Contente que le combat vous ait plu. Bonne lecture.
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Chapitre 26 : Embuscade de la mort
De retour à Stàilinn, je patientais avec Draco dans un salon du QG de la Confrérie des Chevaliers de Walpurgis. De grandes bibliothèques en ornaient les murs, et j'avais pendant quelques minutes arpenté les étagères à la recherche d'une distraction, avant de finalement me poser dans un fauteuil en face de mon camarade. Nous attendions la venue d'un membre de la guilde, afin de recevoir notre nouvel ordre de mission.
En tant que membre à part entière, et étant désormais sous les ordres de Gumaith, je devais, comme chacun de ses sujets, participer à l'avancement du jeu de la manière dont il le jugeait le plus utile. Enfin, de la manière dont le conseil de la guilde le jugeait le plus utile, étant donné que Gumaith ne s'imposait que très peu dans ses décisions. A mon avis, il n'en avait pas besoin, il lui suffisait de suggérer pour que ses sous fifres se chargent du reste. Mais là n'était pas la question.
J'étais curieux de savoir en quoi consisterait ma première mission. Devrai-je aller à la recherche d'un artefact rare pour la Confrérie? Devrai-je continuer à avancer dans le donjon du dernier pallier découvert? J'espérais qu'il n'y aurait rien de diplomatique, n'étant absolument pas doué dans ce domaine. Mais du moment que je restais avec Draco, peu m'importait en réalité. Il avait obtenu que l'on fasse équipe tous les deux, et ça ne changeait donc que très peu de ce qui se serait passé si j'avais gagné ce fameux duel. Il m'aurait été bien plus pénible de faire partie d'une escouade de cinq joueurs, comme la plupart des membres.
Draco devait le savoir, il avait insisté pour que contrairement aux règles établies, on reste à deux. On avait après tout largement le niveau pour, donc ça n'avait pas réellement posé de problèmes. Mieux valaient deux joueurs puissants qui fonctionnaient bien seulement à deux, plutôt qu'une équipe foireuse parce qu'incapable de travailler justement en équipe.
Mais j'allais rapidement déchanter alors que Redguard entrait dans la pièce. Ce dernier était massif, me faisant penser immédiatement à un porteur de hache. Il nous dépassait moi et Draco d'au moins deux têtes, pourtant, son visage n'avait rien d'agressif malgré ses yeux sombres et ses cheveux noirs ébouriffés. Je l'imaginais bien chanter des chansons paillardes avec une chope de bière à la main dans une taverne. Il avait un teint légèrement rougeaud qui irait parfaitement bien dans l'un de ces endroits.
"Un entraînement?" Demandai-je, surpris, après qu'il ait présenté la raison de sa présence avec nous.
"Oui, trois membres pour se rendre au labyrinthe du donjon de cette île et le traverser , moi compris." Détailla-t-il, faisant immédiatement réagir Draco qui avait compris qu'il n'était pas considéré comme l'un des trois membres en question.
"On avait convenu que c'était à moi de lui apprendre les méthodes de la guilde." Protesta-t-il.
"Désolé Draco, même si vous êtes sous-chef, vous connaissez les règles. Avant de partir en mission, même avec vous, on doit l'évaluer en situation réelle. C'est moi qui dirige l'avant-garde, à moi donc d'estimer sa valeur."
"Sa valeur? Il ne ferait qu'une bouchée de toi Redguard s'il en avait l'occasion!" Éclata immédiatement Draco, semblant vexé alors que c'était mes compétences à moi qui étaient mises en doute.
Mais son éclat sembla laisser le commandant de marbre. Ça ne me dérangeait d'ailleurs pas particulièrement, il était normal en entrant dans une guilde si puissante, qu'ils ne prennent pas mes capacités pour acquises. C'est aussi pour ça qu'ils avaient si peu de morts depuis si longtemps, ils ne surestimaient pas leurs membres.
"Rendez-vous à la porte ouest dans trente minutes." Lança-t-il joyeusement en nous laissant seuls.
"Il est toujours comme ça?" Demandai-je un peu perturbé. Il avait l'air tellement joyeux d'aller s'entraîner dans un labyrinthe…
"Oui… " Soupira profondément Draco. "Dire qu'on aurait du aller se balader tous les deux…"
Sa remarque me fit sourire. Décidément, il me paraissait désormais loin le αDraconis guindé et froid. Il n'hésitait plus en ma présence à se comporter comme un enfant gâté. C'était rafraîchissant.
