Note de l'Auteur _ Bonjour à tous ! Désolée pour le retard, mais j'ai été atteinte d'une flemmingite ultra-aigue, en plus d'un manque de motivation totale... Parce que je suis encOr' en mode "Page blanche". Enfin, tout ça n'a rien à voir avec vous étant donné que vos reviews continuent à affluer & je ne vous remercierais jamais assez ! =D Bref, maintenant je flippe de poster par peur de vous décevoir... lOl Pas douée, moi, hein ? xD Enfin, en tout cas, merci mille fois de tous vos reviews ! Vous n'imaginez pas à quel point ils me font tous plaisir !
Autrement, petit bug fanfictionnel actuellement... Allez savoir pourquoi, ce maudit site a décidé de retirer tous les symboles [genre les astérix, les trucs un peu différents qui ne sont ni lettres, si chiffres...] dont certains auteurs -dont je fais partie- se servent pour séparer les différentes scènes dans les chapitres... Histoire de bien saouler le monde ! Donc sur certaines de mes fictions -Inexistence & Résistance par exemple- c'est un peu le bordel... Je vais régler le problème dans les jours qui viennent en "repostant" (remplaçant les chapitres cassés par feufeupointnet par les bons chapitres tout beaux tout neufs]. Je prévenais juste pour ceux qui lisent - ou relisent - que ce n'est pô de ma faute ! =P
vOilà, citout ! Je vous laisse à votre lecture de la suite des aventures d'Ella à Poudlard...
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Ellarosa - Chapitre 07
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« A chaque femme correspond un séducteur. Son bonheur, ce n'est que de le rencontrer. »
Sören Kierkegaard.
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Ella s'éparpillait sous l'infime caresse des doigts de Toby sur sa peau, caresse qui ne faiblissait pas malgré le fait qu'il ait guéri sa blessure depuis quelques minutes déjà et essuyé son sang. Son regard d'un bleu cobalt profondément ancré dans le sien, noir, il ne cessait de câliner sa joue, comme percevant l'état de relaxation que cela provoquait chez la jeune fille. Il se montrait patient, ne la brusquait pas. Il attendait simplement que ses muscles se relâchent et qu'elle cesse de ressasser ses pensées morbides qu'elle avait été forcée d'envisager durant quelques longues minutes face aux Serpentard.
Assis devant elle, Toby restait calme, figé –hormis ses doigts câlins. Un sourire prévenant aux lèvres. Des questions plein les yeux. La rage folle et destructrice qui avait inquiété ses condisciples s'était évanouie. Pour elle. Il ne souhaitait en aucun cas l'effrayer plus qu'elle ne l'était. Il avait eu raison un peu plus tôt en apprenant à Sam qu'Ella n'était pas faite pour Serpentard. La jeune fille dégageait trop de candeur et pas une seule fibre de son être ne désirait faire du mal à qui que ce soit. Cette innocence, au lieu de l'agacer, le bouleversa plus qu'il ne put l'admettre. Il aurait pu passer sa vie, ses doigts collés contre sa peau, son regard dans le sien.
Le nuage passa finalement. Les yeux d'Ella revinrent au présent, elle chassa toute mauvaise pensée, s'efforça à coller un sourire sur son visage –trop faible pour en être réellement un d'ailleurs. Il laissa sa main retomber, brisant volontairement le contact avant de se perdre dans ce sourire. Il redevint lui. Toby Malefoy, avec ces charges trop lourdes sur son dos mille fois fouetté, avec son regard un peu trop froid et lointain. Ella ne tenta pas de faire revenir le Toby dont elle avait eu un aperçu durant quelques minutes.
Il se redressa, les muscles endoloris par la course et la colère disparue, et tendit sa main vers elle, invitation qu'Ella refusa. Elle se leva. Seule. Elle vacilla légèrement cependant, assez pour qu'un éclat d'inquiétude illumine les yeux de Toby.
« Je vais te conduire à l'infirmerie, déclara-t-il d'un ton cérémonieux en lui rendant sa baguette magique.
- Ce… ce n'est pas nécessaire.
- Ton poignet est cassé. Tu as subi un choc important. C'est nécessaire. Ce qui ne l'est pas, c'est de discuter. »
Ella releva les yeux vers lui avec un sourire, réalisant qu'apparemment elle n'avait pas le choix. Il la trainerait à l'infirmerie par les cheveux s'il le fallait. Elle acquiesça donc et il lui désigna le couloir d'un mouvement de la main. Ils s'y avancèrent en un silence de plomb et traversèrent le château sans se dire un mot. Ella brisa leur mutisme, s'empourprant un peu en osant le faire :
« Merci…
- Ne me remercie pas. Ou si, fais-le en te taisant lorsqu'on te demandera qui t'a blessée.
- Quoi ? s'exclama-t-elle en arrêtant de marcher. Et pourquoi ? »
Il s'interrompit également et un sourire orna sa bouche –un magnifique sourire qui la fit frissonner.
« Je comprends parfaitement que tu désires qu'ils soient punis. Et je t'assure qu'ils le seront. Mais à ma manière. »
Nouveau frisson qui parcourut son échine. Son cœur s'emballa. Plus de peur que de plaisir cette fois. Un éclat sauvage prenait doucement place dans les iris du jeune homme, tel un poison s'emparant d'une victime –de toute évidence consentante. Il devint aussi effrayant que Sam Zabini pendant un instant. Puis l'ombre assombrissant ce regard disparut lorsque Toby réalisa qu'il pouvait paraitre menaçant.
« Pardonne mon comportement. Les professeurs se contenteraient de les envoyer en retenue, de prévenir leurs parents, de les renvoyer quelques jours... Ce ne serait guère suffisant. Ils méritent bien pire.
- Et s'ils te dénoncent ? »
Toby haussa un sourcil puis ricana amèrement :
« J'en doute… »
Elle n'eut pas le courage de lui demander ce qu'il entendait par là. Ne le dénonceraient-ils pas car il les dirigeait ? Ou ne les dénonceraient-ils pas parce qu'ils ne pourraient plus le faire ? Cette idée la terrorisa réellement et elle se remit en route sans se soucier de ses dents qui claquaient.
Elle se sentait ridicule. Faible. Sans défense. Ce qu'elle détestait de tout son corps. Elle était solide normalement, autonome, et de dépendait de personne… Pourtant, il l'avait sauvée. Elle lui en voulue presque un instant de l'avoir fait, tout en imaginant ce qu'il se serait passé s'il n'était pas intervenu à temps. Elle se remit à trembler.
Toby n'arrivait pas à arracher son regard de cette jeune fille vacillante. Pourquoi ressentait-il soudainement ce besoin impérieux de prendre soin d'elle comme d'un oisillon blessé ? Il se doutait amplement que les Potter qui s'occupaient apparemment d'elle sans qu'il ne sache pour quelles raisons pouvaient se débrouiller… Pourtant ils avaient largement failli sur ce coup là, même s'ils ne pouvaient prévoir ce qu'il arriverait –surtout après une seule journée.
Il cessa de marcher en arrivant devant les portes de l'infirmerie et elle se tourna vers lui, toujours aussi fébrile. Elle avait l'impression d'être entourée de cotons, de flotter sur un nuage à mille lieux de là… Elle sentit qu'il ne resterait pas. Voulu s'en assurer.
« Tu ne viens pas avec moi ? »
Il faillit dire oui. Il faillit accepter de passer autant de temps qu'elle le désirait à ses côtés, jusqu'à ce qu'elle cesse de s'angoisser autant comme si elle craignait de voir les Serpentard revenir. Mais il savait qu'elle ne dormirait pas tranquille –et lui non plus- tant qu'il n'aurait pas définitivement réglé le problème. Il hésita un instant, passa ses doigts contre le long de sa joue là où la blessure n'était désormais plus qu'une légère trace blanche qui s'effacerait en quelques heures, puis s'éloigna.
Ella ne bougea plus pendant un instant jusqu'à ce que la silhouette sombre s'efface au détour d'un couloir pour ne laisser que le vide… Et cette impression qu'elle ne parvenait pas à oublier. Celle de l'adrénaline qui n'avait cessé de parcourir ses veines, même une fois les Serpentard partis, parce qu'elle sentait que Toby était mille fois plus dangereux. Pourtant, tout son être lui hurlait –malgré la peur qu'elle éprouvait instinctivement auprès de lui- qu'elle pouvait lui faire confiance.
Et il y avait autre chose encore. Un sentiment qu'elle ne parvenait pas à expliquer. Elle le chassa dans un recoin de son cerveau, se promettant d'y penser plus tard lorsqu'elle serait capable de le faire, et pénétra dans l'infirmerie, l'estomac noué. Ce ne fut que lorsque l'infirmière Abbott s'avança vers elle avec une moue anxieuse que l'adrénaline s'évapora entièrement et que toutes les forces l'ayant soutenue la quittèrent. Alors seulement, elle s'évanouit.
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Hermione défiait la bouteille. La bouteille défiait Hermione. Combat qui n'aurait ni gagnant ni perdant car l'une comme l'autre souhaitait la même chose. Boire ou être bue. Depuis une heure, Hermione restait figée, assise sur la chaise de sa cuisine plongée dans le noir, des larmes plein les yeux, des pensées plein la tête. Elle qui avait toujours réussi à tout organiser dans son crâne –comme dans sa vie- se trouvait cette fois ci incapable de classer quoi que ce soit.
Elle avait espéré retrouver Ron et Timothy en rentrant. Naïve. Elle était seule. Complètement seule. Ne supportant pas cette idée, elle s'était lancée dans une autre bataille. Prévenir ses parents, leur apprendre une vérité qui risquait de faire lâcher le cœur de son père et briser celui de sa mère. Pourtant, elle n'avait pas hésité. Elle préférait cent fois qu'ils l'apprennent vite afin qu'ils oublient encore plus vite. Leur réaction avait été violente, plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle s'était sentie minuscule, telle une gamine de six ans devant des adultes plus sages et forts qu'elle. Puis le couperet s'était abattu sur sa nuque avec une force qu'elle ne soupçonnait pas : ils voulaient rencontrer Ella.
