Note de l'Auteur _ Coucou ! [vous avez vu j'ai de l'avance hein ?] Bon, vous devez surtout ça à mon décalage légendaire en matière de dates [quoi, on est déjà en 2o1o ?] qui fait que j'me suis réveillée à 9h du mat' pour aller chercher une amie à la gare... Amie qui n'arrive que demain. Oui, oui, vous pouvez vous moquer, allez-y ! xD Bref, du coup, me voilà debout avec pas assez d'heures de sommeil... donc j'viens poster -parce que si je me mets à écrire maintenant, Toby va tomber dans un ravin, Scott va devenir un agneau et Hermione va aller sauver Théo avec une épée en plastique. [... Je vous ai dit que je manquais de sommeil ?]
Sinon, merci pour les reviews ! =D & merci aux non-inscrits : Mini-ging, Mia, Tentacule-girl, Lectu & Lilou ! ^^'
Niveau écriture, j'en suis au chapitre 15... -que du coup j'vais finir aujourd'hui probablement. Mes personnages font toujours autant ce qu'ils veulent de moi & c'est le bordel ! =P Pour vous faire attendre ces chapitres là, allez donc chercher ce que c'est qu'un Quintaped. [Pour ceux qui ont le ptit guide des animaux de Rowling -en clair, les tarés ultra-fans d'HP comme moi- ça sera plus simple ! xD] Enfin, bon, on n'en est pas encore là... On en est à ce chapitre 12. Chapitre 12 qui est encore plus long que les autres [mais je voulais couper à un moment particulier... (a)] alors je m'excuse pour ceux qui trouvent déjà mes chapitres trop longs d'habitude. Enfin, en même temps, vous n'êtes pas forcés de tout lire d'un coup =P Bref, c'est un peu le chapitre révélations... J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
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Ellarosa - Chapitre 12
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« Toutes les guerres sont enfantines et livrées par des enfants. »
Herman Melville.
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Hermione saisit le verre de sirop qu'Harry lui proposa naturellement, omettant un instant sa colère et l'ignorance méprisante qu'il accordait à sa « meilleure amie » depuis un mois. Faire semblant d'oublier son existence était beaucoup plus simple que de lui dévoiler la colère lui tordant encore les entrailles. Les secrets trop longtemps cachés avaient creusé un fossé qui lui paraissait infranchissable… Ou peut-être n'avait-il simplement pas envie de sauter par-dessus ce trou trop profond de peur de s'y faire à nouveau du mal. Lui accorder sa confiance, qu'elle ne semblait plus mériter, ne plaisait pas à Harry. Pour la première fois, Ron se montrait plus mature que lui.
Hermione lui sourit. De ce sourire gêné et crispé qu'elle n'offrait habituellement qu'à Lavande ou autres personnes la mettant mal à l'aise. Et Harry avala bruyamment quelques gorgées de son soda, ne se sentant pas particulièrement à son aise non plus. Il aurait voulu la maudire. Mais ne pouvait s'y résoudre. Alors il se contentait de lui dire « bonjour », « au revoir » et autres banalités de circonstances afin de ne pas évoquer le réel problème : elle l'avait déçu.
« Tu sais… Ella est une fille géniale, annonça-t-il finalement sans oser la regarder dans les yeux.
- Je le sais, approuva Hermione. Elle ne pouvait que l'être… (Elle surprit son regard et ajouta pour explication :) Non pas parce qu'elle possède une part de moi, mais parce qu'elle a été élevée par un homme formidable. Et puis, elle a de la répartie, doit être intelligente et… Parait mille fois plus sûre d'elle et confiante que les adolescents en général.
- Je crois que ce n'est qu'une image, polémiqua Harry en observant l'océan à travers les fenêtres de sa cuisine. J'ai plutôt l'impression qu'elle se perd… Que tous ses repères s'effritent à mesure qu'elle passe du temps ici. C'est aussi pour cette raison que retrouver Théo reste ma priorité actuelle. Pour qu'elle n'ait pas à subir davantage.
- Elle n'a pas l'air si malheureuse…
- Je ne pense pas qu'elle le soit. Mais elle change, je crois. Et j'ai peur que la métamorphose ne soit pas bénéfique, qu'elle commette des erreurs, qu'elle devienne comme les autres aussi, comme nos enfants… Théo a tout fait pour la sauvegarder, pour la protéger, pour faire d'elle une personne extraordinaire. Et si en côtoyant les autres, elle devenait… ordinaire ? »
Hermione posa son verre dans l'évier, réfléchit une seconde à ce qu'entendait Harry par « ordinaire » et s'avança jusqu'à lui, ne s'arrêtant que lorsqu'il lui lança un regard réfrigérant. Elle croisa ses bras sur sa poitrine, le regard trouble, et soupira :
« Penses-tu sincèrement qu'elle puisse changer de personnalité, oublier qui elle est juste à cause de la présence d'autres jeunes ? Et puis… même si c'est le cas, Harry, c'est normal. Je veux dire… C'est aussi ça l'adolescence ! Désirer être différent, se voir comme hors-norme, mais ressembler à tout le monde. Je crois qu'Ella a vécu dans une bulle, et que désormais elle se doit d'affronter le monde. Elle aurait dû le faire un jour ou l'autre… Que ce soit maintenant et d'une façon si violente et brutale, sans son père qui plus est, rend les choses plus dramatiques. Mais elle devient juste une personne normale. Pas ordinaire, juste normale. »
Il appuya son front contre la vitre et un rond de buée se forma face à sa bouche. Elle attendit, patiemment, qu'il parle à nouveau, pressentant qu'il avait mille chose encore à énoncer… Elle craignait qu'il le fasse en un sens, mais savait qu'elle ne supporterait pas son silence plus longtemps. Il se détacha de la fenêtre et se tourna vers elle, l'air las, plus épuisé encore que durant la guerre. Elle réalisa que cette histoire le tourmentait bien davantage qu'il ne le montrait lors des réunions.
« Ella… Elle ne t'a jamais manquée ? Tu n'as jamais pensé à elle ? Tu n'as jamais eu envie de savoir ce qu'elle faisait, à quoi elle ressemblait, ce qu'elle aimait ou n'aimait pas ? Savoir au moins si elle allait bien ? »
Hermione évita son regard un instant, jaugeant les vagues se brisant sur le sable beige foncé et humide.
« Si… Parfois. Anniversaires, noëls, rentrées de classes… L'année avant que Scott entre à Poudlard par exemple. L'année où Ella aurait dû y aller. J'avais passé la nuit entière à me demander « Dans quelle maison irait cet enfant s'il était là ? ». J'avais fait la liste des qualités et défauts de Théo, et les miens, j'avais mixé tout ça en me disant que ça donnerait une vague idée du mélange obtenu… Et… j'hésitais entre Serpentard et Serdaigle… Je penchais davantage pour Serdaigle d'ailleurs. Mais… Je me disais qu'il devait avoir du caractère, peut-être même un peu trop, qu'il devait être difficile à contrôler… Je… Je pensais à elle, Harry. Sauf que…
- Sauf que quoi ?
- Tu n'as jamais eu l'impression en regardant Hypérion ou Winifred qu'ils n'étaient pas de toi ? Ou du moins… qu'il n'y avait rien de particulier entre eux et toi ? Que tu étais leur père bien sûr, mais que tu ne… Je ne sais pas comment expliquer ce que je ressentais et ressens encore envers Ella. Mais, je ne la voyais pas vraiment comme à moi. Elle poussait dans mon ventre comme… une créature bizarre. Je n'ai pas ressenti ça avec Scott et Timothy, j'ai d'ailleurs eu peur de ça pendant mes deux autres grossesses. Mais avec Ella… Il n'y avait rien. Je ne me sentais pas mère, tu comprends ?
- Non, Hermione… Je ne comprends pas. »
Il ne souhaita pas lui mentir pour soulager sa conscience. Car non, ce qu'elle expliquait là ne pouvait avoir de sens dans son esprit, lui qui avait veillé toutes les nuits sur Hypérion et Winifred pendant la guerre, les étouffant presque de par une paternité trop présente. Lui qui connaissait l'emplacement de chaque cicatrice, chaque tâche de rousseur… Lui qui savait tout de leur vie, même intime…
« Je savais que tu ne saisirais pas, souffla-t-elle en haussant les épaules comme si ça n'avait pas d'importance. Mais je ne l'ai pas fait parce que je n'avais pas de cœur. La décision n'a pas été simple à accepter. Juste que… Je croyais faire le bon choix.
- Et tu le crois toujours ? »
Hermione plongea son regard brun cerclé de noir dans le sien, tout aussi éprouvée de fatigue, et annonça :
« J'en suis persuadée. »
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L'embarras d'Ella se lisait sur son visage alors que Pansy Parkinson la jaugeait, son regard sombre oscillant entre son fils –lequel ne cillait même plus- et la jeune fille qu'elle ne connaissait pas, mais dont l'apparence lui rappelait quelqu'un. Elle ne parvenait pas à définir de qui il s'agissait, mais s'attendait à recevoir une réponse dans les plus brefs délais. La main de Toby s'éloigna de l'entrecuisse de la jeune brune rouge de honte et il se redressa sur le lit en ayant l'air d'assumer parfaitement la situation.
« Bonjour, maman. Nous vous attendions, papa et toi.
- Je vois que vous avez trouvé un parfait moyen de faire passer le temps, ricana Pansy en levant les yeux au ciel, une moue amusée aux lèvres. Alors, mon chéri… Tu ne nous présentes pas ? »
Toby se mit rapidement debout alors qu'Ella enfouissait son visage entre ses paumes moites –désagrément devenu habituel depuis quelques temps. Il s'avança vers sa mère, déposa un léger baiser sur sa joue en signe de salut quasi révérencieux et la supplia d'être gentille d'un regard désolé. Pansy pinça les lèvres en une mimique bien à elle, ne prétendant même pas qu'elle garderait le sourire très longtemps. Elle voulait d'abord apprendre qui était cette jeune fille avant de la juger.
« Où est papa ? s'enquit Toby en tentant d'échapper à l'interrogatoire.
- Au rez-de-chaussée. Vous nous y rejoignez. »
Pansy jeta un dernier coup d'œil scrutateur à l'adresse d'Ella dont l'estomac joua à cache-cache avec son intestin grêle. Elle tourna finalement les talons et Ella observa Toby, fronça les sourcils et ouvrit la bouche en tentant d'apaiser les battements de son cœur :
« Je viens juste de comprendre ce que disait mon père à propos de Pansy Parkinson !
- Et… que disait-il ?
- Qu'elle les menait, Drago, Blaise et lui, par le bout du nez et qu'ils ne songeaient même pas à s'en défendre. Et en effet, ta mère m'a l'air particulièrement…
- Du genre à faire plier n'importe qui ? railla Toby avec un rire. En effet. Et nous ferions mieux de descendre. Je continuerais ce que je venais d'entamer un peu plus tard… »
Un clin d'œil. Taquin. Elle fut prise d'une furieuse envie d'oublier ce qu'elle se devait de faire pour se blottir contre lui et conclure ce qu'ils avaient commencé. Elle se refusa à céder à la pression hormonale et quitta le lit. Se dirigeant vers la porte, elle fut arrêtée par la poigne de Toby qui lui susurra l'habituel : « Permission accordée ? » qu'elle repoussa d'un simple sourire persifleur. Il haussa les épaules, réalisant qu'il s'attendait toujours à cette réponse désormais et saisit sa main pour la conduire à la suite de sa mère. Il s'inquiétait un peu des réactions futures de ses parents, se doutant largement qu'ils auraient du mal à accepter certains détails de cette histoire.
Ils retrouvèrent Drago et Pansy dans la cuisine, tous deux arborant une mimique extatique quoiqu'imperceptiblement daubeuse. Toby éprouva un sentiment assez désagréable en comprenant que ses parents se moqueraient probablement de la scène à laquelle sa mère venait assistée durant les vingt prochaines années. Drago observa longuement Ella, qui réalisa que les Anglais avaient cette manie désagréable de jauger les gens qu'ils rencontraient pour la première fois sans se soucier de ce qu'ils infligeaient aux principaux sujets de leur attention. Un sourire appréciateur pourfendit finalement ses lèvres et il se leva pour accueillir son invité.
« Bonjour mademoiselle ! Ravi d'enfin faire la connaissance d'une des amies de mon fils. »
Toby se racla la gorge pour interrompre tout déballage inutile ou réflexions pouvant lui donner envie de se cacher dans un trou de souris.
« Enchantée également, Mr et Madame Malefoy. » annonça Ella d'une voix aussi claire qu'un carillon pour prouver à tous qu'elle avait été bien élevée.
