Note de l'Auteur _ Bonjour à tous ! Et non, je ne suis pas morte, je vous rassure -ceux qui lisent mes fics en général savent que je ne suis pas du genre à ne plus donner signe de vie... Même eu un gentil "J'espère qu'il ne t'est rien arrivé de grave"... Non, ça va ! =P Juste un gros arrêt dans l'écriture, plus de deux semaines devant mon écran blanc à me demander "Comment on forme une phrase, déjà ?" & sans y parvenir. Mais j'ai réussi -enfin !- à m'y remettre depuis quelques jours [Chapitre 12...] alors je suis de retour !
Niveau fiction, certains ont parlé dans leurs reviews du "couple" Winifred-Toby & ma question est : "Vous fumez quoi !?" xD Elle a 13 ans, il en a presque 18... Déjà dans la vraie vie, je trouve ça réellement glauque. C'est une gamine. Il est loin d'être attiré par les filles à peine pubères (ça casserait franchement l'image que j'ai de lui xD)... Et puis, je n'aurais pas inventé un Toby pour une autre que l'héroïne ! =P Ensuite -je crois que c'est Leyla qui l'a dit dans son review- euh... Grand-Weasley (Scott) est un peu le demi-frère d'Ella, et vu que les relations incestueuses, c'est sexy uniquement dans Forbidden Love [le manga ^^'] bah je vais m'en passer ! Uhm... je crois que niveau reviews de non-inscrits & sujets revenants souvent, c'est tout ! x]
Ensuite... bah, justement, parlons reviews. Sujet dangereux & explosif. 39 personnes ont mises Ellarosa en alert. C'est plus que pour Belahan Jiwa, plus que pour Across the Universe, plus que... Une dizaine après le post' du dernier chapitre. 39 personnes. Plus de la moitié ne review pas. Un tier de cette moitié fait partie de ma liste mentale des gens que je trouve assez égoïstes constamment pour avoir reçu des dizaines de "Machin a mis telle fic en alert" et qui -malgré le fait qu'ils aient lus quasi toute mes fictions n'ont jamais laissé un seul review. L'autre tier fait parti des Paradoxes-fanfictionnels... en clair, de ceux qui demandent des reviews sur leurs fictions mais n'en laissent jamais, me demandent parfois de lire les leurs via-msn, ou copient-collent le texte d'Alixe sur les reviews sur leurs profils. Et puis l'autre tier... bah, ils sont juste apparu sur cette fiction là donc, je ne sais pas comment ils fonctionnent habituellement.
Je connais les excuses du "pas de temps", du "ne sait pas quoi dire" et pour une fois je vais dire clairement : C'est du foutage de gueule pure et simple. Temps de lire un chapitre -voir plusieurs- mais pas celui de prendre une minute pour commenter ? Et puis pour l'excuse de la non-inspiration, c'est un peu facile. Quelques mots sympas, quelques mots d'encouragement, plutôt que l'impersonnel message d'alert qui me fait marmonner à chaque fois "Non mais quelle conne !" -oui, je l'avoue... Certains vont me dire que je fais partie des auteurs qui ont beaucoup de reviews tout de même et c'est vrai. Mais là n'est pas le problème. Le problème n'est pas le nombre de reviews, mais la différence flagrante entre le nombre de lecteurs & le nombre de reviewers. Car cette "Moitié" ne réalise apparemment pas le temps que la plupart des auteurs passent sur leurs chapitres, le boulot que c'est de les relire & de les corriger afin de vous offrir le meilleur dont on est capable... Auteurs qui attendent une seule chose en retour : des reviews. Alors peut-être que c'est quelque chose de vraiment dur à faire pour certains après tout, genre "Je lis, tout va bien & arrive le moment de reviewer, crise cardiaque, clavier qui ne fonctionne plus" ? Je ne sais pas...
Bref, ce message servait surtout à me soulager. Pour faire comprendre aussi que tous les jours, je parle à des gens qui arrêtent de poster parce que personne ne commente ce qu'ils font, personnes dont le talent ne trouvera jamais d'écho... Et qu'un jour, peut-être pas maintenant mais ça finira par arriver, il n'y aura plus rien à reviewer, car plus rien à lire. Le but même de ce site est d'échanger. Quelques textes contre quelques mots. Ou du moins, c'est l'intérêt même de ce site à mes yeux. Et à cause de cette bête moitié, la motivation et le plaisir s'évanouiront... Comme avec moi ces deux dernières semaines. Et ce site finira par mourir comme beaucoup d'autres...
Mais il y a ces autres... Ces lecteurs extraordinaires dont j'attends les reviews à chaque post car je sais qu'ils vont réussir à me faire rire, à me faire sourire, même à me donner envie de pleurer (quand je suis en période "émotive" & que les compliments fusent !), me donner de nouvelles idées (et qui le regrettent d'ailleurs, n'est ce pas Padfoot ?), me faire changer d'avis même par rapport à certains personnages... Me faire extrêmement plaisir tout simplement. Lecteurs avec lesquels je discute parfois, dont certains sont devenus des amis qui ont un énorme point commun avec moi : ils aiment Harry Potter et aiment écrire et lire, ce qui peut créer parfois des conversations surréalistes. Enfin, bref... à tous ceux là, je voudrais vous dire : Merci. Et puis... peut-être vous lâchez un peu la grappe parce que je pense qu'après plus de deux semaines d'attente, vous le méritez bien quand même ce chapitre, non ?!
Bonne lecture !
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Ellarosa - Chapitre 04
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« Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-mêmes, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. »
Marie-France Hirigoyen.
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Ginny passa ses doigts contre le torse pâle d'Harry, lequel dormait encore à points fermés, sa bouche légèrement entrouverte laissant échapper un léger fredonnement de respiration. Elle embrassa ses paupières closes et un grondement secoua le torse musclé de son époux dont les bras encerclèrent sa taille, la collant encore plus à lui. Il ouvrit les yeux et se retrouva face au regard amusé et taquin de son épouse –celui empli de désirs assouvis, celui qu'il connaissait si bien.
« Bonjour, Madame Potter… Quelle heure est-il ? Je n'ai donc pas cauchemardé tout ce qu'il s'est déroulé la nuit dernière ?
- Je suis censée le prendre comment !? s'exclama Ginny en faisant mine d'être offensée.
- Je parle de la première partie de soirée, celle sur la discussion où tous les secrets ont été dévoilés. D'ailleurs, si tu as d'autres choses à m'apprendre, je préférerais que tu attendes quelques jours et qu'on passe une soirée à se raconter tout ce qu'il y a dans nos vies que nous ne nous sommes jamais dit… La seconde partie concernant la nudité de nos corps et ce que nous en avons fait était digne du plus beau rêve. »
Elle sourit contre sa bouche alors qu'il se penchait pour l'embrasser avec une fougue certaine, celle uniquement employée par Harry Potter, le seul à être capable de dissimuler tant de passion dans un simple baiser. Il glissa une main dans ses cheveux, l'attirant encore plus vers lui pour renforcer leur étreinte câline du matin, celle précédent une journée qui s'avérerait complexe de toute évidence. La porte de la chambre s'ouvrit à la volée et un hurlement strident les obligea à s'écarter l'un de l'autre alors que Winifred apparaissait. Une moue de répulsion amusée s'inscrit sur la bouche de l'adolescente qui grimaça :
« Vous êtes répugnants ! Encore, à la maison, je comprends, mais là… Vous imaginez combien de séances de psychothérapie je vais devoir subir pour oublier cette image que j'ai dans la tête !?
- Une seule ! s'esclaffa Harry en se détachant de son épouse, remontant le drap sur leurs corps jusqu'à ce que son cou soit caché. Si tu étais arrivée cinq minutes plus tard par contre… »
Winifred retint un frisson de dégoût et leva les yeux au ciel en balançant son sac par terre, pourtant habituée à ce genre de situations car ses parents avaient la désagréable manie d'oublier à quoi servait un verrou dans la vie normale.
« Je vous attends dehors… On doit rentrer au cas où vous l'auriez oublié ! »
Elle ferma la porte en la claquant pour la forme, histoire d'avoir un minimum l'air en colère alors qu'elle s'en moquait complètement. Harry et Ginny échangèrent un regard avant de rire, réalisant que leur adolescente de fille un peu trop mature et consciente du monde qui l'entourait était plus adulte qu'eux deux réunis. Ils se levèrent en saisissant leurs vêtements enchevêtrés au sol, prenant garde à ne pas s'observer nus afin de ne pas raviver trop de souvenirs qui les écarteraient assurément de leur but : quitter la pièce. Ils furent vêtus en trop peu de temps pour le dire et Harry rangea rapidement tout ce dont il avait besoin dans sa sacoche qui semblait greffée à son bras depuis qu'il était enseignant. Ils sortirent de la chambre, Ginny récupérant le sac à dos que Winifred avait laissé là.
La jeune fille était adossée au mur du couloir, le regard dans le vague, apparemment très intéressée par les pierres du mur, si bien qu'Harry fut forcé de la bousculer pour qu'elle réagisse.
« Si je ne te connaissais pas, je penserais que tu as pris des substances illicites ! se moqua gentiment son père alors qu'elle passait son bras autour de son cou pour se hisser sur la pointe des pieds et ainsi embrasser sa joue mal rasée.
- Pas vraiment, non, répliqua-t-elle une fois sur ses pieds en allant embrasser sa mère. Normalement, tu n'es jamais à Poudlard… Il y a un problème ? »
Harry et Ginny partagèrent une œillade, se demandant s'ils devaient répondre franchement. Mais ils n'en avaient pas le droit, ils devaient d'abord prévenir Hermione et lui laisser le temps d'expliquer tout ça à Ron et à leurs enfants avant d'y mêler d'autres personnes. Surtout que Winifred avait tendance à s'emporter lorsque les gens qu'elle aimait ne se comportaient pas comme elle y était habituée. Et là, découvrir que « sa tante Hermione adorée » avait fait ce qu'elle avait fait ne lui ferait sûrement pas plaisir. Elle ressemblait parfois un peu trop à son père, ce qui mélangé au caractère Weasley pouvait s'avérer presque explosif. Ginny finit par se lancer, mentant avec un aplomb considérable –ou plutôt, omettant les détails les plus sordides de l'histoire.
