Bonjour chère lectrice/Lecteur ^

Je tiens d'abord encore à sincèrement remercier et grandement toutes celles et ceux qui me suivent et qui ont mis mes histoires dans leur follows et favoris ^^ N'hésitez pas à me laisser vos avis, positif ou négatif, cela permet de s'améliorer tant qu'elles sont constructives.

Je suis vraiment, vraiment, sincèrement désolé pour ce long temps d'attente… La motivation était pourtant présente, mais les problèmes se sont encore enchaînés en plus d'un nouveau travail assez physique et comme c'est encore un long chapitre, la relecture est donc aussi très longue…

Les étapes du deuil décrient dans ce chapitre viennent de la théorie de la psychiatre américaine Elisabeth K7bler-Ross.

Disclamers : Les personnages ne m'appartiennent aucunement sauf ceux qui vont apparaître et qui ne font pas partie de l'Histoire original où de d'autres mangas que je préciserais à la fin si cela arrive.

Je ne regarde pas Boruto donc aucune référence, à l'exception de certains noms dont j'ai entendu parler. N'hésitez pas à me spoils, cela ne me gêne pas du tout, car je ne compte pas suivre Boruto, j'arrive pas.

Pairing: Sasu/Naru/Sasu. Kiba/Hinata. Shikamaru/Temari. Kakashi/Iruka pour les plus mentionnés.

Rating : M pour violence, langage vulgaire. Hétéro et Yaoi donc sexe entre hommes. Homophobes s'abstenir.

Je vous souhaite une bonne lecture en espérant que ce chapitre vous plaira :-)


Le soleil était déjà bien élevé dans le ciel azur dans ce début de matinée. Un vent frais et léger se faisait ressentir, adoucissant la lourdeur de l'air et sa chaleur. Un week-end qui s'annonçait caniculaire malgré tout, mais ce n'était rien pour les habitants habitués depuis si longtemps.

Certains commerçants prenaient un repos bien mérité, n'étant pas motivés à ouvrir leur échoppe, et les autres ouvrirent tout de même leur magasin. Des enfants jouaient entre eux, avec leurs parents, leur frère ou sœur, ou encore leurs animaux de compagnie. Ils étaient tous si ignorants de ce qui se tramait dans l'ombre. Tous si insouciants sur le fait que la paix serait bientôt compromise et qu'une nouvelle guerre était en train de se préparer.

Un regard dénué de sentiment observait tout ce monde qui était si aveugle, si heureux, si hideusement bienheureux. Tout ça lui filait la nausée, lui donnait l'envie irrépressible de tout détruire dans ce village et dans tous les autres, d'effacer leurs airs paisible et complaisant de leurs visages.

Un soupir franchit la barrière de ses lèvres, elle-même agacée par ses pensées qui devenaient de plus en plus sombres et malveillantes.

La kunoichi, assise sur la rambarde en fer du toit de l'hôpital, se leva et se laissa tomber dans le vide. Elle atterrit agilement sur ses pieds sans flancher, ce qui fit reculer un gamin qui sortait de l'hôpital. La Kunoichi l'ignora et commença sa marche à travers les rues marchandes, déambulant entre les villageois qui la saluèrent mais elle les ignora superbement, n'en ayant que faire.

Abigaël en avait marre de tout ça. Mais ce qu'elle avait le plus en horreur, ce n'était pas vraiment qu'il soit heureux mais qu'ils pensaient la comprendre et pire, la connaître. Ils pensaient vraiment savoir ce qu'elle ressentait, ce qu'elle pensait. Comment pourraient-ils comprendre tous autant qu'ils étaient ? Ils n'étaient pas dans sa tête, et encore moins dans son cœur. Ils avaient peut-être perdu des êtres chers, mais ils ne savaient rien de sa douleur dû à sa perte.

Tous les gens qui croyaient savoir ce qu'elle ressentait était de ceux qui avait seulement perdu des amis, des meilleurs amis, mais ils avaient encore leurs deux parents, leurs frères ou leurs sœurs, rien de comparable à ce qu'elle avait perdu. Elle, elle avait perdu plus qu'un père. Elle avait perdu son frère, son meilleur ami, son confident, l'un de ses centres de gravité, son point d'ancrage. Il avait toujours été celui qui la rassurait, la consolait, l'entraînait et était toujours présent pour la protéger et l'aimer, qui était là quand elle avait besoin de lui, surtout après une mission longue durée. Ils ne pourraient jamais comprendre car si c'était le cas, ils ne lui souriraient pas, ils n'auraient pas envie de s'amuser, et ils ne diraient probablement pas qu'elle s'en remettrait, que la souffrance s'en irait avec le temps.

Sa tante Hinata lui avait parlé des étapes du deuil quelques jours après la tragédie, mais Abigaël n'en avait eu que faire car elle n'était pas concernée. Elle avait passée toutes les étapes, sauf la dernière, jusqu'à plus ou moins réussir à accepter sa mort il y a peu – depuis sa conversation avec son Hokage - mais la douleur, la colère et la culpabilité étaient toujours autant présentes que depuis ses six ans.

Un éclat attira soudainement son regard, et elle ne sut pas pourquoi, mais elle s'approcha. Un stand où se trouvait plusieurs bijoux, colliers, bracelets, montres et tant d'autres. Elle s'approcha comme attirée, comme si ses jambes n'étaient plus à elle, et ses yeux se posèrent sur deux bracelets en particulier. Son cœur loupa un battement, son corps se raidit et elle serra ses poings tremblants, la respiration lourde et irrégulière. Deux bracelets en argent blanc qui représentaient une balance et un lion. C'était les deux mêmes que dix ans plus tôt, elle s'en souvenait comme si c'était la veille. Elle les avait réservés pour pouvoir les offrir à ses parents pour leurs anniversaires, grâce à l'aide de sa marraine. Mais elle n'avait pas pu les récupérer car il y avait eu la tragédie et c'était passé au dernier plan.

- Abigaël-sama. Les voulez-vous ? Questionna joyeusement le marchand avec un sourire, sans voir la soudaine pâleur du visage de la jeune femme et de la légère perle de sueur sur son front.

La descendante Uchiwa déglutit difficilement, tentant de dénouer cette énorme boule dans sa gorge, d'apaiser ses sentiments néfastes qui faisaient trembler son corps et noircissaient ses pensées. Elle recula d'un pas, ses yeux devenant humides, puis de deux, son cœur battant frénétiquement dans sa poitrine. Abigaël fit volte face pour s'éloigner rapidement, jusqu'à presque courir, les souvenirs affluant dans son esprit sans qu'elle ne puisse les restreindre, les effacer. Elle voulait, devait, s'éloigner le plus possible de ce stand avant de mettre le feu à l'échoppe de ce marchand. Elle devait bannir ses souvenirs liées à ces bracelets qu'elle n'avait pourtant pas pu récupérer.

Oui. Personne ne pourrait jamais comprendre ce qu'elle vivait au quotidien. Ils ne pourraient jamais espérer savoir ce qu'elle ressentait chaque jour, ne serait-ce qu'un centième. Demain était un nouveau jour ? Pas pour elle. Chaque lendemain se répétait, encore et toujours le même jour. La douleur restait. Le manque s'amplifiait. Sa colère devenait haine, sa haine devenait colère, à chaque seconde. La perte demeurait, persistait, sans jamais s'amenuisait ne serait-ce que pour quelques instants.

- Ta douleur ne disparaîtra jamais, il faut juste apprendre à vivre avec…

Et là, elle se souvient. Abigaël se souvient de la seule personne qui la comprenait vraiment. La seule personne qui ne lui avait jamais dit qu'il la comprenait, bien qu'elle savait plus que quiconque ce que cela faisait de perdre un être cher qu'on avait tant aimé et admiré.


Flash-back 10 ans plus tôt :

La bonne humeur aurait dû être au rendez-vous, tout comme le beau temps et la chaleur. La journée devait être merveilleuse, agréable pour effectuer pleins d'activité et voir ses amis et sa famille, mais ce n'était pas son cas, comme depuis ces six derniers mois.

Son corps restait froid, non, glacial. Son esprit demeurait vide, de marbre. Ses yeux étaient sans émotions, mort. D'apparence, on pourrait penser qu'elle était juste comme son père Uchiwa, indifférente et glaciale à tout ce qui n'était pas ses proches, mais intérieurement, c'était tout autre. La souffrance, le manque. Aujourd'hui, si elle en croyait sa tante Hinata, elle était à la deuxième étape du deuil mélangée puissamment à la quatrième : La douleur, la culpabilité et le marchandage. Mais elle-même savait déjà que les étapes de son deuil étaient mélangées, tout se bousculait, tout venait en même temps et à la même puissance.

Abigaël était toujours sous le choc et ne parvenait toujours pas à croire qu'elle avait perdu son Paps'. Pas comme ça. Pas maintenant. Pas si jeune. Ils avaient trop de chose à découvrir et à faire ensemble, à profiter de leur lien. Cela n'aurait jamais dû se finir… Il lui avait promis après tout…

La douleur insoutenable qui lui brûlait la poitrine, à prendre conscience qu'elle ne le verrait probablement plus jamais, qu'elle ne le verrait plus qu'à travers ses cauchemars et ses souvenirs. Sa culpabilité d'être trop jeune et surtout trop faible pour avoir pu l'accompagner et l'aider. Si elle avait été plus âgée et plus forte, elle aurait pu l'accompagner et peut-être qu'il serait toujours auprès d'elle.

