Vous avez bien deviné pour Millie/Millicent ! Bonne lecture pour la suite .
oOo
Chapitre 19: Chaleur humaine
Heureusement, les dégâts causés étaient minimes, mais j'avais tout de même été soulevée dans les airs, tournoyant sur moi-même. Je me préparais au choc de l'atterrissage, quand au lieu du sol, je vis apparaître un trou béant, précédemment caché par les colonnes de cristaux.
Un frisson glacé me parcourut alors que ma main se refermait sur le vide, bien trop loin pour saisir les rebords de la roche. Soudain, une main ferme gantée de noir m'attrapa le poignet.
"Tiens moi bien!" Me lança-t-il en m'attirant contre lui pendant que nous chutions.
Le vent sifflait à nos oreilles et la lumière disparaissait de plus en plus. Si la hauteur était trop importante, l'atterrissage nous serait fatal… Je sentis Pyrrah inverser nos positions, de sorte qu'il se retrouvait sous moi, et soudain, un fracas terrible retentit.
La neige qui avait voltigé autour de nous à l'impact retomba doucement, alors que je sentais à nouveau le froid brutalement.
"On est vivant…" Souffla Pyrrah en se redressant doucement.
"Oui…" Soufflai à mon tour, constatant qu'il me restait environ un tiers de mes PV. Ceux de mon vis-à-vis par contre, était dans le rouge après avoir percuté le sol de plein fouet. Il m'avait sans aucun doute sauvé la vie.
Sans attendre, nous fîmes rapidement remonter nos barres de PV à l'aide de potions, ne sachant pas à quoi nous attendre désormais. De toute évidence nous étions coincés ici, et le moyen d'y remédier nous était pour le moment inconnu. Impossible de se téléporter, impossible de contacter d'autres joueurs, comme dans n'importe quel donjon. Impossible d'escalader les parois. Pyrrah avait essayé…
Il ne nous restais donc qu'à passer la nuit ici. C'est alors que je regardai avec un étonnement non dissimulé mon compagnon de quête sortir une lampe, un réchaud, une casserole, des tasses, et deux pots mystérieux, ainsi que deux sacs de couchage.
"Sans blague… Tu as toujours tout ça sur toi?" Lui demandai-je, franchement impressionnée.
"Je passe pas mal de temps dans les donjons." Il était si calme en disant ça qu'il ne me vint même pas à l'idée de mettre ses paroles en doute.
Après nous être restaurés, nous nous glissâmes dans les sacs de couchage, profitant de leur confort et de leur chaleur. Nous discutâmes un moment, lui me contant des histoire de donjon, et moi des anecdotes de ma boutiques, quand l'étrangeté de la situation me frappa.
"C'est dingue quand même. Faire du camping avec un inconnu au milieu de nulle part, partager un repas, et dormir l'un à côté de l'autre, comme ça. Ça parait tellement irréel…" Soufflai-je.
"C'est vrai qu'en tant qu'artisan, tu ne dois pas avoir l'habitude. C'est fréquent durant les donjon de devoir bivouaquer comme ça, de manière imprévue." Me répondit-il.
Il avait l'air tellement calme, comme si c'était son quotidien, ce que c'était en fait d'après les anecdotes qu'il m'avait raconté. Les destins de milliers de personnes reposaient sur ses épaules. Il faisait parti de ceux qui risquaient leur vie régulièrement au front pour faire avancer le jeu, et pourtant, il avait failli mourir par ma faute.
"Dit Pyrrah, je peux te poser une question?"
"Mmm? C'est déjà ce que tu es en train de faire mais oui qu'est ce que tu veux savoir?"
"Pourquoi tu m'as sauvé tout à l'heure? Tu aurais pu mourir..."
"Plutôt que regarder une personne mourir, je préfère périr avec elle." Me répondit-il avec un regard assombri. "Surtout s'il s'agit d'une fille comme toi!" Rajouta-t-il avec son sourire retrouvé.
"Idiot… Tu es vraiment unique en ton genre…" Ce crétin venait de me faire monter les larmes aux yeux.
Je crois bien que c'était le premier à me dire des paroles aussi chaleureuses dans ce monde de fous. Non, en fait, c'était la première tout cours. Même dans le monde réel…
Je sus alors que ce qui me manquait le plus ici, c'était cette chaleur humaine. C'est ce que je cherchais depuis mon arrivée. Timidement, je tendis ma main vers lui, lui demandant en un murmure s'il voulait bien me la tenir.