"Ne t'inquiète pas, je serais vite de retour." Le rassurai-je en comptant bien tenir parole. J'allais expédier cet entraînement pour pouvoir partir avec lui en mission comme prévu.
"Soit prudent." Me lança-t-il avec un léger sourire alors que j'agitais exagérément ma main en le laissant dans son fauteuil.
Je me dirigeai alors rapidement vers la porte ouest. Avec nos bavardages et le temps du trajet, j'allais être juste à l'heure.
En approchant, j'aperçus Redguard qui m'attendait impatiemment, dansant légèrement d'un pied sur l'autre. En me voyant, il sautilla presque sur place avant de se pencher vers le mur, apparemment pour attraper quelqu'un, sûrement le troisième membre de notre équipe improvisée. Je déglutis bruyamment en apercevant de qui il s'agissait, avant de serrer la mâchoire.
Devant moi, Schmerz se trouvait là, semblant aussi mal à l'aise que je l'étais.
"Qu'est ce que ça veut dire?" Demandai-je en essayant de garder un ton diplomate.
Étant donné que le sourire de Redguard ne se fana pas le moins du monde, je devais avoir réussi, ou alors il avait une capacité inépuisable à paraître avenant. "Vous faites partie de la même guilde maintenant, alors vous allez devoir faire la paix et apprendre à travailler ensemble." Expliqua-t-il avec un grand sourire.
"Toutes mes excuses pour l'autre jour." Me surprit Schmerz en s'inclinant légèrement devant moi. "Je t'ai manqué de respect, ça ne se reproduira plus."
Je suspectais qu'elle se penchait ainsi surtout pour que je ne puisse pas voir son visage pendant qu'elle s'excusait. Sa posture raide était déjà un indice quand à sa sincérité, mais maintenant qu'elle les avait prononcé, je serais considéré comme fautif et responsable de la discorde si je ne répondais pas favorablement à ses paroles. J'acquiesçai donc, lui accordant mon pardon.
Semblant totalement hermétique à la tension qui persistait entre nous, Redguard, une immense hache dans le dos comme j'en avais eu l'intuition en voyant sa carrure, nous précéda sur le chemin vers le labyrinthe.
"Voyons voir comment vous aller réagir en situation de crise." Nous lança-t-il en nous incitant à le suivre d'un bon pas.
"D'ailleurs." Reprit-il immédiatement en se stoppant. "Par ici vos cristaux." Réclama-t-il en tendant la main pour qu'on les lui remette.
"Même de téléportation?" Demandai-je, surpris. C'était après tout notre dernier rempart contre la mort en cas de situation désespérée.
"Oui." Affirma-t-il sans une once d'hésitation. Schmerz lui remit d'ailleurs ses propres cristaux sans tergiverser, habituée à obéir aveuglément aux ordres sûrement, contrairement à moi.
"Aller." Réclama le demi-géant avec un clin d'œil en agitant sa main vers moi pour que j'y pose le fameux cristal. Après un léger soupir, je m'exécutai. Après tout, la zone n'était pas si difficile que ça, et on était trois. La marge de sécurité était assez importante, me raisonnai-je.
"Allez ! C'est parti ! "Lança-t-il joyeusement en se remettant en route en ignorant nos airs d'enterrement à moi-même et à Schmerz. Je pourrais presque me sentir solidaire de cette mégère. C'était peut-être d'ailleurs son but, nous rassembler dans quelque chose qui semblait nous gonfler tous les deux. En tout cas, nous traînions les pieds tous les deux.
Le donjon de cette île prenait la forme d'un immense canyon tarabiscoté. Tout au bout, le boss se trouvait dans une grotte de roche rouge, mais cette dernière était depuis longtemps déserte, permettant à ceux qui choisissaient le chemin le plus long de se rendre à l'île 56 par l'escalier d'argent qui se trouvait au fond.
Je me souvenais de ce boss. C'était un immense taureau aux poils bordeaux et aux cornes violettes qui ressemblaient à celles d'un bison. Nous avions eu fort à faire pour éviter ses charges monstrueuses, mais à part ça, nous l'avions vaincu assez facilement. Le combat avait juste été long, pour réussir à passer outre sa défense élevée.
