Note de l'Auteur _ Bonjour à tous, et pardonnez-moi de mon ptit peu de retard, pas si grand, heureusement -même s'il n'arrive pas forcément au bon moment ! [je sais que poster l'dimanche soir, ce n'est pas trop une bonne idée xD] Alors voilà THE chapitre... C'est mon préféré (enfin non, maintenant, c'est le 12 mon préféré, mais bon...), principalement parce qu'il est centré sur Toby. Enfin, sur Ella aussi, mais surtout sur Toby ! J'espère qu'il vous plaira autant qu'il me plait à moi !
Un immense Merci à tous pour vos très nombreux reviews, vous n'imaginez même pas à quel point ça me fait plaisir ! Merci pour les noms inscrits à : Dy', Julia [pour tous ces reviews, désolée de ne pouvoir t'y répondre en détails... Si tu as un blog ou n'importe quoi où je peux te poster des réponses, dis-le moi !], Sarasva, Ellalys, Santera, Lectu, Lunaa-tique, Chichette, Lili Carter, Lola, Lilou... Et aussi à une inconnue sans pseudo qui a posté un très long review & qui apparemment est une inscrite qui a oublié de se lOoguer. Qui es-tuuuu ? xD Merci à tous, vraiment !
Bonne lecture !
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Ellarosa - Chapitre 06
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« On ne se rencontre qu'en se heurtant et chacun portant dans ses mains ses entrailles déchirées accuse l'autre qui ramasse les siennes. »
Gustave Flaubert.
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Toby découpa soigneusement sa tranche de bacon, y planta sa fourchette et la porta à ses lèvres avec un air absorbé lui permettant de savourer en toute tranquillité son petit déjeuner. Car quand il ne disait rien le matin, ses condisciples savaient qu'ils devaient la fermer, sans quoi ils risquaient de se retrouver dans une position humiliante dès la sortie de la Grande Salle. Nombre d'entre eux avaient fait les frais des colères du jeune Serpentard et ne souhaitaient absolument pas recommencer. Seule Sam pouvait interrompre ses pensées sans craindre quoi que ce soit. Et c'est ce qu'elle fit en s'installant nonchalamment auprès de lui avant de lui enfoncer son coude dans les côtes. Il s'évertua à ne pas lui faire remarquer qu'à force, il aurait des bleus, et se tourna vers elle, signe qu'elle avait toute son attention.
Une moue coquine s'inscrit sur les lèvres de la métissée et il comprit qu'elle détenait une information essentielle. De celles qu'il devrait acheter. Hélas, il n'avait actuellement pas les moyens de s'offrir l'un des précieux secrets de Samya Zabini et préféra détourner le regard de la tentation qu'elle représentait à l'instant. Il se remit à manger en imaginant la tête que ferait le professeur Rogue en cours de Potions lorsqu'il lui rendrait ce devoir qu'il avait bâclé la semaine précédente.
« Allez, Toby ! Tu ne peux pas m'ignorer ! C'est de l'insubordination pure et simple !
- Et toi, tu te sais sadique à me tenter d'une telle façon alors que je n'ai plus un sou en poche, rétorqua-t-il sans la regarder, n'osant pas jauger de sa réaction lorsqu'il parlait de ses problèmes d'argent.
- Allez, mon Tobias d'amour… Minauda-t-elle avec un sourire quasi-effrayant. Promis, je te ferais payer de ton corps cette fois ! »
Il releva brusquement la tête vers elle, son regard réfrigérant lui posant une question silencieuse : « Tu es devenue folle ? ». Elle la perçut facilement et pouffa en rejetant ses cheveux en arrière, la plupart des Serpentard restant bouche bée devant ce geste pourtant simple mais d'une prenante sensualité. Elle s'autorisa une moue dégoutée en réfutant :
« Pas de cette façon là, voyons. Tu me porteras mes livres, tu feras mes devoirs… Ce genre de choses.
- N'es-tu pas censée être ma meilleure amie, Sam ?
- Tu ne penses tout de même pas que je vais te couver simplement parce que nous sommes amis !? Pas de traitement de faveur ! Une information secrète reste une information secrète. C'est le business, mon chou. »
Toby secoua la tête en se levant, quittant la table sous les regards surpris des autres Serpentard. Il n'atteint pas l'extérieur de la Grande Salle que Sam lui courait déjà après. Il accéléra le pas, prenant le risque de l'énerver, et ne s'arrêta que lorsqu'elle lui prit la main au beau milieu du hall. Il se laissa fléchir et ne la repoussa pas. Elle avait beau adorer le faire mijoter, il savait qu'elle ne garderait rien pour elle toute seule et qu'elle ressentirait trop vite le besoin de se confier.
« Bon d'accord, grommela-t-elle en jouant avec ses doigts. Viens, éloignons-nous de toutes les fouineuses hantant les couloirs ! »
Elle le força à quitter le hall pour préférer l'extérieur, le parc de Poudlard étant couvert de brumes à une heure si matinale. L'atmosphère angoissante que cela créait posa un sourire sur la bouche pulpeuse de Sam qui parut conquise, comme si la situation renforçait l'impression de secret qu'elle appréciait tant. Un rictus amusé fendit les lèvres de Toby qui remarquait toujours la passion de Sam pour la mise en scène de ces discours. A croire qu'elle avait fait venir le brouillard elle-même. Ils s'adossèrent à un mur sans se soucier de l'humidité y étant déposée et Sam inspira à fond avant de se lancer.
« Hier soir, j'ai croisé Charlie…
- Charlie ?
- Le Professeur Weasley, expliqua Sam avec un geste d'impatience prouvant qu'il ne devrait plus l'interrompre. Et tu sais à quel point il me plait depuis la première fois que je l'ai vu… Il est si… Viril ! C'est un vrai mâle ! Enfin, bref… J'ai tenté de le séduire. Ce qui s'est soldé par un flagrant échec de ma part –nous reviendrons là-dessus plus tard lorsque mon égo aura repris du volume- et il m'a conduit au bureau de la directrice. Et… On s'est arrêté en entendant Rogue et McGo en pleine discussion. Il ne voulait pas les déranger. Mais j'ai tout de même perçu quelques bribes de la conversation… »
Elle s'interrompit pour le suspens et il leva les yeux au ciel en lui demandant histoire qu'elle aille un peu plus vite :
« Et ?
- Et une nouvelle élève arrive à Poudlard. Elle sera en cinquième année à Serdaigle.
- Et… c'est tout ? »
Il se sentit un peu déçu, mais voyant le sourire fier qu'elle arborait, compris qu'elle n'avait pas fini. Elle ménagea son effet, prit quelques secondes –pendant lesquelles elle contempla ses ongles- puis conclut :
« Elle s'appelle Nott. Ella Nott. Et c'est la fille de Théodore. »
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Ella observa le plafond de la Grande Salle en tournoyant sur elle-même, s'empreignant de la force extraordinaire semblant se dégager de ces lieux pleins de Magie. Harry –qui lui faisait visiter l'école depuis une heure déjà afin qu'elle ne se perde pas une fois seule- ne put retenir son rire face à la mine émerveillée de la jeune fille. A la voir, elle était la fille la plus heureuse de l'univers et découvrait le plus merveilleux des mondes. Un monde auquel elle accordait tant de places dans ses rêves depuis sa plus tendre enfance qu'elle avait du mal à y croire. Elle cessa de tourner sur elle-même, réalisant qu'elle finirait par avoir le vertige si elle continuait. Elle se cogna à Harry qui posa ses mains sur ses épaules en riant.
« Et bien je vois que Ginny a mis un peu d'alcool dans ton verre de jus d'orange ce matin !
- Pas le moins du monde, répliqua Ella avec un immense sourire. Ce sont ces lieux qui m'enivrent… C'est juste… Magnifique ! Même dans mes rêves les plus fous je n'avais imaginé à quel point ça pourrait être majestueux, étourdissant…
- Je crois avoir compris ! s'esclaffa Harry. Bon, je vais te conduire jusqu'au parc, là où se déroule les leçons de Soins aux Créatures Magiques, autrement je serais en retard à mon premier cours de la journée. Scott est dans ta classe de toute façon…
- Oui, je sais, grimaça Ella en songeant à la tête de son demi-frère une fois qu'il connaitrait sa véritable identité.
- Et Maïa, la fille de Neville et Luna y est également. Ne t'inquiète pas, tu te feras vite des amis… Quoi qu'il se passe par la suite. Et puis, je crois que Winifred n'est pas prête à te lâcher non plus ! »
Ella esquissa un sourire. En effet, Winifred avait insisté pendant une bonne demi-heure pour accompagner Ella dans son exploration de Poudlard au lieu d'aller en cours. Harry avait fini par la conduire à sa classe, juste pour être certain qu'elle ne les suivrait pas. Apparemment, la petite rouquine se sentait l'âme d'une protectrice et ne quitterait Ella que lorsqu'elle y serait obligée.
Harry sortit de la grande salle, Ella sur les talons et parcourut les quelques dizaines de mètres les séparant de la sortie. Au loin, installés sur l'herbe, les élèves de cinquième année suivaient le cours de Charlie Weasley. Ella grimaça en imaginant le nombre de créatures qu'elle devrait supporter le temps de son séjour à Poudlard.
« Si Charlie… Enfin, le professeur Weasley, te demande pourquoi tu n'as pas de livres, explique-lui qu'on ira t'en acheter la semaine prochaine, d'accord ? Et…
- Oui ?
- Bonne chance ! »
Ella le remercia d'un regard avant qu'il ne s'éloigne vers l'intérieur du château. Elle hésita quelques secondes, serrant ses feuilles et son crayon contre elle alors que ses pensées se dirigeaient vers le rouquin assis parmi les autres étudiants et qui s'était tourné vers elle avec un petit sourire. Scott paraissait amical, le genre de garçons ouvert et assez gentil pour l'accepter puisqu'elle était seule… Mais Ella ne doutait pas qu'une fois au courant du fait qu'ils partagent leur ADN, l'adolescent ne serait plus aussi courtois.
