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Bonne lecture !


L'appel qu'il venait de recevoir l'avait mis hors de lui, pas de colère, juste cette angoisse qui venait de ressurgir. Il avait filé vers l'hôpital sans se préoccuper des feux rouges, des stops et de tous ces indications de circulation, il avait tout bonnement conduit comme Ziva. Il n'avait mis que dix minutes pour parcourir la distance Ncis – Hôpital, soit dix minutes de moins qu'habituellement.

Il arriva en trombe dans le service des urgences où Morrow l'attendais.

Ces murs blancs caillés ressemblaient plus à une salle d'un psychologue qu'à une chambre. C'était ça l'hôpital, un environnement déplaisant à la fonctionnalité pourtant bénéfique, avec des médecins pour la plupart très professionnel et présent, avec une odeur bien particulière qu'on aimerait oublier. Jenny ne pensait pas se retrouver dans cette pièce avant encore quelques mois, et pourtant c'était le cas, une fois de plus elle se retrouvait cloué, immobile, des perfusions piquées sur les bras ainsi qu'une multitude de machine bruyante qui émettait des bruits inquiétant. Jenny s'était tourné sur le côté à observer le monde extérieur, aux gens qui faisait leur vie tranquillement dehors, pendant qu'elle était rongée par la peur d'avoir mis son bébé en danger, ou même pire. La porte s'ouvrit, pas la peine de se retourner pour connaître l'identité de l'individu et d'ailleurs elle n'avait pas envie de lui parler.

- "Tom m'a tout raconter, comment tu te sens ?"

- "A ton avis. Lui répondit-elle sèchement."

- "Jen ne te renferme pas...pas maintenant, s'il te plaît."

Gibbs posa sa main sur son épaule toujours tourné dans le sens opposé à lui. Un contact qu'elle aurait voulut rejeter, mais qui lui fît énormément de bien, elle avait tellement mal, pas à cause des douleurs qui s'atténuaient avec les médicaments, mais intérieurement, elle aurait voulu hurler, pleurer son mal-être.

- "Je ne veux pas le perdre."

- "Ça n'arrivera pas, je te le promet."

- "Tu ne peux pas promettre ce genre de chose. Répliqua Jen, les yeux toujours tourné vers le ciel."

- "Ils t'ont fait des examens ?"

- "J'ai eu le droit à la totale, prise de sang, prise de tension, et je les auraient insulter s'ils ne l'avaient pas fait."

- "Et pour le bébé ?"

Elle se mordit la lèvre inférieure, ronger par l'angoisse.

- "J'ai eu une échographie… Ils n'ont rien voulut me dire."

- "J'imagine pourtant que tu as été très persuasive."

- "Jethro...Tout est de ma faute."

S'en était trop pour lui, la voire comme ça, il ne le supportait pas, il appuya délicatement sur son épaule pour la forcer en douceur à se retourner. Elle n'opposa aucune résistance, croisant son regard bleu acier.

- "Ce n'est pas de ta faute, j'aurai dû te ménager et je ne l'ai pas fait."

Jenny le regarda, cet homme si fermé habituellement et qui pourtant savait s'ouvrir quand il le fallait. Elle ne pouvait pas s'empêcher de garder les bras entourés entoure de sa taille, les mains sur les côtés de son ventre, comme pour se convaincre qu'il était toujours là, bien au chaud et en bonne santé.

- "Pourquoi rien ne se passe jamais comme prévu…"

- "Parce qu'on est imprévisible tous les deux. Répondit Gibbs, heureux de lui avoir arracher un mince sourire."

Ils restèrent assis là sans parler, jusqu'à ce que la porte s'ouvre de nouveau, laissant apparaître une femme en blouse blanche.

- "Je vois que vous avez de la compagnie, c'est bien. Je suis le docteur Mauris, se présenta t-elle."

- "Jethro Gibbs, répondit-il en lui serrant la main qu'elle lui tendait."

- "Vous êtes le père ?"

- "Ça change quelque chose ?"

- "Oui c'est lui, coupa Jenny. Docteur qu'est-ce qu'il se passe ?"

Malone releva les pages de son bloc note avant de répondre à la question légitime de sa patiente.

- Vous souffrez d'un infection utérine, ce qui explique votre forte fièvre ainsi que les douleurs, l'utérus étant l'enveloppe qui protège le fœtus il est vital aussi bien pour lui que pour vous de traiter cette infection le plus rapidement possible.

- "Et le bébé ? Questionna Gibbs."

- "Pour ne rien vous cacher, il est affaiblit, son rythme cardiaque a légèrement ralentit."

- "Mon dieu non… chuchota Jenny."

- "On va surveiller ça de très prêt et on agira en conséquence, pour l'instant il faut vous détendre."

