Note de l'Auteur _ Coucou les gens ! J'ai terminé mon chapitre 17 à l'instant -enfin à l'instant là, jeudi à 22h14... & je prends le courage de préparer le postage tout en regardant la saison 5 de Medium. x) Bref, maintenant que j'ai tout ce que je dois dire en tête, j'en profite & j'débarque... ^^ Parce qu'autrement, j'ai la mémoire de Ron-Ron.
De Un, un grand immentissime merci pour vos reviews comme toujours, pour le retour de ma Lenou-Snivilly & le Grand retour de MissAsu... Et aussi pour le débarquement de Surya que je remercie mille fois. D'ailleurs, non, pas forcément besoin d'être inscrits pour reviewer, ça dépend de si oui ou non les auteurs acceptent les reviews des non-inscrits. Enfin, bref, merci à tous ! x)
De Deux, j'ai fini mon chapitre 17 donc, J'ai la moitié de mon chapitre 18 & j'ai plus ou moins fait la liste de tout ce que j'avais à mettre & autres -hors dérapages potentiels des personnages bien entendu. Donc -puisque Surya & d'autres m'ont posé la question, cette fiction comportera 24 ou 25 chapitres selon mes calculs -j'suis allée en L alors c'est complètement aproximatif =P, un épilogue (selon si c'est 24 ou 25 chapitres -dépend des coupures) & puis un truc que je mettrais sûrement sur mon blog puisqu'il n'a au fond pas grand intérêt xD disons que c'est une sorte de... "chapitre bonus" que j'ai intitulé "Et ils vécurent..." et constitué de scènes post-épilogue que je voulais absolument écrire mais qui ne trouvaient pas de place dans l'épilogue [parce que bon, le "19 ans plus tard" à la JK. Rowling je l'ai fait trop souvent.] Hors possibles passages de pages blanches de ma part, je devrais donc vous dire au revoir en octobre ou en novembre. x)
De Trois, puisqu'on continu à me poser la question... Je n'écrirais plus que des OS ou courtes fictions de 2, 3 chapitres après Ellarosa. J'ai -je crois- fait tout ce qui est possible & inimaginable, et j'ai toujours mes propres projets dans lesquels je dois me lancer. Enfin, vous devriez avoir droit à plusieurs OS, c'est sûr, étant donné que mon cerveau reste indéniablement branché au réseau HP. Un OS que j'ai l'obligation d'écrire [Oui Oui, on m'y force ! =P] causée par un rêve lemoniaque : Hermione, Harry & Ron sous une tente... [Okay, j'avoue, dans le rêve, Hermione c'était moi ! =P], un OS Sirius - O.C [Across Emilie's Dreams, ui ui rapport avec Across Our Memories.], un OS Hermione - Drago [Dont j'ai déjà le début, mais j'hésite toujours à rendre ça déprimant ou non...], un autre Scorpius - Lily Luna [ultra triste lui xD]... Enfin bref, pas mal de choses en projets, mais plus rien de long. Désolée.
Bonne lecture !
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Ellarosa - Chapitre 16
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« Les femmes ne peuvent jamais se décider entre la fierté d'inspirer de la jalousie et l'ennui d'en supporter les conséquences. »
Etienne Rey.
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Les paumes du Guérisseurs massaient la jambe de Toby avec une certaine violence qu'il n'aurait sans doute jamais employée avec ceux de son espèce. Le jeune homme grogna en le fusillant du regard alors que le vieil Elfe touchait des parties plus douloureuses de sa blessure. S'il en avait été capable, il aurait probablement renvoyé Raki à coups de pieds pour se montrer si peu attentionné… Mais quelque chose lui soufflait qu'il ne valait mieux pas se faire remarquer, à moins de ne pas tenir à la vie. Il serra les dents quand l'homme tira sur sa chair et faillit le repousser.
« C'est fini. Evitez de bouger. »
Le ton cassant lui rappela presque celui de son grand-père –lequel aurait ajouté une remarque désagréable pour lui rappeler qu'il n'était qu'un moins que rien- et il lui fallut toute la maitrise du monde pour ne pas l'envoyer balader. Il jeta un coup d'œil à sa jambe, dont le trou béant était désormais recouvert d'une pâte violette constellée de tâches verdâtres. Il s'interrogea sur son utilité exacte, mais n'osa pas poser la moindre question.
La porte de la chambre s'ouvrit et il espéra que ce soit Ella afin de se faire un peu cajoler, mais ce fut un homme qui apparut. Eingil. Il adressa un sourire presque menaçant à Toby avant de s'avancer vers le lit en le scrutant. Finalement, dès qu'il fut assez proche, il tendit la main vers lui et se présenta :
« Je m'appelle Eingil. »
Toby arqua un sourcil alors qu'une pointe de jalousie enserrait brusquement son cœur. L'elfe face à lui était particulièrement beau, lui-même devait l'admettre, et dégageait une aura de confiance absolument insupportable… Comme s'il se doutait que Toby se sentait légèrement menacé rien que d'imaginer qu'Ella avait embrassé ce type avant lui. Voyant que Toby n'avait apparemment aucune envie de lui serrer la main, il se rembrunit légèrement, avec un sourire, déjà gagnant.
