Ron était à l'infirmerie. Du poison, on l'avait empoisonné. Il n'était pas la cible du poison, mais personne n'avait voulu en dire plus à Jesse. Elle n'était pas idiote, si on ne lui avait rien dit, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Ils soupçonnaient Drago, et comme ils ne lui faisaient plus confiance, ils pensaient certainement qu'elle le lui répéterait. Ou qu'elle s'emporterait pour de telles accusations.

La jeune femme avait fait l'impasse pour l'histoire du collier, en essayant d'oublier, même si, quand elle y repensait, elle n'avait jamais réellement oublié. Mais cette fois, Ron avait failli mourir. Ceci dit il n'y avait aucune preuve qu'il s'agisse bien de Drago. Il n'avait pas pu accéder au bureau de Sluhgorn, elle n'y croyait pas. C'était impossible.

Hermione et Harry étaient restés au chevet de Ron. Jesse était sous son alcôve, Wink sur ses genoux. Depuis un mois, elle avait continué de voir Drago, les mercredis et les vendredis. Ils parlaient peu et se contentaient de la présence de chacun. Il lui arrivait de dormir avec lui, c'était arrivé trois fois pour être précis. Elle ne comprenait pas la tournure que prenait leur relation par moment, c'était étrange, mais elle avait décider de laisser faire, et de voir avec le temps. C'était étrange, qu'ils ai étés si proche d'un coup, puis si distant, comme deux aimants qui s'attirent et se répulsent. C'était à n'y rien comprendre.

Malgré tout, leur relation se précisait, l'un comme l'autre avait besoin d'une présence, d'un soutien pour ne pas s'effondrer. Et sans jamais se le dire, ils savaient qu'ils pouvaient se reposer sur l'autre. Seulement, Jesse savait qu'elle allait devoir faire des choix. Tout d'abord, cette relation sans définition, ce mélange d'amitié, de désir et d'évitement, ne pouvait plus durer. Il fallait concrétiser quelque chose, ou tout arrêter. Elle ne pouvait pas vivre éternellement dans la peur qu'un jour il finisse par ne plus lui donner de nouvelles, comme il l'avait si souvent fait.

Ensuite, et certainement pour finir, elle ne pouvait pas éluder tous les indices qui l'amenaient à une seule conclusion. Drago était un mange mort. Ou du moins, il n'était pas net de soupçon. Son père, le collier, les absences, le poison. Trop d'indices, trop d'histoires qui se recoupent pour qu'il n'y ait rien. Elle ne pouvait se l'admettre, mais elle devrait poser la question. Pas aujourd'hui, peut-être jamais. Mais elle devait en avoir le cœur net.

Ce qu'elle savait en revanche c'est à quel point elle aimait le Serpentard. Toutes ses heures passées avec lui à le regarder, à lui parler. Elle n'avait de cesse de se remémorer leur baisés, ses caresses, la force de ses bras enserrant son corps. Quand elle le quittait, elle ne le quittait jamais vraiment d'ailleurs, elle ne pensait qu'au moment où elle le reverrait.

Alors pourquoi n'était-elle pas avec lui à l'instant ? Pourquoi n'allait-elle pas le rejoindre ? Peut-être avait-elle peur de voir dans son regard un indice de plus. Ou bien qu'encore une fois, il ne soit pas présent.

C'était la première fois qu'elle ne venait pas, songeât le jeune homme allongé dans le canapé. Elle avait surement mieux à faire, elle n'allait pas continuer à venir aussi souvent, c'était déjà un exploit qu'elle ait tenu si longtemps. La réussite de sa mission rendait Drago nerveux, à chaque fois qu'une de ses tentatives échouait, il avait l'image de la baguette qui se baissait sur lui. Un frisson lui parcourut le corps.

Le message était clair, s'il pouvait le coincer à l'intérieur de sa propre maison, devant ses propres parents, il n'était à l'abri nul part. Personne ne pourrait lui venir en aide, si Voldemort décidait de le tuer, il n'aurait qu'à baisser sa baguette. Et encore, il se doutât bien qu'il ne le tuerait pas tout de suite. Il ne préféra pas imaginer à quelles sortes de tortures pourrait se livrer le seigneur des ténèbres.

