Note de l'Auteur _ Il y a quelques semaines, je prenais la super bonne résolution de : 1- Répondre aux reviews plus rapidement & 2- Poster un peu plus vite également. Bon, apparemment, ce genre de résolutions, c'est comme celles du premier de l'an -j'arrêterais de me droguer au Coca, je ferais la vaiselle avant qu'elle commence à déborder de l'évier, j'arrêterais de me ronger les ongles, j'arrêterais d'être une vraie garce quand je suis en colère xD-... je ne les tiens pas. Enfin, j'avais tout de même promis que "Non, je n'abandonnerais pas cette fiction" & "Oui, l'inspiration allait revenir"...
& Padam ! =D Enfin, déjà, je n'abandonnerais pas -sauf dans le cas où je me fais rouler dessus par le Magicobus- mais oui, après trois mois d'abandon total, madame l'Inspiration s'est faufilée par mon oreille droite -en un frisson peu agréable, mais ça en vaut la peine; s'est reconnectée à mon dernier neurone, et m'a conduite de force jusqu'à mon clavier pour que je termine enfin le chapitre 13 sur lequel j'étais depuis beaucoup trop longtemps. Enfin, bon, vous voyiez bien, je recommence à raconter des idioties pour votre plus grand bonheur... [Je vous interdis de lever les yeux au ciel !]
Tout ça pour dire -oui, comme toujours, ça mène quelque part, même si vous vous demandez où- que je suis dans mon chapitre 14 [Alors là, j'ai un grand sourire sadique aux lèvres mOuhahahaha] & que si je continu à bien avancer & que l'Inspiration ne part pas, je recommencerais à poster à mon rythme habituel. C'est à dire un chapitre par semaine.
Sinon, ptites réponses aux questions posées fréquemment [euh de la part des gens non inscrits ^^] : 1 - En fait, Ella vous expliquera [enfin, à Toby xD Mais bon, vous lirez quoi =P] elle-même dans quelle situation elle a déjà fait l'amour, & vous l'saurez déjà plus ou moins dans ce chapitre. & non, rien de glauque, rassurez-vous... ^^' 2 - Mais non, il n'est pas VRAIMENT amoureux d'elle. Enfin, il l'est pas au point de sauter sous un train pour elle & d'imaginer les prénoms de leurs enfants. Il craque juste. C'est un ado ! xD Un Malefoy, certes, mais un ado quand même. 3 - Humm... Bon alors, j'ai peut-être l'esprit franchement tordu [oui, ce ne serait pas la première fois qu'on me le dit] mais... Bon, Ella l'a déjà fait donc... [Va franchement passer par une fille à l'esprit dérangé ! Mais non, c'est juste que je suis moins romantique qu'il n'y parait xD] elle ne va pas jouer les vierges effarouchées ! lOl elle a déjà fait l'amour, lui aussi [plus qu'elle d'ailleurs =P], ils sont vaccinés [z'Ont des vaccins les Sorciers ? xD] et franchement plus adultes que bien des gens de 2o ans & ils se plaisent mutuellement donc... Rajouter un peu de sexe à tout ça, ça devrait pas leur faire peur, non ? [enfin pour l'instant, parce qu'après, Ella va virer parano ! xD] Enfin, je suis peut-être vraiment anormale [naaaan, me le dites pas ! xD] mais j'estime que... *tais-toi Tess, tais-toi !* le sexe n'est pas forcèment ultra-important dans ce genre de début de relation. ça, y'est, j'l'ai dit ! xD
Autrement... J'espère que vos examens à tous se sont bien passés & qu'aucun d'entre vous n'est mort à cause de la chaleur. Et merci à tous pour vos reviews =D ça fait toujours autant plaisir. J'espère que vous continuerez comme ça, bien que je sache parfaitement que pendant les vacances, certains s'en vont... Sur ce...
Bonne lecture !
.
.
Ellarosa - Chapitre 11
.
.
« Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon. »
Jacques Derrida.
.
.
Trois semaines. Trois semaines d'étreintes presque platoniques, de baisers sur la joue, de tendres caresses… Trois semaines de nuits folles dans une pièce au plafond magique. Trois semaines de courses effrénées matins et soirs. Trois semaines d'intenses discussions. Trois semaines de sourires aux détours des couloirs. Trois semaines d'effleurements distraits. Trois semaines de soupirs de désillusion à chaque « Au revoir ». Trois semaines de « Permission accordée ? » qui ne l'était jamais. Trois semaines de doutes, d'hésitations, de craintes… Trois semaines qui avaient ostensiblement rapproché Toby et Ella, scellant une relation spéciale et rudement épicée.
Deux week-ends. Deux week-ends de recherches tendues, de sous-entendus, de demandes silencieuses, de regards furtifs, de moments de gênes… Deux week-ends qui s'étaient avérés complètement infructueux et où chaque membre de l'Ordre du Phoenix s'était dévoilé comme absolument inefficace. Deux week-ends de faux espoirs pour Ella qui commençait sérieusement à désespérer.
Mais pire que tout, trois semaines où Scott, comme Maïa, comme d'autres élèves encore s'étaient mis en tête de la rendre folle, accumulant les réflexions et remarques désobligeantes, la pointant du doigt en ricanant. Ils évitaient pourtant soigneusement toute critique ou gloussement dès que Toby s'approchait d'elle, craignant tous les regards assassins qu'il leur envoyait à chaque fois. Trois semaines de Sam aussi qui la jaugeait comme si elle représentait une sorte de machine dangereusement explosive et qu'elle attendait avec impatience de la voir hurler et cogner tout le monde…
Ella avait l'étrange impression de poursuivre plusieurs vies totalement différentes : celle auprès des Potter et autres membres de l'Ordre, celle auprès les étudiants qui la traitaient comme une lépreuse en dehors de Scarlett, et celle qui l'unissait à Toby pendant une bonne partie de ses nuits.
Et elle ne pouvait s'empêcher de penser à Poudlard lorsqu'elle était chez les Potter –comme elle pensait à son père dès qu'elle se retrouvait à Poudlard. Assise sur le canapé du salon, un grimoire d'Astronomie –prêté par Toby- sur les genoux, son esprit voguait vers la pièce étoilée où la veille, le jeune homme s'était mis à câliner le haut de sa jambe avec un naturel déconcertant. Pas une seconde elle n'avait songé à l'arrêter et –alors qu'il récitait l'un de ses petits discours habituels sur la constellation du Scorpion- la main de Toby avait cajolé sa cuisse. Jusqu'à ce qu'il réalise qu'elle n'écoutait plus rien de ce qu'il disait, trop fiévreuse et emportée par ses caresses. Il n'avait réprimé son envie de rire, et un rapide baiser sur son front plus tard, il s'était éloigné d'elle.
Ses pensées s'interrompirent dès qu'Hypérion s'installa auprès d'elle sur le canapé avec un magazine de Quidditch presque en morceaux à force d'être feuilleté simplement parce qu'une double page lui était consacré. Il le lisait en boucle depuis deux jours, et récitait quelques extraits à tous ceux qui avaient le malheur de le croiser.
« Tu sais ce qu'ils disent là dedans ? s'exclama-t-il avec un grand sourire, ses yeux pétillants de joie.
- Que tu es de loin le joueur le plus sexy de la décennie, un géni du Quidditch, le futur Dai Llewellyn… Et tout un tas d'autres choses très gentilles. Si l'article avait été écrit par un homme, j'aurais eu quelques doutes…
- Il a été écrit par un homme ! » sourit Hypérion avec un regard qui en disait long.
Ella haussa un sourcil et il acquiesça avec un air légèrement pervers qui contrastait étrangement avec l'Hypérion habituel. Elle éclata de rire en comprenant ce que cela voulait signifier, et ne put refreiner la question qui lui brûlait les lèvres.
« Il était mignon ? »
Hypérion dodelina lentement de la tête, son visage hurlant un « Oh que oui ! » des plus ardents. Il jeta ensuite un coup d'œil au grimoire que tenait Ella et s'enquit :
« Comment se passent les cours avec Toby ? »
Il ne cessait de la harceler sur le sujet à chaque fois qu'il passait la voir le week-end, l'interrogeant avec quelques sous-entendus trop loquasses qui empourpraient les joues de l'adolescente lorsqu'elle ne parvenait pas à changer de sujet. Même Winifred s'y mettait parfois, encouragée par son grand-frère dans le tout nouveau jeu s'intitulant sournoisement « Comment mettre Ella mal à l'aise ». Harry et Ginny n'intervenait généralement que lorsque les yeux de leur invitée se focalisaient sur portes et fenêtres, démontrant son envie de décamper.
Le reste de la famille Potter pénétra dans le salon à cet instant, Harry portant un plateau où s'exposaient de petits pains et des tasses de thé pleines. Réglés tels des horloges, tous les samedis à seize heures, ils buvaient le thé en discutant, prolongeant les conversations durant une heure au moins. Ella se sentait dès lors à sa place auprès d'eux, ayant l'impression étrange de faire partie d'une famille, impression qui s'évanouissait en compagnie de ceux qui partageaient un peu de son ADN –Hermione et Scott. Timothy, lui, était si adorable qu'il avait directement trouvé une petite place dans le cœur de celle qu'il considérait comme sa grande sœur.
« De quoi vous parliez ? s'enquit Harry en offrant une tasse à Ella qui la porta lentement à ses lèvres ce pendant qu'Hypérion ajoutait beaucoup trop de sucre dans la sienne.
- De Toby.
- Encore ! s'extasia Ginny en haussant un sourcil, jetant un coup d'œil à Ella qui baissa les yeux vers sa tasse comme pour s'y noyer. Peut-être que nous pourrions changer un peu de sujet de conversation, vous ne croyez pas ?
- Non, celui là est bien ! pouffa Winifred.
- Oui, mais il ne plait pas à tout le monde, rétorqua Harry. Si vous continuez tous les deux, il est possible que j'engage un sujet comme « le journaliste de l'article de Quidditch » ou… »
Hypérion et Winifred échangèrent un regard en réalisant que leur père pouvait parfaitement se mettre à évoquer toutes les anecdotes de leur enfance, les ridiculisant sans aucun doute comme seuls les parents sont capables de le faire. Ils se tassèrent donc sur leur siège pour se rendre invisible –sans résultats notoires- et Ella remercia Harry d'un sourire.