Le labyrinthe qui se trouvait devant nous abritait plusieurs monstres fauves, et des golems de pierre de différentes tailles. La première partie était assez simple et peu dangereuse. Les monstres y étaient plutôt rares, et ne se montraient jamais à plusieurs. Il fallait aller loin dans les profondeurs pour se retrouver face à parfois trois fauves agissant de concert, ou des golems essayant de prendre les joueurs en tenaille avec leur massue de roche grise.
Après une demi-heure de route, nous n'avions rencontré quasiment aucun ennemi, et les quelques-uns qui nous avaient croisé n'étaient plus qu'un lointain souvenir. Alors que nous atteignîmes une zone sure du labyrinthe, Redguard s'arrêta.
"Pause déjeuner !" Lança-t-il. "Vous pouvez vous relâcher." Il sortit alors deux baluchons de son inventaire, en lançant un à chacun d'entre nous.
La faim commençait à se faire sentir, et j'ouvris donc le mien, même si je ne m'attendais pas à quelque chose du niveau de ce que Draco cuisinait. Et j'avais eu raison de ne pas trop espérer. Le pique nique de ce midi se composait d'un sandwich banal, comme il s'en vendait dans toutes les épiceries d'Archipel. En fait, ce n'était même pas un sandwich, mais une miche de pain simple et non assaisonnée, incomparable à ce que j'avais pris l'habitude de manger avec mon nouveau partenaire. Mais bon, je n'avais pas vraiment le choix de toute manière, je n'en savourerai que plus ce qu'il aurait préparé pour ce soir.
Une bouteille de jus de fruit complétait ce repas frugal et j'appréciai quand même l'effort. Il aurait pu nous donner une simple gourde d'eau. Je me saisis donc de cette dernière, regrettant les mets si fins qu'était capable de produire mon blond pour chaque repas.
Je ne sais pourquoi alors que je buvais goulûment, mon regard se perdit vers ma voisine, mais la frayeur me saisit alors. Schmerz n'avait même pas essayé d'ouvrir son baluchon, et le sourire qui avait fleuri sur ses lèvres alors qu'elle nous regardait nous désaltérer faisait froid dans le dos. C'était un sourire vicieux, et surtout victorieux.
Immédiatement je jetai ma gourde dans l'espoir qu'il ne fut pas trop tard, mais déjà je sentais l'engourdissement me gagner, et un éclair jaune de mauvaise augure fit son apparition à côté de ma barre de PV. Paralysie. Je m'effondrai totalement sur le rocher sur lequel je m'étais assis pour pique-niquer en même temps que Redguard s'affalait sur le sol, la main toujours crispée sur sa bouteille.
"Un poison?..." Bégayai-je en essayant de me relever sans succès.
A mes côtés, Schmerz éclata de rire en se relevant, perdant tout air vaguement avenant qu'elle avait pu avoir jusqu'à présent. Elle portait son vrai visage, mauvais, vicieux.
"Qu'est ce que ça veut dire?..." Bredouilla Redguard en tremblant sous le simple effort de lever les yeux vers la mégère. "C'est toi qui a préparé cette boisson Schmerz…"
"Redguard… le cristal antidote… vite…" Soufflai-je.
Mais le désespoir monta d'un cran quand je le vis le saisir, pour le lâcher aussitôt sous le coup violent de cette garce. Dès qu'elle avait vu son mouvement, son pied avait brutalement frappé sa main, lui ôtant quelques points de vie, mais surtout, envoyant valser le cristal salvateur bien trop loin pour nous.
"Mon cher Redguard." Commença-t-elle de sa voix légèrement nasillarde. "Je te savais stupide et naïf, mais là… La taille de ton cerveau est inversement proportionnelle à ta carrure… Même pour un demi-géant comme toi… c'est affligeant…" Minauda-t-elle.
Je serrai légèrement mes poings, autant que me le permettait la paralysie, en la voyant se rapprocher du commandant. En plus d'être une garce, elle était raciste. Son ton en le traitant de demi-géant ne laissait aucun doute là-dessus. Le mépris suintait de ses mots.