La seule choses qu'il espérait, c'est que sa deuxième tentative marche, bien qu'il n'y croyait absolument pas, et misait tout sur l'armoire. Elle était presque réparée. Il avait encore travaillé une bonne partie de la nuit. Après quoi il était monté en haut de la tour d'astronomie, où il lui arrivait de regarder le panorama. Le calme, le vent froid, la neige qui rendait tout plus lumineux. La lune s'y reflétait à merveille dans son halo brumeux. Quand on pense que la même sphère offrant une telle lumière à ce somptueux paysage nocturne, donnait aux enfants de la nuit l'ordre de démembrer des innocents.

Il y avait tellement de choses à dire sur cet astre. Elle était suspendu dans le vide, incapable de bouger, incapable de montrer son autre côté, bloquée par le champ gravitationnel d'un astre bien plus important qu'elle. Condamnée à tourner autour de celui-ci, à afficher cette face lumineuse, jusqu'à qu'il soit un jour détruit. La détruisant à son tour. La mort comme seule délivrance.

La porte s'ouvrit, sortant Drago de sa réflexion sur la dualité lunaire. Un regard inquiet sur le visage de la jeune femme, comme par habitude. Et comme toujours, aucuns d'eux ne parlera, n'y ne donnera d'explications. Des tonnes de questions restaient en suspend pour l'un comme pour l'autre. Cela allait des changements de comportement du début du mois, l'absence de discussion, en passant par le mal être physique et psychologique de chacun. Mais personnes ne demanderait rien, on se contenterait de deviner.

La jeune femme était assise sur la table, c'était à se demander si elle comprenait l'utilité des différents meubles de la pièce. Elle lui tournait le dos, comme toujours quand il y avait quelque chose qui n'allait pas. Il poussa un soupir, attendant qu'elle prenne la parole pour encore lui poser une question qui le dérouterait.

- C'était toi ? Demanda-t-elle.

- De quoi tu parles encore ? demanda-t-il en s'asseyant.

- Le poison, le vin, Sluhgorn. Prononça-t-elle sans osé se retourner.

- Non. Je ne sais pas de quoi tu parles.

Heureusement qu'il avait appris à tout camoufler. Comment elle pouvait être au courant de ça. De toute évidence ça ne s'était pas déroulé comme prévu. Y avait-il des choses qu'elle ignorait ? Pourquoi elle lui posait la question ? Qu'attendait-elle ? Dans tous les cas, il était impossible pour lui de dire la vérité. Il ne tenait pas à être découvert. La jeune femme se tourna vers lui, et le dévisageât un long moment, il soutint son regard.

- D'accord. Dit-elle sans lâcher son regard, comme un défi.

Elle descendit de la table, et sans prévenir lui vola un baisé. Intense et semblant durer une éternité. Sans s'éloigner de lui, elle posa son front contre le sien. Il passa une main derrière sa tête, frôlant son oreille.

- Ça m'avait manqué, lâchât elle dans un soupir.

La jeune femme se laissa tomber à genoux, croisant les bras sur les jambes du garçon, elle y posa sa tête. Elle était presque assise par terre. Son regard était dirigé sur le sol de faïence verte et grise, se perdant dans les nuances sinoples. Elle ne savait pas s'il disait la vérité, pas du tout. Il était impénétrable. Comme toujours mais elle n'y prêta pas attention, il lui rendait ses baisers, c'était tout ce qui importait pour l'instant.

- Tu comptes rester sur le sol ? Demanda-t-il doucement en caressant ses cheveux.

- C'est toujours moins froid que ton cœur. Dit-elle en se relevant.

Le garçon se leva pour se retrouver en face d'elle, passant sa main dans le bas de son dos, il la serra contre lui. Il passa une main dans ses cheveux, la descendit doucement et effleura le coin de sa bouche de son pouce. Il s'approcha lentement et l'embrassa comme il ne l'avait encore jamais embrassé, un baiser brulant, passionné. Un violent frisson parcourut le corps de la jeune femme, un frisson qui lui donna envie de le dévorer. Mais il ne lui en laissa pas l'occasion, sa main était à présent sur son menton, il lui fit légèrement relever la tête. S'approchant de son oreille, il murmura :

- Qu'est ce qui est froid Lewis ?

- Je ne sais plus... Balbutia-t-elle.

