Note de l'Auteur _ Bonjour à tous ! Et oui, je suis venue poster plus tôt pour vous remercier de tous vos reviews ! -presque 4o ! =D Merci mille fois ! Et puis, il faut aussi avouer que je suis impatiente de vous faire lire le chapitre 6... donc il fallait bien poster le 5 avant. xD Voici donc un chapitre assez peu joyeux, il faut l'avouer. Mais bon, c'est la vie... Ou pas, c'est le monde des fanfictions, d'accord. Mais y'a quand même un rapport, non ? Okay, pour la Philosophie du jour de Tess, on repassera. Bref, petit chapitre -enfin "petit" tout est relatif- pour vous remercier de toutes vos attentions !
Pour les personnes non-inscrites, merci à Lunaa-tique, Céline (non, Harry n'a aucun défaut, c'est Harry ! xD & discussion mère-fille dans ce chapitre), Jess, Lola, Tentaculegirl, Lilou, Poupie69 (lectrice de Snapou ?)... & à tous les autres. Merci, merci, merci, merci, merci ! J'ai le sourire depuis trois jours... L'air très niaise, mais chut ! Bon, je ne vais pas vous blablater mille imbécilités & je vous laisse à ce chapitre... -Pour toute envie de violence envers moi, ou envers un personnage que je ne nommerais pas, imprimez le "Bon de Colère" trouvable sur google image, imprimez-le en plusieurs exemplaires et déchirez-le à chaque accès de haine. xD
Bonne lecture !
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Ellarosa - Chapitre 05
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« Ce qui me bouleverse, ce n'est pas que tu m'aies menti, c'est que désormais, je ne pourrai plus te croire. »
Friedrich Nietzsche.
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« Hermione, je te présente Ella, la fille de Théodore Nott… Ella, voici Hermione Granger. »
L'adolescente aurait presque pu rire tant cette phrase sonnait fausse, hypocrite, et tant elle avait été prononcée avec un sourire crispé et forcé de la part d'Harry. L'homme lui-même parut sentir qu'il aurait mieux valu qu'il se taise, mais Hermione sembla soulagée qu'il ait parlé. Pourtant, Harry n'était pas forcément heureux de réaliser qu'une fois encore, il tentait –plutôt maladroitement- de protéger un peu Hermione, de la couver jusqu'à ce qu'elle-même ose s'expliquer. Une petite voix –son instinct qui s'exprimait toujours dans les moments de ce genre- lui souffla qu'il agissait surtout pour Ella, pour la sauvegarder elle et la protéger un maximum, comme son père aurait dû le faire.
Hermione avala difficilement sa salive en scrutant Ella, son cœur tambourinant dans sa poitrine avec une force fougueuse alors qu'elle aurait voulu partir en courant, disparaitre, fuir… Fuir encore, comme elle l'avait toujours fait, fuir cette réalité inacceptable, fuir ses actes et leurs conséquences qu'elle aurait voulu ne jamais avoir à assumer. Elle se surprit à penser que pendant toutes ces années, elle avait imaginé avoir un autre fils quelque part… Découvrir qu'il s'agissait d'une fille lui rappelait plus encore le sentiment de frustration qu'elle ressentait en étant enceinte, cette impression que l'enfant qui poussait dans son ventre n'était pas tout à fait le sien… Cette impression détestable qui lui avait mille fois donné envie de se tuer juste pour ne plus avoir à supporter cette croissance arrondissant son corps. Parfois, elle s'était même dit qu'il n'y avait pas vraiment d'enfant, juste cette espèce de bosse que tous ses amis se plaisaient à caresser.
Voir cette fille lui rappelait à quel point elle ne s'était pas sentie mère. Et à quel point, encore une fois, elle ne ressentait rien la concernant. Elle ne voyait que Théo derrière ces yeux bleus marine, cette peau dorée, cette finesse et cette grandeur caractérisant parfaitement la jeune fille étrange. Ce regard n'avait duré qu'une trentaine de secondes à peine, et Hermione s'efforça de retrouver une attitude plus normale. Elle esquissa un vague sourire, murmura un bonjour encore plus vague et évita ensuite Ella du regard.
Ella baissa les yeux, plus blessée qu'elle n'aurait souhaité l'être, et elle réalisa que Ginny serrait les poings, comme sous l'envie de cogner quelque chose… Ou plutôt quelqu'un. Ella était certaine que, seule avec Hermione, Ginny n'aurait pas hésité une seconde à la frapper pour cet affront. Harry, lui, passa sa main dans ses cheveux avec un air gêné et marmonna rapidement :
« Hermione, je t'attendais… Je voulais… Te parler de quelque chose ! Tu viens ?! Ella, montre donc les fleurs de ton père à Neville pendant ce temps là. »
Il n'attendit de réponses de personne et saisit le poignet d'Hermione d'une main ferme en la conduisant jusqu'à son bureau sous le regard froissé de Ron qui se sentit mis à l'écart. Hermione croisa celui de Ginny pendant une seconde et comprit que son meilleur ami savait tout et que les prochaines minutes seraient sans doute consacrées à une dispute telle qu'ils n'en avaient jamais connue auparavant. Harry ferma la porte de son bureau en la claquant et Hermione s'éloigna de lui, resserrant ses bras autour de son buste en repoussant son envie de boire quelque chose de fort.
« Qu'est ce qu'elle fait là ?! demanda-t-elle finalement. Je n'en reviens pas que tu ais accepté qu'elle soit ici, dans ta maison alors que… Si Ron l'apprenait…
- Ron va l'apprendre, répliqua froidement Harry. Premièrement parce qu'il doit le savoir ! Et deuxièmement parce qu'il vaudrait mieux qu'il soit au courant en vue de la situation. Ella va rester ici, elle ira peut-être à Poudlard où elle sera avec tes fils et… Elle sera là. Tu nous l'as déjà cachée pendant seize ans, alors il n'est pas question qu'elle subisse les secrets qui t'entourent maintenant. Elle ne va pas être la fille de personne juste pour que tu continus à vivre normalement ! »
Hermione releva la tête de la moquette pour plonger son regard dans celui noir de son meilleur ami, regard qui dégageait une fureur pure et brûlante qui aurait pu la crucifier sur place. Elle trembla légèrement, vacillante, et dut se raccrocher au bureau pour ne pas s'écrouler. Contrairement à d'habitude, où il lui aurait proposé de s'asseoir et l'aurait aidée, Harry resta de marbre, tentant de se montrer aussi insensible qu'elle l'avait été seize ans plus tôt.
« Si tu ne le dis pas à Ron, je le ferais.
- Tu ne peux pas me forcer à lui dire quoi que ce soit ! riposta Hermione. C'est ma vie !
- C'est aussi la leur. Celle de Ron, celle d'Ella, celle de tes fils aussi… Celle de Théo également, vie qui semble menacée et que tu as intérêt à nous aider à sauver après tout ce que tu lui as fait ! »
Hermione fronça les sourcils, dévoilant derrière un nouveau masque de froideur, une pointe d'inquiétude non feinte. Elle hésita quelques secondes avant de bredouiller :
« La vie de Théo est menacée ? De quoi tu parles ?
- Il a été enlevé. On ne sait pas exactement par qui, mais il a besoin d'aide… C'est pour ça qu'Ella est ici et qu'elle va y rester. Parce qu'elle n'a personne d'autre. »
Le peu de couleur qui restait sur le visage d'Hermione disparut instantanément et Harry eut l'air légèrement surpris. Brusquement, une idée qui ne lui était pas venue à l'esprit auparavant s'insinua dans ses pensées : Et si ça n'avait pas été qu'une simple histoire de sexe ? Pourtant, il s'obligea à la rejeter, ne voulant pas donner à Hermione une bonne raison d'avoir fait ce qu'elle avait fait. Hermione replaça une boucle derrière son oreille et il réalisa qu'Ella organisait ses gestes d'une façon identique impressionnante.
« Tous finiront par le remarquer. Elle te ressemble.
- Elle ressemble à Théo… On n'est pas forcé de leur dire… Tu sais très bien que Ron, il… Il est jaloux et il…
- Il a tous les droits de l'être sur ce coup là.
- Notre amitié a survécu à un divorce, Harry. Mais à ça…
- Alors, elle n'y résistera pas, approuva-t-il en haussant les épaules comme si ça lui été égal, alors que cette idée même le rendait malade d'inquiétude.
- Tu prendras son parti…
- Je prends le parti de cette gamine effrayée dans le salon ! réfuta Harry, la voix tremblante de colère. Cette gamine qui aurait pu vivre parmi nous pendant toutes ces années, cette gamine que tu as laissée tomber il y a longtemps pour ne pas dévoiler que tu avais commis une erreur, pour te protéger sans penser à elle ! Par l'Ordre de Merlin, Hermione, à quoi tu pensais ?! Tu imaginais sérieusement que tu pourrais emporter ce secret dans la tombe ? C'était quoi le deal ? Une fois toi morte, Ginny aurait pu dire la vérité parce que personne ne critique réellement un mort ? Ou non, même pas ? Ella était censée rester le noir secret de ton existence ?
- Arrête d'hurler ! Ils vont nous entendre !