Sa colère envers elle-même car elle n'avait pas pu l'empêcher de partir en mission malgré son mauvais pressentiment. Sa colère envers lui car il ne l'avait pas écouté et était tout de même parti, il lui avait promis de revenir et il l'avait abandonné.

Le marchandage. Elle maudissait ceux qui lui avait enlevé son père. Elle en voulait à son Hokage de ne pas l'avoir empêché d'aller en mission malgré ses supplications. Et elle en voulait à ses subordonnés de l'avoir laissé mourir.

Non. Elle n'accepte pas sa perte, elle ne peut pas, elle n'y parvint pas. Elle ne pourra jamais l'accepter, c'était au-dessus de ses forces.

Sa souffrance, son désespoir et son chagrin, sont beaucoup trop réelles et abominables pour qu'elle puisse y faire face. Comment pouvait-elle continuer à être elle, si l'une des personnes les plus importante et vitale, qui la faisait se sentir vivante, l'avait quitté ?

Les deux dernières étapes, elle le savait, jamais, elle n'y parviendrait. Comment pouvait-elle se reconstruire ? Comment pouvait-elle entièrement l'accepter et faire comme si de rien n'était ? Même devenir Ninja ne l'intéressait plus, elle n'y voyait plus aucun intérêt à présent. Tout était vide, froid, sans saveur et sans plus aucun sens. Une moitié de sa vie lui avait été brutalement arraché, alors comment pourrait-elle reprendre son cours ? Comment pourrait-elle s'ouvrir de nouveau aux autres alors qu'elle pourrait les perdre ? Qu'elle allait forcément les perdre un jour ou l'autre ? C'était décidé, elle ne s'attacherait plus jamais. Elle coupera tous les liens, n'en créerait plus jamais.

Un rayon plus lumineux que les autres l'éclaira et elle plissa ses yeux vairons vide de vie, sans pour autant se détourner des rayons qui lui brûlaient les prunelles. Oui, les sept étapes du deuil étaient du pipeau pour ceux qui vivaient un deuil comme le sien.


Au rez-de-chaussée :

La porte d'entrée s'ouvrit dans un léger grincement. L'habitant du manoir sourit tristement à son invité. Le nouvel arrivant posa une main sur l'épaule de son ancien élève et la pressa doucement, en signe de soutien. Même si le blond en avait marre que les villageois lui présentent condoléances, excuses ou le regarde avec pitié et compassion, il en fut reconnaissant à Kakashi d'être présent pour lui et de ne rien dire de ce genre. Naruto lui fit comprendre d'un signe de tête avec un léger sourire.

- J'ai fait aussi vite que possible, désolé de mon retard.

- Ce n'est rien, Kakashi-Senseï, tant que vous êtes là. Rassura le blond en se passant une main tremblante dans ses cheveux, remerciant intérieurement Kakashi de l'épargner du sempiternelle « ça va ? » qui débutait chacune de ses conversations depuis le départ de son mari.

- Où est Abigaël ? Questionna l'ancien Kage en suivant Naruto jusqu'au salon.

- Dans sa chambre. Répondit le blond d'une voix plus basse en baissant les yeux.

Naruto s'assit lourdement sur le canapé. Il se pencha en avant, posa ses coudes sur ses cuisses et sa tête entre ses mains, ses doigts agrippant sa chevelure qui semblait plus terne, moins lumineuse malgré les rayons solaires qui traversaient les vitres du salon derrière lui. Kakashi prit place sur le fauteuil placé juste en face, regardant Naruto qui semblait prêt à fondre en larme, le corps mou et ses yeux azurs brillants.

- Elle ne parle plus depuis l'incident avec son camarade, il y a deux mois. J'ai tout essayé mais elle reste dans sa chambre et je dois la forcer un peu pour qu'elle mange, même Kyūbi ne parvint plus à l'atteindre. Je crois qu'elle ne dort même plus. Ses draps ne sont jamais défaits et elle ne quitte jamais la fenêtre, elle est épuisée et je sais plus quoi faire, ni quoi dire…

Kakashi s'en voulu de ne pouvoir aider l'Uzumaki. Il souhaitait vraiment l'aider mais il ne pouvait, malheureusement, rien y faire. La personne endeuillée était la seule qui pouvait faire face. Peu importe les amis autour et les soutiens, il fallait de la volonté, de la détermination et surtout, l'envie pour accepter la mort et vouloir se reconstruire, ce qui était difficile selon l'attachement et les souvenirs. Car pour la majorité, se remettre du deuil de la personne chère, c'était les abandonner, puis, les oublier.

Kakashi imaginait que trop parfaitement sa détresse et son inquiétude. Cela devait être encore plus dur pour le blond avec tout ce qu'il avait à gérer, entre son travail de Hokage, la recherche des assassins de Sasuke, les demandes des villageois et la souffrance de sa fille. Kakashi voyait que Naruto ne dormait pas non plus et qu'il était au bord de l'évanouissement, qu'il jouait dangereusement sur ses limites déjà dépassées et qu'il arrivait au point de rupture. Ses cernes sous ses yeux, ses yeux étant vide de vie et ayant perdu leur éclat, et ses joues creusés appuyant ses pensées.

Kakashi en viendrait même à en vouloir à Sasuke, bien que rien n'était de sa faute et que personne n'aurait pu prévoir le drame survenu.

Naruto était-il vraiment condamné à souffrir ? Pourquoi n'était-il jamais épargné par la douleur et la perte ? Pourquoi, lorsqu'il était enfin heureux, son bonheur lui était si brutalement arraché, l'enfermant de nouveau dans cette souffrance et cette solitude profonde ? Il avait toujours eu l'impression que tant que les deux compagnons étaient ensembles, rien de ce genre ne pourrait leur arriver, qu'ils s'en sortiraient quoi qu'il puisse se passer. Peu importe les ennemis qui leur faisaient face, seul ou à deux, ils en venaient toujours à bout alors que tout était pourtant contre eux, surtout que malgré les réputations, ils avaient eu de bons et de puissants professeurs en les personnes de Jiraya-Senseï et d'Orochimaru. Il fallait croire qu'il avait eu tort…

- Tu m'as appelé car tu veux que j'essaye de lui parler ?

Naruto releva les yeux, le fixant avec toute la douleur qui l'habitait, ce qui se répercuta dans toutes les fibres de son corps. Le visage fatigué et anéanti de l'Uzumaki serra le cœur de Kakashi. La seule fois où le blond avait eu l'air si perdu et accablé, ce fut à la mort de Jiraya. Un décès qui avait chamboulé tout le monde, mais le blond plus que d'autres, à l'exception de Tsunade. Pourtant, même lors de cette tragédie, Naruto n'avait demandé de l'aide à personne car il ne voulait jamais inquiéter personne, tout comme ce n'était pas son genre de perdre espoir et d'abandonner le combat. Le blond s'était repris, relevé, en grande partie grâce à Iruka et aussi à sa grande détermination de devenir le plus puissant pour venger son Senseï et ramener Sasuke à Konoha.

C'est ce que Kakashi avait appris en côtoyant son Hokage depuis si longtemps : Naruto Uzumaki s'en sortait toujours. Naruto Uzumaki trouvait toujours des solutions, surtout à la dernière minute et en plein combat, il relevait toujours la tête, ne se laissait jamais abattre et remontait toujours la pente, même si celle-ci était aussi haute et semé d'embuche que la montagne des Hokages. Naruto Uzumaki était sans aucun doute le plus fort Shinobi de sa connaissance, il s'en était douté depuis qu'il avait été mis sous son aile, et malgré ses faibles résultats à l'académie et les génies Uchiwa et Hyūga dans l'équation, il serait l'un des plus grands, tout comme son père, tout comme son ancien professeur décédé. Naruto Uzumaki était devenu bien plus grâce à sa persévérance.

Mais en ce moment, Naruto abaissait toutes ses barrières face à lui, acceptait et surtout, demandait son aide. Naruto avait vraiment besoin d'une épaule sur laquelle s'appuyer car celle qui pouvait l'aider, dont il avait encore tant besoin, n'était plus. Le blond abandonnait, il arrêtait de prendre encore tout sur lui. Maintenant, aujourd'hui même, Naruto laissait voir à Kakashi ses ressentis, sa souffrance, à quel point qu'il n'en pouvait plus et qu'il était à deux doigts de craquer.

Kakashi ne pouvait laisser Naruto craquer car il pressentait que rien de bon n'en découlerait, pour Naruto comme pour les autres. Il était l'un des mieux placé pour savoir que ceux qui gardaient tout pour eux étaient les plus dangereux lorsque tout ressortait d'un coup, que cela déclenchait des tsunamis dévastateurs, détruisant tout sur leurs passages. Il savait d'expérience que les cœurs les plus purs étaient les plus dangereux, surtout lorsqu'ils se laissaient envahir par des sentiments néfastes comme la colère, l'envie de vengeance, ou la douleur.