« En fait… Nous allons avoir une invitée quelques temps.
- Une invitée ? répéta Winifred comme si elle n'avait jamais entendu ce mot étrange, alors qu'ils se mettaient à avancer vers le bureau de la directrice –Mc Gonagall- pour utiliser le réseau de cheminée.
- Exactement. Un ami à nous… Enfin, un homme avec qui nous étions amis pendant la guerre il y a longtemps, a des problèmes. Et sa fille est venue nous demander de l'aide. Elle va rester chez nous le temps que nous retrouvions son père.
- Pourquoi, il s'est perdu ? railla Winifred en observant consciencieusement ses parents, réalisant très bien qu'ils lui cachaient quelque chose et bien déterminée à savoir quoi.
- Non, il a été enlevé. Et Ella –sa fille- a juste trois ans de plus que toi, vous devriez bien vous entendre… Si tu pouvais être aussi adorable que tu sais l'être quand tu veux, ce serait gentil. Parce qu'il est possible que son séjour ici ne soit pas forcément idyllique, alors si elle pouvait avoir des alliés les week-ends, ça serait bien, tu vois ?
- Elle est sympa ? demanda Winifred pour seule réponse, veillant à s'assurer qu'elle n'allait pas faire une promesse impossible à tenir. Je veux dire… Elle ne fait partie du clan des « Intellos sans imagination » ou des « Minettes sans cervelles » ou… ?
- Elle m'a l'air relativement normale ! s'esclaffa Ginny pour seule réponse. Posée, intelligente sans doute mais pas du genre à trop le montrer, assez timide, mais capable de répliquer je suppose… Je ne la connais pas encore assez, mais sachant comment sont ses parents, je suis certaine que c'est une fille bien. »
Winifred acquiesça avec sérieux, résolue cette fois et acceptant la charge qui lui était attribuée d'office en tant que fille de la famille Potter. Elle grimpa sur les marches de l'escalier tournant menant aux quartiers de la directrice après que son père ait énoncé le mot de passe, attentif au discours de son épouse sur la jeune Ella qu'il était impatient de connaitre tout en craignant de trop y voir sa meilleure amie. Ils montèrent tous les trois dans le bureau de Minerva Mc Gonagall et la vieille femme leur adressa un sourire, habituée à les trouver là les samedis matins, mais sans Ginny.
« Il y a eu un souci quelque part ? »
Ginny grimaça et Harry lui adressa un regard interrogateur, attendant de savoir s'il pouvait dévoiler un quart de vérité au professeur. Ils réalisaient parfaitement que la mission qui venait de leur être attribuée pour le sauvetage de Théo était une mission qu'ils ne pourraient régler qu'avec l'aide des membres de l'Ordre encore vivants et qui habitaient encore dans le pays. Minerva étant la matriarche du groupe, il leur sembla normal de la mettre au courant… Jusqu'à un certain point.
« En fait… Vous vous souvenez de Théodore Nott ?
- Celui qui a fui au beau milieu de la guerre sans donner d'explications ou de raisons à son départ précipité et que nous avons cherché pendant des mois pour rien ? »
Harry passa sa main sur son menton où quelques poils picotèrent sa peau, se rendant compte que pour la plupart des gens, Théodore Nott faisait partie des déserteurs, des trouillards qui n'avaient plus émis signe de vie quand la guerre s'était envenimée. Et si maintenant il avait confirmation de ce qu'il avait toujours pensé –que Théo avait une bonne raison de s'en aller- il savait aussi que d'autres n'apprécieraient peut-être pas forcément cette soudaine réapparition. Ginny croisa ses bras sur sa poitrine et marmonna :
« Lui-même. Mais… Il avait ses raisons et… Sa fille est ici. Théo s'est fait enlevé et elle demande notre aide. Je crois que l'Ordre du Phoenix se doit d'intervenir. »
La directrice sentit sans difficultés qu'il y avait autre chose là-dessous, un secret inavoué. Ginny n'était pas très douée pour dissimuler l'angoisse qui s'infiltrait sournoisement dans sa voix tremblotante. Et Harry évitait si soigneusement de la regarder dans les yeux, qu'il n'y avait aucun doute à avoir : ils cachaient quelque chose. Alors, elle acquiesça.
« Très bien. Je préviendrais Severus, Remus et Nymphadora. Vous pourrez demander aux Londubat, à Hermione et Ronald de venir également. Nous devrions rester en petit comité avant de mettre trop de forces en œuvre. Sachons d'abord ce qu'il se passe exactement et essayons d'obtenir un maximum de détails… Quand souhaitez-vous que nous nous retrouvions ?
- Demain midi ? proposa Harry. Chez nous. Je ne tiens pas non plus à ce que cette histoire prenne d'énormes proportions. Gardons ça dans le cercle « familial » je dirais. Donc demain midi. »
Minerva acquiesça et –Winifred commençant à s'impatienter- Harry et Ginny se dirigèrent vers le conduit de cheminée après que la directrice leur ait souhaité un bon week-end. Ginny fut la première à entrer dans l'âtre et réapparut dans son salon en quelques minutes à peine. Les rideaux étaient encore tirés, la maison plongée dans la pénombre. Harry arriva derrière son épouse et dû la bousculer pour sortir de la cheminée, sa fille débarquant quelques secondes plus tard.
« Alors, elle est où ?
- Elle est peut-être encore en train de dormir. Je vais voir dans la chambre d'Hypérion… Winifred, ma puce, tu peux aller mettre la table pour le petit déjeuner ? »
La rouquine acquiesça et –après avoir posé son sac sur le canapé- s'avança vers la cuisine alors que sa mère montait au premier. Harry se dirigea vers son bureau –servant également de bibliothèque- pour y ranger les devoirs qu'il devrait corriger dans la journée, pressentant que le lendemain serait trop complexe et qu'il n'aurait pas le temps de le faire. Il avait toujours envie de foncer voir Hermione pour se débarrasser de toute la colère qui lui pesait depuis la veille. Ou même de rendre une petite visite à Ron pour tout lui expliquer afin de ne pas avoir à supporter encore plus longtemps ce qu'il ressentait seul.
Il se figea à l'entrée de son bureau, coupant court à ses pensées alors qu'il découvrait une jeune fille endormie sur le canapé de la bibliothèque. Il eut l'impression étrange de voir Hermione car Ella possédait exactement la même chevelure brune, mais en s'approchant davantage d'elle, il réalisa qu'elle était bien différente. Il n'eut pas le temps d'y réfléchir que l'adolescente ouvrit les yeux, croisant son regard sur elle. Ella se releva d'un bond, ses boucles entremêlées tombant en cascade contre ses épaules.
Elle esquissa un bref sourire et il y répondit. Quand Ginny lui avait dit qu'elle ressemblait à Hermione, il avait craint un instant qu'elle soit trop identique et que la colère qu'il ressentait actuellement envers sa meilleure amie soit transférée sur Ella. Mais non, elle lui rappelait beaucoup plus le Théo qu'il avait connu, de son regard empli de mille réponses aux questions muettes qu'il ne lui posait pas encore, comme si elle savait d'avance tout ce qu'il allait dire. Elle inspirait cette même envie de lui accorder une confiance aveugle, confiance qu'il avait laissée à Théo des années auparavant. Elle avait aussi hérité de sa grande taille –alors qu'Hermione était assez petite. Il la trouva extrêmement belle. Elle dégageait une aura spéciale de grâce et de force, identique à celle de son père.
Ella se sentit mal à l'aise, réalisant qu'elle était en pyjama –le plus pourri qui existe d'ailleurs- devant un homme auquel elle aurait souhaité faire bonne impression. Et puis, elle s'imaginait sans peine à quel point son apparence devait laisser à désirer avec ses cheveux qui partaient dans tous les sens, et son air sans doute encore endormi. Pourtant, elle finit par tendre la main vers lui avec un sourire plus franc, tentant de s'insuffler elle-même un peu de bravoure.
« Ravie de vous rencontrer, Monsieur Potter.
- Ravi également, Miss Nott, sourit Harry en serrant sa main, sincèrement heureux de la voir face à lui, regrettant même de ne l'avoir jamais connue auparavant alors qu'il sentait que ça aurait dû être le cas. Vous ressemblez beaucoup à votre père. »
Le sourire d'Ella s'agrandit à cette réflexion, heureuse que quelqu'un d'extérieur le remarque. Harry tint la main de l'adolescente assez longtemps jusqu'à ce qu'Ella étouffe un rire ce qui le força à la lâcher. Il s'arracha difficilement à la contemplation de la jeune fille. Des milliers de souvenirs de Théo lui étaient revenus d'un seul coup, et il eut du mal à garder contenance : leur première discussion sur la guerre au coin du feu, des bouteilles d'alcool qu'ils vidaient en conversant comme ils ne l'auraient jamais fait avant d'être du même côté, de tous ces moments où il avait senti qu'ils étaient amis, de vrais amis. Il ne pouvait s'empêcher d'être déçu malgré lui d'ailleurs que Théo lui ait caché toute cette histoire avec Hermione… Mais il n'aurait pas compris au fond, il se serait rangé du côté de Ron, Théo devait le savoir.
« Je… J'avais espéré être plus présentable, marmonna Ella en baissant les yeux sur son bas de jogging. Je veux dire, mon père m'a tellement parlé de vous, des milliers de fois et je… J'étais impatiente de vous rencontrer. Enfin, impatiente dans le sens « hystérique et angoissée » comme si j'allais rencontrer une sorte de super héros ! Ce que vous êtes, je crois… »
Elle se tut en voyant Harry sourire, amusée par son blabla insensé sans queue ni tête. Elle grimaça avant de bredouiller :
« Ok, je parle beaucoup quand je suis stressée…
- Ne t'inquiète pas, sourit-il malgré lui en passant inconsciemment du vouvoiement au tutoiement. J'ai… une amie qui a exactement le même problème. »
Il conclut sa phrase par une grimace de malaise et Ella comprit immédiatement de quelle amie il parlait. Elle mordilla sa lèvre inférieure en croisant ses bras contre sa poitrine, agacée qu'en quelques secondes à peine il puisse remarquer une manie de sa mère en elle, manie dont elle ne pouvait se débarrasser car elle faisait partie de ce qu'elle était. Il parut soucieux de l'avoir froissée, comprenant pourtant parfaitement ce qu'elle ressentait. Il finit par soupirer.
