Jour 7 – Afterwork

Un repos bien mérité à la fin d'une semaine bien chargée

Francis était épuisé, crevé, anéanti. Il n'en pouvait juste plus. La semaine avait été atrocement longue et compliquée, il avait été obligé de revenir au travail pour des urgences (les médecins étant encore moins nombreux qu'avant), des fleeca (les gens s'échappaient un peu trop de prison), des enlèvements (Donatien de Montazac avait fini par péter un plomb, il ne sortait quasiment plus de chez lui et faisait suivre ses petits à la trace par les Vagos) et d'autres affaires bien trop stressantes. Il n'en pouvait plus, il ne se rappelait pas sa dernière vraie nuit de sommeil, il ne savait même pas s'il avait seulement réussi à dormir une minuscule heure, certainement que non. Il n'en pouvait plus, il en avait marre, il était à peu près certain qu'il allait péter son téléphone s'il l'entendait biper une fois encore. Derrière lui, Bill avait l'air d'être encore frais, et ça le mettait en colère. S'il le voyait repartir pour aider les citoyens de Los Santos, il allait lui tirer une balle dans le genou. Les civils pouvaient bien se débrouiller tout seul une nuit. Sérieusement, n'importe quelle personne qui venait à Los Santos devait avoir suffisamment assez de santé mentale pour prendre une arme à feu pour rester en vie, sinon, ils cherchaient la merde. C'était nul de penser comme ça, il le savait, mais il n'en pouvait plus.

Il se laissa tomber sur le canapé, n'ayant pas la force de descendre les escaliers jusqu'à la chambre tout en bas de leur maison. Bill s'approcha de lui, retirant ses chaussures.

« Bah alors, mon co-co, déjà fatigué ? »

Il eut envie de le taper quand Bill vint appuyer ses doigts sur son dos, là où il avait son hématome provoqué par un contact trop violent avec le pare-chocs d'une voiture, mais son bras fut incapable de l'atteindre, ayant trop la flemme de faire le moindre effort pour réellement se venger. Il regarda son compagnon s'accroupir à côté de lui.

« Salut.

- Fous-moi la paix…

- Eh beh, tu es vraiment crevé ?

- Si je dois me répéter- »

Bill glissa une main dans ses cheveux avec un sourire moqueur alors il oublia complètement ce qu'il voulait dire et s'appuya contre lui.

« Tu devrais au moins aller au lit.

- Non, je ne fais pas confiance aux escaliers. Tout le monde m'a trahi cette semaine, les escaliers le feront aussi. »

Bill fut complètement hilare face à sa réponse, ce qui était agaçant. Lui aussi, il le trahissait, son propre époux, c'était horrible, tragique, il était outré, déçu, choqué, il ne s'en remettrait jamais.

« Si tu veux, je peux te porter ? Comme une princesse. »

L'idée était plaisante, et Francis n'aurait pas hésité s'il avait vu son partenaire dormir durant cette semaine, mais ce n'était pas le cas et en plus de cela, Bill aussi avait été blessé le jour-même.

« Hors de question, tu vas me faire tomber.

- Et puis quoi encore ? »

Avant que Francis ne pût dire quoi que ce soit, Bill glissa ses bras en-dessous de lui et le fit rouler contre lui avant de le soulever hors du sol. Il protesta malgré toute la fatigue en lui, mais pas assez fort pour que ça ait le moindre effet sur son mari qui souriait, fier comme un paon, se dirigeant dans les escaliers. Ils manquèrent quand même de tomber à un moment, donnant presque raison à Francis mais arrivèrent sans difficulté en bas.

« Tu sais, si tu avais été plus en forme, on aurait fait une partie ou deux de Mario Kart.

- Une partie ou deux, hein ? On sait tous les deux que tu me mens là, Bill. Comment oses-tu ? »

Bill rit une nouvelle fois à ce qu'il disait.

« Tu es vraiment drôle quand tu es fatigué.

- Je veux me coucher et dormir, ce n'est pas drôle. »

Leurs téléphones à tous les deux bipèrent, mettant Francis en colère immédiatement. Il pointa un index accusateur dans la direction de son partenaire, les yeux froncés.

« Si tu réponds, je te quitte. Je te jure que je le ferai. Je te quitte, je signe les papiers du divorce et je me casse. Je t'ai brisé le cœur une fois, je le ferai une fois encore si tu m'obliges à y aller ou que tu me laisses tout seul. »

Bill n'avait pas l'air de le croire, même s'il montra clairement de la contrariété.

« Tu crois pouvoir me menacer ? Je suis le commissaire du LSPD.

- Et ce sont mes unités d'élite que tu diriges, et moi je suis le co-commissaire. C'est moi qui leur donne toute mon affection et qui apporte la bonne humeur au sein de notre équipe.

- Ils ont peur de moi, ils m'obéiront.

- Le iench est mon allié et c'est lui qui a la plus grosse autorité dans cette ville.

- Ça ne reste qu'un chien, si je traduis les choses comme je le veux, c'est toujours moi qu'ils suivront.

- Je te lâche chez les Vagos, comme ça je suis le seul chef.

- Bah je deviens un Vagos et j'attaquerai le LSPD.

- Je me sacrifierai pour assurer la survie de mes unités. »

Francis était secoué au rythme des rires de son époux mais en même temps, malgré la fatigue qui lui faisait dire des bêtises, il souriait aussi grandement contre son cou auquel il se gardait accroché.

« Je crois qu'il vaut mieux que je reste alors si tu es assez con pour te sacrifier pour cette bande d'imbéciles.

- Ils sont comme ma famille, je ne peux pas te laisser dire que ce sont des imbéciles même s'ils le sont.

- Quelle belle bande de débiles profonds, ta « famille », n'empêche.

- Oh, ne dis pas ça enfin. »

Bill se glissa dans la chambre et s'arrêta devant le lit qui était bien fait, sans pli aucun, propre, avec les trois oreillers, puis il jeta un regard à Francis qui lui fit tout de suite deviner ce qui allait se passer.

« Tu sais, j'en ai absolument rien à foutre que tu portes toujours tes chaussures.

- Pas moi. J'en ai quelque chose à faire, elles sont dégueulasse, il a plu toute la journée.

- Je m'en fous aussi complètement que tu sois habillé.

- Bill, j'ai fait vraiment attention à bien faire le lit ce matin, n'y pense même pas.

- Puis, tu es très lourd, c'est difficile pour mes bras alors que j'ai été blessé aujourd'hui.

- Sérieusement, tu es un menteur pourri Bill, ne fais pas ça. »

Son mari ne l'écouta absolument pas et le jeta littéralement sur le lit. Francis poussa un cri indigné en s'écrasant sur le matelas. Bill se laissa ensuite tomber sur lui lourdement et l'embrassa dans le cou mais c'était plus comique que romantique alors il éclata de rire, oubliant immédiatement le traitement qu'il venait de subir un peu plus tôt. Il chercha d'abord à s'écarter puis repoussa son époux en appuyant sur ses joues.

« Tu es imbuvable, vraiment.

- Et tu as signé pour supporter ça jusqu'à la mort alors tu as intérêt à t'y habituer.

- Franchement, ça fait déjà dix ans que je suis habitué à tous tes défauts, ce n'est pas maintenant que je vais fuir. »

Bill avait l'air encore plus fier mais ce fut Francis qui engagea le baisé qu'ils s'échangèrent passionnément. La semaine avait été difficile et longue, mais au moins elle se terminait sur une note qui était vraiment douce.

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