Et ce pressentiment n'avait rien à voir avec le démon-renard en son sein, mais concernait Naruto lui-même. Son instinct l'avertissait un peu plus chaque jour que le Jinchuriki et son Bijū se ressemblait bien plus que tout le monde le croyait, qu'ils n'étaient pas aussi différents l'un de l'autre et qu'il devait faire attention à l'Uzumaki de très près, mais il scella cette inquiétude au fin fond de son esprit et la garda pour lui. Kakashi avait toujours eu confiance en Naruto, sauf quand cela concernait Uchiwa Sasuke, et à raison.

C'était pour cette raison qu'il n'avait jamais vraiment craint Sasuke lors de ses périodes « vengeances ». Contrairement à Naruto qui était littéralement une bombe à retardement, à cause de l'imprévisibilité de Kyūbi, et qu'il fallait toujours garder un œil sur lui, par précaution pour les autres et pour le blondinet.

Combien de fois Sasuke aurait pu éliminer Naruto, mais ne l'avait pas fait alors qu'il avait toujours eu plus davantage ? Naruto avait même accepté et intimé à Sasuke de le tuer si cela lui permettait d'avoir l'esprit tranquille, mais l'Uchiwa n'avait jamais pu s'y résoudre, alors qu'il n'avait pas hésité à tenter de tuer Sakura, visant sans une once de sympathie, de regret ou d'amitié, le visage de son ancienne coéquipière. Ce jour-là, Sasuke avait eu une autre émotion sur le visage - surtout dans ses yeux, et c'était très loin d'être de la haine - envers une seule personne qui avait toujours réussi à le toucher plus que quiconque, à fissurer le masque de froideur si parfait de Uchiwa Sasuke, à apaiser la noirceur de son âme et l'obscurité de son cœur. Sakura n'avait rien remarqué sans surprise, mais lui, si. Il l'avait même ressenti. Sasuke Uchiwa aimait déjà Naruto Uzumaki.

- Parce que tu es mon meilleur ami… S'ke.

Kakashi avait commencé à avoir des doutes après leur premier combat à la vallée de la fin, l'Uzumaki avait été à sa totale merci et Sasuke savait plus que n'importe qui que Naruto n'allait jamais abandonner à essayer de le ramener. Doute qui s'intensifia lorsque Saï et Sakura lui avait raconté leur rencontre trois ans après la désertion de Sasuke. Que ce dernier n'avait finalement pas pu tuer Naruto grâce à l'intervention de Saï. Pour les deux coéquipiers, cela avait été dans ses intentions et c'était certain que Sasuke l'aurait fait s'ils n'avaient pas été présent. Kakashi n'avait rien confirmé ou démenti, mais il savait que si Sasuke l'aurait vraiment souhaité, ce n'était pas l'ancien de la racine, ou Sakura ou même Yamato, qui auraient pu le stopper aussi facilement. Sasuke les dépassait tous les trois et de très loin lors de cette rencontre À ce stade-ci, le seul qui aurait pu en être capable c'était Naruto, avec l'aide de Kyūbi, et personne d'autres, sharingan ou pas.

Et évidemment, ses doutes furent entièrement confirmés lorsque Naruto leur avait raconté dans les grandes lignes, à lui et à Tsunade, son dernier combat avec l'Uchiwa pour le défendre et la convaincre de le libérer, que Sasuke aurait pu le tuer car lui, ne pouvait pas le faire, mais qu'il avait réussi à lui faire entendre raison grâce à ses arguments.

À l'insu de l'Uzumaki et de tous, ce fut Hinata – qui savait qu'il serait un allié de poids plus que d'autres, même plus qu'Iruka - qui le convainquit entièrement en venant lui raconter - à lui seul car elle ne souhaitait, pouvait, pas trahir encore plus la confiance que Naruto avait placé en elle en lui racontant leur dernier affrontement - la vérité avant le rapport officielle de Naruto, le presque suicide de celui-ci lors de ce même combat. Il ne l'avait jamais avoué à Naruto, ni à personne sauf à son amant qui n'avait toujours pas accepté son choix, mais c'était surtout pour ça qu'il avait défendu Sasuke au départ, pas que parce que l'Uchiwa était son ancien élève et qu'il avait encore de l'affection pour lui, mais parce qu'il tenait à l'Uzumaki et qu'il avait peur – comme tant d'autres – de ce que Naruto serait capable de faire pour l'Uchiwa, et à cause de lui. Il en avait eu la preuve plus d'une fois.

- …Oui… Souffla l'Uzumaki d'une voix basse, ramenant Kakashi au présent après une dizaine de minutes sans prononcer un mot. Vous êtes le seul qui puisse comprendre ce qu'elle traverse… Si les rôles auraient été inversé… je sais que Sa… que Sasuke aurait pu la consoler, qu'il aurait pu trouver les mots qu'il faut car lui aussi à perdu sa famille… et qu'il a toujours mieux compris Abigaël, beaucoup plus que moi.

- Toi aussi, tu la comprends. Rappela tristement Kakashi.

- C'est différent et vous le savez autant que moi… Je peux la comprendre sur plusieurs choses, mais pas celle-là… Sourit tristement Naruto en regardant ses mains qui se fermèrent en poing. Vous avez connu votre père. Sasuke a connu sa famille. Moi non, je n'ai rien vécu de tout ça… Certes, j'ai pu rencontrer mes parents, et j'ai combattu aux côtés de mon père, mais… Mais je n'ai pu tisser de liens avec eux en si peu de temps… Et malgré ma relation avec Jiraya, je ne pourrais toujours pas la comprendre car même si je le considérais comme un père, je n'avais pas de lien aussi fort avec lui que Sasuke et Abigaël.

- Je comprends.

Kakashi détourna les yeux et les baissa sur les poings tremblants de son ancien élève. Oui, il ne pouvait que comprendre les paroles de Naruto. Le lien entre Abigaël et Sasuke avait toujours été plus puissant qu'un simple lien père/fille. Il l'avait ressenti à chaque moment auquel il avait assisté entre les deux Uchiwa. Il en serait presque jaloux de ne pas avoir d'enfant pour bénéficier d'instants comme avaient partagé si souvent Sasuke et Abigaël. Il ne savait pas s'il trouverait les bons mots avec la fillette, mais il essayerait, il devait bien ça à Naruto pour l'avoir sauvé tant de fois. Il lui devait tant de chose.

- Je vais lui parler. Sourit Kakashi et Naruto le remercia d'un signe de tête avec un léger sourire, vraiment sincère cette fois.

L'argenté se leva et monta les escaliers, réfléchissant à ce qu'il pourrait bien dire pour consoler, du moins, essayer de consoler la petite Uchiwa. Il se souvient de la discussion qu'il avait eu avec Sasuke avant qu'il rejoigne Orochimaru et il craignait de ne rien arranger, et pire, d'empirer les choses… Et Abigaël ressemblait beaucoup trop à son père Uchiwa pour ne pas que ses craintes soient fondées, même si la petite était encore bien trop dans la souffrance pour penser à une quelconque vengeance.

Kakashi espérait vraiment que les assassins de son ancien élève seraient bientôt retrouvés, et éliminés dans la foulée, les coéquipiers de Sasuke ne les laisseront jamais vivant et personne ne leur en voudrait, surtout pas Naruto.

L'ancien Kage arriva rapidement devant la chambre de la plus jeune et entra doucement pour ne pas la surprendre. Celle-ci, comme Naruto lui avait dit, était assise sur le rebord de la fenêtre et fixait le dehors, le dos vouté contre ses genoux qu'elle avait entouré de ses bras, la tête posée dessus. Abigaël portait un sweet-shirt noir qu'il avait rapidement deviné appartenir à Sasuke. Sa chevelure arrivant presque jusqu'au milieu de son dos était ramenée sur le côté, lui permettant d'apercevoir le célèbre éventail du clan Uchiwa, malgré quelques mèches qui dissimulaient une bonne partie. Il ne pouvait voir que son dos mais la souffrance qui se dégageait de la petite le prit jusqu'aux tripes.