Pansy échangea une œillade avec son époux qui lui aussi scrutait Ella avec l'impression agaçante –car non maîtrisable- de déjà-vu. Il était certain de reconnaitre une autre personne derrière ce visage charismatique démontrant une certaine classe rassurante –car son fils n'aurait jamais eu la possibilité de ne serait-ce que flirter avec la classe inférieure. Il sourit donc et –son regard glissant imperceptiblement sur Toby- demanda d'un ton où perçait une certaine affabilité :
« Aurais-tu l'amabilité de nous présenter ton amie, Tobias ? »
L'adolescent hésita un millième de seconde avant de proposer à sa mère de s'assoir auparavant. Cette dernière plissa le front, mais obéit en sentant une pointe d'angoisse dans la voix de son unique fils. Ella se contenta de baisser les yeux vers le sol, puis Toby lui désigna une chaise à son tour, comprenant que les explications pourraient durer quelques minutes.
« Maman, papa… entama Toby en réfléchissant à la meilleure manière de présenter la chose. Vous… Vous vous souvenez sans doute de Théodore Nott, n'est ce pas ?
- Bien évidemment ! s'esclaffa Pansy avec un rire sans joie, l'air soudainement perdue.
- Et bien… il n'est pas mort. Ella est sa fille. » déballa-t-il à la va-vite.
Ella leur adressa un vague signe, comme pour leur faire comprendre qu'elle était la « Ella » citée précédemment par un Toby indécis. Pansy blêmit très légèrement alors que Drago tournait la tête vers l'adolescente pour la dévisager, dévorant du regard chaque millimètre carré de visage comme pour définir la véracité de ces propos qui lui semblaient pourtant fous et inenvisageables. Il lui fallut peu de temps pour admettre que ça ne pouvait être un mensonge. Ella ressemblait bien trop à son père pour ça. De plus, sa façon de se tenir –dos droit et menton relevé- ne pouvaient être les signes évidents que d'une bonne éducation… éducation offerte par bien peu de parents depuis quelques années. Education que seuls les Malefoy, les Zabini, les Nott et quelques familles sorcières étrangères pouvaient offrir à leurs rejetons.
« Ella… Nott ? articula-t-il d'une voix rauque comme s'il ne pouvait le croire.
- Oui, Monsieur. »
Pansy se leva brusquement et Toby craint un instant qu'elle se dirige vers Ella pour la gifler en lui hurlant qu'il ne fallait pas troubler le repos d'un mort –tel qu'elle croyait être Théodore. Mais elle n'en fit rien. Elle se contenta en un regard noir et glacial d'ordonner :
« Prouve-le. »
Ella faillit l'interroger sur la manière dont elle aurait pu prouver un tel lien –son physique n'était-il pas une preuve évidente ?- mais comprit rapidement ce que Pansy attendait d'elle. Après une vague hésitation quant au souvenir qu'elle se devrait d'évoquer, elle énonça la seule chose dont son père lui avait parlé et qui aurait dû être un secret de Serpentard :
« Quand vous aviez cinq ans, l'un des beaux-pères de Blaise –ils sont trop nombreux, je ne me souviens pas de son nom- lui a donné un coup de poing. Son œil était si gonflé et purulent quand vous l'avez vu que vous avez décidé d'intervenir. Drago a piqué l'une des potions de son père dans le grenier, là où il cachait tout ce qui concernait la Magie Noire. Mon père a récupéré la baguette magique de sa défunte-mère dans la table de nuit de son propre-père et vous –Madame Malefoy- vous vous êtes chargée de la diversion. Alors que cet homme venait de se faire couler un bain, vous l'avez appelé après vous être jetée du haut de l'escalier pour qu'il vienne vous aider. Vous n'aviez qu'un bleu à la tête parce que Blaise devait amortir votre chute et qu'il avait bien fait son boulot. A l'étage, mon père et votre mari se sont occupés du bain de cet homme. Avec la baguette, ils ont fait lévité la potion jusqu'à la baignoire et l'ont versée dedans, puis vous avez tous filé. Mr-je-ne-sais-plus-comment est ressorti de son bain avec des dizaines et des dizaines de cloques infectées et –dégoutée- Madame Zabini l'a viré de chez elle. C'est d'ailleurs le seul homme qui soit sorti de cette famille vivant… mais il n'était pas assez riche parait-il. Cette histoire vous suffira, ou dois-je parler de la soirée de la Salle sur Demande où vous avez organisé une fête à la limite de l'orgie pour fêter les quinze ans de mon père ? »
Un petit rictus en coin très ironique conclut cette tirade et Toby esquissa un sourire, presque fier qu'elle n'ait pas flanché. Drago sourit plus franchement avant de rire et se leva à son tour, s'approchant d'Ella avec un air dubitatif et émerveillé.
« Je suis réellement heureux de vous rencontrez… de te rencontrer, Ella. Et encore davantage de savoir que mon fils et toi, vous…
- Papa, coupa Toby en levant les yeux au ciel, anticipant une possible organisation de mariage totalement prématurée. Nous ne sommes pas venus ici pour faire les présentations. Vous savez pertinemment que ce n'est pas mon genre. Alors si vous pouviez éviter toute réflexion embarrassante, je vous serais extrêmement reconnaissant ! »
Il partagea un sourire avec Ella qui comprit parfaitement à quel point les Malefoy pourraient faire des plans sur leur relation naissante et acquiesça donc vigoureusement, prête à ne plus toucher Toby devant eux si possible. Pansy posa sa main sur l'épaule de son époux qui paraissait prêt à répliquer et interrogea :
« Pourquoi êtes-vous ici dans ce cas ? Et… Pourquoi Théo ne l'est pas, surtout ?
- Vous devriez peut-être vous rasseoir. Les explications risquent d'être assez longues… »
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Winifred se laissa retomber sur la dernière marche de l'escalier, là où son cousin Scott s'était assis pour observer sans être vu les aller et venues des adultes un peu trop inquiets. Elle lui tapota nerveusement l'épaule jusqu'à ce qu'il daigne se retourner et lui adressa un sourire amical. Depuis quelques temps –depuis l'arrivée d'Ella dans leur vie- ils ne se parlaient plus vraiment. Sans doute parce qu'elle avait choisi d'apprécier Ella alors que lui se bornait à la détester. Il répondit malgré tout à son sourire, par solidarité familiale plus que par envie et elle soupira :
« Tu comptes faire la tête encore longtemps ?
- En quoi ça te pose problème ? rétorqua-t-il avec un haussement d'épaule tout en se retournant vers les portes ouvertes du salon où les adultes discutaient.
- En fait… ça dérange tout le monde. Pas que moi. De plus, ce n'est pas très sympa par rapport à Ella… »
Le regard réfrigérant de Scott l'empêcha de conclure le petit discours qu'elle avait préparé pendant la dernière heure et elle inhala en levant les yeux au ciel, presque agacée. Scott redirigea son regard vers les autres et elle frappa à nouveau son épaule. Il ne se retourna pas cette fois et elle s'efforça à ne pas montrer à quel point ce comportement lui donnait des envies de meurtre. Avait-il à ce point régressé pour agir comme un enfant boudeur qui n'a pas eu les cadeaux qu'il voulait pour noël ?
« Tu sais quoi ? Tu n'es qu'un crétin ! Tu n'as aucune raison de faire la tête à ta mère. Et à Ella encore moins ! C'est elle qui devrait pouvoir t'en vouloir si elle le désirait réellement ! Hermione t'a choisi toi. Ou du moins, elle a choisi la possibilité de ton existence future au lieu d'une Ella bien réelle. Les traiter comme tu le fais simplement pour éviter de dévoiler à quel point tu es déçu est un comportement indigne d'un Weasley. »
Scott se tourna enfin vers elle, le regard assombri par une colère venimeuse.
« Ce n'est pas ton problème, Winifred. Ce n'est pas toi qui a une sœur qui sort de Merlin-sait-où parce que ta mère a trompé ton père ! Sœur qui en plus s'installe dans ta vie comme si elle en avait le droit et prend de plus en plus de place…
- Alors c'est ça le problème ? T'es jaloux ! Jaloux de quoi, Scott ? Du fait que son père soit probablement en train de mourir ? Du fait que ta mère l'ignore complètement ? Du fait qu'Annabeth Flint et d'autres Serpentard veulent lui faire la peau ? Du fait que son demi-frère la traite comme de la vermine ? Imbécile ! »
Winifred ne lui laissa pas le temps de répondre et se redressa, mains sur les hanches –posture utilisée par les femmes Weasley dès que la situation l'exigeait. Elle lui adressa un dernier regard sombre tout en secouant la tête, puis lui tourna le dos avant de se diriger vers le salon, se glissant auprès de son père qui parlait avec Ron de la possible intégration des Malefoy. Ils s'inquiétaient de ce qu'il pourrait se passer entre les Membres de l'Ordre et ces anciens Mangemorts s'ils se retrouvaient tous dans la même pièce. Harry passa un bras protecteur autour de ses épaules avant de murmurer sur un ton de conspiration très percevable :
« J'ignorais que Tobias et toi étiez proches au point de vous faire la bise…
- Tu ignores beaucoup de choses, papa ! le taquina-t-elle avant de lui tirer la langue. Il est gentil… Enfin, parfois complètement taré, mais gentil tout de même. Et avec moi, il l'est.
- Et… Tu n'es pas amoureuse de lui, hein ? »
Winifred haussa un sourcil, l'air de se demander si son père s'était pris un coup sur la tête ayant pu causer des dommages cérébraux particulièrement importants, puis leva les yeux au ciel.
« Il a presque cinq ans de plus que moi. Il se prend pour le plus beau type de l'univers. Et peut tabasser quelqu'un en un millième de secondes… Alors, non. Il ne me plait pas. Du tout ! »
Une grimace de dégoût conclue cette réponse des plus surprenantes avant qu'elle n'observe la cheminée où quelques volutes de fumée tournoyaient. Ella apparut en première, l'air particulièrement extatique. Ils en déduisirent donc que l'entrevue s'était bien passée. Elle s'extirpa de la cheminée en époussetant sa tenue puis lança :
« Ils arrivent. »
En effet, Toby sortit de la cheminée quelques secondes plus tard, suivi de peu par Drago, puis Pansy, ces deux derniers ne paraissant pas réellement heureux de se trouver dans le foyer des Potter. Harry pourtant, ne se laissa pas démonter par le grognement commun émit par Fred et George dans une parfaite symbiose. Il se dirigea vers le couple, parfait hôte bien que les invités soient très particulier, et tendit sa main vers Drago, lequel hésita une nanoseconde avant de la serrer –un peu trop fort- avec un sourire crispé. Toby fut secoué par un rire, irrépressible, tant la situation lui sembla surréaliste et les deux hommes gamins. Ils se jaugeaient comme si l'un ou l'autre était atteins d'une maladie très contagieuse… La seule dont ils souffraient selon Toby devait être la bêtise.
« Bon, on s'y met ! lança Ella d'une voix forte pour détendre un peu l'atmosphère devenue électrique. Mr Malefoy pense pouvoir fabriquer la potion sans problème et… »
Elle s'interrompit en apercevant Scott à l'entrée du salon, prêt à faire un esclandre et à provoquer encore une fois une bataille dont ils n'avaient sûrement pas besoin. Elle l'arrêta d'un regard noir et Hermione se tourna vers lui.
« Je crois que les enfants devraient sortir… Exceptés Ella et Mr Malefoy bien évidemment. »
Harry acquiesça et ordonna aux quelques jeunes présents de s'en aller. Seul Scott tenta –vainement- de riposter à cette demande. Ginny proposa à boire aux Malefoy pendant ce temps là et Pansy refusa d'un signe de tête tout en scrutant Hermione. Elle n'avait pas réellement eu le temps de poser des questions –pourtant essentielles à ses yeux- sur l'enfance d'Ella et sur ce qu'il s'était passé avant l'enlèvement. Mais alors qu'elle observait Hermione –laquelle jetait de rares coups d'œil en direction de la jeune fille- Pansy n'eut aucun mal à comprendre pourquoi Ella n'avait pas une seule fois évoqué une figure maternelle quelconque.