- Un être humain ne peut être un secret, Hermione ! continua Harry sans prêter attention à ce qu'elle disait. C'est une fille, une fille qui a le même ADN que toi, qui a tes cheveux, ta bouche, certaines de tes mimiques… Ils remarqueront tous qui elle est. Et si la colère de Ron se développe contre elle, je la protégerais. Par contre, contre toi… Ron aura toutes les raisons de t'en vouloir, Hermione. Et j'aimerais que tu évites de fuir une fois encore…
- Alors, quoi ?! Tu veux que je joue à la maman maintenant ? Qu'après avoir tout dévoilé à Ron, à la famille, à Scott et Timothy et à tous nos amis, j'aille vers elle et la considère comme ma fille parce qu'elle en a besoin ? Je ne voulais pas d'elle il y a seize ans, Harry… Je ne veux pas plus d'elle maintenant. »
Harry se figea sous cette réplique jetée avec une amertume qu'il n'avait jamais entendu auparavant dans la bouche de sa meilleure amie. Il fut surpris par le désir qu'il ressentit. Désir de lui faire du mal, vraiment, de s'avancer vers elle et de la gifler alors qu'il n'avait jamais frappé une femme… Il se retint néanmoins et articula avec lenteur, presque menaçant :
« Dis-le à Ron, aujourd'hui. Autrement, je m'en charge. Et contrairement à toi qui pourras y mettre les formes, je lui annoncerais simplement à quel point tu es différente de ce que je pensais…
- Harry…
- Tu m'as vu sans parents, tu as vu Neville sans les siens, tu as vu des centaines d'enfants seuls errer dans les rues pendant la guerre, tu as vu le nombre d'orphelins croitre que ce soit du côté sorcier ou moldu… Tu avais le choix, Hermione. Et selon moi, tu as fait le mauvais. Tu as apparemment pu te débrouiller avec ta conscience, mais ne compte pas sur moi pour t'appuyer sur ce coup là. »
Il ne lui laissa pas le temps de répliquer ou de s'expliquer et quitta le bureau, rejoignant la salle à manger où Ella décrivait simplement quelles propriétés avait chaque plante. Apparemment, il n'avait rien raté car elle venait juste de commencer. Elle releva la tête vers lui en le voyant entrer et il lui lança un sourire, qu'elle devina forcé mais qui la rassura quelque peu. Elle continua donc son cours sous le regard de Neville qui semblait avoir devant lui l'équivalant –pour un homme normal- d'une bande de femmes top-modèles nues.
« Elle, c'est la Mionaglaé… » annonça Ella en désignant une plante aux pétales noirs.
Hermione arriva derrière Harry et, percevant une bribe de son prénom dans celui de la fleur, demanda :
« Qu'est-ce qu'elle fait exactement ? »
Ella resta muette une seconde, puis déclara froidement, son regard profondément ancré dans celui de sa 'mère' :
« Elle tue. Celui qui la touche meurt lentement dans d'atroces souffrances… »
Hermione sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale alors que le sens de ces mots prenait forme dans son esprit. Le nom de la plante était semblable au sien car elle avait fait souffrir Théo comme cette plante torturait ceux qui s'en approchaient. A l'instant, elle saisissait parfaitement à quel point elle l'avait blessé, à un tel point qu'une fleur portait désormais son nom. Une fleur tueuse qui –comme elle- meurtrissait ses victimes… Sa victime. Elle baissa les yeux vers le sol, écoutant d'une oreille distraite les autres explications à propos des autres plantes de Théo, réalisant que la plupart avaient des noms assez symboliques, prouvant que sa vie en Angleterre avait encore une grande place dans son esprit. Les autres aussi le remarquèrent, Neville finissant par plaisanter :
« Il n'y en aurait pas une qui porte mon nom ?!
- Non, pas que je sache, marmonna Ella en réfléchissant à un possible lien entre le professeur de Botanique et l'une des fleurs, avant de se tourner vers l'une aux pétales rouges. Hum, elle c'est la Vermelha. »
Hermione sentit ses muscles se crisper à l'évocation de ce seul nom. Vermelha… comme la Baia Vermelha du Brésil, là où les Elfes des Montagnes étaient cachés depuis des millénaires, là où ils avaient passé leurs quatre mois de relation extraconjugale, là où Ella avait été conçue aussi. Elle se sentit mal à l'aise et s'efforça de conserver un ton normal en prononçant ces mots :
« Et elle… Qu'a-t-elle de particulier ?
- La sève de la Vermelha est un puissant philtre l'amour.
- Vermelha ? répéta le professeur McGonagall avec un froncement de sourcils en réalisant que ce nom lui rappelait quelque chose. Ce n'est pas le nom de la baie où vivent les Elfes des Montagnes, où Théo est allé avec… Hermione, si je me souviens bien ? »
Hermione sentit le regard de Ron sur elle mais fit tout pour éviter de le croiser, réfléchissant à vive allure à une réponse à donner. Oui, c'était bien ça, et le sens de ce nom n'aurait échappé à personne si tous s'en souvenaient. Pourtant, Ella répondit à sa place d'une voix nette, sans flancher une seule fois alors qu'elle sentait que son cœur aurait pu cesser de battre :
« Les Elfes des Montagnes ne croient pas en l'amour et aux valeurs prônées par les sociétés telle que la nôtre, comme le mariage. Et ils pensent que seul l'amour physique a de la valeur. La passion de l'instant. Par exemple, chez eux, le libertinage est toléré… Enfin, je crois que mon père a choisi ce nom par pure ironie. »
Hermione réalisa qu'Ella en savait un peu trop et –remarquant le regard de la femme- l'adolescente expliqua :
« J'y suis déjà allée plusieurs fois. Quand mon père travaillait sur la Vermelha justement, et qu'il avait besoin de l'aide des Elfes pour rechercher un fruit de chez eux qui a des vertus aphrodisiaques. Et j'y suis retournée il y a deux ans pour des vacances. Mon père s'entendait bien avec eux alors…
- Pas assez pour qu'ils nous aident durant la guerre pourtant ! répliqua Ron avec un rictus froissé, comme s'il en voulait encore aux Elfes d'avoir refusé de choisir un côté ou l'autre de la guerre.
- Ils ne se mêlent pas aux sorciers généralement ou aux guerres quelles qu'elles soient. Ils ont leurs raisons… »
Le ton d'Ella ne laissait aucune possibilité de répondre, à moins que l'un d'eux désire se faire arracher la tête. Elle avait appris à apprécier les Elfes depuis longtemps, avec leurs étranges coutumes que les sorciers ne comprenaient pas… Pourtant, elle s'était toujours dit que le monde aurait dû suivre les règles imposées par les Elfes, il s'en serait ainsi beaucoup mieux porté. La guerre n'existait pas parmi ce clan, seul l'amour comptait. Trahison et tromperies n'avaient aucun sens puisque jamais personne ne promettait quoi que ce soit. Ils ne connaissaient que le côté positif de la vie et seule la mort pouvait les tirer de leur rêve éveillé.
« Et celle là, qu'est-ce que c'est ? » demanda Neville en désignant la dernière plante présente en bout de table, celle sur laquelle tous les regards étaient plus ou moins rivés depuis le début de cette présentation.
Ella hésita quelques secondes, se remémorant avec une précision détonante les paroles de son père lorsqu'il lui avait dévoilé l'Ellarosa. Malgré le fait qu'elle ne connaisse réellement les membres de l'Ordre que depuis une petite demi-heure, elle leur faisait confiance. Après tout, ils avaient été amis avec son père, ils avaient combattu ensemble Lord Voldemort, ils symbolisaient à eux seuls l'amitié et l'espoir. Pourtant, elle redoutait de leur accorder une telle connaissance des travaux de son père, de les confier entre leurs mains… Elle avait toujours été certaine que jamais elle ne dévoilerait les secrets de son père à des personnes mal attentionnées. Mais, comment pouvait-elle être certaine que ces gens réaliseraient à quel point il était important de se taire ?
Harry s'approcha d'elle et posa sa main sur son épaule, la sortant de son moment de doute pour la rassurer comme lui seul savait si bien le faire.
« Nous comprenons parfaitement ce que cela implique. Nous avons tous gardé des secrets pendant la guerre… Et même sous la torture, les gens que tu vois ici n'ont jamais cédé. Tu peux nous faire confiance… »
Ella acquiesça mécaniquement avant de soupirer :
« C'est l'Ellarosa. Elle est entièrement faite d'Or… De l'Or qui se régénère dans la sève, comme s'il était vivant.
- De l'Or ? répéta bêtement Neville, exactement comme elle l'avait fait quelques semaines plus tôt. De l'or… le métal ? De l'or, comme celui avec lequel on fabrique les gallions ?!
- Oui, cet or là, approuva Ella, un rire au bord des lèvres.
- Quelqu'un en a déjà entendu parler ?
- Non, c'était censé rester… secret. »
Neville s'approcha plus encore de la plante et tendit les doigts vers elle, demandant d'un regard à Ella s'il pouvait la toucher. L'adolescente acquiesça et il le fit avec un sourire béat qui fit rire son épouse, laquelle semblait être la seule à ne pas être étonnée par cette trouvaille. Ella n'en fut pas choquée, sachant que Luna était la personne croyant le plus en toutes sortes de choses impossibles. Une fleur faite d'Or devait lui paraitre d'une banalité effarante comparée à tout ce qu'elle pouvait imaginer. Neville, lui, continuait à observer l'Ellarosa avec une lueur de fascination dans les yeux.