« Je suis aussi très en colère contre ta mère et ce qu'elle a fait… Est simplement inadmissible. A mes yeux, il n'y a pas pire crime. Ta haine est compréhensible, elle est même légitime. Mais tu as été élevée par un homme formidable et je suis certain que quelques ressemblances avec ta mère ne gâchent pas ça. »
Elle releva les yeux, croisant son regard émeraude déroutant de franchise dans lequel elle eut l'impression de se noyer. Il faisait partie de ces rares personnes qui avaient tout un univers dans leurs yeux. Parfois beau, parfois angoissant, parfois déprimant… Mais il se passait tout un tas de choses là où la plupart des gens n'avaient que des pupilles. Harry tenta de remettre cette discussion à plupart, ne voulant pas déjà peser sur son invité avec des questions qui auraient pu la mettre mal à l'aise ou la rendre triste.
« Tu as faim ? Ginny et Winifred sont sûrement en train de préparer un déjeuner des plus copieux…
- Je vais m'habiller et j'arrive ! » murmura-t-elle d'un ton empressé en récupérant deux manuels sur la table basse.
Harry l'observa sortir –elle courait presque, comme inquiète de leur faire perdre du temps ou de prendre trop de place dans leur monde- et il resta dans la bibliothèque, tentant de reprendre son souffle. Il ne s'était pas attendu à ressentir ça face à elle. Il se sentait heureux de la connaitre tout en ayant du mal à réaliser qui elle était vraiment. Il voyait Théo en elle, mais il voyait aussi Hermione. Ces deux images étaient pourtant impossible à assembler l'une à l'autre, comme s'il y avait deux Ella : celle abandonnée par Hermione et celle élevée par Théo.
« Harry, ça va ? »
L'homme se retourna vers son épouse qui passa doucement sa main contre sa joue mal rasée en découvrant l'air perdu qu'il arborait. Il acquiesça mécaniquement pour la rassurer et bredouilla finalement :
« Elle est montée se changer…
- Je sais, je l'ai croisée. Elle ressemble beaucoup à Hermione, non ?
- Elle ressemble beaucoup à Théo, rectifia Harry en esquissant un sourire triste et fatigué qu'elle n'avait pas vu sur son visage depuis la fin de la guerre. Et j'ai toujours envie de tuer Hermione de mes mains…
- J'irais la voir aujourd'hui… Pour qu'elle puisse se préparer mentalement à la rencontrer.
- Tu es sûre que c'est une bonne idée ?
- Nous n'avons pas le choix. Tu es peut-être en colère contre Hermione pour le moment, mais tu ne peux nier qu'elle fait partie de l'Ordre du Phoenix et que nous aurons plus de chances de retrouver Théo avec son soutien. Elle s'y connait en recherche de personnes disparues, elle en a retrouvées tant pendant la guerre… Elle est intelligente et on a besoin d'elle. Et…
- Et ?
- Et elle reste Hermione Granger, ta meilleure amie. Quoi qu'elle ait pu faire, quoi qu'il puisse se passer désormais… Elle reste ta meilleure amie, Harry. Tu peux être en colère, mais tu ne pourras l'être indéfiniment. »
A l'étage supérieur, Ella se rhabillait, se repassant mentalement la conversation qu'elle venait d'entretenir avec Harry Potter, l'élu, le sauveur de l'Univers, le dieu sorcier en quelque sorte. Elle se sentait parfaitement idiote d'avoir tant bégayé et d'avoir pu dire autant d'idioties sans sens exacte dont elle aurait pu se passer. Elle s'était imaginée en train de parler de choses spirituelles, comme pour l'impressionner… Et au lieu de ça, elle lui avait montré l'un des points communs les plus gênants qu'elle partageait avec sa génitrice. Il ne manquait plus qu'elle lève la main pour parler ou que ses nerfs craquent et ils auraient tous l'impression de partager leur maison avec une Hermione numéro deux. Et Ella voulait bien être tout, sauf une Hermione numéro deux. Elle ne souhaitait pas montrer quels défauts et qualités elle et Hermione partageaient… Elle voulait se montrer telle qu'elle était, en Ella Rose Nott, en digne fille de son père avant tout.
Elle enfila un jean et un t-shirt des plus banals et se sentit toute petite. Elle devrait aussi rencontrer Winifred Potter, une adolescente. Et si il y avait bien quelque chose qu'elle détestait –en dehors de sa mère, de la grêle et de la macédoine de légumes- c'était bien les adolescentes. Généralement, cette catégorie de personne tenait à parler garçons, maquillages et magazines, trois sujets dont Ella se moquait cruellement. Elle aimait bien les garçons –mais ne tenait pas toujours à en parler car elle estimait qu'agir était plus utile que les déblatérations romantiques. Elle ne se maquillait quasiment jamais –vivre seule dans une maison avec son père ne lui en avait jamais donné l'envie. Et le seul magazine qu'elle feuilletait s'intitulait « Le Quotidien des Botanistes ». En clair, si elle devait jouer à l'adolescente typique, elle ne s'en sortirait pas du tout.
Après avoir inspiré plusieurs fois, elle sortit de la chambre d'Hypérion et descendit à la cuisine où elle retrouva Harry et Ginny, côte à côte près de la gazinière. Une adolescente aux cheveux roux pétant qu'elle reconnue comme la chevelure Weasley était assise à la table. Elle releva les yeux vers la nouvelle venue qu'elle était et un immense sourire apparut sur ses lèvres alors qu'elle se levait d'un bond pour la rejoindre près de la porte.
« Salut ! lança-t-elle d'une voix chantante. Moi, c'est Winifred… Je sais, c'est un prénom bizarre, mais mes parents subissaient trop de Doloris à l'époque, je crois que ça a atteint leurs cerveaux. Et toi, c'est Ella, c'est ça ? »
Ella resta figée quelques secondes devant tant de… naturel, d'hystérie, de elle-ne-savait-quoi d'inhabituel. Après quelques secondes –temps qu'il lui fallut pour trouver une réaction convenable et une réponse normale- elle sourit et acquiesça bêtement.
« Oui, c'est Ella…
- T'as quel âge ?
- J'ai eu seize ans le mois dernier.
- Tu fais plus… »
Winifred la dévisagea curieusement, et Ella craint un instant que la jeune rouquine puisse voir sa tante Hermione derrière ses propres traits. Mais Winifred finit par détourner le regard quand son père lui demanda de s'installer car il allait bientôt les servir. Ella ne put que laisser échapper un soupir de soulagement et espéra que tous seraient rapidement au courant afin qu'elle puisse respirer convenablement. Elle ne voulait pas mentir ou cacher qui elle était réellement juste pour faciliter la vie de sa mère. Et pourtant, pendant quelques temps au moins, elle n'aurait pas d'autres choix. Harry lui proposa de s'asseoir, sa voix grave extirpant les mille interrogations d'Ella de son esprit. Elle s'installa à côté de Winifred et le petit déjeuner commença dans un silence de plomb, rapidement interrompu par Ginny qui ne souhaitait pas que la situation soit si compliquée et puisse faire craindre le pire à Ella.
« Alors…Winifred, pour le Quidditch, ça s'est passé comment ?
- J'ai été prise dans l'équipe. Attrapeur, comme je le voulais, précisa-t-elle avant de se tourner vers Ella : Tu aimes le Quidditch ?
- Oui, on regarde les matchs avec mon père à la télévision sorcière. Et puis, il nous arrive de jouer de temps en temps, même si à deux ce n'est pas l'idéal.
- Ta mère, elle est où ? »
Un silence s'abattit brusquement sur la tablée, Harry cessant même de manger alors que Ginny tripotait nerveusement son omelette du bout de sa fourchette. Ella se devait de mentir sans pourtant vraiment le faire car elle n'était pas vraiment douée pour ça dans les situations d'urgence et que Winifred le remarquait. Elle finit par marmonner :
« Elle ne fait plus partie du tableau depuis ma naissance. »
Ce n'était pas vraiment un mensonge et Winifred parut accepter cette réponse. Ella recommença à manger et Harry -réalisant qu'elle avait un assez bon appétit- s'esclaffa :
« Tu manges bien, tu pourrais être une Weasley !
- Oui, à quelques semaines près, c'aurait été le cas. »
Harry baissa sa tête vers son assiette avec une grimace, la main de Ginny glissant contre son genou comme pour le rassurer. Après tout, il venait juste de faire la première gaffe… La première d'une série qui serait sans doute longue.
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Ginny entrouvrit la porte du bureau d'Harry qui était plongé dans les devoirs de ses étudiants, sourcils froncés, et ne cessait de marmonner des insultes à l'adresse de ses élèves. Elle ne put s'empêcher de sourire en le voyant si concentré, oubliant un instant pourquoi elle venait le déranger dans son travail. Il entendit la porte grincer et leva son regard émeraude vers le sien, plissant le front en la voyant apparaitre. Elle lui accorda un sourire d'excuse et il grimaça en marmonnant :
« Alors… Hermione l'a pris comment ?
- Je suis allé chez elle, chez Ron, au Terrier… Et elle est au diner avec ses parents comme tous les samedis soirs. Je ne peux pas interrompre ça ! Surtout qu'en public, si elle pique une crise ou si ça la mets dans un état bizarre, je n'aimerais pas que ses parents apprennent qu'ils ont une petite fille de cette façon. Alors… J'espère que je pourrais la voir avant la réunion de demain. Et toi, ça va ?
- Oui. Ella est… Elle est dans la chambre de Winifred, en pleine discussion. Je crois qu'elles s'entendent bien. Enfin, tu connais Winifred, elle finira par s'attacher à elle quoi qu'il se passe et surtout si elle est rejetée par tous les autres. Elle a un faible pour les âmes en détresse qui ont besoin d'aide.
- Oui, j'en connais un autre qui est comme ça, sourit Ginny, à toujours vouloir sauver tout le monde, tout le temps… J'espère seulement que tu y arriveras une fois de plus. »
Elle se glissa dernière lui, passant ses mains sur ses épaules pour le masser, décrispant lentement ses muscles tendus par l'angoisse qu'il tentait habilement de dissimuler. Mais elle n'était pas stupide. Elle avait partagé sa vie pendant trop de temps pour se laisser berner par le calme apparent qu'il se plaisait à conserver. Elle observa le devoir qu'il corrigeait et s'esclaffa en voyant le nom en haut de la feuille :
« Tobias Malefoy ? Il est si mauvais que ça pour que je t'entende soupirer des insultes à son égard depuis le salon ?
