Hello !
C'est la première fic que je poste depuis, oulà, quelques années, et c'est également la première fic qui ne soit pas un OS, alors je flippe complètement.
Ce prologue sera suivi d'un premier chapitre ce week-end, je pense, mais après, ce sera plutôt un chapitre tous les mois. J'ai déjà quelques chapitres sous le coude, mais je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire et comme je suis le genre à chercher la petite bête, je ne publie qu'après dix relectures, réécritures et corrections des fautes d'orthographes. Une vraie plaie !
Sinon, j'accepte toutes les remarques, positives comme négatives, tout ce qui peut m'aider à progresser.
Prologue
Ou comment regretter de ne pas avoir pensé à prendre une carte
Le vent du nord mordait mes bras et mon visage sans pitié, rougissant mes joues et bleuissant mes mains. Je regardais autour de moi, étudiant le paysage de montagnes et de neiges éternelles qui m'entouraient, comme si ceux-ci pouvaient me donner une indication sur l'endroit où je me trouvais.
J'avais quitté Bruma la veille, seulement armée d'un couteau de cuisine et d'un sac en toile rempli de provisions volées. J'avais dû quitter l'orphelinat où j'avais grandi en catastrophe, en ne prenant avec moi que le strict nécessaire à ma survie à savoir de la nourriture et une arme (ou, en tout cas, quelque chose s'en approchant). J'avais à peine pensé à prendre une épaisse cape en laine volée dans l'armoire de la directrice de l'orphelinat.
Armée de tout ce paquetage, qui constituait à lui tout seul plus que ce que je n'avais jamais possédé avant, je m'étais crue parer à un voyage vers le nord. Et puis, je m'étais perdue et j'avais réalisé l'ampleur de ma bêtise : je n'avais rien prit pour me diriger dans les montages, alors qu'elles étaient réputées pour être un labyrinthe naturel dont il était impossible de se dépêtrer sans carte ou guide.
Je n'avais ni l'un, ni l'autre.
Malheureusement, il m'était impossible de faire demi-tour vers Bruma pour quérir de l'aide ou emprunter une carte. Déjà parce que je serais bien incapable de retrouver le chemin du retour, et ensuite parce que si je m'avisais de remettre un seul orteil à Bruma, mes détracteurs me tomberaient probablement sur le râble. De plus, la directrice de l'orphelinat, Mère Claudia, n'hésiterait pas à me faire jeter au fer pour mes larcins et autres bévues si j'osais poser ne serait-ce qu'un orteil dans sa ville. C'était une dure, la mère Claudia, et on ne se moquait pas d'elle impunément.
Ce que, à sa grande colère, j'avais passé pratiquement toute ma vie à faire. C'était honnêtement un miracle qu'elle ne m'ait jamais mise à la porte.
Je sais que c'est ridicule, mais maintenant que j'étais perdue et gelée au beau milieu de nulle part, incapable de me sortir de ces fichues montagnes qui formaient la frontière physique entre les régions de Cyrodiil et de Bordeciel, la Mère Claudia et son martinet me manquaient presque.
Au moins, une fois la colère de la vieille mégère passée, je pouvais sortir de la cave de l'orphelinat, prendre un repas chaud et m'asseoir devant la cheminée du réfectoire. Ici, entre ces arbres recouverts d'un manteau blanc, je ne pouvais même pas me raccrocher à ces certitudes pour avancer. Rien ne m'assurait que je parviendrais à quitter cet endroit avant de mourir de froid ou de faim.
Je baissais les yeux sur mes mains gelées, qui avaient pris une inquiétante teinte bleue, et soufflais dessus dans l'espoir de les réchauffer un peu.
Je ne m'arrêtais pas de marcher, car je savais que c'était le seul moyen de garder mon corps à une température correcte. L'effort des muscles produisait une chaleur qui m'évitait – certes, de très peu – de tomber en hypothermie. Mais je savais que cette méthode ne pouvait être que temporaire. Au bout d'un moment, mon corps allait finir par fatiguer et il faudrait bien que je m'arrête.
Et là, ce serait le début de la fin.
Essayant de ne pas penser à ce qui allait m'arriver si je ne trouvais pas très vite le moyen de quitter ces maudites montagnes et de rejoindre la civilisation, je me remis à observer mon environnement à la recherche d'un indice qui me permettrait de me diriger dans cet enfer de glace.
Je trouvais mieux que ça.
Je longeai une corniche escarpée quand, en baissant les yeux vers le bas de la falaise, j'aperçus, sous la neige, des pavées irréguliers qui constituaient incontestablement une route. Je sentis mon cœur se gonfler d'espoir et je cherchais immédiatement un moyen de la rejoindre.