Une fois Scott poussé à l'extérieur, elle ne put s'empêcher d'annoncer –un sourire railleur se posant malgré elle sur ses lèvres :
« Ella… Tu ne nous as pas parlé de ta mère. »
La jeune fille grimaça inconsciemment alors que Toby étouffait un juron dans une toux peu discrète. Hermione faillit parler, mais un seul regard de Ron l'en dissuada. Il savait qu'Ella n'aurait aucun mal à s'en sortir seule –et surtout qu'elle pourrait ainsi uniquement dire ce qu'elle souhaitait apprendre à Drago et Pansy. Elle finit d'ailleurs par marmonner :
« Il n'est pas nécessaire que vous sachiez quoi que ce soit à son propos à dire vrai… Mon père a toujours dit que le jour où vous l'apprendriez, il y aurait homicide. Homicide qui provoquerait sans nul doute une nouvelle guerre sanglante et inutile. Et… mon père étant probablement en danger, j'aimerais mieux qu'on se concentre sur ce sujet ! Nous n'avons pas vraiment de temps à perdre. »
Drago esquissa un sourire, ayant pour la dixième fois au moins en une heure l'impression de se retrouver face à un Théo numéro deux au féminin. Cette façon de parler. De se tenir. Cette façon de proclamer à la force de chaque syllabe qu'elle était plus intelligente et maligne que les autres… Théo en tous points. Mais Hermione Granger également. Il sentit que son épouse allait insister et l'en empêcha en glissant sa main dans la sienne avant de lancer :
« Tu as parfaitement raison, Ella. Nous ne sommes pas là pour ça. Nous sommes là pour Théo. Nous réglerons nos petits différents lorsque nous en aurons le temps… Alors, pour quelle raison avez-vous besoin de nous exactement ? »
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La potion du Pendu. Sujet si complexe que même Théo n'avait pas pris la peine de l'apprendre à sa fille, laquelle était depuis plus de deux heures complètement perdue alors que Drago et Severus discutaient potions. Certains adultes tentaient de suivre, mais d'autres avaient rapidement laissé tomber. Ella faisait partie de ceux qui s'accrochaient aux explications. D'après ce qu'elle avait pu saisir des bribes de conversations échangées, Drago pouvait fabriquer la potion dans la soirée, mais ils devraient tous attendre trois semaines environ pour qu'elle soit prête. De plus, l'un d'eux aurait pour charge de lancer le sortilège du Pendu qui accompagnait la potion, chose qui apparemment, pouvait particulièrement affaiblir celui qui s'en occuperait.
Ella sentit la main de Toby glisser sur sa nuque alors qu'il revenait s'asseoir à ses côtés, lui tendant une tasse de thé que venait de préparer Ginny. Elle le remercia d'un sourire et il posa son front contre son épaule en réfrénant un bâillement. Elle laissa aller sa tête par-dessus la sienne et ferma les yeux, épuisée. Elle avait l'impression d'assister à une sorte de cours d'Histoire du Professeur McLaggen version longue et incompréhensible.
Elle s'efforça pourtant à ne pas sombrer, et rouvrit les yeux en réalisant que le silence s'était brusquement imposé dans la pièce. Drago s'était interrompu pour regarder en sa direction, suivi de peu par les autres qui la scrutaient désormais comme si elle venait de tuer quelqu'un. Puis elle comprit –au bout d'une dizaine de secondes interminables- qu'ils étaient simplement choqués de la proximité entre Toby et elle. Toby qui lui aussi finit par se redresser pour voir ce qu'il se passait.
« Quoi ? grogna-t-il pour les sortir de leur contemplation passive et sérieusement lourde à supporter.
- Je crois qu'on devrait s'éloigner l'un de l'autre, chuchota Ella avec un demi-sourire, gênée malgré elle. Autrement, on risque d'avoir droit à un discours sur « Comment on fait les bébés ? »… »
Toby releva la tête vers elle et lui adressa un regard courroucé, prêt à répliquer. Pansy ne lui en laissa pas le temps, et articula avec un immense sourire –sans doute sadique :
« D'après ce que j'ai pu voir un peu plus tôt, vous n'avez besoin de leçon ni l'un ni l'autre ! »
Le sourire d'Ella s'évanouit brusquement en même temps qu'une atroce rougeur prenait place sur ses joues à la vitesse d'un Hippogriffe. Toby crut même un instant qu'elle s'apprêtait à suffoquer puis étouffer, et il lança un regard noir à sa mère, laquelle éclata de rire avant de lancer :
« Voyons, nous avons tous été jeunes !
- Sans doute, maman, mais c'était il y a tellement longtemps que tu ne te souviens plus du fait que ce ne soit pas un sujet qu'on évoque comme ça...
- Si vous étiez réellement si pudiques, vous auriez tiré le verrou !
- Maman ! »
Ella se tassa sur son siège alors que Ginny semblait au bord du fou-rire.
« C'est dans ce genre de situations que je suis particulièrement heureuse que mon père ne soit pas là… émit la jeune fille d'une voix rauque.
- Pourquoi ? Il m'aurait assassiné ?
- Non. Mon père est du genre à éclater de rire quand tu lui expliques à quel point ton premier baiser a été désastreux, et à en parler à chaque occasion ensuite pour bien te faire honte… Je crois que ça doit être un truc de Serpentard. Ou juste un truc de parents. »
Toby plissa le front et elle réalisa qu'elle devrait lui raconter dans les moindres détails ce dit-baiser désastreux. Elle se retourna vers les adultes qui paraissaient désormais plus amusés que choqués –bien qu'elle pressente qu'elle aurait droit à une discussion avec Harry ou Ginny le soir même- et soupira :
« On peut revenir à la conversation maintenant, s'il vous plait ? »
Severus esquissa un sourire en se levant de sa chaise, une feuille en main, apparemment prêt à réellement échanger des informations –qu'ils pourraient tous comprendre avec un peu de chance. Il partagea un rapide regard avec Drago qui acquiesça et expliqua :
« La potion du Pendu est assez ardue à créer, mais Drago l'a faite à de nombreuses reprises. En clair, demain matin, elle sera prête. Sauf qu'il faudra ensuite attendre deux à trois semaines selon la température, l'humidité et toutes sortes de choses que nous ne pourrions pas contrôler constamment. Et pour ce qui est de la formule à prononcer sur cette potion, elle devra être réalisée par quelqu'un qui souhaite réellement retrouver Théo.
- Durant la guerre, coupa Drago, Nous demandions généralement aux époux, épouses, parents de ceux qui avaient été enlevés de le faire.
- Ou enfants ? conclut Ella en se redressant sur le canapé, le regard empli d'une résolution infaillible. Si je peux le faire…
- C'est un sortilège très complexe, Ella, rétorqua Drago. Surtout pour une adolescente. Toutes les forces magiques sont aspirées dans l'unique but de retrouver une personne. Je ne doute pas que tu y parviendrais, mais tu t'évanouirais sans doute, tu perdrais peut-être connaissance pour une durée indéterminée. Quelle que soit la puissance de tes résolutions, nous ne pouvons pas te faire prendre ce risque. A quoi ça servirait de retrouver Théo si c'était pour lui annoncer que sa fille est plongée dans le coma et qu'on ne sait pas si et quand elle va se réveiller ? Je ne tiens pas à lui annoncer ça… Alors, je le ferais. Ou Potter ? (Ce dernier acquiesça) Enfin, nous avons au moins deux semaines devant nous pour faire ce choix. »
Elle paraissait légèrement vexée de ne pouvoir exercer un rôle plus important dans cette histoire et Toby glissa lentement ses doigts contre sa hanche pour la faire sourire. Elle eut la chair de poule, mais n'esquissa pas le moindre rictus.
« Et… Cette potion, ce… Sortilège, il est fiable à cent pour cent ? demanda-t-elle en craignant pourtant d'entendre une réponse.
- Oui. Même si le lieu où il se trouve est protégé par mille protections, nous le repérerons. Grâce à ce sort, nous avons même retrouvé des corps de gens morts depuis des semaines alors… »
Drago cessa de parler quand le regard de sa femme le poignarda, et il prit conscience de ce qu'il venait de dire. Ella baissa les yeux vers la moquette et parut brusquement abattue. Elle savait parfaitement que cette histoire pouvait mal finir. Mais les Membres de l'Ordre prenaient soin de rester optimistes –du moins lorsqu'elle était présente. Elle se doutait que Drago et Pansy ne feraient pas de telles manières et qu'ils n'hésiteraient pas à être durs. Les Serpentard fonctionnaient ainsi. Toby se colla un peu plus à elle et Ella s'efforça à réviser son jugement. Pas tous les Serpentards.
« Très bien, pépia Ginny pour détendre l'atmosphère. Il est tard et… Je crois que nous avons vu tout ce que nous avions à… Enfin… je crois ?
- En effet, approuva Drago en se levant. Je m'occupe de la potion. Nous pourrions peut-être nous retrouver toutes les semaines ? Enfin, Ella nous a expliqué que vous organisiez des réunions… Je ne sais pas si elles concernent uniquement l'Ordre du Phoenix ou…
- Non. Elles sont prévues pour Théo. Donc, vous pouvez venir… »
Ron se racla bruyamment la gorge et Harry se tourna vers lui, l'air interrogateur. Il ne lui avait pas semblé que la présence des Malefoy pose un réel problème à Ron... Ce dernier passa nerveusement sa main dans ses cheveux avant de marmonner :
« Dans deux semaines, nous fêtons la fin de la guerre, rappela-t-il à Harry. Tout le monde sera là… »
Harry grimaça. Il avait complètement oublié. En effet, tous les ans depuis la fin de la guerre, tous les membres de l'Ordre –même ceux habitant désormais très loin- se rassemblaient durant tout un week-end. Une sorte de fête de deux jours où ils se retrouvaient, buvaient un peu trop, parlaient beaucoup trop et se souvenaient ensemble de ce qu'ils avaient vécus, édulcorant leurs histoires pour les enfants plus jeunes. Un week-end trop important pour être annulé.
« Euh… donc on se verra le week-end prochain. Mais pas celui d'après si ça ne pose pas de problèmes. Inviter d'anciens Mangemorts à une telle réunion se finirait en bain de sang alors…
- Aucun problème, mentit Pansy en se levant à son tour. Alors, nous allons y aller. Tobias, tu rentres avec nous ? »
Il acquiesça et se leva, suivi de peu par Ella qui aurait donné n'importe quoi pour retourner à Poudlard avec lui et passer la nuit entière dans la Pièce aux Etoiles. Il parut le sentir car il resta auprès d'elle et se pencha à son oreille, lui proposant d'un ton plein de promesses de revenir à l'école avec lui. Elle refusa avec un sourire d'excuse, ne souhaitant pas s'échapper de la maison des Potter alors qu'elle pouvait très bien se passer de Toby une nuit de plus. Cependant, elle saisit sa main et lança à voix haute –pour que tous l'entendent :
« Je vais chercher ton bouquin d'astronomie pour te le rendre. Il est dans la salle à manger, tu viens ? »
Elle l'attira vers la porte sans attendre de réponses sous le regard d'Harry, regard qui disait clairement « Tu penses vraiment que tu t'es montrée discrète ? ». Elle ferma derrière eux et un sourire fier apparut sur les lèvres du jeune homme.
« Tu vas m'accorder la permission que j'attends depuis trois semaines ?
- Dans tes rêves ! Je voulais juste m'excuser pour tout à l'heure, dans ta chambre… J'ai tendance à oublier que… qu'on est deux. Et que je ne veux même pas que tu m'embrasses alors que je te demande ensuite de me toucher. Ou du moins, que j'accepte volontiers que tu le fasses. C'est assez…
- Egoïste ? conclut-il, une moue amusée aux lèvres, ayant depuis longtemps pris conscience qu'elle ne tentait jamais rien pour lui faire plaisir. Aucun problème. Tu profites de moi tant que tu veux ! »
Ella éclata de rire et il posa ses lèvres sur son front. Elle se laissa aller contre son torse en réalisant qu'il était parfaitement sérieux. Pourtant, quelque chose lui soufflait qu'une fois la permission accordée, Toby aurait bien envie de profiter lui aussi. Etrangement, cette idée la rendit euphorique, bien plus qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer.
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Toby souffla sur la bougie qu'il avait déposée près du matelas afin de ne pas avoir à tenir sa baguette et la Pièce aux Etoiles fut brutalement plongée dans le noir. Il sentit Ella se tendre auprès de lui, mais ne fit aucun commentaire, se contentant de sourire à l'idée de ce qu'il pouvait se passer… Pourtant, la situation était exactement la même que celle des soirs précédents et il savait parfaitement qu'il n'aurait pas droit à grand-chose. Il ne pouvait cependant pas s'empêcher d'espérer à chaque fois qu'ils se retrouvaient dans la pénombre, seulement éclairés par les étoiles. Elle se blottit contre lui en frissonnant et marmonna :
« Il faudrait une couverture plus épaisse ! »
En effet, l'hiver s'installait peu à peu et les recoins de Poudlard donnaient aux élèves l'impression de vivre au cœur de la Sibérie. Toby saisit sa baguette et jeta un sortilège au drap qui dégagea instantanément une douce chaleur. Ella le remercia rapidement et s'éloigna un peu de lui –ce qui lui fit regretter son sort. Il reposa sa baguette et engagea la discussion sur les étoiles, bien qu'il ne soit pas réellement passionné par ce qu'il énonçait cette fois ci. Ella ne l'écouta pas vraiment, trop épuisé par ces journées trop longues auxquelles elle ne s'habituait pas.