« A dire vrai, nous voulions te parler de quelque chose, Ella, commença Ginny en adressant une de ses mimiques particulières à son époux, lui signifiant qu'il devait poursuivre.
- De quoi ?
- Neville a songé que ton père conservait peut-être son courrier, les lettres échangées avec les entreprises de Botaniques et autres…
- Oui, il garde toujours tout, alors je présume qu'il doit avoir ça quelque part dans son bureau.
- Alors, nous pensions aller chez vous et récupérer tout ça. Si tu l'acceptes bien évidemment. De plus, Neville trouvera peut-être d'autres dossiers auxquels tu n'aurais pas accordés d'attention particulière ou… Enfin, nous devons avouer que pour l'instant, les seules pistes que nous avons se concluent toujours par des impasses et qu'il faudrait que nous en explorions de nouvelles. »
Ella acquiesça lentement, comprenant facilement par cette réflexion qu'Harry était perdu et qu'il se sentait inutile. Il devait absolument trouver autre chose à faire avant de devenir dingue, n'appréciant guère ce sentiment qu'était l'inefficacité. Ginny posa lentement sa main sur le genou de son époux qui s'efforça à sourire, ne souhaitant pas dévoiler à quel point cette situation lui pesait. Pour la première fois de sa vie, la personne qu'il recherchait comptait à ses yeux. Sauver Théo demeurait désormais le principal sujet de toutes ses pensées, de chacun de ses songes… Et voir Ella lui rappelait toujours à quel point leurs espoirs de le retrouver en parfaite santé s'amenuisait à chaque minute.
« Neville nous accompagnera… Ainsi qu'Hermione et Ron si cela ne t'ennuie pas. Les autres travaillent ou sont trop occupés, Minerva et Severus pensent qu'ils quittent trop souvent Poudlard… Donc ce sont les derniers à pouvoir…
- Aucun problème, mentit Ella avec un haussement d'épaule nonchalant. C'est pour mon père, alors… »
Pourtant, imaginer Hermione Granger dans la bulle-monde créée par son père lui donnait des haut-le-cœur. La Chaumière aux Mille Couleurs restait un lieu presque sacralisé, l'endroit où rien n'aurait pu l'atteindre… Que le monde qu'elle côtoyait depuis quelques semaines pénètre son chez-elle lui donna le tournis. Elle tenta de se calmer en voyant que ses doigts enserrant la tasse tremblotaient légèrement. Ils le remarquèrent tous, mais ne firent aucun commentaire, habitués désormais à ces instants –toujours fuguasses- où elle semblait perdre le contrôle de la situation et de son corps par la même occasion. Elle caressa lentement la couverture du grimoire et une remarque de Toby lui parvint, aussi intelligible que s'il s'était trouvé à ses côtés :
« Le sang d'un des plus puissants des Serpentard coule dans tes veines. Il fait de toi un être d'exception. Ne laisse pas les réflexions d'un petit crétin de rouquin t'atteindre, ni l'ignorance d'une femme qui ne partage que ton ADN. Tu n'as pas besoin d'être réellement forte… Juste de faire croire que tu l'es. Ce sont les apparences qui comptent, toujours. Force toi à sourire, quoi qu'il t'arrive… »
Alors, elle sourit.
.
.
Dès la sortie de la cheminée, Ella imagina que la maison avait été attaquée durant son absence, malgré les nombreux sortilèges censés la protéger. Elle s'avança jusqu'à la fenêtre brisée du salon et pointa sa baguette, réparant le tout d'un sortilège, heureuse d'enfin pouvoir utiliser la magie en dehors de l'école –en Australie, les jeunes sorciers étaient majeurs d'un point de vue magique dès quinze ans. Elle ne se soucia pas des arrivées des membres de l'Ordre –Harry, Neville, Ron et Hermione- et préféra observer le reste des pièces afin de s'assurer que rien d'autre n'avait été cassé.
En dehors de quelques vitres, aucun dommage n'était à déclarer et Ella revint au salon, pièce qu'aucun n'osait quitter sans l'accord de la maitresse de maison. Hermione paraissait ne pas se trouver à sa place et se bornait à regarder le sol avec un air misérable, ne souhaitant même pas étudier le lieu où sa fille avait grandi et où Théo s'était reconstruit une vie. Ron posa tendrement sa main sur son épaule alors que Neville s'approchait d'Ella.
« Il y a des dégâts ?
- Non, tout est déjà réparé. Ce n'est pas l'œuvre de sorciers si vous voulez mon avis… Sans doute des petits crétins de la ville qui se sont amusés à vérifier si le Méchant Sorcier de la Maison Colorée était présent.
- Quoi ? grommela Harry sans comprendre pourquoi des gamins s'en seraient pris à cette maison.
- On ne sort pas beaucoup… Et les gens ont du mal avec les étrangers, ce que nous sommes plus ou moins malgré le fait qu'on habite cette maison depuis plus de seize ans. Des rumeurs stupides courent sur notre compte, alors… Enfin, ça n'a pas d'importance. J'ai douté de l'efficacité de mes sortilèges de protection, mais de toute évidence je n'avais aucune raison de m'inquiéter. Bref… vous me suivez ! »
Elle leur fit signe et se dirigea sans attendre vers le bureau, suivis des trois hommes. Hermione, elle, resta en arrière, son cœur battant si fort que chaque pulsation se répercutait dans chaque fibre de son corps, jusqu'à résonner dans ses oreilles. Elle porta sa main à sa gorge, là où le nœud s'était violemment reconstitué depuis plusieurs minutes. Elle se força décidément à avancer, presque à reculons cependant, et s'arrêta dans le couloir. Quelques pas de plus, et elle retrouverait les autres. Elle n'en fit rien. Son regard fut attiré vers les escaliers, menant aux chambres sans doute, et vers les murs…
De chaque côté des rampes, des dizaines et des dizaines de photos avaient été accrochées. Hermione posa son pied sur la première marche et contempla quelques fragments d'une vie. Celle de Théo d'abord, en compagnie de sa mère lorsqu'il était encore bébé. Elle se souvenait bien de ce qui lui avait dit à propos de cette femme qui –Hermione le réalisa brusquement- ressemblait incroyablement à Ella. Hermione passa rapidement sur des photographies de Théo avec ses amis de Serpentards, avec quelques filles même… Puis les amis de Gryffondors, ses compagnons de l'Ordre, remplaçaient brusquement les autres –ceux de son enfance- sur les cadres. Certaines avec Harry, d'autres avec Neville et Ron, une avec Ginny qui faisait mine de l'étrangler, une avec Severus…
Puis une de la Baia Vermelha. La seule photographie qu'il restait de cette époque. La seule qu'elle ait acceptée qu'il prenne en lui faisant promettre que jamais personne ne la verrait. Elle trônait là, tout en haut de l'escalier, la dernière photo du mur de gauche. Sa main trembla lorsqu'elle décida de la frôler, caressant du bout des doigts le sourire éclatant de jeunesse qu'elle renvoyait à la personne derrière l'objectif –un enfant elfe si elle se souvenait bien. Elle était assise dans l'herbe, Théo auprès d'elle ayant passé autour de sa taille un bras protecteur. Sa main à elle était posée par-dessus la sienne, vierge de toute alliance ou preuve qu'elle appartenait à un autre. Les lèvres de Théo embrassaient son épaule nue. Son regard amoureux illuminait tout autour de lui. Et son regard à elle… Hermione ne parvint même pas à y définir le moindre sentiment.
Les larmes qui s'échappaient de ses yeux avaient commencé à couler sans même prendre peine de la prévenir, sans même lui laisser une seule chance de les retenir. Ses genoux claquaient tant qu'elle craint de s'écrouler et décida de décrocher le cadre du mur avant de se laisser tomber comme une masse sur la dernière marche. Elle ne se rassasiait pas du regard presque noir de Théo, un Théo amoureux, bordé par une passion dévorante et destructrice, habité par une certitude qu'elle n'avait jamais su cerner.
Ses doigts crispés ne lâchaient pas la photographie et elle sentit un morceau de Scotch légèrement arraché au dos du cadre. Elle le retourna, détachant à regret son regard de celui de l'ancien Théodore Nott. Un petit morceau de parchemin avait été collé et elle s'empressa de l'attraper, prenant garde à ne pas le déchirer. La surprise se lut sur son visage alors qu'elle le dépliait, reconnaissant sa propre écriture. Et un mot. Un mot d'apparence banale auquel Théo semblait pourtant avoir accordé une importance bien particulière. Elle ne parvint pas à se replonger dans l'état d'excitation dans lequel elle vivait à l'époque, se souvenant de ses doigts qui trépidaient autour de sa plume, de son sourire béat, de ses joues rouges, de son cœur qui battait comme les ailes d'un colibri. Un mot écrit à une époque trop lointaine qu'elle relut à travers ses larmes.
Bonjour, bel endormi ! Trop émoustillée, troublée, comblée pour fermer les yeux et rejoindre les bras de Morphée. Trop tout. Je me sens comme une bête adolescente lors de son premier rendez-vous amoureux. Stupide. J'aurais voulu te réveiller. Goûter une fois encore à ta peau épicée, à tes lèvres sucrées, à chaque partie de ton corps apaisé… Un vrai plat de reine pour moi toute seule ! Et mon appétit semble ne pas vouloir se rassasier. Mais je sais que quel que soit le réveil –et toute la tendresse que j'y mettrais (tendresse n'est peut-être pas le mot ?)- tu seras grognon si je ne t'accorde pas un peu de repos. Voilà ce qu'on y gagne à jouer avec une lionne –charmant surnom dont tu m'as gratifié cette nuit, je ne me baptise pas encore toute seule ! J'espère que je ne t'épuise pas trop, petit serpent –non, ne le prend pas mal ! Petit ne peut définir… Et puis, zut ! Je serais à la baie, lorsque tu seras réveillé… Merci mille fois pour cette nuit –ne va pas dire que je suis impolie ! Je t'aime mon Serpendor exalté…
Hermione fut saisie par la nausée lorsque son cerveau analysa cette dernière phrase. Elle le lui avait dit. Elle lui avait répété mille fois qu'elle l'aimait. Lorsqu'ils faisaient l'amour et dans ces courtes missives qu'elle déposait sur son oreiller le matin. Elle les susurrait à son oreille, taquine, ou les criait lorsque le plaisir l'enveloppait, ces trois petits mots trop importants qui changeaient tout. Trois mots seulement qui –dans l'esprit de Théodore- s'étaient transformés en une promesse qu'elle n'avait jamais pensé tenir. La haine et le dégoût qui la heurtèrent altérèrent sa peine –mélange de nostalgie et de remords. Deux sentiments qu'elle s'adressait à elle-même.