« C'est incroyable ! Tout simplement extraordinaire ! Ton père est un géni…
- Oui, il le sait, railla Ella avec un sourire canaille qui fit rire Harry, lequel n'avait vu ce genre de sourire que sur les traits de quelques Serpentards dont Théo. L'Ellarosa est la dernière plante qu'il ait créée, il y a quelques semaines. Il me l'a offerte le… »
Elle hésita quelques secondes, réalisant que sa date de naissance serait une chose à ne pas prononcer et continua en se rattrapant :
« Pour mon anniversaire. Donc, il y a peu de temps. Et étant donné qu'elle est la seule depuis des années qu'il n'ait pas tentée de vendre…
- C'est sûrement cette plante qui intéresse ceux qui l'ont enlevé, conclut Severus avec un rictus menaçant prouvant parfaitement qu'il tuerait ces personnes lui-même à mains nues s'il le pouvait. Enfin, je présume qu'une fleur permettant à son possesseur de devenir richissime sans jamais avoir à travailler… L'idée doit charmer plus d'un sorcier !
- Mais si Théo n'a jamais parlé de l'Ellarosa à qui que ce soit… commença Neville.
- Il faudrait que quelqu'un se soit amusé à l'espionner, acheva Ron en grimaçant.
- Reste à savoir : qui !? »
Ils se tournèrent tous vers Ella qui se sentit une fois encore impuissante face à cette question, celle à laquelle elle ne trouvait pas de réponse. D'ailleurs, elle était venue rejoindre les membres de l'Ordre dans le seul but d'y répondre et elle espérait qu'ils puissent le faire rapidement. Elle aussi donc les épaules pour seule réponse, dévoilant parfaitement son incapacité à répondre.
« Très bien, acquiesça Harry, une lueur étincelante animant brutalement son regard émeraude : Alors, nous allons plancher sur le sujet ! Après tout… Nous avons vécu pire pendant la guerre. Ce n'est pas une bande de fana de botanique qui sera capable de faire peur aux membres de l'Ordre de Phoenix tout de même ! »
Il adressa un clin d'œil complice à Ella qui retrouva son sourire. Oui, une armée même de botanistes ne pouvait rien contre Harry Potter. Il avait survécu à bien pire que ça et Ella ne douta pas une seule seconde alors qu'il commençait à travailler –posant mille questions à Neville- qu'ils arriveraient à s'en sortir.
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Ce ne fut que lorsque Luna commença à voir des petites bestioles voleter autour de l'aura du professeur Rogue qu'Harry accepta de cesser toute activité cérébrale. Rendre ses amis fous n'avait jamais été son but et alors qu'il s'en approchait, il s'efforça à rebrousser chemin. Ella enroulait mécaniquement une mèche brune autour de son majeur, le regard dans le vague, épuisée malgré le fait qu'elle ait passé sa journée assise sur un fauteuil extrêmement confortable. Elle ne put retenir un bâillement sonore et Harry posa brutalement le petit carnet dans lequel il avait noté quelques détails fournis par Neville au sujet des groupes botanistes dont Ella et lui connaissaient l'existence.
« On a fini pour aujourd'hui.
- Et Merlin même t'en remercie ! ronchonna Ron en passant ses mains contre son visage et malaxant sa peau comme s'il craignait d'avoir passé trop de temps s'en bouger et de s'être transformé en pierre. Que fait-on de beau maintenant ? On va voir tous ces botanistes et leur botter les fesses en leur demandant où est Théo ?
- Ce serait stupide, coupa Hermione en levant les yeux au ciel.
- Après dix heures, l'arrière-train collé à une chaise, je peux tout de même me permettre d'être stupide ! répliqua Ron avec un sourire, gamin et aussi prompt à agacer sa meilleure amie que vingt années plus tôt.
- On réfléchira à tout ça plus tard, annonça Harry afin de cesser les petites joutes verbales qui –il le savait- pourraient se prolonger tard dans la nuit sans son intervention rapide et efficace. C'est simple, on y travaille… Neville se renseigne auprès de ses contacts, le plus discrètement possible ! Quant à moi, je vais aller rendre une petite visite aux Aurors du Ministère que je connais afin d'avoir un peu de soutiens au cas où cette histoire tournerait mal…
- Comment ça ? »
La voix d'Ella le tira de son petit discours habituel de meneur et il se tourna vers elle, réalisant que cette dernière phrase avait angoissé la jeune fille. Il s'empressa de se corriger avant de s'attirer les foudres de son épouse ou le regard moralisateur du professeur McGonagall qui appréciait encore –malgré son âge- de le fustiger lorsqu'il parlait avant de réfléchir.
« Si ça tournerait mal dans le sens : s'il y a des blessés, que ce soit de notre côté ou du leur ! Ne t'inquiète pas, Ella. Si ces hommes veulent obtenir quelque chose de ton père, ils ne lui feront pas de mal ! Il faut qu'il soit en forme pour créer ses plantes, n'est ce pas ? De plus, si il est aussi doué en Occlumencie qu'il l'était il y a seize ans, je ne doute pas une seule seconde qu'il sera prêt à combattre toute attaque mentale ce qui empêchera ces gens ne lui soutirer des informations…
- Sauf si… »
Cette fois, ce fut le ton qu'employa brusquement le professeur Rogue qui alarma Ella, laquelle pencha son visage vers lui avec une telle précipitation qu'elle manqua presque de se dévisser la tête. L'homme réalisa que tous demeureraient désormais accrochés à ses lèvres tant qu'il n'aurait pas conclue sa phrase et s'empressa donc de le faire :
« Je présume que si ton père tient à ses plantes autant que tu le dis… La seule autre chose sans laquelle il ne puisse imaginer vivre, c'est toi. Je veux dire, tu es sa fille unique, tu es de toute évidence sa plus fervente admiratrice et tu as pris le risque de revenir ici malgré tout ce que cela implique… »
Son regard noir passa imperceptiblement sur Hermione, mouvement que seule Ella parut remarquer. Alors elle fut persuadée qu'il savait. Pourtant, elle ne cilla pas et se contenta d'écouter ce qu'il avait à dire.
« En clair, si ces gens –quels qu'ils soient- veulent obtenir quelque chose de ton père, c'est à toi qu'ils devront s'en prendre pour le faire flancher.
- Lorsqu'ils l'ont enlevés, ils ne se sont qu'à peine intéressés à moi, fit remarquer Ella avec une grimace. Ils se sont contentés de me désarmer et…
- Garder le motif de chantage pour plus tard, énonça Harry d'une voix blanche.
- Quoi ?
- Pendant la guerre, lorsque nous enlevions des gens, nous prenions bien soin de garder ce qui pourrait être un élément déclencheur pour la fin… Nous commencions par leur faire subir quelques tortures physiques, puis nous fouillions leurs esprits à la recherche de la chose à laquelle ils tenaient le plus…
- Et nous éliminions finalement cette chose, conclut Severus avec un ricanement caustique. Ella doit être mise en sécurité. »
Harry hocha la tête en gardant le silence et tous purent voir qu'il réfléchissait. Il leva finalement les yeux et poignarda presque Minerva McGonagall de son regard.
« Je sais qu'elle devra passer des tests, mais nous parlions de Poudlard pas plus tard que ce matin…
- Harry, tu sais parfaitement que désormais, Poudlard n'est plus le lieu le plus protégé qui existe. Les forces du mal ont mille fois fait céder les barrages magiques entourant le château durant la guerre. Les sortilèges le protégeant désormais ne sont que rudimentaires.
- En effet, mais de nombreux membres de l'Ordre y vivent. Vous, Severus, Charlie, Neville… Et moi. Combien de lieux au monde peuvent se vanter de constituer un repaire d'anciens gagnants ? » railla-t-il finalement avec un sourire en coin légèrement arrogant qui fit comprendre à Ella pourquoi le choixpeau avait failli l'envoyer à Serpentard.
Ella n'eut même pas besoin de voir le professeur McGonagall acquiescer qu'elle sut qu'Harry avait gagné. Il esquissa un sourire de vainqueur et l'adolescente prit conscience de la force qui se dégageait de cet homme, une force impressionnante qui renforçait le respect et ne semblait avoir de limites… Même Minerva McGonagall qui pourtant était aussi forte et sage que les plus puissants des mages ne pensait apparemment à lui souligner les défauts que comportait l'hébergement d'Ella à Poudlard. Sans nul doute parce qu'il suivait son instinct sans défaut et que tous avaient appris avec le temps à s'y fier également. Ella se promit de faire de même et d'obéir à Harry pour toujours. Elle se coupa mentalement à cette pensée et se rattrapa : Pour l'instant…
Ce ne fut que lorsque tous commencèrent à se lever, s'étirant les uns après les autres qu'elle réalisa que la discussion était close –sans qu'elle-même n'en ait été informée comme si les membres de cette petite communauté avait leur propre signal qu'elle ne pouvait apercevoir. Puis, chassant ses interrogations de son esprit, elle en accepta de nouvelles, plus angoissantes et surtout non résolubles. Elle ne pourrait s'en débarrasser facilement, elle le savait d'avance alors qu'Hermione se levait à son tour, évitant toujours avec un soin tout particulier de poser son regard sur elle. A chaque fois qu'elle avait parlé, elle ne s'était directement adressée à Ella, comme si l'ignorer demeurait la seule solution à ses problèmes. L'adolescente s'inquiéta quant à la poursuite des événements. Hermione allait-elle passer tout son séjour à ne pas la regarder comme si elle n'existait pas ?
Ginny caressa doucement son épaule et Ella prit conscience des regards posés sur elle, comprenant qu'apparemment, quelqu'un s'adressait à elle mais que –perdue dans ses pensées- elle ne s'en était pas rendue compte auparavant. Minerva McGonagall lui lança un sourire compatissant teinté d'amusement moqueur et répéta sa question :
« Souhaites-tu passer les quelques tests permettant d'évaluer ton niveau dès ce soir ou préfères-tu attendre demain après une bonne nuit de repos ?