Elle l'interrompit brusquement en glissant sa main contre son ventre par-dessous la couverture et il grogna tant elle était froide. Elle s'excusa rapidement avant de se lancer dans un petit discours qu'elle avait préparé à l'avance et auquel elle avait réfléchi toute la journée avant de se décider à le prononcer :
« J'ai dit à Harry que je n'avais pas réellement envie de rester chez eux pour le week-end anniversaire de fin de guerre… J'ai réalisé qu'ils seraient deux fois plus nombreux à m'observer comme si je débarquais d'une autre planète et que je ne me sentirais sans doute pas à ma place. Mais il m'a expliqué que certaines personnes avaient vraiment envie de faire ma connaissance et que ce serait une occasion d'être avec tout le monde, que ces week-ends étaient toujours mémorables et… Il m'a proposé d'inviter quelqu'un si je le souhaitais, pour que je ne me sentes pas vraiment seule.
- Et tu as pensé à moi ?
- Non, à Scarlett en premier, avoua Ella. Mais elle a dit, je cite, qu'elle préférerait manger les crottes d'un Sombral que de passer deux jours dans une maison pleine de Super-Héros. »
Toby éclata de rire. En effet, lui-même aurait pu répondre ça. Mais il pressentait qu'Ella lui proposerait dans les secondes à venir d'être son invité, et il ne pouvait même pas penser à refuser. Même si sa présence dans une maison pleine de membres de l'Ordre et de leurs mioches –surtout d'eux d'ailleurs- ne l'enchantait pas, il ne pouvait supporter l'idée de lui dire « non » pour une chose qui semblait compter à ses yeux.
« Alors… Puisque Scarlett a refusé, continua Ella en se collant davantage à lui comme pour influencer sa décision, J'ai pensé que toi, tu voudrais peut-être m'accompagner.
- Je déteste être un second choix, rétorqua-t-il en essayant tant bien que mal d'avoir l'air le plus sérieux possible.
- Toby…
- Il faudrait que j'aie une certaine compensation !
- Comme quoi ? railla-t-elle en présageant exactement ce qu'il s'apprêtait à dire.
- Comme… une permission de... »
Déjà sa bouche frôlait la courbe de sa mâchoire. Il sentit la poitrine d'Ella se soulever, s'appuyant contre son torse alors qu'elle respirait plus difficilement en percevant le corps de Toby contre le sien. Sa jambe se souleva instinctivement contre la hanche du jeune homme et l'encercla, l'invitant à une approche plus intime. Il ne se fit pas prier. Il chercha sa bouche de la sienne, mais une fois encore, elle l'évita. Un grondement de mécontentement souleva son torse et elle craint un instant qu'il s'énerve. Il se contenta d'embrasser son cou un instant avant de la sermonner :
« Tu es le diable en personne, Ella Rose Nott ! C'est de la pure torture…
- Cette torture n'a pas l'air de déplaire à une certaine partie de ton corps. »
Elle avança davantage son bassin contre le sien, et il ferma les yeux, résistant à grand peine à son envie de répondre à cette provocation indécente. Peut-être était-ce ça qu'elle attendait ? Qu'il se fasse plus pressant ? Une petite voix l'arrêta. Ella n'était pas du genre à minauder. Lorsqu'elle désirerait réellement quelque chose, elle demanderait, il le savait. Et il s'exécuterait alors avec le plus grand des plaisirs. Il haleta, son souffle balayant quelques boucles brunes de devant le visage d'Ella :
« Ton premier baiser s'est si mal passé que tu ne veuilles pas réitérer l'expérience ?
- Il s'avère que j'ai embrassé plus d'un garçon, Mr Malefoy ! répliqua-t-elle en souriant, se doutant depuis quelques jours qu'il évoquerait forcément le sujet.
- Ah oui… Combien ?
- Oh je ne sais pas… une vingtaine… une trentaine… chantonna-t-elle avant de le sentir se crisper de colère. Ok, trois !
- Tu veux bien me dire pourquoi ça s'est si mal passé ? »
Ella se décolla un peu de lui, ne souhaitant pas discuter de ses précédentes minuscules aventures amoureuses dans une telle situation. Il le comprit et tenta de calmer les battements erratiques de son cœur alors qu'elle se lançait :
« D'abord il y a eu Eingil, un elfe. J'avais douze ans. Il en avait quinze. J'étais en vacances et j'avais envie de savoir ce que ça faisait d'embrasser un garçon parce que je venais de lire un livre ultra romantique –le tout premier. Et je m'attendais tellement à un truc formidable que cet échange de salive a quelque peu… refreiné mon envie de découvertes ! Ensuite, l'été suivant, mon père et moi sommes allés en Egypte et j'ai embrassé un autre garçon, Dolov, le fils de notre guide. C'était un peu mieux, mais pas fameux. Puis, l'été de mes quinze ans… J'ai flirté avec un garçon d'un an de plus que moi, Bradley, et… j'ai expérimenté le plus-que-bisous. »
La lumière se ralluma si vivement qu'elle lui picota les yeux et le visage de Toby apparut brusquement au dessus du sien. Il avait perdu toute couleur et paraissait complètement sonné. Elle ne saisit pas pourquoi jusqu'à ce qu'il articule :
« Tu as déjà…
- Oui, acquiesça-t-elle en le dévisageant avant de réaliser qu'il venait de tomber de très haut. Tu croyais que j'étais encore… vierge ?
- Euh… oui… »
Il passa nerveusement sa main dans ses cheveux et elle tenta d'analyser l'expression de son visage. Elle fronça les sourcils en réalisant à quel point cette découverte le dérangeait.
« Tu es déçu ?
- Non ! mentit-il –assez mal pour une fois. Juste… ça expliquait pourquoi nous n'allions pas très vite toi et moi. Je pensais que tout ça, c'était nouveau et que par conséquent, tes réactions ne pouvaient égaler celle d'une fille d'expérience et…
- Toby, j'ai couché une fois avec un garçon. Une seule et unique fois. Je crois que ça ne fait pas de moi quelqu'un d'expérimenté. Et puis… ça n'a pas d'importance. Enfin, sauf si tu t'es spécialisé dans les pertes de virginité ! Dans ce cas, désolée de t'avoir trompé sur la marchandise ! »
Le ton était monté, sans qu'elle ne puisse le contrôler et il réalisa qu'il l'avait offensée. Il essaya de faire disparaitre de son visage toute trace de déception. Il avait juste bêtement imaginé qu'il serait le premier, en mâle dominant et possessif qu'il était. Il s'excusa d'un regard de son comportement avant de bredouiller :
« C'était… comment ?
- Toi, c'était comment ? rétorqua-t-elle sans sourire.
- Pitoyable, admit-il en comprenant qu'elle s'attendait à une réponse honnête. Je crois que c'est censé être nul, c'est le but même d'une première fois. J'étais en quatrième année. Et comme tout gamin de quatorze ans, je fantasmais sur la plus jolie fille de Serpentard. Astrid Wilkes. Blonde. Avec une poitrine absolument… trop grosse. Enfin, à l'époque, c'était un peu ce que je regardais en premier. Et… Elle a fait de moi un homme sur le plan sexuel dans le bureau de Rusard. Deux minutes. Les deux minutes les plus longues de toute mon existence ! J'ai trouvé ça… dégoûtant, effrayant même. Je transpirais, j'étais tout rouge, je tremblais… J'ai pris quasiment un an avant de retenter l'expérience. Et ça a été tellement mieux les fois d'après…»
Elle eut du mal à contenir un fou rire tant l'expression de son visage était comique à voir, comme s'il venait de se repasser ces abominables deux minutes. Elle comprit que c'était son tour lorsqu'il lui adressa un regard interrogateur et elle lança très rapidement :
« En fait… c'était sans intérêt. Tu sais, tu t'attends à quelque chose de particulier, d'explosif même ! Et tu ne vois qu'une mini-étincelle. Ennuyeux à mourir. Je n'avais qu'une envie : que ça s'arrête. Ce n'était pas réellement déplaisant, juste… incommodant. Long. Très long. Je me souviens qu'il y avait une pendule au mur et je comptais les secondes… Je crois surtout que j'étais déçue. »
Il s'appuya sur son avant bras pour l'observer et prit conscience de ce qu'elle avait dit un peu plus tôt.
« Donc… Ce garçon, tu le connaissais peu ?
- On est resté ensemble trois semaines je crois…
- Tu veux dire que tu as couché avec un type que tu connaissais à peine pendant un été alors que tu n'avais que quinze ans ?
- Oui, je ne voulais pas attendre. Je voulais me débarrasser de cette première fois, que ce soit passé, classé. Je ne connais presque personne et mes rencontres d'été étaient alors mes seuls liens avec des jeunes de mon âge. Je savais pertinemment que je n'aurais pas une seconde chance avant longtemps… Et j'ai raté tant de premières fois que…
- Comme ?
- Le premier jour d'école, le premier copain, la première meilleure amie, les premières sorties, la première punition… énuméra-t-elle en baissant les yeux. Je n'ai rien vécu de tout ça, je voulais juste me sentir normale pour une fois. »
Ella paraissait gênée d'oser ainsi se confier à lui, si brusquement et il releva une boucle de devant ses yeux, caressa sa joue et lui sourit, plus tendre que jamais.
« Je comprends parfaitement ce que tu veux dire.
- Toi ? Toi, tu es normal, tu as des amis…
- Non, des groupies et des sous-fifres, ce n'est pas la même chose. Sam est la seule que je considère réellement comme une amie. Les autres, ceux de Poudlard… On avait grandi ensemble pendant la guerre, on était des enfants soldats, des enfants de Mangemorts. On se battait pour manger, pour survivre… La guerre s'est finie quand j'avais neuf ans et quand j'ai compris que je pourrais aller à Poudlard, ça a été le plus beau jour de ma vie.
- Pourquoi ?
- Parce que Poudlard représentait toute la normalité de notre monde. Si Poudlard ouvrait, c'était que toute cette horreur dans laquelle nous baignions était finie. On était tous libres et vivants. Mais surtout, on entrait dans un monde normal, un monde qui fonctionnait, un monde où nous n'avions plus à nous battre constamment. Quand mon père m'a dit que j'allais pouvoir aller à l'école, sortir de ce foutu manoir oppressant… j'ai pleuré comme un bébé…
- Les hommes ne disent pas qu'ils pleurent en général, remarqua-t-elle en souriant légèrement, heureuse qu'il ose lui annoncer ça.
- J'étais petit. Je ne pleure plus maintenant. »
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Toby reboutonna nerveusement le dernier bouton de sa chemise blanche, son regard rivé au reflet resplendissant que lui renvoyait le miroir de la salle de bain commune. Il vérifia pour la millième fois au moins qu'aucune tâche ne marquait ses vêtements –simplement jean et chemise vu qu'Ella lui avait assuré qu'il n'avait pas réellement besoin de s'habiller comme un prince. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de vouloir être parfait. Pas question de laisser à ces Gryffondors l'occasion de le ridiculiser une seule seconde.
« Tu as l'air aussi stressé qu'un homme le jour de son mariage ! » s'esclaffa Sam dans son dos en s'avançant vers lui jusqu'à aplatir un pli de sa chemise avec sa main.
Il ne prit même pas la peine de répondre et elle n'ajouta pas un mot alors qu'il passait sa main dans ses cheveux pour la millième fois au moins, repoussant quelques mèches rebelles de devant son regard azur. Il revint finalement au dortoir, accompagné de Sam –qui s'écroula sur son lit- et récupéra ses chaussures avec un air maussade.
« Tes parents savent ce que tu fais ce week-end ?
- Oui. Le professeur Potter leur en a parlé la semaine dernière. Ils ont trouvé ce projet hilarant !
- Tu m'étonnes… Un Serpentard, fils de Mangemorts, invité à la fête annuelle de l'Ordre du Phoenix. Cette histoire pourrait entrer dans une sorte de manuel des bizarreries. Et Ella n'est pas stressée à l'idée que ce week-end puisse mal tourner ? Je veux dire avec Weasley fils et sûrement d'autres qui ne te feront pas de cadeaux.
