Harland,tu planes ?

À la fin du cours de sortilèges, j'ai enfin trouvé un plan. Incomplet, certes... Je n'en suis pas fier, mais c'est mieux que rien.

Attends, j'ai dit quoi là ? Je suis un Malfoy ! Je suis le meilleur !

Harland s'approche de moi, puis me donne un coup de coude. Il me dit :

- Viens, avec les autres on va au dortoir. On va pouvoir parler du plan.

Il me fait un clin d'œil, qui me donna plus l'air d'une grimace.

- Hum ! Oui mais... On a pas cours de sortilèges ?

Harland lève les yeux au ciel puis me dit :

- T'as déjà séché les soins aux créatures magiques aujourd'hui. T'es plus à ça près, si ?

Mon cerveau tourne à cent à l'heure, cherchant une solution, une réponse de Malfoy. Une réponse pas effrayée, mais qui me donnerait une heure de plus pour réfléchir à un plan digne de ce nom.

- Non, mais juste au cas où le prof décide d'apprendre des sortilèges de combat, ce serait dommage de rater ça.

Harland souffle, puis répond :

- Tout est possible avec des "si". T'inquiète pas, le cours sera normal.

- Moins bien, tu veux dire ! On sera pas là.

Il éclate d'un rire bruyant, me donne une grande tape dans le dos puis dit :

- Je savais que je pouvais compter sur toi !

Je me sens très mal : s'il savait que je n'ai jamais eu la véritable intention de mettre le plan à exécution ! Mais il n'a pas à savoir. Jamais.

Mais, comme toujours, on ne me demande pas mon avis, et je suis résigné et forcé d'obéir.

Delaney, Osarius et Eamon choisissent de débarquer à cet instant.

- Allez, on y va du coup, fait Delaney.

- Scorpius, tu ouvres la marche ! ajoute Harland, fier de lui et impatient.

- D'accord, répondis-je.

Cela le permet de faire des détours, pour gagner du temps. Parfait ! Pour une fois que cet abruti de Harland dit quelque chose de censé !

Je me place donc en tête de file, suivi de près par mes quatre acolytes. Je marche le plus lentement possible, soignant ma démarche pour sembler confiant et surtout intimidant. Malfoy, en classe pure.

Nous nous dirigeons droit vers les dortoirs. Juste avant de tourner, à l'angle, je m'arrête soudainement :

- Il y a quelqu'un devant.

Osarius fronce les sourcils, puis me dit :

- Non, il n'y a personne.

Argh ! Pourquoi Osarius est obligé d'être intelligent et de réfléchir avant de parler ?

- Mais si, Il y a quelqu'un, fait son frère. T'es con ou quoi ?

- Je suis peut-être con, mais au moins je suis pas sourd ! réplique Osarius.

- Vos gueules ! s'exclame Delaney. S'il y a quelqu'un, il va nous entendre, avec tout le boucan que vous faites !

- Je suis d'accord ! dis-je à mon tour. Vous arrêtez de vous disputer !

- Sinon, faisons un détour. Ça nous fera perdre un peu de temps, mais on est certains de tomber sur personne.

Eamon me regarde dans les yeux. Il sait exactement où je veux en venir. Il est génial ! Quelle chance de l'avoir avec moi !

- Scorpius ? me demande Delaney. On fait quoi ?

Je fais mine de réfléchir, puis dis, d'une voix ferme :

- On prend le détour.

Tous hochent la tête, visiblement d'accord avec moi. Osarius semble prendre sur lui, mais ne dit rien. Tant mieux, sinon j'aurais été obligé de le recaler.

Nous prenons donc un détour qui nous fait perdre cinq bonnes minutes. J'ai un plan complet, ça y est. Mais j'espère juste qu'ils ne me poseront pas trop de questions car je n'ai pas réfléchi à tous les aspects.

Nous arrivons devant l'entrée de la salle commune des Serpentard, puis je prononce le mot de passe.

- Pistris et cete !

Le tableau représentant Severus Rogue pivote pour nous laisser entrer. Nous entrons un par un dans la pièce circulaire aux couleurs de notre maison. Nous montons les escaliers menant aux dortoirs, puis entrons. Nous nous asseyons sur les lits.

- Donc, ce fameux plan ? fait Delaney, visiblement pressée.

Je joints mes mains pour me donner plus de contenance, puis pose mes coudes sur mes genoux. Je demande :

- Selon vous, qui est le leader des Gryffondor ?

Tous sont suspendus à mes lèvres et m'écoutent religieusement. C'est Osarius qui répond à ma question en premier :

- James Potter.

- Non, fait Delaney, c'est sa sœur, Lily. Elle les mène tous à la baguette. C'est fou comme ils peuvent être obéissants ! De vrais toutous ! Elle...

Entendre la Serpentard parler ainsi de Lily me donne envie de vomir : comment peut-elle se permettre de l'insulter de la sorte ?

- C'est James, fais-je pour couper Delaney dans son élan. C'est lui qui dirige les Gryffondor.

- Mais, dit Delaney, c'est le mec le plus désinvolte de Poudlard ! Il change de meuf tous les jours, il boit, il fume, il se bat et il déteste les élèves de première année !

Merde ! Il ne faut surtout pas que Delaney crame ma couverture. Sinon ça va mal se finir.