- Je ne suis pas plus fatiguée que ça, précisa Ella après une courte hésitation. Mais je meurs littéralement de faim !
- Très bien, alors va donc grignoter un morceau. Pendant ce temps là, je vais aller chercher ce dont nous aurons besoin… »
Minerva McGonagall ne lui laissa pas le temps de répondre et quitta les lieux sous le regard surpris d'Ella qui ne comprit pas un tel empressement et Harry eut un petit rire avant de donner une réponse à son interrogation silencieuse :
« Elle est impatiente de découvrir si tu as hérité de l'intelligence de ton père. Peu de jeunes sorciers sont éduqués uniquement par leurs parents en n'ayant pas accès à un savoir enseigné par des professeurs plus qualifiés… Elle se demande quels résultats cela donnera. »
Ella eut l'impression d'être un cobaye, mais n'osa pas formuler cette remarque à haute voix, s'obligeant à mordre sa lèvre pour s'empêcher d'émettre le moindre son. Neville s'approcha soudainement d'elle –si vite qu'il parut avoir transplané d'un bout à l'autre de la salle à manger- et elle se douta qu'il s'apprêtait à lui demander un service en voyant son sourire gêné.
« Je me disais qu'à Poudlard… Enfin… pour les plantes de ton père… Ce serait mieux… enfin… non ? »
Ella plissa le front avec un air dépité signifiant qu'elle n'avait absolument rien compris à ce que venait de dire son potentiel futur enseignant de botanique et échangea avec Harry un regard plein de questions.
« Je crois, commença Luna avec un sourire entendu comme si elle savait parler le « baragouinage Londubat », que mon mari te demande la permission de conserver les fleurs de ton père dans sa serre privée à Poudlard afin de les étudier, surtout si tu t'y trouves aussi car comme ça tu pourras t'en occuper et surveiller ce qu'il fera. C'est bien ça, Neville ? »
Le concerné acquiesça virulemment et Ella s'inquiéta en réalisant qu'il ne respirait plus d'impatience à l'attente d'une réponse. Elle se devait de rapidement d'en trouver une car le visage de Neville prenait une tête rosée soutenu, signe qu'il ne manquerait pas de s'étouffer. Elle acquiesça finalement.
« Oui, tant que vous n'y touchez pas tant que je ne suis pas là… D'accord. »
Neville se remit brusquement à respirer et sa peau redevint blanche. Ron lui donna une violente tape dans le dos en s'exclamant :
« Il n'y a vraiment que les plantes pour mettre notre pauvre Neville dans un tel état de panique ! On aurait pu croire un instant que la destinée toute entière de notre monde dépendait de cette réponse ! »
Il était moqueur, mais personne ne se permit de rire –du moins, pas visiblement bien qu'un coin de la bouche d'Harry tressaillit légèrement. Ella ne prêta pas attention aux boutades que commencèrent à s'envoyer les trois amis, soutenus par leurs femmes –qui ne se rangeaient pas toujours du bon côté. Seuls Hermione –postée dans un coin de la pièce- et Severus Rogue restèrent silencieux. L'adolescente ne fut pas surprise de voir que l'enseignant de potions ne la quittait pas des yeux –chose qui lui semblait impossible à faire depuis qu'il l'avait vue pour la première fois. Il paraissait se poser mille questions et Ella aurait tout fait pour y répondre afin de ne plus se sentir épiée. Le Maître des Potions lui adressa un petit sourire avant de couper court aux discussions :
« Je rentre à Poudlard. Nous nous verrons demain, Miss Nott. Je suis impatient de découvrir si vous êtes aussi habile en potion que l'était votre père à l'époque où il était mon élève…
- Et moi, je suis impatiente de savoir s'il a eu raison de vanter vos mérites avec tant de passion pendant chaque leçon de potion qu'il m'a dispensée. » sourit Ella, remarquant que le professeur Rogue fut touché par cette nouvelle, comme fier que Théo ait parlé de lui en des termes apparemment élogieux.
Severus posa maladroitement sa main sur l'épaule d'Ella qu'il tapota plusieurs fois avant de se détourner, s'éloignant vers le salon en balançant quelques 'au revoir'. Une fois qu'il eut disparu, Ron éclata de rire, Harry se contentant tant bien que mal.
« Je rêve ou il avait les larmes aux yeux ? » s'extasia finalement Ginny comme s'il s'agissait là de l'information la plus démente de la journée.
Ella eut l'impression de découvrir les personnes dont parlait Théo tout le temps… au même âge ! Alors qu'ils auraient dû être plus matures en toute logique. Apparemment, ils ne l'étaient pas. Elle aurait presque pu en être désespérée, mais fut au contraire amusée par cette révélation : les adultes pouvaient être un peu jeunes d'esprit. Elle ne put guère s'attarder sur cette information qu'une bouille rousse apparut dans la salle à manger. Timothy. Il s'approcha de sa mère et tendit les bras vers elle avec une moue craquante à faire fondre un iceberg.
« Maman, j'suis fatigué… »
Il étira la dernière syllabe en un bâillement sonore alors qu'Hermione le laissait se coller à elle, ses petits bras entourant sa taille alors qu'il semblait boudeur. Hermione passa soigneusement ses doigts dans les épis du garçonnet qui semblait se complaire au rôle de petit garçon qu'il lui faudrait pourtant très vite quitter. Hermione perçut le regard d'Ella et s'interrompit dans son mouvement, presque honteuse d'oser se montrer aussi maternelle devant elle. L'adolescente se détourna pour ne pas voir ce qui lui semblait si douloureux à accepter. Nombre de femmes n'étaient pas habiles à materner, nombre de femmes ne souhaitaient avoir d'enfants et n'étaient pas douées ensuite lorsqu'il s'agissait de les éduquer. Ella avait toujours pensé que sa mère faisait partie de ces femmes. Mais ce n'était pas le cas. Elle n'avait simplement pas désiré utiliser ses compétences sur son premier enfant.
Ella croisa le regard d'Harry, qui l'observait sans doute depuis déjà quelques minutes et il lui fit un signe de la tête avant de murmurer :
« Je croyais que tu avais faim ? »
Elle acquiesça vigoureusement et il se tourna vers les autres.
« La réunion est finie alors…
- Tu nous mets à la porte ?! s'écria Ron en portant sa main à son cœur comme si cet affront pouvait le tuer.
- Oui, acquiesça Harry sans états d'âmes. Ella doit passer cet examen et il n'est pas question que nous trainions dans ses pattes lorsque ça se produira. Et puis, on se reverra la semaine prochaine, même jour, même endroit, même heure. Ron, explique à Fred et George que s'ils ne viennent pas, je n'hésiterais pas à mettre le feu à toutes leurs boutiques…
- Eh ! C'est aussi mon gagne-pain je te rappelle !
- C'est pour ça que je te demande ça à toi, pour que tu comprennes à quel point l'enjeu est important. Neville, renseigne-toi... Luna… euh… soit Luna. Et Hermione, tu sais ce que tu as à faire ! »
Ella baissa la tête en comprenant que ce qu'Hermione avait à faire la concernait sûrement de très près. Trop près. Elle aurait bien voulu disparaitre pendant quelques jours, histoire de ne pas avoir à supporter les états d'âmes des autres une fois qu'ils sauraient tous qui elle était. Mais s'évanouir dans la nature ne pouvait être un projet envisageable. Elle se devrait donc d'affronter les regards… Malheureusement.
Le regard de Ron oscilla entre Harry et Hermione, mais cette dernière lui accorda un mince sourire rassurant qui lui fit comprendre qu'elle lui raconterait tout une fois seule avec lui. Neville et Luna saluèrent rapidement leurs amis avant de sourire à Ella puis de quitter la maison par réseau de cheminée. Ron alla chercher Scott à l'étage et lui et Winifred débarquèrent au salon en discutant. Ella n'avait pas besoin d'être un géni pour analyser les liens apparemment indéfectibles entre ces deux là –et sûrement avec Timothy également. Nombre de fois, Théo lui avait expliqué comment vivaient les Weasley, cette quasi-tribu pour qui la famille importait beaucoup plus que tout le reste. Il semblait qu'encore aujourd'hui, les relations entre ces cousins étaient très importantes. Cela lui fit craindre le pire pour la suite…
« Salut, Ella ! Ravi d'avoir fait ta connaissance ! » lança simplement Scott en tendant une main qu'elle s'empressa de serrer avec un air cérémonieux quelque peu moqueur.
Timothy employa une façon de lui dire au revoir bien différente. Il s'approcha et passa ses bras autour d'elle pour une rapide étreinte. Il lui arrivait à peine à la poitrine tant il était petit et ce fut d'un geste mécanique qu'elle passa sa main dans ses cheveux en une caresse. Il releva la tête vers elle sans la lâcher et lui adressa un immense sourire qui lui donna envie de le garder contre elle pour toujours.
« Au revoir, Ella ! »
Il s'éloigna brusquement pour retourner dans les bras de sa mère qui avait observé la scène avec un air flegmatique qu'Ella eut du mal à percer. Pourtant, avoir vécu avec un Serpentard lui avait appris beaucoup de choses : c'était lorsque les hommes s'employaient à dissimuler leurs sentiments derrière les barrières de leurs traits qu'ils éprouvaient le plus de choses. Si c'était bien le cas, Hermione Granger devait se sentir consumée par ses émotions. Elle croisa les regards froids d'Harry et de Ginny et empoigna le bras de son ex-mari.
