Merci à tous pour vos reviews et désolée de ne pas avoir publié cette semaine. Bonne lecture.
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Chapitre 21 : Blanc Civet
Cela faisait presque deux ans que le jeu avait débuté, et je me trouvais désormais sur l'île 74, la dernière découverte en date. Comme à mon habitude, j'évoluais en solo en première ligne. Même si cette méthode comportait des dangers et des limites, j'aimais déambuler seul dans ce labyrinthe inconnu. Je m'y sentais d'une certaine manière plus libre que n'importe où ailleurs.
Un éclat bleu m'indiqua la présence d'un Homme Lézard, les monstres principaux qui habitaient ces lieux. Ils étaient plutôt puissants, mais attaquaient toujours seuls, ce qui était une aubaine pour un joueur solitaire comme moi. Il fallait juste faire attention à leur vitesse de frappe, qui pouvait être perturbante. Mais j'en avais vu d'autres.
Ce dernier leva sa lame, un cimeterre, un peu plus long que celui qui garnissait mon arc, et un petit bouclier en fer de l'autre main. J'esquivai sa première attaque, la deuxième, avant de porter un coup, qu'il para lui-même avec sa rondache. Jetant un coup d'œil aux alentours pour contrôler mon environnement, je fis brusquement demi-tour, m'éloignant en courant de l'ennemi. Je savais alors ce qu'il allait faire.
Les Hommes Lézard étaient capables d'attaques fulgurantes, mais ensuite, il leur fallait plusieurs secondes pour récupérer et pouvoir enchaîner. J'allais me servir de cette caractéristique. Ma fuite allait forcément le faire déclencher une attaque de ce style pour pouvoir m'intercepter. D'autant qu'une attaque portée sur un fuyard avait bien plus de chance de donner un coup critique. L'intelligence artificielle ne pouvait pas passer à côté.
Alors que je courrais, je sentis le courant d'air derrière moi, signe que la créature avait brutalement accéléré, et qu'elle s'apprêtait à me toucher dans le dos. Je pivotai alors sur un pied, profitant de mon élan pour un dérapage contrôlé, et lui décocha une flèche en pleine face qui le figea brutalement. Sa lame passa à quelques centimètre de mon visage avant de s'arrêter. Immédiatement je continuai sur plusieurs coups enchaînés, me laissant porter par l'assistance du système.
L'homme Lézard se volatilisa en paillettes argentées.
Je soufflai un bon coup, constatant que ma barre de PV était toujours dans le vert, même si elle avait diminué un peu. J'avais bien avancé aujourd'hui, et décidais donc d'arrêter avant que mes points de vie ne virent au jaune.
Le donjon de l'île 74 se trouvait au cœur d'une montagne. Le chemin en suivait l'intérieur, et le centre n'était qu'un vaste canyon aux profondeurs insondables. Nul doute que la chute serait mortelle, mais heureusement, en faisant attention, il y avait assez de place pour se battre sans trop de risque. Malgré tout, certains monstres semblaient s'adapter à la configuration et essayer de projeter les joueurs dans le vide.
Pour regagner le dernier village avant le donjon, il fallait traverser une forêt, aussi lumineuse que la montagne était sombre. Le contraste était étrange, mais bienvenu dans le sens du retour.
C'est dans cette forêt verdoyante qu'un éclat blanc attira mon attention. Immédiatement, je fus sur le qui-vive, prêt à en découdre avec un monstre caché. Même s'ils étaient peu nombreux dans ce bois, il y avait tout de même quelques créatures belliqueuses.
Mes yeux s'écarquillèrent à la vue de la boule de poils munie de grandes oreilles. 'Blanc civet' S'afficha lorsque je focalisai ma vision dessus.
Le plus discrètement possible je me saisis de mon arc, faisant le point sur la petite créature qui ne m'avait pas encore remarqué. Lentement, je le bandai, me concentrant en sachant que je n'aurais sans doute pas de deuxième chance, avant de relâcher la corde d'un geste assuré.
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Niveau 50 : Arkada
"Attend… Viande de Blanc Civet… T'es sérieux là, ya pas plus rare comme ingrédient !" Bégaya à moitié Royal alors que j'attendais qu'il se reprenne, à moitié affalé sur le comptoir.