Kakashi s'approcha avec lenteur et s'assit face à la plus jeune, qui ne posa pas un seul regard sur lui et resta aussi immobile qu'une statue. Il l'observa un instant avant de contempler le ciel à son tour, c'était un temps magnifique mais c'était bien ce qui faisait le plus mal. La vie continuait malgré tout…

- Je ne vais pas te dire que je comprends ce que tu ressens… Commença Kakashi d'une voix basse, comme si cette discussion devait rester qu'entre eux, et surtout, il ne voulait pas la braquer. Les gens ont tendance à dire « je comprends » sans mesurer la portée de ces mots… car bien qu'il le pense sincèrement, ils ne savent pas à quel point, ils ont torts… Au mieux, ils ne peuvent seulement qu'imaginer mais jamais, ils ne pourront comprendre l'ampleur de cette douleur qui nous détruit de l'intérieur, qui nous hante jour et nuit, qui nous empêche de respirer et de vivre… Les autres n'arrivent jamais à faire la différence et ils ne la feront probablement jamais, ils veulent tellement avoir raison qu'ils ne remarqueront jamais leur hypocrisie, qu'ils se voilent la face car c'est plus simple pour eux, parce qu'ils pensent avoir la science infuse, qu'ils ont toujours tout vu, tout vécu, tout ressenti… Ils disent tous qu'ils comprennent alors qu'ils n'ont même pas essayé une seule seconde de se mettre à ta place, d'analyser, de voir les choses, et même en le faisant, ils ne pourront jamais vraiment comprendre ce qu'il y a au fond de notre cœur… Comment pourrait-on comprendre ce que tu ressens, alors que l'on n'est pas toi ? Perdre un ami, un frère, une sœur ou un parent est une chose affreuse et triste… Ça, tout le monde peut l'assurer, mais ce n'est pas pour autant qu'ils peuvent comprendre la douleur de leurs semblables… Mais tu sais, ce n'est pas ça le pire… Non… Le pire, c'est que tu ne peux trouver personne qui pourra atténuer cette douleur, pas même ta propre famille… Et pire encore, c'est d'être celui qui reste...

Kakashi ferma les yeux, hésitant un instant sur la suite qui s'annonçait tout aussi douloureuse pour lui que pour la petite.

- Ton père le sait aussi et il te connaît plus que quiconque pour ne pas affirmer comprendre ta souffrance… Souffla-t-il et il perçut le raidissement d'Abigaël à ses côtés. Perdre son mari, son meilleur ami, l'amour de sa vie est douloureux pour lui, mais il sait, il imagine à défaut de vraiment comprendre, que ce n'est en rien comparable à la perte de ton père et du lien qui vous unissait…

Kakashi s'interrompit quelques instants, laissant un silence lourd s'installer dans la chambre. Il inspira profondément et regarda la petite à ses côtés. Il ne remarqua qu'à l'instant un bout de peluche orange qui dépassait d'entre les genoux d'Abigaël et sa tête, qu'elle avait un peu redressé. Il reposa son regard par la fenêtre et continua, les souvenirs affluant dans son esprit.

- Crois-moi, je ne suis pas venu car je pense que je te comprends… Répéta-t-il, et lui-même perçu sa propre douleur dans le son de sa voix, douleur qu'il croyait disparu… Je ne peux qu'imaginer ce que tu ressens car j'ai perdu moi aussi des êtres qui m'étais cher… Je vais te révéler ce que je n'ai jamais avoué à personne, pas même à Iruka…

Cette information eut le don de détourner le regard de la petite du ciel pour le poser sur lui, piqué de curiosité, et il supposa, avec espoir, car il se retint de croiser ses yeux, de crainte de la renfermer de nouveau. Abigaël sembla beaucoup plus réceptive et à l'écoute que depuis le début de la conversation, et c'était un grand progrès pour lui, et surtout, pour elle.

- Je n'ai jamais pu faire entièrement mon deuil, même lorsque j'ai revu mon meilleur ami pour la dernière fois… Je pense sans arrêt à mes anciens coéquipiers, mes meilleurs amis, et des choix que j'aurais pu faire, et qui aurait pu peut-être éviter tout ce qui s'est produit, je me suis toujours senti coupable de n'avoir pu faire beaucoup plus… Mon meilleur ami s'est sacrifié pour me sauver, par deux fois, et j'ai longtemps regretté de ne pas avoir eu le temps de lui dire tout ce que je voulais avant sa mort, c'est ce qui me tuait à petit feu à cette époque… Je sais qu'il me tuerait s'il était là car tout le monde fait des erreurs et que je n'ai plus à m'en vouloir, que je dois me pardonner comme il a pu le faire, mais… mais cela fera toujours parti de moi, je souffrirais toujours de sa perte, même si je suis plus hanté par mon passé et que j'ai réussi à aller de l'avant…

- Co… Comment tu as fait ? S'éleva soudainement la voix très basse de la plus jeune, et rauque de n'avoir pas parlé pendant presque deux mois.

Kakashi posa son regard sur la descendante Uzumaki et eut un sourire attristé en voyant les yeux brillants le regarder. Espoir. Le regard vairon était empli d'une souffrance qui faisait écho à celle qu'il avait tant ressenti par le passé, et avec des réminiscences aujourd'hui. Mais celle d'Abigaël était beaucoup plus profonde, plus puissante de ce que lui-même avait ressenti.

- Je… je ne pourrais pas… c'est… c'est trop dur… Sanglota la descendante en serrant son sweet au niveau de son cœur. Comment l'arrêter ?... J'ai trop mal, Kakashi-Oji… J'en… J'en peux plus… Co… Comment arrêter cette… cette douleur ?

- Je n'ai jamais pu l'arrêter, et j'ai mis plusieurs années à l'accepter… Avoua Kakashi, la voix douloureuse, avouant ce qu'il s'était évertué à dissimuler à tous. J'ai réussi à aller de l'avant grâce à tes parents surtout, que j'ai dû prendre sous mon aile à peine sortie de l'académie, à Iruka et Gaï aussi, à tous ceux qui sont restés, à tous ceux que j'ai juré de protéger pour racheter mes erreurs, et de ne plus jamais les reproduire. Je me suis trouvé un but, celle de ne plus perdre personne à cause de moi, c'est ce qui m'a permis d'aller de l'avant. Je ne vais pas te mentir… Tu ne pourras jamais l'arrêter, cette douleur, même avec le temps, peu importe tes efforts pour y parvenir, même si tu te persuades du contraire. Ta douleur ne disparaîtra jamais, il faut juste apprendre à vivre avec…

- Je… Peux pas… Je… Je ne veux plus rien ressentir… Je… Je veux plus… Je veux… Paps'…

Abigaël se jeta soudainement entre les bras de Kakashi, fondant en larme contre son torse et surprenant un instant le Shinobi copieur. Surprise passée, il referma ses bras autour du petit corps tremblant et le serra contre lui, tout en caressant le dos avec tendresse. Abigaël craqua enfin, appelait désespérément son « Paps » d'une voix brisée. Elle l'appelait encore et encore en une litanie douloureuse et suppliante, une litanie raisonnant affreusement dans la chambre silencieuse et froide.

Kakashi resserra son étreinte, la laissant pleurer contre lui en lui caressant doucement le dos, s'en voulant d'avoir mise l'enfant dans cet état. Même s'il savait qu'il fallait qu'elle craque pour qu'elle puisse avancer, ou du moins, reprendre un tant soi peu goût à la vie. Ce n'était jamais bon pour personne de garder tout ses ressentiments pour soi aussi longtemps, surtout pour son âge.

Derrière la porte, adossé au mur, Naruto ferma les yeux en serrant les poings, les larmes roulant sur ses joues à l'entente des pleurs et des appels incessants de son enfant, qui lui brisaient le cœur à chaque seconde. Il se laissa glisser contre le mur, remonta ses genoux contre son torse en plongeant ses mains dans sa chevelure, la serrant entre ses doigts. Il pleura silencieusement, retenant difficilement ses sanglots, mais pas sa respiration irrégulière et saccadée.

Kakashi avait trouvé les mots pour toucher son enfant, pour briser cette carapace qu'elle s'était construite et ce mutisme dans lequel, elle s'était si farouchement plongée. S'il s'en voulait un peu de comment cette discussion s'était terminée, il en fut soulagé qu'elle ait pu enfin craquer avec Kakashi, qui comprenait sa douleur plus que quiconque, même s'il affirmait le contraire, son discours en témoignait.

Naruto ne se douta pas un seul instant que la carapace brisée à cet instant en créerait une autre plus inquiétante et beaucoup plus dangereuse et imprévisible, que sa propre fille changerait de façon plus drastique et irrémédiable.

Fin flash-back.


Fermant les yeux et inspirant profondément, Abigaël s'appuya d'une main contre l'arbre le plus proche, tremblante et nauséeuse. Elle passa sa main droite dans sa chevelure ébène et fit tout son possible pour éloigner, effacer, tous ses souvenirs qui revenaient avec force et fracas. L'un des pires souvenirs de sa vie. Ce fut complètement vain. Son cœur battait à vive allure, ses oreilles sifflaient, les tremblements de son corps s'intensifièrent sans pouvoir les contrôler. Abigaël appuya son dos contre l'arbre et se laissa glissa le long de l'écorce jusqu'à s'asseoir complètement.

Elle n'en pouvait plus. Tout ça commençait à la rendre folle, elle n'en voyait pas la fin. Le manque. La colère. Le chagrin. Tout ça revenait à une puissance dix mille et elle se sentait perdre pied. Et son retour auprès de ceux qui se disaient ses amis, sa famille, n'arrangeait absolument rien, surtout pas le changement drastique qui s'était opéré chez son Hokage qui la troublait et l'inquiétait plus qu'elle ne le voudrait.