Elle s'insulta mentalement, se fustigea, se maudit même. Elle les lui avait dits, sans se soucier de ce qu'il penserait, ne s'en souvenant même pas par la suite. Comment avait-elle pu oublier ?
« Hermione ? Pourquoi pleures-tu ? »
La voix de Ron lui parvint depuis le rez-de-chaussée. Il l'observait sans nul doute depuis de longues minutes car il paraissait aussi accablé qu'elle, et pas le moins du monde surpris. Il enjamba les premières marches, hésitant à se rapprocher plus encore, puis comprit qu'elle ne refuserait pas un peu de soutien et s'avança jusqu'à s'asseoir à ses côtés. Elle ne lui laissa pas le temps de lire ces mots qu'elle avait elle-même tracés et replia le parchemin. Elle faillit le glisser dans sa poche, puis se refusa cet accès de faiblesse et le remit à sa place. Elle retourna ensuite le cadre et Ron put enfin apercevoir l'image éternellement gravé sur la pellicule.
Il se raidit un instant, puis se modéra. Il aurait tout le loisir d'être en colère plus tard, lorsqu'il serait seul et qu'il ferait exploser sa vaisselle avant de la réparer à l'aide de sa baguette. Mieux valait des assiettes que le visage d'Hermione. Il scruta les traits lénifiés de Théo et réalisa qu'il ne ressentait aucune amertume à son égard. Peut-être qu'il serait en colère une fois sûr que l'ancien Serpentard allait bien, mais l'inquiétude anéantissait pour le moment toute animosité.
« Avez-vous trouvé quelque chose d'intéressant ? s'enquit Hermione en séchant ses larmes et reniflant –jusqu'à ce qu'il lui passe un mouchoir.
- Neville fouine encore sous le regard antipathique d'Ella qui s'apprête à lui lancer un sort s'il déplace trop de choses, sourit Ron en tentant de s'arracher de la contemplation d'une Hermione de vingt ans singulièrement épanouie. Il a retrouvé un dossier contenant tous les courriers que Théo a partagé avec des botanistes. Heureusement qu'il est organisé…
- Maniaque, corrigea Hermione. Il était maniaque.
- Oui… ça ce voit ! Enfin, Neville préfère explorer encore un peu le bureau. Il n'aimerait pas passer à côté de quelque chose d'important. Tu veux venir nous aider ? »
Hermione accepta sa proposition d'un hochement de tête et se releva difficilement, raccrochant la photographie au mur en ayant la curieuse impression de se séparer d'une chose vitale –dont elle s'était pourtant bien passée durant les seize dernières années. Ron saisit sa main pour la forcer à se détourner et elle commença à descendre les escaliers, ne pouvant s'empêcher d'observer les autres photos, celle du mur droit. Ella. Ella bébé dans les bras de son père. Ella chancelante sur ses petites jambes potelées alors qu'elle marchait pour la première fois. Ella tendant les mains vers l'objectif, mains couvertes de chocolat, comme sa bouche. Ella sur les épaules de Théo. Ella sur les genoux de la Reine des Elfes qui la coiffait avec un grand sourire. Ella assise sur une pile déséquilibrée de grimoires. Ella sur une plage ensoleillée. Ella face à un bonhomme de neige. Ella devant un chaudron fumant et pétillant. Ella sur un balai. Ella souriante, sa baguette magique fichée dans ses cheveux comme un vulgaire bout de bois. Ella entourée d'adolescents Elfes qui la dévoraient du regard. Ella… Et tout ce qu'elle avait raté.
Ron en désigna une avec un sourire en percevant son regard. Ella avec une canne à pêche, Théo l'aidant à la tirer en arrière pour éviter qu'elle ne suive le poisson accroché au bout de la ligne. Hermione comprit pourquoi cette photo amusait Ron. Elle était identique ou presque à une image d'elle et de son propre père, lequel l'avait initié de force à la pêche. Elle se souvenait avoir pleuré comme un bébé parce qu'elle ne voulait pas « trouer la bouche des poissons »… Ella semblait au contraire bien s'amuser. Sans doute le petit caractère Serpentard qui se révélait.
Elle suivit Ron lorsqu'il serra sa main plus fort et ils quittèrent les escaliers pour rejoindre le bureau. Hermione l'arrêta pour s'assurer qu'elle n'avait pas trop l'air sonnée et il la tranquillisa en un valeureux mensonge. Ils pénétrèrent dans la pièce alors que Neville rassemblait ses trouvailles avec un sourire modeste. Ella se tourna un instant vers sa mère, laquelle lui accorda un rictus amical auquel Ella ne prit pas la peine de répondre, trop mal à l'aise dans cette situation surréaliste mélangeant deux de ses vies… Il ne manquait plus que Toby et elle aurait l'impression de s'être ancrée dans une dimension parallèle.
« Bon, on va pouvoir y aller… annonça Neville en passant quelques dossiers à Harry pour qu'il les transporte. Tu n'as rien à récupérer Ella ? »
L'adolescente répondit à la négative d'un bref mouvement de tête et Harry comprit qu'elle souhaitait avant tout qu'ils quittent sa bulle immédiatement. Il cala donc les fichiers sous son bras avant de sortir en compagnie des autres. Ella les regarda entrer un à un dans la cheminée et disparaitre, mais resta en arrière. Son regard défila sur chaque meuble du salon, son cerveau recréant des scènes depuis longtemps passées dans son esprit, son cœur se serrant à chaque fois que son père y apparaissait. Elle n'avait jamais autant ressenti le besoin de se blottir dans ses bras, d'humer son parfum musqué, de sentir qu'il déposait sur son front un baiser et se dégager parce qu'il était mal rasé et qu'il grattait… Elle chassa ses larmes d'un geste violent, manquant presque de se faire mal aux yeux. Mais pas question de craquer. Pas encore. Elle entra dans la cheminée en courant presque et fut heureuse de retrouver son autre vie, là où le manque de son père s'apaisait un peu, car tous comblaient chaque seconde où elle aurait pu penser à lui.
.
.
Le professeur Nedrig enroula le bout de sa moustache de poils noirs autour de son doigt crochu, son regard fixé dans celui de Théodore qui ne cillait même pas. Un sourire amusé aux lèvres, il prenait un plaisir manifeste à se moquer de son tortionnaire. Ils se défiaient d'un bout à l'autre du bureau d'inox et de marbre, et le professeur –et scientifique- Nedrig fut le premier à craquer. Sa voix frémit de rage dès qu'il prononça :
« Vous vous moquez de moi ! Vous m'avez trompé !
- Voyons, Professeur, nous n'avons jamais dépassé l'étape de la franche animosité ! Comment aurais-je pu vous tromper ?
- L'Ellarosa est morte ! Et je veux savoir pourquoi ! »
Théo haussa les épaules avec un air ingénu purement hypocrite. Le vieil homme extirpa brusquement sa baguette magique de sa poche en se redressant d'un bond, pointant le bout de Saule sur l'homme amaigri. Théo ne frémit même pas, habitué aux nombreuses menaces physiques qu'il subissait chaque jour depuis son arrivé dans ce lieu hermétique à l'allure d'hôpital.
« Dites-moi ce qui manque à la création de cette maudite fleur ! » hurla Nedrig, une étincelle cupide éclairant son regard anthracite.
L'ancien Serpentard se leva avec un sourire en coin et appuya ses paumes contre la surface glaciale du bureau.
« Il manque une chose que vous n'obtiendrez jamais : la patience et l'amour des plantes. Sans ça, vous ne parviendrez pas à faire survivre l'Ellarosa. En dehors de ça, puis-je savoir quand vous comptez me relâcher ? Ce n'est pas que je m'ennuie ici, mais… J'ai une vie en dehors de ces murs, contrairement à vous.
- Une vie et une fille, précisa Nedrig. Ella, c'est bien ça ? »
La mâchoire de Théo se crispa ostensiblement, mais il tenta de ne pas montrer à quel point il craignait que ces hommes ne l'attrapent. Nedrig perçut pourtant sans difficultés l'angoisse pesant sur le corps du botaniste.
« Savez-vous qu'elle n'est plus en Australie ? Certains de mes… amis ont fait quelques recherches. Elle aurait retrouvé sa mère parait-il. Vous voyez de qui je parle, je présume ?
- N'ayant pas quinze enfants, oui, je sais qui est la mère d'Ella.
- Je me demande à qui vous tenez le plus… La mère ou la fille ? »
Théo s'éloigna avec un regard sombre avant de soupirer :
« Ne me menacez pas, Nedrig.
- Sinon quoi ?
- Sinon… il est possible que je verse accidentellement un ingrédient qui ne devrait pas se trouver dans certaines plantes. Et vous savez tout comme moi ce que je serais capable de faire exploser entièrement ce bâtiment si vous menacez ma famille. Quitte à en mourir. »
.
.
Neville et Harry feuilletaient des dossiers de courriers depuis des heures, leurs membres ankylosés par le manque de mouvement, leurs estomacs criant famine, leurs yeux se fermant parfois un peu trop. Mais la réunion de l'Ordre du lendemain les obligeait à réunir un maximum d'information au préalable, afin qu'ils puissent se sortir de l'impasse dans laquelle ils fourmillaient inlassablement depuis plus d'un mois. Neville fronça brutalement les sourcils et d'une voix devenue rauque d'épuisement, interpella Harry avant de lui passer une épaisse liasse de feuillets.
