Jour 4 – Première rencontre

Le feu aux poudres

Merveilleuse. Paradisiaque. Idyllique. Des qualificatifs qui ne correspondaient absolument pas à l'île de Los Santos, vous informerait n'importe quelle personne saine d'esprit qui aurait un jour posé les pieds dessus pour se barrer immédiatement après. N'importe quel individu à peu près intelligent se rendait très vite compte que quelque chose clochait et généralement, se faire aborder par des gangs qui proposaient de la drogue, des armes et autres choses grandement peu sympathiques n'était que rarement – pour ne pas dire pratiquement jamais – source de bonheur et les gens fuyaient cette île plus vite que leurs responsabilités. Et pourtant, pour fuir ses responsabilités, il n'y avait pas mieux que Los Santos. Aucun maire de présent à cause de la dangerosité que représentait ce travail, des gangs pour déranger les règles existantes, des bars, des boîtes de nuit et de l'alcool à foison, le tout entouré de superbes plages de sable fin et blanc. Les gens étaient juste assez raisonnables pour ne pas penser à s'approcher seulement et ceux qui le faisaient le regrettait généralement.

Seulement, il restait forcément des gens pour qui être « sain d'esprit » ne s'accordait pas avec la logique générale, car l'île était habitée et, de temps à autres, certaines personnes venaient pour y vivre. C'était le cas de Bill Boid, 28 ans, qui ne cherchait qu'une seule et unique chose : fuir. Ce n'était pas un homme stupide, ou inconscient. Il réfléchissait à ses actes et il était parfaitement doué de raison, suffisamment pour s'être renseigné sur cette île maudite et savoir que c'était une idée très mauvaise que de prendre l'avion – ou le bateau mais ça se faisait de moins en moins – pour rejoindre cette île. Cependant il l'avait. Si on lui avait demandé d'expliquer ses raisons, il ne l'aurait pas fait, il se serait contenté de répondre par une remarque suffisamment insultante pour faire taire son interlocuteur.

Il n'avait pas grand-chose sur lui, rien qu'un sac à dos et tout l'argent liquide qu'il avait pu prendre. Fuir, ça pouvait se faire sur un coup de tête ou bien être réfléchi des mois, des années à l'avance, on ne pouvait de toute façon pas prendre trop de choses pour être discret. Bill le savait très bien. Ça lui avait fait du mal de le comprendre et de l'accepter, mais c'était aussi pour le mieux. Enfin, ça ne l'empêcha quand même pas de regretter certaines choses, mais il préférait les regrets aux remords. Los Santos était une ville pour les renégats, les imbéciles complets qui n'en avaient plus rien à foutre de leur vie et qui voulaient tout repartir de zéro, littéralement. C'était ce dont il avait besoin et il ne comptait pas revenir en arrière. Ce n'était pas son genre de toute façon. Bill était un homme qui ne s'arrêtait pour rien ni personne.

En descendant de l'avion et en se retrouvant dans l'aéroport, il fut bien obligé de s'arrêter cependant. Les gens autour de lui, peu nombreux certes, mais assez pour encombrer l'espace interne du bâtiment, semblaient tendus, inquiets, même affolés pour certains. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait et ça l'agaçait franchement. Il essaya bien d'interroger quelques personnes mais la plupart s'éloignèrent de lui, et avec logique. Qui voudrait s'adresser à quelqu'un dans une ville comme Los Santos. C'était un endroit dangereux, n'importe qui, même le plus innocent des enfants, pouvait pour poignarder d'un coup de couteau en plein cœur. Ça n'empêchait en rien le fait que ça l'emmerdait très sincèrement. Les gens étaient définitivement beaucoup trop peureux, c'était idiot et ça l'empêchait de comprendre ce qu'il se passait. Il essaya de se mettre sur la pointe des pieds pour voir à l'extérieur mais ce ne fut pas très concluant. Il neigeait tellement à l'extérieur qu'il était parfaitement incapable de comprendre quoi que ce soit à ce qu'il se passait. Il n'était même pas certain que ce qui lui arrive soit à l'extérieur. Peut-être que le danger était à l'intérieur. Il regarda tout autour de lui. Tout le monde était absolument paniqué. Certaines personnes restaient immobiles sous la terreur, certaines ne pouvaient pas s'empêcher de bouger, plus ou moins vite. Tous avaient des expressions semblables : la peur, la crainte, l'incompréhension, le stress…

Puis il le remarqua. Le point dissonant à ce tableau désagréable.

