Note de l'Auteur _ Je commencerais pas un immentissime Merci pour tous vos reviews ! -j'ai encore fait ma petite danse de la joie personnelle [xD] en dépassant les 4o reviews... Encore plus en atteignant les 45 -où là, j'avais sérieusement l'air d'une débile... Merci mille fois. Ah & aussi à Océane avec son review de trois mètres de long... =P J'espère que la suite ne vous décevra pas. Dans ce chapitre, encore un peu du quotidien des Potter-Weasley-Granger... Ella qui se bouge ! Et surtout, vous allez "rencontrer" l'Homme, le Vrai, l'Incroyable Tobias Orion Malefoy -qui m'appartient exclusivement {D'ailleurs, par conséquent, si certaines veulent des Jared, Alex, Raphaël, Edward ou tout autre personnage Mâle créé by me que je ne voulais partager, désormais, ils sont à vous ! =P Mais Toby, non !}... & autres Serpentards -de Rowling ou de moi. Uhm... Bon, je vous laisse au lieu de blablater...

Bonne lecture !

.

***

.

Ellarosa _ Chapitre 02

.

***

.

« Quand vous hésitez entre plusieurs voies, prenez toujours la plus douloureuse. »

Henry de Montherlant.

.

***

.

La pluie apparut en même temps qu'un énorme nuage noir sur la ville d'Orange qui fut immédiatement transformée en une piscine géante. Ce fut une goutte d'eau –la toute première de cette averse- qui, tombant sur sa joue, réveilla Ella qui battit plusieurs fois des paupières. Elle avait le sentiment d'avoir été propulsée contre un mur… Puis se souvint de ce qui lui était arrivé et se redressa d'un geste brusque, ses mains s'enfonçant dans la boue qui se formait sous elle. Son regard se figea sur l'endroit où son père avait disparu avant qu'elle ne tombe et elle s'inquiéta d'avoir été inconsciente trop longtemps. L'averse s'intensifia et Ella s'obligea à se mettre debout, légèrement vacillante. Elle remarqua qu'une matière poisseuse collait à son cou et réalisa que c'était du sang. Elle guérirait sa légère coupure à la tête plus tard, trop oppressée par ce sentiment étrange d'impuissance. Sentiment qu'elle n'avait jamais éprouvé auparavant et qui entrait dans son vocabulaire avec fracas.

Ella récupéra sa baguette dans la boue, la glissa dans sa poche, s'avança vers la maison et s'y renferma, le cœur battant trop fort et trop vite alors que mille plans plus minables les uns que les autres prenaient forme dans son cerveau. Pourquoi n'arrivait-elle pas à organiser des pensées cohérentes et aussi astucieuses que d'habitude ? Ella se rendit brusquement compte qu'elle n'avait jamais eu à faire à une situation de crise telle que celle qu'elle devait affronter désormais… Et qu'en plus de ça, elle n'avait même pas son père auprès d'elle pour la soutenir et l'aider à échafauder ses projets. Elle inspira profondément plusieurs fois pour tenter de se calmer alors que tout son corps semblait en proie à une sorte de crise de panique… Depuis quand était-elle du genre à angoisser ? Elle croisa ses bras sur sa poitrine et enfonça ses ongles longs dans sa chair, la douleur physique lui permettant d'oublier toutes les craintes qu'elle avait encore du mal à déchiffrer exactement…

Qui aurait pu vouloir faire du mal à son père ? Elle énuméra d'abord ses premiers ennemis… D'anciens mangemorts peut-être ? Mais Ella savait qu'ils étaient emprisonnés pour la plupart et qu'il n'y avait aucune raison réelle à un enlèvement de leur part –en dehors du fait que Théo ait choisi le camp de l'Ordre plutôt que celui pour lequel il avait été élevé toute sa vie. Cependant cette histoire était vieille comme le monde –ou plutôt, plus vieille encore qu'Ella, et qu'ils s'en prennent à lui aussi brusquement aurait été inexplicable. Ella raya donc les mangemorts de sa liste mentale. Son père avait-il eu d'autres ennemis ? D'anciens membres de l'Ordre ayant songé qu'il puisse avoir fui la guerre ? Mais non, Harry Potter n'aurait jamais laissé faire ça… Ou du moins, pas le Harry Potter dont son père lui avait parlé tant de fois tout au long de son enfance.

Son regard se posa finalement sur l'une des plantes que Théo avait laissée là, sur le rebord de la fenêtre de la cuisine où le soleil l'illuminait généralement. Ces gens vêtus de noir et de blanc auraient-ils pu être des scientifiques ou des personnes ayant pris connaissance des recherches exercées par son père ? Après tout, une multitude de sorciers aurait pu être intéressée par certaines plantes et ceux qui savaient qui était Théodore Nott en tant que botaniste auraient pu vouloir s'en prendre à lui. Qui ne désirait pas être capable à l'aide de simples plantes de guérir, de tuer, de se rendre désirable aux yeux de l'être aimé, de devenir invincible ? De devenir riche…

Ella sentit instinctivement que cet enlèvement avait à voir avec les plantes de son père. Qui d'autre aurait pu lui vouloir du mal ? Elle tenta de retrouver un peu son calme pour réfléchir à un plan, un réel programme lui permettant de retrouver son père avant que quelque chose ne tourne mal. Mais si les kidnappeurs étaient des scientifiques, ils ne feraient pas souffrir Théo, pour la simple et bonne raison qu'ils auraient besoin de lui dans la réalisation de leurs projets. Mais quels projets ? Trop de questions. Pas assez de réponses. Ella décida de procéder par étapes. Les listes de choses à faire avaient toujours été son point fort. Des listes, toujours ! Elle s'empara de sa baguette et soigna rapidement sa légère contusion à la tête puis se dirigea vers le bureau de son père, là où il avait rangé un des cahiers contenant la liste complète de toutes les plantes crées depuis seize années.

Elle eut du mal à retrouver le carnet à la couverture bleue et épaisse qui en apparence n'avait pas l'air de contenir les plus énormes secrets de botanique au monde et les plans –noms, dessins, compositions- de chaque plante. Des dizaines de Botanistes respectés avaient dit de Théo qu'il était le plus grand et le plus intelligent et créatif des botanistes qui existe… Tant de gens auraient aimé détenir ce carnet comme Ella le portait actuellement elle-même. Elle caressa lentement la couverture de daim toute douce, appréciant cette texture particulière sous ses doigts, puis ouvrit lentement le cahier en expirant.

Avait-elle le droit de faire ça ? Elle n'y réfléchit pas davantage, se contentant simplement d'aller à la dernière page utilisée, découvrant qu'il s'agissait de sa fleur. Ellarosa s'imposait sous la forme d'un croquis précis et magnifiquement esquissé. Sur la page face au dessin, une dizaine de lignes à peine avaient été rédigées, expliquant la formation exacte de cette fleur. Ella se refusa à lire ces mots. La composition et les formules permettant de fabriquer telle ou telle plante ne devait pas être connues de qui que ce soit en dehors de son père. Elle-même ne désirait pas connaître les secrets de leur invention. Mais, maintenant qu'elle savait quelle plante avait été produite en dernier, elle réalisait amplement que le problème venait d'elle… Ellarosa était une œuvre de génie. Une œuvre que nombre de sorciers convoiteraient. Pourtant, n'était-ce pas un secret ? Comment quelqu'un avait pu apprendre son existence ?

Ella s'assit d'un seul coup sur le fauteuil de bureau aux coussins moelleux et confortables et essaya de rassembler ses pensées. Peut-être étaient-ils surveillés ? Peut-être que la magie protégeant leur maison avait des failles, failles dont d'autres s'étaient empressés de profiter ? Il y avait tant de possibilités après tout à cet enlèvement. Tant de raisons et d'explications à donner… Et Ella savait pertinemment qu'elle n'y arriverait pas toute seule.

.

***

.

Hermione recouvrit tendrement le corps de Timothy de sa couverture aux couleurs de Gryffondor –sous ordres de l'enfant- et déposa un léger baiser sur son front couvert de tâches de rousseur. Il lui adressa un vague sourire, déjà à moitié endormi, fatigué par sa très longue journée qu'il avait passée avec son père et ses oncles Fred et George. Et comme toujours avec eux, il fallait courir, sauter et s'amuser jusqu'à épuisement. Etat dans lequel le petit rouquin semblait être, malgré le sourire béat posé sur son visage.

« Tu as passé une bonne journée, n'est ce pas ? murmura doucement Hermione en caressant ses cheveux roux encore humides de la douche qu'il venait de prendre.

- Oui, c'était trop bien… Et maman…

- Oui ?

- Je pourrais avoir un balai pour mon anniversaire ? »

Hermione esquissa un sourire, sachant d'instinct que Ron avait dû souffler à leur fils ces simples mots car elle avait toujours un peu de mal à refuser certaines choses à son petit dernier qui semblait si… petit justement. Elle recommença à caresser les cheveux sur son front alors qu'il battait des paupières rapidement, comme pour ordonner au sommeil de partir ce qui ne fonctionnait pas vraiment. Se détacher de ses fils lui paraissait complexe et elle avait broyé du noir pendant des jours après le premier départ de Scott pour Poudlard. Elle n'arrivait simplement pas à se faire à l'idée qu'ils la quittent un jour et subissent ce que les gens appelaient « la vie » : cette accumulation de bonnes et de mauvaises choses qui pouvaient rendre fou n'importe quel être saint d'esprit. Elle ne voulait pas savoir ses fils tristes ou blessés par qui que ce soit… Elle ne réalisait pas encore qu'elle ne pouvait les protéger de tout.