« Tu nous raccompagnes ? Il faudrait qu'on parle… »
Ron acquiesça simplement avant de dire au revoir aux autres. La petite famille se dirigea ensuite vers la cheminée d'où ils disparurent un à un. Ella les observa s'en aller avec un nœud à l'estomac, aussi angoissée que la nuit précédente… Cette rencontre ne changeait rien à sa vie, ou du moins, il ne lui semblait pas possible qu'elle ait rencontré sa mère et que rien d'important ne se soit passé.
Comme vidée de toutes ses forces, elle alla s'asseoir sur le canapé et ramena ses genoux contre sa poitrine sous le regard des trois Potter. Elle aurait tant souhaité hurler, balancer tous ses discours dont elle avait rêvé durant son enfance à la face de cette femme qui n'avait rien de celle que décrivait son père avec tant d'amour. Mais non, elle était restée figée, demeurant une pauvre gamine effrayée à l'idée de faire du mal à celle qui –finalement- lui avait peut-être permis d'avoir une meilleure enfance… Après tout, elle savait qu'il valait mieux vivre avec un seul parent qui l'aimait qu'avec un des deux qui l'ignorait. Pourtant, elle aurait voulu lui faire comprendre avec ses mots à elle ce qu'elle avait vécue et combien l'ignorance pouvait faire souffrir, combien ces questions qui la rongeaient depuis toujours l'hantait encore malgré son âge. Mais rien. Elle avait joué le jeu, sans doute pour lui faire plaisir, pour qu'elle lui en soit redevable.
« Ella, ça va ? » demanda Winifred d'une voix quasi-maternelle qui prouva à Ella que les femmes Weasley étaient complètement différentes des autres.
Elle se contenta d'acquiescer, chassa ses lugubres pensées qui –elle le sentait- reviendraient trop vite à la charge, et lança d'un ton qui se voulait enjoué :
« Je croyais qu'on devait manger ?! »
.
***
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En lisant la première question du test, Ella tenta de ne pas éclater de rire pour ne pas vexer le professeur McGonagall qui l'observait. Elle avait appris à fabriquer la potion d'Aiguise-méninges à huit ans grâce à Irian, un des Elfes de montagnes au savoir encore plus grand que les mages sorciers qui enseignait la magie aux enfants. Son père était alors trop occupé à discuter plantes pour lui donner des cours et les Elfes s'étaient appliqués à lui apprendre des tas de choses qu'elle n'avait pas l'âge de savoir.
En recouvrant son sérieux, elle répondit aux questions de Potions sans avoir besoin d'y réfléchir ou presque, se lançant ensuite dans la Botanique sans soucis, dans la Métamorphose et dans les Sortilèges avec parfois quelques vagues d'hésitations qu'elle faisait disparaitre en un clin d'œil en se remémorant de vieilles leçons… Puis elle découvrit les questions de Défenses Contre les Forces du Mal et toutes ses certitudes s'évanouirent. C'était une matière à laquelle son père n'avait accordée qu'une dizaine d'heures dans toute sa vie. Ella possédait donc le minimum de culture requise… Minimum qui ne lui permit de répondre d'une manière assez vague qu'à cinq questions sur vingt.
Elle tenta de ne pas se laisser démonter et saisit le parchemin exposant les questions d'Astronomie. Le nom même du cours ne lui rappelait qu'une seule chose : « L'Astronomie est une matière faite pour ceux qui passent trop de temps à observer le ciel au lieu de se préoccuper des mille problèmes qu'ont les hommes sur Terre. Ne dirige ton regard vers les cieux que lorsque tu auras résolu toutes les guerres, pansé toutes les plaies, réparé tous les cœurs. ». Son père lui avait énoncé cette phrase lorsqu'elle avait six ans. Elle s'était alors promis de faire exactement comme il le lui disait et avait cessé de s'intéresser à la moindre étoile. Elle s'efforça de lire les questions. Ne répondit à aucune d'entre elles.
Finalement, elle s'empara du dernier parchemin concernant l'Histoire de la Magie et lut rapidement les questions avant de lever les yeux.
« Professeur…
- Vous avez déjà fini ?! s'exclama Minerva McGonagall avec un immense sourire.
- Pas vraiment, non… Mais… Est-ce normal que les questions d'Histoire de la Magie ne concernent que la guerre contre Lord Voldemort ? Il y a eu des tas d'autres guerres auparavant et des milliers d'autres histoires parfois beaucoup plus intéressantes que celle-ci, se permit-elle de préciser.
- En effet, mais c'est la plus grande partie du programme depuis la fin de la guerre… Le ministère pense qu'il faut montrer à quel point elle a été importante. Et depuis que le professeur Binns a enfin pris sa retraite, le nouvel enseignant suit les méthodes du ministère. Est-ce un problème ? »
Ella hésita un seconde avant de secouer la tête, se penchant à nouveau sur son parchemin en marmonnant inconsciemment :
« Ce que les sorciers sont stupides ! »
Elle ne put remarquer le sourire de l'enseignante, trop préoccupée par les questions. Elle avait lu nombre de livres sur ce que les sorciers appelaient « La Grande Guerre », mais les questions semblaient toutes être posées de façon à décrire à quel point les membres de l'Ordre étaient des Dieux et les Mangemorts des monstres de la pire espèce. Il y avait bien une part de vérité derrière ces mots… Mais une part qu'Ella considérait comme minime. Elle se força à ne jamais le montrer dans ses réponses et tendit les parchemins au professeur McGonagall qui lui en tendit de nouveaux.
« Ceux-ci concernent les matières optionnelles. Choisissez en deux et répondez aux questions. »
Ella acquiesça en jetant un coup d'œil à chaque document : Soins aux Créatures Magiques ? Étude des Runes ? Études des Moldus ? Divination ? Arithmancie ? Ella poussa un soupir résigné. Elle allait se retrouver avec des mioches de première année, elle en était désormais persuadée. Elle répondit aux questions de Soins aux Créatures Magiques après une courte hésitation. Elle n'aimait guère les bestioles –magiques ou non- mais les questions étaient faciles et elle se débrouilla plutôt bien. Elle savait que dans la pratique, elle trouverait ça beaucoup moins simple. Puis elle choisit l'Arithmancie avec une moue dévoilant à quel point ce sujet ne l'emballait pas. Mais elle avait lu quelques livres sur le sujet et savait qu'elle pourrait s'en sortir –au moins un peu.
Il était près de vingt-et-une heure lorsqu'elle eut fini. Le professeur McGonagall avait déjà corrigé une bonne partie des devoirs à l'aide d'un Sortilège de Correction et Ella attendit patiemment le verdict. Au bout d'une heure environ, Minerva grimaça.
« Optimal en Potions et en Botanique –ce qui ne m'étonne guère, Efforts Exceptionnels en Métamorphose –vous avez frôlé le O !- et en Sortilèges… Puis, un Acceptable en Histoire de la Magie… (Elle s'interrompit et leva les yeux de son parchemin pour préciser : ) Dans les faits, vous avez parfaitement raison. Mais vous donnez un peu trop votre avis et certains professeurs n'hésiteraient pas à dire de vos réponses qu'elles sont subversives. Le Professeur McLaggen, l'enseignant d'Histoire de la Magie actuelle vous aurez mis un T dès la première question. En Défense Contre les Forces du Mal, vous écopez d'un Piètre. L'astronomie… la note Désolant s'est imposée d'office. En Soins aux Créatures Magiques, un Acceptable de justesse, tout comme en Arithmancie.
- Alors… En clair, qu'est ce que ça veut dire ? bredouilla Ella avec une grimace.
- En clair, vous êtes sans nul doute la seule étudiante capable de répondre à toutes les questions du Professeur Rogue qui peut pourtant se montrer particulièrement cinglant, mais vous n'avez pas le niveau d'un deuxième année en Astronomie et en Défense Contre les Forces du Mal. Enfin, je suppose que si vous êtes comme vos parents, vous rattraperez vite tous les autres… »
La peau d'Ella perdit toute couleur et elle haleta :
« Mes parents ?
- Votre père était un brillant étudiant, et cela même lorsqu'il ne fournissait pas le moindre effort ! Tant qu'à votre mère… Nous avons tous mille fois entendu parler des mérites que lui vaut son cerveau !
- Mais… comment vous…
- Hermione a longtemps été –et même si bien évidemment, je ne suis en rien le genre de professeur qui valorise ses élèves- mon étudiante préférée. Et il n'était pas complexe pour une personne prenant autant de plaisir que je le fais à détailler les expressions des gens de voir à quel point vous lui ressemblez… Enfin, physiquement et au premier abord, vous êtes davantage semblable à votre père. Mais vos mimiques sont proprement identiques à celles de votre mère. Et toute cette histoire d'enfant il y a seize ans m'avait apparue bien louche déjà à l'époque !
- Vous étiez au courant ?
- Non, j'avais des doutes, des hypothèses qui étaient parfois complètement folles… Mais dès que je vous ai vue, tout s'est éclairé. »
Ella mordilla sa lèvre inférieure et murmura :
« Je crois aussi que le professeur Rogue est au courant également.
- Cela ne m'étonnerait pas. Severus a toujours été habile à cerner les gens.
- Mais… Pourquoi Mr Weasley, enfin… Ronald Weasley et les Londubat n'ont-ils rien vu eux ?
- Parce que nous fermons souvent les yeux lorsque nous ne voulons pas voir certaines choses. » répondit-elle simplement avec un sourire mystérieux.