C'était un jeune homme, plus jeune que lui, accroupi au-dessus de son sac-à-dos qu'il fouillait, ses longs cheveux tombant autour de son visage, sifflotant un air, certainement celui que son casque devait lui transmettre. Bill l'avait confondu avec une femme pendant un court instant, mais ce n'était pas ce qui le dérangeait. Ce qui posait problème en réalité, c'était justement que cet homme n'était pas inquiet, ou apeuré, ou perdu, ou stressé… Il était heureux. Peu importe ce qui posait problème à tous les autres, ça ne lui posait pas de problèmes à lui. Il était suspect, même plus que ça, et s'il devait représenter un danger potentiel pour les autres personnes qui étaient dans l'aéroport, Bill ne comptait pas le laisser faire.

Il s'approcha à pas rapides de l'inconnu, essayant de réfléchir aussi vite que possible à un plan pour l'arrêter. Il n'avait pas d'armes et il ne savait pas si sa cible en avait mais il devait agir vite. L'homme était en train de chercher quelque chose dans son sac et ça pourrait être une arme, une bombe même, il ne pouvait pas le laisser agir si c'était le cas. Il ne savait même pas ce qu'il était en train de faire mais il se précipita en essayant de ne pas se faire remarquer.

L'inconnu poussa une petite exclamation satisfaite en arrachant un élastique à cheveux du sac. Il retira son casque, le laissant retomber sur ses épaules puis attrapa sa tignasse d'une main avant de l'étrangler dans l'élastique de l'autre en une queue de cheval hautement serrée. Il remarqua alors que Bill s'était approché de lui et l'observa avec surprise. Bill ne se rappelait pas s'être arrêté mais ses pieds étaient à présent figés au sol et il ne pouvait pas s'empêcher de fixer l'homme. Très vite, il se rendit compte que s'il attaquait quelqu'un sans preuve de sa culpabilité, ce serait encore plus stressant pour les personnes autour, surtout si l'inconnu n'était pas dangereux. Il restait quand même sur ses gardes mais il se décida à rester là où il était.

L'inconnu ne cessa pas de le regarder en refermant son sac-à-dos, et quand il se releva, il manqua de tomber en se prenant les jambes dans les lanières. Il émit un petit rire maladroit pour faire passer ça comme un incident sans importance et Bill se tendit en le voyant s'approcher de lui et lui tendre sa main.

« Enchanté ! Je m'appelle Francis. »

Bill fixa la main quelques secondes avant de se décider à la serrer, toujours un peu tendu.

« Bill.

- Enchanté ! Vous aussi vous venez d'arriver à Los Santos ou vous repartez ? »

Il aurait bien aimé retirer sa main poliment mais – putain ! – Francis avait une sacrée poigne, et ça ne le mettait pas en confiance de savoir que quelqu'un avec un tel sourire et enthousiasme allait volontairement à Los Santos. C'était très certainement un hurluberlu qui avait emménagé sans même réfléchir avant ça. C'était soit ça, soit c'était quelqu'un de dangereux et Bill n'était pas assez inconscient pour laisser la moindre possibilité lui échapper. Enfin, malgré ça, il n'arrivait juste pas à imaginer l'inconnu qui lui tenait toujours la main, Francis, être une personne horrible. Pourtant, il essaya pour ne pas donner sa confiance trop facilement, mais il en fut juste incapable. Il n'arrivait même pas à l'imaginer le trahir sur le long terme, dans le futur, quand après de longues années de relation complexe il l'aurait déçu et fait souffrir en le remplaçant par une autre, ou un animal peut-être. Il ne savait pas pourquoi il pensait à ça. C'était un peu trop spécifique et ça ne faisait aucun sens car ils n'avaient pas la moindre relation de toute façon.