« Je présume qu'Ella t'a parlé de moi…
- Oui. Elle dit que tu embrasses trop fort, persifla le Serpentard avec un rictus railleur. Et que tu salives un peu trop.
- J'étais jeune. Je me suis largement amélioré… C'est ça quand on commence à avoir de l'expérience. Tu as quel âge déjà ?
- Dix-sept ans.
- Trois ans de moins que moi… Il se passe beaucoup de choses en trois ans. On acquiert de nouvelles connaissances avec les femmes. Je suis persuadé qu'Ella sera ravie de comparer le souvenir de son premier baiser avec… celui du nouvel Eingil. »
Toby avala difficilement sa salive, la peau de ses joues se teintant légèrement de colère alors que le vieux Raki paraissait sur le point de rire. Finalement, il rétorqua avec hargne :
« Je doute franchement que le désastre de la première fois lui donne envie de recommencer !
- Tu veux parier ? s'esclaffa Eingil. Je l'ai vue dans son bain cette nuit, tu sais…
- Quoi ?
- Oui… Elle est encore plus belle qu'avant. Enfin, tu dois en savoir quelque chose. Comment ça s'est passé cette nuit ? Heureusement que la créature n'a pas visé plus à droite, commenta-t-il en regardant brièvement sa blessure. Elle t'aurait arrachée une chose bien plus précieuse autrement étant donné que la seule jambe dont tu ais réellement l'utilité se trouve entre les deux autres…»
Toby blêmit légèrement à cette idée, mais n'eut pas l'occasion d'imaginer ce qui se serait passé si ça avait été le cas. La porte s'ouvrit sur Ella qui s'approcha en courant presque dès qu'elle aperçut Eingil. Elle avait bêtement espéré être là lors de leur rencontre, et regretta que ça n'ait pas été le cas en voyant l'air de Toby. Elle adressa à l'Elfe un regard noir –qui le fit sourire- et embrassa le front moite de son petit-ami en lui souriant.
« Vous vous êtes rencontrés à ce que je vois…
- Oui, approuva Toby en reprenant le sourire. Et tu avais raison. Il est particulièrement amical. Peut-être un peu trop… Tu ne m'avais pas prévenu que les elfes mâles tenteraient de me séduire également. »
Ella leva la tête vers son ami dont le sourire concupiscent s'était fané à la vitesse de l'éclair. Toby, lui, sembla extrêmement fier de lui alors que Raki quittait les lieux en secouant la tête, dépité par l'insolence de la jeunesse sorcière. Ella croisa ses bras sur sa poitrine et arqua les sourcils avec un petit sourire :
« Tu es gay ? Depuis quand ?
- Je… Non…
- Ne t'inquiète pas. Je trouve ça cool. Un autre ami à moi l'est également… Dommage que ce soit un sorcier, sinon je te l'aurais présenté ! Il fallait me le dire tu sais, au lieu de faire semblant de me séduire. Je trouvais bien que tu avais perdu de ton savoir-faire… »
Le peu de couleur présent sur le visage de l'Elfe disparut alors que Toby retenait difficilement un fou rire. Ella se tourna vers lui pour comprendre ce qui lui arrivait, et ne mit quelques secondes à réaliser qu'il plaisantait. Elle se retourna franchement vers Eingil qui, stoïque, paraissait sur le point d'exploser. Finalement, le soldat s'abaissa légèrement en une révérence brutale avant de quitter les lieux d'une démarche guindé. Il claqua la porte en sortant et Ella poussa un profond soupir, exaspérée.
« Tu trouves ça drôle ? lança-t-elle à Toby qui ricanait dans son dos.
- En fait… Oui ! »
Elle revint vers lui en le jaugeant, tentant de paraitre menaçante –ce qui ne fit que renforcer son fou rire- et saisit un oreiller avant de le lui balancer au visage. Il fit mine de souffrir et elle s'excusa rapidement avant de remarquer qu'elle n'avait pas du tout touché sa jambe et qu'il mimait la douleur. Elle s'installa à côté de lui et, avec une moue soucieuse, l'interrogea :
« Tu comptes faire semblant d'avoir mal à chaque fois que je t'engueulerais ?
- Oui… Autant en profiter. Viens plus près. »
Elle arqua un sourcil avant de rétorquer :
« Non. Je ne préfère pas me coller à toi. Qui sait, je pourrais te faire mal ! »
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La discussion se prolongea bien après que l'estomac de Ron ait commencé à gronder aux alentours de midi, que Sam ait été poussée jusqu'à la cheminée pour retourner en classe ou que Timothy ait décidé qu'il voulait aller sauver Ella au cas « où la méchante bête ayant fait mal à Toby » reviendrait… Les plans d'Harry –plus dangereux les uns que les autres- comportaient tous des zones d'ombres, car ils ne détenaient pas de schémas du Dôme, ni l'emplacement exact où se trouverait Théo lors de leur intervention. En plus de ça, bien qu'ils sachent que les lieux étaient protégés, ils n'avaient aucune idée du nombre de sorciers travaillant là-bas et de leurs qualifications. En résumé, ils avançaient dans le brouillard, mais aucun n'osait l'admettre à haute voix.