Évidemment que je savais que c'était rare. Pourquoi j'avais pris autant de soin à l'attraper quand il m'était tombé dessus sinon…
"La vache, c'est la première fois que j'en vois en vrai." Apparemment, il n'avait pas fini de s'extasier. "Tu es sur que tu veux me le vendre? Tu es déjà plein aux as non?" Le grand noir ne semblait vraiment pas s'en remettre, c'en était presque comique. "Pourquoi tu le gardes pas pour toi?"
"Tu crois que je n'y ai pas déjà pensé? Mes compétences en cuisine avoisinent le zéro… Même en faisant simple, je risquerais de le cramer…" Soupirai-je dramatiquement.
"Ouai je comprend… Je ne ferais pas mieux…" Il regarda l'item d'un air désolé.
Nous tournâmes tous les deux notre regard vers l'entrée quand la clochette en retentit.
"Salut Pyrrah." Me salua le blond qui venait d'entrer en regardant mine de rien autour de lui d'un air curieux.
J'eus alors une révélation. "Draco. Mon sauveur!" M'exclamai-je en posant mes mains sur ses épaules.
Un toussotement de la femme le suivant, rondelette avec des boucles brunes, me fit courir un frisson glacé le long du dos et je le relâchai prestement.
"Dit donc qu'est ce que tu viens faire dans ce trou à rat?" Demandai-je pour me reprendre, faisant grogner Royal derrière moi. Comme si c'était ma faute si sa boutique ressemblait d'avantage à un dépotoir qu'à un endroit de luxe.
"Comme on va bientôt programmer le prochain boss je venais vérifier que tu étais toujours vivant." Bougonna Draco en me fusillant du regard. Apparemment mon excès de familiarité à son arrivée l'avait vexé.
"Tu n'étais pas obligé de venir en personne, tu m'as enregistré comme ami je te rappelle."
"Mmphf. Content de voir que tu es vivant." Lâcha-t-il d'un ton froid, me laissant encore davantage perplexe. "Et sinon en quoi suis-je ton sauveur?"
Où comment passer du coq à l'âne. Mais entre autre, ça m'arrangeait.
"Ta compétence de cuisine, elle en est où?" Lui demandai-je à la place de lui répondre tout de suite.
Son air bougon se transforma immédiatement en l'air supérieur dont il avait le secret.
"A son maximum." Lâcha-t-il fièrement, me faisant écarquiller les yeux ainsi qu'à Royal. Sa mâchoire se serait d'ailleurs sûrement écrasée sur le sol si elle n'avait été si bien attachée.
Certaines compétences étaient purement 'récréative' dans SMO, n'ayant aucun intérêt dans la survie ou les capacités de combat. Vue la tournure mortelle qu'avait rapidement pris le jeu, de telles compétences avaient été laissées à l'abandon par la plupart des joueurs. A quoi bon faire monter une compétence qui ne nous aidera pas à survivre. Tel était le raisonnement. Avoir un bon niveau pouvait tout de même permettre de se faire pas mal d'argent, mais le temps passé pour l'amener à son maximum ne valait clairement pas la chandelle.
Je me demandais bien ce qui lui était passé par la tête pour passer autant de temps à augmenter cette compétence, mais je n'allais certainement pas m'en plaindre maintenant.
"Du coup, j'ai quelque chose à te demander." Commençai-je, avant d'ouvrir mon inventaire pour lui montrer mon item rarissime.
"Hein?! Un b-blanc c-civet." Bégaya-t-il en s'approchant plus prêt pour être sur de ne pas avoir une hallucination. Il leva les yeux écarquillés vers moi, et j'étais particulièrement fier de mon effet.
"J'ai un marché à te proposer. Si tu le cuisines pour moi, je te laisse y goûter." Proposai-je avec un grand sourire.
Je n'eus même pas le temps de me reculer avant qu'il ne me prenne par le col, se rapprochant si prêt que je louchais sur son visage.
"Moitié-moitié." Grogna-t-il à quelques centimètres de moi. Il était vraiment impressionnant là… Je me contentai donc d'acquiescer doucement.
Je ne pus retenir un sourire en le voyant presque sautiller sur place à l'idée de faire puis manger ce plat. Une seconde il me terrorisait presque, la seconde d'après, j'avais l'impression d'avoir un enfant en face de moi. Mais jamais je n'oserais lui faire une telle remarque. Merci bien je n'avais pas envie de mourir pour de bon.