Prenant son courage à deux mains, elle s'avança vers le demi-cercle formé par les élèves. Quelques murmures s'élevèrent et Charlie Weasley s'approcha d'elle avec un grand sourire.
« Tu dois être Ella, la nouvelle élève ? s'enquit-il en lui serrant la main ce qui parut bien étrange pour un professeur. Viens donc t'asseoir. Nous parlions justement d'une créature que tu dois connaitre… »
Ella resta quelques secondes debout alors que Charlie retournait se mettre face aux étudiants, ne sachant quoi faire ni où s'installer. Brusquement une adolescente aux cheveux blonds foncés assise auprès de Scott tapota le petit carré d'herbe libre à sa droite et Ella vint s'y installer avec un sourire gêné. Elle avait l'impression d'être une bestiole étrange n'ayant pas du tout sa place sur ce terrain là. Et les regards des élèves sur elle n'amoindrissaient pas ce sentiment. La jeune fille qui lui avait sauvé la mise quelques secondes plus tôt se pencha vers elle et murmura :
« Je m'appelle Maïa ! Mon père a parlé de toi toute la soirée. Enfin plus des fleurs de ton père, mais… de toi aussi. »
Ella comprit que le père en question devait être Neville et se présenta rapidement avant de se tourner vers le professeur qui parlait d'une créature qu'en effet elle connaissait. Elle s'en trouva soulagée. L'insecte qu'ils étudieraient se trouvait dans un bocal de verre que maintenait Charlie en marchant entre ses élèves.
« Quelqu'un peut-il me dire de quoi s'agit-il ? demanda-t-il finalement. Allez, allez ! »
Ella n'osait pas répondre à cette question, de peur de déjà attirer l'attention sur elle, alors elle se tut, attendant patiemment que quelqu'un sache quoi dire. Finalement, une main se leva. Elle appartenait à une jeune Serdaigle à la beauté particulière dont le rideau de cheveux noirs et lisses cacha un instant l'éclat. Lorsque –de sa main libre- elle passa un pan de ce rideau sombre derrière ses oreilles, Ella put admirer la parfaite régularité de ses traits. L'adolescente au regard d'un marron doré aurait pu sortir des pages d'un conte pour enfant où elle aurait tenu à la fois le rôle de la princesse et celui de la sorcière. Car en dépit du calme et de la douceur de son visage, une force presque maléfique émanait de son petit corps dissimulé sous sa robe de sorcière.
« Oui, Scarlett ? »
La voix de Charlie sortit Ella de sa contemplation. La dénommée Scarlett hésita une seconde avant de se lancer d'une voix aussi claire qu'un souffle de vent.
« C'est un Billywig, un insecte d'Australie dont la piqure provoque un état de léthargie et peut aussi faire léviter ses victimes pendant quelques minutes. Le dard de cette créature est aussi l'un des composants des Fizwizbiz. »
Quelques rires ou gémissements de dégoût parcoururent les élèves de la classe et la jeune fille aux cheveux sombres leva les yeux au ciel, comme agacée de faire partie d'une telle faune. Ella réalisa que l'espace occupé par l'adolescente était plus vaste que celui des autres élèves, comme si personne n'avait voulu s'asseoir à ses côtés. Elle jeta un coup d'œil vers l'autre partie du groupe, exclusivement composée de Serpentard et croisa le regard bleu ardoise d'une jeune fille blonde. Elle eut l'impression de recevoir un poignard en plein cœur tant la violence éclairant ces pupilles la menaçait. La main de Maïa se posa sur son épaule et elle détourna les yeux.
« Ne fais pas attention. C'est Annabeth Flint, une vraie peau de vache qui s'amuse à torturer les filles qui ont la mauvaise idée de naître plus jolies qu'elle, ce qui est malheureusement ton cas.
- Entre nous, on l'appelle la Succube ! railla Scott en se penchant vers Ella avec un sourire cancanier. Elle entraine les pauvres garçons dans ses filets et aucun ne lui résiste jamais… Mais Maïa a raison, ne te préoccupe pas d'elle. Ce n'est pas une idiote de ce genre qui pourrait faire du mal à quelqu'un ! Elle parle beaucoup, menace pour un rien, mais le courage lui manque une fois qu'elle doit agir.
- Et… la fille qui a répondu à la question du professeur Weasley, qui est-ce ? »
Scott et Maïa échangèrent un regard manifeste, comme partageant une information essentielle qu'ils doutaient de devoir lui apprendre. Ella remarqua que ces deux là paraissaient extrêmement proches. Leurs deux corps, bien qu'assez éloignés, semblaient irrémédiablement attirés l'un à l'autre, comme maintenus par des fils invisibles aux yeux humains. Finalement Maïa chuchota :
« C'est Scarlett Higgs, une fille d'anciens Serpentard et Mangemorts. Ses parents sont à Azkaban à vie et elle passe ses étés dans cet orphelinat sorcier super bizarre où ils accueillent les gens comme elle.
- Comment ça, « les gens comme elle » ? répéta Ella avec un rictus, plus intriguée qu'elle ne souhaitait le leur montrer.
- On ne sait pas vraiment. Elle est juste… trop étrange. Personne ne lui parle jamais. Il parait qu'elle arrive à tuer des gens juste en les regardant !
- C'est le Basilic qui fait ça, pas les êtres humains ! riposta froidement Ella sans arriver à concevoir les raisons poussant les autres élèves à éviter Scarlett. Et puis, peut-être vit-elle simplement dans un orphelinat normal parce qu'elle n'a plus de parents… ça ne fait pas d'elle un monstre.
- Ses parents sont des Serpentards ! siffla Scott entre ses dents, doutant apparemment des facultés mentales d'Ella et voulant de toute évidence lui faire parvenir à quel point Scarlett était infréquentable.
- Oui, et mon père aussi. »
Scott se redressa brusquement et regarda droit devant lui, une couleur cramoisie envahissant son visage. Une moue de colère apparut sur les traits de Maïa qui détourna les yeux pour finalement observer le professeur qui expliquait les autres facultés du Billywig. Plus un seul mot ne fut échangé et Ella réalisa qu'elle venait de commettre une bourde monumentale en tentant de faire réfléchir les deux adolescents. Apparemment, essayer de leur rendre la raison à propos d'un tel sujet serait peine perdue et elle se promit de ne plus essayer.
Ella comprit pourtant qu'il lui serait impossible de se taire et d'accepter la façon dont la plupart des étudiants traitaient Scarlett Higgs. Dès la fin du cours, sa promesse fut mise à rude épreuve. Alors qu'ils se levaient tous pour rejoindre leur cours suivant –une leçon de Sortilèges- un Serdaigle s'amusa à bousculer Scarlett, laquelle s'écroula dans l'herbe, lâchant tous ses livres et parchemins de cours. La Serpentard blonde, Annabeth Flint, éclata de rire en passant près d'elle sans s'arrêter, se permettant une remarque acerbe à l'adresse de la Serdaigle.
Ella s'attendait à ce que quelqu'un l'aide, mais les élèves l'ignorèrent royalement, la plupart allant même jusqu'à marcher sur ses livres pour bien lui montrer à quel point elle était insignifiante à leurs yeux. Ella sentit une bouffée de colère s'emparer de tout son corps alors que Scott et Maïa devant elle contournaient simplement Scarlett sans bouger un petit doigt pour l'aider. Un autre Serdaigle piétina volontairement la plume de la jeune fille qui se cassa sous son poids.
Ella n'y tint plus. Elle s'approcha de Scarlett au sol et s'agenouilla à ses côtés, commençant à ramasser ses affaires sans se soucier des murmures désapprobateurs des autres étudiants. Scarlett leva un regard sombre vers elle, apparemment au bord des larmes.
« Tu devrais te lever et ne plus me regarder, sauf si tu tiens vraiment à devenir une paria ! »
De bêtes trémolos dans sa voix ne modéraient hélas pas la réelle menace pesant derrière ces paroles. Mais Ella n'en avait que faire et elle continua à aider Scarlett à ranger ses affaires.
« Je ne tiens pas forcément à être acceptée par des gens aussi cruels. Je n'ai pas besoin d'amis qui se comportent de la sorte. »
Elle adressa un vaillant sourire à Scarlett avant de se relever, lui tendant la main pour l'aider à se redresser. Le bas de sa robe de sorcière était légèrement déchiré et Ella tendit sa baguette pour la réparer. Elle croisa les regards de Maïa et Scott pendant un millième de seconde avant que ceux-ci ne tournent les talons sans l'attendre. La plupart des autres élèves firent de même, des rictus en colère défigurant leurs visages comme si Ella venait de commettre un geste irréparable qu'ils se devraient de condamner. Scarlett la remercia avec un sourire.
« Tu n'aurais pas dû faire ça… Les élèves peuvent être assez méprisants lorsqu'ils le veulent ici. Mieux vaut avoir des amis que des ennemis. Ou… être seule.
- N'ayant ni envie d'être seule, ni envie d'affronter mes ennemis sans amis à mes côtés… Je m'appelle Ella ! »
Elle tendit la main vers l'autre étudiante qui esquissa un sourire, comprenant ce qu'Ella sous-entendait par là. Scarlett finit par lui prendre la main, la serrant avec une poigne certaine, son regard plongé dans celui de la brune. Ce contact parut étrangement long à Ella qui eut l'impression étonnante d'être anesthésiée et d'avoir quitté le sol. Scarlett la lâcha finalement avec un sourire curieux.