Ella poussa un soupir de découragement, pressentant que lorsqu'ils devraient rouvrir les yeux, les amis d'Hermione ne seraient pas forcément ses plus grands fans. Elle craignait particulièrement la réaction de Ron qui avait subi la perte factice d'un enfant, mais dont la douleur avait alors été bien réelle. Minerva reprit la discussion sur Poudlard en voyant l'adolescente frémir, comprenant qu'elle était plus effrayée qu'elle n'aurait dû l'être des réactions probables de gens qu'elle ne connaissait qu'à peine.
« Je pense qu'il serait plus sérieux de vous faire entrer en quatrième ou cinquième année qu'en sixième –où vous devriez être d'après votre âge. Mais je ne voudrais pas que vous ayez trop de retard à rattraper, même si après tout, vous serez une élève à part entière. Vous n'aurez peut-être même pas le temps d'avoir une seule note, avec un peu de chance. Alors, c'est à vous de voir…
- Cinquième année, d'accord. Pas en quatrième où me retrouver avec des élèves de quatorze ans me paraitrait bizarre. Mais en cinquième année, ils n'auront qu'un an de moins que moi après tout…
- Très bien, cinquième année donc ! lança Minerva, rassurée de voir qu'Ella ne ferait pas de difficultés. J'ai également apporté le Choixpeau. Votre père vous en a parlé ?
- Le chapeau qui décide de la maison dans laquelle on se retrouve… Oui, il m'a expliqué le principe. »
Minerva sortit le choixpeau de son sac et se leva, s'interrogeant sur le résultat qui serait sans nul doute étonnant. Elle posa le choixpeau sur la tête de sa nouvelle élève, et le laissa réfléchir… Longuement. Elle ne voyait pas cette enfant trop timide à Serpentard, tout en devinant qu'elle y trouverait sa place. Elle semblait courageuse, mais n'avait pas le côté tête-brûlée permettant de survivre chez les Gryffondors. Elle avait bien trop de prestance pour aller à Poufsouffles. Et ne paraissait pourtant pas assez calme pour…
« Serdaigle ! »
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***
.
Ron referma la porte de la chambre de Timothy en poussant un soupir de soulagement, comme heureux d'en avoir terminé avec l'interminable séance de « Papa, un autre bisou ! » que lui réservait son petit dernier à chaque fois qu'il le berçait. Il passa devant la chambre de Scott qui était toujours installé dans son lit, un livre sur les genoux, les écouteurs de son lecteur MP3 greffé aux oreilles. Il éteignit la lumière pour signifier au garçon qu'il était l'heure de dormir avant de descendre les escaliers, sachant qu'une fois qu'il aurait le dos tourné, la lumière se rallumerait. L'autorité n'avait jamais été son point fort.
Il retrouva Hermione, assise sur l'un des fauteuils du salon, recroquevillée sur elle-même, un verre de Scotch à la main. Il ne se permit aucune réflexion sur la présence de cet alcool fort, pressentant qu'elle en avait absolument besoin pour ne pas devenir folle à cet instant précis. Il vint s'installer face à elle avec un sourire. Malgré leur divorce, ils n'avaient jamais été aussi proches et –inquiet pour elle- il ne pouvait s'empêcher d'imaginer les pires scénarios du monde. Il espérait être vite détrompé, mais le regard sombre d'Hermione lui prouvait que la conversation ne serait pas simple.
« Les enfants sont couchés ? demanda-t-elle en pointant son regard vers lui, sa voix dépourvue de toute émotion si bien qu'elle parut être celle d'un mort vivant durant un instant.
- Après treize bisous à Timothy qui ne cessait de retarder le moment d'aller au lit, et une demande à Scott qui n'est pas près de dormir… Oui, ils sont couchés, plus ou moins.
- D'accord… Je… »
Elle déposa brutalement son verre contre la table basse entre eux et inspira profondément alors que sa boule d'angoisse grossissait et grossissait encore sans se soucier de l'étouffer. Mais Hermione ne s'inquiétait pas. Elle savait parfaitement qu'une crainte –aussi puissante soit-elle- ne pouvait créer une réelle déformation physique capable de l'étouffer. Elle savait que tout ça était dans sa tête. Mais elle ne put s'empêcher de se racler la gorge pour en être sûre. Elle avait passé en boucle les milliers de possibilités qu'elle avait, les milliers de façons d'apprendre la vérité à Ron… Pourtant, même la meilleure n'empêcherait pas une réaction violente. Elle le connaissait assez bien pour savoir que ça se finirait mal. Elle ne voulait cependant pas qu'il l'apprenne par Harry, alors elle se lança avec cette crainte qui lui bloquait la respiration.
« Je… ça ne va pas être facile à dire et…
- Vas-y, Hermione. Je ne jugerais pas, ne ferais aucune réflexion… Je veux juste savoir ce qu'il t'arrive. »
Il promettait. Elle savait que contrairement à d'habitude, il ne tiendrait en aucun cas cette promesse.
« Je… Je t'ai trompé… »
Ron la dévisagea silencieusement, puis un vague sourire éclaira son visage.
« Tu sais ce que le mot « divorce » implique ? Que nous ne sommes plus ensemble, donc tu fais ce que tu veux avec qui tu veux –tant que ça n'implique pas trop nos fils, parce qu'il n'est pas question qu'un inconnu les voit plus que moi ! Et puis, soyons sérieux, ça voudrait dire que je t'ai trompé plusieurs fois ! »
Il fut étonné de ne pas voir le moindre tressaillement redresser la courbure de ses lèvres et réalisa qu'il avait faux sur toute la ligne. Il se rattrapa avec un froncement de sourcils :
« Oh… Tu m'as trompé, lorsqu'on était encore marié ?
- Oui… Au début de notre mariage. »
Il resta silencieux quelques secondes, tentant apparemment d'assimiler cette information qu'il aurait peut-être un peu de mal à digérer, mais qui n'était pas non plus aussi inquiétante que ce qu'il avait pu imaginer. Il finit par hausser les épaules.
« C'est loin tout ça, Hermione ! Ça n'a plus réellement d'importance… Et sérieusement, je ne comprends pas pourquoi tu me l'as dit ! En dehors du fait que ça va sans doute occasionner une légère gêne entre nous pendant quelques jours…
- Avec Théo, coupa-t-elle brutalement pour faire cesser ses bavardages.
- Théo ? Théodore ? »
La voix de Ron s'était raffermie à cette question et elle comprit pourquoi. Il était ami avec Théo. Pas autant qu'Harry l'était, mais ils avaient passé quelques soirées ensemble… Et deux hommes buvant et discutant en une froide soirée d'hiver en pleine guerre étaient forcément amis –ou le devenaient à force de se saouler. Il était déçu, plus qu'autre chose. Non par elle, mais par Théo. Hermione en fut presque vexée. Elle continua donc :
« Pendant notre périple au Brésil, lorsque nous sommes allé demander l'aide des Elfes des Montagnes. »
Ron se figea. Son souffle s'heurta dans sa poitrine alors que les milliers de détails que son cerveau n'avait voulu analyser plus tôt se transformaient en évidence. Il se leva d'un geste brusque et Hermione sursauta sans pouvoir contrôler le bref tremblement qui avait saisi son corps.
Ron ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sorti alors que des souvenirs lui revenaient par saccades brûlantes, souvenirs qu'il avait reculés dans un fin fond de son crâne pour oublier cette souffrance, la pire qu'il ait ressentie de son existence. Il repensa à cette nuit où il avait vu ses certitudes s'envoler, cette nuit où pour la première fois depuis le début de la guerre il avait réellement douté que tout se terminerait bien. Il avait cru devenir fou. Le visage d'Ella s'imposa à son esprit et tous ces souvenirs qu'il croyait immuables se brisèrent. Impuissant, il observa son passé dont le centre se transformait en mensonge. Car cette nuit là était aussi celle où pour la première fois, il s'était senti réellement adulte. Et alors que tout devenait flou dans son esprit, il ne savait simplement pas quoi dire.
Il était tiraillé par des sentiments contradictoires : cette colère aveuglante dont Hermione semblait être la cible, cette déception aussi… Puis il y avait cette envie de fuir immédiatement pour ne pas perdre le contrôle de ses émotions face à Hermione. Car il sentait qu'il allait bientôt pleurer. Et il n'était pas question qu'il se montre faible dans un moment pareil. Il choisit la colère.
« Dégage. »
Hermione resta figée dans une expression de pure stupeur alors que ce mot, prononcé d'un ton si hargneux qu'elle crut un instant se retrouver face à quelqu'un d'autre, se répercutait dans son crâne.
« Tu… Tu ne peux pas me demander ça… On… On doit en parler…
- Parler de quoi ? Du fait que tu m'ais menti pendant presque dix-sept ans ? Du fait que j'aille poser des fleurs sur la tombe d'un bébé qui n'est pas le mien depuis ? Du fait que j'ai pensé un nombre de fois incalculable que je pourrais laisser un mangemort me tuer juste après ça, pour oublier à quel point ça faisait mal ?!
- Ron…
- Ou mieux ! Du fait que tu m'ais trompé avec un homme génial, un ami, pour ensuite te moquer de lui ? Parce que je suppose qu'il n'était pas au courant avant de se retrouver avec cette gamine sur les bras… Théo n'aurait jamais tenu neuf mois dans le mensonge, lui. Ou encore de cette fille… Tu as d'autres enfants à travers le monde, ou c'est la seule ?!
- Ron ! Tu ne peux pas…
- Si, je peux. Là, tout de suite, je crois que je pourrais même te tuer. Par Merlin, tu… Tu es censée être… Forte et intègre. Tu es Hermione, tu… Je n'arrive pas à croire que tu ais pu mentir pendant tant que temps. Alors… Dégage.