La Kunoichi soupira en se prenant la tête entre ses mains, réussissant plus ou moins à se reprendre et atténuer ses tremblements et ses émotions. Sa main gauche glissa doucement à sa joue, puis à son cou jusqu'à son creux. Elle rouvrit soudainement les yeux, tâtonnant frénétiquement sa peau, et les écarquilla en prenant conscience que rien ne s'y trouvait, que sa peau était nue de tout objet. Son collier… Son collier n'était plus là. Elle n'était plus là.

Abigaël baissa les yeux, terrifiée, et le cœur s'emballant de plus en plus rapidement à l'idée d'avoir perdu le seul objet qui comptait à ses yeux. Elle se releva d'un bond, tâtonnant les poches intérieures et extérieures de sa veste, puis de son pantalon, et ses manches, ses bottes, tous les endroits où auraient potentiellement pu glisser son collier. En vain.

La panique augmenta progressivement. Ses mains devinrent moites, son corps se mit à trembler violemment pris d'un énorme coup de froid, paradoxalement à son sang qui pulsa dans ses veines et se mit à bouillir douloureusement. Sa respiration devint rapidement erratique et incontrôlable, seul son raisonnant dans la clairière. Les pulsations effrénées de son cœur parvint jusqu'à ses oreilles bourdonnantes, comme si des milliers d'abeilles y avaient élue domicile. Abigaël avait l'impression que son cœur allait exploser dans sa poitrine se soulevant avec force et vitesse, puis il se serra si puissamment qu'elle étouffa alors que sa gorge se noua et s'assécha, et cela n'avait rien à voir avec la chaleur.

Abigaël eut un violent vertige qui l'obligea à poser un genou à terre, sa vision devint flou et elle avait le sentiment qu'elle allait s'évanouir d'un instant à l'autre. Son souffle se fit plus court alors qu'elle posa une main devant sa bouche et la seconde contre son estomac, une envie de vomir la prit jusqu'au tripes mais rien ne se produisit.

Abigaël ferma fortement les yeux, tentant de reprendre sa respiration et surtout, son calme. C'était pas le moment de faire une crise de panique, elle devait absolument le retrouver. Elle ne pouvait pas l'avoir perdu, c'était impossible, inconcevable. Pas ça, pas son collier qui ne la quittait jamais.

Après quelques instants où elle tenta de reprendre un maximum ses esprits, elle se releva, tant bien que mal à cause de ses jambes tremblantes et des sentiments qui lui faisaient tant de mal. Une fois plus ou moins calmée, ses yeux se plissèrent et d'une forte impulsion, elle courut en direction de l'hôpital, la peur de ne plus retrouver son collier lui tordant les entrailles.

Moins de cinq minutes plus tard à peine, elle pénétra comme une furie à l'hôpital, ignorant les regards plus que surpris de ceux qu'elle croisait ou ceux qui se trouvaient sur son passage et qu'elle bousculait sans s'en préoccuper, et n'ayant pas remarqué que les larmes roulaient sur ses joues, chose improbable pour ceux qui connaissaient la réputation insensible de la descendante Uzumaki/Uchiwa.

La Kunoichi arriva rapidement devant son ancienne chambre. D'un coup de pied, elle ouvrit ou plutôt, défonça la porte qui vola à travers la pièce, faisant violemment sursauter le nouvel occupant qui se retourna vivement. Ce dernier écarquilla les yeux et recula d'un pas devant les yeux vitreux et haineux de la plus jeune, yeux qui clignotèrent du noir/bleu à l'écarlate et vice-versa en le regardant avec une envie de meurtre palpable dans toute la chambre.

- Où est-il ? Grogna Abigaël en plissant dangereusement les yeux.

- De… De quoi… Vous parlez ? Bégaya le plus vieux, reculant encore d'un pas.

Abigaël siffla en voyant bien qu'il était sincère et sa rage se décupla. Sans plus de cérémonie, elle pénétra dans la chambre pour retirer d'un mouvement vif et brusque les couvertures et les draps, puis retourna littéralement le lit au sol, mais ce fut vide. Des deux côtés du lit maintenant entièrement défait, l'Uzumaki tira sur les tiroirs et ouvrit les placards, les vidant de tous leurs contenus qu'elle jeta sans ménagement au sol et derrière elle, se fichant des objets fragiles qui y étaient rangés et qui se brisèrent en entrant violemment en contact avec le sol.

Le patient se fit tout petit, se recroquevillant presque sur lui-même, en se dirigeant lentement vers la porte pour éviter d'attirer l'attention sur la furie qui renversait, ou plutôt dévastait, toute la pièce, l'aura noir et son chakra invisible rendant l'atmosphère inquiétante.

Abigaël s'en contrefichait de ce type, elle voulait simplement son collier. Elle devait le retrouver, absolument. C'était le seul lien qui lui restait. La seule chose qui l'empêchait de sombrer et de devenir folle. C'était son bien le plus précieux alors elle devait absolument le retrouver.

Abigaël ferma violemment les portes de l'armoire, qui se rouvrirent aussitôt sous la force qui les avaient empêché de se verrouiller, les vêtements s'y trouvant quelques instants plus tôt éparpillés partout autour d'elle et dans la chambre. Elle se dirigea ensuite à la salle de bain et fouilla celle-ci de fond en comble, jusqu'à vérifier dans les tuyaux d'évacuation de l'évier. Les bouteilles de gel douche, de shampoing et de soins rangés dans les placards étaient jetés au sol, le contenu se vidant petit à petit sur le carrelage, mais les recherches furent tout aussi vaines. Aucun collier, aucune alliance nulle part, même pas un éclat, rien.

La jeune femme sortit de la salle de bain, et la fureur reprit le dessus sur son presque calme avec encore plus de puissance et de bestialité face à la personne devant elle. En croisant les yeux verts, Abigaël perdit le peu de contrôle qu'elle avait repris avec difficulté, perdant son calme et son raisonnement, mu exclusivement par le chagrin et la fureur de la perte de son alliance et sa recherche fructueuse. Abigaël vit rouge, littéralement. D'un pas, elle se mit entièrement face à la médic-nin, elle l'attrapa par le cou et la plaqua brutalement contre le mur à côté de la porte, son regard changea. Le blanc de son œil droit devint entièrement écarlate et sa pupille azur se fendit, alors que son sharingan s'activa dans son œil gauche, tournoyant rapidement, menaçant et plus dangereux que jamais.

- Où est-il ?!

- Que… Je…

Abigaël resserra son emprise autour du cou de la femme et l'enfonça davantage contre la porte, empêchant Sakura de respirer et de répondre à sa question. Cette dernière attrapa les poignées de la plus jeune mais la poigne fut trop forte pour la desserrer, et Abigaël était trop hors d'elle pour qu'elle tente quoique ce soit par la force, au risque de la rendre encore plus furieuse et refaire ressurgir son côté animal. Sakura avait bien évidemment entendu les récits inquiétants concernant Abigaël et son ancien camarade à l'académie, ainsi que son combat contre ce Minarda et ses hommes et de la mort sans pitié et violente que leur a fait subir Abigaël, et elle n'était pas assez suicidaire pour provoquer la fille de son Sasuke-kun. En comptant aussi sur le fait que Nagisa Aka et Ryōta Kise, où qui qu'ils soient en réalité, préfèrent tout faire pour avoir la confiance de la descendante Uzumaki/Uchiwa pour mener à bien la destruction de Naruto Uzumaki-Namikaze.

- De… De… Quoi ? Répondit difficilement la Kunoichi.

- Mon collier. Avec l'alliance de mon père. Grogna la plus jeune, ses yeux brillants d'une haine que Sakura n'avait vu que sur une seule personne : Sasuke-kun.

- Je ne…

- OÙ EST-IL ?! Hurla la descendante Uchiwa.

Sa rage déborda de tous les pores de sa peau légèrement bronzée. Sa fureur était-elle que son chakra écarlate se dégagea violemment dans la chambre, brisant la seule fenêtre dans un vacarme assourdissant, éparpillant les débris de verre à l'extérieur tout comme à l'intérieur. Les tiroirs près du lit explosèrent, éparpillant le bois sur le sol et le lit, et les placards s'ouvrirent avec violence sous la force du souffle qui s'était levé si brusquement, claquant contre le mur. Son chakra l'entoura comme une seconde peau alors que ses ongles s'allongèrent pour former des griffes acérées, pénétrant dans la peau de Sakura, qui ne put retenir un gémissement de douleur, étouffé par la poigne d'Abigaël qui se raffermit.

Une brume opaque rouge se forma et recouvrit le sol à une hauteur d'une dizaine de centimètres. Ses pupilles se dilatèrent et son corps chauffa sous les ressentiments qui la parcourait, un grondement animal fit vibrer sa gorge et ses canines s'allongèrent à son tour. La noirceur et la haine qui l'envahissaient lui était incontrôlable, elle voulait tout détruire, tout exploser, tout brûler, tout mettre en pièce, en commençant par cette femme qu'elle exécrait et qui cherchait à faire elle-ne-savait-quoi.

- Fais-le. Tue-là. Détruis-là. Tu as déjà tout perdu de toute façon alors… Ne te retiens plus. Fais-le. Explose-tout. Brûle-tout. Détruis-Les. Tous. Souffla cette voix rauque, malsaine et jubilatoire, au fin fond de son esprit. Une voix qu'elle avait pourtant réussi à faire taire ces dernières années, depuis sa confrontation avec son ancien camarade et sa reprise de conscience grâce à son Hokage.