- Non, son devoir est excellent et c'est bien ça qui m'agace. J'ai l'impression qu'il se moque du monde. A chaque fois que je lui pose une question en cours, il me regarde avec l'air méprisant de son père et ne prend même pas la peine de répondre, même pour dire qu'il ne sait pas… Il se fait plus stupide qu'il ne l'est devant ses camarades et rend ensuite des devoirs irréprochables.
- Tu crois qu'il triche ? suppose Ginny en déposant un bref baiser sur la nuque d'Harry.
- Non, même pour les devoirs faits en classe, ses notes oscille entre des O et des E. Il est comme ça dans d'autres cours d'après les autres professeurs… Sauf celui de Severus bien évidemment. Je crois simplement qu'il ne veut pas montrer qu'il s'intéresse à ce qu'on fait, comme si être intelligent était une tare, s'exaspéra-t-il finalement avant de faire tourner sa chaise pour se retrouver face à Ginny. J'ai des raisons de m'inquiéter d'après toi ? »
Son ton se fit brusquement plus sérieux et Ginny resta pantoise, ne saisissant d'où provenait ce revirement d'état. Elle s'installa sur ses genoux, poussée par son instinct qui lui soufflait de le retenir sans qu'elle-même ne sache où il pourrait aller.
« T'inquiéter à propos du fils Malefoy ?
- Non, à propos de Ron et d'Hermione. Je… Je sais qu'ils sont divorcés, mais ils s'entendent toujours aussi bien. On est resté amis, tous les trois, toute notre vie. Je sais que je risque de lui en vouloir, qu'elle-même ne sera pas très agréable à vivre durant les prochaines semaines, mais… Ron est rancunier, possessif, jaloux… Et s'il ne l'acceptait pas ? Et s'il refusait de nous aider ? Et si par conséquent Fred, George et Charlie ne nous soutenez pas non plus ? Imagine un instant que personne ne reste une fois qu'ils sauront de qui Ella est la fille ! Cette histoire pourrait briser une amitié, mais aussi… Tu as pensé à Scott et Timothy ? Tu crois que ça va leur faire quoi d'apprendre qu'ils ont une grande sœur dont ils ne savent rien ? Timothy est petit, mais Scott… Il n'a que dix mois de différence d'avec Ella… Il… »
Harry ne trouva plus les mots pour expliquer à quel point l'arrivée inopinée d'Ella dans leur vie risquait de bousculer des choses, de chambouler certaines personnes et de créer disputes et conflits parmi leur groupe d'amis et leur famille. Mais il souhaitait l'aider malgré tout et surtout retrouver Théo, reprendre contact avec lui peut-être. Harry avait toujours eu quelques difficultés à accepter que le passé soit passé. Il n'arrivait pas à oublier qu'il avait été ami avec Théo, et désirait probablement le redevenir un jour. Surtout maintenant qu'il savait exactement pourquoi leur amitié s'était conclue si abruptement seize années plus tôt. Ginny comprenait parfaitement ce qu'il ressentait et craignait, car elle redoutait exactement la même chose que lui.
« Scott pensera que sa mère l'a eu pour remplacer Ella, conclut-elle.
- C'est le cas ?
- Je ne suis pas dans la tête d'Hermione, mais elle ne voulait pas d'Ella, vraiment pas. A ses yeux, il n'y avait donc rien à remplacer. Je crois surtout qu'elle souhaitait… faire oublier cette histoire à Ron. Ron qui réagira comme seul lui peut le faire, c'est certain. Surtout qu'il avait vraiment souffert de ce qu'il s'était passé… Ou plutôt de ce qu'il croyait vrai il y a seize ans. Il avait eu du mal à enterrer cette histoire, à ne plus penser à cet enfant… Alors, il en voudra à Hermione. Je comprendrais parfaitement qu'il refuse de nous aider à rechercher Théo.
- Moi, je lui en voudrais… »
Ginny posa ses lèvres sur sa joue mal rasée pour tenter d'effacer la moue penaude qui s'était posée sur son visage brusquement. Elle finit par embrasser ses lèvres et il se laissa aller, oubliant pour un instant les inquiétudes qui viendraient –bien trop tôt à son goût- rappeler leur présence lorsque tout serait dévoilé. Il passa sa main sur la hanche charnue de son épouse en mordillant ses lèvres, l'attirant vers lui pour lui faire comprendre qu'il avait envie –ou même besoin- de plus. Elle sourit contre sa bouche avant d'haleter :
« Tu es certain que les filles sont occupées ?
- Absolument certain ! »
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***
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Winifred déposa un sachet de bonbons de l'entreprise de ses oncles sur la couverture orange et jaune de son lit avec un sourire à l'adresse d'Ella qui semblait plongée dans le texte du parchemin qu'elle tenait, assise sur un pouf. La rouquine replaça une mèche de cheveux derrière son oreille en ouvrant le paquet d'Explo-choco –des petites bulles en chocolat qui explosaient littéralement en laissant écouler un liquide chocolaté en bouche- et demanda :
« Alors, qu'est ce que tu en penses ? »
Ella leva un doigt, comme pour lui signifier d'attendre quelques minutes car elle n'avait pas fini, et Winifred s'écroula sur son lit en engouffrant plusieurs Explo-choco. Impatiente, elle tapotait ses ongles sur le rebord de bois de son lit en attendant qu'Ella relève les yeux du parchemin. Elle le fit quelques minutes plus tard.
« Parfait. Tu dois avoir de bonnes notes, non ?
- Disons que ça dépend des matières… Et des profs. Quand je n'aime pas ceux qui enseignent, je n'écoute pas. Les Potions, c'est ma bête noire. Tu peux trouver ce devoir bon, mais le professeur Rogue va me donner un Acceptable au grand maximum. Il me déteste par principe, même s'il a fini par supporter mon père… Mais moi, il me hait. Et le professeur Rogue note à la tête. C'est inacceptable, non ?!
- Pourquoi il te déteste ? »
Winifred grimaça, hésitante à l'idée d'avouer la vérité à cette fille qui était bien différente de celles qu'elle connaissait –et n'appréciait pas vraiment- à Poudlard. En général, elle ne s'entendait pas avec les filles de son âge. Elle parlait parfois avec Maïa Londubat mais celle-ci était toujours entourée d'une bande de copines super intelligentes dont l'obsession tenait à obtenir un maximum d'Optimal à leurs BUSE. Et les filles de sa classe de Gryffondor passaient leur temps à parler des garçons car leurs hormones commençaient à les titiller. Ella semblait ne correspondre à aucune des catégories que Winifred ait rencontrées. Elle finit donc par admettre :
« En classe, je passe mon temps à lui répondre. Alors forcément, il me traite comme une tête brûlée… et j'ai de mauvaises notes.
- Pourquoi tu lui réponds alors ?
- Parce qu'il est beaucoup plus drôle quand il se met en colère et qu'il devient tout rouge ! »
Ella éclata de rire à cette réponse formulée sans hésitation comme si adorer mettre un professeur en rogne pouvait être le plus amusant des jeux de l'univers. Winifred décida de changer de sujet, voulant en savoir plus sur la nouvelle venue qui avait l'air bien plus intéressante que toutes les personnes qu'elle connaissait.
« Et toi alors, tu vas manquer des cours en étant ici, non ?
- J'étudie à la maison, mon père me donne les cours ou je travaille toute seule.
- Tu veux dire que tu passes tout ton temps chez toi ?! Ouah ! Si je devais toujours rester ici, je crois que j'en viendrais à détester mes parents… Enfin, ils sont cools comme adultes et ils ne sont pas du genre à crier ou quoi que ce soit, mais… Il faut bien se détacher au bout d'un moment, je suppose. Et puis, comment tu fais pour rencontrer d'autres jeunes ?!
- Je n'en rencontre pas. Enfin, mon père et moi, nous partons en vacances tous les ans pendant quelques semaines et dans ces moments là, je côtoie d'autres personnes. Mais je n'ai pas besoin d'être avec des gens constamment. »
Winifred acquiesça, comprenant parfaitement ce qu'elle voulait dire. Elle non plus ne se sentait pas forcée d'être perpétuellement entourée. Elle savait qu'elle avait besoin de ses parents et de sa famille, mais elle pouvait largement se passer des autres –surtout des élèves de Poudlard avec lesquels elle n'avait pas de liens particuliers… Sauf peut-être avec Toby, lequel était pour elle une sorte de presque-ami qui savait l'écouter quand elle en avait besoin sans se sentir forcé d'être gentil. Lorsqu'il était de mauvaise humeur, elle le sentait et évitait de lui parler de quoi que ce soit –il attaquait facilement pour un rien. Mais elle le considérait –malgré le fait qu'ils ne se parle qu'une heure toutes les semaines au grand maximum- comme quelqu'un d'important dont elle regretterait l'absence une fois qu'ils ne se verraient plus. Autrement, si tous ses condisciples disparaissaient brutalement, Winifred ne s'en plaindrait sans doute pas.
« Ouais… je vois ce que tu veux dire ! Et… tu viendras à Poudlard ?
- Quoi !? s'exclama Ella sous le coup de la surprise.
- Bah oui, tu ne vas pas rester ici. Je veux dire… ma mère travaille la journée et tu seras toute seule si tu restes là. Je sais que tu veux aider ton père, mais quand tous les membres de l'Ordre seront au boulot, ils ne s'en occuperont pas et tu n'auras rien à faire de particulier… Donc, ça paraitrait plus logique que tu viennes à Poudlard selon moi. Tu ne crois pas ? »
Ella ramena ses genoux contre sa poitrine en mordillant sa lèvre inférieure –mimique qui rappela à Winifred quelque chose ou quelqu'un sans qu'elle puisse déterminer de qui il s'agissait. En effet, elle ne servirait à rien seule dans cette maison et à Poudlard, elle pourrait étudier davantage. De plus, elle ne trainerait pas dans les pattes de Ginny et ne gênerait personne. Elle s'inquiéta cependant de ne pas avoir le niveau des autres jeunes de son âge et se demanda si elle devrait en parler à quelqu'un. Voyant que Winifred attendait une réponse, elle finit par hausser les épaules en murmurant :
« Ouais, pourquoi pas ? »
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***
.