J'eus l'impression que sa chaleur se propageait dans mon bras, jusqu'à mon cœur, le remplissant. J'avais beau savoir que cette sensation était le fruit d'un signal électricomagique envoyé à mon cerveau par le biais du MagicRing, je m'en fichais. Les sentiments, ici ou dans le monde réel, étaient les mêmes, et tout aussi importants.
Remplie d'une nouvelle sérénité, je m'endormis en quelques secondes.
oOo
Lorsque je m'éveillai doucement avec la lumière du jour, je m'étirai bienheureusement. Ça faisais longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi, et je souhaitais profiter au maximum de la sérénité que j'éprouvais.
Mais l'image de Pyrrah en train de creuser dans la neige titilla ma curiosité.
"Qu'est ce que tu fais?" Je lui posais la question puisqu'il ne semblait pas avoir remarqué mon réveil.
"Regarde ça!" Me lança-t-il en extirpant quelque chose du sol.
J'aperçus alors un reflet brillant entre ses mains, et en m'approchant, je vis qu'il s'agissait d'un lingot de métal blanc argenté, presque de la même couleur que la glace qui nous entourait. La lumière se réfléchissait dessus et il brillait davantage, le contraste accentué par les gants sombres de l'archer qui le tenait.
Poussée par la curiosité, je m'approchai et tapotai sur la surface de l'objet, faisant ainsi apparaître son menu où son nom apparut. Crystalline Ingot.
"Est-ce que par hasard c'est ce que je pense?..." Murmurai-je, n'osant y croire.
"Oui, je crois que c'est bien le métal qu'on est venu chercher." Me répondit Pyrrah, l'air assez sur de lui.
"Mais qu'est ce qu'il fait enterré ici?!" Pas étonnant qu'aucun joueur ne l'ai trouvé jusque là. Ils avaient tous du faire tout leur possible pour ne pas tomber dans ce trou, ou mourir avant.
"Mmm, je vois…" Souffla Pyrrah. "Le dragon mange le quartz, qui se raffine dans son ventre… oh!"
"Oh quoi?" Je commençais sérieusement à m'impatienter. Il semblait avoir tout compris, qu'il partage donc ses connaissances au lieu de prendre cet air supérieur.
"Ce trou n'est pas un piège." M'expliqua-t-il en me lançant le lingot cristallin. "C'est la tanière du dragon."
Je ne voyais toujours pas où il voulait en venir.
"Ce qui veut dire que ça…" Continua-t-il en désignant l'objet que je tenais entre mes mains. "C'est son caca!" Acheva-t-il avec un air très fier, rigolant franchement lorsque je lui lançai brutalement le lingot d'un air dégoûté après un cri très… féminin.
"Bon au moins, on a atteint notre objectif." Il ne semblait pas le moins du monde perturbé par la nature du métal que l'on avait trouvé. "Il ne reste plus qu'à sortir de là…"
Nous avion déjà bien cogité la veille, et n'avions pas de nouvelles idées pour sortir de ce mauvais pas. Si on pouvait voler, la situation serait bien différente… A peine avais-je fais cette remarque que je me tus brusquement, réalisant réellement notre situation.
"Pyrrah… Tu as a bien dit que ce trou, c'était la tanière du dragon?" Demandai-je d'une petite voix.
"Oui pourquoi?"
"Le dragon vit la nuit. Il commence à faire jour." Me contentai-je de répondre.
En le voyant déglutir, je sus qu'il avait compris toutes les implications. Le dragon allait bientôt rentrer dans sa tanière, là où nous étions justement… Au moment où nous levâmes les yeux au ciel, nous aperçûmes justement une ombre noire qui semblait fondre sur nous et grossir de seconde en seconde. Il ne fallut pas longtemps avant de pouvoir distinguer ses ailes, sa queue, mais surtout ses griffes et ses crocs imposants.
Il avait l'air terriblement de mauvaise humeur, et décidé à éradiquer ceux qui s'étaient introduits dans son nid.
Malgré ma frayeur je saisis ma masse d'arme, prête à en découdre, et je vis Pyrrah en faire de même avec son arc. Ce dernier se plaça d'ailleurs juste devant moi, dans un geste protecteur évident, me recommandant de rester derrière lui, et de ne pas hésiter à prendre une potion dès que mes PV auraient baissé ne serait-ce qu'un peu. Et j'étais bien décidée à obéir sans discuter cette fois.