Abigaël grogna puissamment, et ses yeux devinrent presque vide, une seule lueur lui restait, une très infime lueur de raison, d'humanité, mais qui vacillait dangereusement, qui s'éteignit progressivement à mesure des secondes qui s'écoulaient. La poigne d'Abigaël se resserra davantage, le souffle court et les yeux de plus en plus vitreux. Elle le voulait, tellement. Ne plus rien ressentir. Ne plus rien éprouver. Ni douleur, ni manque, ni chagrin. Rien. Se débarrasser de tout ceux qui lui rappelait cet homme qui l'avait abandonné, qui lui avait menti, qui ne lui était jamais revenu alors qu'il lui avait promis tant de fois. C'était tout ce qu'elle souhaitait.

Son cœur se noircit davantage et ce qu'elle craignait était sur le point d'arriver, la limite était sur le point, à un cheveu, d'être franchie. La porte se trouvait là, à porté de main, il lui suffisait juste de tendre la main pour la pousser, la franchir et ne jamais en revenir. Ne plus être humaine.

- Cela ne t'apporte rien d'être humaine ! Accepte-moi. Accepte-toi telle que tu es réellement. Tues-les !

- Qu'est-ce qu'il se passe ? S'éleva une voix bien connue des deux femmes.

- Où est mon collier ?! Répéta froidement Abigaël en dardant la rosette d'un regard inhumain et ignorant le nouvel arrivant, l'infime lueur de conscience lui permit simplement de desserrer que très peu son emprise, mais pas les ténèbres qui prenaient de l'ampleur en son sein, murmurant encore et encore.

Le soulagement qu'avait ressenti Sakura fut de très courte durée lorsqu'elle comprit que l'arrivée de Naruto n'arrêterait aucunement sa fille, et que l'Hokage ne ferait peut-être aucun geste pour éloigner Abigaël, qui rapprocha son visage du sien. Sakura comprit rapidement que la raison d'Abigaël arrivait à son terme, et cela la fit frissonner désagréablement. Elle mentirait si elle disait qu'elle n'avait pas peur, elle était terrifiée. Après tout, Abigaël possédait du chakra de Kyūbi et pas qu'un peu.

- Je ne… Sais pas… Haleta Sakura, ayant du mal à reprendre sa respiration, plus pâle que jamais. Je te le jure.

- Détruis-la. Elle ment, tu le sais. Elle ne fait que ça. Deviens enfin toi-même. Tues-là !

- Ne mens pas. Siffla Abigaël. Où. ? Articula sombrement la plus jeune, et son soudain calme ne rassura pas Haruno.

Pas plus que de son chakra qui se concentra autour de la main droite d'Abigaël et qui s'étendit à son bras droit, brûlant légèrement la peau de Sakura.

Naruto regarda la scène sans esquisser le moindre geste et se permit juste de croiser les bras sur son torse, observant avec attention ce qui se déroulait, les sourcils légèrement froncés. Il prit conscience d'une chose en observant sa fille à cet instant, et pas des moindres. Abigaël était beaucoup plus dangereuse qu'il ne le croyait, et bien plus que tous les adversaires qu'il avait affronté jusqu'alors, et il ne pensait pas cela simplement parce que c'était leur fille à lui et Sasuke. S'il n'agissait pas, ne faisait rien pour elle, alors ça ne serait pas l'organisation qu'il faudra le plus craindre, et ce, même si à la fin de cette histoire, Abigaël saurait enfin que Sasuke était encore en vie. Il devrait la surveiller plus attentivement dans les jours à venir, jusqu'à qu'ils puissent stopper l'Akatsuki Bis.

Néanmoins, même avec ces pensées inquiétantes, il ne put s'empêcher d'être fier d'elle et d'esquisser un léger sourire. Après tout, si cela lui permettait de ne plus souffrir, alors pourquoi la changer ? Et si cela permettait de les rapprocher encore plus tous les deux, cela n'était pas si terrible finalement. Pourquoi lui reprocherait-il son changement alors qu'il avait fait exactement la même chose, qu'il avait enfin accepté cette sombre partie de lui ? Dorénavant, plus rien ne comptait plus pour lui que de stopper l'organisation et de protéger sa fille. Rien d'autres que ça ne serait dans ses priorités. Naruto ne l'abandonnerait pas, quelque soit les choix qu'elle fait.

- Abi-nee-chan… S'éleva soudainement une petite voix fluette et craintive, brisant le silence pesant de la pièce.

La surnommé tourna simplement les yeux sur la fillette à côté de son dernier parent. Celle-ci se triturait les doigts, tremblants sous la peur que lui inspirait la plus âgée. Naruto baissa les yeux sur Erza et remarqua rapidement une chaine en argent dans la main fermée de la petite.

- Je… Je voulais… Je suis désolé… Une infirmière la retrouvé… Et… Et je voulais te le rendre mais… Mais tu étais partie et je ne te trouvais pas…

Abigaël fronça les sourcils et ouvrit sa bouche au crocs dangereux, mais elle se stoppa lorsque Erza ouvrit sa main droite, laissant apparaître un anneau qu'elle reconnu immédiatement. Un soulagement sans nom envahit la jeune femme, son cœur se fit plus léger et toutes les pensées noires s'envolèrent aussitôt, tout comme cette voix qui se tut et disparut au fin fond de son esprit torturé, laissant tout de même une infime trace de son passage dans la conscience de la jeune Uchiwa. Sa poigne se desserra progressivement jusqu'à retirer entièrement sa main du cou pâle qui était maintenant rouge et avec cinq traces de griffes, peu profonde mais restant tout de même douloureuse. Les tremblements reprirent et ses yeux redevenus vairons s'humidifièrent, mais cela l'avait plus rien à voir avec sa colère et sa noirceur qui avait tenté – et presque réussi - de reprendre le dessus.

Abigaël s'approcha d'Erza qui se pinça les lèvres en se retenant de reculer d'un nouveau pas. La descendante Uzumaki leva lentement la main et effleura doucement l'anneau, comme s'il pouvait se briser à son simple effleurement. Elle l'attrapa avec une précaution extrême et se laissa tomber à genoux, le serrant dans sa main, puis contre sa poitrine en se recroquevillant en avant, la tête baissée et ses mèches dissimulant la moitié de son visage. Le soulagement fut tel qu'Abigaël ne put endiguer les larmes qui roulèrent de nouveau sur ses joues, ni ses sanglots qui franchirent la barrière de ses lèvres où ses crocs se rétractèrent. Erza voulut faire un pas pour tenter de réconforter son amie, mais elle se retint au dernier moment, se rappelant que c'était pas pour la jeune femme les démonstrations d'affections et qu'Abigaël n'aimait pas paraître faible.

La fillette fut quand même ravie de voir son amie redevenir elle-même, et pas avec ce regard qui hantait toujours ses souvenirs et qui lui avait donné envie de fuir, comme la fois contre ce Kase. Elle leva discrètement le regard sur Naruto qui observait sa fille sans paraître ressentir la moindre émotion. Il restait totalement froid et imperturbable. Cependant, elle vit ses poings se serrer et trembler, et elle avala difficilement sa salive en ayant un très mauvais pressentiment.

Erza détourna les yeux pour les fixer sur Sakura Haruno. Cette dernière se frottait son cou encore douloureux en regardant Abigaël avec une lueur mauvaise dans les yeux, et celle-ci s'intensifia lorsqu'elle jeta une œillade à l'Hokage.

Erza n'aimait pas cette femme. Elle avait un très mauvais pressentiment la concernant, - encore plus qu'avec l'aîné Uzumaki – même si elle l'avait apprécié au début lorsqu'elle s'était occupé d'elle. Cette Sakura ne lui inspirait plus confiance depuis le réveil d'Abigaël, elle ne savait pas d'où lui venait cette soudaine et puissante intuition qui la tiraillait depuis la veille, mais la rose jouait un double jeu, elle le sentait.

Erza se promit à cet instant de tout faire pour soutenir son amie qu'elle considérait comme une grande sœur. Erza avait décidé de devenir elle aussi une Kunoichi de Konoha. Elle s'entraînerait dur et deviendrait plus forte pour pouvoir aider et protéger Abigaël. Celle-ci lui avait sauvé la vie trois fois déjà alors elle avait une dette à vie envers la jeune femme. Abigaël était la seule famille qu'elle avait à présent. D'une façon ou d'une autre, elles étaient liées. Erza ne savait pas non plus d'où lui venait cette certitude, mais elle le sentait au plus profond d'elle-même. Abigaël Uzumaki et Elle étaient destinées à se rencontrer.

OoOoOoOoOoOoOoO

Habillée seulement de ses sous-vêtements, Abigaël fixait son reflet dans le miroir depuis elle-ne-savait combien de temps. Les mains fermées en poing contre le rebord de l'évier, l'eau s'écoulant du robinet était le seul son qui raisonnait dans la pièce lors de sa « contemplation ». Ses yeux étaient encore rougies par ses larmes qui avaient coulés trop longtemps à son goût. Elle se maudit d'avoir été aussi faible devant cette garce de Haruno et devant Erza… Elle baissa le regard sur sa main gauche en l'ouvrant, et observa l'alliance qui reposait dans sa paume et lu et relut l'inscription en argent y étant gravé : « mon meilleur ami ».