- "Comment ça a pu arriver...j'ai fait quelque chose de mal ?"

- "Mme Shepard, en aucuns cas vos problèmes de santé sont la répercussion d'une chose que vous avez faite ou non, ce n'est pas votre faute, ce sont malheureusement des choses qui arrive, ne vous sentez pas coupable."

La main de Gibbs se resserra doucement sur son épaule en signe d'approbation, cette légère pression la détendit instantanément, il fallait qu'elle se persuade qu'elle n'y était pour rien dans cette histoire, même si le stress de ces derniers temps n'avait sans doute rien arranger.

- "Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?"

- On va vous garder pour la nuit, le plus important à présent est de faire baisser votre fièvre et de commencer les antibiotiques pour stopper l'infection. On va surveiller vos constantes, ainsi que celle de votre bébé, et si tout nous paraît normal, vous pourrez rentrer chez vous demain avec un traitement adapté. Cependant il va falloir que vous restiez au repos pendant au moins deux semaines, quand je parle de repos ça signifie aucune sortie non essentielles, aucun effort physique intense, et bien entendu, vous allez devoir cesser toutes vos activités professionnelles.

- "Cesser mes activités professionnelles ? Je ne peux pas lâcher mon travail du jour au lendemain."

Le docteur Mauris prit un air plus grave, et une voix plus stricte.

- "Écoutez Mme Shepard, votre santé ainsi que la vie de votre enfant est en jeu, je pense que votre travail peu attendre."

Jenny était surprise du haussement de ton du docteur, comme une gamine faisant un caprice ou quelque chose du genre. Elle devait se rendre à l'évidence, ici ce n'était pas elle qui commandait.

- "Merci docteur."

- "Reposez-vous, la nuit risque d'être longue."

En effet la nuit avait été interminable pour Gibbs. Après le passage du médecin, Jenny s'était finalement endormie, le laissant seul avec ses angoisses qu'ils ne voulaient pas montrer, il revoyait Shannon et Kelly en boucle dans son esprit, la douleur inaltérable que leur mort avait suscité en lui, une plaie qui ne pourrait jamais se refermer, et voilà qu'il se retrouvait au chevet de la future mère de son enfant, sans garantie sur l'avenir, avec une épée de Damoclès au dessus de leur tête. Les heures défilaient, il garda sa main enfouit dans celle de Jenny qui remuait légèrement sous l'effet de la fièvre qui continuait d'agir, les yeux rivés sur les écrans des constantes.

Il attendait son retour depuis plus de deux heures, assis sur le canapé du salon, comptant le nombre de fruits dans la corbeille posée sur la table basse, la seule activité qu'il avait trouvé. Plus tôt dans la journée, il avait reçu un appel de la directrice lui indiquant que les accusations avaient été levée, et qu'il pourrait prochainement reprendre son poste au sein de l'agence. Un soulagement pour lui qui se voyait déjà chercher un autre job dans un milieu moins attrayant. Bien sur qu'il n'avait pas toucher à cette substance, enfin pas dans les jours précédents, peut être une, voir deux fois dans sa fougueuse jeunesse, mais jamais en temps qu'agent fédérale. Il ne savait pas pourquoi sa réaction avait été si brutale, ce n'était pas la première fois qu'il était accusé à tort, mais là, ça avait été la fois de trop et il avait perdu le contrôle. Ziva en avait fait les frais, et intérieurement il l'a remercia de n'avoir pas utilisé une carte de crédit pour le calmer. Il voulait se faire pardonner. Elle rentra enfin après trois heures d'attente sans un mots. Tony attendit debout qu'elle dépose son manteau ainsi que son sac sur le fauteuil adjacent. A l'évidence Ziva ne lui avait pas encore pardonner.

- "Bonjour, commença t-il."

- "Bonjour."

Sa réponse était sèche et sans aucune once de bienveillance.

- "Tu as passé une bonne journée ? Tenta Tony"

- "Comme d'habitude, mais elle aurait pu mieux commencer."

- "Écoute je…"

- "Tu vas t'excuser ?"

- "Heu...oui"

- "Tu as oublié la règle numéro 6 ?"

- "Les règles sont faite pour être enfreinte."

Il ne savait pas ce à quoi elle pensait, son regard et ses expressions étaient impassibles comme un chaton devant une vitre de glace, Tony comprenait pourquoi elle était en colère, il avait été odieux, mais il savait une chose, il l'aimait et il regrettait.

- "Tu dois être content, tu as été discrédité, tu vas pouvoir redevenir un gentil petit agent."

- "Ziva...écoute je suis désolé ok ?"

- "Désolé ? Heureusement que tu es désolé !"

- "J'étais bourré."