Alors que Pyrrah s'apprêtait à décocher une flèche à la créature, il baissa soudainement son arc, comme pris d'une inspiration subite. Sans plus d'explication, il remis son arc lame sur son dos et se tourna vers moi, m'attrapant par le bras pour me lancer sur son dos.
Je n'eus même pas le temps de protester ou de m'indigner, qu'il fonçait vers la paroi comme lorsqu'il avait tenté de l'escalader la veille. Juste avant de la percuter, il bondit dans les airs, pour pouvoir courir sur la surface incurvée.
Le dragon, fou de colère, fouettait l'air de sa queue, provoquant à chaque fois une fissure dans la glace, et essayait vainement de nous attraper. Mais Pyrrah était trop rapide et agile. En quelques secondes, nous nous retrouvâmes derrière un dragon complètement désorienté qui nous avait perdu de vue.
Alors que je croyais que mon compagnon de quête allait attaquer le monstre de dos, il se saisit à la place de l'extrémité de sa queue, le faisant brusquement sursauter et prendre son envol, nous accrochés derrière lui. La lumière se rapprocha alors rapidement tendis que le monstre ailé sortait de sa tanière à pleine vitesse. La neige et le vent nous fouettaient le visage, mais nous nous dirigions vers le salut.
Alors que la dragon avait enfin retrouvé le ciel de l'île 55, Pyrrah le lâcha, nous laissant dériver quelques secondes dans l'air glacé même si ça m'avait paru bien plus long que cela. La vue était magnifique, le soleil brillait sur l'horizon, et les bras de Pyrrah m'entouraient de leur chaleur. Je crois que n'avais jamais ressenti autant de joie brute qu'en cet instant.
Sous le coup de l'émotion, je hurlais à Pyrrah que je l'aimais, mais le vent qui sifflait à nos oreilles ne lui permit pas de l'entendre. Ça n'avait aucune importance. Seul comptait ce moment si merveilleux, et le fait que nous sourions ensemble.
L'atterrissage fut un peu brutal, soulevant une montagne de neige autour de nous, mais rien ne pourrait m'enlever ce sentiment d'euphorie.
Le jour se levait à peine, et nous avions tout notre temps pour rentrer à Zeleni, nous fîmes donc une bonne partie du chemin du retour à pied, profitant du soleil levant, et surtout du fait d'être toujours en vie. Une fois revenus dans mon armurerie, un feu ronflant nous accueillit, nous faisant définitivement oublié le froid glacé du niveau 55 et de ses montagnes enneigées.
"Une lame pour un arc c'est ça?" Lui demandai-je une dernière fois avant de commencer à modeler le cristal que nous avions recueillit.
Après une grande inspiration, je me saisis de mon marteau, frappant le crystallin ingot avec tout mon cœur pour lui créer une arme à la hauteur de ce qu'il m'avait demandé. Alors que la lame prenait forme devant mes yeux dans une lumière rougeoyante, je ne perdis pas de temps avant de faire apparaître son menu.
Silverclaw.
Ce nom m'étais inconnu. Je venais sans doute de créer une arme totalement nouvelle, et donc unique. Sa teinte argentée rappelait le cristal dont elle était issue. Non reliée à un arc, elle possédait une garde légèrement incurvée, qui permettait de la manier telle quelle, à l'image d'un cimeterre, et qui s'ajusterait à la poignée de l'arc auquel elle serait combinée. Elle était lourde, et malgré son aspect délicat, elle possédait sans doute la même puissance que Darkfang qui se trouvait sur Vent Sombre.
Pyrrah s'en saisit et fit quelques mouvements avec, appréciant son poids alors que j'avais eu du mal à la manier. "C'est une bonne lame." Acquiesça-t-il, satisfait.
Je sautillais presque de joie, fière de m'être montrée à la hauteur. Mais la curiosité me tenaillait. Cette lame était sans aucun doute l'égale de celle qu'il possédait, mais sans doute pas supérieure, et pas vraiment différente non plus au niveau de ses caractéristiques. Je ne comprenais donc pas pourquoi il l'avait souhaité, et en avait l'air déjà si satisfait.
"Ça… tu serais capable de garder un secret?" Je hochai gravement la tête.
Après un léger clin d'œil, il sélectionna sa nouvelle lame et la confirma comme équipée. Elle disparut de ses mains, et une légère lueur émana de l'arc sur son dos, mais je ne voyais toujours pas où il voulait en venir. Par cette manipulation, il avait du échanger les deux lames, c'est tout, l'autre se retrouvant alors dans son inventaire.