« On va y réfléchir avec papa… » éluda-t-elle simplement après un silence durant lequel l'enfant semblait déjà avoir rejoint les bras de Morphée.

Elle l'embrassa une dernière fois, replaça méticuleusement le drap autour du petit et il parut comprendre qu'il avait gagné car son sourire devint plus large. Elle dodelina de la tête, s'en voulant presque de ne pas avoir autant d'autorité que certains parents qui savaient facilement dire non. Les siens par exemple avaient toujours fait preuve d'un savoir faire exceptionnel lorsqu'il le fallait. Mais après tout, cette histoire de balai valait-elle vraiment la peine qu'elle s'inquiète tant que ça ? Elle observa longuement Timothy qui s'endormait, ses yeux à moitié clos déjà emplis de ces rêves merveilleux que seuls les enfants pouvaient faire. Hermione regrettait de ne plus être capable de vivre ça et aurait donné n'importe quoi parfois pour revenir au temps où elle ne savait pas que les rêves ne se réalisaient jamais…

« Bonne nuit, mon petit loup.

- Bonne nuit maman… »

Timothy se retourna dans son lit avec un bâillement et plongea directement dans le royaume des songes. Hermione le scruta quelques instants de plus avant de se lever, quittant la chambre en laissant la lumière du couloir allumé car l'enfant avait encore peur du noir. Elle s'installa dans son salon avec un livre et une tasse de thé, n'ayant absolument aucune envie de dormir. Ce nœud qu'elle avait dans la gorge ne disparaissait plus depuis plusieurs jours alors qu'elle n'avait aucune réelle raison de s'angoisser. Son travail ne lui apportait actuellement aucun souci, tout se passait exactement comme elle le souhaitait… Scott allait apparemment bien, du moins il semblait être dans son état normal avant de partir dormir chez les Londubat. Timothy allait bien également. Tout était parfaitement… normal. Mais elle angoissait, sans raison particulière. Et comment pouvait-elle faire disparaître son angoisse si elle ne savait même pas d'où elle venait !?

C'était ce même nœud dans la gorge que chaque 18 août… ce même nœud qu'à chaque anniversaire… chaque noël… chaque rentrée… Ce même nœud qui ne laissait qu'une interprétation possible : elle pensait à cet enfant. Cet enfant auquel elle ne pensait généralement pas ! Un peu au début, après l'accouchement et toute cette étrange période floue dont elle ne se rappelait pas grand-chose. En dehors du fait que Ron était trop attentionné, Ginny trop effacée, et elle trop saoule. Boire était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour faire disparaître le nœud de sa gorge et cette culpabilité dont elle ne voulait pas mais qui restait un sentiment incontrôlable.

Elle finit par se lever et rejoint la cuisine où elle ouvrit simplement un placard avant d'en sortir une bouteille de whisky. Elle la posa sur le plan de travail, la jaugeant presque du regard. Mais le nœud était toujours là et elle ne se contrôla qu'une minute à peine avant de dévisser le bouchon de la bouteille, portant le goulot à ses lèvres. Ce ne fut que lorsque le liquide brûla la gorge et explosa brutalement la boule de nerfs qu'elle se sentit elle-même à nouveau. Elle put oublier sa culpabilité qu'elle ne comprenait pas, dont elle ne voulait pas, et redevenir Hermione Jean Granger, mère de seulement deux enfants.

.

***

.

Le Manoir Malefoy, dans le Wiltshire, avait depuis longtemps perdu de la superbe qui le caractérisait si bien et avait fait de lui l'une des demeures les plus appréciées des sorciers et des aristocrates plus précisément dans le passé. Son jardin autrefois si bien entretenu n'était plus qu'un fatras sans nom où les arbres et plantes s'emmêlaient les uns aux autres, empiétant un peu plus chaque jour sur l'herbe trop longue. Le lierre recouvrait les murs de la façade de la maison, camouflant parfois les fenêtres, occultant la lumière du soleil pour les habitants.

A l'égal du 12 Square Grimmaurd, Quartier Général de l'Ordre du Phoenix, le Manoir Malefoy avait été celui de Lord Voldemort et de ses adeptes durant la guerre. Mais depuis, cette maison, comme ses habitants, ne dégageait plus la splendeur qui avait été durant des siècles le symbole même des Malefoy. Désormais, Lucius Malefoy était en prison, Narcissa était morte, et les membres restant de la famille n'étaient plus aussi riches et puissants qu'ils l'avaient été. Drago Malefoy était devenu un Fabriquant de Potion banal sans position enviable telle que celle des hommes de sa vie d'autrefois. Et rassembler les quelques vestiges de leur royal passé n'était plus la principale occupation du père, son seul devoir restant celui de faire vivre sa famille… Ce qui n'était plus une chose facile lorsque le nom Malefoy entrait en ligne de compte.

Ce nom avait été trainé dans la boue à la fin de la guerre, avait fait d'eux des parias, des monstres de la pire espèce. Ils étaient considérés comme des Mangemorts. D'ailleurs, Drago comme Pansy –son épouse- avaient fait partie des favoris de Lord Voldemort et étaient restés de son côté tout au long de la guerre. Pourtant, bien que des milliers de sorciers s'y opposent, ils avaient été sauvés. Ils étaient pauvres, ils étaient haïs… Mais ils étaient libres.

Dans sa chambre, Tobias Orion Malefoy –habituellement appelé Toby- observait le plafond décrépi qui lui donnait l'impression d'être sur le point de s'effondrer, comme tout le reste du manoir. Son père ne prenait plus le temps de lancer des sortilèges pour le faire tenir debout. A vrai dire, il ne passait même plus assez de temps dans cette maison pour s'en occuper. Tant qu'à sa mère, Pansy –qui portait autrefois le nom Parkinson, elle était toujours plongée dans son travail de Psychomage pour un centre de Médicomagie privée, travail qui faisait vivre la famille.

Toby passa ses doigts dans ses cheveux d'un brun clairsemé de mèches blondes –héritage paternel- en réfléchissant à une possible occupation pour la journée. Les vacances scolaires d'été ne passaient jamais assez vite à son goût. A Poudlard, malgré le fait que tous sachent que les Malefoy n'étaient plus si prestigieux, il restait un privilégié. Le Prince des Serpentard. Il était ignoré des élèves des autres maisons, mais dans la sienne, il était respecté, craint même. Il avait sa place. Lorsqu'il était au Manoir, il devenait apparemment invisible… Un fantôme dans des débris symbolisant l'échec de sa famille. Son échec en quelque sorte.

Sa meilleure amie, Sam Zabini, était à New-York chez son père pour quelques semaines, et quand elle n'était pas là, sa vie devenait bien monotone. Il aurait troqué son âme pour que la rentrée à Poudlard arrive plus vite. Il quitta son lit en rajustant son boxer sombre dont la noirceur tranchait avec la couleur de sa peau et s'approcha de la fenêtre, repoussant les rideaux pour faire entrer un peu de lumière. Il s'étira de tout son long, ses veines bleutées se profitant sous sa pâleur alors que ses muscles se crispaient. Grand et élancé, il possédait un corps que nombre d'adolescents souhaitaient avoir. Il observa le soleil qui se levait derrière les arbres de la forêt avoisinant le Manoir et soupira, las de cette nouvelle journée qui se profilait. Encore une…

L'adolescent sortit de sa chambre, laissant la porte entrouverte, et s'installa sur la rambarde de l'escalier, s'y laissant glisser jusqu'au rez-de-chaussée, comme toujours depuis ses cinq ans. Il se déplaça jusqu'à la cuisine, ouvrit la porte du réfrigérateur, et en sortit une bouteille de lait. Il but quelques gorgées au goulot, une moustache blanche apparaissant au dessus de ses lèvres. Il y passa sa langue, l'effaçant, puis rangea la bouteille avant de pénétrer dans le salon.

Il faillit sursauter en y découvrant son père, lequel lisait la Gazette du Sorcier, installé sur son fauteuil préféré. Drago releva la tête son fils et marmonna après lui avoir jeté un bref coup d'œil.

« Tu traines dans la maison en sous-vêtements, maintenant ? File t'habiller, on va au Chemin de Traverse pour les courses de rentrée. »

Toby fronça les sourcils, déjà agacé par les mots de son paternel qui avait tendance à oublier que les êtres humains pouvaient avoir un avis contraire au sien, et que son fils n'était pas toujours censé le suivre quoi qu'il dise. Cette fois, Toby était de mauvaise humeur et n'avait pas envie d'aller faire les magasins. Surtout qu'en ce samedi, les rues seraient pleines de monde et d'élèves de Poudlard… Aller visiter une boutique d'occasion devant ses condisciples lui semblait être une situation impensable dont la honte lui serait insurmontable. Il fronça les sourcils, ses yeux d'un bleu-gris identique à celui de son père s'assombrissant légèrement rien qu'à l'idée de devoir supporter les regards des autres élèves, emplis de pitié ou de dédain.

« On ne pourrait pas y aller plus tard ? Uhm… Lundi, par exemple.

