Retour à la maison
Jamie attendait ce moment depuis que sa fille était née.
Elle allait enfin pouvoir rentrer chez elle.
Cela faisait quatre jours qu'elle avait accouché et Deaton avait tenu à ce qu'elle reste à la clinique pour s'assurer qu'elle cicatrisait convenablement.
Avalon allait bien et était en pleine santé.
Jamie avait totalement cicatrisé.
Elles pouvaient donc rentrer chez elles.
La toute nouvelle Maman attendait ce moment avec grande impatience. Même si la clinique vétérinaire était un endroit tout à fait sécurisé, elle ne se sentait pas à l'aise. Son instinct de louve lui hurlait de rentrer à sa tanière, là où elle pourrait prendre soin de son bébé, en toute sécurité.
Alors qu'elle tournait les yeux vers sa petite fille allongée dans son couffin, elle repensa aux événements qui avaient suivi la naissance et ne put s'empêcher de sourire.
Deaton avait guidé Derek pour les premiers soins. Le tout jeune papa avait suivi les indications à la lettre, ses gestes rendus maladroits par l'émotion. Mais ce que la jeune femme avait le plus apprécié, c'était quand son petit ami s'était confortablement installé dans un fauteuil, torse nu, et qu'il avait tenu leur bébé contre lui pour une séance de peau à peau. Si elle n'avait pas été amoureuse de l'Alpha avant, elle serait tomber raide dingue en voyant cette scène. Parce que voir Derek tenir ce tout petit être contre lui comme s'il risquait de se briser à tout instant et la regardant comme si elle était la huitième merveille du monde était probablement la plus belle chose qu'elle ait jamais vu.
Jamie s'assura de n'avoir rien oublié avant de tirer sur la fermeture éclaire de son sac d'un coup sec. Elle se dirigea dans le fond de la salle pour y récupérer sa veste en jean quand elle sentit une odeur familière.
En alerte et sur ses gardes, elle se retourna brusquement, les yeux brillants, les crocs et les griffes sortis et un grognement roula dans sa gorge, interdisant à l'intruse de ne pas faire un pas de plus.
Jamie aurait menti si elle disait s'être attendu à ce que sa mère ne se pointe à nouveau après sa tentative le jour de son accouchement. Elle ne savait pas comment elle avait fait pour venir jusqu'ici. Deaton était présent dans la clinique et Derek était sur le parking, à s'assurer que le siège auto était correctement fixé. Charisma n'aurait jamais dû pouvoir se glisser jusqu'à elles sans être vue.
Mais apparemment, ils avaient tous quelque peu baissé la garde avec la naissance d'Avalon et Charisma en avait profité.
Complètement sourde au grognement d'avertissement de sa fille, la chasseuse s'approcha du lit médicalisé sur lequel reposé le couffin dans lequel Ava somnolait. Elle se pencha et observa le bébé avant de tendre une main pour faire passer son index sur le petit poing serré.
- Ils sont tellement mignons à cet âge là… Tellement innocents…
- Ne t'approche pas d'elle.
- Elle te ressemble. (Jamie se figea). Tu étais exactement pareille à ta naissance. (La jeune femme resta muette, tendue comme un arc et prête à réagir si sa mère faisait mine de s'en prendre à sa fille). J'ai l'impression que c'était hier que je sortais de la maternité avec toi.
- C'était il y a dix huit ans.
- Oui… J'avais le même âge que toi aujourd'hui quand tu es née. Trente six ans et déjà grand mère.
Charisma Argent rit, rire que sa fille ne partagea pas.
- Tu as eu un très joli bébé, James. Toutes mes félicitations.
- Qu'est ce que tu veux ?
- Une grand mère ne peut pas venir voir sa petite fille nouvellement née ?
- Pas toi. Parce que tu n'es pas sa grand mère.
- Bien sûr que si, puisque je suis ta mère.
- Tu n'as jamais été une mère. Une génitrice, tout au plus.