"Qu'est ce que tu vas faire?" Demanda Redguard, ses yeux s'écarquillant en voyant son ancienne coéquipière se saisir de son épée, et le frapper violemment dans le dos. Il hurla sous la sensation.
Le MagicRing possédait des limiteurs de douleur, sans lesquels il ne serait pas possible de mourir dans le jeu sans devenir fou. Mais la douleur était tout de même bien présente pour rendre l'immersion la plus réelle possible, et inciter les joueurs à ne pas se faire blesser ou tuer juste pour le fun. Il était hors de question lors de sa sortie que ce système puisse conforter des suicidaires dans leurs envies et qu'ils mettent ensuite en pratique dans la vraie vie. La douleur était suffisante pour être dissuasive sans représenter un danger pour le moins, si personne ne s'amusait à torturer quelqu'un d'autre… Ce qui était clairement là le cas de Schmerz, qui semblait prendre un malin plaisir à frapper, et frapper encore le corps paralysé de Redguard.
Ce dernier hurlait à chaque coup, le corps parcouru de spasmes, ses poings aussi serrés qu'il le pouvait et les yeux désormais écarquillés de terreur. Il savait ce qui l'attendait, ça ne faisait plus de doute. Le sourire fou sur le visage de la femme qui faisait partie de la Confrérie ne laissait aucune place au doute. Elle allait le tuer, et elle y prenait du plaisir.
"Je vais t'expliquer ce qui s'est passé mon grand naïf." Minauda la face de crapaud en retrouvant un peu de lucidité apparente. "Des joueurs rouges nous ont malencontreusement attaqué dans le labyrinthe. Après un combat épique, deux joueurs de notre équipe sont morts, et j'ai réussi à les repousser miraculeusement grâce à mon talent. Une telle tragédie…" Soupira-t-elle dramatiquement.
Forcé à l'immobilité, je ne pouvais que regarder la barre de PV de Redguard diminuer inexorablement alors que son corps était parcouru de larges balafres rouges. Quand ses points de vie virèrent au jaune, le visage de Schmerz se déforma encore davantage, lui donnant un air totalement fou. Elle planta alors son épée dans le dos du demi-géant, l'enfonçant jusqu'à ce qu'elle atteigne le sol, coulant ce dernier à terre. Elle prit ensuite un malin plaisir à faire bouger la lame d'avant en arrière pour augmenter le supplice de sa victime.
Je ne pus m'empêcher de fixer mon regard horrifié dans celui du commandant que j'avais connu moins d'une heure. Lorsque ses PV atteignirent le rouge critique, ses yeux ne reflétaient pas que la terreur, mais aussi la trahison, ça plus que la douleur semblant l'avoir brisé. Puis il se dispersa en centaines de fragments de polygones rouges, disparaissant à jamais.
"Tout ça, c'est ta faute…" Soupira-t-elle en se tournant vers moi. "Tout ça pour un morveux comme toi. Cet homme innocent est mort parce que tu es là." Martela-t-elle en se rapprochant, agitant son épée à chacun de ses mots comme pour leur donner plus de forces.
Je savais que Redguard n'était mort qu'à cause de sa folie, mais ses mots s'enfonçaient tout de même dans mon cœur comme autant de poignards affûtés. Un autre homme était mort en face de moi sans que je ne puisse rien faire. Malgré toutes mes promesses, j'étais toujours aussi impuissant à sauver ceux qui m'entouraient.
"Tu as eu l'air d'y prendre bien du plaisir pourtant !" Grognai-je tout de même pour me rebeller.
Je ne porterai pas cette faute. Cette mégère de Schmerz était la seule fautive, elle avait son libre arbitre contrairement aux monstres, et avait choisi délibérément de le tuer.
"Qu'est ce qu'une garce comme toi fait dans la Confrérie des Chevaliers?" Demandai-je, me demandant sincèrement comment une folle pareille avait pu intégrer leur guilde et ne pas se faire repérer. "Tu aurais plus ta place chez des assassins." Rajoutai-je d'un air mauvais.
Son sourire s'agrandit encore si c'était possible. "Oh, quel instinct, quel esprit de déduction!" S'exclama-t-elle en faisant disparaître son brassard gauche d'un clic dans son menu. Une marque noire apparut alors sur son bras, crâne sombre crachant un serpent.
Le signe des Death Eaters !