- C'est ma maison aussi !
- Oui, mais il ne vaut mieux pas que tu sois près de moi ce soir… Et je n'ai pas non plus envie que tu sois auprès de mes enfants. Si ce sont bien les miens, évidemment… »
Elle eut l'impression de recevoir une gifle en pleine tête et comprit qu'il l'avait fait exprès. A défaut de la frapper –comme il souhaitait apparemment le faire- il utilisait les mots. Et comme elle, il savait que les mots pouvaient faire beaucoup plus mal que les coups et gardaient une place beaucoup plus importante par la suite. Elle se leva finalement, ne voulant savoir jusqu'où il pourrait aller dans les insultes. Elle tenta de s'approcher de lui, mais il recula brutalement comme pour ne surtout pas être en contact avec elle. Les larmes qu'elle tentait de retenir picotèrent ses yeux et elle se détourna, s'avançant vers la cheminée sans pouvoir cesser de trembler. Elle pénétra dans l'âtre en saisissant de la poudre de Cheminette et disparut.
Ron se laissa retomber dans son fauteuil en tentant de respirer convenablement. Un sanglot s'échappa finalement de son corps et le barrage de ses yeux laissa s'écouler des larmes. Puis il sentit une petite main sur son avant-bras et releva la tête pour faire face au regard interrogateur de Timothy qui paraissait plus triste que jamais, comme si voir son père pleurer était la chose la plus douloureuse qu'il ait eu à affronter de sa courte vie. Ron renifla en passant sa manche de t-shirt sous ses yeux, voulant conserver l'image de papa héroïque qu'il avait encore auprès du petit. Il fit grimper l'enfant sur ses genoux et le serra contre lui. Au bout de quelques minutes, il sentit les battements de son cœur qui s'apaisaient et réalisa qu'il avait plus besoin de son fils que son fils n'avait besoin de lui.
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***
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Jour 56.
Je ne peux m'empêcher de l'observer constamment, à chaque seconde qui passe dans ce lieu où le temps de semble avoir de place. Je l'observe lorsqu'elle se laisse délicieusement séduire par ces Elfes qui s'amusent à vérifier leurs techniques de drague afin d'être certains qu'elles fonctionnent. Je l'observe lorsqu'elle joue avec ces petits souriants dont la blancheur des dents est quasi-identique à celle de leur peau alors qu'ils éclatent d'un rire semblable à un chant. Je l'observe lorsque ces vieilles femmes couvertes de leurs longues tuniques multicolores jouent avec ses cheveux qui paraissent être un mystère pour celles dont la chevelure est noire et lisse. Elle s'entend avec eux comme si elle avait toujours fait partie de leur monde et développe des conversations d'une profondeur qui m'étonne, n'évoquant toujours pas le sujet de la guerre qui pourtant flotte dans l'atmosphère. Elle sent tout comme moi, que dès que nous en parlerons, toute amitié entre nous et ces êtres cessera sans nul doute.
Masra Stratós, le chef des armées de protection, ne cesse de tenter d'entamer une discussion avec moi, son regard s'aventurant inlassablement sur Hermione comme pour me signifier que tous ont compris. Compris qu'elle et moi ne nous adressions plus la parole dans la crainte de dépasser ces limites, limites qui pour eux n'ont aucun sens. Il me l'a dit calmement, ses lèvres d'une couleur violette soutenue se fendant d'un large sourire.
« Son mariage n'a aucune valeur ici, elle est libre. Et toi aussi. Il suffirait que tu oublies ces attaches qui lient ton esprit et que tu le laisses aller. »
Je n'ai rien répondu. Contrairement à eux qui pensent que le désir est plus fort que tout, je crois qu'il y a plus… Je ne suis pas ce genre d'homme, de ceux qui brisent les mariages et volent les femmes d'amis. Pourtant, je continu à scruter Hermione comme si je pouvais me rassasier et apaiser cette envie qui brûle mes reins juste en la regardant. Je me fourvoie moi-même.
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Jour 59.
La Reine nous a permis de passer une nuit dans une vraie chambre qu'elle avait fait préparer pour nous, au lieu de la tente habituelle. Un vrai bain, un vrai lit, de vrais draps… Le paradis pour nous qui ne dormons que sur les minces matelas de cette tente humide depuis deux mois. Et l'eau bouillante –comparée à celle glacée de la baie- nous a fait du bien à tous les deux. Il n'y avait qu'un seul lit –le plus grand lit que j'ai vu de mon existence, certes, mais un seul lit quand même. Hermione a refusé que je dorme au sol lorsque je l'ai proposé, et nous avons donc passé la nuit côte à côte. Je n'ai pas pu me résoudre à fermer les yeux. Et elle non plus de toute évidence. Masra Stratós m'a adressé un clin d'œil au matin alors que nous partagions un petit déjeuner étrange composé de fruits qui m'étaient inconnus. Je crois qu'il s'est imaginé certaines choses… Hélas fausses.
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Jour 62.
En sortant de la salle de bain hier soir, Hermione tortillait nerveusement son alliance. Lorsqu'elle est venue s'allonger auprès de moi, elle l'a retirée et posée sur la table de nuit sans me regarder dans les yeux. Elle s'est penchée vers moi et j'ai cessé de respirer, mon cœur oubliant de battre. Je n'avais jamais vu tant de doutes au fond de ses pupilles et c'est avec une voix cassée qu'elle a murmuré :
« Embrasse-moi encore. Je… Je veux que tu m'embrasses. »
J'ai obéis, poussé par une force beaucoup plus puissante que ma conscience et toutes les raisons du monde qui m'auraient empêché d'accéder à sa demande. Dans son baiser, toutes les questions qu'elle se posait se ressentaient plus que le plaisir qu'elle prenait à cette étreinte. Elle s'est détachée de moi au bout d'une minute et a paru jauger la situation. J'ai attendu patiemment qu'elle se décide à se rallonger et dormir ou à prolonger cet instant. Elle a passé sa main sur ma joue et est revenue tout contre moi.
Ce matin, Masra Stratós avait toutes les raisons du monde de m'accorder son clin d'œil. Hermione ne m'a pas regardé, m'ignorant à nouveau.
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***
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Harry observait le feu brulant dans la cheminée de son bureau, obnubilé par les flammes qui semblaient réchauffer même l'intérieur de son corps. Il passa sa main dans ses cheveux sombres, fermant les yeux quelques secondes comme pour oublier ces pensées qui lui infligeaient une torture à laquelle il ne pouvait échapper. Il attendait. Un signe, n'importe lequel, de la part de l'un de ses deux amis. Il aurait presque souhaité être présent lors de la confrontation opposant sans doute actuellement Ron à Hermione, juste pour ne pas avoir à attendre de nouvelles.
Il se leva d'un bond en entendant des bruits dans le salon et le rejoignit en courant presque, se retrouvant face à Remus Lupin qui venait de sortir de la cheminée.
« Remus ?! Qu'est ce que tu fais ici ?!
- Et bien en voilà un accueil ! Je rentre plus tôt de mon voyage chez mon fils et tout ce que tu trouves à me demander c'est ce que je fais ici ? Minerva m'a prévenu que cette nouvelle mission de l'Ordre ne pouvait être ignorée. Alors, j'ai décidé de revenir de France avant Dora. Il faut que tu m'expliques ce qu'il se passe exactement… J'ai compris que Théodore Nott était concerné, qu'il y avait une fille ici et…
- Ella, la fille de Théo. Il s'est fait enlevé. Mais… disons que c'est plus compliqué que ça en a l'air et que je pressens que tout ça se terminera dans un bain de sang, marmonna Harry. On devrait en parler en s'installant avec de l'alcool si tu veux mon avis…
- Je ne demande pas mieux ! »
Harry lui proposa de s'asseoir et fonça à la cuisine prendra des verres et de l'alcool sorcier avant de revenir vers Remus qui était installé. Ils commencèrent à boire en un silence de plomb avant qu'Harry ne se mette à raconter, n'omettant aucun détail car il savait que Remus n'était guère du genre à répéter quoi que ce soit à qui que ce soit. De plus, cacher une chose aussi importante à cet homme là lui semblait impossible. Durant la guerre, Remus n'avait cessé un seul instant de le soutenir, de le suivre dans chaque aventure, de l'épauler, et avait risqué sa vie pour la sienne un nombre incalculable de fois. Il s'était comporté comme un père, un guide, dès la mort de Dumbledore à la fin de sa sixième année d'étude à Poudlard.
Remus ne dit pas un seul mot et –excepté quelques froncements de sourcils- aucun signe apparent de colère ou de déception ne vint marquer son visage strié de rides dues à l'âge et de cicatrices obtenues durant les batailles. Lorsqu'Harry eut fini, Remus mit quelques minutes à se remettre de ce récit surréaliste. Finalement, il hoqueta :
« Hermione a eu une liaison avec Théo et a eu une fille ? Le bébé qu'elle avait soi-disant eu avec Ron n'existait pas… Et cette fille est à l'étage… Ouah… On se croirait dans un livre moldu. Cette fille, comment est-elle ?
- Extraordinairement belle, sans nul doute plus intelligente que toi, et débordante de vitalité… et de colère. Elle est à Serdaigle. Et… Je crois que je ne la connais pas encore assez pour me prononcer sur d'autres de ses traits de caractère, mais elle me rappelle beaucoup Théo… ce qui est une bonne chose.