Ella se retourna pour la millième fois au moins, s'emmêlant une fois de plus dans le drap qui la recouvrait jusqu'au cou et qui l'étranglait légèrement. Elle jeta un coup d'œil au réveil dont les aiguilles étaient lumineuses dans le noir et réalisa qu'il était bien trop tard. Mais elle n'arrivait pas à dormir. Dans quelques heures, elle rencontrerait tout plein de gens qu'elle ne voulait pas connaitre, sa mère prenant la tête des personnes qu'elle aurait souhaité éviter toute sa vie.
Elle finit par sortir de son lit, un nœud à l'estomac. Elle n'avait quasiment rien avalé au cours du diner et fut heureuse de ne pas avoir mangé, autrement elle n'aurait rien gardé très longtemps. Elle attrapa les deux livres sur la table de chevet, puis sortit de la chambre sur la pointe des pieds, se cognant au chien qui dormait dans le couloir –devant la porte de chambre de Winifred- avant de réussir à rejoindre les escaliers sans plus de dégâts.
Elle poussa la porte de la bibliothèque quelques minutes plus tard et se figea en voyant qu'Harry y était toujours. L'homme releva la tête vers elle et sourit en la voyant rougir.
« Excusez-moi, je ne voulais pas vous déranger. »
Harry referma le cahier dans lequel il venait d'inscrire toutes les notes de ses élèves avant de bailler.
« Tu ne me déranges pas du tout, et arrête un peu de me vouvoyer. On va passer quelques temps ensemble et tu dors dans le lit de mon fils, donc… Et puis, tu aurais pu être ma filleule. Enfin, si tu avais été…
- La fille du mari et non de l'amant, conclut Ella en venant s'asseoir face à Harry. Je… je n'arrivais pas à dormir. A l'idée de les rencontrer demain. Hermione Granger, Ron Weasley… Mon père a passé des années à me parler de tout le monde, si bien que je sais des tas de choses sur vous. Des tas de choses que même vos enfants ne savent pas.
- Comme quoi ? s'enquit Harry avec un demi sourire, presque inquiet pourtant à l'idée que l'adolescente puisse connaitre quelques sombres secrets de son existence.
- Je sais que… Je sais que vous avez failli tomber dans les pommes et que vous avez pleuré comme un bébé à la naissance de votre fils. Je sais que Ron Weasley a fait sa demande devant toute sa famille parce qu'il avait peur que ma… qu'Hermione refuse car elle ne voulait pas s'engager à l'époque. Je sais qu'elle… je sais qu'elle déteste le poisson, qu'elle est allergique aux framboises, qu'elle a peur quand elle se trouve dans une forêt la nuit, qu'elle adore être dans l'eau, que c'est là qu'elle se sent le plus en sécurité… Je sais qu'elle a enlevé son alliance avant de coucher avec mon père. Je sais trop de choses en fait. Des choses qu'une fille ne devrait pas savoir sur ses parents et… Pourtant je n'arrive pas à m'en empêcher. Je continu à vouloir en savoir plus. Comme si… comme si ça allait m'aider à comprendre.
- Comprendre quoi ? »
Ella resta silencieuse, des larmes apparaissant aux coins de ses yeux. Elle mordit sa lèvre inférieure pour s'empêcher de craquer alors que ses nerfs –si solides d'ordinaire- semblaient sur le point de la lâcher au moment où elle en avait le plus besoin. Harry soupira :
« Comprendre pourquoi ta mère t'a abandonnée ? »
Il s'imagina que c'était ça le problème, la question sans réponse que lui-même se posait depuis la veille. Pourtant, lorsqu'elle releva la tête, ses larmes ayant disparues, remplacées par une détermination farouche, il comprit qu'il n'en était rien. Elle dodelina de la tête avant de répliquer :
« Non, comprendre si elle l'aimait ou non. »
Harry se laissa davantage aller sur son siège, croisant ses doigts contre son ventre avec un air maussade, ne parvenant pas à se souvenir de ce que disait Hermione à propos de Théo à l'époque. Il se remémorait la façon dont elle parlait de lui après qu'il soit parti, comme s'il valait mieux oublier et cesser de le chercher –Harry comprenait désormais mieux pourquoi elle ne souhaitait pas que qui que ce soit le retrouve. Mais il ne se rappelait pas de leur retour du Brésil par exemple, car rien à l'époque ne lui avait laissé soupçonner quoi que ce soit. Il finit par secouer la tête, chassant ses pensées car tenter de se souvenir de cette période houleuse lui était presque douloureux.
« Je ne peux pas te donner de réponses à ce sujet… »
Ella acquiesça lentement, se doutant parfaitement que la situation n'était pas facile à accepter pour Harry non plus qui n'avait vu à l'époque que ce qu'il souhaitait voir. Il observa l'adolescente avant de remarquer ce qu'elle avait apporté avec elle pour lecture.
« Tu lis la dernière biographie d'Hermione ?! s'étonna-t-il en haussant un sourcil, ne comprenant pas pourquoi elle souhaitait apprendre le récit d'idioties journalistiques que récitaient les livres de ce genre où lui-même ne s'était jamais reconnu.
- Oui, mon père me l'a offert pour mes seize ans. Il passe son temps à essayer de me faire accepter ma mère. Il ne veut pas que je la déteste… Je n'en avais pas voulu, mais je me suis dit en venant ici que savoir certaines choses ne me ferait pas plus de mal…
- Ces bouquins disent n'importe quoi ! La preuve en est que j'y suis dépeint comme un super héros qui n'a jamais fait une seule erreur, qui n'a jamais lancé un seul sortilège impardonnable –alors qu'à une époque je ne survivais que grâce à ça- et comme un amant, mari et père extraordinaire. Je pense que je suis un bon mari, je tente d'être un excellent père et… Je… Pour le côté « amant » on ne va pas en parler toi et moi. Mais… nous avons sauvé le monde en quelque sorte, ce qui fait de nous des héros… Et les gens ne veulent voir que le bon côté des choses qui nous concernent. Ils ne veulent pas savoir qu'Hermione, Ron et moi, nous nous sommes déjà disputés, ou que Ginny et moi avons failli divorcer quelques temps après la fin de la guerre ou que parmi les membres de l'Ordre il y avait des milliers de rivalités et disputes… qu'à chaque réunion, on s'insultait ou même, on se battait les uns contre les autres. Ils ne veulent garder que le positif. Et on ne peut que les comprendre au fond…
- Oui, si les héros se mettent à avoir des défauts… »
Harry esquissa un sourire en percevant une nuance de sarcasme dans la voix d'Ella. Il changea finalement de sujet, n'ayant guerre envie de s'appesantir sur les défauts des héros de la guerre dont il faisait partie –et dont il était le symbole depuis son enfance.
« Et, l'autre livre que tu lis, qu'est ce que c'est ? Si c'est sur moi, autant te dire tout de suite que contrairement à ce qui se raconte, je n'ai pas éclaté de rire après avoir tué Lord Voldemort.
- Vous auriez pu !
- Disons que ça n'a pas été le moment le plus amusant de mon existence… Mais tu n'as pas répondu ? »
Ella hésita quelques secondes et finit par poser le carnet de son père sur le bureau, le poussant lentement vers Harry en priant pour qu'il ne fasse que le feuilleter avant de le lui rendre. Elle se doutait aussi qu'il n'était pas du genre voyeur et qu'avoir les détails de la tromperie de sa meilleure amie envers son meilleur ami ne le tenterait pas plus que ça. Il l'entrouvrit en réalisant qu'il n'y avait pas de titre et lut les premières phrases avant de le refermer.
« Si j'avais tenu un journal à l'époque, je n'aurais guère apprécié que mes enfants puissent le lire, fit-il remarquer en rendant le carnet à Ella. Même si cette partie de la vie de ton père te concerne de très près, es-tu certaine qu'en savoir plus sur ce qu'il s'est passé t'aidera à accepter ce que ta mère a fait ?
- En fait… Je n'y ai pas appris grand-chose pour le moment car mon père m'avait déjà raconté presque tout. Mais… Je crois que j'ai besoin de savoir… Pour…
- Passer à autre chose ?
- Oui. Si vous pouviez lire le journal de Tom Jedusor et le comprendre, apprendre comment les mécanismes de son cerveau fonctionnaient et comment toutes ses idéologies s'étaient mises en place, ne le feriez-vous pas ?
- Si… Je suppose que si. Ou du moins, à l'époque, j'aurais voulu savoir. Désormais, ça n'a plus d'importance. »
Ella se leva, commençant à sentir la fatigue peser sur son corps, et elle croisa ses bras contre sa poitrine, enserrant ses livres contre elle.
« Et bien… Voilà. Je veux savoir comment était mon père avant d'être celui que je connais si bien. Je veux savoir comment il a pu… l'aimer elle et pourquoi… Savoir comment l'homme si intègre qu'il est a pu se laisser embarquer dans une histoire d'adultère d'une navrante banalité pour l'époque, et pourquoi il n'est pas revenu vous voir avec moi dans les bras pour dénoncer tout ce qu'elle avait fait. Je veux savoir pourquoi même après seize ans, il continu à parler d'elle comme si… Comme si elle restait une personne à protéger.
- Et tu penses trouver la réponse à tes questions là dedans ?
- Je l'espère… »
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***
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Jour 42.
Je l'ai embrassée. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment exactement –bien que j'ai depuis longtemps appris comment on embrasse, c'est le « comment j'en suis arrivé là » qui m'étonne encore… Mais, j'y suis venu naturellement. Ça m'a paru logique. On se baignait dans la baie, en sous-vêtements comme toujours. Elle était belle –encore plus que d'habitude. Elle avait les joues roses d'excitation après la journée de la veille et nos mille discussions avec la Reine. Elle était fière d'elle, comme si elle venait de répondre à une question d'une importance fondamentale posée par Severus ou Minerva. Elle s'est approchée de moi, joueuse, comme toujours. Elle ne tentait pas vraiment de me séduire… Enfin, pas comme les femmes le font en général. Elle n'était pas provocante, elle ne faisait pas de mimiques étranges et coquines… Elle était juste là, souriante.