« Tu viens ? Le professeur Flitwick n'apprécie pas les retardataires ! »
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Nott. Ce nom, pour les fils et filles de Mangemorts, avait bien plus de signification que tous les autres noms de ce monde. Même Potter, Weasley ou Granger ne portaient un tel message. Celui de la trahison pour certains, celui du courage pour d'autres. Toby faisait partie de la seconde catégorie –amoindrie par le bourrage de crâne des parents en général. Mais Drago Malefoy et Blaise Zabini n'avaient jamais parlé de Théo en des termes péjoratifs et lorsqu'ils le faisaient, leur fille et leur fils respectif voyaient parfaitement que le cœur n'y était pas.
Car Théodore Nott avait eu le cran de tourner le dos aux idéologies qu'on leur servait matin, midi et soir sur un plateau d'argent depuis leur plus tendre enfance. Et pire encore, il les avait combattu avec une rage hors du commun faisant comprendre que sur les champs de bataille, leur amitié d'enfance ne prenait pas de place. Puis, il s'était évanoui dans la nature… Et Drago, comme Blaise, n'avait plus jamais parlé de lui. Se battre aux côtés des membres de l'Ordre d'accord. Mourir pour eux, non.
Toby se sentait presque soulagé d'apprendre que l'homme n'était pas mort –car en toute logique, il ne pouvait être mort depuis plus de seize ans si sa fille en avait quinze. Mais la déception ternissait ce soulagement. Dans son enfance, contrairement aux autres enfants, il avait vu en Théodore Nott le symbole même d'un espoir auquel il pensait ne pas avoir droit en tant que fils héritier d'une longue lignée de sangs-pur : la liberté de penser et d'agir. Il avait rêvé que son père agisse de la même façon, au moins pour protéger son fils des colères à répétition de Lucius ou de l'atmosphère décadente dans laquelle il avait baigné sans pouvoir s'en échapper. Mais non… Il était resté lâche jusqu'au bout.
Toby constatait avec une certaine amertume que Théodore Nott n'était peut-être pas mieux. S'il n'était pas mort, il avait simplement fui.
Il se tourna vers Sam qui écoutait avec un air attentif –signe qu'en vérité elle ne suivait pas du tout le cours- le professeur McLaggen, enseignant d'Histoire de la Magie depuis deux ans seulement. Les cours avaient beau être ainsi plus vivants, Toby regrettait le professeur Binns. Il ne supportait pas l'arrogance du nouveau professeur, songeant que ce trait de personnalité ne pouvait être employé que par lui-même. Mais après qu'un élève de première année de Serpentard ai envoyé une boulette de papier sur le professeur Binns pour voir si ça allait le traverser… le défunt-enseignant –hurlant et vociférant sur le respect- s'était évanoui dans la nature. Et depuis, ils devaient se coltiner le professeur McLaggen.
« Mr Malefoy, le cours ne vous intéresse pas, peut-être ? »
Et c'était reparti pour un tour ! Le principal problème de cet imbécile d'enseignant tenait en un mot : partialité. Il avait classé dès le premier jour ses élèves en deux clans bien distincts : ceux qu'il aimait et ceux qu'il n'aimait pas. Son nom de famille avait classé Toby en numéro Un de la seconde catégorie, et son professeur passait sans doute plus de temps à le rabrouer qu'à parler d'Histoire. D'humeur joueuse, Toby leva les paumes vers le ciel avant de lancer avec un immense sourire moqueur :
« Bien sûr que non, professeur ! Imaginez-vous seulement une seconde que j'écoute votre discours avec attention. Cela ne vous donnerez aucune raison de me critiquer, et ainsi, la seule chose poussant les autres élèves à ne pas sécher votre cours s'envolerait… De ce fait, vous parleriez seul d'une guerre qui n'intéresse que vous simplement parce que vous avez fui au Canada pendant toute sa durée alors que nous l'avons vécue. Donc, non, professeur McLaggen, votre cours ne m'intéresse absolument pas. »
Un silence pesant s'installa brusquement dans la classe alors que le professeur devenait rouge écrevisse. Toby entendit le rire chevrotant de Sam à ses côtés, mais il ne lâcha pas son enseignant du regard, attendant que ce soit lui qui baisse les yeux. Il allait gagner, il le sentait. La plupart des Serpentards retenaient leur souffle, cherchant tous la réaction à avoir. Les Gryffondor avec lesquels ils partageaient ce cours semblaient eux à la limite du fou-rire, amusés par la répartie de Toby. Le professeur McLaggen finit par baisser les yeux en tapotant nerveusement ses doigts contre la surface plane du bureau et mit quelques minutes à trouver quoi répondre –minutes de trop qui prouvaient à quel point son élève l'avait déstabilisé. Parler du fait qu'il n'ait pas participé à la guerre demeurait la pire critique possible à lui faire.
« Mr Malefoy… Vous allez au bureau de la directrice.
- C'est une proposition ou un ordre ? minauda Toby avec un haussement de sourcil et son sourire en coin moqueur au possible, qui fit rire bon nombre d'étudiants.
- Mr Malefoy, quittez les lieux immédiatement ! Et je retire 50 points à votre maison pour votre insubordination ! »
Toby réunit ses affaires sans cesser de sourire, renvoyant cet air railleur au professeur désarmé qui semblait ne pas être capable de se dépêtrer de la situation surréaliste qu'il vivait : se faire mener par le bout du nez par un adolescent devait être le comble pour un enseignant ! Toby balança sa besace sur son épaule et quitta les lieux sans se presser, appréciant les regards respectueux que portaient tous les élèves sur lui. Sam alla même jusqu'à lui accorder un clin d'œil.
Il referma la porte derrière lui et s'adossa dessus avec un immense sourire, l'adrénaline de l'instant lui procurant un effet quasi aphrodisiaque. Titiller certains professeurs était la meilleure chose au monde : mieux que le sexe, mieux que toutes les drogues du monde, mieux que l'amour… Il n'avait hélas aucun élément de comparaison ni pour les drogues, ni pour l'amour, mais ne doutait pas une seule seconde que ce qu'il ressentait était plus fort que tout.
L'adrénaline se dissipa peu à peu et les battements de son cœur reprirent la mesure habituelle qu'était la leur. Le sourire de Toby disparut lentement et il soupira. Par contre, toutes les punitions du monde n'égalaient pas un seul regard sombre de la directrice McGonagall… Et Toby savait pertinemment qu'il y aurait droit plus d'une fois ce jour là.
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Le cours de Sortilèges se déroula dans un calme approximatif. Du moins, personne ne disait mot –en dehors du minuscule enseignant qu'Ella avait failli renverser en entrant- mais les regards noirs que lançaient tous les élèves aux deux jeunes filles assises au premier rang provoquaient quelques désagréments. L'atmosphère électrique pesait sur Ella et Scarlett qui s'envoyaient à intervalle régulier des sourires crispés mais complices. Il aurait été facile pour Ella de s'asseoir à côté de quelqu'un d'autre en arrivant dans la salle de cours, Scarlett même le lui avait fait comprendre. Les autres auraient sans doute passé l'éponge sur son affront et tout serait redevenu normal.
Mais Ella ne songeait même pas à s'éloigner de la jeune Serdaigle qui paraissait réellement absorbée par les cours. Sa condisciple notait avec acharnement chaque mot de l'enseignant d'une écriture fluide et agréable. Elle transformait ses majuscules en lettrines parfaitement calligraphiées et s'amusait à chaque pause en griffonnant des dessins représentant certains élèves de la classe. Ella ne put qu'être emballée par un tel talent et Scarlett s'empourpra violemment en la voyant si admirative.
Le cours fini, les deux adolescentes se levèrent d'un même mouvement et quittèrent la salle, Ella calquant son pas sur celui rapide et saccadé de celle qui était habituée à fuir à chaque sonnerie. Elles se dirigèrent ensemble jusqu'à la Grande Salle et s'y installèrent, quasiment seules. En dehors de quelques enseignants et d'une poignée d'élèves, le réfectoire n'accueillait pas encore autant d'étudiants que d'ordinaire.
« Comment se fait-il qu'en plus de quatre années, personne ne t'ait jamais parlé ? s'enquit Ella en trouvant le silence trop pesant.
- Et bien… à mon arrivée ici, j'avais quelques amis chez les Serpentard, soupira Scarlett sans la regarder. Assez rares. Ils ont cessés de me parler dès la décision du Choixpeau magique annoncée ! Et les Serdaigle… Ils se contentent de m'ignorer vu que –selon eux- ma place est à Serpentard. Les Gryffondor ne font pas attention à moi, et les Poufsouffle non plus. Ici, on est invisible à partir du moment où on ne se déplace pas en bande. Tu finiras par t'en rendre compte.
- Je crois que j'ai eu droit à un bref aperçu de ce que ces idiots sont capables de faire ! grogna-t-elle avec amertume en songeant à ce qu'il s'était passé un peu plus tôt dans le parc.
- La bousculade, ce n'est qu'un souci minime. Il y a… les insultes, les devoirs, livres et vêtements volés, les remarques acerbes, les menaces… Les coups sont faciles à encaisser avec un peu d'entrainement. Le reste… porte un peu sur les nerfs ! Mais j'aime à croire qu'ils sont juste intellectuellement limités et que je suis bien au dessus de tout ça. »
Elle lança alors à Ella un sourire emprunt d'un courage féroce qui pourrait effrayer n'importe qui et Ella fut heureuse de l'avoir aidée après la bousculade. Elle n'eut pas le temps d'y penser plus encore que les autres élèves de leur année vinrent s'installer, créant un immense fossé entre leurs sièges et ceux des deux jeunes filles. Scott adressa une grimace à Ella, presque d'excuse. Elle n'y répondit pas. Il n'avait pas à s'excuser. Il aurait simplement dû venir auprès d'elles sans se soucier des autres. Mais non, comme tous les adolescents ou presque, Scott était un mouton.