« Ce ne sont pas des lettres de botanistes celles-ci… Elles viennent de Drago Malefoy. »
Harry n'hésita qu'un millième de secondes avant de les parcourir, trop curieux pour réfréner son envie d'en savoir plus. Qu'auraient-ils pu se dire ? Et à quelle époque ? Il remarqua rapidement que certaines lettres dataient de Poudlard, d'autre de l'époque où Théo faisait déjà partie de l'Ordre…
« Comment ont-ils fait pour passer outre les mesures de sécurités au niveau du courrier ? » S'exclama-t-il comme pour lui-même, ce à quoi Neville répondit par un haussement d'épaules, déjà replongé dans les dossiers.
Harry lut quelques brides de phrases des premières, une époque pleine de doute où Théo exprimait déjà son désir de changer de camp comme le comprit Harry, car Drago l'interrogeait sur le sujet, s'inquiétant pour lui et s'intéressant un peu trop à ce propos. Comme si lui aussi y avait songé. Sur d'autres, il parlait des filles, Drago se moquant de Théo qui était déjà bien attiré par Hermione. Harry faillit éclater de rire en lisant « Qu'elle soit une Sang-de-Bourbe, passe encore, mais elle est particulièrement hystérique et est sûrement plus intelligente que toi –ce qui ne peut être que dangereux ! ».
Puis le sujet des lettres changea. Drago y évoquait la guerre, sa femme, et puis son fils encore bébé à l'époque. Il y dévoilait son incapacité à protéger ses proches, à rendre la vie de Toby plus belle, telle qu'il aurait souhaité la lui offrir. Des regrets et des remords perçaient derrière chaque phrase. Harry replia les lettres rapidement, ne voulant pas en lire davantage. Après tout, Théo lui avait expliqué tout ça durant la guerre. Mille fois, il s'était permis de raconter toute sorte de choses au sujet de Drago, qui n'était pas mauvais, pas du tout, qui avait juste un peu peur, pouvait être trop lâche… Harry savait tout ça. C'était même pour ces raisons insinuées qu'il avait demandé à ce que Drago soit libéré à la fin de la guerre, mentant à Kingsley pour réussir à le faire sortir. A l'époque, tous l'écoutaient. Les crimes de Drago ne pesaient guère face aux paroles de l'élu.
Encore huit années plus tard, tout ce qu'il disait avait parole d'évangile. Et alors qu'il rangeait les lettres, une nouvelle idée lui apparut. Il se tourna vers Neville avec le sourire qu'il arborait toujours dès qu'une idée lui venait. Ordinairement, ses plans étaient dangereux et suicidaires et son ami eut bien du mal à ne pas grimacer de crainte.
« Pendant la guerre, les Mangemorts avaient des moyens de retrouver certaines personnes… Je veux dire, quand on enlevait l'un d'eux, ils nous repéraient avec beaucoup de facilité…
- Oui, acquiesça Neville en fronçant les sourcils, presque apeuré par la lueur de détermination brillant dans le regard émeraude d'Harry. Mais… c'était grâce à la magie noire, Harry.
- Et alors ? s'exclama ce dernier en se levant d'un bond. Qu'importe la magie utilisée ! Si certaines personnes ont le pouvoir ne nous aider à retrouver Théo, c'est bien eux…
- Eux ? Qui eux ?
- Drago Malefoy. Et peut-être… Peut-être Blaise Zabini si Malefoy refuse… Et…
- Tu vas vraiment demander de l'aide à d'anciens Mangemorts ? »
Neville avait crié cette fois ci, et Harry sortit de son cerveau qui cogitait à une vitesse ahurissante. Il hésita quelques secondes avant de répondre franchement, refusant que qui que ce soit brise son tout nouveau plan qui –il le sentait- pouvait peut-être mener à quelque chose.
« Non. Je veux demander de l'aide à d'anciens meilleurs amis de Théo. Des amis qui –j'en suis persuadé- l'aiment encore assez pour prendre des risques si ça peut le sauver… Des amis, Neville. Pas des Mangemorts. »
.
.
Harry venait d'exposer son plan, ne laissant l'occasion à aucun des membres de l'Ordre de l'interrompre. Pas question qu'ils se laissent dominer par le dégoût qu'ils éprouvaient tous pour Drago et Blaise, ou même pour Pansy. Selon Harry –et comme il le leur expliqua calmement- l'important demeurait le sauvetage de Théo, et rien d'autre. Qu'importe les moyens utilisés. Qu'importe la haine qui les habiterait. Qu'importe le manque de confiance. Ils auraient un but commun. Et ce but pouvait rassembler les meilleurs ennemis du monde.
« Et… tenta Ella en voyant que tous étaient trop choqués pour parler. Vous… Enfin, tu penses sincèrement qu'ils vont bien vouloir nous aider ? Et puis, comment allons-nous entrer en contact avec eux ? Moi, ils auraient sans doute accepté… Mais devoir se réunir avec vous risque de leur poser problème. Ils vous détestent.
- Sans doute… Mais l'amitié qui les unissait à ton père est plus forte, tu ne crois pas ? La preuve tient en Toby qui n'a jamais eu une mauvaise image de Théo car Drago et Blaise n'ont jamais dit du mal de lui, précisa-t-il en la voyant douter. D'ailleurs, nous aurons besoin de Toby aujourd'hui.
- Comment ça ?
- Pour t'avouer la vérité… Tu as bien raison sur un point : nous ne pouvons contacter les Malefoy. Le Manoir est toujours protégé, et y pénétrer est impossible pour nous. Mais Toby pourrait s'en charger, expliquer à son père la situation et le faire venir jusqu'ici. Quant à Blaise, il vit en Amérique –selon Severus (Ce dernier acquiesça) donc il faudrait savoir où. Enfin, dans tous les cas, nous aurons besoin de Toby pour les conduire ici.
- Et quand ?
- Aujourd'hui, soupira Harry. Théo a été enlevé depuis plus de sept semaines. La situation commence à devenir trop critique pour nous permettre d'attendre jusqu'au week-end prochain. »
Ella se recroquevilla sur le canapé, sentant tous les regards des Membres de l'Ordre se reporter sur elle. Ils avaient tous parfaitement conscience de ce qu'impliquaient les mots d'Harry, prenant la mesure de ce que la mort de Théo pourrait engendrer. Ella n'y survivrait pas. Ou du moins, elle n'aurait pas envie d'y survivre. Toute sa vie, le monde s'était contenté de tourner autour du duo qu'elle formait avec son père. Seize années. Seize années d'une complicité parfaite. Ils n'avaient jamais rien fait l'un sans l'autre. Ce qui lui permettait encore de tenir, de poursuivre et de se battre constituait en un seul but : retrouver son père vivant. Et rentrer dans leur bulle à tous les deux, là où tout allait toujours bien, où rien ne lui faisait mal ou peur. Ni les regards de Scott, ni l'absence de contact avec Hermione, ni les murmures désapprobateurs qui la suivaient.
Ni Toby. Ce dernier point lui faisait plus de peur que de mal d'ailleurs. Elle-même ne comprenait pas ses propres réactions quand il la touchait. Son corps tout entier en demandait toujours plus, alors que son cerveau formait un barrage étanche à toute proposition. Elle se refusait simplement à céder, alors qu'elle mourrait d'envie de le faire. Sa peau s'enflamma alors qu'encore une fois, la passion des caresses pourtant quasi platoniques de Toby lui revenaient à l'esprit. Elle aurait presque pu sentir ses doigts contre sa peau. Juste fermer les yeux. Fermer les yeux et les imaginer. Et secoua la tête, revenant à la discussion.
« D'accord, annonça-t-elle d'une voix rauque. Je suppose que je dois aller voir Toby à Poudlard et le ramener ici… »
Harry approuva d'un hochement de tête avant de se tourner vers McGonagall pour lui demander la permission de faire sortir Toby de Poudlard pour quelques heures, le temps que la réunion se termine. D'autres se mêlèrent à la discussion et Ella ferma les yeux. Sentir les doigts de Toby. Ce doigt pressant le bas de son dos. Ce doigt replaçant une mèche derrière son oreille, lui effleurant la joue. Ce doigt suivant le contour de sa clavicule alors qu'il mimait de s'intéresser à son pendentif. Ce doigt sur son ventre, entre le bas de son t-shirt et le haut de son jean. Ce doigt sur sa bouche quand –au détour d'un couloir- il croyait percevoir un bruit. Ce doigt… Ces mains… Cette bouche… Ella s'enivrait du moindre contact, même infime.
Mais il manquait quelque chose. Un quelque chose qu'elle n'arrivait à définir. Elle se sentit stupide. L'été précédent, quelques semaines avant l'anniversaire de ses quinze ans, pendant les vacances à la Barbade, elle avait flirté vaillamment avec un garçon. Un peu plus âgé. Un peu trop lisse, sans saveur… Un peu lourd et ennuyeux. Tout lui était venu naturellement alors, mécaniquement même. Glisser sa main dans son short de bain. Le laisser toucher sa poitrine comme s'il s'agissait de fruits à malaxer trop fort. Faire l'amour. Et maintenant, alors qu'elle se trouvait entre les mains expertes d'un jeune homme presque schizophrène qui changeait de personnalité dès qu'il se trouvait à ses côtés et semblait prêt à se plier au moindre de ses désirs… Elle hésitait. Tout ça parce qu'une impression lui tordait l'estomac. Il manquait quelque chose. Mais quoi ?
La main d'Hypérion derrière le canapé, effleura son épaule et elle rouvrit les yeux, lui accordant un petit sourire. Elle se demanda si en parler à lui, ou à Scarlett, la soulagerait et lui permettrait de comprendre. Elle chassa rapidement cette idée. Hypérion n'avait eu que deux relations dans sa vie –la première avec une fille, la seconde avec un garçon- et se contentait désormais de coucher de temps en temps avec les hommes qu'il connaissait. Scarlett, elle, n'avait jamais eu d'amis et encore moins de petits-amis, et ne semblait même pas y penser.