Et je l'ai embrassée. J'ai placé mes mains sur ses hanches nues et je l'ai attirée vers moi. C'était mécanique, comme si mon corps devait être contre le sien. Elle ne m'a pas repoussé. Elle s'est raidie une seconde, puis s'est laissée faire… Je dirais même plus : elle a renforcé le baiser et a plongé ses doigts dans mes cheveux, elle m'a serré encore plus contre elle. On a fini par s'éloigner l'un de l'autre. Elle ne m'a pas dit un seul mot depuis…
Ella reposa le carnet en sentant la fatigue picoter ses yeux alors que les lettres s'étaient floutées quelques secondes auparavant. Elle ne pouvait plus lire la suite de ces mots, simplement trop épuisée pour le faire. Elle se laissa aller sur le matelas en remontant la couverture. Elle éteignit la lampe de chevet avant d'observer le plafond, ne cillant plus désormais, alors qu'elle aurait dû dormir. Elle entendait l'océan, bruyant, et le souffle du vent contre les battants des fenêtres. Elle s'efforça à fermer les yeux. Et supplia tous les dieux qu'elle connaissait de lui envoyer Morphée le plus rapidement possible. Apparemment, ce dernier n'était plus disponible…
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***
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Ella fut brusquement réveillée par un truc humide et poisseux passant sur son visage et –entrouvrant les yeux- elle réalisa qu'il s'agissait de Mocca, le chien des Potter, qui avait entrepris de lui lécher le visage avec une passion dantesque inquiétante. Elle posa sa paume sur le museau de l'animal qui souffla dessus et le poussa légèrement pour qu'il cesse de la prendre pour un os. Après qu'il se soit éloigné, elle s'étira en baîllant, épuisé par le manque de sommeil des derniers jours. De plus, le son des vagues se brisant contre les roches et le sable l'avait empêché de dormir une fois qu'elle s'était réinstallée dans son lit et des maux de tête la désarçonnèrent lorsqu'elle se releva.
La journée serait dure et elle craignait que tout se passe encore plus mal qu'elle ne pouvait l'imaginer. Elle pouvait parfois être un peu trop pessimiste dans ce genre de situations complexes et sa vie lui semblait être pleine de nœuds qui seraient dur à démêler. Elle baîlla et se dirigea vers la porte pour la fermer, afin de s'accorder un peu plus d'intimité. Il était déjà dix heures du matin, et s'en voulut d'avoir autant trainé. Elle fila à la salle de bain, se doucha et hésita pendant une bonne dizaine de minutes sur la façon dont elle devrait s'habiller. Après tout, elle allait rencontrer des tas de gens et elle se devait de faire bonne impression pour qu'ils aient envie de l'aider. Certains ne devaient pas forcément s'entendre avec son père et il faudrait donc qu'ils aient envie de la soutenir elle.
Finalement, elle enfila un pantalon noir et un t-shirt bleu-vert avant de mettre ses converses et de s'attacher les cheveux. Elle disciplina ses boucles brunes en les coiffant d'un chignon, quelques mèches s'échappant pour venir caresser sa nuque. Puis elle quitta la salle de bain et descendit au rez-de-chaussée. Elle s'arrêta en entendant des voix qu'elle ne reconnut pas et inspira plusieurs fois à fond avant d'entrer dans la cuisine où elle découvrit les Potter et trois rouquins.
Ron, Scott et Timothy. Ella sentit ses craintes s'alourdir en découvrant les deux autres enfants qu'avaient eu sa mère –et qui eux, l'étaient réellement. Ginny s'arrêta de cuisiner en la voyant apparaitre et lui adressa un sourire désolé, comme si elle aurait voulu pouvoir lui éviter ça. Mais Ron était arrivé plus tôt que prévu, accompagné de ses fils et elle n'avait même pas pu contacter Hermione qui allait sans nul doute s'en prendre à elle. Après tout, Hermione n'aurait jamais imaginé que ses trois enfants se trouvent dans la même pièce.
Harry aussi paraissait désolé, et surtout très gêné. Il aurait adoré être à l'autre bout du monde en cet instant précis mais ne pouvait hélas pas fuir. Autrement, il n'aurait pas hésité une seule seconde, car il ne ressentait pas le désir masochiste de participer à tous les drames qui suivraient. Ron remarqua enfin sa présence et se leva avec un immense sourire, apparemment heureux de la rencontrer… Ella savait parfaitement que lorsqu'il réaliserait qu'elle avait été cet enfant qu'il imaginait avoir perdu, il ne serait sans doute plus aussi sympathique.
« Ella, c'est ça ?! s'enquit-il en lui serrant la main, ne se rendant pas compte du malaise qu'il provoquait chez l'adolescente. Tu ressembles beaucoup à ton père, tu es aussi grande que lui !
- Non, presque aussi grande, corrigea-t-elle avec un sourire forcé.
- Alors, c'est qu'il a encore grandi ! »
Ella ne put s'empêcher de sourire, plus franchement cette fois ci et Ginny l'invita à s'asseoir en expliquant la situation, se doutant qu'Ella voudrait savoir comment se déroulerait la journée et quels dangers elle y rencontrerait. Mais elle s'efforça avant tout à faire les présentations, comme pour jouer le rôle de gardienne de secret qu'elle s'était vue attribuer bien des années auparavant jusqu'à ce qu'Hermione lui dise de ne plus le faire car il n'avait plus aucun sens. Elle savait pourtant parfaitement qu'Ella connaissait Scott et Timothy pour les avoir vu sur des photographies, mais ne voulait pas attirer l'attention et lança d'une voix trop enjouée pour paraitre normale :
« Ella, voici Scott, le fils de Ron et d'Hermione. Il a juste… un an de moins que toi. Et Timothy, son frère, qui a sept ans.
- Presque huit ! répliqua franchement le garçonnet, la bouche pleine, jusqu'à ce que Winifred lui ordonne d'avaler avant de parler car elle trouvait dégoûtant.
- Timothy qui a presque huit ans, conclut donc Ginny en tournant des yeux. Tu veux quelque chose à manger, Ella ?
- Non… je n'ai pas très faim. »
Ou plutôt si, son estomac criait famine, mais elle pressentait qu'avaler quoi que ce soit aujourd'hui serait une entreprise trop périlleuse. Au lieu de ça, elle observa ses frères de sang –qu'elle aurait bien du mal à considérer comme de vrais frères principalement parce qu'ils ne lui ressemblaient pas vraiment. Timothy avait bien sa bouche et aussi son nez. Et il lui semblait que Scott ait des oreilles de la même forme que les siennes. Mais avec leurs cheveux d'un roux éclatant appartenant uniquement aux Weasley, ils se différenciaient bien d'elle. Ron se tourna vers elle, tout en mangeant et marmonna :
« Harry m'a dit pour ton père. Enfin, c'est pour ça qu'on est là après tout… Et ne t'inquiète surtout pas, la seule personne que l'Ordre n'ait jamais retrouvé c'était… lui ! Et maintenant, on a plus ou moins retrouvé sa trace, pour le perdre à nouveau. Tu n'as personne qui puisse s'occuper de toi ?
- Ella peut rester ici le temps qu'il lui plaira, Ronald ! riposta Ginny entre ses dents, ayant bien insisté sur le prénom complet de ce dernier alors que les joues d'Ella se rehaussaient de rouge.
- Euh, oui, bien sûr ! acquiesça celui-ci en en bougonnement gêné avant de tenter de s'expliquer : Enfin, ce que je voulais dire, c'est que tu… Ton père n'a plus donné de signes de vies pendant les seize dernières années si je compte bien et nous avons toujours tous imaginé qu'il était mort ! Alors, je voulais juste savoir…
- On en discutera plus tard ! coupa Harry en prenant l'assiette d'Ella pour la servir, prêt à la forcer à manger s'il le fallait car au moins, Ron la laisserait tranquille. Ella, je suis certain que tu as envie d'œufs brouillés ! »
Ella acquiesça lentement, n'osant pas réfuter les paroles d'Harry qui remplit son assiette à ras bord avant de la poser sur la table. Ron plissa les sourcils, lesquels formèrent une barre rousse au dessus de son regard bleu clair. Il n'aimait pas être mis de côté et pressentait facilement que sa sœur et son meilleur ami lui cachaient quelque chose. Pourtant, il ne posa aucune question, espérant obtenir des réponses un peu plus tard, une fois que tous les membres de l'Ordre seraient présents. Ella se mit à manger très lentement de petites bouchées qu'elle mâchouillait pendant trop longtemps pour que ce soit naturel et réalisa que Scott l'observait bizarrement. Winifred lui enfonça son coude dans les côtes et le rouquin cessa de dévisager Ella d'une manière si suspicieuse que la jeune fille craint un instant qu'il ait vu dernières les traits de son père ceux de leur mère commune.
« En fait, papa, commença Winifred après avoir lancé un regard complice à Ella qui se demanda quel sujet elle allait aborder. J'ai pensé qu'Ella pourrait peut-être aller à Poudlard jusqu'à ce que vous retrouviez son père. Elle s'amusera beaucoup plus à l'école… Et puis, on y sera tous tout le temps et elle s'ennuierait sans doute en restant dans la maison la semaine. Tu ne crois pas ? »
Harry jeta un rapide coup d'œil à Ella, lui demandant de fait ce qu'elle pensait de cette idée à laquelle la jeune fille n'avait pas réellement réfléchi. Elle finit donc par hausser les épaules. Elle avait envie d'aller à Poudlard en un sens, simplement parce qu'elle y retrouverait tous ces lieux dont lui avait parlé son père, tous ses recoins secrets dont seuls quelques élèves connaissaient l'existence. Elle savait même que certains étaient inconnus d'Harry et de ses amis –qui avaient pourtant fureté plus d'une fois entre les murs de la vaste école. Mais les Serpentard avaient leurs endroits bien à eux et Ella était quasi certaine de pouvoir les repérer. De plus, elle aurait souhaité avoir un lieu où se réfugier si Hermione était désagréable. Elle voulait pouvoir s'éloigner lorsque son cerveau serait sur le point d'exploser.