Mais quand il se saisit de Vent Sombre, Darkfang, se trouvait sur sa branche supérieure, et Silverclaw sur celle inférieure. Jamais je n'avais vu d'arc lame à deux lames, le jeu ne permettait de se battre qu'avec une seule arme, et une double lame permettrait des attaques enchaînées d'une manière inédite, ce qu'il me prouva un instant plus tard. Les deux lames tournoyaient dans les airs, alternant les reflets ébène et argenté, alors que Pyrrah se servait aussi bien de sa main droite que de sa main gauche pour la manier.
Lorsqu'il eut fini sa démonstration, il sépara de quelques clics la lame argenté de l'arc Vent Sombre, la rangeant dans son inventaire. Je compris qu'il n'avait pas l'intention de dévoiler pour le moment sa nouvelle arme et la compétence qui en découlait, et je tremblai presque devant la confiance qu'il me démontrait. Dans SMO, la survie dépendait de ses compétences. En me la montrant alors qu'il souhaitait la garder secrète, il mettait en quelque sorte sa vie entre mes mains.
Lorsqu'il me demanda ce qu'il me devait pour mon magnifique travail, je lui dis que je ne voulais pas de son argent, juste le revoir, aussi souvent que possible. Je voulais qu'il vienne chez moi chaque fois qu'il en aurait besoin pour son arme, et même plus souvent encore.
Prenant une grande inspiration, je m'apprêtais à lui répéter les mots qu'il n'avait pas entendu lorsque nous venions d'échapper au dragon. Mais ils restèrent coincé dans ma gorge. J'avais posé ma main sur sa poitrine, et je vis immédiatement qu'il avait compris où je voulais en venir. Ses joues étaient écarlates, et il avait baissé les yeux, paraissant beaucoup plus jeune tout d'un coup.
Mais soudain, le bruit de la porte d'entrée de ma boutique se fit entendre, et par réflexe, je m'éloignai de lui, retirant ma main de son torse.
"Millie!" Immédiatement des mains se saisirent des miennes et je me sentis inspectée sous toutes les coutures. Les reflets blond presque blanc qui passèrent devant mes yeux me confirmèrent que c'était Draco qui avait fait cette entrée fracassante.
"Pourquoi tu ne répondais pas aux messages? Et je ne pouvais pas te localiser. J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose."
"Désolée. J'étais coincée dans un donjon."
"Hein? Toute seule? Mais qu'est ce que tu y faisais?" S'inquiéta-t-il encore davantage.
"J'étais avec lui. "En désignant Pyrrah du regard, que le blond n'avait pas encore remarqué, trop affairé à vérifier que j'allais bien.
"Py…Pyrrah?" S'étonna ce dernier d'une voix un peu trop aiguë.
Mon regard passa de l'un à l'autre, avec l'immense impression que j'avais loupé un épisode. Draco avait l'air vexé que l'archer ne l'ai pas prévenu qu'il était là, les joues légèrement rouges. Apparemment c'est lui qui lui avait parlé de ma boutique, lui en faisant bonne publicité. Et en retour, Pyrrah toussotait d'un air gêné, un léger sourire aux lèvres.
"Il n'a pas fait de trucs bizarres au moins?" Reprit Draco, un air suspicieux sur le visage en jetant à regard en coin à l'autre joueur.
"Comment ça des trucs bizarres?!" Se rebiffa l'archer.
Ils continuèrent à se chamailler plusieurs minutes sous mes yeux, semblant avoir oublié ma présence. On aurait dit un vieux couple, et même s'il n'y avait rien d'officiel entre eux, ça se voyaient qu'ils étaient attirés l'un par l'autre. Ils s'attiraient comme une arme et son fourreau, complémentaires. Je compris à cet instant que je n'avais pas une chance, et ne souhaitait même pas essayer de me mettre entre eux. Draco avait tellement changé depuis quelques mois, plus ouvert, plus naturel, moins froid. Tout ça, c'était grâce à Pyrrah, j'en étais sure.
Je pris alors ma résolution, serrant les poings pour me donner du courage.
"Il a juste brisé ma meilleure lame." Les coupai-je, faisant sursauter Draco et le faisant s'excuser platement au nom de son compagnon de combat au front.