A un adulte alors ? Elle songea à son père, avec qui elle n'aurait eu aucun mal à discuter, même de ça. Pourtant, il s'était mis en colère lorsqu'elle avait bécoté Eingil Stratós, un elfe, à douze ans, juste pour essayer. Il lui avait expliqué qu'on n'embrassait pas les gens comme ça, juste pour expérimenter ce que le mot « baiser » signifiait, qu'il fallait ressentir quelque chose. Pourtant, trois ans plus tard, elle avait découvert un autre sens du mot « baiser ». Cette fois ci, elle avait gardé le secret, sachant que son père n'approuverait sans doute pas. Elle avait eu raison. Quelques jours plus tard, alors qu'ils rentraient en Australie, il lui avait murmuré : « La prochaine fois, aime au moins un peu la personne avec qui tu feras ça. C'est mille fois mieux quand on est amoureux. ». Il ne s'était pas mis en colère. Il était juste déçu. Sans doute parce que lui-même avait couché avec des tas de filles avant de tomber amoureux, et qu'il avait bêtement espéré qu'elle agirait différemment.
Peut-être aurait-elle pu parler avec Ginny. Elle croisa le regard de la mère de famille qui lui souriait, maternelle, symbole même d'une féminité incroyable détenue dans un si petit corps. Mais quelque chose lui disait que les conseils de Ginny ne l'aideraient pas vraiment, et rajouterait en plus de l'inquiétude à cette femme. Son regard passa sur Hermione sans s'arrêter et elle soupira. Elle était seule. Complètement et indéniablement seule. Elle s'en voulut de penser une telle chose alors qu'ils étaient tous réunis en ce dimanche après-midi dans le seul but de l'aider.
« Ella ? l'appela soudainement Neville. Tu nous écoutes ?
- Euh… non. Désolée. Je… vous disiez quoi ? bégaya-t-elle en revenant au monde normal.
- Nous disions que tu pouvais y aller, sourit Harry en la dévisageant, réalisant apparemment qu'elle éprouvait beaucoup de difficultés de concentration depuis quelques temps il s'obligea à préciser : Chercher Toby. »
.
.
Ella ne mit que quelques minutes à prendre conscience d'une chose importante : en dehors des couloirs entre les cours et de leurs soirées et nuits communes, elle ne connaissait rien de la vie de Toby. Que faisait-il et où le week-end ? Elle craint qu'il soit dans les Quartiers des Serpentards, mais décida de laisser cette possibilité de côté pour la fin. Elle parcourut les couloirs, passa à la bibliothèque, là où Toby courait habituellement, sur la tour d'Astronomie… Elle croisa finalement Sam dans un couloir, assise au sol avec un magazine et un crayon, cochant les réponses d'un test stupide. Ella la voyait souvent dans cette position, d'ailleurs Sam n'étudiait jamais à la bibliothèque et s'installait ordinairement dans des couloirs, s'étalant comme si le lieu était parfait pour ça. Ella l'évitait. Depuis son arrivée à Poudlard, Sam restait pour elle la plus Serpentard des Serpentard. Incroyablement effrayante. Cette fois, pourtant, elle s'avança vers elle.
« Salut… »
Sam releva la tête avec un air menaçant, n'appréciant de toute évidence pas d'être dérangée pendant sa lecture. Puis elle reconnut Ella et un immense sourire moqueur fendit ses lèvres en une moue tordue. Elle devinait facilement qu'Ella préférait l'éviter, et que le fait qu'elle lui parle rendait ce fait exceptionnel.
« Bonjour, Ella. Comment vas-tu ?
- Bien… Je… Je cherchais Toby. Tu ne saurais pas où il est par hasard ? »
Sam haussa les épaules avec nonchalance, habituée à ne pas savoir où se trouvait Toby la plupart du temps. Cette fois, elle ne l'avait pas vu depuis la veille et se moquait un peu de savoir ce qu'il faisait, se doutant qu'il devait être plongé dans ses devoirs –comme toujours lorsqu'il l'évitait. Ella la remercia et tourna les talons. Sam hésita quelques secondes avant de se mettre debout, et de l'interpeller.
« Je sais que notre relation n'a pas démarré sur de bonnes bases, commença-t-elle avec un rictus contrit. Et je me doute que mon entrée en scène se soit dévoilée trop sanglante et choquante, mais je suis comme ça, il va falloir t'y faire ! Cependant, Toby compte sans doute t'épouser et te faire quinze enfants, et il est mon meilleur ami depuis longtemps… Alors tu devrais arrêter de m'éviter. Et en retour, je promets d'être quasi angélique à tes côtés ! Ou… moins démoniaque en tout cas ! »
Ella esquissa un sourire, tentant de chasser les images de Toby et elle mariés et parents qui s'étaient imposés à son esprit. Depuis quand imaginait-elle de telles absurdités ? Elle revint à Sam qui la scrutait en attendant une réponse, qu'Ella accorda à la positive en acquiesçant. Mais elle n'avait pas vraiment le temps de s'attarder et lança :
« Il faut vraiment que je retrouve Toby. Alors…
- Oui, vas-y ! Il doit bien être quelque part. »
Ella la remercia rapidement avant de se remettre en route. Il ne lui fallut que quelques minutes pour réaliser qu'il ne pouvait être qu'à un seul endroit. La pièce aux étoiles. Elle s'y retrouva en un petit quart d'heure et entrouvrit la porte en sentant un frisson parcourir son échine. Une crainte absurde heurta son esprit : et s'il était avec une autre fille ? Elle trembla par à coups avant de pousser le battant de bois qui alla se frapper contre le mur. Un soupir de soulagement fendit l'air.
Toby était allongé sur le matelas, endormi, et seul. Elle comprit qu'il avait dû passer la nuit car il ne portait qu'un boxer vert et noir et qu'un petit bazar prenait le reste d'espace libre de la salle : livres de cours, parchemins, journaux, bouteilles de bièraubeurre et paquets de bonbons. Elle referma la porte en faisant le moins de bruit possible, et fit quelques pas sur la pointe des pieds afin d'éviter le fouillis au sol. Les battements de son cœur s'accélèrent lorsqu'elle rejoint le matelas et s'y assit. Elle observa longuement le corps à moitié nu de Toby, le dévorant du regard et en profitant sournoisement pour l'admirer et remarquer quelques détails de son épiderme.
Une cicatrice marquait son abdomen au niveau des côtes. Un grain de beauté trouvait place sur la peau recouvrant l'os de sa hanche. Un bleu à la taille prouvait qu'il avait dû se prendre un coup peu de temps auparavant. Presque imberbe, seul un fin duvet châtain clair parcourait l'espace entre son nombril et son caleçon, traçant une route luxurieuse qu'Ella aurait voulu suivre. Mécaniquement, elle porta son regard plus bas, ne résistant pas au désir malsain et voyeuriste qui lui picotait le bas-ventre. Elle ne fut pas déçue de remarquer une bosse qui déformait le tissu moulant du sous-vêtement. Une bosse de taille conséquente sans doute provoquée par l'excitation –d'un rêve sûrement. Une bosse qu'elle aurait voulu caresser.
Sa main avança, mais un rire l'arrêta. Elle revint brusquement vers le visage de Toby qui –les yeux grands ouverts illuminés par le désir- la regardait. Un sourire en coin apparut sur le visage du jeune homme.
« Tu t'amusais bien ? »
Les joues d'Ella s'empourprèrent et elle mordilla sa lèvre inférieure en baissant la tête. Une main de Toby se posa lentement sur son genou par-dessus son jean, l'autre se plaquant contre ses reins. Il l'attira tendrement contre son torse et elle ne songea même pas à résister, s'allongeant auprès de lui sur le matelas où ils se côtoyaient de vingt-et-une heure à trois heures du matin depuis trois semaines. Son visage se retrouva contre le buste ferme de Toby, comme toujours, et elle écouta les battements affolés de son cœur qui tambourinait si fort qu'il l'assourdissait. Elle se blottit contre lui alors qu'il passait ses bras autour de sa taille et soulevait son t-shirt pour plaquer ses mains contre ses reins. Mains glaciales qui la firent frissonner, autant de plaisir que de froid. Elle sentait la force de son désir contre son ventre, mais fit tout son possible pour l'ignorer.
« Ella… »
Un souffle. Souffle taquin qui caressa son ouïe. Souffle supplique qui dévoilait à quel point la situation lui paraissait ingérable.
« Oui ? »
Un couinement. Couinement de gêne qui la fit rougir plus encore. Couinement pathétique qui lui donna envie de partir en courant. Il ne prêta qu'une vague attention à sa réponse de toute manière, trop préoccupé par ses pensées qu'il aurait souhaité transformer en phrases cohérentes et organisées. Il n'y parvint pas et laissa les mots se former dans sa gorge, se déposer sur sa langue, puis dépasser ses lèvres :
« J'ai envie de toi… »
Il sentit le sourire d'Ella contre sa peau, juste à côté de son cœur. Il eut l'impression d'être le garçon le plus idiot de l'univers. Elle savait qu'il avait envie d'elle. L'érection qui déformait son caleçon avait cafté son désir bien avant qu'il ne parle. Il aurait voulu agir comme avec les autres filles, demander abruptement : « Touche moi » ou « Déshabille toi »… Il ne pouvait pas. Ella n'était pas les autres filles. Elle n'obéirait pas à un tel ordre. Elle fuirait même, l'injurierait, le traiterait d'imbécile et arrêterait sans nul doute de lui parler. Aux yeux de Toby, il s'agissait autant d'un défaut que d'une qualité. Défaut car elle remettait tout en question, l'empêchait d'utiliser ses techniques de séductions habituelles, insinuait un doute intolérable dans son esprit.
Qualité pour les mêmes raisons. Ella était intéressante car différente. D'autres filles retenaient son attention bien sûr : Sam, Winifred, quelques Serdaigles et Gryffondors. Mais Sam pouvait lui donner des envies de meurtre, Winifred se montrait trop expressive –et était bien trop jeune pour qu'il la considère comme une vraie fille. La plupart des autres se transformaient en liqueur dès qu'il leur prêtait un peu d'attention, et perdaient irrémédiablement de leur intérêt.