Hermione avait fini par retourner au Ministère, ainsi qu'Harry à Poudlard pour assurer quelques cours aux dernières années, mais d'autres membres de l'Ordre avaient pris place dans le salon, disparaissant et réapparaissant par la cheminée dès qu'ils étaient rappelés à travailler. Kingsley –ministre de la magie- avait même menacée, sur le ton de la plaisanterie, Hermione qui manquait cruellement de concentration depuis quelques temps. A la fin de la journée, la plupart des Membres de l'Ordre avaient fait un arrêt chez les Potter, mais aucun n'était réellement parvenu à trouver un plan infaillible.
Harry rentra finalement après un cours et –comprenant qu'ils n'arrivaient à rien de concret- se tourna vers Masra. L'Elfe était resté silencieux jusque là, préférant se faire discret et écouter simplement les discussions des Sorciers. Ses sourcils se plissaient de temps à autre, et quelques minuscules sourires moqueurs courbaient ses lèvres dès lors qu'il découvrait les défauts de leurs plans avant eux. Harry qui avait remarqué les expressions de Masra, s'approcha de lui sans plus prêter la moindre attention aux disputes entre ses amis.
« Vous auriez une meilleure idée ? s'enquit-il en croisant ses bras sur son torse en une position de défense incompréhensible, comme s'il craignait que l'Elfe s'en prenne à lui.
- Des dizaines, rétorqua Masra avec un sourire hautain qui fit naitre une nouvelle hypothèse sur la famille Malefoy dans son esprit, ces blondinets ne pouvaient être que des sangs-mêlés Elfiques. Tous vos plans tomberont à l'eau, mon peuple ne laissera jamais autant de sorciers passer par chez nous… La forêt est un lieu sacré que vous seriez forcés de traverser. Et si nous laissons ces fanatiques de sciences pénétrer nos terres, ce n'est pas par choix… Mais nous sommes pacifiques la plupart du temps, et nous battre contre eux serait trop risqué. Néanmoins, nous ne vous aiderons pas et si vous vous blessiez, vous seriez sans défense. Vous ne pourriez pas transplaner et il y aura des morts.
- Si Théodore est touché par un sort et qu'il ne peut être transporté, ce n'est qu'une hypothèse bien sûr, vous le laisserez mourir ?
- Pas Théo, non. Mais vous, si. Je suis désolé, je ne fais pas les lois. »
Harry passa ses doigts sous les verres de ses lunettes et se frotta les yeux. Il n'avait pas fermé l'œil depuis presque quarante-huit heures et –même s'il avait subi bien pire durant la guerre- son corps accusait mal le coup. Il ébouriffa finalement ses cheveux en ravalant une remarqua acerbe –craignant de se voir collé au plafond comme Drago un peu plus tôt, et répondit plus doucement :
« Votre Reine ne pourrait pas faire une exception ? »
Le regard de Masra défila sur Hermione, si brièvement qu'Harry crut un instant avoir rêvé. Mais il comprit qu'il n'en était rien et que le véritable problème de la Reine se résumerait à la présence d'Hermione sur ses terres. Il serra les poings dans ses poches, son cerveau s'emballant à vivre allure alors qu'il réalisait que pour la première fois de sa vie, il devrait faire un sacrifice et éloigner une personne dont il avait secrètement besoin lors des combats.
« Si Hermione ne vient pas avec nous… Votre Reine accepterait de nous accueillir juste quelques heures le temps de guérir de blessures potentielles ?
- Probablement, approuva l'Elfe avec un demi-sourire crispé avant de désigner Hermione d'un geste du menton. Mais elle ne vous laissera jamais la laisser de côté d'une telle façon.
- C'est ma meilleure amie. Je saurais la convaincre… »
Les discours autour d'eux s'étaient interrompus et Harry prit conscience que tous avaient saisi quelques bribes de sa discussion avec l'Elfe. Hermione s'avança vers eux avec un air peu amène et interrogea brutalement :
« Me convaincre de quoi ? »
Ron –qui sentait poindre l'une des charmantes colères dont Hermione gardait le secret- poussa son fils vers la cuisine en lui demandant de rapporter à boire. L'enfant, perspicace, s'éloigna sans poser plus de questions. Harry hésita quelques secondes sur la formulation de sa phrase avant d'énoncer, aussi calmement que possible pour faire comprendre à Hermione qu'il n'avait guère de choix :
« Leur Reine n'acceptera pas ta présence là-bas, et si Théodore a besoin de soins, elle ne sera pas disposée à nous permettre de rester chez eux le temps de nous reposer… Donc, il serait plus logique que tu ne viennes pas avec nous.
- Tu plaisantes, n'est ce pas ? s'écria Hermione en jetant un bref regard noir à Masra qui s'excusa d'un sourire apaisant. Je… Je ne suis jamais restée en arrière ! Même quand j'étais enceinte, je me battais pendant la guerre ! Penses-tu sérieusement que je vais rester là à vous attendre sagement ? Et puis… Je suis douée pour la défense ! J'ai toujours assuré tes arrières, Harry !
- Ron s'en chargera cette fois, soupira le brun avec le sentiment de la trahir rien que d'y penser. Tu ne nous es pas… indispensable. Ce n'est pas une guerre. Juste un sauvetage. De plus, Malefoy, Park… Malefoy et Zabini seront avec nous. Ce sera rapide. C'est inutile que tu viennes.
- D'accord. Mais je viens quand même !