"Désolé Royal, pas de deal pour toi." M'excusai-je en haussant les épaules.
"Attend Pyrrah, on est potes non? Tu veux pas m'inviter aussi?"
"Je te dirais comment c'était." Rigolai-je en passant la porte, le laissant s'affaler sur le comptoir, dépité.
A peine sortit de sa boutique, Draco se rapprocha de moi. "Alors, on le cuisine où ?"
Ça c'était une bonne question. Hors de question que je le ramène dans le taudis qui me servait de chambre. Je suis sur qu'il ferait une crise cardiaque rien qu'en le voyant. Ça se voyait à trois kilomètre qu'il était habitué à un certain standing, et qu'il continuait sur cette lancée dans le jeu. En plus, je n'avais aucun ustensile de cuisine chez moi à part une casserole, une louche et un couteau basique… Je doutais que ça convienne à ses compétences…
En voyant mon air gêné il prit les rênes. "On a qu'à aller chez moi. Exceptionnellement je peux te le proposer puisque tu amènes un met de choix."
Je ne m'attendais pas à ce qu'il propose ça d'emblée, mais j'étais tout de même curieux de voir où il vivait. Et ce serait sûrement plus sympa que squatter une auberge pour pouvoir y cuisiner.
"C'est bon, tu peux y aller." Lança-t-il à la personne qui nous suivait depuis le début. J'avais presque oublié sa présence, malgré le frisson qu'elle m'avait provoqué dans la boutique de Royal. Elle nous avait suivi tout du long.
"αDraconis. Ce n'est pas prudent d'inviter chez vous un inconnu." Lança-t-elle d'une petite voix nasillarde.
"Déjà ce n'est pas vraiment un inconnu… Et même si on ne sait pas grand de chose de lui, une est certaine, il est fort, sans doute une dizaine de niveaux de plus que toi Schmerz." Répliqua le blond avec un petit air innocent.
"Vous sous-entendez que je lui suis inférieure?" Grinça la femme, plissant les yeux en me dévisageant. "C'est ce beater c'est ça?" Rajouta-t-elle avec un air dégoûté. Son visage n'était déjà pas particulièrement agréable à regarder, c'était encore pire avec cette moue.
"C'est ça." Me décidai-je à intervenir.
"Ces types sont des égoïstes qui ne pensent qu'à eux." Répliqua le crapeau en m'ignorant. J'avais décidé de la surnommer comme ça vu son allure et son comportement qui décidément ne me revenait pas. "Il ne faut pas traîner avec eux!"
L'altercation commençait à rassembler du monde autour de nous, et je voyais lentement mais sûrement Draco perdre son calme. Ses yeux se plissaient dangereusement et ses lèvres commençaient à se pincer. Je n'aimerais pas être à la place de cette peau de vache.
"Ça suffit. Tu peux rentrer chez toi." Claqua sa voix. "C'est un ordre." Acheva-t-il d'une voix encore plus froide, tournant le dos à sa compatriote, lui signifiant la fin de la conversation.
Il m'entraîna derrière lui, ne me laissant pas l'occasion de lui demander s'il était certain de ce qu'il faisait. Cette Schmerz avait obéi à son ordre, mais vu son regard en nous voyant partir, ce n'était pas de gaîté de cœur.
Il me tira donc jusqu'au portail de téléportation, lançant à haute voix notre destination sans me lâcher une seconde. "Marudyãna"
Nous atterrîmes sur un ponton désert, avec vue sur un lac immense et magnifique, surtout à cette heure où le soleil commençait à se coucher dessus. Les teintes allant du rouge à l'or se reflétaient sur toute la surface, et je compris aussitôt pourquoi cette ville était aussi prisée, mais aussi pourquoi y loger était aussi cher.
"Ça fait du bien d'être un peu au calme." Soupirai-je doucement en admirant la vue. J'appréciais en effet bien plus le calme de ces lieux que le joyeux bazar qui régnait à Arkada.
"Pourquoi tu ne viendrais pas habiter ici?" Me demanda alors Draco.
"Pas vraiment les moyens…" Répliquai-je, les mains dans mes poches.
