La répartition

"- Bonjour à vous, jeunes sorciers,

Bon nombre d'entre vous me connaissez

Vous savez donc que j'ai l'habitude d'accueillir les nouveaux

En chantant la chanson du Choixpeau.

Cela a commencé il y a fort longtemps

Lorsque l'Académie de Poudlard a ouvert ses portes pour la première fois

Laissant entrer tous les sorciers, petits et grands,

Qui sont là pour apprendre et découvrir ce que l'on ne sait pas.

Poudlard est un école prestigieuse et puissante,

Et je suis fier de pouvoir la représenter

Je vais vous repartir dans les quatre maisons différentes

Poufsouffle, Serdaigle, Gryffondor ou Serpentard, je les ai nommées.

Certains ont des préférences

Car pour leur famille c'est une évidence

Mais moi je lis dans votre cœur

Pour savoir quelle maison vous apportera le bonheur.

Comme son fondateur

Les sorciers qui vont à Serdaigle sont travailleurs

Obstinés et bien organisés,

Ils sont partisans du travail bien fait.

Vous irez à Poufsouffle si vous êtes loyal et gentil

Que ce soit ou non de famille

Car si vous y allez en cet instant

C'est que vous savez être juste et patient.

Vous irez à Gryffondor si vous êtes courageux

Là bas les sorciers sont hardis et preux

Les Gryffondor sont plutôt fiers

Mais vous accueilleront comme des frères.

Vous irez à Serpentard

Si vous êtes malin et vicieux

Ceux-là peuvent être très vantards

Fiers de leurs origines et surtout d'eux.

Maintenant que la tradition a été perpétuée,

La Répartition peut commencer !"

Toute la salle applaudit.

Alors là ! Papa m'avait dit que le Choixpeau s'était ramolli, mais c'est carrément devenu du nougat ! Je n'en reviens pas. Ce...chiffon poussiéreux ose dire qu'il représente Poudlard ? Mais c'est incroyable ! Et la guerre ? Et tous les morts ? Disparus ! Effacés de l'histoire du château. C'est pourtant ici qu'a eu lieu une des plus grandes batailles de l'histoire du monde des sorciers...

MacGonagall se lève puis appelle les élèves un par un. Ceux-ci posent le Choixpeau sur leur tête puis l'objet annonce la maison vers laquelle ils sont dirigés. Après 3 Gryffondor, 2 Serdaigle, 6 Poufsouffle et 4 Serpentard, je me perds dans mes pensées, sans porter la moindre attention au spectacle qui se déroule sous mes yeux.

Lorsque MacGonagall prononce mon nom puis mon prénom, la Grande Salle devient silencieuse et tous les regards se braquent sur moi. Étonnamment, je fus davantage rassuré : si je meurs de stress, il y aura au moins des gens pour témoigner le jour de mon enterrement. Cette simple pensée me fait sourire.

Je me dirige vers l'estrade, toujours le sourire aux lèvres. Avec mon éducation, je le transformais en un rictus méprisant.

Ma démarche est parfaite, soigneusement étudiée par mon père. Absolument pas confiant, je m'assis sur le tabouret (même pas de dossier ! Ils ont vraiment besoin d'argent, les pauvres...) et MacGonagall mit le Choixpeau sur ma chevelure parfaite, mes cheveux imbibés de gel.

Je souris, un sourire confiant. Pas pour moi mais pour les autres. Pour l'image que je donne aux autres. Car c'est le plus important. Si les autres croient que j'ai confiance, ils l'auront aussi. Et c'est tout ce que je leur souhaite.

Dans ma tête, une petite voix vient gâcher mes réflexions :

- Hum... Je vois une passion pour la lecture ! Intéressant. Comme votre mère, vous êtes loyal. Vous avez hérité de l'ambition de votre père, de son physique mais aussi de sa fierté... Votre mère a laissé beaucoup de douceur et de générosité dans votre cœur. Vous êtes un mélange très spécial. Vous seriez heureux dans toutes les maisons... Je n'ai jamais vu ça. Je vais... Vous laisser choisir. Ce choix sera déterminant dans votre vie. Choisissez bien !

J'attends, mais la petite voix qui m'irritait les tympans a bel et bien disparu. Non... C'est impossible !

- MERDE ! hurlai-je. FAIT CHIER !

C'est un cri de rage et de désespoir. Tant pis si tous les profs et tous les élèves me regardent de travers. Le Choixpeau m'a abandonné, livré à moi-même ! Seul contre tous, je cherche des réponses qui n'existent pas.

MacGonagall s'exclame, les lèvres pincées et les sourcils froncés :

- Jeune homme ! Ne criez pas ainsi !

Voyant que le Choixpeau ne semble pas décidé à parler, elle ajoute, dans l'incompréhension :

- Dans quelle maison êtes-vous ?

Je déglutis, la gorge sèche. Je ne mets pas plus d'une seconde pour réfléchir et pour savoir ce que je vais répondre :

- Serpentard. Je vais à Serpentard.

Je descends de l'estrade. Tiens ? Il n'y a pas d'applaudissements pour moi. Tant pis.

Je me dirige donc vers ma (nouvelle ?) maison. Tous mes camarades me regardent de travers, comme si je viens de Jupiter.

Je leur jette mon plus beau regard de Malfoy et lâche, d'un ton sec :

- Pas d'applaudissements ?

Tous les membres de Serpentard, même les plus âgés, obéissent à mon ordre, et je souris d'un air satisfait. Je me déteste.

Je mange le plus vite possible puis sors de la Grande Salle. J'ai besoin de prendre l'air, l'ambiance à la table des Serpentard est irrespirable. Une fois dehors, je vais dans le jardin puis m'assois sur un banc.

J'entends un craquement. Je me retourne.

Une fille rousse s'approche de moi, et je fais tout pour paraître... Un peu plus Malfoy.

Je la regarde de haut en bas et ne peux m'empêcher de la trouver jolie. Très jolie, même. Elle a les yeux verts, de longs cils et de légères taches de rousseur. Ses cheveux presque rouges flottent autour d'elle comme un étendard, et je trouve que cela ressemble drôlement aux Weasley.

Une magnifique Weasley... Je me gifle mentalement et me traite de tous les noms. Non mais qu'est-ce que c'est que ces pensées ? Si mon père savait...

La fille me sourit, puis me dit :

- Salut ! Pourquoi tu es tout seul ? Le repas n'est pas fini.

Je lui jette un regard méprisant, mais elle le soutient. Elle a du cran, il n'y a aucun doute là-dessus. Sans détourner le regard, je réponds d'un ton cassant :

- Tu n'as pas des amis à aller rejoindre ?

Toujours sans me quitter des yeux, elle dit d'une voix douce :

- Peut-être pourrais-tu le devenir ?

Je deviens tout rouge, j'en ai la certitude. Je réponds alors comme on me l'a appris. Méchamment. Et même si je souhaite dire autre chose, tout mon corps me pousse à répondre à la Malfoy. J'ai été élevé comme ça. Est-ce ma faute si la peur m'empêche de réfléchir ?

- Garde ta pitié pour toi ! J'en veux pas.

Elle rougit à son tour puis me répond, les poings serrés, visiblement en colère :

- Tu m'inspires beaucoup de sentiments différents, Malfoy, mais de la pitié certainement pas !

Elle se lève, puis partit à grands pas. Eh voilà, j'ai fait ce que j'avais à faire. Désormais, la seule fille que je pouvais qualifier de jolie me déteste. Je suis un vrai Malfoy.

Mais elle, est-ce une Weasley ou une... Potter ?