Elle détourna le regard pour observer les autres tablées d'élèves, dont certains la regardaient avec étonnement, murmurant certaines choses en la montrant du doigt, s'interrogeant sans doute sur ce qu'elle faisait à Poudlard –et plus encore à côté de Scarlett. Elle n'y prêta pas plus d'attention car elle savait pertinemment que les nouveaux élèves n'étaient pas chose courante dans ce château. Il leur faudrait du temps pour s'habituer à sa présence.
Elle s'attarda sur la table des Serpentard, croisant le regard menaçant d'Annabeth Flint, le sourire pervers d'un type sans cou et celui plus dégoûtant encore d'un garçon aussi large que haut qui passa sa langue sur ses lèvres. Voilà pourquoi elle haïssait les gens de son âge en général. Leur mentalité ne volait jamais très haut et ils se ressemblaient tous.
Elle changea d'avis en découvrant deux pupilles d'un bleu envoûtant qui la fixaient. Elles appartenaient à un jeune homme de dix-sept ou dix-huit ans, le plus beau garçon qu'elle n'ait jamais vu de sa vie. Pas un sourire ne vint orner ses lèvres lorsqu'il s'aperçut qu'elle l'avait repéré, ni un rougissement sur ses joues. Il se contenta de plonger son regard dans le sien et elle oublia bêtement de respirer. Cet échange dura plus d'une minute avant qu'elle ne toussote à cause du manque d'air et elle cessa de le scruter.
« Qui est ce garçon à la table des Serpentards qui me fixe ?
- Lequel ? s'esclaffa Scarlett. Ils te dévorent tous du regard. C'est même assez… étrange. Enfin, tu es belle, c'est sûr, mais pour que Samya Zabini prenne la peine de porter son attention sur toi, c'est que tu… Ton père est riche ? Ou ta mère est une Reine d'un petit pays ?
- Non, pas du tout !
- Et quel est ton nom de famille en fait ? J'ai oublié de te le demander tout à l'heure.
- Nott. »
Scarlett se figea, ouvrit la bouche et resta ainsi pendant dix bonnes secondes avant de se reprendre, son regard brillant d'une toute nouvelle façon. Elle articula finalement avec un intérêt décuplé :
« Théodore Nott est ton père ?
- Et bien… oui, acquiesça Ella avec un froncement de sourcils, attendant de savoir ce qu'il y avait de mal ou d'intéressant là dedans.
- Attends, le Théodore Nott ?! Celui qui a renié sa famille, été déshérité, s'est battu avec son père, a failli être assassiné par Lord Voldemort ? Celui qui a tout risqué pour aller se battre auprès des membres de l'Ordre du Phoenix ? Ce Théodore Nott là ?!
- Oui. C'est lui. Qu'est ce que ça a d'extraordinaire ?
- Tu plaisantes ou quoi ?! Ton père est un… Mes parents auraient dit « lâche ». Je préfère le mot « Héros » ! Il a eu un courage fou en tournant le dos à l'avenir tout tracé qui se profilait devant lui et… Ouah ! Enfin, ça explique pourquoi Sam t'observe.
- Et ce garçon alors ? insista Ella en n'osant pas relever les yeux.
- Le grand type qui semble sortir tout droit d'une comédie romantique pour adolescentes moldues et qui envoie un message libidineux à ton cerveau ? Tobias Orion Malefoy, le Prince des Serpentard, Préfet en Chef, fils de deux Mangemorts qui s'en sont sortis sans difficultés. Il est intelligent, arrogant, utilise l'art de la répartie avec un talent certain, adore se donner en spectacle et la plupart des filles de Poudlard rêveraient de l'embrasser ou plus. »
Le regard que Scarlett adressa au Serpentard prouva qu'elle n'était pas l'une d'entre elles et Ella eut l'étrange impression de faire brusquement partie de la masse d'adolescentes dirigées par leurs hormones. Elle tenta de réguler les battements frénétiques de son cœur qui tambourinait contre sa poitrine.
Ses sentiments étaient si déplacés par rapport à la situation actuelle qu'était la sienne. Son père était peut-être en danger de mort et elle s'était disputée avec la personne ayant fourni l'ovule permettant à sa création… Et tout ce qu'elle trouvait à faire c'était craquer sur le physique plus qu'avantageux d'un garçon ! Elle se trouvait horrible d'un seul coup.
Elle secoua la tête en s'injuriant mentalement avant de se promettre qu'elle ne penserait plus jamais au regard d'un bleu limpide de Tobias Malefoy. Elle releva les yeux avec courage et réalisa qu'il la regardait toujours.
Bon, elle penserait peut-être encore un peu à lui...
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Toby ne pouvait détacher son regard du visage d'Ella, ne se rassasiant pas de ces traits parfaits. Elle appartenait à un genre très rare de filles qui obligeait tout mâle à se retourner, non pas en pensant « Par le gland de Merlin, ce que je voudrais me la faire ! » mais « Par le caleçon de Merlin, d'où peut venir une telle créature ?! ». Car elle ne ressemblait pas vraiment aux filles qu'il connaissait et fréquentait. Elle dégageait une aura d'innocence étonnante tout en donnant l'impression d'être plus sage et femme que toute personne de cette planète. Ses boucles brunes tombaient devant ses yeux d'une couleur étrange mélange de bleu –pas un bleu clair, mais un bleu nuit, comme le ciel- et de marron.
Il laissa son regard défiler sensuellement –comme ses doigts auraient pu le faire- le long de son cou. Elle se tenait bien –vestige d'une éducation sans nul doute équivalente à la sienne bien qu'il pressente qu'elle n'avait pas pris de coups et qu'à la place des punitions en cas d'échec, elle avait dû recevoir des récompenses à chaque réussite. Il la déshabillait lentement du regard, apercevant cette délicate rougeur envahissant la peau de la jeune fille qui avait depuis longtemps remarqué son petit manège mais ne tentait pas réellement d'y échapper.
Il se délecta de cet étrange sentiment de domination qu'il exerçait sur elle et continua son exploration visuelle. Jusqu'à ce que Sam lui enfonce avec une violence incroyable son coude dans l'estomac. Il poussa un grognement rauque et se tourna vers elle avec un regard noir à faire peur. Elle ne le remarqua même pas.
« Dommage qu'elle ne soit pas à Serpentard. J'aurais bien aimé la connaitre. Enfin, tu sais… Nos pères étaient amis, j'aurais trouvé ça logique que nous le soyons aussi, même si cette idée peut paraitre légèrement utopiste.
- Non, elle est juste irréalisable, répliqua Toby. Elle a l'air trop innocente pour tomber dans tes combines…
- Tu sais comme moi que derrière le visage de l'innocence se cache plus d'un démon.
- Où est ce visage chez toi dans ce cas ?! »
Sam rit puis reporta son regard sur la nouvelle qui discutait avec Scarlett Higgs, une fille qu'elle connaissait mais évitait. Ella par contre avait tout d'une parfaite Serpentard selon Sam. Elle dégageait un charme et une assurance certaine derrière une timidité de bonne mesure. Sam devinait parfaitement que la mère de la jeune fille ne devait pas être une Serpentard –ou équivalent dans un autre pays- car certaines choses ne collaient pas… Un cinquième année lui avait raconté ce qu'il s'était passé le matin même et ce qu'avait fait Ella ne correspondait en aucun cas au caractère d'un Serpentard.
Elle arrêta d'observer la table des Serdaigle et revint à la sienne où la plupart des élèves ne savaient pas quel nom portait Ella. Pour eux, elle restait « La nouvelle », celle qui avait daigné porter un certain intérêt à « La lépreuse ». Pourtant, ce n'était pas ce sujet qui animait les discussions, mais des paris entre certains garçons. Brusquement, Emeric Goyle lança :
« Je paris qu'elle ne se débattrait même pas… »
Le sens de cette phrase laissa entendre une vérité dont Sam ne pouvait accepter l'existence. Elle s'apprêtait à répliquer alors que Robert Crabbe s'esclaffait grassement, mais Toby fut plus rapide qu'elle. Il se leva tranquillement, jaugea les deux brutes sans cervelles du regard et articula, la voix assombrie par la colère.
« Suivez-moi, tous les deux. Immédiatement. »
Son ton signifiait qu'il ne tolérerait aucun refus de la part des deux énergumènes qui lui servaient de condisciples. Et ils le comprirent tous, sans même avoir besoin de regarder Toby dont les pupilles s'étaient dilatées, rendant son regard noir de colère plus effrayant que tous les montres qu'ils connaissaient.
Le jeune Malefoy quitta la table des Serpentard et se dirigea vers les grandes portes sans même s'assurer que Crabbe et Goyle suivaient. Il ne doutait même pas de leur docilité, sentant la crainte qui suintait à travers tous les pores de leur peau. Il percevait également l'envie qui les tiraillait : celle de prendre la fuite. Aucun n'osa et ils quittèrent le hall trop fréquenté pour rejoindre l'un des minces couloirs où personne ne se risquait jamais.
Toby sortit sa baguette de sa poche et les deux géants se raidirent. Ils étaient beaucoup plus larges que lui, avec sa mince carrure, mais l'objet qu'il tenait en main faisait de lui une personne redoutable. Ils avaient parfaitement conscience de la menace pesant sur eux, ayant mille fois goûtés aux tortures infligés par Toby qui maniait sa baguette comme un maître des sortilèges. Ils cessèrent de respirer au même moment alors que Toby plongeait enfin ses iris dans les leurs.