Je n'étais qu'un humble joueur solo. Même si j'étais plein aux as pour Royal, c'était bien loin de signifier avoir les moyens de me payer une maison ici, ou même louer. Il n'y avait aucune guilde pour me rémunérer moi… D'ailleurs en parlant de guilde.
"Tu es sur que ça ne va pas poser de problème avec cette Schmerz?" Les conflits intra-guilde n'étaient jamais une bonne chose.
"J'ai dit que je ne n'en voulais pas, mais par principe tous les officiers se sont vu attribuer une escorte. Depuis qu'on est devenu la guilde la plus forte, ça tourne au n'importe quoi…" Soupira le blond en secouant la tête. "Enfin c'est pas grave ! " Se reprit-il. "Dépêchons nous de rentrer pour cuisiner ce fameux plat."
"Waaa la classe…" Ne pus-je m'empêcher de m'exclamer en passant le seuil de la porte.
L'intérieur n'avait rien de ma chambre miteuse. Le salon était meublé avec goût, dans des tons clairs et lumineux. Quelques touches de couleur égayaient l'ensemble, notamment des coussins vert pomme, ou un napperon aux liserés argentés. Un tapis moelleux d'une belle teinte émeraude complétait l'ensemble.
"Ça coûte combien un truc pareil?"
"Pour la chambre meublée? Environ 4 000 000 de PO." Me répondit le blond après avoir réfléchi une seconde.
Ah… En fait j'avais les moyens, mais il ne me resterait plus rien après… Même si ça devait être agréable de rentrer dans un tel endroit après avoir parcouru les donjons, ça ne valait pas le coup de se mettre sur la paille pour autant.
J'étais tellement pris par mes pensées que je n'avais même pas remarqué que Draco s'était changé. Il était désormais vêtu bien plus simplement que l'uniforme de la guilde des Chevaliers de Walpurgis, argent et vert. Son pantalon lâche gris clair et sa chemise blanche étaient classes et décontractés en même temps. Pour ma part, je me contentais de ranger mon arc et mon tabard, restant en pantalon noir et pull noir. Simple et confortable.
Alors que je sortais le fameux Blanc civet de mon inventaire, les choses sérieuses allaient pouvoir commencer. Nous décidâmes d'un commun accord de le faire en civet, comme son nom semblait le suggérer. Je n'avais de toute manière pas les compétences en la matière pour décider, donc je suivis son avis sans soucis. Ce qui m'intéressait vraiment, c'était de goûter le résultat, mais la mise en place n'était pas inintéressante à regarder.
D'un main experte, Draco se saisit d'un couteau, tapotant l'item deux fois afin d'activer sa fonction. La pièce de viande se découpa sous mes yeux en une demi-douzaine de morceaux.
"Ça tombe bien, j'ai tout ce qu'il faut dans mon inventaire en garnitures. " M'informa le blond en continuant à s'activer.
De quelques gestes, je vis apparaître ce qui ressemblait à un oignon, un petit pot de farine, une motte de beurre, des feuilles de ce qui ressemblait à du laurier, une petite bouteille de vin, du sel, du poivre, et un saladier de pommes de terre et de carottes. D'un coup de couteau, chaque ingrédient qui le nécessitait se trouva découpé en rondelles.
"C'est beaucoup plus simple que dans la vraie vie." M'apprit-il en mettant ensuite tous les ingrédients dans le même récipient. "Normalement, il y aurait plusieurs étapes, mais là, ce n'est pas aussi amusant."
Il enfourna le plat, régla le minuteur, et se retourna vers moi.
"Et voilà, plus qu'à attendre!"
Et pendant tout ce temps, enfin ces quelques minutes, je l'avais regardé les yeux écarquillés. Il semblait comme un poisson dans l'eau. Vues ses paroles, je pense qu'il devait être également un bon cuisiner dans la vie à l'extérieur du jeu. Je ne l'aurais pas cru de prime abord, mais après l'avoir regardé faire, j'avais beaucoup moins de mal à le croire.
Enfin, il sortit le plat du four, et je dus me retenir de baver à l'odeur qui s'en échappa. "Si le goût est à la hauteur de l'odeur, je peux mourir tranquille." Soufflai-je, hypnotisé par le contenu frémissant.