Reprenant peu à peu la raison, elle se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser de nouveau, les deux mains sur son visage. Elle le fit basculer sur le canapé et s'assied une nouvelle fois à califourchon sur lui. Comme la première fois l'un comme l'autre perdirent le control. Le jeune homme posa les mains sur le bas du pull de Jesse, et la regarda un instant. Elle lui fit signe de son accord, et le jeune homme l'enleva lentement. L'embrassant à nouveau, elle lui attrapa une main pour la poser contre sa poitrine. Elle le senti tressaillir, et adora le regard qu'il posait sur elle à ce moment précis. Tout en l'embrassant, elle se mit à sourire. Le jeune homme descendit ses deux mains sur son bassin, un frisson lui parcouru l'échine.

A son tour elle déboutonna la chemise du garçon, et cette fois-ci certainement pas dans le but de vérifier s'il avait des bleues. Quand elle commença à la faire glisser le long de ses épaules il retint ses poignets.

- Drago ? Qu'est-ce que...

Quand elle vit l'expression sur son visage, elle se tut. Elle n'avait jamais vu ça. Une expression pleine sur son visage, une expression de souffrance. Elle s'éloigna pour mieux juger la situation. Elle ne comprenait pas. Et lui ne disait rien. Comme toujours. Elle eut un flash-back. Quand il l'avait arrêté la première fois. Il avait caché son bras gauche. Son regard se fixa à celui du serpent. Venimeux. Il l'avait toujours été. Son cœur s'arrêtât. Ça ne pouvait pas être ça.

Et pendant que tout se recoupait, elle libéra ses poignets. Il laissa faire. La jeune femme continua là où elle s'était arrêtée. Une dernière manche, une respiration. Son cœur se brisa. Là. Là où elle portait la marque d'une volonté de mort repentit, il portait celle de la mort elle-même. Noire. Venimeuse. Eternelle. Sa respiration se coupa.

La jeune femme s'était redressée sous le choc, son regard emplie de souffrance. Elle se retourna, et frappa un poing contre la table. « Putain ! » Lâchât-elle dans un demi-cri de rage. Elle attrapa son pull, qu'elle remit dans un geste de colère. La souffrance lui transperçait le cœur, la rage lui brulait le ventre. Pourquoi. Pourquoi ?

Elle aurait ris si elle n'était pas si déchirée. D'un rire dément. Le rire d'une personne ayant perdu la raison. Elle se retourna vers le garçon, qui avait remis sa chemise, il soutint son regard, comme toujours. Mais il n'y avait plus aucuns défis à relever aujourd'hui.

- Comment as-tu pu ? Comment as-tu pu me faire ça ? Tu savais. Tu savais pour mes parents, tu crois qu'ils ont été assassinés par des gens de passage ? Tu le savais, je le sais, tu es intelligent. Comment peux-tu être aussi cruel ? Sa voix était calme, froide et sans une once d'émotion. Pourquoi tu m'as fait ça Drago ? Son regard s'emplit de haine. Pourquoi ? Je t'ai défendu. J'ai tout fait pour ne pas croire ce qui me sautait aux yeux. Un Serpentard qui as des secret est forcément un... Elle se stoppa, et se laissa tomber sur la table. Je ne peux pas y croire. Pas toi. Ton père, tes absences... Alors c'est bien à cause de toi que Ron à faillit mourir. Pestât-elle. Tu m'as mentit espèce de... Elle croisa ce regard qu'elle aimait tant et ne put se résoudre à l'insulter. C'était quoi l'idée ? Je te sers d'alibi pour tes disparitions ? C'est ça que je suis ? Je t'interdis de me couper la parole. Je t'interdis même d'essayer de te défendre. C'est indéfendable putain. T'as rien à me dire. Rien. T'es avec eux, tu en es un. Tu fais partit de ces monstres froid qui ont tués mes parents et tellement d'innocents. Comment j'ai pu être aussi conne. Ah oui, je sais voir ce qui se cache chez les gens. J'ai juste pas voulut voir que tu n'es qu'un serpent. Mortel. Un putain de monstre. Et dire que j'ai failli...

Sa voix perdait en intensité. S'il elle n'était pas assise elle se serait effondrée.

- Je ne t'ai jamais menti, reprit-elle, j'ai toujours été honnête. Mes sentiments l'étaient. Je ne peux pas croire qu'on en soit là. Tu es un assassin.