- Hermione…
- Si je suis blessée, j'assumerais ! Je rentrerais seule jusqu'ici ! Est-ce que ça te convient comme ça ? Je ne passerais pas sur le territoire des Elfes.
- C'est impossible, et tu le sais ! répliqua Masra en empêchant Harry de répondre –conscient que cet homme là se laisserait trop facilement avoir. Ce serait du suicide pur et simple de venir sans avoir un lieu où te replier ensuite ! Et puis, il faudra bien que tu restes ici pour t'occuper de ton fils… »
Hermione croisa ses bras sur sa poitrine, son regard noir lançant des éclairs sur celui qu'elle avait longtemps considéré comme un ami et qui lui plantait un poignard dans le dos cette fois.
« On n'est pas chez les elfes ici, Masra ! Les femmes ne restent pas à la maison pour faire la cuisine et se charger des enfants, d'accord ? Je n'ai jamais fonctionné comme ça ! Ginny pourra très bien surveiller Timy ! Mon rôle de mère passe en second plan dans ce genre de situations…
- Comme souvent avec toi. »
Le ton cassant de Masra lui asséna un dernier coup, presque fatal. Elle aurait voulu lui envoyer une gifle, mais savait qu'il ne la laisserait pas faire et qu'elle en souffrirait bien plus que lui. Il parut réaliser que ses mots avaient dépassés sa pensée –ou du moins, qu'il n'aura jamais dû les lui dire ainsi- alors que tous les autres membres de l'Ordre paraissaient attendre une réaction de la part de la Gryffondor. Elle murmura finalement avec amertume :
« Pour quelqu'un qui a dit me comprendre il n'y a pas dix heures de ça, tu me sembles bien peu compréhensif. »
Elle lui tourna le dos et fonça à la porte de séparation de la cuisine avant de quitter les lieux, comme Ella quelques jours plus tôt, pour se réfugier dehors et échapper aux regards de ses soi-disant « amis » qui la jaugeaient plus qu'ils ne la soutenaient. Elle s'assit tranquillement sur le ponton et s'adossa contre le mur derrière elle en soupirant. Elle appuya son front contre ses genoux, en résistant difficilement à son envie d'avaler quelque chose de fort, immédiatement !
Elle essaya de penser à autre chose et son esprit –qui se plaisait manifestement à la torturer- la ramena à Théo. Elle se souvint de sa manie de l'embrasser avec une certaine chasteté afin de jauger de sa réaction avant de se ruer sur sa bouche comme un affamé. Ces petits détails qu'elle avait longtemps refoulés lui revenaient par saccades offensives dès qu'elle se permettait de faire une pause. Elle se rappela également de cette étrange habitude dès qu'il se levait seul : les yeux clos, il cherchait des mains son corps à ses côtés et ne les ouvrait qu'en comprenant qu'elle n'était plus dans le lit. Lorsque finalement, il la découvrait, assise avec un livre ou sortant de la salle de bain, il souriait de toutes ses dents, soulagé de voir qu'elle était encore près de lui… Même s'il savait déjà probablement que ce ne serait pas éternel. Elle se demanda s'il avait longtemps continué à la chercher le matin.
Une caresse dans ses cheveux la tira de ses souvenirs et la froideur de la paume qui taquina sa nuque lui fit comprendre qu'il s'agissait de Masra. Elle ne tenta pas de lui échapper, et une seconde main rejoignit la première sur son cou qu'il massa tendrement. Son corps se décrispa à force de caresses et elle poussa un bref soupir de satisfaction qui le fit pouffer.
« Je tenais à m'excuser pour mes paroles… J'ai été trop dur. Je sais parfaitement que tu es une bonne mère. Avec Timothy et ce grand que je n'ai pas encore eu le plaisir de rencontrer du moins. Ella, par contre… C'est encore une autre histoire. Quoi qu'il en soit, je n'aurais jamais dû dire ça.
- Mais tu n'avais pas tout à fait tort, admit-elle en se redressant pour le regarder dans les yeux. Avec Ella, je… Je ne suis pas une maman. Je suis juste… Une femme qui ne supporte même pas sa vue. Je suis vraiment tordue ! »
Elle détourna les yeux en fixant son regard sur l'horizon bleu et il resta silencieux quelques secondes tout en câlinant ses boucles brunes. Finalement, elle lui accorda un sourire, l'incitant à énoncer à voix haute les pensées qui lui traversaient l'esprit et faisaient bouillir son cerveau. Il cogitait tant qu'elle faillit se moquer de lui en prétendant que de la fumée sortait de ses oreilles… Humour que l'Elfe n'aurait peut-être pas saisi. Il balança sa tête en arrière, ses cheveux longs tombant sur sa nuque, et observa le ciel un instant avant de chuchoter :
« Je t'assure que je comprends. Je n'ai pas dit cela simplement pour paraitre indulgent, ou meilleur que les autres… Je comprends vraiment pourquoi tu as abandonné Ella. J'ai juste un peu de mal à imaginer comment tu as pu y survivre…
- Je n'en ai pas souffert, confia-t-elle avec une grimace. Je sais que c'est horrible à dire, mais… Si tu savais à quel point j'en ai été soulagée ! Pendant neuf mois, j'ai cru que j'allais exploser. Et pas à cause des kilos en trop. Alors, je n'ai pas eu à survivre à quoi que ce soit. C'était la grossesse le plus dur. Puis… faire semblant de souffrir ensuite. »
Masra parut dubitatif et elle lui jeta un coup d'œil interrogateur, espérant qu'il lui expliquerait ce à quoi il songeait en la scrutant ainsi. Il se remit à entrelacer ses cheveux autour de ses doigts, l'esprit ailleurs, alors qu'elle attendait qu'il parle enfin... Ce qu'il finit par faire, bien qu'il pressente que ces mots pourraient faire plus de mal que de bien à Hermione. Il décida donc d'y aller doucement, préférant qu'elle trouve les réponses à ses questions plutôt que de résoudre lui-même ses problèmes sans être certain de vraiment le faire. Elle devait s'en sortir seule, même s'il était là pour l'aider.