"Ce sont eux qui m'ont appris cette technique de paralysie." M'expliqua Schmerz, semblant particulièrement fière de son coup. "Ooh mais d'ailleurs, il ne vaut mieux pas que je tarde. Ce serait dommage que l'effet du poison disparaisse avant que j'en ai fini." Rajouta-t-elle avec un sourire tordu. "Finissons-en."
Elle se rapprocha alors de moi, brandissant son épée au dessus de sa tête, et la planta dans mon bras gauche avec une expression jouissive. La douleur explosa, bien moindre qu'elle ne l'aurait été dans la vie réelle, mais irradiant tout de même en remontant vers mon épaule. J'essayais désespérément de bouger, mais le poison faisait toujours son effet, me laissant à sa totale merci.
Alors qu'elle bougeait la lame dans ma chair virtuelle, je ne pouvais que regarder mes PV descendre doucement, approchant du tiers de leur nombre. Bientôt ils passeraient dans le jaune, et la situation deviendrait un peu plus désespérée. Alors qu'elle retirait le fer de mon bras, je voulus à nouveau essayer de me dégager, mais je n'en eu même pas le temps qu'elle plantait à nouveau la pointe de son épée, dans ma jambe cette fois, un cris s'étranglant dans ma gorge à cette sensation.
Jamais je ne m'étais fait embrocher depuis le début du jeu. J'avais subi de nombreuses égratignures, parfois de larges balafres, mais rien de semblable. D'autant que dans le feu de l'action, l'adrénaline amoindrissait énormément la sensation douloureuse. Le système avait du mal à cumuler de trop nombreux stimulus, le plus fort prenait le pas sur les autres, et dans un combat, l'adrénaline et la volonté de vivre et de gagner prenaient donc le dessus. Mais là, allongé, sans rien pouvoir faire d'autre que de subir… Ça devenait une vraie torture.
"Alors? Ça fait quoi de sentir la mort approcher. Est-ce que tu vois son ombre, tu sens le froid t'envelopper?" Me demanda Schmerz, semblant prendre un plaisir immense dans cette situation, une vraie sadique. "Allez, raconte moi." Elle retira la lame de ma jambe pour la planter au milieu de mon ventre.
Mes PV étaient entrés dans le jaune, et continuaient leur chute, plus lentement que pour Redguard grâce à ma capacité de régénération, mais inexorablement tout de même.
Devant mes yeux, je revis le regard de Clochette alors qu'elle se faisait attaquer par derrière par un golem bien trop puissant. Est-ce que j'allais disparaître comme elle? M'éparpillant en fragments rouges dans l'atmosphère virtuelle? Mon esprit s'éteignant dans le monde réel en même temps?
Ma vision commença à se troubler alors que je voyais mes points de vie se réduire à peau de chagrin, virant au rouge, et disparaissant un à un. Bientôt la fin, et je ne pouvais toujours pas bouger, tout juste gémir et regarder la mort arriver. Je fermai les yeux alors que je voyais plus d'espoir, je ne voulais plus voir le visage horrible de cette femme qui avait complètement perdu l'esprit. Je préférais me rappeler d'autres chose à l'instant avant ma mort, comme Draco par exemple.
Son visage se superposa brutalement à celui de Schmerz, et sous l'afflux d'adrénaline qui me parcouru, je sentis la paralysie faiblir. Ouvrant immédiatement les yeux, je forçai mon bras droit à bouger, m'astreignant à saisir la lame de cette garce. Je devais la retirer, arrêter la descente de mes PV sinon j'allais vraiment mourir.
"Oh… finalement tu as peur de mourir?" S'exclama la femme, semblant plus ravie qu'inquiète du retour de mon esprit combatif.
"Je ne peux pas mourir maintenant." Grognai-je. J'avais promis à Draco que je reviendrai vite. S'il ne me voyais pas revenir, il s'inquiéterait. Je ne voulais pas imaginer son visage si on lui apprenait ma mort.
"Tu m'en diras tant ! Meurt morveux!" Hurla Schmerz en accentuant sa force sur sa lame. J'étais trop affaiblis, je n'arrivais pas à combattre sa force et à extraire sa lame. Ma prise dessus se relâcha, j'aurais au moins essayé…
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Désolée pour cette fin ^^ La suite arrivera bientôt