À gauche comme à droite, la corniche remontait vers les cimes et s'éloignait de la seule trace de civilisation à des kilomètres à la ronde. En me penchant, je constatais que la paroi de la corniche où je me trouvais ne donnait aucune prise et descendait presque à la verticale. Aucun moyen viable pour descendre.
En levant les yeux, je constatais qu'un petit promontoire naturel se trouvait à quelque mètres en contrebas. Il était suffisamment grand pour qu'une personne puisse s'y tenir et assez proche pour que je puisse y sauter, et il avait en même temps l'air proche du sol, ce qui me permettrait de sauter à terre sans risquer de me rompre les deux jambes.
C'était risqué et probablement très stupide, mais cette route était mon seul espoir de ne pas mourir d'hypothermie au milieu de nulle part. Et j'avais trop peur de la perdre si je continuais de suivre la corniche sur laquelle j'étais perchée.
Après avoir pris deux grandes goulées d'air frais et avoir pris le plus d'élan qu'il m'était possible sur cet étroit passage, je bondis.
L'espace d'un instant, je crus que je m'étais ratée.
Et puis j'atterris lourdement sur le petit promontoire et ma tête percuta violemment la paroi rocheuse. Je fus un peu sonnée et j'allais certainement écoper d'une belle bosse, mais au moins je ne m'étais pas écrasée plus bas.
J'avisais ensuite la distance qui séparait mon nouveau perchoir et la route, et je déglutis. De plus haut, la distance m'avait parue moindre. Ou alors, c'était juste que de plus bas, elle me paraissait plus importante.
Je décidais que c'était l'appréhension qui me faisait imaginer la terre plus basse qu'elle ne l'était vraiment.
Je pris une nouvelle grande inspiration. Je n'allais pas laisser ma trouille m'empêcher de rejoindre ma porte de sortie de ces fichues montagnes. Je m'agrippais alors au bord de pierre recouvert de neige et, prudemment, je me laissais glisser jusqu'à me retrouver à pendre sur le rebord de la corniche, seulement maintenue par mes bras gelés et engourdis.
En regardant vers le sol, je songeai que j'allais très probablement me faire mal.
Et puis je lâchais prise.
Je grimaçais quand j'atterris brutalement au sol. La douleur dans mes pieds au moment de l'impact avait remonté tout mon corps le long de mes jambes et de ma colonne vertébrale. Mais il me semblait que je n'avais rien de casser.
Je me redressais et ne put retenir un soupir de soulagement en sentant sous mes bottes les pavés irréguliers de ma route salvatrice. J'étais sauvée.
J'allais m'engager sur la route quand un autre problème se posa à moi : par où devais-je aller ?
Je devais bien avouer que je me fichais pas mal d'où j'atterrissais, tant que cela me permettait de me réchauffer. Néanmoins, j'aurais largement préféré continuer vers Bordeciel. Étant en guerre civile, les habitants de cette région ne se poseraient pas de question quant à la présence d'une gamine sur les routes, et ils ne manqueraient sans doute pas de travaux à me fournir en échange d'argent ou d'un gîte. De plus, si Bordeciel n'était pas forcément la région la plus agréable de l'empire avec son climat glacial et ses conflits internes, elle présentait l'avantage incontestable de me mettre à l'abri de mes détracteurs.
J'eus beau regarder autour de moi, il n'y avait ni panneau, ni flèche qui m'indiquât la direction à prendre. Je poussais un soupire et décidais de laisser le hasard choisir pour moi. Je sortis la seule et unique pièce de mon paquetage. Pile, à gauche. Face, à droite.
Face. À droite, donc.
En m'engageant sur le chemin, je mis mes mains sous mes aisselles dans l'espoir de les réchauffer un peu, ou, tout du moins, pour ne pas qu'elles tombent à cause du froid. Ne rigolez pas, j'avais déjà vu ça arriver à un clochard qui vivotait en face de l'orphelinat, pendant un hiver particulièrement rude. Le pauvre homme avait eu tellement froid que son sang avait gelé dans ses veines et ses mains étaient tombées lorsqu'il les avaient cogné contre la ridelle du puits sur la place du village. Je revoyais encore ses moignons gelés qu'il secouait en hurlant de terreur.
Cela faisait des heures que je marchais sans voir le bout de cette fichue route.
J'avais toujours froid, j'avais mal aux pieds et la nuit commençait à tomber sans que je n'arrive nulle part. Je savais que je ne survivrai pas une nuit de plus à la belle étoile dans mes vêtements mouillés et glacés.
Pour parfaire le tableau, il avait recommencé à neiger.