« Pourquoi as-tu abandonné Ella exactement ?
- Pour… cacher mon erreur, je suppose, répondit-elle avec un haussement d'épaules. Et aussi parce que je n'avais pas l'impression de pouvoir lui apporter quoi que ce soit.
- Je ne te demande pas ce que tu ressentais. Juste… Penses avec ton esprit logique uniquement, d'accord ? (Elle acquiesça en fronçant les sourcils, pas certaine de voir où il voulait en venir.) Donc, c'était pour essayer de cacher ta relation avec Théo, ou du moins, ce qui résultait de cette relation. Et… Pourquoi souhaitais-tu la cacher ?
- Et bien… Parce que dans le monde moldu comme sorcier, on évite de tromper son mari ! Et quand l'erreur est faite, on ne lui en parle pas sauf à vouloir briser un mariage qui roule.
- Et… Pourquoi as-tu couché avec Théo si ton mariage fonctionnait si bien que ça ? persifla-t-il avant d'ajouter : Répond avec logique !
- J'étais loin de Ron, et je suppose que… Théo me plaisait. Et qu'il était présent près de moi. Et… Je ne peux pas répondre à cette question avec mon cerveau uniquement et tu le sais. Les sentiments entraient forcément en compte…
- Alors cesse de dire « coucher » comme si ta relation avec lui s'était faite à la va-vite, rétorqua Masra, presque sèchement. Emploie l'expression « faire l'amour ». »
Hermione pencha la tête sur le côté, un petit sourire bordant ses lèvres un instant.
« C'est donc là que tu voulais en venir ? Sérieusement, Masra, je ne savais pas ce que je ressentais à l'époque… Je n'en avais pas la moindre idée ! C'était même la première fois de ma vie –la seule fois de ma vie- où je me suis permise de mettre mon cerveau sur pause pour… foncer tête baissée ! Je n'arriverais vraisemblablement jamais à mettre un mot, un sentiment, sur la relation que j'avais avec Théo. Alors, je doute que tu puisses le faire, malgré tous tes dons. »
L'Elfe esquissa un rictus peu convaincu. Selon lui, rien ne pouvait être plus clair et simple à analyser que les sentiments ressentis envers une personne… Sauf lorsqu'on se refusait à les admettre : comme Hermione le faisait. Il continua à jouer avec ses cheveux, s'interrogeant sur la nécessité de forcer sa vieille amie à ouvrir les yeux. Ils retrouveraient très bientôt Théo –et vivant avec un peu de chance. Et il faudrait alors qu'Hermione ait les pensées plus claires.
« Tu as passé deux mois entre ses bras. Et ne me dis pas que c'était l'ambiance de la Baie, parce que tu aurais couché avec moi si ça avait été le cas ! (Elle éclata de rire en se remémorant ses vaines tentatives de séduction.) Mais… c'était Théo, et juste Théo ! La façon dont tu le regardais, Hermione…
- C'était uniquement passionnel ! le coupa-t-elle, refusant l'idée qu'il puisse énoncer le mot « amour » en parlant du couple qu'elle avait formé avec Théodore. Physique.
- Et alors ? Tu ne crois pas que la passion entre en compte dans l'amour ? Il y a plusieurs manières de tomber amoureux, Hermione. Il y a la plus facile : l'amitié, qui finit par se développer en quelque chose de plus fort. Et la passion. Celle qui détruit tout sur son passage et ne laisse jamais le cœur indemne parce qu'elle finit forcément par englober un autre sentiment… Tu as connu les deux plus grandes façons d'aimer, Hermione, sauf qu'en les rencontrant en même temps, tu as cherché à fermer les yeux sur l'une d'elles. »
Elle se tourna vers lui, plantant son regard dans le sien pour le forcer à retirer ces dernières paroles. Il ne cilla même pas, certain qu'il avait raison et refusant de reculer dans son raisonnement. Hermione le comprit et fixa à nouveau son attention sur le sable, le nœud dans sa gorge réapparaissant brutalement. Tous les massages du monde n'y auraient rien changé, elle étouffait.
« Quel rapport avec Ella ? répliqua-t-elle finalement. Quel rapport avec mon rôle de mère ? »
Il réfléchit quelques instants, ayant encore quelques doutes sur ce sujet bien qu'il soit persuadé qu'Ella n'était pas le réel problème.