Opposés à toutes ses envies, il y avait toutes ses craintes. Les autres élèves, des adolescents, créatures inconnues avec lesquelles elle ne s'entendait pas –bien que Winifred elle, lui paraisse pour l'instant extrêmement sympathique. Et puis, les cours qu'elle appréhendait de ne pas réussir à suivre malgré le fait qu'elle en sache plus sur les potions et la botanique que la plupart des adultes. Elle avait pas mal de lacunes dans certaines matières et ne connaissait pas exactement le niveau requis pour étudier à Poudlard en telle ou telle année. Elle finit par évoquer ses doutes et bredouilla :
« En fait, mon père m'a toujours donné les cours lui-même et on a oublié volontairement quelques matières dans mon cursus. Je ne sais pas si j'ai le niveau, et je n'ai pas forcément envie d'être… ridicule. Ou même de faire perdre leur temps aux professeurs.
- Quand un nouvel élève arrive d'une autre école, le Professeur McGonagall lui fait passer une sorte d'examen afin d'évaluer son niveau, expliqua Harry en haussant les épaules comme pour repousser ses incertitudes. Donc, tu ne pourras pas te ridiculiser.
- Et si on découvre que j'ai le niveau d'une première année, vous pensez vraiment que j'aurais ma place parmi des gamins de onze ans !? grimaça Ella, pas plus à l'aise à cette idée.
- Si c'est le cas, tu resteras ici. Mais on peut toujours tenter le coup… Et puis, au moins, tu auras ta journée de demain occupée ! »
Ella acquiesça avec un sourire, heureuse d'avoir réellement le choix. Elle prendrait sa décision en fonction de ses résultats et de ses envies du lendemain, quitte à rester seule chez les Potter les trois quarts du temps. La solitude ne lui faisait pas peur. Les gens si. Timothy poussa brusquement un soupir à fendre l'âme et marmonna avec une voix de martyr :
« J'aimerais trop pouvoir y aller maintenant à Poudlard… ça serait trop trop cool ! »
Il accentua sur le dernier mot ce qui donna un « couuuleuh » très expressif qui dévoilait parfaitement à quel point l'enfant était pressé d'y être. Ella le comprenait. Quand elle était petite et que son père parlait de Poudlard, elle croyait vraiment qu'elle irait dans cette école sans savoir qu'elle n'y aurait pas sa place. Elle était impatiente. Elle avait pleuré en fêtant son onzième anniversaire et qu'en demandant à son père quand elle recevrait sa lettre, il lui avait expliqué qu'elle n'irait pas à Poudlard. Elle adressa un petit sourire au garçonnet qui la dévisageait, les yeux pétillants de malice.
Timothy, Scott et Winifred eurent rapidement fini de manger et la jeune fille leur proposa de monter dans sa chambre. Elle y invita Ella qui refusa d'un signe de tête rapide avant de préciser qu'elle viendrait plus tard. Elle voulait en savoir plus sur Ron, sans qu'elle ne puisse avoir de réelles explications sur les raisons qui la poussaient à toujours vouloir tout connaitre sur tous les sujets –y comprit humains- qu'elle croisait. Une fois ses enfants disparus, l'homme en question marmonna :
« En fait, Hermione n'est pas certaine de pouvoir venir. Elle a eu un souci au bureau et le ministère ne peut même pas se passer d'elle un dimanche… Elle travaille beaucoup en ce moment. Et elle s'est remise à boire un peu trop. »
Ginny croisa le regard d'Ella qui se ternit légèrement à cette annonce. Mais la brunette l'évita finalement en se mettant à manger, pressentant qu'elle finirait par être malade car elle ne prenait même plus le temps de mâcher. Sa génitrice buvait trop et c'était une chose qu'elle n'aurait pas particulièrement eu envie de savoir, bien au contraire. Harry lui, parut plus inquiet et malgré le fait qu'il se doutait que cette discussion ne plairait pas à Ella, il ne put s'empêcher de la poursuivre :
« Comme… Comme il y a seize ans ? Boire à ce point là ?
- Non… Juste que c'est le troisième repas avec ses parents où je suis presque forcé de la ramener. Après, non, elle ne boit pas autant. Juste, qu'elle semble… bizarre ces temps ci. Enfin, je suppose qu'une nouvelle mission de sauvetage lui remettra un peu de baume au cœur ! »
Ella faillit s'étouffer avec son repas en entendant cette dernière phrase. Si Hermione Granger n'allait pas bien et buvait un peu trop pour compenser, cette histoire avec son père ne ferait que la rendre alcoolique à coup sûr. Elle tenta d'imaginer la Hermione des livres en ivrogne et grimaça malgré elle avant de reposer sa fourchette, ne pouvant plus rien avaler sans prendre le risque de tout recracher. Harry lui accorda un timide sourire compatissant et Ginny –passant derrière elle- lui caressa doucement les cheveux avec une tendresse maternelle étonnante à laquelle Ella ne parvenait pas à réellement s'habituer.
D'ailleurs, elle était certaine de ne jamais réussir à s'accoutumer à de telles attentions. Son père n'était pas câlin, ou du moins il ne l'était plus depuis qu'elle n'avait plus six ans, et personne d'autre n'avait jamais assez prêté attention à elle pour ce genre de démonstrations d'affection. Pourtant, à la caresse de Ginny, elle ne s'éloigna pas. Elle se souvenait bien de ce que disait son père de Molly Weasley, sur son côté maternel trop protecteur qu'elle se plaisait à employer avec tout le monde, y comprit lui à l'époque. Apparemment, Ginny avait hérité de ce côté-là et Ella était heureuse d'en profiter.
Elle n'écouta pas le reste de la conversation, qui se transforma en une banale discussion sur les enfants –sujet apparemment très prenant alors qu'Ella trouvait qu'ils étaient assez bien lotis et que leurs enfants respectifs n'avaient pas l'air plus désagréables ou dissipés que ça. Elle n'arrivait plus qu'à penser à sa mère… Toute sa nuit avait été un vrai cauchemar car elle craignait de la rencontrer, et maintenant qu'elle savait que cette rencontre ne se produirait peut-être pas dans l'immédiat, elle le regrettait presque. Avant tout parce qu'elle souhaitait réellement que son père soit rapidement retrouvé et que ce dernier lui avait toujours dis que le Trio d'Or n'était efficace qu'au complet. Si Hermione ne venait pas, ou si Ron refusait de le rechercher, Ella savait qu'elle n'aurait aucune chance. Elle craignait également qu'Hermione puisse ne pas désirer être dans la pièce qu'elle trop souvent…
« Ella ? »
L'adolescente releva la tête de son assiette pour croiser le regard émeraude d'Harry qui apparemment était en train de lui parler, sans qu'elle ne s'en soit rendue compte auparavant, et elle lui adressa un rictus d'excuse. Ginny débarrassait la table alors que Ron buvait du jus d'orange, son regard perdu vers l'océan qu'ils entrapercevaient par la fenêtre de la cuisine.
« Ton père t'a parlé de Neville Londubat ? demanda Harry en s'asseyant face à Ella avec un sourire. Il est professeur de Botanique à Poudlard et s'y connait par conséquent en plantes magiques et… Il a des liens avec certaines entreprises, il a des contacts, il est assez connu et… Enfin, je suis certain qu'avec son aide, nous allons pouvoir rapidement faire une liste plus précise de ceux susceptibles d'avoir enlevé ton père. Et aussi pour quelles raisons.
- Vous voulez dire… commença Ella avant de réaliser que l'homme lui faisait les gros yeux, ce qui l'obligea à se corriger : Tu veux dire pour quelle fleur exactement ?
- Oui…
- Donc, je devrais vous les montrer et vous expliquer quelles sont leurs propriétés magiques et ce genre de choses, c'est ça ? »
Harry acquiesça une seconde fois et Ella porta ses doigts à sa bouche, commençant nerveusement à se ronger les ongles en s'interrogeant sur ce que penserait son père de cette idée. Après tout, certaines plantes étaient devenues des secrets gouvernementaux, alors qu'une autre aurait dû rester un secret familial… Mais malgré tout, elle devrait –et elle le savait déjà au fond d'elle- montrer ces plantes aux membres de l'Ordre si ça pouvait les aider. Et après tout, si Neville –dont son père lui avait parlé à maintes et maintes reprises car ils partageaient la même passion pour la botanique- aimait vraiment le travail de Théo, il n'aurait aucune raison de tenter de parler à qui que ce soit de ces plantes… Ou du moins, Ella l'espérait. Pourtant, elle ne put s'empêcher de préciser :
« D'accord. Mais seulement si personne n'en parle. On pourrait… lancer un sort ou… Le travail de mon père est censé être protégé… Et tant qu'il n'est pas là pour s'en charger lui-même, c'est à moi seule de faire attention. Il n'est pas question que les secrets de fabrications de ses fleurs soient divulguées.
- Très bien, acquiesça Harry sans même tenter de la faire changer d'avis. Je comprends parfaitement. On va installer les fleurs dans la salle à manger si tu veux bien, et on laissera les membres de l'Ordre y accéder uniquement une fois le sortilège lancé, ça te va ? »
Ella approuva d'un signe de tête et se leva, Harry et Ron faisant de même. Ils montèrent à la chambre d'Hypérion et –avec l'aide de Winifred, Scott et Timothy- descendirent les plantes à la salle à manger. Le petit dernier des Weasley ne pouvant s'empêcher de poser mille questions sur les fleurs, principalement lorsqu'Ella précisait qu'il valait mieux éviter de les toucher comme si le danger l'attirait. Ella les plaça ensuite elle-même sur une longue table qui semblait être assez grande pour accueillir tous les Weasley, et les classa par leur ordre de création. Elle ne put s'empêcher de caresser les pétales d'or de l'Ellarosa et soupira en se souvenant de son anniversaire… Il lui semblait si loin à présent, ce jour parfait où son monde était encore en place, où son père et elle étaient ensemble, sains et saufs… Ce jour où elle était chez elle.