Assise sur sa chaise, livrant un combat contre un litre de Vodka pure et surtout contre elle-même, cette idée lui paraissait de plus en plus stupide. Comment sa vie pouvait-elle se transformer aussi violemment en cauchemar ? Elle voulait revenir en arrière, non pas de seize ans, mais de quelques années pour annoncer toute la vérité aux gens qu'elle aimait dans une situation moins conflictuelle.
Elle n'y tint plus. Ses doigts s'enroulèrent autour du verre et elle souleva la bouteille. Elle n'eut pas le temps d'atteindre ses lèvres. Ron avait saisi l'alcool et s'éloigna d'Hermione qui –les yeux écarquillés- l'observait et prit quelques secondes à intégrer la réalité de sa présence. Il vida la bouteille dans l'évier avant de se tourner vers elle.
« La prochaine fois que je te découvre en train de boire, je… »
Il s'arrêta, incapable de trouver quoi dire. Quoi lui dire. La regarder en face semblait au dessus de ses forces et il s'en voulu presque d'être intervenu. Il aurait été aisé de la détester. Sa rancune et sa déception le portaient en ce sens. Mais il se refusait à la voir sombrer sans lever le petit doigt. Il lui en voulait, mais pas au point de la perdre pour toujours à cause de l'alcool. Il conclut donc :
« Je te brise cette bouteille sur la tête au lieu de la vider. »
Frêle menace qu'il lui donna l'impression d'être ridicule. Il la scruta péniblement en comprenant qu'il n'obtiendrait pas de réponse. Il ne parvenait pas à la haïr, surtout lorsqu'elle était si semblable à une loque humaine. Ses cheveux partaient dans tous les sens, sa robe était froissée, ses yeux noirs et vides, dénué d'âme comme si sa vie avait perdu tout son sens. Il s'avança, poussa la chaise pour qu'elle se retrouve face à lui, et s'abaissa jusqu'à poser un genou à terre. Elle ne le regardait toujours pas. Il frissonna. Il s'en voulait. C'était le comble de la sottise –après tout, elle avait commis nombre d'erreurs, la seul de son fait s'était déroulée la veille- mais il ne pouvait échapper à ce sentiment de culpabilité.
« Hermione… Regarde-moi. »
Il sentait qu'il s'agissait là d'une supplique. Ridicule. Il se désespérait lui-même. N'était-il pas revenu pour lui faire des reproches, l'accabler encore, lui montrer à quel point elle était détestable ? Et il se retrouvait, là, à genoux, perdant toute mesure… Faible. Mais elle restait Hermione. Cette même Hermione qui lui avait mille fois sauvé la vie, qu'il avait aimée en tant qu'amie puis en tant que femme. Cette Hermione qui –centre de son monde pendant bien des années- sombrait… Et qu'il se devait de rattraper. Il prit sa main. Elle était froide. Trop froide.
Il se releva et quitta la pièce, ne revenant que quelques minutes plus tard pour la soulever dans ses bras. Il la conduit jusqu'au salon où il avait allumé la cheminée, et la déposa sur le canapé. Il caressa doucement ses cheveux en l'attirant contre son torse. Elle pleurait. Sa culpabilité se renforça et il se décida à oublier, au moins pour quelques temps, à quel point ce qu'elle avait fait était grave. Il ne pouvait l'enfoncer davantage. Ils discuteraient un jour. Plus tard. Quand elle irait mieux. Un murmure, haché par des sanglots, lui parvint. Un simple « Je suis désolée ».
« Tu t'excuseras plus tard, d'accord ? Calme-toi… Respire à fond… »
Il laissa ses mains parcourir son dos, lentement, sentant qu'elle se relâchait un peu et qu'elle tremblait de moins en moins, les sanglots s'espaçant au fur et à mesure. Seul le crépitement du feu dans la cheminée rompait désormais ce silence de plomb, et il attendit qu'elle se soit complètement détendue avant de s'éloigner un peu d'elle.
« Où… Où est Timy ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.
- Chez tes parents. Je l'ai déposé là-bas avant de venir… Ils m'ont dit que tu leur avais appris la vérité et qu'ils souhaitaient connaitre Ella. Je crois qu'on devrait d'abord en parler aux garçons, leur expliquer qui elle est, surtout à Scott qui est bien assez grand pour l'accepter. On offrira une version plus édulcorée à Timothy pour jauger de sa réaction, et on lui révélera tout en temps voulu, d'accord ? Et… Pour Ella… Je continuerais à faire partie de la mission de l'Ordre pour retrouver Théo, mais je comprendrais que tu ne veuilles pas faire de même. Cependant, je tiens à souligner le fait que tu dois quelque chose à cette… à ta fille et que retrouver son père serait le plus… »
Il s'interrompit en remarquant le regard qu'elle portait sur lui. Un fin sourire, crispé mais un sourire tout de même, flottait sur son visage. Il se demanda si elle avait écouté un traitre mot de ce qu'il venait de dire. Il comprit que oui lorsqu'elle murmura :
« Merci… »
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La haine. Un sentiment que Toby connaissait parfaitement, qui l'avait bercé même pendant de longues années et dont il se nourrissait désormais pour tenir debout. Sentiment destructeur qui lui faisait autant de mal qu'aux gens qu'il côtoyait, mais qui l'aidait aussi à survivre. Il se sentait presque faible et sans défense lorsqu'il n'avait pas quelqu'un à haïr. Il estimait ce sentiment qui emplissait sa poitrine, qui faisait battre son cœur, qui crispait ses muscles pour anticiper chaque attaque qu'il provoquait. Tout en lui, en cet instant respirait la colère non retenue…
Et pourtant, il réfléchissait. Il souhaitait cogner, vite, fort, démonter chaque os des cinq adolescents ayant osé toucher Ella Nott… Il voulait leur faire du mal. Son cerveau, son cœur, son corps… Chaque partie de son être ne désirait que cela : la vengeance.
Mais, adossé au mur à quelques mètres de l'entrée de la salle commune des Serpentard, Toby hésitait désormais à mettre son plan en œuvre. Il risquait trop. Et il savait aussi qu'il y avait une autre solution… La haine serait toujours là, ne s'apaiserait qu'à moitié, mais au moins, il ne serait ni renvoyé, ni accusé de quoi que ce soit.
Car il connaissait la colère, sentiment qu'il avait apprivoisé et dont il reconnaissait chaque faille et chaque faiblesse. La principale résidait en chacun des cinq Serpentard : la peur. Il lui suffisait simplement d'étendre cette peur à plus grande échelle afin qu'Ella soit tranquille et qu'il puisse éviter de se trouver trop souvent dans la même pièce qu'elle.
Songer à la jeune fille qu'il avait laissée une petite demi-heure auparavant devant la porte de l'infirmerie lui serra l'estomac, comme si une créature s'était amusée à tournicoter ses organes à l'intérieur de lui. Il ne saisissait pas réellement pourquoi, mais pressentait qu'il devrait l'éviter un maximum pour ne pas prendre de risques. Risques de quoi ? lui demanda sa conscience avec un petit rire railleur. Toby ne sut quoi répondre. Mais elle lui apparaissait si frêle, si douce, si… Contraire à Sam par exemple. En fait, Ella ressemblait aux autres filles fragiles qu'il méprisait habituellement. Le fait qu'elle soit particulièrement jolie ne devait l'empêcher de la voir comme une faible femme.
Il s'obligea à chasser la jeune fille dans un coin de son cerveau et quitta enfin le couloir pour pénétrer dans les quartiers des Serpentard. Lorsqu'il entra dans la salle commune, toutes les conversations cessèrent instantanément. Les plus jeunes se recroquevillèrent sur eux-mêmes, tentant de se rendre plus petits qu'ils ne l'étaient déjà sans se douter que jamais Toby ne s'attaquerait à des enfants de douze ans trop vulnérables. Ceux qui l'intéressaient, les élèves de cinquième à dernière année, fuirent simplement son regard, certain en observant le sol, d'autres en feignant d'être absorbés par leurs devoirs. Ils étaient tous assis près de la cheminée éteinte et Toby s'avança vers eux sans ciller.
Un première année minuscule frémit devant lui en rentrant sa tête dans ses épaules et Toby le rassura en ébouriffant tendrement ses cheveux. Un soupir de soulagement secoua l'enfant. Toby ne s'attarda pas et se posta derrière le canapé sur lequel Annabeth et sa clique étaient assis. Apparemment, ils avaient raconté leurs méfaits aux autres, car tous paraissaient incroyablement gênés. Seule Sam, assise sur un fauteuil avec un magazine, lui accorda un sourire, un peu railleuse comme toujours et surtout très provocante. Elle lui hurla mentalement de leur offrir la raclée de leur vie.
Il ne le fit pas. Il s'appuya sur le dos du canapé, ses doigts frôlant l'épaule d'Annabeth qui se crispa en fermant les yeux. Il insista, et sa poigne vint finalement enserrer la chair de sa nuque. Des larmes qu'il ne voyait pas apparurent aux coins des yeux bleus de la jeune fille et il se baissa légèrement, jusqu'à ce que sa bouche caresse l'oreille de l'adolescente qui paraissait voir sa vie défiler devant elle. Il susurra d'une voix d'où émanait une fureur froide, son souffle brûlant hérissant l'échine de chaque personne présente.
« Il me faudrait une seconde pour serrer plus fort et te briser la nuque. Tu serais morte avant de t'affaisser. Ensuite, j'extirperais ma baguette de ma poche. Et quelques Avada plus tard, il ne me resterait que Bletchley. Je lui lancerais un doloris… puis un autre… puis encore un autre… Il me supplierait d'arrêter, mais je continuerais jusqu'à qu'il ne puisse même plus tenir debout. On le renverrait chez sa garce de mère à l'état de légume. »
Sa poigne se relâcha brusquement et tous inspirèrent au même moment, ayant retenu leur respiration pendant la description de ce qui pourrait leur arriver. Un rictus sadique apparut sur les traits de Toby qui se sentait dans son élément alors que tous craignaient un soudain accès de rage de sa part. Mais il contenait parfaitement ses émotions à l'instant. Sa voix se fit plus douce et il ricana :
« Je pourrais le faire, mais j'ai décidé de vérifier si vous étiez assez stupides pour tenter une fois encore de me contrarier. Quiconque approchera d'Ella Nott perdra une partie de son corps. Ou la vie. Selon mon état d'esprit. Quiconque l'humiliera ou la critiquera aura à faire à moi. »
Il se pencha à nouveau sur Annabeth et soupira :
« Je n'ai jamais tué de femme. Je suis impatient de voir ce que cela donnera. »
Sur ces mots, il tourna les talons et se dirigea vers la porte menant aux chambres. Il pénétra dans le dortoir des dernières années et ne prit pas la peine de fermer la porte, sachant que Sam le rejoindrait en quelques secondes. En effet, alors qu'il retirait son t-shirt encore humide de transpiration due à sa course, elle entra. Une lueur de fierté emplissait ses iris et c'est d'une voix dénuée d'âme qu'elle lança :
« J'ai parfois l'impression que tu te ramollies. Quand tu passes des heures à la bibliothèque ou que tu deviens tendre avec les plus jeunes ou avec Winifred Potter. Et à chaque fois que je commence à me dire que tu ne me mérites pas… Tu me prouves que c'est moi qui ne te mérite pas ! »
Toby éclata de rire, toute fureur disparue. Sam ferma la porte et s'approcha de lui avec un immense sourire avant de se laisser tomber sur son lit avec une grâce certaine.