- Je crois que… Je crois que ça n'a pas d'importance à vrai dire. J'y vais pour Ella. Si Scott pose problème, je sais parfaitement faire taire un tel imbécile sans cogner. »
Sam acquiesça avec un sourire sadique, comme si l'idée qu'il ait besoin de frapper Scott ou juste de lui faire peur l'enthousiasmait. Elle devait s'avouer à elle-même qu'elle craignait un peu ce qu'il pourrait se passer durant ce fameux week-end. Que son meilleur ami soit encerclé par des dizaines de personnes ayant mille raisons d'en vouloir à sa famille et peut-être même à lui paraissait légèrement dangereux. Elle réalisa qu'avec Ella, et Harry Potter qui semblait s'être pris de sympathie pour Toby, il n'y aurait sans nul doute aucun débordement. Mais Toby pouvait parfois si vite s'emporter qu'une bagarre éclaterait à la vitesse de la lumière à la moindre provocation.
« En fait, ton père a répondu à la lettre ? s'enquit-il en l'interrompant dans ses pensées. A propos de Théo ?
- Pas encore. Sa secrétaire ne sait pas où il est. Mais tu le connais… Il est probablement sur une plage des Bermudes entouré par des hommes et des femmes magnifiques, à boire et s'envoyer en l'air ! Il retournera travailler quand New-York lui manquera. Et à ce moment là, on aura intérêt à se préparer à la baston du siècle entre nos chers pères respectifs ! Je les entends déjà se chipoter : « C'est moi qui dois aider Théo ! –Non c'est moi ! –Non, j'étais là avant ! »… ils vont se tirer la langue, s'arracher les cheveux… Je veux être là quand ça arrivera ! »
Toby éclata de rire face à son imitation parfaitement réaliste des deux hommes. Il n'était pas pressé que Blaise débarque d'ailleurs, principalement parce qu'ils feraient tous les deux perdre du temps à l'Ordre avec leurs disputes totalement irraisonnables.
« Je dois y aller… marmonna-t-il au bout d'une minute d'un silence d'expectative. Si je ne suis pas là lundi, c'est qu'ils auront balancé mon corps dans l'océan ! Alors ne prenez même pas la peine de chercher. »
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Ella quitta la salle commune en courant presque, tenant son sac à dos rempli de parchemins de cours et de devoir pour la semaine suivante à bout de bras. L'idée même de dormir était devenue une mission impossible dès que Scarlett –en bonne pessimiste qu'elle était- avait commencé à parler de tous les drames pouvant se dérouler durant ce week-end. Désormais totalement paranoïaque, Ella réalisait que son invitation à Toby conduirait probablement à une mort lente et douloureuse. Pourtant, en entrant dans le bureau de la directrice en courant, elle le retrouva nonchalamment adossé au mur adjacent à la cheminée. Il ne semblait pas véritablement inquiet –valeureux comédien- et elle sentit que les battements de son cœur s'apaisaient.
Le professeur McGonagall lui accorda un grand sourire avant de lui désigner l'âtre.
« Le professeur Potter et Winifred sont déjà partis. Vous devriez y aller. Et expliquez à Ginny que j'arriverais un peu plus tard que prévu… Laisser mon école sous la responsabilité du professeur McLaggen m'inquiète un peu. »
Toby marmonna quelque chose comme « Il y a de quoi ! » avant de baisser la tête lorsque la directrice fronça les sourcils. Mais il savait parfaitement –pour y avoir participé les années précédentes- que la plupart des fêtes dans la Salle sur Demande se déroulaient durant ce week-end bien précis car le professeur McLaggen était totalement incompétent. Ella ne laissa pas l'occasion à Minerva de l'interroger et saisit sa main avant de le conduire à la cheminée où ils entrèrent côte à côte. Elle saisit une bonne poignée de poudre de Cheminette et la lança au sol.
Ils réapparurent une fraction de secondes plus tard dans le salon des Potter qui –en ce Vendredi soir- n'était pas encore réellement envahi par qui que ce soit. Le soleil n'était pas encore couché et la plupart des invités devaient toujours être au travail. Toby fut soulagé d'obtenir encore quelques minutes de répit. Il poussa d'ailleurs un soupir totalement perceptible et Ella le questionna du regard. Il ne répondit rien et l'attira vers la cuisine d'où provenaient des voix.
Cuisine totalement sans dessus-dessous à cause des préparatifs. Nourrir autant de personnes relevait du miracle et Ginny semblait complètement dépassée, bien qu'aidée par Hermione, Katie, Angelina, Lavande et Parvati. Winifred, elle, s'occupait de transporter un maximum d'assiettes et couverts en plastique dans la salle à manger. Elles s'interrompirent toutes en les voyant entrer et un court silence s'empara de la pièce. De toute évidence, tous n'étaient pas au courant de la présence de Toby. Ginny fut la première à réagir et s'approcha d'eux après s'être essuyée les mains dans un torchon. Elle sembla ne pas savoir quoi dire et Ella rompit finalement cette situation plus qu'embarrassante :
« Harry ne t'a pas dit que c'était Toby et non Scarlett qui viendrait je présume…
- Non, il a oublié ce petit détail. Mais… c'est… génial ! Nous avions besoin de plus de bras ! Toby, les autres sont à l'étage en train d'installer les matelas et de bouger les meubles pour qu'on puisse tous camper. Tu devrais aller les aider. Si tu veux ? »
Elle parut réaliser qu'elle tentait de donner un ordre à un Malefoy, paradoxe invraisemblable. Pourtant, l'adolescent acquiesça avec un sourire.
« Ok, j'y vais… »
Il se tourna vers Ella avec un regard qui en disait long. Ce week-end serait sans doute plus interminable et lourd que les « deux minutes les plus longues de son existence » jusque là. Elle lui adressa un rictus compatissant avant de lui enjoindre :
« Si Scott est à l'étage, évite de le faire passer par une fenêtre.
- Même si je peux faire passer ça pour un accident ? » persiffla-t-il avec un sourire en coin.
Elle plissa le front en croisant ses bras sur sa poitrine et il haussa les épaules avant de quitter les lieux. Lorsqu'il se fut assez éloigné, elle revint vers Ginny qui ne l'avait pas quitté des yeux et grommela :
« Désolée…
- Non, ça va ! J'ai été surprise, voilà tout. Mais je suis certaine que tout va bien se passer. Tu viens nous aider ? »
Ella acquiesça avant de remonter ses manches, prête à organiser la plus immense réception à laquelle elle s'apprêtait à participer… Sans grande motivation.
A l'étage, Toby fureta dans les couloirs afin de trouver Harry, préférant de loin être aux côtés de son professeur que des jeunes de Poudlard. Pourtant, il n'eut pas le temps d'atteindre son but qu'une mini tornade rousse lui rentra dedans. Timothy. L'enfant s'excusa avec un air penaud avant de se cacher derrière lui, s'agrippant à sa chemise comme s'il était pourchassé par un Hippogriffe en colère. Toby comprit pourquoi en voyant débarquer une fillette blonde au visage en forme de lune qui criait. Timothy tremblota dans son dos et murmura :
« C'est Nyx. Elle veut me tuer. »
Toby haussa un sourcil avant de se retourner, obligeant Timothy à lâcher sa chemise. Il s'abaissa jusqu'à être à la hauteur de la bouille de l'enfant et ébouriffa tendrement ses cheveux.
« Vraiment ? »
Timothy acquiesça avec un air sérieux et Toby esquissa un sourire avant de se redresser, soulevant le petit garçon par-dessous les aisselles avant de le hisser sur son dos sans difficultés particulières. Ils s'étaient à peine croisés le week-end précédent, mais Timothy avait décidé de l'appeler « l'amoureux d'Ella », ce qui venant de lui n'était pas péjoratif. Nyx Londubat s'arrêta à quelques mètres d'eux et son visage tout entier se fronça en une moue boudeuse, comme si elle réalisait que Timothy était désormais bien trop haut pour qu'elle puisse le « tuer ». Elle se désintéressa pourtant rapidement de son meilleur ami pour Toby.
« T'es qui ?
- Toby. Malefoy, ajouta-t-il alors que Timothy touchait le plafond du bout des doigts pour s'amuser.
- Oh… t'es l'amoureux d'Ella. »
Toby réfléchit un millième de secondes avant d'acquiescer, sachant parfaitement qu'il ne pouvait expliquer à une petite fille les subtilités de sa relation avec Ella. La fillette parut pensive un instant, et il saisit parfaitement la raison de son trouble. Devait-elle écouter ce qu'avait sans doute dit Timothy ou plutôt les paroles de sa grande sœur ? Elle finit par s'approcher de lui et saisit sa main, prête à se faire son propre jugement. Elle l'attira jusqu'au bout du couloir et il retrouva une bande d'hommes –et garçons- afférés à organiser les lieux. Harry s'arrêta en le remarquant et un sourire marqua son visage lorsqu'il aperçut Timothy.
« Tu as été élu « Porteur de l'Enfant » ?
- Non, j'ai juste évité un homicide… »
Il souleva sa main liée à celle de Nyx et Harry étouffa un rire, habitué aux nombreuses batailles entre les deux chenapans. Toby sentit rapidement les nombreux autres regards se poser sur lui et il eut brusquement envie d'être auprès d'Ella. Après tout, il était venu pour elle…
Ron s'approcha d'eux et parut hésitant. Toby comprit qu'il n'appréciait pas que son fils soit si proche d'un Serpentard et il posa ses mains sur la taille de Timothy, le soulevant en baissant la tête. L'enfant se retrouva rapidement dans ses bras et se mit à bouder. La sécurité que lui apportait la hauteur était particulièrement plaisante et le sourire menaçant de Nyx lui donna très envie de remonter rapidement sur les épaules de Toby. Il accrocha donc ses petits bras autour du cou du jeune homme, signifiant par ce simple geste qu'il n'avait pas l'intention de le lâcher.
« Tu arriveras à t'en sortir avec lui dans les bras ? s'esclaffa Harry.
- De toute évidence, je n'ai pas le choix… Je peux vous aider à quelque chose ? »
Harry observa les lieux, remarquant que Scott ne lâchait pas Toby du regard et que laisser ces deux là dans la même pièce provoquerait une nouvelle guerre dont il ne souhaitait pas être l'arbitre. Ron aussi parut s'en apercevoir et se dirigea vers son fils avec un air renfrogné, prêt à jouer au papa-auror, ce qu'il détestait par principe. Harry savait pourtant qu'une simple leçon de morale ne suffirait pas et se tourna vers Toby avec un sourire maussade, désolé de devoir le mettre un peu à l'écart afin d'éviter toute dispute inutile.
« En fait… Nous allons ranger le salon tous les deux si tu veux bien. Il nous faudra plus de sièges pour ce soir et on devrait pousser les meubles inutiles. Ça te dit ? »
Toby acquiesça en mimant un enthousiasme débordant, légèrement moqueur et Harry lui donna une tape amicale à l'épaule avant de le pousser vers l'extérieur. Ils descendirent au rez-de-chaussée, Timothy toujours accroché au cou du Serpentard adressant des regards mauvais à Nyx qui les suivait. L'hôte expliqua rapidement quoi faire et ils se mirent tous à déblayer le terrain : une entreprise périlleuse pour Toby qui portait constamment le poids supplémentaire que représentait Timothy –désormais installé dans son dos. Même Nyx soulevait les bibelots et autres objets afin de les aider.
C'est ainsi que le petit groupe de femmes précédemment installé à la cuisine les retrouvèrent. Hermione parut étonnée de voir son fils sur les épaules de Toby, mais ne fit aucune réflexion, craignant que le moindre mot soit mal interprété. Ginny adressa un léger signe de la main à Harry, ainsi qu'un regard interrogateur et ce dernier s'approcha d'elle, comprenant parfaitement le sujet qu'elle souhaitait évoquer. Il embrassa tendrement sa joue, et souffla :
« Ne t'inquiète pas. Il sait se contrôler. »
Il savait que ce week-end devait être parfait. Comme tous les ans. Ginny ne supporterait simplement pas qu'il soit gâché par qui que ce soit et il se promit de tout faire pour que rien ne vienne rompre l'équilibre plus que précaire de leur groupe. Il se tourna vers Toby pour lui parler.
« Tu devrais lâcher Timothy avant que Scott ne descende. Un combat n'est pas au programme ce week-end…
- Je voudrais bien, rétorqua le jeune homme avec un sourire. Mais c'est lui qui ne me lâche pas. »
Hermione étouffa un rire avant de se rapprocher du duo. Elle glissa ses mains autour de celles de son fils pour lui demander de cesser d'étrangler Toby. L'enfant secoua la tête avec virulence avant de chuchoter sur un ton de conspirateur :
« Nyx veut me tuer.