- Et Hermione ? Comment va-t-elle ? »
Harry ne put répondre à cette question que la principale concernée apparut dans l'âtre de la cheminée, les yeux rougis par les larmes, la peau plus pâle que jamais. Elle tremblait un peu et Remus se rua vers elle sans aucune animosité pour la prendre dans ses bras, craignant qu'elle ne s'effondre. Elle resta figée une seconde puis éclata, laissant ses sanglots lui échapper alors que ses genoux claquaient l'un contre l'autre. Ginny entra dans la pièce, sa nuisette couverte par son peignoir qu'elle venait d'enfiler. Elle échangea un regard avec Harry avant de grimacer.
« Je suppose que Ron ne l'a pas bien pris… »
Hermione tenta de se reprendre, séchant ses larmes de sa manche en essayant de respirer convenablement alors que son corps restait secoué de sanglots. Finalement, elle aperçut les deux bouteilles de bière sur la table et se saisit de celle d'Harry, la vidant d'une traite. En à peine quelques dizaines de secondes, le nœud de sa gorge disparu, ce qui facilita le retour d'une respiration normal. Elle s'écroula sur le canapé et les trois autres la regardèrent sans ciller, attendant qu'elle prononce quelque chose, n'importe quoi. Elle ne dit pas un mot pourtant et ils s'installèrent, comprenant que ça prendrait du temps.
« Non, il ne l'a pas bien pris, prononça Hermione au bout d'un long quart d'heure. Et… Il… Je crois sincèrement qu'il ne m'adressera plus jamais la parole de sa vie… Et… Que toutes les batailles qu'on a évitées alors que tous les divorcés les traverses… du genre « qui garde la maison », « qui a la garde des enfants »… On va les vivre maintenant. Il m'a viré de chez moi… enfin de chez lui en quelque sorte mais… Il… »
Elle ne trouvait pas les mots et de colère, enfouit son visage entre ses mains, retenant un hurlement de rage qui aurait pu réveiller les filles dormant à l'étage. Elle parut seulement remarquer la présence de Remus, ou du moins, réalisa qu'il n'aurait pas du se trouver là, et souffla :
« Harry vous a dit…
- En effet, acquiesça le lycanthrope. Et je comprends parfaitement la réaction de rejet qu'a eu Ron. Mais ça lui passera, j'en suis absolument certain. Il ne va pas te détester éternellement… »
Il cessa de parler en remarquant une jeune fille à l'entrée du salon. Harry et Ginny se retournèrent brusquement et Hermione marmonna une injure en se demandant ce qu'elle avait fait pour que le barbu de là-haut s'acharne autant sur elle. La réponse à cette question se tenait devant elle. Ella hésita quelques secondes avant de balbutier :
« Je n'arrivais pas à dormir et… je… J'avais soif…
- Angoissée pour demain ? s'enquit Ginny avec sollicitude avant de se lever. Je vais te chercher quelque chose… Tu veux t'asseoir avec nous cinq minutes ? »
Ella refusa d'un rapide signe de tête alors que Ginny disparaissait dans la cuisine. Remus se redressa et lui accorda un sourire crispé dévoilant à quel point la situation le mettait mal à l'aise.
« Bonsoir… Je suis Re…
- Remus Lupin, je sais. Mon père m'a beaucoup parlé de vous. Vous êtes selon lui un symbole de courage impressionnant. Il dit ça par rapport à votre… Lycanthropie, qui ne vous empêche pas de vivre et… Désolée. Je parle beaucoup. »
Remus dut se retenir d'éclater de rire tant elle lui rappela Hermione en cet instant. Il lui semblait incroyable que même sans la présence de sa mère à ses côtés, l'adolescente lui ressemble un peu. Ella se dandina d'un pied sur l'autre, souhaitant remonter le temps pour ne pas avoir vu sa mère dans un tel état. Surtout après qu'elle ait lu la description des minutes précédent la première fois entre ses deux parents dans le journal de son père. Tout était de la faute de sa mère, elle n'en doutait même plus.
Ginny revint dans la pièce avec une bouteille d'eau que l'adolescente saisit rapidement, pressée de sortir. Hermione hésita quelques secondes avant de murmurer :
« Tu es certaine de ne pas vouloir t'asseoir ? »
Ella se figea, stupéfaite que la femme lui adresse enfin la parole. Elle resta coite un instant avant de répliquer d'un ton sec :
« Sûre et certaine.
- Au moins, ça a le mérite d'être clair. »
Ella sentait son cœur tambouriner contre ses côtes et tenta de rester calme, de conserver l'apparence de tranquillité qu'elle avait adoptée toute la journée. Cela ne fonctionna pas. Elle croisa le regard de Ginny qui semblait comprendre à quel point la colère déstabilisait la jeune fille. Harry lui, paraissait juste attendre qu'Ella laisse enfin le flot de paroles qu'elle retenait lui échapper. Cela ne tarda pas. Elle planta son regard dans celui d'Hermione et déclara d'un ton mesuré, détachant chaque syllabe pour que celle-ci se répercutent et aient un impact suffisant :
« Comprenez-moi bien : je n'ai en aucun cas l'intention de mimer une quelconque joie d'être avec vous ce soir simplement parce que ça vous arrangerait et déchargerait un poids de culpabilité de vos épaules. Vous avez fait votre choix il y a seize ans et j'ai fait celui de vous détester quoi qu'il se passe dans ma vie il y a bien longtemps déjà. Mon père a mille fois tenté de vous racheter à mes yeux sans y parvenir, alors je doute sincèrement qu'aucun de vous n'y parvienne jamais. Le problème est simple : vous m'aiderez à retrouver mon père et nous rentrerons chez nous, lui et moi. Vous retrouverez votre petite vie tranquille, normale, à la seule exception que vos amis et votre ex-mari sauront que vous n'êtes pas si parfaite que les livres semblent le dire… Ils ont tous oublié un chapitre à votre biographie : celui concernant l'adultère, le mensonge et la lâcheté. Et désolée de vous apprendre qu'à mes yeux, c'est le seul qui ait de l'importance. »
Sur ces seuls mots, elle tourna les talons et quitta les lieux sous les regards des quatre membres de l'Ordre. Hermione ne bougea pas, ne pouvant même trouver une réplique convenable à ce que venait de dire cette –elle ne pouvait penser « ma »- fille.
Ella grimpa quatre à quatre les marches conduisant à la chambre qu'elle habitait et s'y enferma. Toute sa sérénité et la force –puisée dans sa colère- qu'elle avait ressentie s'échappèrent de son corps. Et c'est en tremblant de tous ses membres qu'elle se laissa glisser sur la moquette, priant silencieusement pour que tout ce qu'elle vivait depuis des semaines ne soit qu'un mauvais rêve.
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Note de l'auteur _ Et vlam, dans ta face ! xD Le petit discours d'Ella est la première chose que j'ai écrite avant même de commencer cette fiction. Toute l'histoire s'est basée sur ce court monologue. Après, niveau chapitre... Calme la petite Ella au départ -bah ui, c'est quand même une fille de Serpentard ! Beaucoup moins à la fin. Niveau cours, j'en connais une qui va avoir un peu de mal tout de même... xD Et félicitation à Jess, seule à avoir directement proposé Serdaigle comme maison pour Ella. =D Une Hermione totalement, mais alors totalement !- dépassée par les événements... Et simplement détestable à certains moment (genre quand elle dit qu'elle ne veut pas d'Ella. C'est bon, on avait compris, pas besoin d'en rajouter une couche, pOv'Tâche ! xD) Et mon pOv-Ron-rOn ='( Je déteste cette scène où il apprend la vérité. J'avais autant envie que lui de faire passer Hermione par une fenêtre. Neville totalement amoureux (sérieusement, je suis à deux doigts de transformer le pairing en Neville L. / Flowers xD & le rating en M pour sexe fleural xD)... Severus tout nèmueuh xD -ému langage Moi. McGo qui a tout compris. Harry prêt à tuer sa meilleure amie. Timothy mode *j'aime bien cette nouvelle là !*. Uhm... Voilà !
Le prochain chapitre sera centré sur Toby & Ella (séparemment). Première journée d'Ella à Poudlard. Et réactions de Toby par rapport à l'arrivée de cette nouvelle élève bien particulière qui attirera malencontreusement l'attention sur elle... Pour le post', possible que ce soit pas vendredi soir, mais un peu après... -pas sûre d'être chez moi. Autre chose, j'ai rajouté le début de playlist (jusqu'au chapitre 12.) & puis la fiche sur les fleurs de Théo sur le blog d'Ellarosa -lien sur mon profil. Autrement, j'ai un projet d'OS sur le couple Hermione - Drago en court. =D
Petite liste de questions du jour bonjour = Au cas où vous n'aviez pas capté, Ella sera donc en 5ème année à Serdaigle... Classe donc de Scott Weasley & de Maïa Londubat. Comment pensez-vous que ça va se passer entre ces trois là ? Et comment les Serpentards vont-ils réagir au retour d'une Nott -alors que son père a un peu trahi leur "clan" et a tué bon nombre de ses anciens condisciples sur les champs de bataille ? Sam & Toby plus particulièrement (Et comment pensez-vous que Drago, Pansy & Blaise ont parlé de Théo ? En bien ou en mal ?) ? Et en cours, comment va-t-elle s'en sortir ? Et que va-t-il se passer pour notre Trio favori ? Uhm... Je crois que c'est tout !
Bisous bisous, Reviews, Reviews ! (En espèrant que vous ayez encOr' mon ptit discours du dernier chapitre en tête comme me l'a dit New-Story... xD)
*¤ Bewitch_Tales ¤*
