de ses meilleurs amis. Cela l'énerva, et encore une fois, il prit Jesse pour responsable.
Le problème de Drago est qu'il fut tellement bridé et formaté enfant, que maintenant s'il ressent quelque chose de contraire à ces valeurs, il ne saura l'avouer clairement. Alors Drago camoufle, s'énerve et trouve des prétextes. Plutôt que de dire qu'il serait heureux de revoir Jesse, il se voile la face en pensant qu'elle fait un parfait alibi. Plutôt que de se dire qu'il s'inquiète pour elle, il préfère se plaindre du fait qu'elle est une gêne pour lui. Et surtout, plutôt que d'avouer que le fait qu'elle puisse lire en lui comme dans un grimoire ouvert le terrifie, il prétexte qu'elle pourrait mettre en péril sa mission.
Oui, Drago est doué pour camoufler ses sentiments. Mais il est aussi une mélasse de frustration, de jalousie et de mépris. Un enfant brillant, particulièrement talentueux mais transparent aux yeux de son père. Aux yeux de beaucoup. Une enfance sacrifiée au profit des apparences.
Une phrase lui revint en mémoire. Tu es très doué. Le ton sincère de Jesse, son sourire qui l'était tout autant. Les gens autour de lui, pas ses amis, mais les autres l'évite, le déteste, le craigne ou l'admire. Mais il n'avait jamais reçu un compliment sincère, de quelqu'un qui remarque qu'en effet, il est réellement doué. Et il n'avait même pas répondu. Tout comme quand elle lui avait donné la potion, ou quand elle lui avait demandé s'il allait bien.
Il s'était comporté comme une vraie harpie. Il envoya Pansy cuire une bouse de Dragon quand elle essaya de lui demander pourquoi il soupirait. La fin du cours approchait, et Drago se leva pour sortir juste au moment où le professeur allait conclure le cours. Le Serpentard se dirigeât en trombe vers la salle commune des préfets.