- Je travaille lundi, répliqua Drago en posant son journal avec un plissement de sourcils interrogateur. Tu as quelque chose qui t'empêche de sortir aujourd'hui ? Une occupation dont tu ne m'aurais pas parlé ? Ou tu comptes passer ta dernière semaine de vacances comme ces deux derniers mois à flâner en lisant tes manuels de cours ou des magazines sans bouger ? Tu as dix-huit ans… Tu pourrais sortir avec tes amis de Poudlard, aller jouer au Quidditch, faire autre chose, non ? Enfin, en tout cas, aujourd'hui, nous sortons ! »

Toby ravala la rage qui lui obscurcissait la gorge à chaque fois qu'il retenait la colère envers son père, laquelle menaçait de s'échapper de son corps à toutes sortes d'occasions. Il soupira, mal à l'aise. Il évitait les crises et les disputes autant que possible, mais avait parfois envie de se laisser aller et de dire à son père tout ce qu'il pensait de lui. Mais jamais il n'osait. Jamais. Il murmura donc simplement :

« Papa, il y aura d'autres élèves de Poudlard et… Des Malefoy entrant dans des magasins d'occasion, ça risque de faire jaser et…

- Et tu es un Malefoy, conclut Drago avec un demi-sourire, comme si il avait parfaitement compris ce qui tracassait son fils depuis le début. Tu es un Malefoy ! Ce qui fait de toi un garçon parfaitement capable de faire taire ceux qui oseraient dire quoi que ce soit à propos de toi ou de notre famille. Tu es assez fort pour ça. Et maintenant, vas t'habiller.

- Pa'…

- Sans discuter. »

.

***

.

Hermione glissa son doigt mouillé contre le cristal de son verre à vin, provoquant un doux sifflement qu'elle s'amusait à produire lorsqu'elle était toute petite. Elle sentit le regard de sa mère à l'autre bout de la table et releva les yeux, croisant les yeux bleus de Ron qui l'interrogeaient. Elle lui adressa un sourire assez faux avant de se concentrer sur la discussion qui se tenait sur les prochaines vacances de Noël. Comme tous les samedis, Mr et Madame Granger –les parents d'Hermione- avaient invité leur fille, son ex-mari –qu'ils invitaient avant qu'il soit l'ex bien évidemment- et leurs petits fils, pour un diner familial qui cette fois ennuyait profondément Hermione.

« Le repas de noël de l'an dernier était excellent bien sûr et nous adorons passer noël avec les Weasley, Harry et les enfants, mais cette année…

- Madame Granger, noël est dans plus de trois mois, lui rappela Ron sans lâcher son ex-femme qui n'arrêtait pas de se resservir à boire.

- Mais si nous voulons réserver pour passer les fêtes ailleurs… Hermione, ma chérie, comptes-tu vider cette bouteille !? »

Hermione releva brusquement la tête, remarquant que même son père s'était arrêté de manger pour l'observer, lui qui d'ordinaire pendant les disputes familiales continuait tranquillement à couper sa viande sans prêter attention à ce qu'il se passait autour. Elle se leva en s'excusant et quitta la pièce, entendant Timothy demander à Scott « Elle va bien, maman ? ». Elle s'installa dehors, sur le vieux fauteuil à bascule sous la véranda ayant appartenue à sa grand-mère Rose qui selon la légende Granger était morte sur ce siège. Elle se balança quelques secondes en regardant le ciel noir et sans étoile, jusqu'à ce que la main de Ron se pose sur son épaule, sa bouche trouvant rapidement son front comme lorsqu'ils étaient adolescents et qu'elle était triste ou malade. Il s'assit sur le banc juste en face d'elle et soupira :

« Tu te souviens qu'on a divorcé parce que nous étions incapables de nous parler comme quand nous étions simplement amis ? Et bien, c'est pour ce genre de situations que c'est utile. Tu peux me dire ce qu'il se passe sans problèmes ! »

Elle sourit simplement face à la tendresse de la voix de Ron qui comme toujours depuis de nombreuses années trouvait toujours les mots qu'il fallait. Elle l'avait vu grandir pendant la guerre, devenir plus attentionné, plus sûr de lui peut-être –ou du moins, en apparence- et surtout beaucoup plus sensible. Il restait parfois ce bêta un peu ailleurs dont elle aimait se moquer à l'époque de Poudlard, mais la plupart du temps, il était un homme, un vrai. Et elle l'aimait toujours beaucoup, au même titre qu'Harry sans doute… Mais cette fois, qu'aurait-elle pu dire ?

« Ce n'est rien. Je suis juste un peu fatiguée, je travaille trop…

- Hermione, tu travailles trop depuis ta naissance ! Même bébé, je suis quasi certain que tu cogitais tout le temps ! Mais, tu viens de passer le repas à boire, ce que tu n'avais pas fait depuis… Depuis la mort de notre enfant. Alors, j'aimerais bien savoir ce qu'il t'arrive en ce moment pour que tu recommences…

- Rien du tout, Ron, souffla Hermione, le nœud dans sa gorge réapparaissant dès l'évocation de ce simple « notre » qu'il avait associé au mot « enfant » sans se douter une seule seconde de la vérité. Je suis juste un peu stressée avec le travail et… Ce n'est rien. »

Il plissa le front, ses sourcils se rejoignant presque alors qu'il la dévisageait, sachant parfaitement qu'elle lui mentait car elle n'avait jamais été très douée pour ça. Elle ne l'avait pas une seule fois regardé dans les yeux, ce qui indiquait qu'elle ne lui disait pas la vérité. Pourtant, il ne pouvait l'y forcer et soupira à cette idée en s'installant plus confortablement sur le banc.

« Scott et Timy vont passer la nuit chez moi. Comme ça, tu seras tranquille et seule et… tu pourras te reposer. »

Elle releva les yeux vers lui et parut presque agacée de cette phrase qu'elle soupçonnait d'être une réplique censé lui dévoiler qu'elle avait trop bu et était donc incapable de s'occuper de ses enfants, ce qui n'était pas du tout le cas.

« Je vais très bien, Ron !

- Tu vas finir ta soirée complètement saoule et tu dis que tu vas bien !? riposta-t-il, acerbe. Sérieusement, Hermione, dis moi ce qu'il se passe et on réglera ce problème ensemble. »

Elle eut l'impression qu'il lui faisait du chantage : « Si tu me dis ce qui ne va pas, je te rendrais tes enfants ! ». Elle se leva, et lui lança un dernier regard peu amène qui n'eut pas l'effet escompté. Il se contenta d'hausser un sourcil interrogateur et se demanda silencieusement à quoi elle jouait en ce moment, avant de marmonner :

« Très bien… Ne me le dis pas. Garde ça pour toi et deviens dingue. Tes périodes de folies ne me manquaient pas, mais après tout, pourquoi pas ?

- Ce n'est pas drôle, Ron.

- Non, c'est vrai… Mais comme tu ne veux rien me dire, je préfère le prendre avec le sourire. Je vais retourner dans la cuisine et faire la discussion à ton père, je le laisserais même me parler de golf et je jouerais le gendre parfait bien que je ne le sois plus. Je fais ça pour toi, au cas où tu l'aurais oublié… Alors si tu pouvais éviter de boire le reste de la soirée en retour, ce serait sympa. Dans tous les cas, les garçons passeront la nuit chez moi. »

Il se leva et retourna à l'intérieur de la maison, laissant Hermione seule. Elle souffla, presque en colère qu'il ose se servir de ses fils contre elle. Mais il avait raison… Si il avait bu, elle ne l'aurait jamais laissé toute la soirée avec Scott et Timothy, et elle le savait. Elle aurait dû cesser de boire pour repousser l'angoisse qui obstruait sa gorge, mais elle pressentait que tout allait mal, que tout ce qui se passait bien dans sa vie finirait par se briser, que tout ce à quoi elle tenait disparaitrait. Elle ne savait pas quand ou pourquoi, mais elle ne savait. C'était un mauvais pressentiment. Et même si elle n'avait jamais cru aux intuitions non fondées sur des faits réels, cette fois, elle était certaine d'avoir raison.

.

***

.

Le quai était enfumé, comme tous les ans depuis bien longtemps, et le Poudlard Express se préparait à un départ imminent alors que des centaines d'élèves encore vêtus de leur habits normaux quittaient leur parent, les plus âgés avec des sourires, les plus jeunes avec un air angoissé et penaud signifiant sans doute : « Maman, ne me laisse pas ! ». Dans un coin, Harry et Ginny discutaient avec leur fille, laquelle paraissait très excitée à l'idée d'entrer en troisième année à Poudlard. Etant la fille d'Harry Potter, elle n'avait jamais eu à subir un quelconque bizutage ou des réflexions d'autres élèves, hormis de la part des Serpentards qu'elle se plaisait habituellement à provoquer. En dehors de sa facilité déconcertante à jeter un sortilège de Chauve-Furie exceptionnel, Winifred était aussi parfaitement capable d'envoyer des coups rapides et précis mettant des élèves –même des garçons plus âgés- au tapis. D'ailleurs, elle s'était de nombreuses fois faite punir à cause de ces 'capacités' et la directrice de Poudlard –Minerva McGonagall- était légèrement exaspérée par son cas. Harry –qui était toujours à Poudlard en tant que professeur- semblait plutôt s'amuser des nombreuses frasques de sa fille, presque heureux qu'elle ait hérité de cette étrange prédisposition qui lui permettait de se sortir de toutes les situations sans réellement avoir besoin d'aide.

« Je pensais donc, conclut Winifred en observant ses parents avec un air très sérieux, à passer les essais pour devenir Attrapeuse dans l'équipe de Gryffondor. Et je vous interdis de penser que vous pourrez m'en empêcher ! »

Elle avait achevé sa tirade –qui s'était engagée depuis le petit déjeuner- en croisant ses bras sur sa poitrine déjà formée, un regard agressif assombrissant son visage d'ordinaire si jovial. Harry et Ginny échangèrent un sourire, amusés tous les deux par leur fille qui avaient toujours tendance à croire qu'ils lui diraient « non » et préférait argumenter avant même t'entendre un avis de leur part la poussant à croire qu'ils lui refuseraient quoi que ce soit. Ginny poussa un petit soupir, court, résigné, qui signifiait sans nul doute un départ de « non » simplement destiné à provoquer la petite rouquine qui lui ressemblait tant.