Ella n'eut pas le temps de réaliser que ses yeux lui piquaient qu'une larme dévala sa joue, larme qu'elle effaça d'un geste rageur. Elle sentit le regard d'Harry sur elle et fit tout pour l'ignorer et se ressaisir. Harry ne put prendre le temps de la réconforter qu'un son étrange s'échappa de la cheminée du salon d'où Minerva McGonagall s'extirpa avec un petit sourire crispé, de toute évidence irritée par le voyage. Pourtant lorsqu'elle leva les yeux vers Ella, tout signe d'agacement disparut et l'adolescente fut étonnée de voir un sourire apparaitre sur le visage ridée de la vieille femme. Harry fit rapidement les présentations, mais Ella ne put échanger que quelques mots avec la directrice, d'autres personnes arrivant déjà par réseaux de cheminée alors qu'il n'était même pas encore midi.
En une dizaine de minutes à peine, le salon auparavant vide fut envahis par les membres devenus célèbres de l'Ordre du Phoenix. Ils n'étaient pas tous présents, mais Ella fut heureuse de les voir débarquer car elle avait légèrement douté qu'ils puissent venir alors que tous prenaient Théo pour un traitre. Pourtant, en plus du professeur McGonagall, Severus Rogue était présent. L'enseignant dont son père ne cessait de vanter les mérites, l'enseignant qui l'avait poussé avec force à entrer dans l'Ordre et à renier son éducation. L'homme aussi lui sourit, sans doute ému de découvrir la raison qui avait poussé son étudiant préféré à quitter l'Angleterre. Neville Londubat faisait également partie des nouveaux arrivés –accompagné de son épouse Luna.
Harry s'attendait apparemment à recevoir plus de monde, car il marmonna, d'une voix pleine de déception et de colère :
« Où sont Dean, Lavande, Seamus, et Parvati ?! Et Remus et… Et je pensais que George et Fred viendraient…
- Ils sont avec leurs enfants, Harry, répliqua Ron en haussant les épaules. Tu sais bien que comme moi, ils travaillent toute la semaine et passent les dimanches en famille. Ils ont dit qu'ils viendraient à la prochaine réunion. Remus et Nymphadora sont en France pour voir Teddy. Pour les autres… T'as cogné Dean à cause de Théo une fois, si tu te souviens bien. Il n'a sûrement pas envie que ça se reproduise, et du coup il n'est pas venu… donc, Lavande non plus parce qu'elle le suit toujours, ce qui fait que Parvati ne viendra pas –puisqu'elle ne respire pas sans Lavande, tu le sais bien, et donc…
- Oui, j'ai compris, coupa Harry en un marmonnement mécontent. Enfin, on est une petite dizaine, c'est déjà ça… »
Il n'avait pourtant pas l'air emballé. Réalisant que son époux ferait la tête pendant quelques minutes, Ginny demanda à Winifred, Scott et Timothy de quitter les lieux. Ils tentèrent de se défendre en répliquant qu'ils étaient assez grands, mais le regard noir made in Weasley de Ginny finit par les faire déguerpir. Finalement, elle fit les présentations, réalisant au fur et à mesure qu'Ella savait parfaitement qui ils étaient.
« Ton père t'a tant parlé d'eux pour que tu puisses les reconnaitre sans jamais les avoir vu ?! demanda-t-elle au bout du compte quand Ella murmura « le professeur Rogue » avant elle.
- Oui… tout le temps. Et puis, j'ai déjà vu des photos dans les livres alors…
- Je suis dans un livre ?! s'esclaffa Neville en mimant l'étonnement.
- Oui, dans « L'Ordre du Phoenix, l'Histoire d'une Organisation Secrète qui a sauvé l'Humanité »… Le chapitre 12 du tome 3 vous est consacré, et il y a deux photographies de vous. »
Cette déclaration fut suivie d'un silence étrange où tous les regards se tournèrent vers elle, qui grimaça avec gêne. Elle se promit d'apprendre à se taire, car ce genre de réflexion n'aurait pu être énoncé que par une seule autre personne au monde… Personne avec laquelle elle n'aurait normalement dû avoir aucun lien. Le professeur McGonagall esquissa finalement un sourire et remarqua, presque railleuse comme si elle avait compris depuis le départ qui Ella était réellement :
« Je vois que vous avez hérité de la passion de la lecture de votre père… »
Elle avait insisté sur le dernier mot et Ella acquiesça sèchement, mal à l'aise. Ginny prit la situation en main avant que celle-ci ne dégénère et que d'autres puissent se poser des questions. Elle raconta donc ce qu'il s'était passé avec Théo et pourquoi leur présence était indispensable. Finalement, Harry leur fit tous signer de leur sang un pacte permettant de garder le secret des plantes de Théo. Après une dizaine de minutes de délibération, même Luna accepta de se joindre à eux, malgré le fait que –selon elle- une créature aimant le sang pourrait venir les dévorer s'ils se coupaient tous en même temps.
« En fait, Hermione ne vient pas ? demanda Neville avec un froncement de sourcils, étonné de ne pas voir le trio d'Or au complet pour une telle affaire. Théo et elle s'entendaient bien, je crois, non ? Enfin, elle ne faisait pas partie de ceux qui le croyaient traître…
- Elle travaille, soupira Ron. Et non, c'est vrai, elle aimait bien Théo. Mais elle ne sait pas que ça le concerne… Elle se serait sans doute libérée autrement. Mais on ne pensait pas qu'il s'agissait d'une affaire de ce genre… Elle croyait sans doute qu'un imbécile de journaliste voulait encore écrire un livre sur nous.
- Heureusement que ce n'est pas le cas, siffla Severus avant de se tourner vers Ella avec un air soupçonneux. D'ailleurs, en parlant de ce que bon nombre d'entre nous pensaient… Pourquoi ton père est-il parti ? Je veux dire, beaucoup de membres de l'Ordre ont élevés leurs enfants pendant la guerre. Et d'ailleurs, je ne savais pas qu'il avait quelqu'un dans sa vie… Qui est ta mère ? »
Elle resta figée, ne sachant quoi répondre à cette question aussi clairement énoncée. Elle n'aurait pas imaginé une seule seconde que quelqu'un lui poserait la question aussi directement. Pourtant, avant même qu'elle puisse réussir à dire quoi que ce soit –sans nul doute un mensonge, la cheminée émit à nouveau un bruit synonyme de déplacement par réseaux et une femme quitta l'âtre en époussetant sa robe, l'air épuisé.
« Désolée, je suis légèrement en retard ! s'exclama Hermione en les voyant tous se tourner vers elle, étonnés. Mes collègues sont des incapables, ce qui fait qu'à chaque fois que je disparais, ils mettent le monde sens dessus dessous… »
Elle se figea en remarquant enfin la seule personne qui n'aurait pas dû se trouver là. Son cerveau ne mit qu'une seconde à analyser la situation alors que son visage perdait toute couleur et que le nœud dans sa gorge l'étouffait presque. Il n'était pas difficile pour elle de voir à quel point l'adolescente lui ressemblait… Non pas à cause de ses cheveux, mais à cause de cet air qu'elle arborait, l'air plus triste qu'elle ne pouvait le croire. De plus, la jeune fille avait hérité de nombres de caractéristiques de son père. Harry réalisa que le silence s'éternisait –ainsi que le regard mère-fille qui finirait par être remarqué par tous. Il tenta donc maladroitement de sauver la situation en lançant un bref :
« Hermione, je te présente Ella, la fille de Théodore Nott… Ella, voici Hermione Granger. »
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Note de l'auteur _ Uhm... Vous me haïssez, non ? J'avoue, le moment tant attendu & paf je coupe ! Sadique, moi ? -J'ai entendu dire que c'est comme ça qu'on m'aimait le plus ! =P Alors, résumé vit'fait bien fait by me de ce chapitre : J'aime Harry, j'veux l'épouser & lui faire des tas de bébés ! xD J'aime Winifred aussi ! Z'aime encOr' plus Ella qui est complètement à la ramasse en fait je crois & qui réfléchi bien trop pour son bien. C'était plus un chapitre de transition à vrai dire, mais il était nécessaire. Je ne pouvais pas passer la rencontre avec Harry & Winifred sous silence, comme je ne pouvais pas faire le dimanche soir (dans la fic !) "Tiens, Ella & si tu allais à Poudlard demain ?" xD Bref, chapitre plein de petites informations avant l'action. La fameuse rencontre Ella-Hermione qui ne sera pas telle que vous l'attendez, j'en suis certaine ! (Suis-je la seule à penser qu'on ne lave pas son linge sale en public ?)...
Bref le prochain chapitre marquera un peu un tournant de l'histoire. Réaction de Ron. Harry qui hurle après Hermione. Et puis un début de quête pour sauver Théo... Ah & Poudlard bien sûr ! Fin', on en reparlera du moins. J'avoue que je suis impatiente de vous faire lire le chapitre 6. C'est mon préféré... Sans doute mon fanatisme-Tobyesque qui prend le dessus & vu qu'il est très très présent dans ce chapitre 6, je suis impatiente d'avoir vos avis sur lui (vu que précédemment, c'était plutôt petites infO' !) et sur son maudit caractère... Bref, ce chapitre 5 déjà sera posté Vendredi prochain (ou un petit peu avant). Non, pas après-demain -seulement deux jours pour vous laisser cogiter sur cette fin sadique ça ne me parait pas assez ! La semaine Prochaine ! Et cette fois, promis, je ne vous abandonne pas -sauf situations d'urgences !
Alors, pour les Manchots-ou-Flemmard, petit exemple de ce qu'est un review, exemple basique où il vous suffit juste de remplir là où il y a des points : "J'ai mis ta fic en alert parce que ... J'aime ... & ... Mais j'aime moins ..." Ajoutez à ceci un vague "j'attends la suite" ou "la suiite" (si vous êtes du genre hystérique comme moi) ou ce que vous voulez. Et petites questions (qui peuvent aussi servir à ceux qui reviews généralement) afin de vous donner quelques pistes : Pensez-vous qu'Ella va aller à Poudlard & si oui, dans quelle maison va-t-elle attérir ? Pensez-vous que Ron va assassiner Hermione & si oui, de quelle manière (toute proposition sadique est acceptée d'office) ? Pensez-vous qu'Harry & Ron vont attacher Hermione à un mur et la frapper avec une batte de baseball (non en fait, ne répondez pas à celle là xD) ? Pensez-vous que... Enfin, à vous de penser en fait ! =P
Bisous bisous, Reviews, Reviews !
*¤ Bewitch_Tales ¤*