Heureusement, le blond ne tarda pas à nous servir, et plus un mot de retentit durant de longues minutes. On étaient bien trop occupé à savourer et à ne pas laisser perdre une miette du met sur la table.
"En deux ans, c'est la première fois que je mange un plat de cette catégorie. Ça vaut le coup d'avoir survécu jusqu'à maintenant…" Souffla Draco en s'affalant en arrière sur sa chaise.
"C'est clair." Répliquai-je en passant une main satisfaite sur mon ventre. J'étais repu.
Le silence dura encore quelques secondes, chacun savourant sa tasse de thé en digérant tranquillement, avant que le blond ne reprenne la parole.
"C'est marrant… Plus le temps passe, et plus j'ai l'impression d'être né ici." Murmura-t-il, ramenant brusquement mon attention sur lui.
En même temps, je ressentais la même chose. De plus en plus souvent, j'avais du mal à me rappeler ma vie avant. Elle me semblait de plus en plus comme un rêve lointain, alors que la réalité se situait ici. Je savais ne pas être le seul dans ce cas. De plus en plus de joueurs s'installaient, et ne cherchaient plus à finir le jeu. Ils s'étaient fait une raison. On devait être actuellement moins de cinq cent au front, à se relayer et à combattre pour sortir d'ici.
"Tout le monde commence à s'habituer à ce monde… mais moi je veux rentrer." Reprit-t-il. "Il me reste tant de choses à faire dans le monde réel. Il est hors de question d'y renoncer."
Je souris à son ton absolument sur de lui. "Tu as raison. Et puis ce ne serait vraiment pas correct vis-à-vis de tous ceux qui nous soutiennent et comptent sur nous."
"Stop!" Me coupa-t-il alors que je continuais à sourire un peu bêtement.
"Hein?"
"En général, ceux qui me regardent comme ça, fille ou garçon, finissent par me demander en mariage." Lâcha-t-il d'un air complètement sérieux, me faisant rougir bien malgré moi, avant qu'il n'éclate de rire à mon air stupéfait.
"Aha. Très drôle."
"Bah quoi, je suis apparemment la seule personne avec qui tu t'entends bien et que tu fréquentes un tant soit peu." Répliqua-t-il, un sourire en coin bien en place.
"Aucun rapport, je joue solo." Lâchai-je d'un ton bougon. De quoi il se mêlait le blond peroxydé…
"Dit Pyrrah, ça ne t'as jamais tenté d'intégrer une guilde?" Me demanda-t-il alors, l'air bien plus sérieux. "Je sais bien que les ex-béta testeurs ne s'adaptent pas bien aux groupes, et jouent en général solo. Mais depuis le niveau 70, j'ai l'impression que le niveau des monstres augmente bien plus irrégulièrement. Jouer solo commence à devenir vraiment dangereux, tu n'auras peut-être pas toujours une échappatoire. "
Apparemment, il y avait vraiment réfléchit, et semblait s'inquiéter réellement de mon sort. "Je prends une marge de sécurité suffisante." Essayai-je ne le rassurer. "Et puis, les coéquipiers sont plus souvent une gêne qu'autre chose." Rajoutai-je d'un ton plus arrogant pour clore le débat.
J'aurais mieux fait de m'abstenir…
"Une gêne? Vraiment?" Le ton glacial me fit relever brutalement les yeux et me faire tout petit. "Je ne parlais pas dans ton cas bien sur." Me rattrapai-je rapidement.
Draco était vraiment, mais vraiment effrayant quand il faisait ça…
"Mmm. Très bien, dans ce cas, on va faire équipe tous les deux." Affirma-t-il.
"Comment ça faire équipe? Et ta guilde? Ta garde du corps?" De quel droit il prenait une décision comme ça de façon tout à faire arbitraire?
"La guilde ne posera pas de problème, et ma garde du corps va y rester." Assura-t-il.
Je poussais un énième soupir en validant sa demande d'association sous son regard menaçant, tout en louchant de temps en temps sur le couteau qu'il manipulait. Apparemment, je n'avais aucun choix dans l'affaire, sous peine de me faire découper en morceau. Mais comment j'en étais arrivé là… Tout ça pour un civet exceptionnel…
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Une petite quête basique qui mène à faire équipe^^
Avez-vous deviné qui est Schmerz ?