« Et en fait… Tu as parfaitement raison à mon sujet.
- J'ai toujours raison. Mais à propos de quoi cette fois ?
- Il suffit que tu te montes odieux, cruel, sadique et… Tu deviens presque sexy ! »
Elle se moquait ouvertement de lui, il le sentait. Pourtant, il décida de jouer le jeu et envoya valdinguer ses chaussures à l'autre bout de la chambre avant de s'approcher d'elle d'une démarche plus sensuelle que jamais. Elle s'esclaffa, complètement insensible au charme qui aurait fait fondre n'importe quelle autre fille. Il la poussa avec une extrême douceur jusqu'à ce qu'elle soit allongée sous lui et approcha son visage du sien avec un sourire moqueur. Leurs bouches se frôlèrent…
Ils se mirent à rire, incapable de refreiner leur réaction face à cette situation surréaliste qui ne se produirait sans doute jamais en réalité. Il se laissa tomber sur elle pour qu'elle lui cède un peu d'espace sur son propre lit. Ils restèrent sans bouger quelques secondes, les doigts de Sam s'éparpillant sur son torse sans que cela ne lui provoque une quelconque excitation.
Comme frère et sœur, leur seule incartade à l'amitié datait de leur enfance où ils s'entrainaient à s'embrasser l'un avec l'autre –leçons qui leurs avaient bien servi par la suite. Ils avaient également découverts les différences entre hommes et femmes en s'observant. Toutes ces premières émotions chastes les rendaient totalement insensibles l'un à l'autre.
Alors que les ongles de Sam s'enroulaient autour de la chaine cernant le cou du jeune homme –chaine à laquelle était accroché une bague marqué de l'écusson des Malefoy- ses pensées dérivèrent sur Ella. Il soupira et Sam se redressa sur lui avec un froncement de sourcils. Il grimaça.
« J'ai laissé Ella seule tout à l'heure… »
Sam plissa le front, puis roula des yeux dans leurs orbites alors qu'un feulement de colère remontait de son buste.
« Tu venais d'atteindre le maximum de points possibles dans mon estime, Toby ! Pourquoi a-t-il fallu que tu retombes aussi rapidement au seuil de la médiocrité ?
- Je te demande pardon ?! S'exclama-t-il avec une certaine colère alors qu'elle semblait s'amuser à blesser son amour-propre.
- Tu redevenais froid, glacial ! Un vrai Mâle-foy dans toute sa splendeur ! Et voilà que tu t'inquiètes d'avoir abandonné une fille de seize ans qui peut sans nul doute se débrouiller seule ?! Tu es pathétique ! C'est le mot parfait ! Tu es…
- La ferme. »
Le couperet était tombé. Sam cessa de parler, vexée. La colère de Toby était plus impressionnante cependant et elle expira bruyamment avant de secouer la tête, comme pour chasser les dernières minutes de son esprit afin de ne pas créer une dispute inutile.
« Toby, ce que je veux te dire, c'est qu'elle est grande et qu'en tant que fille de Théodore Nott, elle devrait avoir les capacités de s'en sortir sans l'aide de personne. D'ailleurs, il va falloir qu'elle soit forte, parce que malgré ton charmant discours, certains n'hésiteront pas… De plus, il n'y a pas que des Serpentard à Poudlard, je te le rappelle. Elle prend un risque en parlant à Higgs… Enfin, tout ça pour dire que tu n'as pas à te sentir responsable d'elle.
- En clair, je ne dois pas t'étriper pour lui avoir fait ta petite mise en scène habituelle ? »
Sam resta bouche bée un instant sous le regard dédaigneux de Toby.
« Elle te l'a dit ?!
- Non, j'ai vu les marques sur sa main. Et il est possible que je te torture à la prochaine idiotie de ce genre. Puis-je savoir pourquoi tu t'es amusé à lui faire ça à elle ?
- Pour jauger de sa réaction… Et elle ne m'a pas déçue. Elle s'est tue et a accepté la douleur sans broncher. Ce qui me pousse à croire que nous ne devons pas la couver. Autrement, toutes ses qualités qui fourmillent en elle s'évaporeront au contact des Potter ou des abrutis de Londubat. »
Toby baissa les yeux, sentant au plus profond de lui-même que Sam disait vrai. Pourtant, Ella lui semblait si faible un peu plus tôt dans le couloir qu'il ne réussissait pas à chasser ce profond désir de la protéger. Mais il ne serait pas toujours là… Elle ne devait pas compter sur lui. Il croisa le regard de Sam qui le jaugeait avec une certaine sévérité comme si elle lisait dans ses pensées. Elle se pencha finalement sur lui, caressa sa joue avec une douceur appréciable car très rare venant d'elle et chuchota :
« Ne fais pas ça. Elle est jolie, innocente, plus parfaite et pure que toutes les filles que tu as rencontrées dans ta vie et je comprends parfaitement pourquoi ça t'attire. Mais laisse la vie l'asséner de quelques coups avant de penser à lui en donner toi-même. »
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« C'était juste une petite baisse de tension, Harry, pas la peine d'en faire tout un œuf de dragon ! »
Hannah Abbott, infirmière de Poudlard depuis la mort de Madame Pomfresh, leva les yeux au ciel, de toute évidence exaspérée par l'angoisse excessive qui défigurait Harry à cet instant précis. Ella, assise sur l'un des lits avec un morceau de chocolat, se contenta de sourire, amusée par le caractère protecteur de l'homme qui semblait au bord de la crise de nerfs alors qu'elle se sentait parfaitement bien.
Le professeur Rogue, à quelques pas d'elle, se tenait debout, bras croisés sur son torse, attentif au moindre mouvement de la part de la nouvelle étudiante qui s'était soi-disant faite pourchasser… Par un Sombral. Son récit était si détaillé que tous l'avaient crus. Sauf Severus qui savait pertinemment que les Sombrals n'attaquaient pas sans raison. De plus, doué pour évaluer de la véracité des propos des gens, il sentait qu'elle mentait. Le professeur McGonagall aussi le percevait –surtout depuis que Severus avait laissé un ricanement lui échapper durant l'histoire d'Ella- et attendait patiemment qu'Harry cesse de s'inquiéter pour enfin poser des questions essentielles.
« Elle s'est évanouie !
- Pendant un millième de secondes ! L'adrénaline portait son corps, et une fois qu'elle n'a plus eu à s'en faire, tout s'est relâché d'un coup ! Mais maintenant, elle va bien, Harry ! Alors cesse de t'inquiéter, je connais mon travail et je le fais bien ! Va donc sauver le monde et laisse-moi m'occuper de mes patients lorsqu'ils sont vraiment souffrants ! »
Mains sur les hanches, la timide Hannah Abbott laissa éclater sa colère et Harry se figea, passa nerveusement sa main dans ses cheveux, balbutia de vagues excuses, et estima préférable de garder le silence. Il se tourna donc vers Ella et lui demanda –pour la millième fois au moins :
« Tu es sûre que ça va ?
- Absolument certaine, approuva Ella en tentant de ne pas rire. J'aimerais bien aller à mon dortoir, maintenant. C'était une longue journée et…
- Comment s'appelait le Sombral qui t'a attaqué ? s'enquit brusquement Severus en lui jetant un regard signifiant « Je sais tout et tu ferais mieux de tout nous avouer ».
- Je n'ai pas pris le temps de le lui demander. »
Railleuse, elle récupérait peu à peu de sa soirée et percevait facilement les pensées du Maitre des Potions qui ne s'était pas laissé berner par son mensonge pourtant si bien dévoilé. Elle adorait mentir. Seul jeu auquel elle se soumettait à chaque fois que c'était possible –surtout lors de ses vacances où elle devenait qui elle voulait au moment où elle le voulait. Elle se plaisait alors à raconter des récits plus abracadabrants les uns que les autres sous le regard mi-figue mi-raisin de son père, seul à savoir qu'elle tissait le conte d'une existence qu'elle ne vivait pas. Il ne lui avait jamais servi la leçon du « Mentir, c'est mal », s'amusant davantage à la voir se dépêtrer comme elle le pouvait avec ses mille vies vécues pendant des vacances d'été. Pourtant, jamais elle ne s'était retrouvée dans une telle situation, face à un homme qui analysait chaque mimique de son visage et ne doutait pas qu'elle mentait –bien, mais pas assez pour l'abuser.
« Peut-être que des noms sonneront différemment à ton oreille afin que tu puisses nous en dévoiler davantage, railla Severus sans lâcher l'adolescente des yeux. Goyle ? Crabbe ? Non, la leçon de ce midi offerte par Mr Malefoy aura sans doute suffit à les calmer pendant quelques temps… »
Il remarqua qu'à l'évocation du prénom de Malefoy, Ella s'était ostensiblement raidie. Un parfait mélange d'effroi et de désir émana fugacement de son corps et Severus comprit que –d'une manière ou d'un autre- Toby avait été mêlé à cette histoire. Il s'avança vers Ella qui tenta vainement de ne pas baisser les yeux.