- "Ce n'est pas une excuse, tu as complètement lâché prise, tu ne t'es pas battu comme le Tony que je connais l'aurai fait. Je me suis battue jusqu'au bout pour toi, mais en retour tu m'as blessé…"

Ni colère, ni haine dans sa voix, juste de la déception et une once d'hésitation sur le pardon à lui accorder. Tony s'approcha doucement en lui faisant bien voir qu'il s'en voulait, il n'avait pas besoin de faire semblant car il s'en voulait réellement. Elle en était consciente, et au fond elle le comprenais, à moitié du moins, sous ses airs de clown de service, il y avait des blessures bien présente accumulée depuis des années, un craquage était prévisible, elle n'avait rien vu venir. Tony leva sa main et la posa délicatement sur sa joue, elle ne recula pas, attendant de voir ce qu'il allait faire.

- "Je suis vraiment désolé Ziva, j'ai dérapé, j'ai dit des chose que je ne pensais pas, mais il y a une chose que je sais, je t'aime agent David."

- "Tu as intérêt."

Il déposa un baiser sur ses lèvre entourant ses bras autour de son corps, elle lui rendit son étreinte, s'abandonnant à lui sans pour autant s'abaisser. Elle le repoussa dans une envie de lui donner une leçon et disparut dans l'encadrement de la porte de la chambre. Tony la suivit du regard, admiratif de la femme dont il était tombé amoureux.

Le lendemain matin à l'hôpital, les nouvelles étaient plutôt bonnes, la fièvre était tombée et le cœur du bébé avait reprit un rythme normal. Après une discussion sur le traitement ainsi que sur les choses à éviter durant la période de convalescence, Jenny avait été autorisé à sortir dans l'après midi. Gibbs ne l'avait pas quitté d'une semelle, au plus grand désespoir de Jenny qui n'avait plus l'habitude que quelqu'un prenne soin d'elle. Il l'avait évidemment reconduite jusqu'à sa maison dans une conversation des plus calme, la fatigue que chacun ressentait y était pour quelque chose.

Quand Jenny poussa enfin la porte de chez elle, le soulagent de se trouver dans un espace familier loin des murs blancs caillés de l'hôpital lui fît le plus grand bien.

- "Merci d'avoir été là Jethro."

- "Tu me remerciera quand je serai partit."

- "Ça veut dire quoi ça ?"

- "Je m'installe chez toi."

Jenny haussa un sourcil, lui faisant les gros yeux. Il avait dit quoi ?

- "Excuse moi ?"

- "Le temps que tu ailles mieux."

- "Mais je vais..."

- "Non Jen, tu ne vas pas bien. Arrête de faire comme si rien ne s'était passé."

C'est justement ce qu'elle voulait faire, oublier et passer à autre chose, laissé cet épisode derrière elle comme l'histoire avec Clark, le fait d'avoir faillit perdre son bébé à cause de ce taré… Elle soutint son regard sans pour autant être persuadé de son autorité.

- "Laisse moi prendre soin de toi le temps que tu récupères, laisse moi jouer mon rôle."

Gibbs était sérieux, il voulait être présent, s'occuper d'elle comme elle l'avait fait lors de son coma, faire en sorte qu'elle ne manque de rien. Il ne faisait pas ça par obligation, mais par envie, par besoin de se sentir utile. Jenny réfléchissait à vitesse grand V, mais sa tête commençait à tourner, preuve que son séjour à l'hôpital l'avait affaiblit.

- "Faut que j'aille m'asseoir."

Jenny tanguait, la douleur s'était calmé mais toujours présente. Gibbs la prit par la taille, un geste qui l'a surprit encore un peu plus. Ils allèrent se poser sur le canapé, respirant profondément en effectuant des mouvements circulaires sur son ventre.

- "Alors, tu en penses quoi ?"

- "Juste pour deux semaines ?"

- "Juste pour deux semaines."

- "Je te prévient, tu n'as pas intérêt à construire un bateau dans mon salon."

- "Promis"

- "Et tu prends le canapé."

- "C'était prévu."

- "Ok...ok, dans ce cas...pourquoi pas."

- "Bien."

Qu'avait-elle fait ? Vivre avec un homme, elle ne l'avais pas fait depuis...depuis neuf ans en fin de compte, et encore leur relations passées n'avait rien à voir avec une cohabitation simple et dénuée de problèmes. Gibbs se leva, fier de l'avoir convaincu.

- "Pour commencer, je vais te faire couler un bain."

- "La dernière fois que tu as fait ça, tu as faillit m'ébouillanter."

- "J'ai appris depuis."

Et comme s'il connaissait déjà les lieux, ce qui était le cas en fin de compte, il monta les marches en direction de la salle de bain. Jenny resta assise devant la cheminée éteinte.

- "Et bien bébé, ça va être une période très étrange. Murmura t-elle."


Alors alors ? Vos impressions ?

à bientôt !