Il retira sa main en y mettant un peu plus de force. Son interlocuteur ne sembla pas s'en soucier.

« Vous vivez dans quel genre de bulle pour ne pas avoir remarqué que tout le monde est tendu autour de vous ? »

Il fut sincèrement surpris quand Francis répondit par un rire.

« Oui, je sais ! Je ne suis pas bête, j'avais bien remarqué, mais je ne peux pas aider les gens si mes cheveux me cachent les yeux.

- Faudrait penser à les couper alors.

- Certainement pas ! »

Etrangement, Bill fut assez rassuré d'entendre ça. Il ne savait pas pourquoi, il s'en fichait bien honnêtement.

Francis tira à nouveau sur ses cheveux, un peu délicatement, et il se demandait franchement ce qu'il faisait mais ce n'était pas important.

« Et vous comptiez faire quoi pour aider ?

- Me renseigner sur ce qu'il se passe ! »

Bill fronça les sourcils. Ce type était définitivement haut-perché. Peut-être qu'il avait bien sa place ici au final.

« Et comment vous comptez faire ça ? Personne ne va accepter de vous parler dans cette ville de merde.

- Vous, vous êtes bien venu me parler. »

Il aurait aimé lui rétorquer quelque chose mais il ne pouvait pas alors il se tut, se pinça les lèvres et croisa les bras. Il ne sut pas pourquoi mais sa réaction fit rire Francis. C'était bizarre.

Il observa le jeune homme s'approcher d'une première personne, une femme élégante avec des lunettes qui lui mangeaient le visage, pour lui parler mais il n'en eut pas le temps qu'une explosion retentit, faisant trembler les murs et se fissurer les vitres de l'aéroport. Les gens paniquèrent, se mirent à courir partout et certains s'accroupirent. Bill voulut faire la même chose lui aussi mais Francis l'attrapa par le bras pour l'en empêcher et l'entraina contre un mur pour ensuite, seulement à ce moment-là, le pousser à s'accroupir. Bill s'agaça.

« Ça change quoi de s'accroupir ici ou plus bas ?

- Les gens paniquent et courent partout, ils vous auraient écrasé. Je connais la réputation de cette île mais je doute que vous souhaitiez particulièrement finir de cette façon. »

Il ne put que se taire. Il devait bien admettre que cette fois-ci il n'avait pas exactement été le plus malin. Ça l'embêtait un peu, surtout d'avoir été sauvé par cet inconnu, mais il réussit à s'arracher un « merci » pour être poli. Il ne tenait pas non plus à se mettre à dos son premier contact dans cette ville même si, une fois que tout ça serait fini, il était presque certain qu'il ne le reverrait jamais. Il n'en avait en tout cas aucune envie… enfin, il ne pensait pas.

« Maintenant on fait quoi ? »

Il fut assez surpris par sa question.

« Quoi ?

- On fait quoi ? Vous avez une idée ? Franchement, je suis prêt à écouter tout ce que vous avez à me proposer. »

Bill se demandait si c'était vrai. Il se redressa légèrement et regarda les gens qui paniquait. Parmi eux, certaines personnes avaient des armes et des masques, et l'une d'entre elles cria au braquage. Voilà, c'était ça qui se passait. Il soupira. Certes, lui il avait pas mal de billets sur lui mais il fallait être un abruti fini pour braquer un aéroport. Ces voleurs de pacotilles espéraient obtenir quoi ? Du linge propre ?

Il se pencha vers son acolyte d'infortune, à quelques centimètres de son visage, pour murmurer sans être entendu alors que les gens se mettaient tous en position accroupie par crainte des balles.

« Ok, ils sont complètement débiles. Je crois qu'ils ne savent même pas ce qu'ils font.

- Ils sont quand même armés.