Ella, elle, lui donnait l'impression d'être utile et fort. Ella le repoussait –contrairement aux autres- et le faisait avec douceur. Le regard d'Ella pouvait être affectueux. Puis assassin lorsqu'elle se mettait en colère… -ce qui était arrivé plusieurs fois lors de leurs « leçons ». Il aimait sa façon de s'attacher les cheveux à la va-vite avant de courir, sans se soucier de la tête que ça lui donnait. Il aimait sa manie qui consistait à s'humecter les lèvres toutes les trois minutes –il avait compté. Il aimait sa moue bizarre lorsqu'elle le jaugeait : sourcils plissés, nez retroussé, lèvres pincées, joues rentrées. Il aimait son sourire, minuscule, qui ne dévoilait que ses deux dents de devant, un peu trop longues. Il aimait… Il aimait l'observer tout simplement. Elle le passionnait.
La main d'Ella frôla son nombril et il oublia de respirer. Elle soupira et une grimace qu'il n'avait jamais vue auparavant s'empara de sa bouche. Elle douta un millième de secondes avant de marmonner, voulant à tout prix changer de sujet avant de lui céder :
« Moi aussi. Mais… Je… Je ne suis pas venue là pour ça.
- Oui, j'imagine… Pour quoi alors ? »
Il la repoussa, tentant de conserver un peu de distance pour calmer l'ardent désir qui l'empoisonnait depuis trop de temps et qu'il ne pourrait bientôt plus contrôler. Elle comprit et se leva, lui tournant le dos un instant.
« Pour mon père. Mais Harry m'a demandé de te conduire chez lui où les membres de l'Ordre nous attendent… Ils t'expliqueront tout ça mieux que moi. Tu veux bien m'aider ? »
Il esquissa un sourire en se mettant debout, et acquiesça. Elle aurait pu lui demander de vendre un organe qu'il n'aurait pas hésité. Elle l'observa alors qu'il se rhabillait. Il se tourna pour récupérer son t-shirt dans un coin et elle se figea. Même dans ses pires cauchemars, l'image du dos de Toby n'avait pas été si horrifique. Toute sa surface même semblait être une plaie, monstrueuse peau de balafres gonflées, de creux et de contusions. Une blessure datant pourtant de plusieurs années, mais qui –n'ayant jamais été guérie- restait effroyable. Il revint vers elle, t-shirt en main, et grogna en voyant la mine pâlichonne qu'elle arborait, comme si elle risquait de s'évanouir.
« Ella… Désolé, j'avais oublié. Je n'y pensais plus. »
Elle secoua la tête, son estomac se crispant alors que son canal lacrymal lui persiflait : « Tu vas craquer ! ». Partagé entre la nausée et les larmes, elle ne sentit qu'à peine la caresse de Toby qui fourragea ses cheveux en essayant de lui rendre le sourire. Il n'y parvint pas. Il posa ses lèvres sur son front, sur sa joue, le long de sa mâchoire, s'approcha de ses lèvres. Aucune réaction ne l'en empêcha, mais il ne l'embrassa pas, ne souhaitant pas profiter de la situation alors qu'elle aurait été incapable de lui rendre son baiser. Finalement, au bout de longues minutes, elle articula franchement :
« C'est la mort que Lucius Malefoy méritait. Pas juste Azkaban ! Il méritait de souffrir, et de mourir après avoir agonisé. Il méritait d'être aussi blessé que tu l'as été. La punition n'équivaut pas la violence de ses actes. Il… »
Toby posa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire.
« Il a payé, Ella. Je t'assure qu'il a payé. »
Elle n'osa pas répondre que quoi qu'on lui ait fait, jamais il ne serait assez puni. Toby enfila prestement son t-shirt blanc et remonta sa braguette –la discussion ayant fini d'atténuer son excitation. Il récupéra chaussettes et chaussures et fut fin prêt en quelques minutes. Ella ouvrit la porte, mais il l'arrêta et l'attira vers lui, comme d'habitude. Elle prédit ce qu'il allait dire avant même qu'il ouvre la bouche.
« Permission accordée ? »
Il se pencha vers elle, légèrement. Encore une habitude. Il faisait toujours ça avant de sortir de la Pièce aux Etoiles, en attente d'un baiser qui –une fois encore- ne vint pas. Elle lui donna un léger coup à l'estomac avant de rire.
« Non ! »
Ton incisif. Et pourtant, il savait qu'un jour, la permission lui serait accordée. Mieux que ça, il l'espérait !
.
.
Un silence lourd de sens s'était imposé dès l'entrée de Toby dans le salon. Les jeunes –adolescents et enfants- avaient envahis la pièce et les sujets évoqués ne traitaient plus de Théo pour la plupart. Ella s'en voulut d'avoir pris tant de temps, surtout car la présence des jeunes –élèves à Poudlard pour la plupart- pourrait s'avérer extrêmement dérangeante… Scott lui donna immédiatement raison en sifflant, comme bouleversé par l'apparition de Toby.
« Un Malefoy chez les Potter… On va bientôt voir Lucius Malefoy sortir de prison et poser des fleurs sur la tombe de Mamie Molly si ça continue ! C'est impressionnant ! »
Ella effleura la main de Toby, lui ordonnant silencieusement de garder son calme et de ne pas cogner –habitude exécrable du jeune homme. Il comprit le message et se contenta d'acquiescer avec une moue railleuse :
« Rien d'impressionnant là dedans. Ce qui le serait par contre, c'est que tu arrives à fermer ce qui te sert à débiter autant de conneries à la minute une bonne fois pour toute. »
Le rire d'Hypérion tonna dans la pièce devenue brusquement aussi silencieuse qu'un cimetière, rire qu'Ella eut bien du mal à retenir –autant que Toby éprouvait de difficultés à ne pas foncer sur le rouquin pour le démolir à coups de poings. Scott s'apprêtait à riposter, mais son père posa une main sur son épaule avant d'expliquer :
« Je ne te conseille pas de le provoquer. Si tu te comportes comme un imbécile, évite de t'en prendre à ce genre de garçons. Autrement, tu pourrais finir en miettes…
- Bon allez, coupa Harry en se levant, voulant éviter toute bagarre inutile. Les jeunes, quittez les lieux et retournez vaquer à vos occupations ! Nous n'avons pas besoin de vous ! Allez, allez ! »
Quelques grognements de désapprobations se firent entendre, mais les adultes mirent rapidement leurs enfants à la porte, menaçant de les priver de certaines choses s'ils continuaient à se plaindre. Sortant, Scott donna volontairement un coup d'épaule à celle de Toby qui cogna instinctivement plus fort sans éprouver la moindre douleur. Un regard meurtrier d'Ella mit fin au petit jeu de gamins et une fois la porte refermée sur Winifred –dont le jeune Malefoy embrassa rapidement la joue pour salut, Toby soupira :
« Quoi ?
- Ce n'est pas parce qu'il se comporte comme un gosse de six ans que tu dois te sentir obligé de te mettre à son niveau ! »
Voyant qu'il ne répondait rien et se contentait de sourire, complètement narquois comme si ce qu'elle disait n'atteignait pas son cerveau, elle ajouta :
« Quand tu croises un chien, tu ne te mets pas à aboyer, je présume ? Et quand tu vois un bébé, tu sais toujours parler ? Bah, voilà… Là, c'est exactement la même chose. Ne t'abaisse pas à être aussi stupide que lui. De plus, quoi qu'on en dise… Pourquoi tu continus à sourire ? »
Elle paraissait agacée désormais, et croisa ses bras sur sa poitrine avec un regard quasi menaçant qui renforça le sourire du jeune homme. Il s'efforça à ne pas paraitre trop présomptueux en répondant à sa dernière question :
« Parce que tout le monde nous regarde… Et parce que tu tentes de m'éduquer, chose que même mes parents n'ont jamais tentée de faire.
- Et bien, ça explique pas mal de choses ! »
Elle leva les yeux au ciel avant de lui tourner le dos, se retrouvant face aux membres de l'Ordre qui se délectaient en effet de leur petite scène de ménage. Elle grimaça, gênée, avant de saisir la main de Toby pour l'entrainer vers le canapé où ils s'installèrent côte à côte, lui plantant son regard dans tous ceux des adultes qui semblaient ne pas du tout apprécier sa présence, elle en tentant d'éviter de les croiser. Elle replia ses jambes sous ses fesses et appuya son coude contre le bras du canapé, plantant son menton dans sa paume. Elle adressa un sourire à Harry qui se racla la gorge pour attirer à nouveau l'attention sur lui.
« Toby… Ella t'a raconté ce qu'il est arrivé à son père, je présume ? (L'adolescent acquiesça après avoir partagé une œillade avec la principale concernée.) Et tu sais que nos recherches ne mènent à rien pour le moment ? (Nouvel hochement de tête.) Alors, nous aurions besoin d'aide… Certains sortilèges de Magie Noire pourraient nous aider à le retrouver plus rapidement et…
- Je vous arrête tout de suite, professeur ! Hors quelques sortilèges du genre du Doloris, ou du Sectumsempra, ou d'autres trucs dans le même style, je n'ai jamais été un professionnel de Magie Noire, contrairement à ce que vous semblez penser. Le Sortilège du Pendu est beaucoup trop complexe pour… »
Harry l'arrêta en levant la main alors que les autres se lançaient quelques regards suspicieux, ne croyant apparemment pas à ce qu'il disait.
« Nous ne pensions pas à toi, Toby… Mais je suis rassuré de savoir que tu n'as jamais utilisé des sortilèges de Magie Noire. Celui du Pendu… en quoi consiste-t-il exactement ? »
Il se tourna vers Severus en posant cette question, et le Maître des Potions –de loin le plus calé en Magie Noire du côté de l'Ordre- plissa le front avant de répondre :
« C'est un mélange de Potions et de Sortilèges, à vrai dire…
- La préparation de cette mixture prend du temps, coupa Toby. Un mois si mes souvenirs sont exacts. De plus… L'utiliser peut s'avérer dangereux, autant pour celui qui l'utilise que pour la personne recherchée. Mais si vous voulez prendre le risque…
- Ton père saurait la fabriquer ? »
Toby hésita un millième de seconde avant d'acquiescer. Il se souvenait parfaitement de ses journées entières dans les cachots du Manoir, là où une petite pièce avait été aménagée pour les potions et autres décantations magiques, pièce où son père –et Blaise la plupart du temps- travaillaient ensemble à l'élaboration de certains breuvages infects et empoissonnés qu'ils verseraient dans les repas des prisonniers. Il s'asseyait dans un coin, se rendant tout petit pour ne pas déranger, et observait les deux adultes qui –la mine basse- préparaient morts et souffrances liquide. Lorsqu'il sortait, la tête lui tournait tant qu'il craignait de s'évanouir. Les remarques acerbes de Lucius –et le coup de canne au bas de sa colonne vertébrale- suffisaient à lui faire relever le menton.