« As-tu eu l'occasion de discuter avec Toby Malefoy, Ella ? »
L'adolescente soupira avant de relever la tête, son regard acquiesçant à cette question car ses muscles crispés ne pouvaient le faire. Elle ne craignait pas réellement la réaction de son professeur car elle pressentait qu'il avait tout deviné, mais se doutait qu'en parlant, elle lui donnerait trop d'informations… Ce que Toby lui avait implicitement demandé de ne pas faire. Elle ne se souvenait même pas de ce qui la poussait à lui obéir, mais resta muette aux questions de Severus Rogue. Finalement il grommela en se tournant vers Harry et Minerva qui attendaient une explication de sa part.
« Nous allons faire un petit tour au Quartier des Serpentards. Ella, veux-tu bien venir avec nous si tu t'en sens capable ? »
Cette question ayant davantage la consonance d'un ordre, Ella n'eut pas l'impression d'avoir le choix et se leva de son lit, tenant désormais parfaitement sur ses jambes. L'infirmière lui glissa une autre cote de chocolat dans la main avant de la laisser sortir. Ella suivit les enseignants sans dire un mot, des idées particulièrement farfelues lui hantant l'esprit alors qu'elle se demandait en quoi sa présence était nécessaire dans les Quartiers des Serpentard. N'était-ce pas un moyen de la jeter dans la gueule du loup-garou ?
En une dizaine de minutes à peine –temps qu'Ella n'avait pas vu passer- ils se retrouvèrent devant un tableau leur demandant un mot de passe que Severus s'empressa de donner. Le passage s'ouvrit devant leurs yeux et Ella se rappela de tout ce qu'avait dit son père sur ces lieux. Dangereux pour qui ne les connaissait pas. La salle commune était plongée dans un silence étonnamment pesant, morbide. Severus craint le pire un instant et –croisant le regard d'un Premier année- se douta que quelque chose d'important s'était produit. Remarquant au fur et à mesure la présence de leur directrice et de leur professeur principal, les élèves se mirent à chuchoter avec empressement, leurs regards se posant sur Ella achevant la jeune fille.
Tous les murmures s'interrompirent à l'apparition de Toby à la porte du Dortoir. Il parut surpris de découvrir des enseignants dans cette pièce –d'aussi loin qu'il s'en rappelait, ce n'était jamais arrivé- mais se reprit vite et s'approcha d'eux, comme pour les accueillir. Maître des lieux, il s'y avança sans jeter un seul regard aux autres étudiants qui s'effaçaient sur son passage. Il accorda un sourire moqueur à son professeur de Potions qui semblait abasourdi par le calme émanant de Toby.
« Professeurs. Un problème ?
- Euh… Je… »
Severus resta pantois. Il s'était attendu à découvrir un bain de sang et se retrouvait face à un adolescent percevant son trouble et s'en délectant avec un sourire de vainqueur. Il tenta de se reprendre après avoir prit une profonde inspiration.
« J'allais vous poser la même question, Mr Malefoy. Tout le monde va bien, ici ?
- Parfaitement bien, professeur. Il n'y a absolument aucun problème que nous ne puissions résoudre seuls entre nous. »
Insolent ! Severus se sentit dépassé par les évènements et –observant les autres Serpentard- comprit qu'il se fourvoyait complètement… En plus de se ridiculiser face à ses élèves. Il se racla la gorge et désigna la sortie d'un mouvement de tête. Toby comprit et se dirigea d'un pas serein vers la porte, suivit par les trois professeurs et une Ella plus inquiète que jamais car elle se sentait point de mire de toute cette mise en scène.
Dans le couloir humide et glacial, Toby enfonça ses mains dans ses poches, son regard croisant celui d'Ella qui baissa la tête. Sam avait raison : elle n'était pas encore assez forte pour être désirée, courtisée, aimée... Et surtout pas par lui. Il remarqua qu'Harry ne l'avait pas quitté des yeux, ne s'en formalisa pas. Il sentait les prémisses d'une nouvelle relation se tisser entre l'enseignant et lui depuis leur discussion.
« Puis-je savoir ce qu'il s'est passé ?! »
Rugissement du Maître des Potions. Nouveau sourire de l'élève amusé par un tel grognement de la part de cet homme là. Pourtant, Toby décida de ne pas rire –surtout par respect pour le professeur Rogue- et répondit à la question, désirant en finir au plus vite.
« Je me suis chargé de leur faire la leçon. Je n'ai pas utilisé la violence… Du moins, pas physique ou à peine. Et il n'y aura plus aucun problème à partir de maintenant. En dehors du fait que vous ayez conduit la fille de Théodore Nott dans un lieu où elle aura trop d'ennemis héréditaires pour les compter. »
Cette remarque s'adressait aux trois professeurs qui eurent l'impression désagréable de se faire disputer car un gamin, eux qui avaient vaincu plus de Mangemorts que nombre de sorciers. Ella sentit qu'ils perdaient le contrôle de la situation et surtout qu'ils comprenaient à quel point leur décision de la placer à Poudlard avait été stupide. L'adolescente se refusa à imaginer qu'elle puisse retourner se cacher chez les Potter alors qu'elle sentait que sa place était dans ce château. Elle ne souhaitait pas abandonner Scarlett aussi rapidement, après une seule journée…
« J'ai des ennemis plus dangereux dehors. »
Toby se tourna vers elle et la jaugea avec sévérité, comme si elle n'avait en aucun cas droit à la parole dans cette conversation. Ella ne cilla pas, soutenant son regard avec affabilité. Pas question de baisser les yeux en premier. Pas question de lui montrer qu'il l'effrayait un peu trop. Il sourit finalement.
« Très bien… Alors je m'occuperais des ennemis de l'intérieur tant qu'il le faudra. »
Les professeurs ne manquèrent pas de remarquer l'étrange lueur mortelle brillant dans ces pupilles, comme si cette idée lui faisait plaisir. Un plaisir d'un sadisme indomptable. Mêlé à autre chose de bien plus dangereux. La convoitise. Seul Severus comprit que ce sentiment était dédié à Ella qui –bras croisés sur son buste- lui faisait face avec courage. Un courage trop tentant pour celui que jamais personne n'osait défier. Toby détourna finalement les yeux de cette lumière éclatante que représenta Ella pour lui et soupira à l'adresse de ses professeurs :
« Ce pendant que vous vous occuperez de ces… « Ennemis de l'extérieur ». »
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Un ronronnement de plaisir échappa à Ella dès qu'elle remonta ses couvertures sur son cou. Elle ferma les yeux, jouissant de cette ultime satisfaction qu'elle ressentait à cet instant précis. Elle était en sécurité. Non pas parce que Toby Malefoy semblait prêt à tuer pour elle ou parce qu'Harry avait lancé un sortilège au dortoir des Serdaigle permettant de sonner une alarme si quiconque tentait quoi que ce soit…
Mais parce qu'elle était à Poudlard. Le seul lieu qui –selon elle- ne pourrait jamais la trahir. Elle songea à son père qui s'amusait à lui dessiner des plans précis de ses endroits préférés du château et –les yeux clos- se souvint avec un sourire de chaque passage secret qui lui permettrait de s'en sortir si quelqu'un souhaitait lui faire du mal. Elle était prête désormais. Plus tôt, cernée par ces Serpentard à la cruauté sans limite, elle avait failli. Elle se promit que cela ne se reproduirait plus.
Maintenant qu'elle savait quels risques elle encourait, il n'était plus question de sursauter à chaque bruit ou de craindre le pire… Il lui suffirait de lever sa baguette. De se battre. L'adrénaline se distilla dans chaque partie de son corps, lui chatouilla les côtes, fourmilla dans ses orteils. Elle se défendrait contre mille ennemis s'il le fallait. L'important demeurait ce père qui à l'autre bout du monde –ou tout près ?- avait plus à craindre qu'elle.
Elle rouvrit les yeux sans se départir de son sourire puis bougea la tête. D'abord à droite où Maïa Londubat dormait à points fermés, le livre sur lequel elle s'était assoupie posée sur son buste qui se soulevait à chaque inspiration. Puis à gauche où Scarlett avait le regard rivé au plafond, le sommeil la fuyant.
« Scarlett ?
- Oui ?
- Est-ce que Poudlard peut être un lieu calme où rien ne se passe parfois ? »
Scarlett se tourna vers elle, s'appuya sur le côté, songea à la réponse appropriée, décida de ne pas mentir. Elle sourit et souffla :
« Poudlard rime avec chaos. Ce sont les surprises qui rythment chaque seconde qui passe entre ces murs. Poudlard peut paraitre calme, surtout comparé à ce qu'ont connus nos parents… Mais… non, jamais rien ne se passe comme prévu. Ton arrivée en est la preuve.
- Comment ça ? »
Ella aussi s'était tournée dans son lit afin de faire face au regard sombre de Scarlett qui luisait dans le noir.
« Je m'étais résignée à passer chaque jour de chaque année ici seule. Je n'avais jamais imaginé qu'une folle dingue fille d'un illustrissime sorcier et charmeuse de Serpentard entrerait ici ! »
Ella s'esclaffa, tentant de contenir un rire afin de ne pas s'attirer les foudres de Maïa qui l'avait plus ou moins ignorée depuis son retour, malgré ce qu'elle avait raconté à voix haute dans le dortoir. Puis, se répétant la réplique de Scarlett, s'enquit avec un froncement de sourcils :
« Charmeuse de Serpentard ? »
Un sourire mystérieux apparut sur les traits de Scarlett qui rectifia avec un haussement de sourcils malicieux :
« Ou devrais-je dire « charmeuse d'un Serpentard » ? »
Ella se tut et se remit sur le dos, entendant Scarlett faire de même dans son propre lit, clôturant ainsi la discussion. Elle avait compris le sous-entendu, un nom qui signifiait « plus Serpentard que Salazar lui-même » s'étant faufilé derrière chaque mot : Malefoy. Elle ferma les yeux très fort et tenta d'atténuer la peur.
Cette peur encore plus malsaine qui s'enchevêtrait à d'autres émotions beaucoup plus inconnues pour elle : le désir et l'incertitude. Car effrayant ou non, Toby Malefoy lui plaisait… Sans nul doute parce que derrière la peur, il lui inspirait aussi un autre sentiment qu'elle ne parvenait pas à définir. Il l'intriguait. Et comme toute Serdaigle qui se respecte, Ella détestait les mystères non résolus…
Alors qu'elle sombrait dans un sommeil lourd et sans rêve, une dernière question lui tarauda l'esprit : ce mystère valait-il qu'elle oublie sa peur ? La réponse lui apparut, mais elle l'oublia dès que Morphée l'embrassa.