- Vu la réputation de cette ville, ça ne m'étonne même pas.

- Moi non plus, mais on devrait quand même faire attention. »

Il acquiesça. Ils étaient au moins d'accord là-dessus, c'était un bon point de départ.

« Il faut qu'on les arrête. J'en ai compté trois, je crois.

- Ouais, donc on devrait les arrêter un par un ou tous d'un coup ?

- Tous d'un coup ce ne sera pas possible, encore moins s'ils sont plus nombreux.

- Ah, oui… Mais comment on les attrape un par un dans un espace aussi grand et dégagé ? »

Ils étaient dans la merde, définitivement. Bill n'arrivait pas à trouver de plan suffisamment efficace pour s'en sortir sans trop de dégâts. Il y avait trop de civils, trop de risques et s'accorder avec un inconnu contre trois personnes armées, c'était l'équivalent d'écrire son testament, surtout dans cette ville. Et il ne pouvait pas non plus attendre que la police fasse son travail, rien ne lui prouvait qu'ils étaient compétents. Francis regarda tout autour d'eux puis il sortit un briquet de sa poche, son visage s'illuminant avec une idée. Bill fronça les sourcils, se demandant ce à quoi il pouvait bien penser.

« Disons qu'on en distrait un, ce serait suffisant pour attaquer les deux autres, non ?

- C'est clair que ce serait beaucoup mieux comme ça. »

Francis posa sa main sur son épaule, la tapota doucement, et lui pointa une direction. Bill tourna la tête et remarqua une poubelle pleine. Il comprit rapidement ce que son comparse d'infortune voulait dire, il voulait foutre le feu à la poubelle, mais il y avait un problème. Elle était assez loin d'eux, ce serait difficile de l'atteindre sans se faire remarquer, si ce n'était pas complètement impossible d'ailleurs.

« Ok, bon plan à concevoir mais pas à organiser, on y arrivera jamais- »

Il regarda avec surprise Francis retirer son élastique et le serrer sur la gâchette du briquet, forçant la flamme à rester allumée, puis il lança son outil de fortune avec une précision surprenante. Bill s'apprêtait à ajouter que ça n'allait pas forcément les aider si le feu ne partait pas mais comme pour lui donner raison, au bout de quelques minutes, une flamme s'éleva en léchant la bordure de la poubelle. C'était… inattendu, Bill fut incapable de ne pas être surpris. Il se tourna vers Francis, toujours étonné, les yeux grands écartés, et remarqua que celui-ci l'était tout autant. Il soupira. Clairement, le plan n'était pas vraiment réfléchi.

L'un des types s'approcha du feu dans la poubelle à cause des cris de panique des gens, ce qui fut le signal qu'ils attendaient pour agir. Ils s'échangèrent un regard et, comme s'ils étaient tous les deux accordés et savaient parfaitement ce que l'autre allait faire, ils se levèrent et précipitèrent chacun sur un gars avant que ceux-ci n'aient le temps de réagir, leur arrachant leurs armes et les assommant, ce qui laissa le dernier gars tout seul. Le criminel pointa son arme sur Bill mais il rétorqua en lui tirant devant les pieds, ce qui le fit sursauter et il se rendit, suppliant pour sa vie. C'était minable mais au moins, personne n'avait été piégé.

La police arriva peu de temps après, enfin deux voitures débarquèrent devant l'aéroport, ce qui était sûrement mieux que rien. Le capitaine de la police, un homme qui avait déjà un certain âge et qui était bedonnant vint les voir immédiatement, fronçant les sourcils en voyant le travail qu'ils avaient fait. Bill aurait cru qu'ils allaient être félicités pour ce qu'ils avaient fait car c'était vraiment bon et qu'ils avaient quand même fait le travail de la police, ce qui méritait franchement des remerciements mais celui-ci les engueula pendant de longues minutes pour s'être mis en danger de façon très bête et pour avoir provoqué un incendie. Bill sentit ses joues chauffer. Il était énervé et vexé, c'était injuste qu'ils soient traités de la sorte, et il fut pas mal surpris de voir que Francis ne semblait pas autant affecté, se contentant de hocher la tête et accepter les reproches.