L'espoir que m'avait apportée la découverte de cette route en début d'après-midi commençait lentement à s'essouffler. Depuis le temps que je marchais, il n'y avait eu aucun changement dans le paysage : les immenses pins qui bordaient la route se ressemblaient tous, les montagnes au loin ne diminuaient pas et la routes restait sans fin.
Rien ne bougeait, aucun être vivant ne semblait évoluer dans cette partie du monde – ce que je comprenais parfaitement, qui aimerait vivre dans un bled pareil, je vous le demande – et même la nature semblait s'être éteinte. Le vent lui-même avait cessé de souffler.
Cela aurait pu être une consolation, s'il n'avait pas été remplacé par des flocons immaculés qui trempaient mes vêtements aussi sûrement que si j'étais tombée dans un lac.
Je frissonnais à nouveau et poussais une bordée d'injure quand mon pied s'enfonça dans un défaut de la route rempli de neige.
Ce ne sont pas mes mains que je vais perdre, pestais-je, mais mes pieds !
Un hennissement de cheval résonna alors dans le silence épais et se répercuta contre les montagnes au loin.
Je me figeais net, le pied toujours enfoncé dans le trou rempli d'eau glacée. Mon souffle se bloqua dans ma gorge. J'osais à peine lancer un regard en direction de la forêt qui bordait la route pour chercher l'animal qui était la cause de ce bruit soudain. Mais il n'y avait rien.
Lentement, très lentement, je sortis mon pied du nid de poule et m'approchais des sous-bois. J'avais beau essayer de faire le moins de bruit possible, j'avais l'impression que le crissement de la neige sous mes pieds et le bruit de mon souffle faisaient autant de bruit que si je jouais des castagnettes en beuglant comme un ivrogne.
Par mesure de précaution, je sortis mon couteau de cuisine de ma ceinture et le brandi devant moi. Je savais que ce n'était pas ce genre d'arme qui empêcherait un cavalier de me piétiner avec sa monture, mais son poids dans ma main avait quelque chose de rassurant.
J'espérais juste ne pas avoir à m'en servir une nouvelle fois.
Quand je pénétrais sous les arbres, je vis, attachés à un arbre par des cordes épaisses, six chevaux à la robe sombre, qui s'ébrouaient et piétinaient le sol pour se maintenir au chaud. Je m'approchais d'eux, et caressais leurs fourrures épaisses. Je fus au départ tenté d'en prendre un, puis je reconnue les armoiries sur les selles : Un dragon enfermé dans un losange. Ces chevaux appartenaient à l'Empire.
- Qui va là ? Rugit soudain une voix quelques parts à ma droite avant que j'ai pu m'éloigner des animaux.
Je sursautais et fit volte-face, brandissant mon couteau comme un poignard.
Devant moi, armés chacun d'une épée et d'un bouclier, deux soldats impérieux me toisaient, visiblement méfiant. Leurs armes dégainés dans leurs mains étaient deux fois plus longues que mon malheureux couteau.
Je déglutit.
Et fit la seule chose qui me venait à l'esprit et qui, sommes toute, était véritablement stupide : Je m'enfuis sans demander mon reste, paniquée à l'idée qu'ils puissent me prendre pour une voleuse et ne m'embrochent avec leurs terrifiantes épées.
J'avais seulement oublié un détail : après avoir parcourue plusieurs kilomètres à pieds dans le froid pendant une nuit et une journée entière, j'étais absolument et complètement épuisée. Mes pieds douloureux se rappelèrent à mon bon souvenirs, ainsi que le reste de mon corps, qui ne se sentait visiblement pas de fournir un effort aussi intense qu'une course poursuite avec des soldats impériaux armés jusqu'au dents.
Je lâchais alors misérablement mon couteau de cuisine et tombais sans aucune grâce dans la poudreuse. Mes jambes, épuisées et douloureuses, ne me portaient plus et se désolidarisaient de moi pour se reposer. Évidemment, comme ma poisse ne semblait pas vouloir s'arrêter, je me pris un fichu caillou dissimulé sous la neige. En pleine tête, s'il vous plaît.
Sonnée, je ne parvins même pas à me retourner. Et vu les points noirs à la périphérie de mon champ de vision, je n'allais pas tarder à m'évanouir. Mais avant ça, je sentis qu'on me retournait sur le dos, et je vis les deux soldats impériaux penchés sur moi, l'air d'hésiter entre l'inquiétude, l'amusement et une méfiance toute soldaiesque.
Et puis tout devint noir.
Et voilà !
En espérant que cet avant-goût vous a donné envie de lire la suite !
Biz.