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Toby s'étira en baillant, les reflets du soleil se levant sur le lac de Poudlard parant son visage de reflets brillant alors qu'il tentait de se réveiller. Prêt à piquer quelques sprints, les muscles contractés, il venait de faire quelques pompes sur l'herbe humide. Il lui restait à peine une heure avant que le château se réveille accompagné de ses élèves, et il devrait aller se doucher avant ça. Pourtant, il sommeillait encore, et éprouvait quelques difficultés à ordonner à son corps de bouger. Etouffant un second bâillement, il leva les yeux vers la tour des Serdaigle, son estomac se serrant alors qu'il imaginait une élève endormie…
Il ne se doutait pas qu'elle ne dormait plus depuis longtemps. Réveillée par l'éclat du soleil filtrant à travers une fenêtre, Ella s'était levée, prête à rabattre les rideaux. Son geste s'était interrompu de lui-même dès qu'elle l'avait aperçu, le reconnaissant instantanément de par sa gestuelle incroyablement souple et sa carrure élancée et pourtant d'apparence si stable. Elle jeta un rapide coup d'œil au réveil de Maïa. 6h35. Trop tôt pour la plupart des élèves, mais Ella savait qu'elle ne dormirait plus désormais.
Elle se mut jusqu'au coffre au pied de son lit et l'ouvrit pour en extirper ses vêtements. Elle s'avança vers la porte conduisant à la salle de bain et s'y enferma. Un quart d'heure plus tard, elle en sortit et quitta les lieux sans prendre ses affaires de cours, sachant qu'elle aurait le temps de remonter au dortoir avant d'aller à la Grande Salle. Elle n'avait pas enfilé sa robe de sorcière par-dessus son pantalon et son pull, et frissonna en parcourant les couloirs vides.
Elle passa les grandes portes et se retrouva dans le parc. Elle enroula ses bras autour de son buste et frotta ses mains contre sa peau pour se réchauffer alors qu'elle cherchait Toby du regard. Elle se gifla mentalement en se rappelant de ce qu'elle s'était promis la veille : ne plus penser à lui. Et pourtant, elle se retrouvait là, seule à attendre de l'apercevoir. Elle plissa le front en remarquant qu'il avait simplement disparu. Avait-elle passé tant de temps que ça dans cette salle de bain ?!
« Tu cherches quelqu'un ? »
En un bond elle se retrouva face à Toby qui –dans son dos quelques secondes plus tôt- la jaugeait de son regard encore à demi perdu dans le sommeil. Il souriait, heureux d'avoir pu la surprendre. Elle s'empourpra violemment et grimaça avant de se reprendre, ne désirant pas être ridicule. Elle voulait lui prouver qu'elle n'était pas que cette gamine tremblotante qu'il avait vue la veille.
« J'ai remarqué que tu étais là depuis la fenêtre de mon dortoir et… Je souhaitais te… remercier.
- Encore ? répliqua-t-il avec un rire au bord des lèvres, se moquant un peu d'elle et de ses balbutiements. Tu pourrais écrire « Merci » sur ton front ou faire un panneau… ça te ferait économiser de la salive pour rien. »
Elle baissa les yeux, une boucle brune s'échappant de sa queue de cheval pour caresser sa joue rouge. Il sourit et sa main trouva instinctivement le chemin jusqu'à cette mèche qu'il chassa avec douceur, la replaçant derrière son oreille. Un frisson parcourut son échine, toute peur disparue, remplacée par l'envie de… De quoi au juste ? Elle releva les yeux pour le contempler, surprenant une expression tendre sur ses traits pourtant capable de refléter le pire de la violence humaine.
« Tu… tu… cours ?
- Là tout de suite, non. Je suis en train de te parler. Mais avant de te surprendre à m'espionner, oui, je courais. J'ai préféré venir à ta rencontre avant qu'on-ne-sait-quelle-créature débarque pour t'enlever. Tu ne devrais pas trainer seule dans le château…
- Je peux me défendre.
- Je t'ai rencontrée à moitié dans les vapes contre un mur, à la merci d'une bande de Serpentard qui n'aurait pas hésité une seconde à…
- J'étais surprise, je ne le serais plus ! »
Sa voix avait fouetté l'air et le vent cessa brusquement de souffler, comme pour la calmer. Son regard noir lançait des éclairs de fureur nouvelle et honteuse de s'emporter, elle s'évertua à le fuir des yeux. Il resta stupéfié un millième de secondes devant les émotions si fugaces qui avaient brusquement défilé sur le visage de la jeune fille : colère, gêne, embarra… Il éclata de rire.
« Ravi de voir que tu es prête à te défendre sans te retrouver tétanisée. Bon… Je voudrais bien aller courir avant le début des cours, si tu permets. Retourne à l'intérieur. »
Un ordre ? Ella sentit sa colère réapparaitre. Il la traitait comme une petite chose fragile. L'observant, elle réalisa que comparée à lui, elle n'était en effet qu'un microbe. Il ne portait qu'un t-shirt malgré l'air glacial du matin, et elle admira la force se dégageant de ses muscles. Son buste semblait être fait dans un matériau puissant et elle eut l'étrange impression de se trouver face à une armoire à glace. Pourtant, il restait assez fin et quiconque ne se serait pas méfié aurait sans doute sous-estimé la puissance dont il pouvait faire preuve.
« Tu vas finir par me faire rougir. »
Elle cessa instantanément de l'admirer en réalisant que, si pour elle le temps s'était arrêté, lui avait eu l'occasion de suivre son regard. Il haussa un sourcil, s'amusant de son trouble comme si rien ne l'atteignait alors que –sous ses yeux scrutateurs- il avait eu l'impression de brûler, de bouillir de l'intérieur, d'être parcouru par la fièvre… Il n'en montra rien et resta aussi stoïque qu'une statue de glace.
Il crut qu'elle allait à nouveau s'empourprer et baragouiner des choses incompréhensibles, mais Ella rétablie l'ordre des choses à l'intérieur de son crâne. Elle était Ella Rose Nott, fille d'un des plus intelligents et vifs des Serpentard. Elle n'avait pas à baisser les yeux devant qui que ce soit, même pas Tobias Orion Malefoy. Surtout pas Tobias Orion Malefoy. Un coin de sa bouche tressaillit et il s'interrogea sur ses pensées. Il n'eut le temps de lui lancer une nouvelle boutade qu'elle s'approcha de lui, plaqua sa main contre son torse et lança :
« En fait, puisque tu ne fais la course qu'avec toi-même, tu en sors forcément vainqueur, non ?
- Excuses-moi ? rétorqua-t-il sans comprendre où elle voulait en venir.
- Que dirais-tu d'avoir une adversaire pour une fois ?
- Tu te proposes peut-être ? »
Il se moquait d'elle, une fois encore… Mais plus rien ne l'atteignait maintenant que sa meilleure amie Adrénaline était près d'elle, en elle.
« Exactement. »
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Toby arriva le premier sur la berge du lac, avec seulement quelques secondes d'avance. Elle aurait pu gagner. Elle aurait vraiment pu gagner. Elle courait vite. Trop vite. Il posa ses mains sur ses genoux, son souffle heurté dans son torse qui se soulevait à un rythme beaucoup trop rapide. Ses côtes allaient se briser s'il ne se calmait pas. Ella s'écroula au sol, ses boucles brunes formant un halo autour de son visage, ses bras en croix, ses yeux clos. Et un sourire béat posé sur ses lèvres. Un sourire d'extase qui ornait aussi son propre visage, il le savait. L'adrénaline de la course et le désir de gagner qui avait conduit leur pas jusqu'à l'eau les rendaient euphoriques.
« Tu… es… incroyable… haleta-t-il en se laissant finalement tomber dans l'herbe, ses coudes sur ses genoux.
- J'ai perdu ! réfuta-t-elle en se tournant très légèrement vers lui avec un air déçu.
- Mais tu cours bien. Tu es rapide… tu… »
Il s'interrompit en réalisant qu'il se montrait un peu trop enthousiaste et admiratif. Mais il n'y pouvait rien… Fermant les yeux, il revit défiler les premières minutes de la course où –sûr de lui- il s'était élancé à un rythme assez lent. Puis, elle était apparue, rapide comme l'éclair et il avait compris qu'elle lui donnerait du fil à retordre. Pendant un bref instant de folie, il avait eu envie de la bousculer dans l'herbe. Car alors qu'elle courait, son corps tendu, ses longues jambes se mouvant avec application, ses reins formant un galbe incroyable… Il avait eu du mal à conserver son masque de froideur habituel et tout son être l'avait supplié de mettre fin à cette douce torture qu'elle lui infligeait à bouger son corps d'une telle manière.
« Tu cours comme ça tous les matins ? »
Elle se redressa sur un coude, les joues encore rouges, les yeux brillant d'excitation. Merlin qu'elle était belle. Toby resta silencieux un instant, le temps de s'habituer à cette image céleste. Puis il acquiesça avant d'ajouter :
« Et tous les soirs…
- Pourquoi ? »
C'était la première fois que quelqu'un lui posait la question directement et il hésita quelques secondes avant de répondre, son cœur battant toujours aussi vite, son sourire toujours aussi large, lui toujours aussi beau.
« Pour l'impression de voler… d'être…
- Inatteignable, conclut-elle en un soupir.
- Oui… »
Il croisa son regard empli d'interrogations silencieuses qu'elle n'oserait sans doute pas prononcer de si tôt. Pourtant, comme lors de la course, Toby réalisa qu'ils n'avaient pas besoin de parler et qu'ils étaient exactement sur la même longueur d'onde. Son souffle s'apaisa alors qu'il admirait la jeune fille qui –regard désormais rivé au ciel- se lénifiait elle aussi. Au bout de quelques minutes, un sourire en coin étira ses lèvres et elle railla :
« Tu vas finir par me faire rougir ! »
Il éclata de rire face à cette réplique et se redressa en s'approchant d'elle, penchant son visage au dessus du sien. Elle riva son regard à celui de Toby et sourit, heureuse de voir qu'elle n'avait plus peur de lui… Du moins, pour l'instant. Il resta ainsi positionné durant quelques minutes avant de se rallonger.