« Et bien… Ce n'est qu'une hypothèse, mais, je présume qu'en rejetant ta relation avec Théodore, tu as repoussé tout ce qui avait un rapport avec lui. C'est pour ça que –contrairement à ce que tu avais promis- tu n'es jamais revenue nous voir. Et c'est pour ça qu'Ella t'es étrangère. Je pense aussi qu'en reniant Ella, tu as réussi à débarrasser ton cœur de tous sentiments positifs envers Théo. C'était une manière plus radicale de le faire disparaitre entièrement de ta vie. Tu aurais tout aussi bien pu la tuer, après tout… Mais bon, tu aurais aussi définitivement rejeté ta relation avec Théo, donc…
- Je l'ai fait ! s'écria-t-elle en s'éloignant de lui. Je… J'ai définitivement rejeté Théo dès mon retour en Angleterre il y a dix-sept ans !
- Non, Hermione. Tu as simplement… repoussé ce que tu ressentais. Tu as tout enfermé dans une petite boite, dans une petite case cachée au fin-fond de ton cerveau derrière les souvenirs d'enfances et les cours que tu aimais le moins… Mais, c'est toujours là. Lattant. Tu es peut-être particulièrement douée pour oublier ce qui te mettrait dans une situation précaire, mais ça n'efface rien ! C'est comme boire. Tu es saoule. Tu vas mieux. Mais le lendemain, c'est toujours pire ! Tu es aveuglée, ivre, depuis dix-sept ans. Mais un jour, tu devras ouvrir les yeux. »
Hermione se remit debout en un bond et se planta devant lui, mains sur les hanches, les joues rougies par la soudaine colère qui faisait bouillir son corps. Cette réaction n'effraya pas Masra outre-mesure. Après tout, elle se mettait en colère simplement parce qu'il avait réussi à toucher un point sensible.
« Tu ne sais rien de ce que je ressens, de ce que j'ai oublié, de… Cette maudite boite dans mon crâne ! Tu n'en sais rien ! Parce que moi-même je n'y pense pas, d'accord ? Et Théo… Je… Même si je l'avais aimé il y a dix-sept ans, ce serait fini ! Le temps a passé ! J'ai grandi, j'ai vieilli, la situation est différente, tout est différent ! C'était il y a longtemps. Je ne l'aimais pas à l'époque, j'en suis… presque certaine. Alors… J'ai repoussé Ella parce que je ne voulais pas d'elle, tout simplement ! Qu'elle m'encombrait… Ça te va comme explication ? Et j'ai rejeté Théo parce que j'aimais Ron ! C'est tout ! Et même si ça n'était pas le cas, même si j'étais aveugle comme tu le penses… Il y a des fois où l'être est nécessaire. »
Masra le leva calmement, un sourire flottant sur ses lèvres ce qui surprit grandement Hermione, laquelle s'était attendue à ce qu'il réplique. Il n'en fit rien néanmoins. Il s'approcha simplement vers elle, puis déposa un léger baiser sur son front avant de tourner les talons pour rentrer.
« Lorsque tu décideras d'accepter tout ce que je dirais, et d'y réfléchir sérieusement… Tiens-moi au courant. »
Il la laissa là, et Hermione –après être restée stoïque quelques secondes- se glissa au sol, le cœur au bord des lèvres.
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Scott se laissa tomber sur une chaise de la Grande Salle en grommelant quelque chose que Maïa ne chercha même pas à comprendre. Elle avait l'habitude de ne pas réellement saisir le sens de ses mots ce jour là. Il n'avait pas assez dormi pour se comporter comme un être humain doué de la parole. D'autres élèves vinrent rapidement les rejoindre à leur table, et l'adolescent jeta un coup d'œil vers l'estrade, là où mangeaient les professeurs. Il en manquait quelques uns, ce qui lui fit comprendre que les recherches visant à retrouver Ella n'étaient pas encore finies. Il regretta presque qu'Harry soit venu pour faire cours, ainsi que les autres professeurs aussi Membres de l'Ordre, car il n'avait absolument pas suivi.
Son cerveau bouillait sous une pression venue de Merlin-sait-où, et il se sentait si épuisé qu'il ne parvenait pas à rassembler correctement ses pensées. Même l'appétit lui manquait. Il se mit à piocher quelques pommes de terre du bout de sa fourchette, mais mâcher l'épuisa et il réalisa qu'il ne devrait jamais plus faire de nuits blanches.
Brusquement, les discussions s'interrompirent et la quasi-totalité de ses amis fixèrent leurs regards sur leurs assiettes respectives comme pour s'y plonger. Scott fronça les sourcils avant de tourner vers les portes où Scarlett venait d'apparaitre. Elle releva le menton, feignant parfaitement le mépris, et s'avança vers la table des Serdaigle pour s'y asseoir et manger. Il se demanda brièvement pourquoi elle n'avait pas atterri chez les Gryffondors avec un tel courage. Lui-même se serait caché dans son dortoir s'il avait eu à subir un tel accueil.