« Très bien, commença-t-il, la voix vibrante d'une rage destructrice qui fit frissonner les deux Serpentard. Si un seul d'entre vous touche à un cheveu de cette fille, je m'arrangerais pour que vous ne puissiez même plus tenir une petite cuillère. Si vous la regardez, je n'hésiterais pas un instant à enfoncer vos yeux dans leurs orbites. Si vous lui parlez, vos langues ne vous seront guère plus utiles que vos cervelles vides. Me suis-je montré assez clair ? »
Crabbe et Goyle échangèrent un regard et ce dernier tenta de se défendre maladroitement.
« Toby, c'est qu'une Sang-de-Bourbe sans importance qui vient de débarquer… Si t'as envie de te la faire, on te la laisse ! Pas la peine de te mettre en colère ! »
Il ne put même pas penser à se défendre. Son cerveau n'était pas assez rapide pour contrer l'attaque de Toby qui se retrouva sur lui en un millième de seconde. Sa paume s'abattit violemment contre le menton de Goyle dont la mâchoire craqua dans un bruit immonde. La tête du garçon décolla en arrière et se cogna au mur avec un son funeste effrayant. Il sembla perdre connaissance, mais Toby n'en avait pas fini avec lui. Il souleva Goyle contre le mur, apparemment assez fort pour porter quelqu'un qui faisait presque deux fois son poids.
« Tu parles d'Ella Nott, et un crétin tel que toi ne devrait même pas avoir droit d'être dans la même pièce qu'elle.
- Nott ?! répéta Crabbe avec un air idiot en se dandinant, mal à l'aise, anxieux à l'idée de se faire frapper lui aussi.
- Oui, Nott. Je vous conseille de ne pas l'approcher. Autrement, vous en subirez les conséquences et vous savez pertinemment que je peux faire bien plus qu'éclater une mâchoire. »
Il reposa Goyle avec délicatesse, comme si l'orage passé, il reprenait le contrôle de lui-même. Puis se ressaisit et repoussa le poids plus lourd –car évanoui- de son condisciple sur Crabbe qui le rattrapa de justesse.
« Emmènes-le à l'infirmerie. »
Il tourna les talons sans se soucier de ce qui allait arriver à Goyle qui –amorphe- respirait difficilement. Il allait quitter le couloir lorsqu'il se retrouva face à un regard émeraude terni par une colère vive et un brin d'admiration irrépréhensible. Harry. Il venait d'assister à la scène sans sourciller, simplement incapable d'agir tant les mouvements précis du jeune homme l'avaient époustouflés. Toby avait agi avec une puissance et une souplesse inattaquable. Harry s'était retrouvé à contempler le spectacle en oubliant totalement les responsabilités qui étaient les siennes en tant que Professeur.
Toby baissa les yeux, toute trace de suffisance disparaissant de son corps pour le faire redevenir adolescent. Harry resta silencieux, puis soupira avec un air désolé. Il ne ressentait même pas le besoin de le punir réellement, conscient pourtant que Toby aurait largement pu tuer ses deux camarades de classe. Finalement, il lui fit un petit signe de tête et marmonna en tentant d'insuffler à son ton un peu d'autorité qui lui manquait cruellement en cet instant :
« Dans mon bureau ! »
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***
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Toby s'installa sur la chaise que le Professeur Potter lui désigna, face au bureau de bois massif imposant. L'adolescent réalisa qu'il n'était jamais entré dans cette pièce, malgré bon nombre de bêtises… Attaquer ou se moquer de ce professeur là ne lui avait même jamais frôlé l'esprit. Il l'avait de trop nombreuses fois vu des champs de batailles, sa baguette fouettant l'air pour lancer des sortilèges en abondance sans jamais fléchir face à ses adversaires trop nombreux. Il imposait le respect, presque malgré lui.
Harry posa une bouteille de Bièraubeurre sur le bureau, deux verres et une boite de bonbons variés qu'il proposa maladroitement à son élève. Toby se souvenait encore de la peur tiraillant ses entrailles avant son premier cours de Défense Contre les Forces du Mal. Il craignait qu'Harry se comporte différemment avec lui à cause de son nom –et des petites rivalités Potter/Malefoy bien connues du temps de Poudlard. Il s'était installé tout au fond de la classe en essayant de se rendre tout petit, persuadé déjà qu'il devrait passer tous ces cours à se faire insulter. Harry avait simplement lu la feuille d'appel, s'était arrêté au nom Malefoy, l'avait finalement énoncé et lorsque Toby avait levé la main –tremblant- s'était contenté d'un sourire. Un vrai, un sourire de bienvenue, un sourire qui rassura l'enfant qu'il était alors.
Le silence persista quelques minutes –ce pendant qu'Harry buvait un peu de sa bièraubeurre alors que Toby n'avait touché la sienne- puis finalement l'adulte se lança d'une voix blanche, dénuée d'émotions :
« Vous auriez facilement pu les tuer.
- Je savais ce que je faisais, contra soigneusement Toby, conscient pourtant qu'il avait quelque peu perdu le contrôle de sa force.
- Et où as-tu appris à te battre comme ça ? »
Toby perçut facilement la nuance d'admiration dissimulée derrière un voile de froideur imposée par ses fonctions à l'enseignant. Il hésita quelques secondes, haussa les épaules avec une fausse modestie qui ne trompa pas Harry, et répondit :
« J'ai vu les Mangemorts se battre toute mon enfance. On apprend en regardant.
- Les Mangemorts se contentaient pour la plupart de quelques pas de côtés pour échapper aux sortilèges. Ils utilisaient leurs baguettes plus que leurs jambes. Et tout à l'heure, tu as menacé de ta baguette, mais t'es battu avec tes poings.
- L'instinct. »
Harry esquissa un pâle sourire devant le ton soudain glacial de son étudiant. Il chassa cette réponse d'une main, montrant par cela qu'il effaçait aussi sa question et qu'il attendrait un moment plus propice pour en discuter. Il changea de sujet.
« Qu'avez donc fait ces pauvres garçons pour mériter ton courroux ? »
Nouveau haussement d'épaule silencieux. Harry songea que ce gamin était une véritable énigme, se doutant aussi largement que les mille barrages infranchissables et périlleux dressés devant lui méritaient d'être dépassés.
« Comme tous les professeurs, je sais que les Quartiers des Serpentard s'étendent bien au-delà de leur salle commune, qu'à vous seuls, vous formez une sorte de… club, même si « secte » parait être le mot le plus approprié. Je sais également qu'il y a une hiérarchie. Et que tu es en son sommet depuis ton premier jour ici, même devant les élèves qui étaient dans les classes au dessus. Je m'étais toujours cependant demandé pourquoi… Après tout, ta famille a perdu de son prestige, vous n'êtes plus réellement les Malefoy presque royaux que vous étiez… Mais je viens de comprendre que cette hiérarchie ne prenait pas forcément en compte l'argent ou la place sociale, n'est ce pas ? »
Toby leva les yeux vers lui, un mince sourire d'un sadisme déroutant ornant ses lèvres.
« Je suis fort. Ils sont faibles. C'est aussi simple que ça. Je suis plus intelligent, plus malin, plus rapide, plus agile…
- Moins modeste ? s'esclaffa Harry en réalisant pour la première fois à quel point Toby ressemblait à son père.
- La modestie n'est qu'un masque derrière lequel ceux qui devraient ne pas se vanter se dissimulent. Je ne suis pas de ceux là. J'ai des capacités, je ne m'en cache pas.
- Sauf en cours bien évidemment. »
Le sourire de Toby s'affaissa légèrement. Il devinait de quoi parlait son professeur, mais refusa de l'admettre immédiatement.
« Pourquoi ne montres-tu pas aux autres que tu travailles ? Est-ce une honte pour les Serpentard d'être intéressés par leurs études ?
- Autrefois, je n'aurais pas eu besoin de lever le petit doigt. Les Malefoy n'étudient pas. Désormais, c'est… obligatoire. Je ne veux pas finir fabriquant de Potions ou secrétaire du secrétaire du secrétaire de je-ne-sais-quel-bureaucrate du Ministère ! »
La voix s'était assombrie, redevenant menaçante comme si cette idée même le mettait dans une rage folle. Voyant l'air surpris d'Harry, il se calma ostensiblement avant de conclure :
« Et pour ça, j'ai besoin d'avoir de bonnes notes… Mon nom représente un handicap que je ne peux pas ignorer. Et comme j'aime mon nom, je ne vais pas en changer. Etre meilleur que tout le monde, c'est ma porte de sortie. Et les Malefoy sortent toujours par la Grande Porte. Pas question de me contenter de moins bien si je peux obtenir le sommet. »
Harry réalisa que l'ambition étreignant le jeune homme pourrait se dévoiler destructrice. Il serait prêt à écraser tous les pions se dressant sur son passage. Pourtant, au lieu de l'effrayer, cette constatation le rassura. L'adolescent ne se faisait pas d'illusions, comprenant parfaitement à quel point il serait ardu pour lui d'obtenir un poste important au sein de la société sorcière… Et au lieu de baisser les bras –comme bon nombre d'enfants l'avaient fait- il se battait. Avec violence, peut-être, mais il se battait.
« Que veux-tu faire après Poudlard qui demande tant de travail ? »
Les certitudes de Toby s'évanouirent et son regard fuit un instant celui de son professeur avant qu'il n'ose prononcer :
« Aucune idée. »
Harry ouvrit l'un des tiroirs de son bureau dans lequel reposait la paperasse du ministère sur tous les travails possible. Généralement, il les donnait aux Cinquièmes Années de sa maison, mais il s'autorisa à faire une exception cette fois là, trop obnubilé par l'idée qui lui avait traversé l'esprit lorsqu'il avait vu Toby se battre. Il sortit l'un des prospectus et le glissa jusqu'à Toby qui le saisit avant d'éclater de rire.