« Entrer en troisième année est une grande étape déjà. Tu vas avoir de nouveaux cours et…

- Je saurais faire face à toutes les difficultés de mon emploi du temps ! Je m'organiserais ! »

Harry étouffa un rire et Winifred leva son regard vers lui un millième de seconde. S'il n'avait pas été habitué à ce regard noir et teinté de mépris –le genre de mépris spécialement réservé aux Weasley gênés et tentant d'être persuasifs- il aurait sans doute reculé d'un pas… Mais Ginny avait eu exactement le même regard des milliers de fois et Harry y était désormais complètement insensible. Winifred repoussa donc sa chevelure rousse en arrière et continua :

« Et puis, je choisirais le cours de Divination en Option, ce qui me permettra d'avoir du temps… Inventer des façons de mourir et autres catastrophes ne doit pas être si compliqué que ça ! Enfin, c'est papa qui l'dit... »

Un regard noir de Ginny à Harry effaça le sourire de ce dernier qui fut soudain très heureux de retourner à Poudlard pour enseigner et par conséquent quitter sa femme qui ainsi n'aurait pas l'occasion de le réprimander pour la mauvaise image qu'il donnait à leur fille. En effet, ils ne se reverraient que le week-end et d'ici là, Ginny aurait sans doute oublié ce petit problème. Winifred soupira, comme pour ramener l'attention sur elle.

« Et puis, avec le cours de Soin aux Créatures Magiques, ce sera simple vu que…

- Vu que c'est ton Oncle Charlie qui s'en occupe, conclut Ginny avec une grimace sombre. Ce ne sera pas une raison pour ne pas étudier suffisamment ! Et tu as encore de gros progrès à faire en potions… Et…

- Je veux jouer au Quidditch ! Et puis, toi et papa, vous étiez bien dans l'équipe, vous ! »

Elle fit la moue. Cette moue. Celle qui empêchait littéralement les mots « non » ou « pas question » de sortir des bouches de ses parents. Ses yeux devinrent plus tristes, comme si elle était sur le point de pleurer –ce qui n'arrivait jamais- et Harry grogna quelque chose avant de lancer :

« Très bien, d'accord ! Mais tu feras très attention à toi et je ne veux pas te voir faire des bêtises sur le terrain…

- Comme toi en ton temps ? provoqua simplement Winifred avec un sourire canaille.

- Winifred, c'était différent. Tu es ma fille et je tiens beaucoup plus à te voir entière qu'à te voir devenir une grande Attrapeuse renommée de Poudlard. Donc, si je vois que tu fais l'idiote sur le terrain, que tu bouscules volontairement des joueurs pendant les matchs comme des Serpentard par exemple, je m'arrangerais pour que tu ne fasses plus partie de l'équipe. Est-ce bien clair ? »

La petite rouquine n'eut que le temps d'acquiescer qu'un petit groupe composé de Ron et de ses deux fils, s'approcha d'eux. Ron et Harry échangèrent une rapide poignée de main avant que le rouquin n'embrasse sa sœur, les trois enfants discutant désormais de cette rentrée. Timothy qui n'entrerait à Poudlard que trois années plus tard ne pouvait s'empêcher de bouder chaque année, comme si son frère n'était qu'un « méchant lâcheur » qui l'abandonnait pour aller vivre de formidables aventures. Il avait l'image de Poudlard que lui avaient définie ses parents et ne réalisait pas vraiment que l'école de sorcellerie était désormais un lieu normal avec des cours parfois ennuyeux sans aucun Mage Noir, Chambre des Secrets ou Tournois des Trois Sorciers auxquels il fallait survivre. Scott avait eu beau lui expliquer mille fois que le professeur Rogue n'était qu'un rabat-joie, le professeur McGonagall trop sévère et que les dortoirs des garçons était séparé de celui des filles… Rien n'y faisait. Timothy se contentait de bouder. Ron ébouriffa tendrement ses cheveux roux et l'enfant poussa un soupir désespéré qui fit rire Winifred.

« T'inquiète, Timy ! Bientôt, tu regretteras de ne pas pouvoir passer l'année tranquillement à faire ce que tu veux au lieu de suivre des horaires absurdes et des cours ennuyeux à mourir comme l'Histoire de la Magie –surtout avec ce crétin de professeur McLaggen ! Mais passons, on va devoir prendre le train si on ne veut pas qu'il parte sans nous. »

Scott acquiesça simplement, son regard déjà fixé à celui de Maïa Londubat qui lui adressait un signe depuis la fenêtre de son compartiment. Il adressa un « au revoir » très absent à sa famille avant de se diriger vers elle, s'enchevêtrant un instant les pieds dans les lacets défaits de ses chaussures avant de monter dans le train, les yeux brillants, le regard flou, les joues rouges. Winifred secoua la tête, s'apitoyant presque sur elle-même. Pourquoi avait-elle hérité d'une famille pareille !?

« Oh, les hommes… finit-elle par soupirer en levant les yeux au ciel.

- Oui, et ce n'est pas fini ma chérie. Ils ne s'améliorent hélas pas en vieillissant ! charria Ginny avec un sourire à l'intention de son époux qui se contenta de regarder ailleurs comme s'il ne voyait pas du tout de qui elle parlait. Allez, file donc avant que le Poudlard Express s'en aille ! »

La jeune fille acquiesça avec sérieux avant de poser ses lèvres sur les joues de son petit cousin –qui faisait deux bonnes têtes de moins qu'elle. Elle embrassa ensuite rapidement son oncle avant de serrer sa mère dans ses bras –laquelle l'étouffa presque alors qu'elles allaient sans doute se revoir dans le mois qui suivait quand Winifred souhaiterait rentrer à la maison. Elle embrassa hâtivement son père, qu'elle verrait toute la semaine à Poudlard et fila vers le train. Harry lui adressa un dernier signe de la main alors que Timothy regardait les portes qui se refermaient. Peut-être arriverait-il à se faufiler jusqu'à l'une d'elles et à se faire passer pour un Première Année ? Ron s'agenouilla pour être plus bas que lui et sourit avec une douceur paternelle habituelle.

« N'y compte pas. Tu as encore trois longues années à vivre avant d'être prêt à survivre à ça ! Et puis, tu imagines ne pas nous voir maman et moi pendant si longtemps… »

Le petit garçon haussa les épaules en se balançant d'un pied sur l'autre, ne parvenant pas à se faire une sérieuse idée de ce que serait sa vie sans le baiser du soir de sa maman et les mille sucreries et objets de Farces et Attrapes que son père lui ramenait toutes les semaines. Harry échangea un rapide regard attendri à Ginny qui perçut apparemment l'envie étrange s'était insinué dans l'esprit tordu de son époux.

« Ne rêve même pas ! On est trop vieux pour recommencer ça… Ou du moins, il n'est pas question que je reprenne je-ne-sais-combien-de-kilos, que j'ai les chevilles qui enflent et que je subisse les nausées matinales ! Si tu veux un autre enfant, il va aussi te falloir une autre femme…

- Hum… Peut-être que je pourrais aller voir Cho Chang histoire de me remémorer quelques… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Ginny lui envoya un coup de coude dans les côtes, ce qui le fit rire. Elle aussi finit par esquisser un sourire, sachant pertinemment qu'il n'était pas ce genre d'hommes. Elle finit par glisser ses mains dans son dos et l'embrassa à pleine bouche. Deux « Eurk ! » -de Ron et de Timothy- leur parvinrent, mais ils continuèrent à s'embrasser sans y prêter attention.

.

***

.

Ella referma brutalement la porte du bureau de son père, épuisée par ses recherches concernant tous les groupes –de médicomagies, de biomagies, de botaniques ou d'autres encore- qui suivaient son père depuis le début de ses études et en finançaient quelques unes. Il n'avait apparemment eu aucun souci ou motif de discordes avec l'une d'entre elles et Ella ne saisissait pas d'où cette attaque pouvait provenir exactement. En dehors de ceux qui connaissaient l'existence de ces travaux, personne ne pouvait savoir qui était son père et quel métier il exerçait… En clair, Ella, en une deux semaines seule dans sa maison, n'avait pas beaucoup avancé.

Elle se laissa choir sur le canapé du salon sur lequel elle dormait depuis plusieurs jours et remonta le plaid dans lequel elle s'enroulait toutes les nuits, nuits relativement courtes en raison de ces cauchemars et rêves étrangement réalistes qui la réveillaient et la forçaient à recommencer ses recherches à chaque fois. Le bureau de son père était devenu un réel capharnaüm de dossiers et livres ouverts au sol dans lequel elle-même ne se retrouvait plus. Pourtant, à qui aurait-elle pu demander de l'aide ? Elle réalisa que la bulle dans laquelle son père et elle vivaient depuis toujours comportait peut-être quelques aspects négatifs en fin de compte.