Soudainement, la jeune femme prit l'ampleur de la situation. Elle était face à un tueur. Se mêlant à la rage et à la souffrance, la terreur. Elle était au courant. Elle savait pour son plan, elle savait qu'il était un mange-mort. Il ne la laisserait peut être jamais sortir d'ici en vie. Elle ne savait plus qui il était, il avait toujours été imprévisible. La jeune femme attrapa discrètement sa baguette.

Elle pourrait se défendre, mais elle ne pourrait pas attaquer. Elle jaugea le regard du jeune homme qui ne s'était à aucun moment détaché d'elle. « Et que vas-tu faire maintenant ? » L'immuabilité qui caractérisait autrefois sa voix avait cédé, elle était brisée. Drago avait parlé sans détacher son regard des yeux émeraude emplis de larmes. Sans répondre, Jesse se leva. Elle devait s'enfuir, rester une minutes de plus dans ce nid était trop risqué. Il ne l'avait pas lâché du regard, toujours pas. Comme si c'était la dernière fois qu'il la voyait. Elle abaissa discrètement sa baguette. Une vague de fumée en sortie, et bientôt, l'air devint opaque.

Elle puait la fumée. Elle sentait le feu de bois. Comme la fois où la forêt avait pris feu, l'odeur était restée des jours entiers. Elle allait s'effondrer, tomber en poussière. Ses jambes ne la porteraient pas longtemps encore. Le tableau, les mots permettant l'accès au refuge des Gueules au Lion d'or, elle se laissa tomber dans le canapé. Il y avait deux Griffons qui la regardaient. « Quoi ? » lâchât elle en leur lançant un regard mauvais. Aucuns ne répondit, et ils retournèrent à leur partie d'échec.

Elle attendit de récupérer un peu de courage pour monter dans sa chambre. Quand elle ouvrit la porte des dortoirs, elle tomba nez à nez avec Hermione. Elle ne pensait pas la croiser, elle pensait qu'elle serait avec Ron. Jesse essaya de lui sourire.

- Il va bien, il pourra sortir ce soir. J'étais venu chercher un livre. Lâchât elle en sortant de la pièce.

Elle lui en voulait. Elle la détestait d'avoir préféré aller voir celui qui avait failli tuer son ami plutôt que d'être restée à son chevet. Elle lui en voulait de pactiser avec l'ennemi. Et maintenant que Jesse savait, elle ne pouvait que comprendre son amie. Ils l'avaient tous prévenu. Elle revit la marque. Ses jambes flanchèrent, et bientôt elle se retrouva à genoux sur le sol. Les larmes commencèrent à monter, elle se laissa totalement tomber sur le tapis.

L'Alaska, c'est là où elle aurait dû refouler ses pensées depuis le début. Elle n'aura jamais dû se laisser faire, elle n'aurait jamais dû l'aimer. Mais elle ne pouvait rien y faire, elle l'aimait. Tout s'effondrait. Elle sentit son corps convulser sous ses sanglots. La douleur lui crevait le cœur. Elle le savait. Elle allait une nouvelle fois devoir affronter cette perte seule.

La Gryffondor ne pouvait pas se confier. Ce serait avouer qu'il était un mange-mort. Elle l'aimait trop pour le voir partir à Azkaban. Elle devrait encore faire semblant. Comment avait-elle pu être aussi conne. Elle s'était laissé avoir. Elle ne comprenait plus rien. N'avait-il donc jamais été sincère ? A aucun moment ? Elle ne pouvait pas y croire. Ses baisers n'était pas faux, tout le reste non plus. Elle refusait de perdre aussi cela.

Elle s'était caché la vérité. Alors elle venait de là, son étrange impression le jour de la rentrée. Il portait déjà une chemise à manche longue alors que le temps était encore doux. Tous se regroupaient, ses absences en cours, son air perdu, il devait réfléchir à son plan. Bordel, c'était donc bien lui le collier, le poison... Mais dans quel but ? Harry devait être au courant mais il ne lui dirait rien.

La jeune femme devait comprendre. Il fallait toujours qu'elle cherche un nouveau but pour ne pas s'effondrer. Une enquête à résoudre. C'était parfait. Wink dormait, elle n'osa pas le réveiller. En tout cas, elle avait bien compris que ce ne serait plus jamais pareil entre elle et Hermione. Elle, enfin, ils auraient toujours des doutes sur sa culpabilité, sur son degré d'implication dans cette histoire. Et ils ne lui feraient plus confiance, c'était indéniable.