- Je n'ai pas pour habitude de frapper des filles. Surtout quand elles ont huit ans, précisa Toby. Alors je ne vais pas vraiment pouvoir te défendre…
- Tu ne frappes pas les filles, hein ? s'esclaffa Winifred en pénétrant dans le salon, une pile d'assiettes dans les bras. Et Annabeth Flint alors ? Ella m'a dit que…
- Annabeth Flint n'est pas une fille. Je ne suis pas même pas certain qu'elle soit humaine. »
Ella fusilla Winifred du regard, laquelle lui tira la langue en se retenant de rire. Elle finit par acquiescer avec un sérieux détonnant à l'annonce de Toby. Elle aussi doutait qu'Annabeth Flint soit un être humain… Elle devait être un robot envoyé par les moldus pour surveiller le monde sorcier. Elle n'osa pas évoquer cette hypothèse. Timothy donna un coup de genou dans le dos de Toby pour le faire revenir à leur principal problème, et s'exclama avec un air ingénieux :
« De toute façon, t'es l'amoureux de ma sœur ! Donc, tu dois me soutenir vu qu'on est presque de la même famille ! »
Les joues d'Ella se teintèrent légèrement et Winifred enfonça violemment ses dents dans ses lèvres pour s'empêcher d'éclater de rire. La même expression de gêne apparut fugacement sur les visages des adultes, en dehors d'Harry qui sembla se retrouver dans le même état que sa fille. Ella finit par croiser ses bras sur sa poitrine et s'approcha de Toby.
« Alors comme ça, tu es mon « amoureux » ?
- Tu es certaine de vouloir expliquer à un enfant de sept ans…
- Huit ! pépia Timothy dans son dos.
- … de huit ans chaque bizarrerie de notre… « relation » -si j'ai le droit de l'appeler comme ça ? Parce qu'il est possible voir probable qu'on finisse fossilisés si on doit le faire. »
Un sourire railleur orna la courbe des lèvres du jeune homme et Ella eut toutes les peines du monde à ne pas se ruer sur cette bouche pour l'embrasser. Il parut s'en rendre compte car son sourire s'élargit. Elle finit par détourner le regard, évitant de fait de regarder la tentation dans les yeux et balbutia :
« Non. Il ne vaudrait mieux pas. »
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Toby observait les Membres de l'Ordre du Phoenix qui allaient et venaient entre les différentes pièces du rez-de-chaussée, entamant et interrompant de nombreuses discussions, plaisantant, se retrouvant –parfois pour la première fois depuis l'année précédente- et s'amusant pour la plupart. Ella lui adressa un petit signe de la main depuis le salon, accompagné d'un sourire qui fit fondre toutes l'amertume lui brouillant les entrailles. Amertume pourtant dévorante qui l'avait forcé à s'éloigner des autres invités.
En le voyant, certains avaient légèrement tiqués. D'autres s'étaient permis des réflexions sous formes de murmures et grognements inhospitaliers et rageurs –la plupart étant des adolescents. Les adultes s'étaient montrés accueillants, principalement parce qu'Ella tenait sa main et fusillait du regard tous ceux se permettant le moindre soupir. Pourtant, Mondingus Fletcher n'avait pas hésité une seconde –sans doute parce qu'il était saoul en arrivant- à s'écrier en entendant le nom Malefoy : « Un mini-mangemort ! » avant de sortir sa baguette. L'air antipathique de Toby avait suffit à la lui faire rengainer.
Mr et Madame Granger –les parents d'Hermione- s'étaient montrés plus qu'enthousiastes à l'idée de le rencontrer –bien qu'il ait eu l'air complètement sonné en voyant des moldus débarquer. Mais Ella lui avait raconté l'implication réelle qu'ils avaient prise durant la guerre. Et ses grands-parents avaient harcelé Toby de mille questions sur ses buts dans la vie comme s'il s'apprêtait à épouser Ella dans les prochaines semaines.
Il passa sa main dans ses cheveux en soupirant alors qu'une question tournait en boucle dans son crâne : « Qu'est ce que je fous ici exactement ! ». La question fut énoncée à haute voix une seconde plus tard, alors que Scott s'appuyait contre l'escalier avec un regard mauvais.
« Qu'est ce que tu fais là ? »
Son ton hargneux n'impressionna pas Toby le moins du monde. Il serra légèrement son poing autour de sa bouteille de Whisky-Pur-Feu sans répondre, se refusant à entrer dans le jeu de l'adolescent. Il n'était pas sur son terrain. Il ne pouvait se montrer stupide. Autrement, il savait pertinemment que les adultes n'hésiteraient pas à le jeter dehors. Les liens du sang étaient beaucoup plus forts dans ce foyer, et il ne souhaitait pas gâcher la soirée d'Ella.
« Bah alors, tu réponds pas ? »
Toby releva la tête, plantant un regard assassin dans celui de Scott. Il espéra que cela suffirait à repousser Scott, mais l'adolescent donna un violent coup de pied dans la marche de l'escalier et Toby n'y tint plus. Il se redressa d'un mouvement sec, le dos droit, dépassant ainsi Scott de deux bonnes têtes. Le rouquin recula très légèrement. Toby en profita pour descendre et le contourner. Il s'approcha d'Ella d'un pas guindé et interrompit brutalement la discussion qu'elle entretenait avec Fleur Delacour.
« Je peux te parler ? »
Ella plissa le front, mais il prit sa main dans la sienne et elle acquiesça. Elle s'excusa rapidement auprès de Fleur avant de conduire Toby parmi les nombreuses pièces en espérant trouver un endroit où ils pourraient discuter. Elle finit simplement par se glisser dehors, le vent giflant leurs visages en leur envoyant du sable. Toby se plaça galamment devant elle afin de la protéger et se baissa très légèrement pour marmonner :
« Je crois que je devrais m'en aller…
- Non ! s'écria-t-elle en secouant la tête. Enfin… Ils ont été tous gentils avec toi en dehors de cet alcoolo de Fletcher ! Je ne veux pas que tu t'en ailles. »
Il fut presque soulagé de l'entendre, ayant craint un instant qu'elle ait totalement oublié pourquoi elle lui avait demandé de venir au départ : la soutenir. Là, il avait davantage l'impression d'être parfaitement inutile à tous points de vue. Il n'osa pas prendre le risque de lui avouer, et s'efforça à sourire avant de poser ses lèvres sur son front.
« Tu sais ce qui pourrait vraiment me motiver ?
- J'en ai une vague idée… persiffla-t-elle en entourant son cou de ses bras.
- D'être certain que je suis bien ton… « amoureux » !
- Et comment suis-je censée te le prouver ? »
Il taquina son nez du bout du sien, sa bouche effleurant la sienne alors qu'il attendait qu'elle s'éloigne. Le souffle d'Ella taquina ses lèvres. Elle ne ferma pas les yeux. Il sentait que le jour où elle le ferait, il s'agirait là d'une sorte de signal. Il aurait la permission de l'embrasser. Elle frissonna, hésitant à se dégager ou à le repousser. Comme toujours.
Mais il y avait ce mur. Ce mur immense qui semblait l'arrêter, l'empêchant de dépasser cette frontière infranchissable… Cette frontière qu'elle n'avait jamais dépassée. Embrasser un garçon ne lui posait aucun problème. Mais embrasser Toby aurait une toute autre signification. Sans doute parce qu'il la regardait comme si elle était la Huitième Merveille du Monde.
Aux yeux d'Ella, il n'y avait rien de plus effrayant que ça. Sentir qu'elle pouvait faire souffrir l'autre, le briser, lui arracher le cœur –métaphoriquement parlant bien sûr- et le piétiner. Embrasser Toby ne serait pas uniquement un échange de salive comme avec ses précédents petits-amis, mais une acceptation de la charge qui pèserait alors que ses épaules : faire le bonheur de quelqu'un d'autre. Et étrangement, elle ne sentait pas prête à offrir ça à un garçon si instable et secret.
Elle n'eut pas à le repousser cette fois ci. La porte de séparation entre la cuisine et la terrasse menant à la plage s'ouvrit en grand et Hypérion apparut avec un immense sourire. Sourire qui se fana quand il réalisa qu'il venait probablement d'interrompre quelque chose. Ella repoussa tendrement Toby, les joues rougeoyantes, le cœur battant. Le jeune homme se tourna vers le nouvel arrivé avec un sourire crispé.
« Bonsoir…
- Euh… Désolé. Je crois que je suis arrivé au mauvais moment.
- Non, pas du tout ! s'exclama Ella en haussant les épaules en un mouvement saccadé dévoilant une complète nervosité. Tu… Hypérion, voici Toby. Et Toby, c'est…
- On était à Poudlard ensemble pendant six ans, Ella, coupa froidement Toby avant de serrer la main qu'Hypérion lui tendait. Maintenant… Excusez-moi, j'ai besoin d'aller boire quelque chose. »
Il contourna un Hypérion hébété par la situation –lui qui était prêt à faire plein de sous-entendus pour gêner Ella- et s'évanouit dans la foule du salon quelques secondes plus tard. Ella serra les dents avant d'entrer dans la cuisine, occupée par Ginny –totalement perdue parmi les petits-fours, Hermione et Harry. Les trois adultes se tournèrent vers elle un instant avant de retourner à leurs occupations. Hypérion referma la porte pour éviter de transformer les coulisses de la fête en Sahara et s'exclama :
« Il est toujours aussi euphorique ? Parce que ça devrait être interdit de se montrer si heureux et souriant ! »
Ella s'adossa au plan de travail en piquant un apéritif à Ginny qui ne pensa même pas à la sermonner en voyant la mine maussade qu'elle arborait. Hypérion comprit qu'elle n'avait pas l'intention de répondre et ajouta :
« C'était ironique.
- Nan, c'est vrai ? railla Ella avec un rictus peu amical.
- Ok… Qu'est ce qu'il se passe ? J'ai interrompu quelque chose d'important ? Ou… Pourquoi il faisait cette tête ?
- Pour… rien. »
Elle s'engagea alors à fuir le regard d'Hypérion pour ne pas craquer, le jeune homme pouvant se montrer extraordinairement persuasif –ou peut-être Ella était-elle seulement une proie facile. Il posa son menton contre l'épaule de la jeune fille et apposa sur ses traits la mine la plus triste jamais vue avant d'émettre un petit couinement presque animal de supplique. Elle eut du mal à ne pas éclater de rire, mais –croisant malencontreusement ses iris, elle finit par soupirer :
« Ok… C'est juste…
- Juste quoi ?
- Que c'est plus dur de faire certaines choses quand… Quand des sentiments entrent en compte. »
Hypérion se détacha d'elle alors qu'Harry quittait la cuisine pour ne surtout pas assister à cette discussion qui lui donnerait envie de boucler Ella jusqu'à ce qu'ils aient sauvé Théodore. Ginny, elle, attendit patiemment qu'Ella poursuive, mais Hypérion fut le premier à parler :
« Tu sais que chez les gens normaux, c'est justement quand les sentiments entrent en compte que tout devient plus simple d'un point de vue physique –si c'est bien de ça dont nous parlons ? Et puis, je croyais que tu passais toutes tes nuits dans cette salle secrète dont tu ne veux rien me dire avec lui.
- Oui. Mais… On ne fait rien, confessa-t-elle en s'empourprant.
- Attend… Rien du tout ? Ouah, je comprends pourquoi il fait cette tête alors ! Vous vous êtes déjà embrassés, rassure-moi ! (Ella garda furieusement la tête baissée, son regard fixée sur les jointures des carreaux de la cuisine.) Ella… tu veux le tuer, ce pauvre garçon ? Vous vous connaissez depuis cinq semaines. Vous flirtez depuis cinq semaines. Vous passez vos nuits ensemble depuis quatre semaines. Et… Il n'a même pas encore eu le droit de t'embrasser ? C'est de la torture pure et simple ! Tu sais que les réflexions de Scott n'étaient pas à prendre au sérieux quand il a sous-entendu que tu étais une fille facile ? Parce que là, tu as largement dépassé la catégorie « fille normale » pour celle de « fille castratrice » ! »
Ella lui accorda un regard noir qui ne le fit même pas reculer, et répliqua :
« Rien à voir avec Scott. Ou même avec la quasi-totalité de Poudlard qui fait courir des rumeurs absurdes sur lui et moi. L'une d'elle dit même que je suis enceinte et qu'un mariage est prévu pour l'été prochain… Enfin bref, ça n'a absolument aucun rapport. C'est juste que… Toby m'aime bien. Vraiment. Il est gentil et patient et… Et j'ai la très désagréable impression qu'il me suffirait de cesser de lui parler pour qu'il déprime. Je déteste avoir un tel pouvoir sur quelqu'un. Et particulièrement sur un type au mental aussi bancal et au passé plus que flou ! »
Elle n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit que Toby entra dans la pièce. Elle se raidit, craignant qu'il n'ait entendu ce qu'elle disait, mais la mine renfermée du jeune homme n'avait rien à voir avec elle pour une fois. Sa chemise était tachée, dégoulinante qu'un liquide violet semblable à du vin. Elle s'avança vers lui alors qu'Hypérion maugréait « Stupide gamine ! » et questionna :
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Scott. Il m'a « accidentellement » heurté avec un verre de vin. Et non, je n'ai pas fracassé son doux visage contre le coin de la table basse. Bien que l'idée m'ait bel et bien hanté l'esprit. Involontairement bien sûr.