Ses yeux se fermaient peu à peu, la fatigue prenant le dessus de ses chaotiques pensées sans qu'elle ne puisse l'empêcher. Elle accepta finalement de plonger dans les bras de Morphée, au moins pour quelques heures… Comme les nuits précédentes, elle refit ce rêve qui -dans son enfance- lui donnait toujours envie de pleurer lorsqu'elle se réveillait. Il y avait cette étrange odeur de pourriture dans l'air… Cette femme qui pleurait et dont les cheveux avaient une couleur orange flamboyante qui détonnait sur l'air qui semblait gris… Ce cri déchirant…

Ella se réveilla en sursaut, une fois encore, sa peau recouverte d'une fine couche de transpiration, son souffle haletant, son cœur battant frénétiquement. Elle inspira profondément plusieurs fois avant de réussir à retrouver un rythme cardiaque normal et jeta un rapide coup d'œil en direction de l'horloge qui indiquait cinq heures du matin. Elle n'avait dormi que trois heures… Moyenne normale de ces dernières nuits. Elle se leva en s'étirant et se dirigea vers la cuisine en rajustant son short dans lequel elle avait dormi, et son t-shirt deux fois trop grand, avant d'ouvrir le frigidaire dont elle sortit une brique de jus d'orange, puis le placard d'où elle extirpa la dernière boite de Kellogg's. Elle n'eut même pas le courage de prendre un bol ou un verre et but au goulot tout en picorant des céréales à même la boite.

Ella laissa le tout sur la table une fois le ventre plein et retourna au bureau de son père en frottant ses doigts contre ses yeux dans l'espoir qu'ils s'ouvrent un peu plus. Elle s'installa dans le fauteuil principal, celui qui lorsqu'elle était enfant, lui donnait l'impression d'être immense car lorsqu'elle s'asseyait dessus, le dos bien collé au dossier, elle ne pouvait même pas se tenir correctement. Désormais, elle avait la bonne taille et ses pieds touchaient même le sol. Elle resta assise quelques minutes dans le silence le plus complet avant de se remettre à farfouiller dans cette paperasse qui lui faisait réaliser que son père gardait vraiment tout et n'importe quoi.

Ella finit par ouvrir les tiroirs du bureau, n'aillant pas vraiment osé le faire auparavant car son père le lui avait interdit –et qu'étrangement, elle n'était pas du genre à désobéir. Le premier tiroir était vide. Le deuxième également. Ce ne fut qu'au troisième tiroir qu'elle découvrit une boite en fer aux couleurs de Serpentards, la peinture écaillée par le temps et légèrement rouillée par endroit. Ella fronça les sourcils en la sortant de sa cachette et la posa sur le bureau après avoir déplacé quelques papiers. Un simple serpent ornait le couvercle abimée et cabossée et la jeune fille l'observa longuement avant de se résigner à le soulever.

La première chose qu'elle saisit était une simple photo d'elle, lorsqu'elle avait environ six ans, lors de l'un de leur périple. Celui-ci devait -d'après les souvenirs de la jeune fille- être le voyage qu'ils avaient fait en Amazonie pour que son père y étudie elle-ne-savait-plus-quelle-plante. Ella reposa la photo avant de sortir un morceau de parchemin froissé qu'elle déplia. C'était une lettre. Son regard s'assombrit en lisant le prénom « Ginny » à la fin de la page… Ginny. Cette femme, celle qui avait aidé sa mère à se débarrasser d'elle, celle qui lui avait en quelque sorte sauvé la vie… Elle hésita quelques secondes, sachant pertinemment que ce n'était pas cette lettre qui l'aiderait à retrouver son père. Mais elle devait savoir. Elle devait savoir pourquoi il avait reçu une lettre de cette femme qu'elle n'avait connue que pendant la première heure de sa vie, la première à l'avoir prise dans ses bras… Ella ferma une seconde les yeux avant d'enfin oser parcourir le parchemin de son regard ébène cerné par la fatigue.

Théo,

Merci. Merci d'avoir envoyé cette photo d'Ella. Elle est magnifique, tout comme son prénom. Elle ressemble à Hermione, mais son visage a la forme du tien. Elle parait aller bien. La voir ainsi, et non en pleurs dans mes bras m'a soulagé en quelque sorte, même si j'avais parfaitement confiance en toi dès l'instant où tu l'as acceptée il y a huit ans. Merci aussi d'avoir attendu que la guerre soit finie pour le faire, nos courriers ne sont désormais plus surveillés, et heureusement, car en neuf ans, rien n'a changé, je suis la seule à être au courant de ce secret. Celui d'Hermione en quelque sorte. Mais je suis heureuse que vous vous en sortiez si bien Ella et toi. J'espère qu'un jour la situation sera différente et que je pourrais la rencontrer.

Tu demandes des nouvelles… Je ne sais pas vraiment comment décrire ce que nous vivons ici depuis la fin de la guerre. C'est comme si nos vies s'étaient arrêtées depuis la fin de nos études et que désormais, nous nous retrouvions avec un nouveau monde à construire et façonner selon nos envies. Harry va assez bien. Il reste absent parfois, sombre… Malgré le fait qu'il soit devenu une sorte de héro, il se considère tout de même comme un assassin. Je n'arrive pas à le raisonner. Hypérion a maintenant presque dix ans. Il a hérité du côté goinfre et collant des Weasley et il passe son temps à jouer au Quidditch. Nous avons eu une fille aussi, Harry et moi, Winifred. Elle n'a que six ans, mais a déjà son petit caractère… Je crois que c'est le risque d'un mélange Potter/Weasley qui s'avère un peu trop explosif pour la pauvre mère que je suis ! Neville et Luna ont eu une fille depuis ton départ, et je crois qu'ils projettent d'avoir un autre enfant. Dean et Lavande sont toujours ensemble –étonnant, n'est ce pas !?-tout comme Seamus et Parvati…

Je ne sais même pas si j'ai le droit de te parler d'Hermione ou si c'est un sujet à éviter ? Si c'est le cas, saute ce passage… Je crois qu'elle va bien. Enfin, je croyais beaucoup de choses qui se sont avérées fausses à son sujet. Je ne sais toujours pas vraiment comment me comporter avec elle, même si ça fait longtemps que toute cette histoire s'est passée. J'ai perdu mille idées que je me faisais d'elle dès l'instant où elle s'est mise à organiser ce plan absurde visant à se débarrasser de votre fille. J'ai eu l'impression de me retrouver face à une étrangère… Et cette étrangère est toujours là, dans le corps de celle qui était ma meilleure amie. Nous parlons encore parfois, je suis la marraine de son second fils –il s'appelle Timothy, les autres ne remarquent qu'à peine que tout a changé entre nous depuis si longtemps. Avec la guerre, il faut dire que nous avions d'autres sujets que nos petites querelles à régler et que j'imagine bien que maintenant nous souhaitons tous passer à autre chose et croire que tout va bien dans le meilleur des mondes. En dehors de notre relation qui ne sera sans doute plus jamais la même, elle va bien. Elle est une excellente mère –légèrement envahissante même je dirais. Entre Ron et elle, je crois que ça va… Je crois, mais je n'en suis pas absolument pas certaine.

Dans ma famille… Maman est morte pendant la dernière bataille. Papa s'est tué quelques jours après. Je crois qu'il ne voyait pas l'intérêt d'un monde où elle n'était plus là… Bill est mort également, laissant Fleur avec ses quatre filles. Elle est repartie vivre en France avec ses parents. Charly a repris le poste d'Hagrid à Poudlard, pour rester proche de nous et aider à sa manière à la reconstruction de l'école. Percy a été tué par Voldemort peu après ton départ. Fred et George se sont remis à leur affaire –Ron les a rejoint pour les aider- et ça fonctionne assez bien. La famille Weasley s'est brisée un peu je crois… Nous avons tous été si proches durant ces dernières années, trop proches même, que maintenant, nous ne pensons plus qu'à vivre égoïstement dans les familles que nous avons crées nous-mêmes, chacun de notre côté.

Tout est si différent… Nous cherchons tous à recréer cet idéal de notre enfance, ce monde magique que nous connaissions et aimions. J'ai beau penser que c'est impossible, qu'il y a eu trop de pertes, trop de changements, que cette guerre a durée trop de temps… Je n'ose rien dire. Je les laisse espérer que tout redeviendra comme avant… que nos morts reviendront peut-être. Puisque tout est fini, ne devrions-nous pas être heureux désormais ? Tous pensent que c'est ça l'important, nous sommes vivants, nous devrions en être heureux, fiers même peut-être. Mais aucun de nous ne ressent une quelconque euphorie. Nous nous sommes couchés adolescents dès la réapparition de Lord Voldemort, et nous nous réveillons adultes… Aucun de nous ne l'accepte. Ce cauchemar éveillé auquel nous avons dû survivre nous a tous changé, et nous aimerions tous redevenir ce que nous étions autrefois sans que ce soit possible. Ressens-tu ça toi aussi, malgré le fait que tu n'ais pas vu la fin du massacre ?

Peut-être que tu ne répondras pas, et je le comprendrais parfaitement. Mais maintenant que je suis certaine que tu vas bien, et qu'Ella va bien, je crois que je pourrais peut-être fermer l'œil à nouveau… Car aider Hermione à commettre cet acte irréparable et abominable est sans doute la chose la plus dure que j'ai jamais eu à faire de ma vie. Le cacher par la suite n'aura été qu'un prolongement de l'horreur.

Bien à toi –à vous deux,

Ginny.

P.S. : Si un jour, toi ou Ella, vous avez besoin d'aide ou de quoi que ce soit, je suis là.

Ella fronça brièvement les sourcils à la lecture de cette dernière phrase. Elle aimait bien cette Ginny, au moins parce qu'elle, malgré son amitié avec Hermione Granger, voyait très bien que ce qu'elle avait fait été affreux et qu'elle l'aimait moins à cause de ça. Autrement, cette lettre ne lui avait pas appris grand-chose qu'elle ne sache déjà… Elle se demanda si son père y avait répondu, mais ne trouva pas d'autres lettres dans la boite ce qui prouvait au moins que Ginny n'en avait pas envoyées depuis. La boite contenait un petit carnet bleu qu'Ella n'osa pas immédiatement feuilleter et des objets étranges qui ne lui disaient rien : un caillou par exemple à la couleur arc-en-ciel bleuté très particulière avec des motifs qu'elle ne reconnut pas, un minuscule pot transparent avec de l'eau dedans et une fleur séchée aux pétales bleu –depuis quand les fleurs pouvaient-elles avoir une telle couleur ?