« Je crois que mon père parlait du tien lorsqu'il disait qu'un seul homme pouvait le battre à la course…
- Oui, ils piquaient quelques sprints lorsqu'ils étaient ici avec Blaise, acquiesça-t-elle en se souvenant des histoires que lui contait son père. Ils faisaient la course et celui qui perdait faisait les devoirs des autres… Blaise gagnait rarement. Mon père dit qu'il était plus apte à cogner qu'à courir, et que le tien était si accro à la victoire qu'il lui poussait des ailes lorsqu'il souhaitait gagner !
- Comment le sais-tu ?
- Mon père adore raconter des histoires. »
Sa voix s'était voilée d'une tristesse sans nom et –la gorge serré- elle tourna la tête pour qu'il ne puisse plus voir son visage. Toby se leva sur ses avant-bras et marmonna :
« Ces ennemis de l'extérieur dont parlaient les professeurs hier et sur lesquels je n'ai droit d'obtenir aucune information ont un rapport avec ton père ? Parce que… Je suppose que si tu es arrivée là d'un seul coup, il doit y avoir une raison. Et…
- Je ne vois pas pourquoi je t'en parlerais. »
Encore une fois, sa phrase sembla suspendre le temps. Et il révisa ce qu'il pensait d'elle. Ella n'était pas faible. Elle avait juste failli la veille. Mais quelque chose en elle imposait le respect, et même lui, prince des Serpentard, s'interdit de dépasser les limites imposées lorsqu'elle haussait la voix. Il soupira simplement et tenta de la faire céder, avec douceur.
« Je ne veux pas insister mais…
- Alors tais-toi… »
Il n'y tint plus et se leva d'un bond, agacé par l'insolence du ton de la jeune fille. Il oublia instantanément à quel point elle était belle, à quel point il voulait l'aider, à quel point il devait l'aider… Il ne resta que l'offense. Il détestait que quelqu'un –qui que ce soit- s'adresse à lui d'une telle façon. Elle se tourna vers lui, observa sa silhouette se détachant sur le ciel devenu bleu et frémit. Peur. Encore. Elle inspira profondément et se mit debout à son tour.
« Je ferais mieux d'y aller... »
Et voilà qu'elle le laissait en plan. Elle n'eut le temps de faire que quelques pas qu'elle fut tirée en arrière, retournée, et plaquée contre un torse à la fermeté menaçante. Elle cessa instantanément de respirer, son visage à la hauteur de cou du jeune homme. Il faisait une bonne tête de plus qu'elle et ce malgré sa taille. Elle se sentit rapetisser jusqu'à se fondre dans l'herbe verte.
« Lâche-moi… »
Cela aurait pu ressembler à un ordre, mais elle tremblait tant que ça en devint une supplique. Mais Toby ne lâcha pas. Il en était désormais incapable. Pourtant, sa rage avait disparue aussi précipitamment qu'elle était apparue alors que le parfum frais se dégageant des boucles brunes d'Ella lui titillait les narines. Sa main se déplaça langoureusement contre sa hanche. Il enfouit son nez dans ses cheveux et huma à en perdre haleine, fermant les yeux. Il la serra plus fort et elle en eut le souffle coupé. La sentant se débattre contre lui, il lâcha finalement sa prise. Elle avala une goulée d'air en se reculant d'un pas.
« Tu… Tu…
- Pardonne-moi, annonça-t-il placidement sans la regarder, encore perdu dans ses pensées houleuses.
- Pas question. »
Elle tourna les talons et il resta paralysé, incapable de la rattraper. Ou plutôt, ne souhaitant pas la rattraper. Il songea à ce qu'avait dit Sam la veille. Laisse la vie l'asséner de quelques coups avant de penser à lui en donner toi-même. Comment était-il censé faire ça alors que tout son corps lui hurlait le contraire ? Il ferma les yeux, retrouva son calme et se rasséréna… Il lui suffisait de l'éviter soigneusement et plus jamais son parfum ne l'enivrerait, si les courbes voluptueuses de son corps, ni la voix tremblante, ni…
Il se remit à courir, sans se soucier de l'heure qui tournait. Il avait besoin de courir. Non plus pour voler, mais pour fuir. Fuir cette pensée désagréable qui lui tournait dans la tête comme une litanie macabre : elle l'obsédait.
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Sam s'amusa du regard que portait Toby sur Ella depuis que la Serdaigle avait trouvé place dans la Grande Salle pour le repas.
Quatre jours.
Quatre jours depuis l'arrivée d'Ella à Poudlard, et quatre jours que Toby scrutait l'adolescente comme un loup affamé de chair fraiche. Et pourtant, il ne lui avait plus adressé la parole, la fuyant avec tant d'aplomb que Sam analysait désormais son comportement avec plaisir.
Elle avait attendu ce moment pendant les dix-huit dernières années. Ce moment où –enfin !- Toby désirerait réellement une fille. A le voir séduire quelques midinettes sans intérêt qu'il se plaisait à torturer depuis quelques années, elle avait cru pendant un instant qu'il était gay. Parce qu'il était simplement impossible de ne jamais prendre un réel plaisir –sadisme mis à part- à passer du temps avec un membre du sexe opposé. Même elle –qui était pourtant particulièrement tordue- aimait sortir avec des garçons comme n'importe quelle fille. Lui, non.
Mais cette fois, le regard qu'il portait sur Ella était sans équivoque. Lorsqu'elle lui avait insinué qu'il l'observait un peu trop, la réplique débitée par Toby s'était perdue rapidement –lui-même ne croyant pas à ce qu'il disait. Non, il ne la regardait pas juste pour la prévenir d'une possible attaque. Il l'admirait. Il la dévorait même. Sam attendait qu'un filet de salive s'écoule de ses lèvres pour signifier à quel point il bavait littéralement sur Ella… Mais Toby se tenait bien. Il restait sérieux. L'obsession qu'il ne contrôlait pas n'empiétait pas trop sur sa vie… En dehors des repas.
Car dès qu'ils se retrouvaient dans la pièce, les deux pathétiques tourtereaux se jaugeaient. Encore cette fois. Sam soupira avec un certain agacement alors que Toby semblait vouloir fuir la réalité de ces nouveaux sentiments. Pouvait-il être aveugle à ce point ?
« Toby… »
Un grognement pour seule réponse lui apprit qu'il l'écoutait –bien qu'il n'ait pas quitté Ella des yeux. Elle poursuivit donc.
« Tu as déjà entendu parler de l'orage ? (Nouveau grognement loquasse.) Et de la foudre ? (Troisième grognement en deux minutes, la situation s'aggravait.) Et du coup de foudre ? »
La réaction la surprit elle-même alors que Toby –se tournant brusquement vers elle- renversait d'un coup de coude son verre de jus de citrouille qui inonda la table en moins de deux. Livide, l'air alarmé, il battit plusieurs fois des paupières. Sam ne l'avait jamais vu dans un tel état de panique. Et pourtant, ils avaient vécu une guerre ensemble. Il ouvrit la bouche, la referma, une goutte de sueur froide traversa sa tempe. Elle craint que son cœur lâche, mais il se reprit. Cet état d'angoisse s'était posé sur son visage pendant un millième de secondes qu'elle seule avait perçue. Mais quand tous les Serpentard tournèrent leurs regards courroucés sur lui, il était redevenu lui-même. Son regard plus sombre que jamais, il se leva d'un mouvement saccadé et quitta la Grande Salle à grands pas.
Sam leva les yeux au ciel devant cette mise en scène et sortit à son tour en prenant une pomme –se doutant qu'il se plaindrait d'avoir faim en dix minutes à peine. Elle le rattrapa au pied des marches menant aux sous sols.
« Tu comptes réellement me fuir ?
- Tant que tu diras des absurdités sans sens, oui !
- Tu n'aurais en aucun cas réagit avec une telle violence si mes mots n'avaient pas résonnés comme une vérité en toi, Tobias Orion Malefoy ! Alors cesse immédiatement de te voiler la face ! »
L'adolescent se figea puis se retourna avec une lenteur exagérée pour faire face à Sam qui –mains sur les hanches- lui accordait un regard qu'elle n'utilisait qu'en cas d'extrême urgence. Un regard signifiant : Si tu ne veux pas revenir à la raison, je t'y entrainerais par la peau des fesses. Un regard qui empêcha une quelconque possibilité de fuite.
« Je… Je…
- Oui, je sais. »
Elle sourit, attendrie par l'air perdu qu'il arborait désormais. Elle caressa doucement sa joue avant de souffler :
« Tu es amie avec une fille, non ? Tu pourrais tenter cette approche là au lieu de la regarder d'un bout de la Grande Salle avec cet air vorace qui l'effraie à coup sûr ! Même moi, tu me fais peur !
- Je ne suis pas ami avec une fille, répliqua-t-il en souriant. Je suis amie avec la fille la moins féminine du monde, capable de mettre une raclée à mille hommes ! Et je… Tu m'as dit toi-même que…
- Oublie ce que j'ai dit. Et puis, c'est une Serpentard dans l'âme ! Elle encaissera les coups avec panache. Tâche juste d'éviter de lui en donner lorsque ce n'est pas nécessaire… Tu sais être tendre, non ? »
Il haussa un sourcil, surpris. Depuis quand Sam lui conseillait-elle de se montrer doux ? Elle se moquait de lui dès qu'il l'était en annonçant qu'il n'avait rien d'un Serpentard, et encore moins d'un Malefoy… Et cette fois, elle lui demandait de l'être. Il secoua la tête et répliqua :
« Elle est sans doute déjà complètement terrorisée par mon comportement, Sam… Et je la comprends parfaitement étant donné que tout mon savoir faire en matière de séduction semble avoir fondu comme neige au soleil dès son arrivée ! Je suis devenu maladroit et… Je déteste ça ! Il n'est pas question que je l'approche tant que je n'aurais pas retrouvé un semblant de dignité !
- Et tu penses sérieusement que ça va arriver ? Parce que le seul moyen que tu aurais de redevenir un peu toi-même, ça serait d'agir comme si de rien n'était et de draguer quelqu'un d'autre… Et ça, il n'en est même pas question ! Dans la situation actuelle, tu risques d'être bien trop ridicule… »
Toby serra les dents en songeant qu'avoir une amie comme Sam relevait de la psychomagie ! Elle ne l'encourageait pas, n'était pas particulièrement gentille la plupart du temps et semblait s'amuser à le voir se dépêtrer seul dans ses problèmes. Et celui concernant Ella était sans doute le plus gros problème qu'il ait eu de sa vie !