La main d'Ella caressa son avant-bras et il revint au présent, où Harry poursuivit :
« Nous aurions besoin de l'aide de ton père, de ta mère même si elle le désire… Ainsi que de celle de Blaise Zabini. Après tout, ils étaient amis avec Théo, et je crois que tout le soutien du monde ne serait pas de trop.
- Je crains que ce ne soit pas possible, professeur. Blaise et mon père ne s'adressent plus la parole depuis des années. Les réunir dans la même pièce vous apporterait beaucoup plus de problèmes que de solutions, croyez-moi ! »
Ella ne laissa pas le temps à qui que ce soit de commenter cette phrase et se tourna vers Toby avec l'air de celle qui a mal contrôlé son balai, lequel aurait foncé sur le Saule Cogneur.
« Comment ça, Blaise et Drago ne s'adressent plus la parole ? Ils… Ils étaient les meilleurs amis du monde il y a moins de vingt ans, et… (Il fronça les sourcils et elle précisa :) Mon père me parlait d'eux tout le temps. De leur adolescence. De Poudlard. D'eux. De ta mère aussi. Et… de pleins de choses…
- Des soirées dans la salle commune des Serpentard… continua-t-il.
- Des sœurs Greengrass, les moins coincées de l'Univers ! renchérit-elle.
- Du passage de la Sorcière Borgne…
- De l'alcool rajouté par Rosmerta dans leurs boissons quand ils faisaient le mur…
- Des soirées « fumettes » sur la Tour d'Astronomie…
- De…
- C'était une belle époque, conclut Toby avec un sourire en remarquant l'air dépitée du professeur McGonagall qui semblait ne pas comprendre comment tout ça avait pu se passer sous son nez sans qu'elle n'en soit avertie. Enfin, dans tous les cas, Blaise et mon père ne sont plus amis depuis la fin de la guerre.
- Et… Pourquoi ?
- Blaise a vendu mon grand-père pour s'en sortir. Mon père n'a pas apprécié… Et pas la peine de dire que Lucius le méritait ! marmonna-t-il sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche. Mais… depuis, ils ne se parlent plus. Enfin, ils se sont revus une fois sur le quai avant une rentrée et ça a fini à Saint-Mangouste. Ils sont puérils lorsqu'ils se retrouvent dans la même pièce ! »
Severus acquiesça lentement, ayant oublié ce petit détail lors du discours d'Harry, même s'il savait pertinemment que ses deux anciens élèves se chipotaient comme des chiffonniers depuis plus de sept ans pour la raison la plus stupide qui soit. Officiellement, leurs disputes étaient dues à la trahison de Blaise. Officieusement par contre, c'était tout autre chose qui les séparait. Leur passé commun, leurs souvenirs, leurs remords et leurs regrets, les horreurs qu'ils avaient dû supporter et celles qu'ils avaient créées. Leur vie restait un sujet tabou qu'ils ne seraient sans doute jamais capable d'évoquer et qui avait miné leur amitié.
Harry frotta ses yeux cernés par une fatigue grandissante et étouffa un bâillement. Son corps s'était ostensiblement crispé en réalisant que faire accepter la situation aux membres de l'Ordre ne serait pas le seul et unique problème. Les Serpentards pouvaient être particulièrement têtus, il se souvenait bien de Théo qui pouvait soutenir une thèse même si tous croyaient en l'opposé et que tout prouvait qu'il avait tord. Il marmonna à l'adresse de Toby :
« Tu penses tout de même pouvoir faire venir ton père ici ?
- Oui, assura Toby sans une seconde d'hésitation.
- Maintenant ? »
Toby ne put retenir le rictus qui déforma un instant ses lèvres. Il détestait l'idée de rentrer chez lui hors des vacances. Surtout que l'hiver s'emparait du paysage depuis quelques jours et que l'atmosphère du manoir en pâtissait déjà certainement. Pourtant, le regard d'Ella sur lui l'empêcha de se défiler. Comme si elle lisait dans ses pensées, la jeune fille lui lança un sourire galvanisant en passant sa main contre son avant bras nu. Une caresse imperceptible qui lui donna du baume au cœur et insuffla une idée à son esprit.
« Tu devrais venir…
- Quoi ?
- Tu ressembles à ton père, et ça pourrait convaincre le mien plus facilement. Parce que si je lui apprends brusquement que l'un de ses meilleurs amis d'enfance a une fille de seize ans dont la mère est Hermione Granger et qu'en plus cet ami s'est fait enlever… Soit il deviendra fou, soit il me fera interner, possibilités qui ne m'enchantent pas. »
Ella esquissa un sourire avant de se tourner vers Harry, lui demandant silencieusement la permission. En quelques semaines, elle s'était faite à l'idée qu'Harry et Ginny jouent les parents de substitution. Après tout, ils lui avaient offerts vêtements, manuels, la logeaient et la nourrissaient, s'occupaient d'elle… Leur demander la permission de faire certaines choses lui semblait légitime. Harry acquiesça avec un sourire et s'enquit du temps que cela prendrait auprès de Toby. Une heure maximum.
La plupart des membres de l'Ordre grognèrent, mécontents à l'idée de devoir passer leur dimanche après-midi dans le salon –surtout si d'anciens Serpentard l'envahissaient. Harry ne les retint même pas, peu désireux de jouer une fois encore au chef. Surtout qu'il se doutait que la présence d'autant de gens ne mettrait guère les Malefoy à leur aise. Ainsi, nombreux furent ceux qui préférèrent quitter les lieux –embarquant leurs enfants pour la fin d'un week-end qu'ils ne voulaient gâcher à parler de quelqu'un dont la plupart se moquaient cruellement. Seuls les Weasley, les Londubat, Remus, Severus et Minerva restèrent, membres principaux de l'Ordre, de ceux qui ne fléchissaient jamais.
Hermione désirait fuir également, se doutant qu'une rencontre entre d'anciens Serpentard et elle ne se ferait pas si calmement. Peut-être lui en voudraient-ils d'avoir abandonné leur ami ce qui l'avait forcé à s'en aller ? Le bref regard noir qu'avait posé Toby sur elle en entrant un peu plus tôt l'en persuadait. Le jeune homme en question se leva avec élégance. Une ébauche de sourire se dessina sur la bouche d'Hermione alors qu'elle remarquait la manière toute particulière dont il regardait et se comportait avec Ella. Main caressant ses hanches avec un naturel déconcertant, rictus complices, œillades emplis d'un désir inénarrable, chaque syllabe prononcé avec une délicatesse ahurissante dès qu'il s'adressait à elle.
Toby saisit la main d'Ella pour l'aider à se lever et l'attira vers lui avant de se diriger vers la cheminée après quelques mots d'Harry qui lui expliqua ce qu'il devait dire ou ne pas dire, ajoutant rapidement « Enfin, suis ton instinct ! » avec un clin d'œil de connivence. Quelques recommandations plus tard, Toby s'approcha de la cheminée, expliquant à Ella qu'elle devrait entrer dans la cheminée avec lui car les Sangs-Pur pouvaient pénétrer dans le manoir –discrimination que l'adolescente désapprouva d'un froncement de sourcils.
« En fait… commença-t-il en prenant une grosse poignée de poudre de Cheminette. Si tu pouvais t'abstenir de tout commentaire en découvrant le Manoir, ce serait gentil. »
Elle ne put répondre –ne voyant pas du tout ce qu'elle aurait pu dire de négatif- que déjà il lançait la poudre dans l'âtre. Elle ferma les yeux pour ne pas voir défiler les paysages et ne les rouvrit que lorsque ses pieds touchèrent à nouveau le sol. Ils étaient dans le bureau de la directrice de Poudlard –la cheminée des Potter n'étant pas reliée à toutes les cheminées. Toby reprit de la poudre et la lança à nouveau. Une fois encore, elle n'ouvrit les yeux qu'une fois arrivée à destination.
Le spectacle de la déchéance l'aveugla un instant alors que Toby s'extirpait de l'âtre en essayant de ne pas faire attention à la réaction de surprise d'Ella. En effet, cette dernière resta bouche bée un instant avant de réussir à retrouver son apparence normale. Dans sa tête, les descriptions faites du manoir Malefoy par son père tournaient en boucle… Descriptions désormais bien éloignées de la vérité. Ni austère, ni symbole d'une fortune et d'une érudition semblable à celles de dieux, l'endroit n'était plus qu'un taudis. Les fondations même semblaient sur le point de s'écrouler, alors que la magie aurait sans doute pu réparer presque tout et rendre une allure irréprochable au Manoir. Mais personne ne s'en occupait plus depuis longtemps.
« Qu'est… Qu'est ce qu'il s'est passé ici ?
- Une guerre, Ella, railla Toby en l'aidant à sortir de l'âtre, serrant sa main dans la sienne.
- Non mais… enfin…
- Les Malefoy sont pauvres. Et mon père a d'autres dragons à couver ! Les apparences ne comptent plus vraiment désormais, et personne ne vient jamais ici donc… ça n'a plus d'importance ! »
Il l'attira vers la cuisine où il s'attendait à découvrir l'un de ses parents. Ce ne fut pas le cas. Il serra la main d'Ella plus fort et ils visitèrent la demeure à la recherche de Drago ou Pansy. Dépité, Toby finit par marmonner avec un haussement d'épaules :
« Il n'est que 14 h. Ils sont peut-être allé manger au restaurant ou… Enfin, on va s'installer pour les attendre un peu.