La descendante Uchiwa ferma un instant les yeux, puis elle attrapa les deux extrémités du collier avec douceur, passant les mains sous sa courte chevelure à l'arrière de sa nuque, elle rattacha son collier et l'alliance se reposa au creux de sa poitrine.

Abigaël soupira en attrapant la paire de ciseaux près du robinet, puis entreprit de couper ses cheveux à l'arrière de sa tête qui avaient trop poussés depuis ses dernières semaines. Une fois fait, elle plongea ses doigts dans sa chevelure et l'ébouriffa pour retirer le surplus. Elle attrapa ensuite une mèche ébène qui s'éclaircissait, elle la caressa lentement, nostalgique. Elle hésita, une seconde. Elle attrapa le matériel de couleur et fit sa énième teinture.

Trente minutes plus tard, Abigaël sortit de la salle de bain en se séchant les cheveux, toujours peu vêtue. La descendante Namikaze fronça les sourcils en voyant un Anbu dans sa chambre, non gênée en étant pas pudique et s'en fichant de toute façon. Celui-ci posa un genou à terre et baissa la tête.

- Votre père vous demande dans le bureau de Kazekage-sama. Informa-t-il, sa voix étouffée par son masque et dissimulant s'il était gêné ou non.

- Je suis pas à sa…

- Jellal et son équipe sont sur le chemin du retour. Coupa l'Anbu en la voyant se retourner.

Abigaël se figea net, dos à l'Anbu. Elle ne se rappelait même plus de la dernière fois qu'elle avait vu cette équipe. Abigaël se souvenait qu'elle avait toujours été proche de Jellal et des autres dans son enfance. Elle les regardait souvent s'entraîner avant. Aomine lui avait même appris quelques techniques, et Kise l'amusait toujours en imitant ses proches et à la perfection qui plus est, ou avec des mimiques absurde. C'était une époque bien lointaine. Elle les croisait de temps en temps à Konoha mais à part des coups d'œil, cela n'allait jamais plus loin. Elle ne pouvait s'empêcher de toujours leur en vouloir pour ce qu'il s'était passé.

- Très bien, j'y serais. Se résigna-t-elle froidement.

L'Anbu hocha simplement la tête et disparu.

Abigaël soupira et elle espérait qu'ils avaient des informations sur cette maudite organisation de malheur. Dix ans qu'ils recherchaient l'Akatsuki Bis et ils n'avaient encore rien, et cela l'agaçait profondément, surtout qu'ils étaient considérés comme la meilleure équipe de Konoha. La bonne blague. Ils étaient tout autant des incapables que les autres.

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Abigaël pénétra dans le bureau du Kazekage sans s'annoncer et sans frapper. Naruto était assis au bureau, le siège aligné en parallèle de celui-ci. L'Uzumaki observait distraitement le dehors, la tête posée sur son coude qui était appuyé contre le bureau, et l'air parfaitement impassible.

Le silence s'éternisa dans la pièce, aucun d'eux n'étant dérangé, ce qui était toujours étonnant venant du nouveau Naruto. Après une dizaine de minutes, ce fut Naruto qui brisa enfin le silence.

- Ils auront probablement des infos sur cette organisation.

- Comme depuis ces dix dernières années ? Cela serait très étonnant, ou peut-être, vaut mieux tard que jamais ? Répliqua Abigaël, sarcastique, mauvaise.

À sa grande surprise, elle entendit un léger rire amusé venant du siège. Elle leva un sourcil lorsque Naruto la regarda de ses yeux rouges/orangés. Il ne répliqua pas, mais son regard pesant et menaçant la rendit soudainement très mal à l'aise.

- Attendons donc, et avisons ensuite. Sourit le blond, son regard s'adoucissant soudainement. Viens donc près de moi en les attendant.

La jeune femme serra les dents, mais n'eut pas le cœur à objecter et le regard de l'Hokage avait une lueur qui la dérangeait, qui la dissuadait de refuser et de l'envoyer sur les roses, comme elle l'aurait fait en temps normal. Naruto était trop calme, parler trop mielleusement, pour ne pas qu'elle se méfie de ses réactions, surtout depuis son changement. Et elle avait toujours ses menaces de quelques jours plus tôt en tête.

Abigaël s'approcha et se posta près de la fenêtre, juste derrière l'anciennement blond. Elle s'appuya contre le rebord de la fenêtre en croisant les bras, toujours les yeux plongés dans ceux de son Hokage qui l'avait suivi du regard sans cligner des yeux.

- Pourquoi je dois être là ? Questionna la plus jeune, brisant à son tour le silence en ne comprenant pas son père alors qu'il voulait soi-disant la protéger de la vengeance.

- Je te l'ai dit, on a tous les deux le même but : Détruire l'Akatsuki Bis. Je ne resterais plus à l'écart et tu ne le feras pas non plus, quoi que j'en dises. Je ne suis pas ton ennemi, mon ange. De plus, tu avais raison dans ta lettre… Admit Naruto, faisant froncer les sourcils à sa fille. Pour arrêter un monstre, il en faut un autre, alors devenons-le. Ensemble. Et personne ne les déteste plus que nous deux en plus de ça.

Abigaël n'eut pas le temps de répondre qu'on toqua à la porte. Naruto intima au Shinobi de rentrer en se retournant complètement face à l'entrée du bureau.

Abigaël fut de nouveau frappée par la différence d'avec son père de ses dix dernières années, ou celui d'il y a quelques secondes. La seconde précédente, son regard était doux et complice, presque le même que dans son enfance, mais maintenant, en l'espace seulement d'un battement de cil, il était redevenu l'opposé. Froid. Insensible. Ses yeux ne reflétaient plus aucune humanité, ni compassion.

Néanmoins, son inquiétude pour l'aîné des Uzumaki fut vite remplacée par la haine lorsque Jellal et son équipe rentra. Elle ne pensa plus qu'à cette maudite organisation qui lui avait enlevé son père, et à la colère qu'elle éprouvait pour cette équipe qui n'avait rien trouvé en dix ans.

- Hokage-sama. Salua les Anbu qui avaient retirés leurs masques, après avoir fermé la porte.

- Oublions les formalités. Passons directement aux choses sérieuses, sans aucun détour. Ordonna froidement Naruto, surprenant l'équipe.

Kise et Aomine se jetèrent un rapide coup d'œil. Jellal eut un rapide froncement de sourcil et un tic nerveux de l'œil et Len eut un rictus. L'équipe avait bien entendu les nombreuses rumeurs qui courraient sur le changement drastique de leur Hokage, mais ils pensaient vraiment que cela était exagéré et que les gens s'ennuyaient pour inventer ce genre d'histoire. C'était vraiment inimaginable pour eux que Naruto Uzumaki/Namikaze devienne autant l'opposé de qui il était vraiment, et pourtant, ce qu'ils voyaient confirmés tous ce qu'ils avaient entendu jusque-là.

- On a eu plusieurs sources concernant les planques de l'Akatsuki Bis. Commença prudemment Jellal. On s'y est rendu mais ils avaient déjà pliés bagages, sans laisser aucune trace derrière eux. On suppose qu'ils ont été mis au courant d'une façon ou d'une autre.

- Je vous avez prévenu qu'on ne devait pas les laisser filer. Grogna Len en fusillant son Capitaine. Je suis certain que tes sources sont de mèches avec l'Akatsuki et qu'elles les ont prévenus dès qu'on est parti !

- On en est pas sûr. Objecta le frère d'Aomine en le regardant, mécontent.

- Tu es sérieux ?! S'agaça Len en serrant les poings, perdant patience. C'est la même chose à chaque fois alors arrête d'être aussi aveugle et stupide ! Ce n'est pas parce que tu as sauvé leur vie une fois qu'ils vont t'être loyaux à vie ! On retourne toujours au point mort, alors faut arrêter avec tes putains de coïncidences à la con ! Une fois, deux fois, je veux bien, mais ça se produit depuis plus de dix ans !

- Mais on ne doit pas agir de façon extrême comme tu veux le faire, on est meilleur qu'eux !

- En quoi ça sert d'être meilleur si on a aucun résultat ?! Répliqua froidement Len, la voix de plus en plus haineuse, tout comme son regard. C'est pour ça qu'ils arrivent à nous échapper, tu ne le vois pas ?! Eux, ils ne s'embarrassent pas de stupide règles ou de moral ! Ils font le nécessaire pour parvenir à leurs fins et c'est ça qui les rends beaucoup plus fort que nous. Ils sont craints parce qu'ils n'hésitent pas, parce qu'ils s'en foutent ! Les gens les aident parce qu'ils sont plus craints que nous. Ils savent très bien qu'on n'ira jamais aussi loin qu'eux, et c'est ce qui fait qu'ils auront toujours une longueur d'avance, et qu'ils doivent bien nous rire à la gueule !