Avec déception, elle rangea les trois objets pour observer le carnet, la lettre de Ginny toujours sur les genoux, et l'ouvrit rapidement, comprenant avec un nœud au ventre de quoi il s'agissait en lisant les mots de la première page.

Jour 1.

Nous avons quitté le centre de transplanage de Corumbà en direction de la Baia Vermelha. Toujours pas de signe d'Elfes quelconques ce qui me fait penser qu'en fait, ces étranges créatures que nous n'avons jamais vues n'existent même pas. Mais Severus ne nous aurait pas fait prendre de tels risques inconsciemment, ou du moins, je ne l'espère pas. Granger est assez distante. Elle ne me parle que pour me donner des ordres ce qui m'insupporte un peu, mais j'essaie tout de même de rester poli et de ne lui répondre qu'avec des sourires qui cachent ce que je pense vraiment. Elle est la seule à ne pas avoir parfaitement confiance en moi… Elle est têtue. Les méchants Serpentard restent de méchants Serpentard. Elle n'est pas ouverte d'esprit du tout. Elle est irritante et je crois que le seul point commun que nous aurons toute notre vie est d'avoir parcouru des milliers de kilomètres pour rien. Pourtant, elle me parlait au QG, normalement. Mais se retrouver seule avec moi la met mal à l'aise... Je dois avouer que la tentation de la toucher pèse plus encore maintenant que nous sommes éloignés de tout... En dehors des Elfes de Maison, il n'y a pas d'Elfe en notre monde. C'est un conte digne de Loufoca. J'ai très envie de rentrer, déjà. Passer tant de temps auprès d'Hermione Granger et de son regard sceptique est aussi désagréable que de se trouver dans des cachots avec la baguette de Bellatrix Lestrange pointée sur le torse…

.

Jour 2.

Nous avons planté la tente non loin de la montagne où les Elfes sont supposés vivre. J'ai l'impression que nous sommes surveillés. Hermione est toujours aussi distante. Toujours aussi désagréable. Et hélas pour moi, toujours aussi belle…

Ella ne tourna même pas la page. Elle savait parfaitement ce qu'il se passait ensuite. L'effet « désagréable » passait… Ils étaient tous les deux à la Baia Vermelha… Ils rencontraient ces elfes… Ils faisaient l'amour… Elle était conçue… Ils rentraient chez eux et ne se parlaient plus… Quatre mois. Quatre mois d'une étrange relation quasi fusionnelle qui s'évanouissait dès leur retour en Angleterre. Combien de fois Ella avait-elle entendue cette histoire lorsqu'elle était enfant ? Trop souvent… Elle referma brusquement le carnet qu'elle balança dans la boite de fer en essayant de calmer les battements de son cœur. Combien de fois avait-elle souhaité effacer tout ça de son crâne ? Elle aurait tant voulu que les choses soient différentes, que sa mère ne soit ni égoïste, ni lâche, qu'elle aime vraiment son père comme son père l'aimait vraiment. Elle aurait voulu que cette histoire des quatre mois coupés du monde ne soit qu'un conte et que la suite ait été un happy end comme dans les vrais récits merveilleux. Mais non, elle n'était que le fruit d'un amour non réciproque et défendu, d'un adultère consommé dans une tente plantée au Brésil.

Elle revint finalement à la lettre, une fois la colère –cette étrange rage qui lui brûlait la gorge à chaque fois qu'elle pensait à sa mère- passée. Elle relut le court « P.S. » en fin de page puis réalisa qu'elle avait déjà pris sa décision…

.

***

.

Toby observait les allées et venues du dortoir sans sourciller, presque amusé par les éternels problèmes minables que subissaient ses condisciples masculins avec leurs petites-amies car aucun d'eux n'était très apte à séduire et à conserver par la suite un semblant de relation. Ils n'avaient pas tous été élevés par Drago Malefoy, le plus dragueur des étudiants ayant vécu dans ce château. Non, les fils Crabbe, Goyle et autres avaient été éduqués par des nourrices coincées, des grands-parents séniles ou des mères dépressives car leurs pères étaient enfermés à Azkaban –à vie pour la plupart.

En bref, ils avaient beau être des Serpentard, ils ne faisaient guère la fierté de leur maison. Ils pouvaient être hautains, méprisants et arrogants, mais n'en restaient pas moins des larves que Toby avait du mal à supporter la plupart du temps. Il lui suffisait d'observer Emeric Goyle, son ventre dégoulinant et ses cheveux gras, pour se demander ce qu'il faisait là exactement. Toby se persuadait comme il le pouvait la plupart du temps. Ils devaient bien avoir quelque chose en commun –en dehors d'une parfaite pureté sanguine… Mais il ne voyait absolument rien. L'un ou l'autre n'avait pas sa place à Serpentard. Celle d'Emeric était assurément à Poufsouffles.

Pourtant, parmi toutes les larves masculines et pleurnicheuses féminines de Serpentard, Samya Astoria Zabini relevait le niveau, le hissant presque au sommet. L'adolescente en question entra dans le dortoir des garçons, une lueur de mépris prenant une place bien distinctes dans ses iris mélange de vert et de marron. Elle adressa un sourire à son meilleur ami, lequel le lui rendit en levant les yeux au ciel, désignant discrètement les autres garçons qui s'étaient tous figés en voyant Sam entrer. Il fallait qu'il s'avoue qu'elle était belle, plus belle que les autres Serpentard, même si pour lui elle resterait éternellement la sauvageonne qui se plaisait à le torturer lorsqu'ils étaient enfants. A huit ans, ils avaient découvert l'un comme l'autre, baguettes en main, la douceâtre souffrance procurée par certains sortilèges de magie noire et s'y étaient entrainés. Il était son cobaye, elle était le sien.

Depuis ces quelques douloureuses expériences, ils étaient restés amis. Elle ne se plaisait pas à geindre comme les autres gamines pendant la guerre, à pleurer dans les jupes de sa mère –qui d'ailleurs, ne l'aurait pas accepté- ou à se cacher derrière les garçons pour qu'ils la défendent. Non, Sam pouvait se montrer aussi forte qu'un homme d'âge adulte, aussi sage qu'une puissante magicienne, aussi agile qu'un Mangemort entrainé. Farouche durant la guerre, elle s'était même coupée les cheveux elle-même à six ans pour ressembler à un garçon… Elle n'était devenue une vraie fille qu'au début de son adolescence, gardant au fond d'elle cette petite lueur qui effrayait tous les enfants avec lesquels ils avaient cohabités au Manoir Malefoy autrefois. Ils se souvenaient tous avec quel aplomb elle levait sa baguette et lançait quelques doloris à ceux qui l'embêtaient même pour plaisanter. Elle n'était pas de celles avec qui on pouvait chahuter et rire.

Sauf lui. Elle vint s'écrouler sur son lit, ses cheveux lisses formant un rideau noir devant ses yeux avant qu'elle ne les glisse derrière son oreille. Elle passa sa main dans sa tignasse qu'il ne prenait pas la peine de coiffer la plupart du temps et marmonna avec un sourire moqueur :

« Si Lucius te voyait… »

Simple provocation auquel Toby s'empêcha de répondre. Sam pouvait être violente parfois, tant dans ses gestes que dans ses paroles. Elle s'amusait souvent à évoquer les sujets que d'autres savaient tabous juste pour le plaisir de voir s'éteindre le bonheur dans les yeux d'un autre, ou d'y voir apparaitre quelques larmes. Parler de Lucius Malefoy se révélait être la plus dangereuse des provocations, car il demeurait le sujet ayant brisé l'amitié existante entre les Malefoy et les Zabini. Lucius Malefoy et Azkaban.

A la fin de la guerre, alors que les Mangemorts étaient tous conduits en prison jusqu'à l'attente d'un procès, le Ministère avait trouvé une solution infaillible permettant d'emprisonner un maximum de monde. La dénonciation des Mangemorts par les Mangemorts. Dénoncer les crimes d'un autre, trahir son clan, pouvait faire disparaître la quasi-totalité des charges pesant sur la dernière génération entrainée par leurs parents –génération dont Drago comme Blaise faisait partie. Plus la personne dénoncée se trouvait haute dans la hiérarchie de Lord Voldemort, plus celui l'accusant avait des chances d'être libéré.

Blaise Zabini avait dénoncé chaque crime de Lucius pour s'en sortir. Drago ne lui avait jamais pardonné cet affront. Les deux hommes ne s'adressaient désormais plus la parole et avaient même interdit à leurs enfants de se parler –interdiction que Sam et Toby se plaisaient à enfreindre.

Sam adorait parler de ce sujet brûlant, comme les autres filles de son âge évoquaient les déboires croustillants des stars des magazines peoples sorciers. A la seule différence que savoir son grand-père en prison ne faisait pas rire Toby. Il se racla la gorge en observant les autres sortir du dortoir, percevant facilement que le prénom « Lucius » émit, leur seule solution était de quitter les lieux sans plus tarder. Car Toby ne se mettait jamais en colère contre Sam… Et qu'il préférait décharger sa rage sur d'autres, même innocents.