« Auror ? Et pourquoi pas roi d'Angleterre pendant que vous y êtes ?!
- Où est le problème ?
- Le problème, c'est que les Aurors se défendent contre… Les gens comme… comme ceux avec qui j'ai toujours vécu. Pour les Aurors, les Malefoy représente le caviar de ce qu'ils aiment détruire ! Et puis, soyez réalistes, qui engagerait un Malefoy à un tel poste ?!
- La pire note que tu ais eue avec moi en sept années d'études reste un Efforts Exceptionnels. Tu es doué en Potions –le professeur Rogue ne cesse de dresser un parfait tableau de tes capacités. Tu es raisonnablement doué en Métamorphoses et te débrouille comme un chef en Sortilèges. De plus, d'après ce que je viens de voir, tu n'aurais aucune difficultés à mettre hors d'atteinte des…
- Crabbe et Goyle sont des abrutis décérébrés qui pensent plus à la nourriture et aux filles qu'à quoi que ce soit d'autres. Ce sont des proies faciles…
- Alors, attaque-moi. »
Toby se figea, stupéfait. Il hésita quelques secondes, se demandant s'il s'agissait d'un ordre ou d'une idée lancée comme ça sans réfléchir. Harry paraissait extrêmement sûr de lui pourtant et ses doigts caressaient déjà le bout de sa baguette, comme prêt à la saisir pour se défendre. Toby secoua finalement la tête et marmonna :
« Non merci.
- Réfléchis-y tout de même. Je n'hésiterais pas une seconde à te faire une lettre de motivation, et il parait qu'un mot glissé de la part de celui qu'on surnommait l'élu pourrait faire remplacer le Ministre par un gamin de six ans. »
Toby acquiesça simplement, cette idée ne parvenant pas être chassé dans un recoin de son cerveau et y prenant de plus en plus de place. Il avait toujours visé un poste important qui lui permettrait de bien gagner sa vie. Mais être Auror… L'idée le séduisait suffisamment pour qu'il se batte afin d'y parvenir. Cependant, de toute sa vie, il n'avait rêvé d'un tel poste. Etre Auror demandait tant de travail qu'il douta un instant de lui avant de se rasséréner. Oui, il en était parfaitement capable.
« Comment as-tu appris de qui Ella est la fille ? demanda Harry en le voyant prendre sa bièraubeurre, apparemment plus détendu.
- Les rumeurs se propagent dans Poudlard aussi rapidement que la bêtise…
- Et… Puis-je te demander pourquoi tu l'as défendue puisqu'elle était apparemment le sujet de ce combat inégal ? »
Toby finit son verre avec une lenteur exagérée qui mit les nerfs d'Harry à rude épreuve –la patience n'avait jamais été son fort. Puis, il expliqua sans la moindre hésitation, comme si on lui avait insufflé ce qu'il devait dire :
« Blaise Zabini, Théodore Nott et mon père ont été amis. Ils vivaient presque constamment ensemble, ont été éduqués avec les mêmes règles… La guerre les a séparés, mais vous l'avez dit tout à l'heure : les Serpentard font parfois preuve d'un état mental quasi sectaire. Ella Nott –malgré le fait que le choixpeau ait décidé de l'envoyer à Serdaigle- reste la fille d'une ancien Serpentard…
- Scarlett Higgs éprouve pourtant beaucoup de difficultés à se faire accepter.
- Ses parents sont des loques, cracha Toby, ne pouvant expliquer la véritable raison poussant les Serpentard à ignorer Scarlett. Ils n'ont jamais fait que suivre les projets du Seigneur des Ténèbres sans réfléchir. Et Scarlett fait hélas partie des faibles. La pureté du sang ne fait pas tout. De plus, Théodore Nott…
- Oui ?
- Nos pères étaient amis, professeur. Leurs chemins se sont peut-être séparés, mais mon père le considérera toujours comme tel. Crabbe, Goyle, Flint… ce sont des pions sur l'échiquier de l'aristocratie sorcière. Les familles Malefoy, Nott et Zabini en sont les rois. Et croyez moi, tant qu'elle portera le nom Nott, elle restera l'une des nôtres, quoi qu'il arrive. Et jamais personne ne lui fera de mal. »
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***
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Les doigts d'Ella frôlaient le dos des livres disposés en un fatras indescriptible et pourtant organisé sur les étagères la bibliothèque de Poudlard. Elle caressait sans même en regarder les titres chaque manuel, admirant la continuité infini des rangements. Elle avait presque l'impression que ces étagères n'avaient pas de fin. Son cœur battait à vive allure, identique aux vigoureux battements d'ailes d'un oiseau pourchassé par un chat. Il pouvait paraitre étrange que l'adrénaline s'empare de son corps alors qu'elle ne risquait rien, mais voir tant de livres lui provoquait une foule d'émotions simultanées parmi lesquels régnaient le désir et l'excitation.
Désir de tout lire sans plus attendre, d'avaler ces pavés datant des siècles précédents pour en savoir plus, encore et toujours plus. Son envie de découverte et de connaissance était illimitée, elle le savait. Et excitation. Excitation parce que qu'elle se retrouvait devant tant de livres pour la première fois de sa vie et que -si la plupart des jeunes filles ressentaient un frisson particulier dans leur bas-ventre un croisant un beau garçon, autant de culture émoustillait Ella beaucoup plus ardemment.
Ses doigts finirent par s'heurter à la limite de bois d'un rayon –du tout dernier rayon- et Ella poussa un sifflement de fureur exacerbé par la frustration. Elle observa le mur face à elle et s'apprêta à retourner en arrière, désirant retracer le même chemin en sens inverse. Elle ne put que songer à le faire qu'une voix railleuse retentit dans son dos.
« Je viens de comprendre pourquoi Serdaigle au lieu de Serpentard. »
Ella se retourna d'un bond et se retrouva face à une métisse un peu plus grande qu'elle aux courbes voluptueuses qui devaient faire fantasmer plus d'un garçon. Les traits de son visage dégageaient un magnétisme certain et Ella saisit immédiatement de qui il s'agissait en voyant le pendentif à son coup : la lettre Z formée par un serpent dont les yeux –à la pointe de la lettre- étaient représentés par deux minuscules émeraudes scintillants. Z comme Zabini. La Sam dont lui avait parlé Scarlett un peu plus tôt en insistant sur le fait qu'il ne fallait absolument pas s'attirer ses foudres car son sadisme n'avait d'égal que sa beauté. Cette phrase prenait tout son sens dans l'esprit d'Ella car Sam aurait pu représenter une parfaite Aphrodite, déesse de l'amour.
« Excuses-moi ? bredouilla Ella en tentant de retrouver son souffle face à une telle magnificence.
- Tu cajolais ces livres avec autant d'amour que s'ils s'agissaient d'hommes… Bien que tout prouve que tes caresses n'ont servi qu'au plaisir d'objets qui n'en ressentent aucun. »
Ella sentit le rouge lui monter aux joues. Associé à une légère acrimonie. Surtout que Sam se trompait sur toute la ligne. L'expérience d'Ella se résumait peut-être à un rapport hâtif sans réelle passion –et surtout sans plaisir sensuel- mais elle n'était plus une petite innocente. Pourtant, elle se tut, incapable de se défendre car elle n'avait aucune envie d'exposer sa pathétique vie sentimentale à cette fille qui paraissait beaucoup plus experte qu'elle en cette matière. Le sourire narquois de Sam fit pourtant exploser ses barrières et c'est d'une voix teinté de sarcasme qu'Ella dévoila :
« J'ai sans doute caressé plus de livres que d'hommes, mais il faut avouer que je lis beaucoup…
- Je présume que ça ne laisse guère de temps aux amusements de passer son temps dans une bibliothèque.
- Mieux vaut parfois se dispenser de certaines expériences.
- Certaines sont de celles qu'on regrette, en effet. »
Le sourire de Sam ne disparut pas, mais devint plus sincère, et c'est avec sérénité qu'elle tendit la main vers Ella, qui la serra sans hésiter une seule seconde, incitée par un elle-ne-savait-quoi la poussant à croire que ce contact était inéluctable.
« Je suis enchantée de faire ta connaissance, Ella. Bien qu'après avoir passé près d'une heure à te chercher, j'espérais te trouver partout sauf ici. Manifestement, le choixpeau n'a pas commis d'erreur en t'envoyant vers les intellectuels. C'est presque décevant… Enfin, après tout, ton père était toujours plongé dans des livres et mon père dans des femmes et ça ne les a pas empêchés d'être amis. Je ne doute pas qu'il doit y avoir une intéressante part de Serpentard en toi. Je suis impatiente de la découvrir. »
Derrière cette phrase, Ella perçut une pointe de danger qu'elle ne parvint pas à analyser. Puis elle comprit que Sam serait prête à tout pour dévoiler ses plus sombres côtés et vérifier si elle était la digne fille de son père. Elle avait beau ne pas en douter, elle espérait secrètement que ce projet ne deviendrait pas une course au sadisme.
Elle réalisa que Sam n'avait toujours pas lâché sa main et tenta de se détacher de sa prise sans y parvenir. C'est avec une stupeur mêlée d'effroi qu'elle sentit les ongles de la Serpentard s'enfoncer profondément dans sa chair. Elle dut se mordre pour taire sa douleur. Finalement Sam la lâcha et Ella remarqua quatre marques assez profondes au dos de sa main. Elle saignait très légèrement et le liquide rougeoyant recouvrait le bout des doigts de la Serpentard. Doigts que Sam porta à ses lèvres. Ella écarquilla les yeux tant la scène lui parut surréaliste. Effroyable et attirante à la fois, Sam lécha ses ongles un par un sans lâcher Ella de l'emprise d'un regard glacial.