Finalement, le capitaine de la police soupira et se mit à grimacer comme s'il s'écorchait à dire quelque chose, puis il finit par les remercier quand même, ce qui était beaucoup plus agréable à entendre, même si ça surprit pas mal Bill sur le coup. Il ne comprit pas bien d'où venait ce soudain changement mais il n'allait pas cracher dessus, surtout que Francis aussi avait l'air rassuré d'entendre ça.

« Dites, vous deux, vous venez d'arriver, hein ? Au LSPD, on a très peu de flics, avec tous les départs, les problèmes de gang, les trahisons pour le fric, c'est super galère de se trouver des bons gars. Vous seriez intéressés par un poste ? Ensemble ou juste l'un de vous deux, comme vous préférez. »

Bill ne sut pas comment répondre à ça. Il n'avait pas vraiment réfléchi plus loin que son envie de fuir, savoir qu'on lui offrait une possibilité de travail comme ça, ça le faisait quand même s'inquiéter sérieusement des capacités de la police. Il ne savait pas s'il voulait bosser avec des gens aussi incapables, ça l'énerverait vite. Il tourna la tête vers Francis qui semblait intéressé mais hésitait complètement à accepter l'offre, alors il répondit sans réfléchir.

« Ok, on peut toujours essayer. »

Francis lui adressa un regard pour le remercier et hocha la tête. Leur réponse parut satisfaire le capitaine qui leur donna l'adresse du commissariat pour qu'ils puissent s'y rendre quand ils le souhaiteraient puis il s'en alla avec ses équipes et les criminels.

Bill ne savait plus quoi faire alors que la pression retombait enfin et que tout le monde s'en allait pour vaquer à tout ce qu'ils étaient venus faire à l'origine, et il lui fallut un certain moment pour se rendre compte de la présence de Francis à côté de lui, le surprenant pas mal. Il se rendit alors vite compte que, à son instar, le jeune homme ne savait pas quoi faire, et en plus il ne semblait pas très à l'aise, la neige lui tombant dessus en collant ses cheveux sur son visage. Il grimaçait mais essayait quand même de sourire. C'était vraiment un drôle de personnage, mais pas une mauvaise compagnie non plus.

« Vous avez un endroit où aller ? »

Francis leva ses yeux vers lui, intrigué, puis il secoua la tête.

« Non, pas vraiment. Je suis venu ici sur un coup de tête en fait. »

Bill comprenait un peu trop bien ça. Il alluma son téléphone. Avant d'arriver, il avait téléchargé l'application de taxi de l'île. Il n'avait qu'à les appeler et leur demander de l'emmener dans l'hôtel le plus proche où il dormirait jusqu'à se trouver un logement. Ça fonctionnerait pendant quelques temps. Puis comme ça, il reverrait Francis au commissariat, ce serait un visage connu, au moins un peu, ce serait assez rassurant pour ses débuts.

Francis éternua à côté de lui, ses cheveux se soulevant et s'écartant de son visage. Il se sentait coupable de le laisser seul comme ça au milieu de la neige.

« Ça vous dit qu'on partage une chambre d'hôtel le temps que le travail au comico ramène de la thune et qu'on se trouve un logement chacun ? »

Il ne sut pas du tout comment interpréter le regard de son comparse, mais le sourire qui s'étendit sur ses lèvres et contre ses joues rougies le rendit toute chose.

« Ce serait avec plaisir. »

Bill renifla, détourna le regard et commanda un taxi. Le temps qu'on vienne les chercher, il s'interrogea sur la raison pour laquelle son nouvel ami se décida à lui apprendre que c'était en réalité plutôt fréquent pour des gens de se retrouver avec des chambres qui n'avaient qu'un lit quand ils allaient à l'hôtel sans prendre de réservation à l'avance. Il ne sut pas non plus s'il préférait qu'il ait raison ou tort, il n'avait pas envie d'y penser.