- Peut être que l'idée d'être grand mère m'a fait changé.
- Je ne prendrai pas ce risque. (Jamie s'approcha du lit, réduisant la distance qui la séparait de sa fille). Va t'en avant que Derek ne revienne.
- Inutile de t'inquiéter pour moi. Je sais me défendre.
- Je ne m'inquiète pas pour toi. Meurs si ça te chante, je m'en branle. Mais comme tu l'as si bien dit, les bébés sont innocents. Je voudrais épargner à ma fille la vision de son père t'égorgeant. Alors, à partir d'aujourd'hui, reste loin de nous, ou j'irai porter plainte pour harcèlement.
Sans lui laisser le temps de répondre, Jamie récupéra ses sacs et le couffin et sortit le plus rapidement de sa la salle, mettant le plus de distance possible entre et Charisma.
Quand elle sortit de la clinique, elle manqua de percuter Derek qui revenait les chercher.
- Je vous avez dis de m'attendre à l'intérieur, grogna – t – il.
- Ma mère est là et je préférais attendre avec toi.
- Ta mère ? Mais comment elle a réussi à entrer ?
- Je n'en ai aucune idée. Ramène nous à la maison.
- Montez.
- Où est ta camaro ? demanda Jamie en ne voyant pas la voiture de Derek.
- Je l'ai vendu.
- Vendu ?! Mais tu adores cette voiture !
- Peut être, mais elle n'était pas franchement adaptée pour un bébé. Du coup, j'ai acheté ça.
La jeune femme regarda dans la direction qu'il avait indiquée et remarqua un SUV de chez Chevrolet flambant neuf. Derek attrapa les sacs contenants leurs affaires et les mit dans le coffre. Le plus doucement possible, Jamie installa le bébé endormi dans le siège auto et se glissa à ses côtés, une main posée sur son petit ventre tout chaud.
Ils rentraient à la maison.
-ooOoo-
Jamie n'avait pas repéré les voitures. Ils avaient dû se garer à l'arrière pour qu'elle ne les voit pas.
Elle remarqua qu'ils n'étaient pas seuls en s'approchant de la porte d'entrée, quand leur odeur lui parvint.
La jeune femme entra dans le salon, Avalon dans les bras et écarquilla les yeux quand ils s'exclamèrent en cœur :
-BIENVENUES A LA MAISON !
Elle sentit sa fille sursauter entre ses bras une demi seconde avant qu'elle ne se mette à hurler, tirée de son sommeil par les voix.
La meute se figea, surprise par le son strident. Jamie sourit en se mettant à se balancer.
- Bravo, vous l'avez effrayé.
- On est désolé ! s'exclama Scott en s'approchant. On ne voulait pas lui faire peur.
- Ce n'est rien. Je vais aller la coucher. Elle a besoin de dormir.
Abandonnant ses amis, elle s'engouffra dans le couloir pour entrer dans la pièce qu'ils avaient décidé de réserver pour leur fille. Jamie était contente qu'elle et Derek aient décidé de construire la maison de plein pied. Les escaliers n'étaient pas dangereux pour Avalon pour l'instant, mais dès le moment où elle serrait capable de ramper, et de marcher, cela deviendrait un vrai risque. La jeune femme n'avait pas eu besoin d'entrer dans les détails pour convaincre son petit ami. L'idée que leur petite fille ne dévale les marches l'avait fâché à vie avec les escaliers.
Jamie continua de bercer son bébé jusqu'à ce que la petite arrête de pleurer et la mit dans son berceau le plus délicatement possible. Alors qu'elle envisageait très sérieusement de s'asseoir dans le rocking chair et de rester là à observer sa fille dormir, Derek entra silencieusement dans la pièce. Encore aujourd'hui, elle se demandait comme un type aussi grand et aussi musclé était capable de se déplacer sans faire le moindre bruit.
- Tu ne viens pas ?
- Je ne veux pas la laisser toute seule… Et si elle avait faim ?