« Toute amitié se scelle avec un peu de sang chez les Serpentard. Nous nous retrouverons plus tard ! »
Ella ne put répondre que la jeune métisse disparut, aussi furtive et dangereuse que les plus fins des prédateurs. Elle mit quelques minutes à retrouver une respiration correcte, et plus encore à échapper à la fascination qu'avait exercée Samya Zabini sur elle. Pourtant, l'adolescente d'une année son aînée lui avait fait peur. Vraiment peur.
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***
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Le professeur McGonagall écouta silencieusement –il lui fallut d'ailleurs user de toute sa force pour ne pas immédiatement étriper son collègue- le récit d'Harry. Il expliquait –avec mesure afin de ne pas dramatiser- ce qui avait conduit le fils Goyle à l'infirmerie. Le professeur Rogue, professeur principal des Serpentard, suivait la discussion avec un léger sourire railleur, estimant apparemment qu'il n'y avait aucun problème grave. Dès qu'Harry eut fini, Minerva elle ne trouva pas de quoi rire et se leva :
« Puis-je savoir pourquoi Mr Malefoy est encore à l'extérieur de mon bureau en train de faire on-ne-sait-quoi au lieu d'être ici pour une punition ou même un renvoie !?
- Parce qu'il a dix-huit ans, répliqua sèchement Severus, qu'il s'agit d'un élève d'ordinaire assez mesuré auprès des enseignants de ce château et qui demeure le meilleur étudiant de septième année que nous ayons. De plus, il a parfaitement expliqué à quoi tenait ce… malentendu.
- Qu'il l'ait fait pour sauver le ministre en personne n'aurait rien changé au fait qu'il ait été violent ! Et la violence n'est pas une chose tolérée à Poudlard aussi loin que je m'en souvienne ! »
Harry et Severus partagèrent un sourire plein de connivence et se mirent à soigneusement éviter le regard de la directrice pour se lancer dans leur propre discussion.
« Je ne pensais pas qu'Ella sera traitée différemment par les Serpentard.
- Pas par tous, rectifia Rogue avec un rictus douteux. Certains d'entre eux la haïront instantanément dès qu'ils auront connaissance de son nom. D'ailleurs… J'évite le sujet « Théodore » avec Drago à chaque fois que je le vois de peur de rouvrir de vieilles blessures. J'ai apparemment eu tort de m'inquiéter. Drago ne lui en veut pas. Avec Toby, et sûrement Sam, à ses côtés, nous n'avons pas à nous angoisser pour Ella.
- Que voulez-vous dire ?
- Simplement ce que je viens de dire. Toby et Sam savent manier leur baguette autant que le sarcasme. Pour eux, la violence n'est qu'un moyen parmi tant d'autres de régler les conflits et ils ne craignent pas de faire du mal. Nous aurons cependant à nous en faire pour les élèves… Du moins, pour ceux qui approcheront Ella un peu trop et la taquineront avec un humour peu agréable. Puisqu'elle a choisi de parler à Miss Higgs, nombre d'étudiants s'amuseront à l'humilier comme ils le font avec Scarlett. Et Toby et Sam seront là pour veiller sur elle… »
Harry comprit qu'en effet, chaque élève parlant d'Ella en des termes péjoratifs ou tentant de lui faire du mal d'une quelconque manière se retrouveraient dans la même situation que Crabbe et Goyle. Il fut à la fois rassuré –pour Ella- et angoissé –pour tous les autres.
« Je ne savais pas les Serpentard si loyaux et protecteurs, soupira Minerva comme s'il s'agissait là de deux énormes défauts.
- Les Serpentard sont assez fidèles à leur famille et à leurs amis pour tuer dès que l'une ou les autres se trouve menacés. Il n'y a rien de plus important pour eux que l'honneur… Et laisser quelqu'un faire du mal à un proche sans réagir est la plus grande source de déshonneur.
- Mais ils n'ont jamais eu aucun lien avec Ella…
- Leurs pères respectifs en avaient… Cela suffit. »
Harry resta songeur à cette réponse, son esprit lui soufflant que la beauté d'Ella donnait elle aussi une sérieuse raison à Toby de l'aider. Remarquant que Severus avait toutes les réponses à ses questions, il en tenta une nouvelle :
« Et où Toby Malefoy a-t-il appris à se battre d'une telle manière ? »
Rogue s'approcha lentement de la fenêtre, observant à la lueur du soleil couchant distillant des reflets orangés sur la pelouse, la silhouette mince et élancé d'un garçon qui courait autour du lac… Un garçon qui courait matin et soir depuis sa plus tendre enfance pour se réveiller, puis pour s'endormir. Un garçon qui au lieu de se laisser abattre par la vie qui semblait prendre plaisir à lui faire du mal, se redressait à chaque coup et courait. Toujours plus vite. Toujours plus loin.
« Il est naturellement doué pour ça… On lui a collé une baguette dans les mains avant même qu'il ne sache marcher. On lui a appris à esquiver en lui lançant des Doloris : la menace de douleur peu rendre extrêmement habile. On lui a enseigné que dans la vie, soit on tuait, soit on était tué. C'est une philosophie qu'il applique toujours, malgré le fait que la guerre soit finie.
- Ils ont tous été élevés comme ça… Et pourtant Messieurs Crabbe et Goyle ne se sont pas défendus.
- Contente-toi de sa réponse alors, Harry. L'instinct.
- L'instinct ?! »
Rogue se retourna, détachant son regard de l'ombre qui se déplaçait à un bon rythme pour le planter dans celui d'Harry.
« Crois-tu qu'il s'agit là d'une qualité que tu es le seul à posséder ? »
Harry baissa les yeux, sentant que cette fois, Severus ne s'adressait plus à lui comme à un ami mais comme à un élève qu'il avait été bien des années auparavant.
« Non, bien sûr que non… Mais mon instinct ne m'a pas empêché de prendre des coups. Lui semblait… inattaquable.
- Sembler est le maitre mot de ta phrase. Il semblait inattaquable parce qu'il souhaitait l'être. Il ne doute pas. C'est ça qui le rend plus fort. Le doute n'interfère jamais avec son but. Toby est un gagnant parce qu'il n'a jamais peur. »
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***
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Ella ne quitta la bibliothèque que lorsque Madame Pince, la bibliothécaire, l'obligea à le faire, lui conseillant de ne pas trainer dans les couloirs aussi tardivement. Apparemment, tous les professeurs étaient au courant du potentiel danger qu'elle courait et avaient pour but de la protéger un maximum et de faire attention à elle. La nuit était tombée depuis une bonne heure déjà, et Ella regretta un peu d'être seule. Elle saurait se repérer dans les dédales de couloirs, mais l'atmosphère du château de nuit était bien différente de celle régnant durant la journée. Surtout après le petit jeu de Sam Zabini auquel Ella ne pouvait s'empêcher de penser.
Pourtant, dès qu'elle repéra l'ombre mince d'une jeune fille adossée à un mur au bout du couloir qu'elle devait traverser pour trouver son dortoir, elle pria pour qu'il s'agisse de Sam. Elle pressentait que la Serpentard pouvait être effrayante, mais ne lui ferait jamais vraiment de mal… Contrairement à d'autres. La lune vint déposer son éclat sur la chevelure de la fille dont Ella ne percevait pas encore les traits. Elle était blonde. Ella tenta de ralentir les battements de son cœur et força le pas en glissant sa main dans la poche de sa robe de sorcière, serrant sa baguette magique. Elle savait se défendre.
Enfin elle comprit qu'il s'agissait d'Annabeth Flint, laquelle lui avait lancé des regards réfrigérants toute la journée, allant jusqu'à siffloter une insulte pendant le cours d'Arithmancie qu'elles partageaient. Ella tenta de se rassurer en se répétant ce qu'avaient dit Scott et Maïa : Annabeth parlait beaucoup, mais n'agissait jamais. Elle ne comprenait pas cette haine immédiate que semblait ressentir Annabeth pour elle. Etait-ce réellement parce qu'elle était jolie ? Ou juste à cause de cette histoire avec Scarlett ? Ella n'arrivait à imaginer qu'on puisse lui en vouloir pour si peu.
Elle passa devant la Serpentard, la tête haute, dissimulant habilement la peur qui lui tiraillait le ventre. Elle soupira de soulagement face à l'absence de réaction de la blondinette maigrichonne. Son soupir s'évanouit. Trois garçons et une fille quittèrent un couloir adjacent et se placèrent face à Ella, bras croisés sur leur torse, baguettes en mains.
« Ella Nott. »
Annabeth Flint avait articulé son nom avec un dégoût manifeste, méprisant ce nom comme Ella dépréciait le sien. La Serpentard vint rejoindre ses amis et une mimique –se voulant sans nul doute effrayante- apparut sur son visage alors qu'elle prenait conscience de sa supériorité. Ella aussi comprenait parfaitement qu'ils étaient cinq contre elle seule et qu'elle ne s'en sortirait sans doute pas. Pourtant elle sortit sa baguette. Un des garçons derrière elle, brun aux yeux sombres et au nez aplati, éclata d'un rire franc. Annabeth marmonna :
« Ton père a tué celui de Bletchley. Il est impatient de te le faire payer… »
Ella avala difficilement sa salive, sa gorge était sèche et son pouls rapide. Elle devrait se calmer si elle voulait s'en sortir. Elle pria silencieusement pour qu'un enseignant arpente les couloirs, sa conscience lui soufflant qu'elle devenait naïve. Elle repoussa toute trace de peur de son cerveau pour se concentrer sur les leçons de son père. Ces leçons où il lui avait inculqué avec rigueur à se défendre contre des attaques comme s'il pressentait qu'un jour, elle se retrouverait seule… Elle fit lentement tournoyer sa baguette entre ses doigts, agile, et répliqua avec un sourire hypocrite :
« Mon père a tué le sien en trois secondes. Pourquoi aurais-je peur du fils d'un looser ? »
Une lueur assassine traversa les iris sombre du principal concerné et Ella sentit toute ses forces converger vers un seul et unique but : sa victoire. Bletchley se rua sur elle. La bataille s'engagea.