« Allez, un sourire ! railla Sam en enfonçant son coude dans la côte du jeune homme. On pourrait faire le mur ce soir ? Faire un petit tour à Pré-au-Lard, s'offrir quelques bouteilles de Bièraubeurre, s'amuser à torturer Rusard… La routine, quoi ! Ou tu as autre chose de prévu ? J'ai entendu dire que tu avais embrassé ma cousine tout à l'heure, ce que j'ai trouvé inadmissible parce que cette fille est une vipère ! Rassure-moi, c'était une simple rumeur non fondée ? »

Annabeth Flint –fille de Marcus Flint et Astoria Greengrass- n'était en effet qu'une vipère. Toby se retint de rire, toujours aussi diverti par les mille rumeurs courant sur son compte dès qu'il avait le dos tourné. Il s'en amusait plus qu'il ne s'en offensait la plupart du temps. Selon les élèves de Poudlard, il était un tombeur, comme son père avant lui, le genre de garçon à coucher avec une fille différente par soir et à la jeter une fois son désir assouvi. Mais les rumeurs étaient généralement infondées.

Oui, Toby séduisait les filles avec autant de facilité que les Serdaigles avaient de bonnes notes. Oui, les mettre dans son lit était l'une de ses occupations favorites. Oui, il ne sortait jamais avec la même fille pendant très longtemps. Mais il lui arrivait de dormir seul, de passer des semaines sans s'amuser à « chasser » -comme disait Sam. Il aimait la solitude contrairement à son père que l'idée même d'être seul oppressait. Il appréciait ces nuits où il flânait dans le château sans une fille accrochée à son bras.

Il ne sautait pas sur n'importe qui. Il aimait étudier la fille qui l'intéressait, apprendre à la connaître, s'amuser avec elle, voir cette étincelle dans ses yeux lorsqu'il se montrait doux et qu'elle s'imaginait stupidement qu'il puisse être amoureux. Il était un chasseur hors-pair qui pouvait passer des semaines à observer sa proie en songeant au délice que ce serait de l'avoir pour lui seul, de faire sensuellement monter le désir en elle… pour finalement ne jamais lui faire atteindre le septième ciel. Les élèves le qualifiaient le Don Juan. Alors qu'il n'était qu'un bourreau.

« Non… Je ne m'intéresse pas à elle. Trop…

- Facile ? s'esclaffa Sam en caressant les veines saillantes du poignet de son meilleur ami du bout des ongles. Essaie donc de me séduire, moi ! Je suis la dernière proie qu'il reste à Poudlard. Enfin, je veux dire… la dernière proie digne d'intérêt !

- Comme si te séduire était un challenge !? Il n'y a rien de plus simple. Il suffirait que je tue ou torture quelqu'un devant toi pour que tu en sois toute excitée ! »

Sam se redressa d'un bond avec un regard noir meurtrier qui provoqua un fou rire chez Toby, lequel s'était parfaitement attendu à cette réaction. Il la connaissait trop bien pour qu'un jeu sensuel ou sexuel soit divertissant entre eux. Pourtant, s'ils n'avaient pas été amis, elle aurait en effet été la proie la plus stupéfiante et indomptable à chasser. Et son physique plus qu'attirant aurait été un bonus à prendre en compte. Sa peau couleur café au lait était un appel aux caresses et les courbes voluptueuses de son corps avaient été désirées –mais rarement épousées- par plus d'un homme. Elle avait une passion sans limite pour les garçons plus âgés qu'elle et ne s'embarrassait pas de relations collégiales et Serpentesques qui ne mèneraient qu'à quelques étreintes dans des recoins de couloirs. Elle faisait partie des femmes qui exigeaient beaucoup plus de leurs amants. Elle aurait pu être un challenge… Mais il ne pouvait l'imaginer comme tel.

« Bon, c'est pour quand cette balade à Pré-au-lard alors ?! » lança-t-il finalement en la voyant boudeuse de Sam qui semblait prête à le trucider comme il le méritait.

Elle hésita quelques secondes, ne le regardant pas dans les yeux pour ne pas flancher trop vite. Elle replaça distraitement sa poitrine dans le bonnet de son soutien-gorge, rajusta sa robe, puis grogna avec un haussement d'épaules :

« Pour maintenant ! »

.

***

.

Le plan était simple. Si simple qu'Ella refusait d'y apercevoir ces failles qui lui sautaient aux yeux. Mais non, elle n'y penserait pas une seule seconde. Elle avait besoin d'aide et n'arriverait jamais à sauver son père toute seule, pommée au milieu d'Orange, sans personne pour la soutenir dans ses recherches –car elle ne savait même plus ce qu'elle cherchait désormais. Tout se brouillait dans son crâne et elle n'avait qu'une envie : que tout redevienne comme avant. Pour ça, elle avait besoin d'aide. Elle avait rassemblé tout ce dont elle avait besoin dans son sac à dos qu'elle avait légèrement transformé par magie, le rendant aussi vaste que celui de Mary Poppins.

Elle y avait disposé assez de vêtements pour une semaine, le carnet des plantes de son père ainsi que sa boite de tôle. Puis, elle avait renfermé chaque plante qu'elle possédait dans les boites spéciales crées par son père avant de les mettre également dans son sac –priant silencieusement pour qu'aucune ne se casse. Les boites de verre reproduisaient les besoins exacts de lumière, d'eau et de température de chaque fleur afin qu'elles survivent lors de déplacements… Et même si Ella n'en avait jamais utilisée auparavant, elle espérait que son père n'avait pas fait d'erreurs. Comme toujours, et ce malgré le fait qu'il ne soit plus là pour la conseiller, elle croyait en lui et en ce qu'il faisait.

Ella inspira et expira plusieurs fois en remontant la fermeture éclair de son blouson, son regard fixé à l'âtre de la cheminée. Les failles de son plan qui n'en était pas un, mais plutôt une fuite, lui parvinrent par saccade et elle s'en voulu immédiatement d'oser penser à ce qui pouvait arriver. Car Angleterre rimait infailliblement avec Hermione Granger, avec Weasley, avec colère, danger, amertume, angoisse, craintes, retrouvailles… Ces mots et noms qu'Ella ne supportait pas en étant à mille lieux d'eux. S'en rapprocher la tuerait à coup sûr. Pourtant, elle n'avait pas réellement le choix. C'était ça ou continuer à tourner en rond comme une idiote en espérant qu'une solution lui tombe du ciel. Et elle ne croyait pas du tout à cette seconde possibilité.

Elle retourna rapidement au bureau de son père, vérifiant pour la dix-huitième fois si elle n'avait rien oublié. Son regard se posa pour la dix-huitième fois également sur le livre concernant Hermione Granger et –si elle avait bien pris soin de l'ignorer les fois précédentes- le saisit brutalement et le plaqua sous son bras. Après tout, il n'y avait pas de mal à se renseigner. Surtout que les probabilités jouaient contre elle cette fois : elle avait au moins quatre-vingt dix-neuf pour cent de 'chance' de se retrouver face à Hermione Granger. Etrangement, une fois qu'elle eut le livre, elle fut absolument certaine qui ne lui manquait plus rien.

D'un pas plus décidé, elle revint à la cheminée et prit une bonne poignée de poudre de Cheminette. Lorsqu'elle pénétra dans l'âtre, une petite voix lui souffla qu'elle avait parfaitement raison de faire ce qu'elle était sur le point de faire, malgré les soucis que cela pourrait poser par la suite. Elle laissa retomber la poudre en annonçant d'une voix claire et forte :

« Chemin de Traverse ! »

Elle disparut, son regard fixant pour la dernière fois ce salon où elle avait passé toute sa vie avec son père. Lorsqu'elle atterrit, ses pieds frappant contre le sol d'une autre cheminée à l'autre bout du monde, elle soupira, comme atterrée par cet endroit. Son père lui en avait parlé plusieurs fois, mais elle n'avait imaginé une seule seconde le monde qu'il pourrait y avoir… Ni du fait que sa tenue n'était pas des plus appropriées par rapport aux autres sorciers du lieu qui portaient tous –y comprit les hommes ce qui lui donna une furieuse envie d'éclater de rire- des robes assez sombres pour la plupart. Avec son jean et sa veste beige, elle sortait un peu du lot et plusieurs personnes se tournèrent vers elle pour la jauger. Ella grimaça en s'extirpant de l'âtre au bout du Chemin de Traverse et débarrassa ses vêtements de la suie qui la recouvrait d'un coup de baguette magique.

Elle resserra la lanière de son sac sur son épaule avant de se demander où elle devait aller pour retrouver Ginny Potter. Comment était-elle censé faire pour la rencontrer elle ou même Harry Potter –qui avait après tout, un don incroyable pour sauver les gens ce qui servirait bien dans le cas présent ? Elle n'hésita pas longtemps avant de s'enfoncer dans la foule, réfléchissant au lieu où les Potter auraient pu travailler ou qui pouvaient potentiellement la renseigner. Elle failli entrer dans la première boutique qu'elle voyait et demander un quelconque renseignement… Mais elle se doutait amplement que les Potter devaient être assez protégés, au même titre qu'une famille royale même. Elle ne pourrait les approcher aussi facilement qu'elle l'espérait à moins de faire partie de la famille.