- Elle pleurera… Allez viens, tous tes amis t'attendent.
- Ce sont tes amis aussi.
- Ce sont surtout les tiens. Elle ne risque rien ici.
Jamie finit par capituler et le suivit hors de la chambre jusqu'au salon où ses amis buvaient et discuter à voix basse, de peur de réveiller Avalon.
Durant le reste de l'après midi, la jeune femme se détendit et rit avec ceux qui se rapprochaient le plus de sa famille. Elle ne dut s'isoler dans la chambre d'enfant qu'une fois, quand Ava pleura parce qu'elle avait faim. Derek avait bien proposé d'y aller à sa place, pour échapper à l'agitation qui régnait dans la maison, mais elle lui avait rappelé que, jusqu'à preuve du contraire, il ne produisait pas de lait et que donc elle était la seule à pouvoir gérer le problème de l'alimentation.
Vers dix neuf heures, Tara, qui était restée pour les aider à nettoyer, partit, les laissant enfin seuls pour la première fois depuis la naissance de leur fille.
Jamie venait de mettre le lave vaisselle en route quand elle sentit les bras de Derek s'enrouler autour de sa taille et son nez se couler dans l'arc formé par son cou avant qu'il ne rejoigne l'épaule. Alors qu'il prenait une grande inspiration et ronronna.
- Ça m'avait manqué…
- Je n'étais pas bien loin.
- Mais nous n'étions jamais seuls. (Jamie pivota entre ses bras et glissa ses doigts dans ses cheveux). Etre seul avec toi me manquait.
La jeune femme posa ses lèvres contre les siennes et gémit quand elle sentit sa langue glisser contre la sienne.
Embrasser Derek était probablement ce qu'elle préférait au monde. Dans ces moments là, entre ses bras, elle se sentait plus en sécurité que nul part ailleurs.
Resserrant sa prise autour de la taille de la jeune femme, l'Alpha la souleva et l'assit sur le rebord du plan de travail. Grisée, Jamie glissa ses mains sous le tee shirt qu'il portait et les remonta, passant le vêtement par dessus sa tête. Alors que le haut alla s'échouer au sol, Derek attrapa la chemise de sa compagne à l'encolure et tira d'un coup sec, arrachant les boutons. Jamie retira les manches de son chemisier foutu et glissa ses bras derrière son dos pour dégrafer son soutien gorge. En voyant le soutien gorge d'allaitement orné de dentelle qu'elle portait, les yeux de Derek virèrent au rouge. En réponse, ceux de la jeune femme devinrent jaune et il grogna.
L'Alpha l'attira à lui d'un geste brusque et la louve gémit quand ils se retrouvèrent peau à peau. Alors qu'elle s'attaquait au bouton du jean de Derek, ils purent distinctement entendre, sans avoir spécialement besoin de l'ouïe des loups garous, Ava se mettre à hurler depuis la chambre. Au même instant, Jamie sentit un élancement dans sa poitrine et eut une montée de lait.
Derek grogna et laissa tomber sa tête, qui atterrit sur l'épaule de la jeune femme. Cette dernière rit en embrassant ses cheveux et le repoussa doucement en arrière pour descendre de son perchoir.
- C'est l'heure du diner, on dirait.
- Je m'occuperai du bain.
- Quel homme parfait tu es.
- On en reparlera dans huit jours, quand nous serons totalement exténués !
Jamie explosa de rire en enfilant le tee shirt de Derek qu'elle avait récupéré sur le sol et entra dans la chambre de sa fille.
Et alors qu'Avalon tétait joyeusement, la jeune femme fut littéralement submergée par un sentiment de bonheur intense.
Tout était parfait.
Prochain chapitre : Demande inattendue
Note de l'auteure : n'hésitez pas à laisser une review pour donner votre avis !
Les auteurs de ne perçoivent aucun salaire pour leurs écrits, vos avis sont nos seules rémunérations !