« Scott ? l'interpela Maïa en posant sa main sur la sienne. Tu… crois qu'on devrait lui proposer de s'installer avec nous ? Je veux dire… Ce serait… gentil, non ? »
Ses joues s'étaient teintées de rose à l'énoncée de cette phrase et il remarqua qu'elle attendait vraiment son accord. Lisa Boots jeta un regard réfrigérant à Maïa avant de lancer, d'une voix assez haute pour être entendue par Scarlett et la quasi-totalité des élèves les entourant :
« Attendez ! Ce n'est pas parce qu'elle s'est faite tripoter par un taré qu'on doit brusquement la traiter comme quelqu'un de normal ! Elle est fêlée, vous vous souvenez ? Et puis, même toi, Scott… Tu étais beaucoup plus drôle quand tu l'appelais « Scar', celle qui mérite de dormir sur un trottoir. »… Même si tu ne savais pas à l'époque, qu'elle avait déjà une sacrée expérience en la matière. »
Scarlett se figea. Les élèves ayant perçu la réflexion semblaient partager entre le rire et la colère, certains étant assez intelligents pour comprendre que le sujet ne prêtait pas à la plaisanterie. La principale concernée, qui avait pourtant subi nombre de réflexions sans broncher, tourna les talons en vacillant. Son cœur battait si fort qu'il lui faisait mal. Et ses yeux commençaient à sérieusement brûler à mesure que ses larmes tentaient de se frayer un passage pour s'échapper. Elle les retint tant bien que mal, mais –comprenant qu'elle ne parviendrait pas à les chasser comme d'ordinaire- elle se mit à courir. Elle passa les portes de la Grande Salle, et les murmures reprirent de plus belle, accompagnés par quelques rires nerveux.
Scott planta violement son regard dans celui d'une Lisa de toute évidence très fière de son effet, et siffla entre ses dents :
« T'es malade ou quoi ? C'était censé être drôle ?
- Et bien, oui… Regarde, certains ont ris ! Ce n'est pas de ma faute si tu ne saisis pas les subtilités de mon humour ! »
Il se leva sans répondre, partagea un bref regard avec Maïa qui –d'une grimace- lui fit comprendre qu'elle n'oserait pas le suivre, et quitta les lieux en tentant de ne pas prêter attention aux regards pesant sur lui. Une fois dans le hall, il hésita sur le chemin à prendre, puis laissa ses pas le guider, quitte à passer des heures dans le château, même après le couvre-feu. Un nœud à la gorge, il prit conscience de la violence de ses paroles envers Scarlett, ou d'autres élèves, dès lors qu'ils n'étaient pas appréciés. Il ne regrettait pas d'avoir été odieux envers Ella. Après tout, il avait ses raisons –peut-être incompréhensibles pour certains- de la détester. Mais en y réfléchissant bien, il n'avait jamais eu la moindre raison d'en vouloir à Scarlett… Elle était juste un peu trop différente.
Il finit par la retrouver dans la salle du professeur Rogue, là où se déroulaient les cours de Potions. Elle lui accorda un bref regard, ses yeux rougies par les larmes encore humides, et il baissa les siens vers ses pieds avec un certain malaise. Il s'inquiétait tant de la retrouver qu'il n'avait pas réellement songé à ce qui pourrait lui dire. Il marmonna bêtement :
« Lisa est une vraie garce quand elle veut…
- Ouais, comme pas mal de gens, rétorqua Scarlett en haussant les épaules, mimant l'ignorance, refusant d'admettre que ça la touchait alors que sa sortie théâtrale prouvait le contraire. C'est quoi le masculin de garce ?
- Tu peux m'insulter, si tu veux…
- Pour quoi faire ? »
Elle se tourna vers lui en arquant les sourcils, l'air sonnée. Il haussa bêtement les épaules en se dandinant sur ses grands pieds avant de bredouiller :
« Bah… Pour te venger. Un truc du genre. Je le mérite. Enfin… Si tu pouvais te contenter des mots, ce serait gentil. J'ai la peau qui marque quand on me frappe.
- Je n'ai pas envie de te frapper, rétorqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Et… Tu ne le mérites pas. T'es juste un abruti d'adolescent. Ça arrive à tout le monde de l'être. Enfin, non… Pas à moi ! Mais, tu t'es contenté de suivre le mouvement. Il faut beaucoup plus qu'une bête remarque désobligeante pour le blesser.
- Alors, pourquoi tu as fui ? chuchota-t-il en s'avançant vers elle, penaud.
- Parce que sa remarque n'était pas seulement désobligeante. Elle était cruelle. Et… il y a une nuance, une frontière entre la bêtise et la méchanceté. Personne ne l'avait jamais franchie auparavant avec moi. »
Elle baissa les yeux vers le bois vétuste de la table sur laquelle elle s'était assise et frotta d'un ongle le vernis coloré sans doute déposé là par une fille des années plus tôt. Il vint s'installer sur la table en face d'elle et illumina davantage la pièce grâce à sa baguette magique. Elle s'évertua alors à fuir le faisceau lumineux et il ne put s'empêcher de soupirer :
« J'ai vu que t'avais pleuré, même dans la quasi pénombre. Pas la peine de vouloir le cacher. »
Elle soupira bruyamment avant de ramener ses jambes contre elle, froissant sa jupe afin de cacher un maximum de peau. Il fixa son regard sur l'un des murs, et tenta de respecter son silence sans y parvenir. En effet, il craqua en moins d'une minute.
« Tu vas rester ici toute la nuit ?
- Tu n'es pas capable de rester muet ? rétorqua-t-elle. Et puis… Sérieusement, je n'ai pas besoin de la présence de qui que ce soit. Tu ferais mieux d'aller te coucher. Tu as la tête d'une sirène qu'on sort de l'eau trop longtemps.