Habituellement, Toby contrôlait parfaitement bien ses sentiments –en dehors de la folle colère qui bouillonnait en lui. Mais cette fois, tout lui paraissait plus dur et il doutait sérieusement de lui. Comment pourrait-il la séduire si lui-même ne se sentait pas dans son état normal ? Il passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffa et ordonna à son cerveau de travailler un peu. Il devait trouver une solution à son problème –en dehors de la fuite du pays ou d'un meurtre- et il n'y arriverait sans doute pas facilement. Il accepta la pomme que lui tendit Sam avec un sourire, et se rassura. Trouver un plan s'avérerait plus simple une fois l'estomac plein.
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Alors que les élèves rangeaient leurs affaires afin de rejoindre le cours suivant, Harry adressa un signe à Ella qui s'approcha en serrant ses manuels contre sa poitrine, l'air gênée. Harry n'eut pas le temps d'expliquer pourquoi il souhaitait lui parlait qu'elle débita un flot de paroles ininterrompues :
« Je sais que je suis nulle et que je ne comprends rien à rien ! Mais je passe vraiment toutes mes soirées à la bibliothèque pour étudier la Défense Contre les Forces du Mal ! Sauf qu'à chaque fois que vous citez autre chose –une créature, un sortilège…- que je ne connais pas, je perds mes moyens et… Je n'ai pas encore eu le temps de lire tout ce que je devrais savoir à mon niveau ! Mais je promets de travailler tout le week-end pour…
- Ella ! coupa Harry en se levant pour qu'elle se taise.
- Oui ?
- Je… Je ne voulais pas te parler du cours. D'ailleurs, nous n'avons fait aucun devoir cette semaine, donc je n'avais absolument aucune idée des difficultés que tu penses devoir affronter. Je reprendrais tous les cours avec toi ce week-end si tu veux, d'accord ? »
Ella acquiesça en soupirant de soulagement, comme si elle craignait réellement qu'il lui fasse des réflexions… Car elle ne comprenait définitivement rien à la Défense Contre les Forces du Mal. Ce cours n'avait aucun sens à ses yeux et elle avait beau lire mille bouquins sur le sujet, il n'en demeurait pas moins qu'elle ne voyait pas l'intérêt de ces leçons.
Comme le cours d'Astronomie où elle avait finalement dessiné des papillons sur la carte du ciel qu'elle était censée faire car elle ne connaissait presque aucun nom d'étoile. Le cours d'Arithmancie l'avait rendu presque suicidaire et celui au Soins aux Créatures Magiques s'était avéré un échec cuisant dès que le professeur Charlie –qui demandait à ce que ses élèves l'appellent par son prénom- avait évoqué un animal bizarre et inintéressant. Ella avait passé le cours à se ronger les ongles pour seule occupation.
Puis il y avait eu le pire : le cours d'Histoire de la Magie où le professeur avait parlé des Mangemorts comme de larves –mot utilisé environ vingt fois en deux heures- et où Ella s'était mise en colère. La leçon s'était terminée dans le bureau du professeur McGonagall avec un professeur McLaggen couvert de furoncles. Elle avait écopé d'une retenue et d'une jolie réputation.
Elle aurait presque pu supplier Harry de la sortir de Poudlard si elle n'avait pas eu tant de raisons de rester. La première tenait en un seul prénom : Scarlett. Car Scarlett était sans doute la fille la plus intéressante avec qui Ella ait eu l'occasion de parler et elles entretenaient depuis quelques jours une réelle relation amicale qui surprenait grandement Ella –laquelle n'avait jamais eu d'amis.
Puis il y avait le cours de Potions, véritable plaisir alors que le professeur Rogue –impressionné par son élève- lui demandait de fabriquer des potions plus complexes que celles des autres, vexant indéniablement les Serdaigle qui s'imaginaient plus intelligents que tout le monde. L'arrivée d'Ella les avait remis à leur place et ils avaient réalisé qu'il leur restait encore beaucoup de choses à apprendre.
Le cours de Botanique lui donnait l'impression d'être un génie et elle était passée du rôle de simple élève à celui d'assistante du professeur en un quart d'heure à peine. Pour la première fois de sa vie, elle s'était sentie réellement utile et converser avec Neville Londubat lui rappelait certaines discussions avec son père. Elle était heureuse d'avoir rencontré un tel féru des plantes, plus passionné que bon nombre de botanistes.
Elle appréciait également les cours de Métamorphose où le professeur McGonagall l'observait avec un immense sourire nostalgique. Ella avait parfaitement conscience qu'elle rappelait sa mère à l'enseignante, mais ne s'en offensait pas. Elle aimait trop la vieille animagus pour ça. Et il y avait tout le reste… Les repas dans la Grande Salle, cette immense bibliothèque qui pour elle –avide de connaissance- équivalait à un paradis terrestre, l'atmosphère magique régnant dans ces lieux ancestraux…
Puis Toby. Toby qui restait une énigme trop complexe pour qu'elle ose s'en approcher. Il passait son temps à la dévorer des yeux –ce que la quasi-totalité de l'école avait par ailleurs remarqué- et ne tentait pourtant même pas de lui adresser la parole ce qui s'avérait étrangement frustrant. Mais elle se refusait à faire le premier pas en sa direction, toujours trop agacée par la violence qui semblait pouvoir jaillir à chaque seconde et dont elle ne souhaitait absolument pas devenir la cible.
Ella revint sur Terre dès qu'Harry se racla la gorge et s'empourpra en comprenant qu'elle avait été trop longtemps plongée dans ses pensées. Elle s'excusa d'un regard et s'installa face à lui lorsqu'il le proposa. Elle comprit que le sujet évoqué ne serait guère plaisant et tenta de se préparer mentalement à ne pas perdre la face.
« Qu'est ce qu'il se passe ? Vous avez de nouvelles pistes pour mon père ?
- Non. Les Aurors étudient ce que nous avons, Neville continu à se renseigner, mais si on veut faire les choses bien et ne pas se faire repérer –ce qui pourrait mettre la vie de ton père en danger- ça va prendre un peu de temps.
- D'accord… Alors… Alors, qu'est ce qu'il se passe ? »
Harry passa ses doigts dans ses cheveux avec une grimace qui n'appartenait qu'à lui, signe de sa gêne incontestable, mais après une vague hésitation se rappela qu'il n'avait pas vraiment le choix.
« C'est à propos de ta mère… Elle a annoncé la vérité à Ron, ça tu le sais, mais aussi à ses parents : tes grands-parents. Et Mr et Madame Granger souhaiteraient faire ta connaissance. Je sais que ça peut te paraitre un peu rapide étant donné que tu n'as pas encore eu l'occasion de réellement discuter avec Hermione, mais… Tes grands-parents sont extraordinaires. Ils ont pris beaucoup de risques pendant la guerre pour tes… principalement pour Scott et Timothy. Et puis, ils n'ont rien à voir avec la décision de ta mère donc je crois que ce serait bêtement méchant de les punir pour une faute dont ils ne savaient rien jusqu'à il y a quelques jours.
- Vous aviez préparé ce petit discours à l'avance, non ? s'esclaffa Ella.
- Oui… ça se voit tant que ça ? (Ella acquiesça.) Alors… Qu'en penses-tu ? »
Ella resta silencieuse. En effet, ses grands-parents n'avaient rien à voir avec la colère qu'elle ressentait envers sa mère, mais elle n'arrivait tout de même pas à se mettre dans le crâne l'idée qu'elle puisse avoir des grands-parents… Elle se posait trop de questions –son père ne les connaissant que trop peu pour parler d'eux- et se demanda si la situation n'était pas trop complexe pour survivre à une réunion de famille.
« Ce serait à quelle occasion ?
- Et bien… Tous les samedis soirs, Hermione, Ron et les garçons mangent chez eux généralement. Simple repas de famille hebdomadaire. Et, ils souhaitaient que tu te joignes à eux. J'ai trouvé l'idée un peu trop risquée et j'ai proposé de faire ça chez nous plutôt. Comme ça, s'il y a le moindre problème, tu pourras toujours te réfugier quelque part au lieu d'être dans la maison d'inconnus. De plus, Ginny, Winifred et moi serions présents, ainsi d'Hypérion que tu devrais rencontrer ce week-end.
- Mais Scott et Timothy ne sont pas au courant eux…
- Ils le seront. Hermione va leur parler. Mais si… On ne te force à rien, Ella. Je comprendrais parfaitement que tu refuses ! D'accord ? Ils pourront bien faire ta connaissance plus tard si tu le désires…
- Mais vous, vous pensez que…
- Qu'il vaut mieux briser la glace dès maintenant. »
Son ton était sans appel, il ne doutait pas une seule seconde et Ella se rangea immédiatement de son avis en comprenant pourquoi tous n'avaient pas hésité à le suivre pendant la guerre. Il dégageait trop de force pour que quiconque pense à ne pas écouter ce qu'il avait à dire. Alors elle inspira à fond et acquiesça.
« D'accord. Je veux bien les rencontrer. »
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Scarlett posa sa plume au sol en soupirant, son regard vrillé à son devoir de Sortilèges dont elle venait de rédiger la conclusion. Elle releva la tête en entendant la porte du dortoir s'ouvrir et ne lâcha pas Ella des yeux jusqu'à ce que cette dernière s'écroule sur son lit et enfonce son visage dans l'oreiller. Scarlett se leva et prit place sur son propre lit, face à Ella qui ronchonnait en battant des pieds sur le plaid recouvrant son matelas.
« Tu vas continuer à tabasser ce pauvre couvre-lit ou tu vas m'expliquer ce qu'il t'arrive ? Cette garce de Flint s'est encore amusée à te prendre pour un punching-ball ? Ou…
- Je vais passer le pire samedi soir de toute l'histoire des samedis soirs de l'univers…
- Ah oui, je connais ça. Mes parents ont été arrêtés par le Ministère un samedi soir. »
Ella se redressa d'un geste, les yeux écarquillés, les joues rougies par la honte.