- Tu me montres ta chambre ? »
Elle lui adressa un sourire éblouissant, sans aucune arrière-pensée alors que lui-même se sentait brusquement très mal à l'aise à l'idée de lui faire visiter son antre… Qui était bien particulièrement décorée. Pourtant, il acquiesça et l'entraîna vers les portes blanches offrant l'accès à ses quartiers privés, là où autrefois, tous les enfants logeaient. Il ouvrit le passage et glissa sa main sur la taille d'Ella pour la pousser à y entrer. L'adolescente ne se fit pas prier, toute étourdie par les lieux qui –malgré leur toute nouvelle insalubrité- conservaient un petit quelque chose de Magique, voir féérique… Que ce soit les poutres blanches cerclés de filets dorés, les meubles datant d'une époque qu'elle ne parvint à situer, le plancher craquant et parfois fissuré.
Ella s'arrêta sur le seuil pour admirer l'endroit où elle se trouvait désormais. Toby ouvrit les rideaux d'un coup de baguette magique et le soleil vint éclairer la vaste pièce. Un lit à baldaquin prenait place sur le mur du fond, accosté par des tables de nuit couvertes de livres. Tout un pan de la pièce était chargé de bibliothèques et d'un bureau envahi par la paperasse. Près de la large fenêtre, un piano à queue blanc ne demandait qu'à jouer, une guitare étant appuyée contre l'un de ses pieds. Le plafond était recouvert d'étoiles lumineuses créées par un effet magique quelconque par-dessus des fissures malhabiles.
Toby attendait apparemment qu'elle dise quelque chose, mais Ella ne trouva rien à prononcer et s'avança vers le piano sans hésiter. Elle l'ouvrit sans lui demander la permission –qu'il lui aurait de toute manière accordée- et ses doigts vinrent naturellement trouver le clavier qu'elle tapota aisément. Rapidement, se furent ses deux mains qui se posèrent sur les touches et un morceau qu'il connaissait bien cliqueta dans l'air, lui attirant un sourire. Il vint se placer derrière elle et l'observa jouer quelques secondes avant de demander :
« C'est ton père qui t'a appris ?
- Non, s'esclaffa-t-elle en cessant de jouer. J'ai appris toute seule. Il a vainement tenté de me faire aimer le violon, mais j'étais plus portée sur le piano… Mais je ne suis pas très douée. Je ne connais que de rares morceaux. Et toi ?
- Piano, violoncelle, guitare, énuméra-t-il avec un haussement d'épaule nonchalant. Piano par mon père, violoncelle par ma mère, guitare tout seul pour les faire rager… Ce n'est pas un instrument assez noble parait-il. Mais j'y ai passé mes étés. J'en suis venu à haïr le violoncelle et le piano.
- Pourquoi ? »
Elle se tourna vers lui et il douta une seconde de devoir réellement lui offrir une réponse.
« Durant la guerre, nos parents organisaient des sortes de bals à chaque victoire de batailles. Je devais jouer pour Voldemort, pour Lucius, pour… Des tas de gens qui se moquaient cruellement de ce que je faisais en fait. Quoi que Voldemort, lui, appréciait réellement certains morceaux, et m'aimait bien, moi… Il pensait que j'étais « de la bonne graine » de Mangemort, un futur chef, un… Enfin, je jouais pour des gens incapable de saisir la beauté d'un instrument tel que le piano. J'ai fini par ne plus rien ressentir moi non plus. »
Ella baissa les yeux vers le sol, comprenant par cette dernière réplique qu'il ne parlait pas que du piano. Non, Toby ne ressentait plus rien tout court, n'était plus capable d'apprécier les jolies choses de la vie alors qu'elle ne pouvait comprendre tout ce qui ne tournait pas rond en ce monde. Elle esquissa un sourire en voyant Toby rejoindre son lit.
Ils étaient deux parfaits opposés. Elle avait été aimée, choyée, couvée, protégée de chaque potentielle blessure physique ou morale. Il avait été battu, détesté, ignoré, balancé dans une cage de fous. Elle avait passé sa vie dans une bulle parfaite, son enfance dans les bras d'un père trop gentil et parfois dépassé. Il avait passé sa vie dans un brouillard noir, son enfance à subir une guerre qui ne le concernait même pas. Deux parfaits opposés. Qui pourtant, se rejoignaient en bien des points.
Ella s'approcha du lit et s'allongea auprès de Toby en essayant de faire la liste de leurs points communs, lesquels tenaient tous en une catégorie : éducation. Leurs parents venaient du même monde, et avaient été élevés de la même manière : classe, dignité, honneur, loyauté… Cours de maintien, cours de piano –remplacé par violon, violoncelle, flûte à l'occasion… Comment parler, se tenir… Devoir désirer l'élévation sociale à tous les prix… Aimer apprendre et se cultiver pour s'en vanter…
« Ella… »
L'adolescente se tourna vers Toby qui la dévisageait avec une moue suspicieuse, attendant apparemment qu'elle engage un autre sujet de conversation, ou qu'elle ose faire quelque chose. Puis elle réalisa que la main du jeune homme s'était délicatement posée sur son ventre, descendant graduellement vers son pantalon. Il n'attendait pas qu'elle parle. Juste qu'elle réagisse. Le repousser ou non ? Ella ne se posa même pas véritablement la question et le laissa continuer son ascension vers des terres encore inconnues. Mais ils étaient là, confortablement installés sur le matelas le plus moelleux qui existe au monde, et tout son corps voulait une caresse –même infime- afin de cesser de penser. Il la voyait se détendre inexorablement et soupira avec un rire au bord des lèvres :
« Je te rappelle une petite précision faite il y a quelques temps : il va falloir que tu me supplies ! »
En effet, elle se souvenait de cette réplique prononcée à leur première rencontre dans la Pièce aux Etoiles. Alors elle se mit à minauder, véritable comédienne car elle ne souhaitait pas se vendre sans une pointe d'humour. Pas question de le supplier avec sérieux et de céder en étant elle-même. Avec une voix d'ingénue, elle susurra :
« S'il vous plait, Mr Malefoy ! »
Il s'esclaffa alors qu'elle tripotait les boutons de sa chemise. La main de Toby trouva tout machinalement le chemin de l'intérieur de ses cuisses et elle cessa de jouer à l'idiote pour se concentrer sur sa caresse, légèrement plus intime que celle qu'il lui avait offerte quelques jours plus tôt sur le matelas de la Pièce aux Etoiles. Il s'était alors concentré sur le haut de ses jambes uniquement. Cette fois ci, il plaqua sa paume entre elles et ses doigts imprimèrent un mouvement sans équivoque par-dessus le tissu de son pantalon. Le bassin d'Ella bougea naturellement contre lui et elle ferma les yeux pour se laisser plonger dans l'infime plaisir qu'elle ressentait… Infime simplement parce qu'elle aurait désiré obtenir bien plus. Le volcan habitant dans son ventre gronda et explosa littéralement, la lave cheminant à travers ses reins, puis plus bas, là où les doigts de Toby se mouvaient.
Elle ne comprit pas pourquoi il s'arrêta si brutalement, et ouvrit les yeux pour lui ordonner de reprendre. Mais le regard de Toby s'était ostensiblement teinté –aussi furieusement que ses pommettes désormais rosies- et elle le suivit… Jusqu'à la porte. Où elle découvrit une Pansy Malefoy particulièrement amusée par la situation. Un grand sourire aux lèvres, plus railleuse que jamais, la femme à la beauté sauvage et troublante lança d'une voix moqueuse :
« Bonjour, mademoiselle ! Nous n'avons pas été présentées… »
.
.
Note de l'auteur _ Hihihi ! Michant'auteur ! Alors... Commençons par le commencement : Pauvre Ella, torturée par des Potter fous =P & puis... bah elle se met un peu trop à réfléchir hein [sérieusement, elle m'agace ! xD Mais j'l'aime quand même]. Ensuite... Hermione... Un ptit peu humaine, non, pour une fois ? =/ Et j'distille quelques petites infos sur la relation Théo/Hermione au compte goutte. J'espère que ça vous plait & ne vous frustre pas. Enfin, elle commence enfin à réaliser qu'elle a fait quelques bourdes quand même... La première étant de dire "Je t'aime" à un type fou d'amour pour elle avant de le jeter. -' Ensuite, Toby... Toby... Toby... xD POv'garçon que je me plais à frustrer dans cette fiction. *auteur sadique* Entre son pauvre dos tout moche & sa "presque-petite-amie-mais-pas-vraiment" qui pense qu'à SE faire plaisir & qui ne songe apparemment pas à le soulager un peu [égoiste va ! =P], il est mal barré... ah & j'pari que vous vous dites : Elle a oublié la lettre... Mais non ! xD Juste qu'ils ne vont pas en parler pour l'instant ^^' & qu'Ella qui va vérifier le courrier alors qu'elle n'a jamais rien reçu par voie postale, ce serait étrange ! xD
Enfin, bref ! ça fait quasi trois semaines que je n'avais pas posté alors je vais arrêter de dire des bêtises pour vous laisser dire les votres que je lirais avec un grand plaisir, comme toujours ! Maintenant que je me suis remise à l'écriture [plus qu'une scène & j'aurais fini mon chapitre 14, hihihi ! xD], je suis beaucoup plus en mode *fanfiction* donc je répondrais avec un peu plus de "passion" que ces dernières semaines... J'y peux rien, quand j'écris pas, même si je poste, je ne suis pas "dedans" alors... ^^' Là, je le suis à nouveau !
Juste, questions : 1 - Est ce qu'Ella va enfin prendre conscience qu'elle n'est pas toute seule sur c'maudit matelas & tenter de faire un ptit peu plaisir à Toby aussi ? [xD] Est-ce qu'Hermione était vraiment amoureuse de Théo ? [Non, parce que je continu à la harceler pour qu'elle me réponde & qu'elle refuse... -' xD] Est-ce que ça va bien s'passer entre les Malefoy & l'Ordre ? Est ce que Scott va vraiment continuer d'être un ptit con ? [d'ailleurs, hihihi comment Toby le jette ! xD] et surtout... Est-ce que j'ai réussir à reprendre le controle sur mes chers personnages ? [non parce que dans le chapitre 14, il se passe que des choses pas prévues & qu'ils n'en font qu'à leur tête ! Pfff...]
Bisous bisous, Reviews, Reviews ! ^^
Et à bientôt ! Promis ! =P
*¤ Bewitch_Tales ¤*