- Ce n'est pas la solution d'être comme ces meurtriers.

- Je m'en cogne tant qu'il y a des résultats. S'emporta Len, et un léger souffle s'éleva dans le bureau. Ouvres tes putains de yeux, Jellal, d'être les gentils cette fois n'ait pas la solution et ne nous mènera à rien que de rentrer dans des murs ! Dois-je vraiment te rappeler tous les villages qu'ils ont détruits ? Les enfants, les bébés, massacrés ? Qu'ils ont assassiné Sasuke-san ?! Juste pour ça, je suis prêt à me salir les mains et réserver ma place en enfer !

- Tu…

- Ça suffit.

La dispute entre Len et Jellal se stoppa net à la voix de Naruto, qui était toujours étrangement calme, même malgré la mention de Sasuke. Ils fixèrent leurs attentions sur leur Hokage, la tension toujours palpable. Naruto était appuyé dos contre son siège, les yeux fermés, la tête levée au plafond, les deux mains posées sur les accoudoirs et ses doigts tapant en rythme lent et régulier contre le tissu du siège.

Un silence s'installa, trop pesant au goût de Jellal qui ne savait plus à quoi s'attendre de son Hokage dorénavant. Il avait un très mauvais pressentiment. Abigaël fixait son père, les yeux plissés, essayant de lire à travers son silence. Elle, elle avait déjà choisi son « côté », et elle se doutait du choix que ferait le Nanadaïme, elle attendait juste avec impatience la confirmation de tout ce qu'il lui avait assuré depuis son retour forcé.

- À partir d'aujourd'hui… S'éleva la voix sombre de Naruto, toujours les yeux fermés. Len a désormais carte blanche.

- Qu… Quoi ? Interrogea Jellal, n'étant pas sûr de comprendre.

- Dorénavant. Reprit Naruto d'une voix plus lente. Kagamine Len pourra agir comme il l'entends lorsque cela concerne cette maudite organisation. Quoi qu'il fasse, il n'y aura aucune sanction quant à ses agissements, ni aux vôtres.

Kise et Aomine se regardèrent, vraiment surpris. Jellal secoua doucement la tête, ne pouvant accepter cette décision. Il devait absolument faire entendre raison à son Chef.

- Mais, Naruto-sama…

- Ma décision est irrévocable. Coupa sèchement Naruto en redressant la tête, rouvrant ses yeux aux pupilles orangés/écarlate et arrêtant ses tapotements. Len a entièrement raison. Si être gentil et honnête ne donnent aucun résultat, alors soyons pire qu'eux. Nous allons jouer selon leurs règles maintenant. Vous avez carte blanche sur les moyens utilisés pour retrouver et stopper l'organisation. Menaçaient leurs familles, torturaient-les jusqu'à la limite de la folie s'il le faut, éliminaient si besoin, mais faites tout le nécessaire, qu'ils soient de Konoha ou non. Vous épargnerez seulement les enfants et les femmes enceintes, vous les interrogerez normalement sans brusquerie, mais avec le reste, n'ayez aucune pitié quant aux méthodes.

- Vous êtes vraiment sûr, Naruto-sama ? Interrogea Aomine, perplexe, mais aimant cette idée, il avait toujours été plus du côté de Len sur ce coup-là.

- Si vous refusez, je l'accepterais, mais vous pourrez dire adieu à votre carrière de Shinobi. Les informa Naruto, sans éprouver le moindre remord à cette franche menace.

L'équipe de Sasuke fut stupéfaite par cette menace, confirmant davantage toutes les rumeurs sur l'Uzumaki. Et à voir les prunelles brillantes de folie, ils savaient que ce n'était pas une menace en l'air.

- Dernière chose, vous vous contenterez de trouvez les repères encore non visitées et je m'y rendrais moi-même. Les informa-t-il. La priorité est de trouver l'Akatsuki, peu importe les dommages collatéraux. Les gens craignent l'Akatsuki ? Très bien. Mais faites en sorte qu'ils nous craignent encore plus.

Malgré la répulsion et l'inquiétude dans les yeux de Jellal, celui-ci baissa la tête et posa un genou à terre, espérant et se promettant d'éviter d'en arriver à une telle extrémité. L'angoisse s'amplifia en lui, car si Naruto-sama continuait ainsi, il ne voulait imaginer les conséquences dans leur propre Pays et les autres. L'alliance serait mise à rude épreuve, même si Naruto était un héro pour tout le monde.

Est-ce que c'est ce que l'Akatsuki cherchait ? Faire éclater la cohésion de l'intérieur ? Ce qui fonctionnait car tous commençaient à vraiment craindre Naruto Uzumaki/Namikaze, et personne ne pourrait stopper un Naruto hors-de-contrôle, le seul assez puissant qui en était capable n'était plus et la dernière qui avait encore un tant soit peu d'influence était trop rongée par la haine et la vengeance pour essayer de raisonner son père dans le même état d'esprit.

- On est à vos ordres, Hokage-sama.

Kise, Aomine et Len s'agenouillèrent à leurs tours en signe d'acceptation, les deux premiers impatients mais restant sur leurs gardes, et le dernier ne put masquer sa satisfaction et sa soif de sang. Il avait enfin toutes les cartes en mains pour venger son Patron, protéger son Hokage-sama et sa fille, et il n'allait montrer aucune pitié envers quiconque. Il avait trop rongé son frein, maintenant, c'était enfin terminé.


Dès que l'équipe fut sortie :

Abigaël reposa son attention sur son père. Ce dernier était serein, malgré qu'il venait d'ordonner la torture de personne pour retrouver l'Akatsuki. La fille Uzumaki ne savait pas vraiment si elle était plus inquiète que rassurée. Le voir ainsi lui faisait du mal, mais en même temps, elle avait toujours voulu le voir moins naïf et gentil, plus conscient de la réalité du monde qui l'entourait. Abigaël s'éloigna du rebord de la fenêtre et se posta devant Naruto, derrière le bureau. Leurs yeux se croisèrent et ils restèrent un moment à se regarder sans prononcer un mot. Puis, Abigaël brisa le silence.

- Je dois retrouver Minarda.

- C'est hors de question. Refusa net l'anciennement blond.

- Il connait l'Akatsuki Bis plus que nous, c'est pour ça que je l'ai retrouvé.

- Vraiment ? Depuis six mois que tu étais avec lui, quelles sont les informations qui pourrez nous aider à les débusquer ?

Abigaël serra les dents à son ton et à son rictus narquois.

- Sûrement plus qu'en dix ans de temps. Répliqua froidement la plus jeune. On devait les vérifier avant que mon cher parrain ne me ramène ici.

Naruto fronça les sourcils. Abigaël ferma les yeux en inspirant profondément et silencieusement, puis, elle les rouvrit. Elle calma son agacement et décida d'une autre approche.

- Qu'est-ce que tu crains ? J'ai ton foutu sceau qui m'empêche de partir sans avoir le Nanadaïme collé à mes basques. C'est hors de question que je restes à l'écart des recherches. C'est toi-même qui m'a dit qu'on avait le même but, alors ne reviens pas sur tes propres paroles. La confiance marche dans les deux sens, si tu veux que je te fasse confiance, alors tu dois me faire confiance aussi.

- Ça aussi, c'était dans les livres de Sai ?

- Non. C'est ce que j'ai compris après que tu m'ais raconté tout votre passé. Répliqua la plus âgée, faisant tiquer Naruto et la lueur de folie vacilla l'espace d'un instant. Les autres, y compris Shikamaru et Gaara te soutiennent, mais toi comme moi savons que c'est jusqu'à un certain point, qu'ils n'acceptent pas ce que tu es devenu, ni les décisions que tu prends. Tu sais très bien que si tu vas trop loin, ils tenteront de t'en empêcher. Tu ne leur fais plus confiance et je le sais, tout comme eux, ils n'ont plus autant confiance en toi. Pour ma part, je m'en fous complètement car tout ce qui m'importe c'est de détruire cette organisation qui m'a pris mon père, peu importe ce que je dois faire pour y parvenir, ni les personnes que je devrais éliminer pour ça. Je suis la seule qui puisse comprendre tes décisions. Je suis bien la seule parmi tous tes proches qui soit capable de combattre l'Akatsuki, car j'ai les meilleurs gênes de tous les cinq Pays.

Abigaël stoppa sa tirade, défiant son Hokage de la contredire. Celui-ci la fixait et eut un sourire qu'elle ne parvint à définir. Il soupira en fermant les yeux et s'appuya contre son siège. Naruto rouvrit les yeux, et il eut l'impression de lesvoir.

- Très bien, tu partiras à la recherche de Minarda et de l'Akatsuki de ton côté. Concéda-t-il. Mais tu ne feras pas équipe toute seule avec Minarda et tu rejoindras Konoha-maru, Natsu et Karma.

- D'accord. Accepta-t-elle, c'était un bon compromis et vallait mieux que cela soit eux que d'autres qu'elle ne connaissait pas.

Ses retrouvailles dans son ancienne équipe risquait d'être tendu, mais c'était le cadet de ses soucis.


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