- Je suis désolée… »
Il comprit qu'elle ne s'excusait pas uniquement pour l'idiotie du jeune rouquin avec lequel elle partageait son ADN, et esquissa un sourire rassurant, ne souhaitant pas qu'elle se sente coupable de quoi que ce soit. Il prit conscience qu'il n'avait jamais prêtée une telle attention aux sentiments d'une autre personne. Sa main se nicha dans le creux de sa nuque et il déposa tendrement ses lèvres sur son front –ne réalisant pas que la douceur dont il fit preuve provoqua un sifflement impressionné de la part d'Hypérion, rapidement arrêté par un regard noir de sa mère. Toby saisit finalement la main d'Ella dans la sienne, avant de soupirer :
« J'ai des vêtements de rechange dans mon sac…
- Je l'ai mis dans ma chambre. Viens ! »
Elle l'attira vers l'extérieur alors qu'Hypérion lui adressait des signaux alarmistes lui ordonnant de faire quelque chose –n'importe quoi- avec Toby. Pourtant, dès qu'ils se retrouvèrent seuls dans la chambre d'amis, Ella se contenta de le regarder se changer, contrôlant de toutes ses forces chaque pulsion la poussant à s'approcher de lui et à rejoindre le lit.
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Les récits de guerre rythmaient le salon. Chaque membre de l'Ordre du Phoenix se plaisait à raconter les anecdotes vécues durant cette longue période sombre. Quelques rires parfois heurtaient l'air bouillant d'alcool se dégageant de ce monde fou pressés les uns contre les autres sans pourtant ressentir le besoin même de respirer. Ils donnaient l'impression d'expirer et d'exhaler en cœur, comme une seule et même personne…
Toby trouvait ça presque angoissant. Ces personnes étaient toutes trop proches, trop unis, trop semblables en cet instant. Et lui ne parvenait pas à se calquer sur eux. Il parvenait à sourire parfois. A rire même lorsque Fleur Delacour avait raconté son accouchement à l'étage du 12 Square Grimmaurd alors que les autres se battaient contre des Mangemorts au rez-de-chaussée.
Mais certaines histoires ne l'amusaient pas. Il n'appréciait pas d'entendre les membres de l'Ordre se moquer de ceux qu'il avait connus durant son enfance, parfois cruellement. Il sentait que certains tentaient de provoquer une réaction chez lui, de le faire réagir. Harry s'hasardait souvent à le regarder, avec un petit sourire de soutien, comme s'il se doutait de la colère que ressentait Toby à intervalle régulier.
Ella se recroquevilla davantage contre lui, enfouissant son visage contre la courbe de son cou, y déposa un bref baiser et murmura un bref « Tu vas bien ? » auquel il acquiesça. Mensonge. Pur mensonge. Il ne pouvait s'empêcher de serrer les poings parfois. Sa trachée se bloquait. Son cœur cognait encore et encore contre son torse, trop fort. Il avait presque mal physiquement. Mais s'interdisait à le montrer.
Hypérion conclut son récit à propos d'un mini-match de Quidditch, entre deux batailles, la première fois qu'il avait joué… Le jour où il avait décidé de devenir Poursuiveur. Même Toby sourit à l'évocation de cette histoire, de cette révélation qu'avait eue Hypérion en touchant un Souaffle.
Puis un court silence s'installa dans la pièce. Ils partagèrent tous quelques regards, attendant de savoir qui serait le prochain à parler. Ce fut Scott qui se lança. Pas pour raconter une histoire. Il planta son regard dans celui de Toby qui se crispa ostensiblement. Il s'attendait au pire venant du rouquin. Ne fut pas déçu.
« Je crois qu'on devrait profiter de la présence d'un fils de Mangemorts parmi nous ce soir pour avoir une vision nouvelle de la guerre ! Ce serait amusant ! Pour un but purement culturel, bien évidemment… Alors, Toby, ça se passait comment pour vous ? »
Ella s'éloigna légèrement de Toby pour jauger de sa réaction. Elle imagina qu'il serait troublé, peut-être triste même. Mais son visage figé dans une expression de colère indescriptible l'effraya presque. Elle craint un instant qu'il ne fonce sur Scott pour le frapper. Tous avaient cessé de respirer, comme en attente d'un geste… qui ne vint pas. La main de Toby effleura celle d'Ella afin de lui faire comprendre qu'il se contrôlait. Pour la première fois, elle ne le crut pas.
« Alors ? » insista Scott avec un sourire goguenard.
Son père le fusilla du regard, désirant sérieusement le faire quitter la pièce par la peau du cou pour l'engueuler comme jamais il ne l'avait fait. Toby s'installa confortablement, un rictus –mauvaise imitation d'un sourire- ourlant ses lèvres. Il acquiesça.
« Tu veux une histoire ?
- Toby, tu n'es pas… » commença Ella avant qu'il ne la fasse taire d'un regard.
Scott fit mine de s'impatienter et Toby inspira à fond avant de s'attaquer à ses souvenirs. Souvenirs profondément enfouis. Les pires à sa disposition. Il voulait faire mal autant qu'il avait mal. Il voulait diluer sa colère, la faire fondre dans chaque mot prononcé. Il voulait choquer.
« Tu connais Sarah Macnair ? Je suppose que non. A vrai dire, elle n'a pas réellement eu le temps de connaitre qui que ce soit. Elle était malade. A la naissance. Une défaillance cardiaque. Elle pleurait souvent… En fait, elle pleurait constamment. Voldemort l'a tuée. Un Avada. Elle avait six mois. Il la trouvait trop bruyante, dérangeante… Et Lord Voldemort n'était pas du genre à s'embarrasser de poids tel qu'un bébé malade. »
Scott baissa les yeux, désormais gêné sous le regard de Toby qui semblait le traverser, le fouiller, le juger avec une amertume considérable. Mais Toby n'avait pas fini.
« Tu as déjà remarqué qu'Annabeth Flint boite légèrement ? Son père, Marcus Flint est devenu alcoolique peu après sa naissance. Puis fou. Il avait des hallucinations, voyait des choses qui n'existaient pas, parlait à des gens qui n'existaient pas… Quand elle avait cinq ans, une petite voix lui a soufflé que sa fille ferait courir le monde à sa perte et qu'il devait la découper. Chaque parcelle de son corps. Doigts. Mains. Pieds. Bras. Jambes. Tête. Tronc. Il a commencé par les orteils et est parvenu à hacher son petit doigt. Sa femme a réussi à l'arrêter avant qu'il ne lui en coupe un deuxième. »
Il sentit Ella trembler auprès de lui et s'en voulut un instant de lui faire subir ça. Mais il se devait d'aller jusqu'au bout. Il devait faire comprendre à Scott que sa vie à lui avait été un conte de fée, qu'il n'avait pas le droit de se plaindre de la guerre alors qu'il ne l'avait qu'à peine vécue.
« Tu sais pourquoi aucun de nous ne parle à Scarlett Higgs ? Pas parce qu'elle est à Serdaigle. Pas non plus parce que –comme vous le pensez vous- elle est bizarre. En fait… on est tous incapable de la regarder dans les yeux. On se sent tous minables à chaque fois qu'on la croise. Parce qu'on était tous là… qu'aucun de nous n'a agis… qu'on était tous trop petits, trop faibles pour la défendre… On a observé Mulciber lui faire des choses qu'un homme ne devrait même pas penser à faire à une gamine de cinq ans, de six ans, de sept ans… Et elle n'est pas dans un Orphelinat spécial pour les monstres comme vous le racontez tous. Elle est dans un centre de Médicomagie qui traite les problèmes psychologiques chez les enfants parce qu'elle s'est retrouvée incapable de parler pendant des années à cause de ce que Mulciber lui a fait vivre. »
Ella eut brusquement le cœur au bord des lèvres, des larmes aux coins des yeux. Elle comprit pourquoi Toby n'avait pas voulu répondre quand –un soir- elle lui avait demandé pourquoi il s'éloignait à chaque fois qu'elle était en compagnie de Scarlett. Elle comprit aussi tous ces secrets qui entouraient celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie. Et elle aurait voulu tout effacer de son cerveau. Oublier. Elle n'en serait pas capable pourtant.
Toby se leva et s'avança vers Scott qui –adossé au chambranle de la porte menant à la cuisine- recula d'un pas. Harry se redressa légèrement sur son siège, prêt à intervenir si le Serpentard s'attaquait à son neveu bien qu'il pense sincèrement que ce dernier aurait besoin qu'on lui remettre les idées en place. Mais Toby maitrisait parfaitement chacun de ses gestes et chaque sentiment. Il articula soigneusement, la rage crispant ses poings et tous ses muscles :
« Tu penses franchement avoir vécu la guerre ? Quel a été le pire drame de ton enfance ? Tu n'as pas assez vu ta mômôn ? Tu as raté un repas ou deux ? Tu n'es qu'un petit con. Un gamin égoïste et trop gâté. Et si j'entends un seul bruit de couloir sur ce que je viens de raconter… Tu sauras exactement ce qu'on ressent quand on souffre vraiment. Et comme je suis le méchant fils d'un méchant Mangemort, ne doute pas que je saurais te faire du mal avec soin. »
Toby ne laissa pas le temps à Scott de répondre. De toute manière, l'adolescent était proprement stupéfait. Toute couleur avait quitté son visage et c'est avec un regard effarouché et perdu qu'il contempla la pièce. Ella hésita quelques secondes avant de se lever, ses genoux claquant légèrement l'un contre l'autre. Elle aurait pu foncer sur son cher et tendre demi-frère pour battre chaque partie de son corps, mais se contenta de passer près de lui en l'ignorant. Retrouver Toby lui paraissait être une tâche beaucoup plus noble, tant elle redoutait qu'il fasse une bêtise.
Elle ne prêta même pas attention à Harry, qui lui conseilla de le laisser un peu seul. Elle le connaissait mieux que lui. Elle franchit la porte entre la cuisine et l'extérieur sans réfléchir, sentant dans chaque fibre de son corps qu'il avait dû s'installer dehors. En effet, elle remarqua sa silhouette, seulement éclairée par la demi-lune. Il s'était assis sur le sable, ses genoux relevés, la tête baissée.
Elle fit quelques pas, ses chaussures s'enfonçant dans le sable humide et froid. Il était près de l'océan, si près qu'elle voyait de petites vaguelettes chatouiller le bout de ses pieds. Elle avança encore. Puis prit conscience des mouvements saccadés du corps de Toby, de ses épaules qui se relevaient à intervalle régulier, comme secouées par des sanglots.
Elle cessa de marcher. Hésitante. Quelques pas de plus et elle serait auprès de lui, le réconforterait, prendrait encore plus d'importance dans sa vie. Elle fit un pas. Quelques pas de plus et elle saurait enfin pourquoi il débordait de colère, pourquoi ces cicatrices marquaient son dos, pourquoi il était ce qu'il était tout simplement. Elle fit un pas. Elle apprendrait sans doute d'autres choses, et le mur entre eux s'abaisserait peut-être. Enfin.
Elle n'hésita plus.
Elle se retrouva assise en tailleur devant lui, ses yeux à la hauteur des siens, ses genoux dans l'eau de mer glaciale. Elle glissa ses mains dans ses cheveux alors qu'il gardait volontairement la tête baissée, comme pour ne pas lui montrer qu'il avait craqué. Elle suivit le contour de sa mâchoire du bout de l'index, puis le plaça lentement contre son menton avant de le contraindre –sans employer pourtant la moindre force physique pourtant- à se redresser.
Les yeux brillants de larmes, il osa enfin affronter son regard. Elle glissa son pouce contre l'ombre bleutée de ses cernes, effaçant une dernière goutte salée, et lui accorda un vaillant sourire forcé. Il ferma les yeux, ses dents serrées. Il fut tenté de lui ordonner de rentrer, de le laisser tranquille… Ne le fit pas. Elle frissonna à cause du vent froid fouettant sa peau et bredouilla :
« Je suis…
- Ne dis pas que tu es désolée. Tu savais pertinemment que mon enfance… ou celle de Scarlett… n'avait pas été un long fleuve tranquille comme la tienne. »
Elle sentit une pointe d'amertume dans sa voix et chuchota, la voix brisée :
« Tu m'en veux pour ça ? »
Il secoua la tête avec un sourire triste.