Elle se mit à marcher, en quête d'une solution quelconque. Puis elle réalisa qu'il n'y en avait qu'une seule. Elle chercha du regard une poste sorcière, comme celles qu'il y avait dans les quartiers sorciers en Australie. Elle finit par demander son chemin à un vieux sorcier rabougri qui lui désigna une rue dans laquelle elle s'aventura après une courte hésitation. Elle trouva la « poste », lieu dans lequel les sorciers pouvaient emprunter un hibou ou une chouette le temps d'envoyer une lettre. Elle paya le gardien –aussi appelé Hibouxier- et s'approcha d'une des tables d'où elle pourrait écrire. Elle récupéra un morceau de parchemin –un petit car elle savait qu'elle ne saurait pas quoi dire exactement- et écrivit de son écriture penchée et élégante la seule chose qui lui vint à l'esprit :

Madame Potter,

Vous avez un jour écrit à mon père que si nous avions besoin d'aide, nous pourrions vous en demander. J'en ai besoin. Je serais au Chaudron Baveur toute la soirée. Je ne peux vous dire qui je suis sans craindre que votre mari ou vos enfants lisent ce mot… Mais j'espère que vous me rejoindrez.

E.

Ella rabattit le parchemin en mettant tout l'espoir qu'il lui restait dans cette simple pliure, se demandant si Ginny prendrait le risque de rejoindre un inconnu –sauf dans le cas bien sûr, où elle devinait qui elle était- sans prévenir quiconque. Mais après tout, les Weasley et les Potter étaient bien connus pour leur aplomb et leur manière de plonger dans les ennuis, non ? Et le Chaudron Baveur était –selon les mots de Théo- un lieu très fréquenté et où il n'y avait guère de risques en fin de compte. Ella espérait simplement que Ginny viendrait seule. Comment réagirait la jeune fille si sa mère débarquait elle aussi ? Ella ne préféra pas y songer et s'approcha d'une chouette avant de se donner l'occasion de changer d'avis. Elle accrocha le petit parchemin à l'une de ses pattes et murmura :

« Ginny Potter. »

L'oiseau parut parfaitement comprendre et s'envola par la fenêtre grande ouverte, filant devant un petit hibou qu'il bouscula presque d'une aile. Ella le regarda s'éloigner, le perdant finalement de vue dans le ciel encore lumineux. Elle soupira, las, avant de sortir de la petite boutique et rejoignit la rue, priant tous les dieux qu'elle connaissait de lui accorder leur aide en cette journée. Elle se balada dans les rues jusqu'à la tombée du jour et rejoint finalement le Chaudron Baveur qu'elle retrouva à l'exacte place que son père lui avait indiquée des milliers de fois lorsqu'elle était enfant. Elle se félicita de l'avoir si longuement écouté à cette époque où il lui parlait de Poudlard, de la voie 9 ¾, du Manoir Malefoy, de la Résidence Nott, de la Citadelle Parkinson, de tous ces lieux dans lesquels il avait passé toute son enfance et son adolescence avant de les fuir avec une assurance considérable.

Ella s'approcha du barman, un jeune homme à l'allure un peu spécial assez effrayant. Sans savoir exactement pourquoi, Ella avait toujours eu assez peur des gens arborant des piercings –sans doute parce qu'ils ne craignaient pas la douleur provoquée par tous les trous dans leur corps- et ce type là était une vraie bijouterie à lui seul.

« Bonsoir, murmura-t-elle avec un timide sourire, se rendant compte alors qu'elle parlait qu'elle n'était vraiment pas à l'aise pour communiquer avec des inconnus. Je… Je me demandais s'il vous restait une chambre. »

L'homme se pencha vers elle par-dessus le bar, un sourire canaille se posant sur ses lèvres percées de trois trous.

« Bien sûr, ma belle… La mienne. »

Ella sentit sa peau s'enflammer alors qu'un sorcier accoudé au comptoir éclatait de rire, sans nul doute amusé par sa gêne. Elle replaça distraitement une mèche brune derrière son oreille en baissant les yeux sur les rayures du bois, tentant vainement de compter les battements de son cœur. C'était dans ce genre de situation qu'elle réalisait que vivre uniquement avec son père l'avait peut-être rendue légèrement paranoïaque et anormale. Une autre fille aurait sans doute pu trouver quelque chose à répliquer, mais elle s'en trouvait incapable. Sa gorge était sèche, son pouls fuyant… Elle ne savait quoi dire ou quoi faire quand quelqu'un s'adressait à elle d'une façon aussi directe et lourde. D'ailleurs, elle ne savait pas comment réagir quand les garçons lui parlaient en général. Il lui fallait toujours plusieurs essais avant de réussir à former un « bonjour » convenable. Mais jamais personne dans sa vie n'avait énoncé des propos si… Le seul mot qui lui vint à l'esprit fut « pervers », mais elle savait qu'il était sans doute un peu excessif.

« Et bien alors, on a perdu sa langue ? s'esclaffa le barman. Dommage… ça sert bien une langue en général. »

Ella releva la tête, son regard s'étant ostensiblement assombri alors que ces mots prenaient un sens absolument inconcevable dans son esprit. Elle avala difficilement sa salive et répéta d'une voix plus forte et rauque qu'elle ne le souhaitait, vaguement en colère si bien que sa gêne avait momentanément disparue :

« Il vous reste une chambre ou je dois aller voir ailleurs ?

- Si ça ne te dérange pas qu'on se serre un peu tous les deux, il y a toujours un lit de libre. »

Le sourire du garçon s'élargit et il passa sa langue sur ses lèvres, Ella réalisant brusquement qu'elle était seule avec le barman et l'ivrogne du comptoir qui s'amusait apparemment comme un petit fou face à cette conversation qui angoissait de plus en plus la jeune fille. Les battements de son cœur se faisaient hâtifs à mesure que son cerveau prenait conscience du danger dans lequel elle s'était fourrée malgré elle. Pourquoi n'y avait-il personne ?! Pourtant, dans les récits de son père, le Chaudron Baveur était l'épicentre du monde Sorcier Londonien, un lieu toujours plein de magie et de vie… Là, il s'agissait plutôt du lieu le plus glauque dans lequel elle se soit trouvée de sa vie.

Les battements de son cœur retrouvèrent un rythme normal dès que la porte du bar s'ouvrit dans son dos, amenant un peu de lumière dans la pièce sombre. Elle se retourna alors que le sourire du jeune barman se fanait et que l'ivrogne quittait sa chaise pour se réfugier dans les toilettes. Ella sut immédiatement qui était la femme lui faisant face, la reconnaissant grâce aux mille photos qu'elle avait vues dans sa vie. Ginny. La femme esquissa un sourire et le barman bredouilla :

« Madame Potter… »

Son ton était plein de révérences et la femme à la chevelure d'un roux flamboyant parut aussi amusée qu'agacée par cette réaction à laquelle elle semblait manifestement habituée. Ella s'avança d'un pas, la peur ayant désormais pleinement disparue.

« Madame Potter. » chuchota-t-elle d'une voix si basse qu'elle craint un instant de ne même pas avoir parlé réellement.

Le regard chocolat de Ginny défila sur elle, de ses boucles brunes au bout de ses bottes. Une lueur étonnante anima son visage et elle répondit sur le même ton, sa voix flanchant légèrement comme si elle ne pouvait en croire ses yeux.

« Ella… »

.

***

.

Note de l'auteur _ Voilà ! =D Vous devez vous dire "Elle va accumuler les fins sadiques ou quoi ?"... La réponse est "Oui !" Niark niark niark ! Enfin, non, presque toutes les fins sont sadiques, mais pas toutes... J'espère déjà en tout cas que ce chapitre là vous a plu... Après, tout tournera d'avantage autour d'Ella -et donc, plus de scenettes inutiles normalement ! x)

Alors, petit commentaire de moi [moins long cette fois ci, je vous rassure !] : Ella... Bah faudrait qu'elle s'détende la petite. Oui, enfin, faut avouer que sans son papounet d'amour, c'est beaucoup plus dur la petite vie ! xD Hermione qui continue à se noyer -hum... métaphore hasardeuse, j'avoue ! Ron-Ron, qu'est ce que je l'aime, c'est incroyable ! lOl Trop trop magnon ! Harry & Ginny qui se font mener par le bout du nez par une Winifred toujours proche de l'hystérie. Petite lettre de Ginny qui vous sert aussi à savoir qui est mort, qui est vivant, blablabla... & Les morceaux de Carnet [du mal à dire "journal intime" pour un homme... ça l'émascule d'office ! xD] de Théo vous permettront de savoir un peu comment s'est construite la relation entre lui et Hermione. & une Ella vraiment pas à l'aise en société... enfin, en même face à un abruti fini de ce genre, la seule solution serait d'avoir une arme à feu -ou de ne pas craindre de lancer un Avada ! xD Niveau recherche de Théo, vous étiez tous plus ou moins arrivés aux mêmes résultats d'Ella & ça évoluera doucement... x)

Et le plus important : Toby. & les Malefoy. Pour une fois, j'ai décidé de rendre l'histoire plus "réaliste" quant à leur situation d'après-guerre. On parlera pas mal d'eux pendant la fiction... Surtout par rapport à ce qu'il s'est passé durant la guerre, et qui les rends si... bah pas-proches [xD note d'auteur écrite à 2h du mat', vocabulaire peu évolué, veuillez m'excuser.] On verra Pansy un jour hein, je vous rassure. Et Sam... Complètement tordue & psychopate &... Enfin, j'adore ce personnage, même si elle a un grain & un comportement limite dominant sur Toby. ^^' Donc... Toby... Lui aussi a quand même un petit souci dans la tête je pense -mais vous le découvrirez davantage plus tard. x) Je tiens à préciser encore une fois qu'il est à moi mouahaha xD Bref, je vous laisse donc à vos commentaires -qui j'espère seront toujours aussi nombreux ! =D

Bisous bisous, Reviews, Reviews ! x)

*¤ Bewitch_Tales ¤*