Elle imaginait déjà l'ambiance en cours et pendant les repas. Elle avait intérêt à être forte et à se préparer à ça. Son don pour se retrouver dans ce genre de galère commençait vraiment à l'agacer. La jeune femme se redressa péniblement, et sans se préoccuper ni de l'heure, ni du reste de monde, elle se coucha.

Un réveil pénible en plein milieu de la nuit. Elle aurait dû savoir à quoi s'attendre en se couchant à cette heure. La jeune femme s'assied dans la pénombre, une envie de pleurer la secoua. Elle savait qu'elle ne pourrait plus dormir.

Jesse descendit dans la salle commune, elle s'assied dans le grand canapé rouge et lança un Incendio dans la cheminé. Elle n'avait personne. Elle se sentait seule sans repère ni protection, comme si elle était lâchée dans le vide. Et que personne ne pouvait l'aider. Elle essaya de se concentrer sur le bruit de la cheminé, les crépitements, la légère odeur de bois fumé. La Gryffondor n'était pas prête à devoir se débrouiller seule, sans ses parents. C'était une vérité qu'elle avait trop longtemps repoussée, qu'allait-elle faire ?

Elle était fébrile, à trop vouloir porter un masque. Elle le sentait se fissurer à mesure que le temps passait. La jeune femme avait l'impression de ne plus avoir sa place ici, ses amis ne lui faisait plus confiance, elle était comme pestiféré, plus encore qu'à la rentrée. Elle avait été bien naïve de croire que tout aurait pu s'arranger. Comme s'ils allaient faire l'impasse sur le fait qu'elle fréquentait un mange-mort. Elle n'avait pas voulu les écouter, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même.

Si elle s'en été rendu compte plus tôt peut être qu'elle aurait pu se faire pardonner. Mais maintenant que Ron avait failli mourir, elle serait toujours associée à ça. Ils n'avaient jamais su quelle était la nature de sa relation avec Drago. Elle s'absentait la nuit et au pauses. Comment pouvaient ils savoir si elle était digne de confiance ou les choses qu'elle savait. Qu'est-ce qui leur prouvait-il qu'elle n'était pas mêlée à tout ça ?

Tous se prêtaient à sa culpabilité. La jeune femme soupira et remonta pour tenter de dormir.

Les jours défilent, les cours s'enchaînent, une nouvelle routine s'installe. Les petits déjeuners aux heures où il n'y a personne, l'arrivé en cours en avance pour prendre une place à l'avant, les repas et diner dans le silence. Les heures de pauses à la bibliothèque ou rarement dans la salle commune. Les rares conversations se font avec Luna, ou Wink.

La jeune femme n'a plus jamais jeté de coup d'œil sur Drago, que ce soit en cours ou pendant les repas. Son sourire n'apparait presque plus, pour ne pas dire jamais. Elle s'était renfermée sur elle-même, pendant les week-ends, elle ne sortait que rarement de sa chambre, et n'allait pas bien loin.

Pour une fois, Jesse ne va pas à la bibliothèque, ni dans la salle commune. Sa vielle amie l'alcôve lui manque, elle est assise, regardant la neige qui commence à fondre. Finalement, le temps s'en fiche pas mal de nos problèmes. La vie suis son cours, peu importe qu'on meurt ou qu'on survive. D'ailleurs peu importe qu'on soit un monstre au sang froid ou un être élu. On mourra tous d'une mort atroce d'ici peu de temps.

- J'étais sûre que tu serais ici ! Fit une voix derrière elle.

- Luna ? Demanda Jesse en se retournant.

- Je te cherchais, dit-elle en s'asseyant à côté d'elle. Tu sais-je repensais au discours de Dumbledore.

Alors il y vraiment des gens qui écoutent le discourt de Dumbledore ? Je veux dire, en entier ? Songeât Jesse en oubliant d'écouter Luna.

- Et donc je me disais, après cette partie-là, que ça devait certainement te concerner.

- Comment ça ? Demanda Jesse qui n'avait rien écouté.

- Quand il a dit qu'on ne devait pas oublier qui étaient nos amis, et qu'il fallait les garder auprès de nous.

- Où veux-tu en venir ? Questionna Jesse qui se demanda si elle n'avait pas appris le discourt par cœur.