« Oh non… Je… Je suis désolée ! C'était… déplacé… Parce que pour moi ce n'est pas aussi…
- Je blaguais, coupa Scarlett avec un immense sourire. C'était juste pour te pousser à relativiser tes problèmes.
- Génial… ça a marché ! »
Scarlett plaisantait souvent sur le sujet « parents à Azkaban » ce qui poussait Ella à croire que pour elle la situation était bien plus atroce que l'adolescente ne souhaitait le montrer. Pourtant, elle n'osait pas encore poser la moindre question afin de ne pas briser le fragile équilibre d'une amitié naissante. Et elle non plus n'avait abordé que de rares sujets concernant sa vie de famille, ne désirant guère dévoiler la complexité de son existence depuis quelques temps. Néanmoins, elle aurait presque souhaité le faire ce soir là, pour se sentir un peu plus légère, tenter d'utiliser dérisions et sarcasmes et ne plus penser au lendemain.
« Alors, que se passe-t-il de si affreux demain soir ?
- Et bien… Je vais devoir supporter une sorte de diner familial avec des gens que je ne connais pas assez… »
Scarlett plissa le front, mais elle n'eut pas le temps de demander à Ella ce qu'elle entendait par « Familial mais inconnu » et grimaça en voyant Maïa et deux autres Serdaigle de leur classer pénétrer dans le dortoir en discutant. Ella haussa les épaules comme pour tranquilliser Scarlett qui rêva un instant de pousser les trois filles à l'extérieur par la peau des fesses. Le regard de Maïa passa sur Ella comme si elle ne la voyait pas et elle continua à discuter.
Ella eut envie de l'égorger. Comment la fille de Neville et Luna pouvait-elle être si pathétiquement identique aux adolescentes de quinze ans ? Où était passé la timidité maladive de son géniteur et le grain de folie maternel ? Ella avait perdu toute chance de découvrir ces traits de caractère en passant du côté sombre de la barrière en compagnie de Scarlett. Elle ne regrettait pas son choix, mais peinait à réaliser qu'une alliée lui aurait été salutaire dès l'instant où Scott apprendrait qu'ils étaient demi-frère et sœur.
Lisa Boots –Serdaigle de leur âge- attira brusquement l'attention sur un petit carnet trônant sur la table de nuit d'Ella et s'en empara à la vitesse de l'éclair sous le rire de Maïa et de la fille qu'Ella surnommait la « Fille aphone » car en dehors de gloussement, rien ne sortait jamais de sa bouche.
« Et bien, Nott, on tient un journal intime ? Tu y parles du beau Toby, non ? »
Ella se leva d'un bond alors que la blondinette faisait mine de tourner les pages sans pourtant lire un mot de ce qu'il était écrit. Scarlett aussi s'était levée, ne comprenant pas l'importance qu'avait cet objet pour Ella mais prête à la défendre coûte-que-coûte. Maïa ne quitta pas son lit, observant le spectacle de loin sans réagir.
« Lâche ça, Lisa ! lança froidement Ella s'en s'approchant. C'est à mon père.
- Comme si j'allais te croire ! Alors, dis-moi où sont les passages sur Toby là dedans…
- Contrairement à toi, je ne me transforme pas en idiote à chaque fois qu'il nous fait l'honneur de son illustrissime présence ! Et ce n'est pas à moi, mais à mon père, alors rends le moi !
- Sinon quoi ? »
Ella sortit sa baguette de sa poche sans la moindre hésitation et Scarlett écarquilla les yeux, voyant pour la première fois Ella perdre le contrôle d'elle-même. Lisa se retrouva plaquée contre le mur en avalant difficilement sa salive et Maïa se décida enfin à se lever pour se placer entre les deux duellistes.
« C'est bon, Ella, lâche ça ! C'est juste un vieux journal sans importance. Tu ne vas pas menacer Lisa juste pour ça.
- Tu trouves que j'ai l'air d'hésiter à l'idée de lui envoyer une punition suffisante pour l'atteinte des droits privés ? Qu'elle me rende ce « vieux journal sans importance » et l'histoire sera réglée ! »
Maïa mordilla sa lèvre inférieure avant de tourner le dos à Ella pour faire face à Lisa, et tendit la main. La blonde plaça directement le journal entre les mains de Maïa et Ella poussa un bref soupir de soulagement, rangeant sa baguette pour ne pas se mettre à trembler et lancer n'importe quel sort. Maïa ne put résister à la tentation de vérifier si Ella disait vrai en affirmant que ce journal n'était pas le sien et l'ouvrit en son milieu. « En sortant de la salle de bain hier soir, Hermione tortillait nerveusement son alliance. », « Embrasse-moi encore. Je… Je veux que tu m'embrasses. »…
Maïa se retourna en une lenteur angoissante, bouche entrouverte, le souffle court. Elle leva les yeux vers Ella qui baissa les siens en sentant que son arbre généalogique serait très rapidement connu de tout Poudlard.
« Tu… Tu… bégaya Maïa. Hermione et ton père ? Ils… ils ont… eu une liaison ? (Voyant qu'Ella ne disait rien, elle reprit après une courte minute :) Le genre… liaison qui pousse à la procréation d'un enfant illégitime qu'on cache ? Tu… Tu es née quand ?
- Le dix-huit aout.
- Oh non… Ce n'est pas vrai… C'est…
- Tu es la fille d'Hermione Granger ?! »
La voix de Scarlett sortit Ella de sa torpeur et elle acquiesça lentement, incapable de mentir. Maïa referma le journal avec une violence incroyable comme si tout était de la faute de ce pauvre carnet et le rendit à Ella d'un mouvement sec avant de tourner les talons.
« Ne le dis pas à Scott ! ordonna Ella en serrant le journal contre sa poitrine avec l'impression de respirer à nouveau.
- C'est mon meilleur ami et il n'est pas question que je lui cache ça !
- Ses parents doivent le lui dire… Et… Je doute qu'il apprécie de l'apprendre par toi.
- Personnellement –et le connaissant beaucoup mieux que toi- je sais qu'il n'appréciera pas la nouvelle, quelle que soit la personne qui la lui annonce. Et je ne mens jamais à mon meilleur ami. »
Elle ne laissa pas le temps à Ella de la rattraper et quitta les lieux, suivie par les deux autres élèves. Seule Scarlett resta et Ella revint vers elle avec un nœud au ventre, comprenant que les moments où Scott l'ignorait seraient remplacés par des regards assassins et toute autre chose qu'il réservait habituellement aux Serpentards. Pourtant, en se tournant vers Scarlett, ce fut sa réaction qu'elle craint.
« Alors…
- Alors ton père est définitivement le type le plus novateur du monde ! Le coup du « je tourne le dos à mes parents » n'équivaut même pas au coup du « je couche avec une Sang-de-Bourbe » ! Et le coup « J'ai un enfant à cette Sang-de-Bourbe qui se trouve être Hermione Granger »… C'est du pur Théodore Nott ! Il vient d'entrer dans la légende ! »
Ella haussa un sourcil en tentant de comprendre si Scarlett plaisantait. Mais seule l'admiration non feinte prenait place sur le visage aux traits lisses de Scarlett, et Ella conclut ces mots en un éclat de rire. Scarlett était la personne la plus anormale de l'univers. Définitivement.
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Note de l'auteur _ vOilà ! ^^' Alors, ptit résumé by me : J'aime pô c'chapitre ! xD Enfin à force de le relire, je le trouve... plat ? Enfin bref... J'veux un Toby ! xD Non, mais vraiment... Bon, un peu schizO sur les bords, mais je crois que c'est pour ça que je l'aime. Il passe de l'ange au démon en deux nanosecondes top-chrono ! Sam, toujours sympa xD -& pis vous avez vu, elle fait le coup du "glauque-sanglant"à tout l'monde [je pense même qu'elle a dû l'faire à Toby quand ils étaient ptits, le coup du pacte du sang !]... & puis, quand je parle de coup de foudre, ne voyez pas le truc romantique... xD Enfin dans le sens où le coup de foudre c'est tout d'abord physique, un peu hormonale, et totalement chimique plus que "Oh ils vont s'aimer pour toujours, l'éclair tombe sur eux & paf ils s'imaginent mariés avec trente-six bambins dans une maison avec un petit ruisseau et un labrador"... (j'ai une de ces imaginations parfois ! xD) Mais disons que physiquement Toby est fOu d'Ella... une Ella mode "viens pas m'chercher des noises !" -bah oui, faut pas toucher à son papa. Remarque : je la trouve de plus en plus capricieuse, y'a des scènes où j'ai envie de lui dire "Euh, ma fille, on sait que t'a vécu seul avec ton papounet d'amour prêt à vendre son âme pour t'épargner la moindre égratinure, mais dans le monde normal, tu vas saigner !" Scarlett complètement tordue dans son genre... Enfin, au moins elle prend ce genre d'infos assez bien ! lOl. Ron/Hermione... Nom d'un Dragon, heureusement qu'il est là l'rouquin tout de même hein ! Enfin y'a un autre rouquin dont on se passerait bien cependant... Severus dépassé par les événements, Harry ultra-protecteur...
Au prochain chapitre, un diner familial... Alors imaginez un instant qu'Harry se retrouve téléporté dans le passé à l'époque de la première guerre au beau milieu du manoir Malefoy. Vous imaginez la façon dont ils s'arracheraient tous la tête, les cheveux & les orteils... ? Bah, c'est plus ou moins à ça que ça va ressembler. xD Métaphoriquement parlant bien évidemment. Reste à savoir qui va jouer le rôle d'Harry dans cette scène Uhm... xD & puis le retour d'Hypérion dans toute sa splendeur ! Pas de Toby par contre... ça va être ça pendant quelques temps. Un ou deux chapitres à Poudlard avec les jeunes, un ou deux chapitres chez les Pot'Potter avec les vieux. ^^' vOili vOulou !
Enfin bref, j'espère que ce chapitre vous aura plu... Et j'espère pouvoir envoyer la suite rapidement -et surtout me remettre à écrire, ralala ! Enfin bref, je vous remerci encore une fois pour tous vos reviews & à bientôt ! -pas en mode *discussion* ou *dit des débilités* aujourd'hui, dizOlée...
Bisous bisous, Reviews, Reviews ! ^^
*¤ Bewitch_Tales ¤*
