Disclaimer : Downton Abbey est l'oeuvre de Julian Fellowes.

Résumé : Rosamund n'approuve pas forcément le choix d'Edith. Mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Son rôle n'est pas de juger l'idée d'un avortement. Son rôle, c'est d'être là, de l'aider, de la soutenir et de l'aimer puisque Cora ne le fera pas, puisque Cora ne le sait même pas.

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de fandom méconnu + Journée mondiale du droit à l'avortement - 28 septembre + Préjugé 34 : Une personne qui avorte est quelqu'un d'irresponsable + Situation 333 : Un personnage A accompagne un personnage B se faire avorter + Quatre aspects de Wylan : Roux : écrire sur un Weasley ou sur un roux + Titre du 19/06/2021 : Jusqu'à la fin

Jusqu'à la fin

Aux yeux de Rosamund, ce qu'Edith s'apprête à faire n'est pas un crime. C'est une tragédie. Parce qu'elle sait combien sa nièce aime déjà son enfant, combien elle voudrait l'élever, en être la maman. Mais voilà, même en 1922, le monde reste un endroit froid et cruel, surtout pour les femmes, encore plus pour les vieilles filles. N'ont-elles pas eu l'exemple de cette pauvre Ethel quelques temps plus tôt ?

Un bébé, cela se fait à deux. Sauf que le père du petit être que la jeune femme porte a disparu. Edith se retrouve seule. Et avec sa relation avec ses parents, cette sensation de ne pas compter aux yeux de sa propre mère, c'est vers elle qu'elle s'est tournée. Pense-t-elle que la journaliste a fait une erreur en couchant avec Gregson ? Oui, indubitablement. Et cette grossesse est une conséquence malheureuse de ce manque de jugement.

Sauf qu'elle se refuse à blâmer sa nièce.

Pas quand Mary, son aînée, a fait la même chose jadis avec son turc selon les rumeurs et qu'elle a eu le soutien de ses parents.

Pas quand elle a eu la chance de ne pas être féconde à ce moment-là.

Parce qu'à la différence de sa sœur, Edith s'est donnée par amour, pas parce qu'elle avait un feu entre les reins incontrôlable.

Parce que, de ce qu'elle sait, Gregson fait tout ce qu'il peut pour pouvoir divorcer légalement et faire de son amante son officielle.

Parce qu'elle sait qu'Edith ne se serait jamais offerte ainsi sans certitude de son affection, de sa fidélité, de sa sincérité, pas quand elle était prête à démissionner de The Sketch suite à ses flirts quand elle avait appris qu'il était marié, hélas uni à une épouse malade mentale qui ne le reconnaîtrait jamais plus et que la loi interdisait de quitter.

Elle ne tire aucune joie dans l'idée qu'elle a eu raison. Ce dont la jeune femme a besoin, ce ne sont pas de reproches, elle s'en fait déjà assez à elle-même. C'est d'amour. D'amour inconditionnel, de soutien, dans ces instants si douloureux, si effrayants. Alors oui, la clinique clandestine où elles se trouvent lui donne la chair de poule avec ses murs gris, froids, les pleurs d'une patiente qui vient d'accomplir, la mort dans l'âme sans doute, ce qu'elles attendent de faire. Comment aurait-elle pu laisser Edith y aller seule ? Affronter cela seule ? Dans cet endroit si glauque, entourée d'inconnus, mettant véritablement sa vie en jeu en plus de sa liberté. Après tout, l'avortement en Grande-Bretagne est interdit par la loi. En plus de ne pas avoir le droit de voter, les femmes comme la future opérée n'ont pas non plus le droit de jouir de leurs corps comme elles le souhaitent. C'est d'une hypocrisie sans nom. Rosamund n'est pas spécialement pour la pratique mais elle existe depuis la nuit des temps. La légaliser ne la ferait pas disparaître mais elle permettrait au moins de protéger les femmes, leur éviter de mourir chez elles ou de finir en prison. Et quid des femmes violées, condamnées à porter le rejeton de leurs agresseurs ? Non, si elle n'est pas pour ça, elle juge que la gente féminine devrait avoir son mot à dire sur une chose aussi importante que la grossesse. Elles portent la vie, accouchent mais ce sont bien les hommes qui érigent les décrets sur leurs utérus.

L'infirmière arrive, Edith prend peur, balbutie une excuse et sort.

- Je vous demande pardon, Tante Rosamund. S'effondre-t-elle dans ses bras à la sortie. Je pensais pouvoir le faire. Mais je ne peux pas. C'est une erreur, je ne peux pas. Je sais que c'est fichu d'avance pour moi alors je préfère autant pouvoir me regarder dans une glace en sachant que mon enfant vit quelque part.

La veuve l'enlace avec bienveillance.

- Tu n'as pas à être désolée, Edith. J'ai voulu venir pour toi. Et je suis de ton côté, peu importe ton choix. Nous trouverons une solution. Ensemble. Je te le promets. Je suis avec toi. Et ce jusqu'à la fin.

FIN