- Tu devrais parler à Hermione et aux autres. Tu sais, rester seule comme tu le fais ce n'est pas une bonne chose, dit-elle en souriant. Surtout en ce moment.

- C'est plus compliqué que tu ne le pense Luna.

- Non, je ne crois pas. Il n'y a rien de compliqué. Les seuls problèmes auxquels nous sommes confrontés ce sont ceux que l'on se crée.

Jesse dévisagea Luna un instant. Cela faisait au moins deux semaines que tout se passait comme cela. Pourquoi elle venait lui parler de ça maintenant ? Et surtout pourquoi elle venait lui parler de ça tout court en fait. Peut-être qu'elle n'était pas si dérangée que ça finalement.

« Ne pas oublier qui sont ses vrais amis. Cela signifie qu'il ne faut pas oublier qui sont nos alliés, les personnes sur qui nous pouvons compter. ». Pour Jesse, la réponse était simple, ses alliés, les personnes sur qui elle pouvait compter étaient réduites au nombre de sept.

Elle pouvait d'emblée oublier sa tante, qui ne lui serait d'aucun secours si tout partait en vrille. Elle espérait juste qu'elle ne serait jamais touchée par toute cette histoire, car les mange mort s'attaquaient aussi au monde des Moldus à présent.

Quant à Drago. Il était tout simplement hors de question qu'elle se retrouve nez à nez avec lui encore une fois. Ce sale traitre. Elle n'avait même plus la force de le regarder. Il était hors de question qu'elle ait quoique ce soit à faire avec lui. Malgré tout ce qu'elle pouvait éprouver pour lui, malgré tout l'amour, le manque, l'inquiétude. Elle ne pouvait pas. Il était tout ce qu'elle haïssait. Enfin, il faisait partit de tout ceux qu'elle haïssait, car elle aimait tout en lui. Sa voix, son regard, son odeur... La fois première fois où il lui avait souri pour de vrai... Quand elle se rendit compte qu'encore une fois elle était en train de dériver, elle secoua la tête pour se focaliser sur ses réflexions. Donc non, il était hors de question qu'elle le revoit. Le but d'un allié n'est pas qu'il soit dans le camp de ceux qui veulent votre mort. Ou alors elle n'était pas douée en stratégie.

C'était plié. Parvati et Lavande ? Peut être qu'elle pourrait essayer de parler à Parvati, mais cela lui semblait compliqué, étant donné que les deux filles ne lui parlait plus depuis un bon bout de temps, sans même avoir demandé d'explication à Jesse.

Quant à Hermione, Ron et Harry, il serait très difficile de leur parler de nouveau. Dans tous les cas, elle avait bien compris que ce serait à elle de faire le premier pas. Mais elle n'y était pas encore prête. Ce serait pourtant si simple, elle savait qu'Hermione, Parvati et Lavande ne dormait pas encore, qu'elle pourrait lui parler maintenant, juste en ouvrant la bouche. Mais elle ne tenait pas à encore se faire envoyer cuire une bouse de Dragon.

La jeune femme se retourna dans son lit. Elle n'avait pas grandement avancée dans son enquête. Drago était un mange-mort, on pourra remercier son connard de père pour cela. Visiblement, il avait tenté plusieurs attaques contre X. Qui s'était soldées d'échec car elles n'avaient pas atteint leur cible. On pouvait en déduire que ces attaques étaient directement ordonné par Voldemort en personne.

Jesse eu un frisson dans le dos en s'imaginant que Drago en compagnie de cet immonde erreur de la nature. Elle n'arrivait toujours pas à admettre qu'il pouvait être à sa solde. Mais il devait avoir besoin d'un endroit où il pouvait développer ses plans... Un endroit où... Mais bien sûr ! La salle sur demande !

C'est pour ça qu'il savait que ce serait un endroit parfait pour faire les potions ! C'est pour cela qu'elle ne pouvait pas y accéder pas moment. Parce qu'elle était déjà occupée. Evidemment. Tout devenait logique. Et si jamais il avait été prit non loin de la salle, elle lui aurait servi d'alibi. Il était brillant. Ça en devenait presque effrayant d'ailleurs.

Elle avait le lieu, la raison, ce qui en découlait, mais il lui manquait le but. La cible. Il était trop tard pour que son cerveau puisse faire de nouveau lien, cela faisait de longues heures qu'elle réfléchissait. Alors elle se laissa porter par le sommeil.