- Justement, dis-je en me donnant un air affligé, c'est pour ça qu'il est populaire. Sans ça, comment tu veux qu'il se fasse respecter ? Ou encore, comment veux-tu qu'il se permette de donner des ordres ?

Delaney se mord la lèvre, sachant qu'elle ne peut pas insister, craignant sûrement ma réaction. Victorieux, je souris, satisfait.

- Donc, ton plan ? me demande Eamon.

Je fais un sourire sadique, puis réponds :

- Oui, passons aux choses sérieuses... Je pensais à prendre du Polynectar pour nous faire passer pour James Potter. Ainsi, nous serons très bien infiltrés et nous pourrons prendre part au complot, à le faire disparaître.

- Et il viendrait d'où le Polynectar, me demande Osarius.

Non mais c'est pas croyable ! Il en a pas marre de poser des questions celui-là ?

- Nous irons à Pré-Au-Lard dimanche.

- Mais on est mardi ! s'exclame Harland.

Cette fois, pas de quartier ! C'est lui ou moi ! Un Malfoy n'a pas pitié des autres, et encore moins des faibles !

- Bravo ! dis-je. Tu connais les jours de la semaine ! C'est bien ! Bientôt tu apprendras les mois de l'année ! fis je avec ironie.

Je vois Harland devenir rouge de honte. J'ai réussi mon coup.

- Bien sûr que c'est dans longtemps ! Mais si tu en as sous la main, n'hésite pas à me tenir au courant.

- Sinon, propose Osarius, on pourrait aller en voler dans les cachots. Dans la salle de potions...

- Ouais, renchérit Eamon. Je suis sûr que le vieux Slughorn en a.

- Le vieux morse ? Tu crois ? demande Delaney.

- Vous savez, j'ai deux ans de plus que vous...

Cet énorme sous-entendu fait sourire tout le monde.

- C'est décidé, on y va cette nuit, dis-je. Delaney, je compte sur toi pour draguer Potter et lui récupérer un cheveu en discrétion.

- QUOI ? s'écrie Delaney. NON !

- SI ! crièrent à leur tour tous les garçons présents dans la pièce (sans se soucier un seul instant de leur voisins de dortoirs, endormis).

- Ce n'est pas toi qui avait dit que tu le trouvais beau gosse ? demande Osarius, malicieux.

La fille prend une jolie couleur tomate, puis répond :

- Ce n'est pas parce que je le trouve beau que je veux le draguer ! Je suis pas une pute !

- T'as raison, chérie, dis-je, aucun d'entre nous n'a l'intention de te payer !

- Scorpius ! se plaint Harland.

- Quoi ? C'est vrai !

- Je ne le ferai pas ! dit Delaney.

- Comme tu veux, fais-je en haussant les épaules. Mais compte sur moi pour t'enfoncer plus que tu ne l'es déjà.

Cette menace la fait pâlir.

- Mais...

Elle souffle, vaincue.

- Vous avez gagné. J'irai draguer James Potter. Mais ne comptez pas sur moi pour vous aider à récupérer le Polynectar.

Je lui tends ma main, pâle.

- Marché conclu !

Elle la serre.

.oOo.

Nous avons enfin fini les cours, après le cours d'histoire de la magie. Le prof étant un fantôme, il ne peut même plus mourir. Aucune chance d'avoir un remplaçant !

Nous sommes donc retourné aux dortoirs pour faire nos devoirs et être prêts pour demain.

Nous sommes en train de faire notre sac pour le lendemain, les jumeaux et moi. Soudain, j'entends des petits coups tapés contre le carreau de la fenêtre. Je me lève et vais voir. Dehors, une chouette de l'école attend, avec un colis.

J'ouvre la fenêtre, récupère le colis puis relâche la chouette. Dessus, mon nom est inscrit. Je déballe le papier qui entoure une petite boite en carton doré.

Je défais les ficelles et découvre des chocolats. Je souris, car c'est du chocolat blanc. Je déteste ça au plus haut point.

Les jumeaux, qui m'observent depuis leur lit, s'approchent. Harland me demande :

- C'est quoi ?

- Des chocolats.

- Tu ne les manges pas ?

- Non. Je déteste le chocolat blanc.

- Ah, fit Harland. Je peux les manger, du coup ?

Je souris. Un Malfoy peut être généreux, de temps en temps, non ? Je lui tends la boîte. Il la saisit, et, sans demander à son frère s'il en veut, enfourne tous les chocolats dans sa bouche d'un seul coup.

Je le regarde faire, fier de ma bonne action.

Nous retournons à nos occupations, puis, soudainement, Harland demande :

- Les mecs, ça vous dirait d'aller à la bibliothèque ?

- Pourquoi faire ? demande son frère. On a plus de devoirs, on les a tous fait !

- Bah pour se cultiver, tout ça...

Osarius et moi échangeons un regard inquiet. Harland ne va jamais à la bibliothèque. Je ne sais même pas s'il sait lire...

- Harland, tu planes ?

- Quoi ? demande le concerné.

- Non, rien. D'accord, fais-je. Allons à la bibliothèque "pour nous cultiver".

La curiosité prend le dessus. Que veut faire Harland là-bas ?

Je crois aussi qu'une petite partie de moi espère y croiser une fille rousse...

Lily Potter.