Mais je les balayais de la main pour me pencher vers lui de façon à ce qu'il soit le seul à m'entendre. "Je suis de tout cœur avec toi Draco. Bonne chance!"
"Hein?! mais qu'est ce que tu raconte?!" Bredouilla-t-il, voyant exactement où je voulais en venir mais réfutant l'évidence pour l'instant.
Je lui lançai un clin d'œil qui le fit rougir avant de prendre la fuite, prenant l'excuse d'un fournisseur à voir de toute urgence pour quitter les lieux, leur demandant de surveiller ma boutique en attendant.
Il me fallait juste quelques minutes pour me reprendre, et pour pouvoir faire semblant d'être à nouveau heureuse. Je m'écroulais finalement au pied d'un arbre qui longeait un des nombreux cours d'eau de Zeleni, et pleurais toutes les larmes de mon corps. J'essayais en vain de me raisonner. Je n'avais pas pleuré comme ça depuis le premier jour où j'avais paniqué. Ce Pyrrah, je ne le connaissais même pas, on avait juste passé une nuit intense en émotion, risqué la mort ensemble, ça devait être ça, des sentiments trop forts d'un coup… Ce n'était qu'une illusion qui allait s'estomper…
Mais malgré toutes mes belles paroles mentales, les larmes continuaient à couler. Il était impossible de faire semblant dans SMO, les sentiments et leurs manifestations physiques étaient accentués par le système. Sur le moment, je le haïssais encore plus pour ça.
Je sursautai alors qu'un "Millie?" résonnait derrière moi. Pyrrah m'avais retrouvé, et son regard triste ne faisait rien pour arranger mon état.
"Il ne fallait pas venir maintenant. "Soufflai-je d'une petite voix. "Encore quelques minutes et j'aurais retrouvé mon sourire…"
Il essaya de me prendre la main doucement, mais je m'esquivai. Je craignais de repartir de plus belle dans mes sanglots stupides s'il me touchait. "Comment tu m'as trouvée?' Je lui demandai à la place.
De la main, il désigna le clocher qui dominait tous les autres bâtiments du village. "J'ai inspecté la ville de là, et je t'ai aperçue."
Sa réplique me fit rire. "Tu fais toujours des trucs aussi bizarres!" Ça avait l'air d'être sa marque de fabrique, faire des choses imprévisibles. "Je suis désolée de t'avoir inquiété." Repris-je. "Ça va aller, tu peux aller retrouver Draco."
Mais à la place, il me remercia, me faisant relever la tête de surprise. En s'installant à côté de moi, il me raconta ce qui s'était passé avec la dernière guilde dont il avait fait partie, et comment il avait pris la résolution de ne plus jamais se lier volontairement de cette manière à un autre joueur. Il n'avait plus fait équipe depuis, privilégiant le jeu solo au plus prêt de la ligne de front où il n'y avait presque personne. Il refusait de voir mourir quelqu'un d'autre devant ses yeux.
"J'aurais vraiment préféré mourir au font de ce trou avec toi plutôt que survivre seul." Souffla-t-il, le regard sombre. "Mais après, j'étais vraiment heureux que nous soyons tous les deux en vie." Rajouta-t-il avec un sourire.
Il se saisit de ma main, et cette fois, je le laissais faire. "Quand tu m'as demandé de tenir ta main là-bas… j'ai senti sa chaleur. J'ai réalisé que nous tous, nous ne sommes pas là pour mourir mais pour continuer à vivre. Alors merci."
"Moi aussi, j'ai toujours cherché quelque chose de vrai dans ce monde. Je crois que je l'ai trouvé. Cette chaleur, elle était bien réelle…" Soufflai-je, apaisée par ses paroles. Ma tristesse s'envolait doucement, dispersée par la chaleur de ses mots. "Tu sais? Tout ce que tu viens de me dire, tu devrais en parler avec Draco aussi." Murmurai-je, le faisant légèrement rougir à nouveau.
"Millie…"
"Je vais garder la sensation de cette chaleur encore un bon moment. Alors je compte sur toi." Repris-je. "Termine ce jeu. J'attendrais, et une fois de retour dans l'autre monde…" Je lui lançais un clin d'œil malicieux"
"Promis." Me répondit-il solennellement.
"Et si entre temps tu as besoin de quelqu'un pour réparer ton arme ou tes pièces d'armure, passes me voir!" Lançai-je, mes larmes définitivement chassées.
oOo
Un peu de concurrence pour Draco ?