Ella eut la désagréable impression qu'il s'agissait là d'un combat à mort.
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***
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Toby posa ses mains sur ses genoux en se pliant en deux, un point de côté le faisant abominablement souffrir depuis de longues minutes. Il ne s'était pas arrêté, voulant combattre le mal par le mal. Mais cette fois, il sentait que ses forces disparaissaient. Il avait besoin d'une pause. Il courait depuis plus de deux heures, tournant autour du lac une fois, puis autour du château lorsque le soleil avait totalement disparu afin d'être proche des lumières s'échappant des fenêtres.
Il plaqua une main sur sa taille, là où il avait mal, et attendit que la douleur s'efface, son cœur tambourinant jusqu'à répercuter les battements dans ses tympans. Il régula son souffle, effaça de sa manche la sueur qui collait ses cheveux à son front, puis se remit en marche. Son rythme ne dépassait pas celui d'un escargot –ou du moins, c'est ainsi qu'il se qualifia lui-même. Il s'efforça à dépasser ses limites et ses jambes retrouvèrent leurs mouvements souples et prestes dont il avait l'habitude. Son cœur semblait sur le point de lâcher, mais il n'abandonnait pas.
Courir. Courir encore. Toujours plus loin. Toujours plus vite. Jusqu'à sentir le vent siffler à ses oreilles et chaque muscle s'étirer douloureusement. Il aimait ça. Il appréciait la solitude que lui apportaient ces instants. Certains condisciples tentaient parfois de l'accompagner, mais se faisaient distancer en moins de deux. Vexés, ils retournaient à leur dortoir, essoufflés bien avant qu'une seule goutte de transpiration n'apparaisse sur lui.
Il appréciait aussi ces pensées qui agitaient son cerveau alors que ses muscles se mouvaient dans un mécanisme infaillible. Il n'avait plus besoin de penser qu'il courait. Il courait et c'est tout. Alors il pouvait réfléchir, à tout ce qui lui passait par la tête, décortiquer chaque faille qu'il se devait de combler avant de s'écrouler, imaginer aussi un futur plus confortable où il n'aurait à s'inquiéter de rien…
Mais plus que tout, il adulait cette douleur insupportable que son corps lui hurlait, suppliant des arrêts, des pauses pour pouvoir se revigorer. Toby n'écoutait jamais ces suppliques.
Dépasser ses limites.
C'était la seule chose qui comptait à ses yeux. Lorsque ses muscles s'habituaient à un rythme et ne souffraient plus… Il accélérait, jusqu'à sentir une nouvelle douleur. Il n'arrêtait que lorsque son cerveau le lui commandait.
Cette fois ci, ce ne fut pas son cerveau qui interrompit sa course, mais un cri. Il se figea, sur le qui-vive. Il n'avait pas sa baguette sur lui, ne l'emportant jamais lorsqu'il courait. Pourtant, il se remit à avancer sans hésitation, non pas pour suivre son chemin habituel mais pour pénétrer dans le château. Il perçut les bribes de sortilèges lancés par des voix différentes qu'il reconnut, et accéléra.
Il se figea devant la scène. Deux garçons de Serpentard –des Sixièmes Années- étaient écroulés contre le mur, désarmés et évanouis. Une fille de Cinquième année était ligotée par des liens invisibles. Mais ça ne l'inquiéta pas plus que ça. Il s'angoissa bien davantage pour Ella qui –recroquevillée contre un mur- subissait le mécontentement d'Annabeth et Bletchley. Il fut presque fière qu'elle ait pu se débrouiller seule et désarmer trois Serpentard –parmi les moins stupides qui plus est. Mais désormais, sa vie ne tenait sans doute plus qu'à un fil. Annabeth n'était pas de celles dont il fallait se moquer. Elle pouvait paraitre stupide et superficielle, mais s'avérait également très dangereuse. Aveuglée par la colère, elle n'hésiterait pas une seule seconde à lancer un sortilège impardonnable, sans se soucier des conséquences.
« Stop. »
Ce seul mot s'échappa de la gorge de Toby. Froid. Dur. Plus menaçant d'un Endoloris. Annabeth et Bletchley cessèrent tout mouvement avant de se retourner, lui faisant enfin face. Un sourire enjôleur se forma sur les lèvres de la Serpentard lorsqu'elle le reconnut.
« Tu veux finir le travail ? »
La gifla la désarçonna et elle vacilla, Bletchley la rattrapant de justesse alors qu'elle portait sa main à sa joue, sous le choc. Des larmes apparurent aux coins de ses yeux. De douleur et de honte. Bletchley lui, se contenta de baisser la tête en tremblant comme une feuille, soudain beaucoup moins confiant.
« Vous avez cinq secondes pour détaler avec les trois autres. »
Le ton de Toby ne permettait qu'une seule interprétation. S'ils restaient davantage, ils étaient perdus. Bletchley se rua sur ses amis alors qu'Annabeth fixait Toby. Il savait parfaitement ce qu'elle ressentait pour lui, mais s'était toujours moqué de ces sentiments. Prétentieux, il savait qu'elle ne le méritait pas. Qu'elle puisse se montrer violente ne la faisait pas forcément remonter dans son estime. Elle resterait pour lui cette pauvre pleurnicheuse de gamine qui se réfugiait dans les robes de sa mère à chaque fois que quelqu'un la bousculait un peu trop, la greluche qui amusait des garçons comme Crabbe ou Goyle. Inintéressante au possible, elle ressemblait aux autres Serpentard. Elle finit par quitter les lieux en déliant les sortilèges fixant son amie au sol et ils quittèrent le couloir en courant presque.
Alors enfin, il s'agenouilla auprès d'Ella qui tremblait de tout son corps, ne croyant pas à sa chance. Un filet de sang barrait sa joue et son poignet s'était cassé lorsqu'Annabeth l'avait forcé à lâcher sa baguette qui reposait à quelques mètres de là. Blessures physiques minimes qui pourtant ne diminuaient en rien la peur qu'elle avait ressentie.
Toby la scruta longuement, puis passa ses doigts contre ses joues rosies par l'effort, son pouce glissant contre la plaie sanglante. Pendant un bref instant de folie, elle imagina qu'il agirait comme Sam et goûterait son sang pour sceller elle-ne-savait quel pacte. Il n'en fit rien. Il sortit simplement un mouchoir de tissu brodé du blason des Malefoy de sa poche et épongea sa balafre avec une extrême douceur. Ce ne fut que lorsqu'elle cessa de trembler qu'il chuchota avec un sourire en coin quelque peu sarcastique :
« Bienvenue à Poudlard. »
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***
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Note de l'auteur _ Voilà ! xD Et ui, ils n'ont pas passés le chapitre ensemble Toby & Ella, mais je pensais que vous deviez d'abord le connaitre davantage le ptit Serpy's. lOl. Alors, petit résumé by me : Scarlett, je l'adOre... Solitaire, étrange, Serpentard malgré tout je crois. Scott & Maïa, dans le genre abrutis de service... [Pour Ceux qui se posent des questions par rapport à Maïa, je crois qu'elle n'a pas réellement envie de vivre la même chose que sa mère à l'époque de Poudlard -post rencontre avec Harry & la Clique. Et puis, c'est une fille d'Héros de Guerre après tout... Bref, c'est un mouton, comme tout l'monde ! xD [Et faut sérieusement que j'arrête de traiter mes personnages de moutons !], Harry total' dépassé par Toby, mais qui trip' avec Severus xD, Toby futur Auror ? =P Qu'est ce que je l'aime, sérieux ! Et Ella aussi, bien évidemment... Douée la petite ! Elle a quand même pu désarmer 3 Serpentards, mais bon qu'elle s'en sorte seule ça aurait été un peu exagéré tout de même...
Par rapport à Annabeth Flint & ses cheres & tendres amis... Je vais laisser l'occasion à New-Story d'exprimer son avis, petit texte qu'elle a écrit après avoir lu ce chapitre : "Une jeune fille, n'ayant pas vraiment l'air de savoir ce qu'elle faisait à cet endroit, s'approcha du quai 9 3/4 de la gare de King Cross, où se trouvaient Annabeth et sa clique. En un cri monstrueux qui imposa le silence, elle poussa avec violence les cinq amis qui se retrouvèrent allongés sur la ligne de fer. A ce moment précis, le train flamboyant arriva à la vitesse grand V et écrasa les cinq compagnons. La jeune fille, nommée Annabelle, poussa un cri de victoire, proche de la folie avant de s'enfuir en courant en s'écriant : « C'est moi qui les ai tués Tess, pas une météorite magique ! » Elle ne fut jamais retrouvée, mais cependant personne ne pleura la mort des cinq vils Serpentard." Mes fics rendent les gens fous...
Bref, nouvelle petite liste de questions du jour... Uhm... - Ella va-t-elle violer Toby sur place ? [non ok, ça c'était un coup d'essai créé par mon neurone nommé "Perversité absolu", lequel a tendance à prendre beaucoup trop de place dans ma tête !], Toby va-t-il aller tuer les autres Serpentards ensuite ?, Scott & Maïa vont-ils se calmer un peu ou pas ?, Uhm... Ouais en fait aujourd'hui, j'suis vraiment pas inspirée pour les questions. Toutes celles qui me viennent sont complètement débiles ! Alors vous allez devoir répondre à des questions imaginaires... =P
Bisous bisous, Reviews, Reviews ! ^^
*¤ Bewitch_Tales ¤*