« Non, bien sûr que non… Quelle est la pire chose qui tu sois jamais arrivée, Ella ? La disparition de ton père, je paris ? Et avant ça ? Y-a-t-il eu le moindre drame, même infime, dans ta vie ? (Elle dodelina de la tête en signe de négation et il poursuivit, le barrage de sa langue cédant enfin.) Tu ne te rends pas compte de ta chance. Ton père… Il… Il a fait ce que j'aurais voulu que mes parents fassent. Mais ma mère croyait en Voldemort, en chacun de ses mots, en chacune de ses idées. Elle croyait en lui. Et mon père était trop amoureux, trop lâche aussi, pour penser à partir loin de tout ça. Mes parents n'ont pas fait le bon choix, Ella. Je le savais même avant la fin de la guerre. Je savais qu'on finirait par payer tout le mal qu'on faisait…
- Tu étais petit, Toby. Tu n'as fait de mal à personne. »
Il éclata d'un rire sans joie et elle eut brusquement l'impression de faire face à un fou. Il passa nerveusement sa main dans ses cheveux, le corps tremblant, chaque mouvement semblant hors du temps, anormal, comme ceux d'un drogué en pleine crise de manque. Elle sentit qu'il ne contrôlait plus rien. Il haleta, comme si chaque mot prononcé lui était douloureux :
« Bien sûr que si… Tu sais pourquoi je suis né ? Pour Voldemort. Le but même des Sangs-Purs était de procréer, de créer la nouvelle génération de futurs Mangemorts. Nos parents nous ont tous eu sous les ordres de Lord Voldemort et des plus âgés. Comme mon grand-père. C'est lui qui s'est chargé de mon « éducation », si on peut appeler ça comme ça… Je dirais plutôt « élevage ». On nous robotisait. On nous collait une baguette dans la main. On nous apprenait à quel point les moldus étaient inutiles, les Sangs-de-Bourbe contre-natures, les membres de l'Ordre faibles. Mais mon père… Mon père me parlait du tien, de Poudlard, du monde… J'ai appris à ne pas me laisser berner par les mille préjugés qu'on nous forçait à ingurgiter sans nous laisser la possibilité de réfléchir. Et c'est ce qui m'a valu la plupart des cicatrices qui marquent ma peau. »
Il cessa de parler un instant, comme pour se reprendre alors que sa voix tremblait, et elle attendit –patiente- qu'il continu :
« Mon grand-père plaçait beaucoup d'espoirs en moi. J'étais… doué, légèrement sadique comme tu le sais, attiré par le danger, les forces du mal… par jeu, plus que par réel désir de faire souffrir d'ailleurs. Quoi qu'il en soit, il a décidé de me prendre en charge, presque constamment. Pour mon cinquième anniversaire, il m'a conduit aux cachots du Manoir jusqu'à la cellule d'un enfant… un moldu… il était en mauvais état, déjà presque mort… Lucius m'a demandé d'abréger ses souffrances en lui lançant un Avada. Je l'ai fait. Sans réfléchir. Je n'avais pas encore la puissance magique nécessaire pour tuer un adulte en bonne santé, mais un garçonnet de sept ans épuisé, c'était facile… J'étais fier, Ella. Vraiment. Et Lucius l'était aussi.
- Tu n'étais qu'un gamin, Toby… Tu suivais juste les ordres…
- Pour mon sixième anniversaire, continua-t-il sans prendre la peine de l'écouter, Lucius m'a conduit une nouvelle fois aux cachots. J'ai tué un Sang-de-Bourbe un peu plus âgé. J'étais toujours aussi fier. Heureux de faire honneur à mon nom, à ma famille… Pour mon septième anniversaire, il avait laissé une femme dans les cachots. Une Sang-de-Bourbe du ministère. Les Mangemorts l'avaient déjà torturée, violée… J'ai cru que Lucius allait me demander de l'achever, comme les fois précédentes…
- Que t'a-t-il demandé de faire ?
- De lui lancer des Doloris. J'en ai lancé un. Puis deux. Et… j'ai été simplement incapable d'aller plus loin. Tuer quelqu'un d'un Avada, c'est si simple, si rapide… Tu n'imagines même pas à quel point ça parait normal. On a à peine le temps d'y penser que l'éclair vert foudroie littéralement la victime. Cette fois, c'était différent. Elle criait, pleurait, me suppliait… Et j'étais si mal, si faible… J'ai dit à mon grand-père que je ne pouvais pas continuer et il m'a expliqué que dans la vie, on devait parfois faire certaines choses pour la Cause, et que cette femme empêchait l'ascension de notre maître. J'ai réalisé que je m'en moquais complètement, de la Cause, du maitre, de cette foutue guerre… Ce n'était pas mon combat. Je n'étais qu'un gosse né du mauvais côté de la barrière. Lucius a insisté avec les phrases chocs habituelles : « Dans la vie, on tue ou on est tué ! », « Es-tu un gagnant ou un perdant, Tobias ? »… Il a fini par perdre patience et m'a lancé de multiples sortilèges de découpe au dos. Jusqu'à ce que je m'évanouisse. »
Ella sentit une sueur froide couler le long de sa colonne vertébrale alors qu'un étau autour de sa poitrine soulevait son cœur. Elle n'arrivait pas à contrôler la foule d'images déconstruites qui violentaient son cerveau d'atrocités sans nom. Pourquoi l'esprit humain poussait-il tant les hommes à se torturer à imaginer ? Elle n'avait jamais rien vu de tout ça : ni Annabeth torturée par son père, ni Scarlett violée par Mulciber, ni Toby frappé par son grand-père… Et pourtant, pendant de longues minutes, son esprit fut saccagé par des flashs immondes dignes des pires cauchemars.
La main de Toby cajola inopinément sa joue en lisant sur ses traits le mal-être qu'elle tentait de repousser avec force sans y parvenir. Il plaqua sa paume humide contre sa nuque et l'attira vers son torse, où elle vint se blottir en fermant les yeux. Le souffle de leur respiration se détendit imperceptiblement alors que les battements de leurs cœurs se calquaient l'un sur l'autre. Il soupira :
« Désolé de t'avoir raconté tout ça... »
Elle chassa ses excuses tout en séchant ses larmes et passa ses bras autour de son cou, se collant davantage à lui sans réellement savoir distinguer qui consolait l'autre. Il déposa un nuage de petits baisers sur la courbe de sa nuque, son souffle taquinant les quelques mèches ondulant sur sa peau, et elle frissonna à nouveau. Les mains de Toby parcouraient chaque partie de peau dénudée, cherchant de toute évidence à lui faire oublier les dernières minutes. Il se sentait stupide. Complètement stupide d'avoir osé craquer devant elle. Et surtout de lui avoir fourni des motifs de cauchemars pour les mois à venir.
Elle se laissa aller contre lui. L'océan à la froideur quasi hivernal les mouillait tous les deux sans qu'ils n'y prêtent réellement attention, bien qu'ils soient gelés. Le sable collait à leur peau, les grattant un peu. Mais là encore, ils se moquaient cruellement de toute gêne physique, trop obnubilés par ce qu'il se passait dans leurs têtes.
Toby embrassa tendrement sa mâchoire en remontant vers son visage, son regard glissant sur ses traits affaissés. Elle s'efforça à sourire, honteuse. Puis comprit en le regardant que le mur était tombé. Toby était là, serein –ou mimant la sérénité, et lui avait raconté certaines choses… qu'il n'avait sans doute expliquées à personne. Il n'avait pas hésité à lui avouer ce qui le tourmentait tant et elle prit conscience de la chance qu'elle avait. Il était là. Juste pour elle.
La gorge serrée, sans la moindre hésitation pour faire flancher sa voix, elle susurra alors :
« Permission accordée. »
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Note de l'auteur _ Niark Niark Niark ! xD Là, bizarrement, j'suis sûre que vous vous dites : "Finalement, elle n'aurait pas dû le poster ce chapitre..." Surtout que bon, vous allez devoir attendre pour la suite. Enfin, je m'arrangerais pour pas trop prendre de temps ! Bref... Hermione, qui aurait dû se faire ligaturer les trompes post-naissance d'Ella xD [Bah ui, pas de Scott comme ça... Parce qu'un tel abruti... franchement ! -' xD enfin, vous inquiètez pas, Papa Ron va s'en charger ! Tamdam ! xD], Hypérion qui tente d'expliquer à Ella qu'elle est une méchante fille, Winifred qui nous insulte ENFIN son cousin [franchement, ils font quoi les adultes dans cette histoire ? C'est une gamine de 13 ans qui doit s'occuper du Cas-Scott...], Timy & Nyx qui finiront mariés, c'est obligé... [Bon, elle le trainera à l'autel par les cheveux, mais chut ! =P] Pov'gosse quand même. Ella qui m'exaspère ! [Oui, bon, elle pense tout comme moi, mais j'm'agace moi-même parfois alors là Ella m'énerve ! Si j'avais un Toby à disposition, il pourrait être totalement dérangé, j'aurais aucun problème avec ça =P]... Pour le Clash Hermione-Pansy -que j'pense que vous attendiez- il arrivera plus tard, mais il arrivera. J'me suis dis qu'ils allaient rester un peu adultes au départ... Enfin, dire de Pansy qu'elle est une Adulte, faut ptêtre pas exagérer ! Pauvre Ella & toby ! xD J'adore les parents qui font honte à leurs enfants... J'ai une mère spécialiste pour ça. [J'compte plus le nombre de fois où elle a raconté à des amis & à tous les repas de famille comment j'embrassais mon voisin d'à côté quand j'avais 5 ans... -la vraie histoire est plus honteuse que ça surtout racontée par une mère ! xD]
Bon, enfin... venons-en au sujet de ce chapitre : les déclarations de Toby. Oui, il nous pète un steak l'petit là. -et puis j'lui en veux même un ptit peu, même si c'est de la faute de Scott... Il aurait dû s'controler un peu mieux. Enfin, bref... Pour Annabeth, on s'en fout ! [comment ça j'ai pas de coeur ? Dois-je vous rappeler qu'elle a voulu tuer Ella ? -& qu'il est possible qu'elle recommence à saouler tout le monde si j'en ai envie brusquement ?], La ptite Sarah, baaah... voldemort était une tâche, tout le monde le sait. (a) Bon & Scarlett... C'était un ptit peu prévu depuis qu'elle existe. [enfait, elle n'était pas du tout censée exister. xD Mais, pendant le cours de Soins aux bêbêtes magiques, au chapitre 6, y'a cette jolie fille toute étrange qu'est brusquement apparue en levant la main & elle m'a raconté sa triste vie, alors j'ai décidé de l'inclure dans l'truc... ^^'] Enfin, quoi qu'il en soit... Voilà. Vous savez tout. On verra beaucoup plus Scarlett dans la suite... [Euh, d'ailleurs, je sens qu'il va se passer un truc complètement pas prévu du tout par rapport à elle. xD] -jpréviens vu que certains d'entres vous l'aiment beaucoup ! lOl & pour Toby, Ella avait raison non ? C'est d'être torturé & pas juste la prison qu'il méritait... =/
Enfin voilà ! -ça fait longtemps que j'avais pas aussi longuement commenté mon chapitre lOl mais y'a tellement de choses qui se passent dans celui là.
Questions _ 1 - Vont-ils s'embrasser ? [... xD Non, mais ui hein ! j'voulais juste vous faire peur hihihi] Est-ce que ça va bien se passer ? [Ella qui psychote, c'est trop marrant xD] 2 - Comment Scarlett va réagir en apprenant qu'ils sont tous au courant ? [... =/] 3 - Est ce Scott va se calmer ? [Non, mais sérieusement, j'veux qu'au moins une personne ait un ptit peu confiance en lui ! xD Comment j'peux faire si personne l'aime ? Ui, vous allez m'dire "Fallait l'rendre plus attachant", mais... Pfiou !] 4 - Est-ce la potion du pendu va marcher ? 5 - Comment le retour de Blaise va-t-il se passer ? [beaucoup moins adulte, direct... xD] 6 - Est-ce que ça vous a plu ?
Bisous bisous, Reviews, Reviews ! ^^
*¤ Bewitch_Tales ¤*
[Editation -xD- du Samedi soir, 21h16 - J'ai fini mon chapitre 15 ! Inspiration, ne me quitte pas...]