- J'étais avec Maïa cette nuit. On n'a pas dormi. »
Il réalisa que ces mots pouvaient porter à confusion et releva les yeux vers elle pour remarquer qu'elle souriait mystérieusement. Il ajouta :
« On… discutait. On n'a jamais… On…
- J'ai compris ! Tu n'as jamais osé sauter le pas, alors qu'elle n'attend que ça. C'est l'un des nombreux sujets qui comblent les conversations dès qu'il n'y a rien de neuf à se mettre sous la dent… J'ai beau ne pas y participer, j'entends pas mal de choses.
- Génial…
- Les Serpentard t'appellent : « le rouquin qui craint »… Ils pensent tous que tu es un trouillard. Ils n'ont pas tort. »
Scott ouvrit la bouche pour répliquer, avant de réaliser qu'ils avaient tous parfaitement raison. Il n'osait pas se jeter à l'eau, trop effrayé par l'inconnu et tout ce qui changerait qu'il sautait le pas. Il craignait de ne pas être assez doué, de mal s'y prendre, d'être nul tout simplement… Il pensait qu'en se pressant, il louperait son tout premier baiser alors qu'il déterminerait toute sa relation avec Maïa. Ses joues s'empourprèrent et Scarlett plaisanta :
« Je disais ça pour rire ! Enfin… Je voulais juste me venger un peu quand même. Et le côté « froussard » de ta personne est le premier défaut venant à l'esprit. »
Il chassa ses excuses d'un geste impatient de la main avant de se redresser, sourcils froncés –signe d'une intense concentration alors qu'une idée lumineuse venait de lui apparaitre.
« Ils ont raison ! Je suis un naze qui a peur de tout ! De… de perdre ma mère, de me perdre dans le château, de me prendre un mauvais coup pendant un match de Quidditch… Et de foutre en l'air le semblant de début de relation que je pourrais avoir avec Maïa ! Je suis un nul ! Littéralement !
- Euh… d'accord, bredouilla-t-elle sans comprendre pourquoi il était si enthousiaste à l'idée de se critiquer.
- Et… Il faut que j'arrête d'être un nul !
- Okay, répéta-t-elle, toujours aussi perdue.
- Il faut que je me reprenne en main ! Que je devienne… Scott Weasley, le Rouquin qu'on craint !
- Tu comptes sortir te battre avec tout le monde ? »
Il secoua la tête avec force en la fixant si intensément qu'elle se demanda s'il essayait de la faire brûler ou de voir à travers ses vêtements. Par mesure de sécurité, elle croisa ses bras sur sa poitrine. Il inspira à fond avant de demander avec un courage vorace :
« T'as déjà embrassé un garçon ?
- Non. Mais… un homme a déjà forcé le barrage de mes lèvres avec sa langue. Je ne suis pas certaine que ce soit la même chose. »
Il s'autorisa une grimace contrite en tentant difficilement de ne pas laisser poindre la moindre nuance de pitié qui –il le savait- l'agacerait. Elle lui en fut reconnaissante et s'étonna de le voir se mettre debout. Il la regarda une dernière fois avant d'hocher la tête comme en réponse à une question intérieure.
« Je ne peux pas te demander ça à toi… Il faut que je trouve quelqu'un d'autre.
- Quelqu'un d'autre pour quoi ?
- Winifred ! Winifred est une fille ! C'est un truc qui se fait entre cousins, non ?
- Qu'est ce qui se fait entre cousins ?
- S'entrainer à embrasser ! s'écria-t-il finalement avec un sourire illuminé.
- Euh… Oui. Quand on a cinq ans. Pas quand on en a quinze, s'esclaffa-t-elle en retenant difficilement les milliers de remarques acerbes qui lui venaient à l'esprit.
- Alors… Tu ferais ça pour moi ? »
Scarlett s'immobilisa avant d'éclater de rire, croyant qu'il plaisantant car jamais elle n'aurait imaginé que qui que ce soit puisse lui demander un tel service. Premièrement, personne ne lui adressait jamais la parole. Et deuxièmement, c'était le genre de choses que les enfants faisaient, et pas les adolescents. Troisièmement, l'idée d'embrasser Scott Weasley –aussi gentil qu'il soit depuis peu- ne l'emballait pas plus que ça. A dire vrai, l'idée même d'embrasser quelqu'un la dégoûtait plus qu'autre chose. Il la scrutait pourtant avec un air si malheureux d'Elfe de Maison, qu'elle cessa de rire.
« C'est une très mauvaise idée, murmura-t-elle, si bas qu'il eut du mal à l'entendre. C'est… Tu es… Scott Weasley. Tu… Non !
- Ça n'aurait rien de romantique ! promit-il en joignant ses mains sous son menton. Ce serait dans un but purement pédagogique ! On s'embrasse, et tu me dis si… J'étais trop tendre, ou pas assez, ou si je t'ai mordu, ou… Tu sais dans quel sens on tourne la tête ?
- Non. Enfin…
- Et puis, ça te servira pour plus tard à toi aussi ! C'est juste un cours pratique. Et on n'en parle plus ! Mais l'idée d'embrasser Maïa et de mal m'y prendre… Tu imagines ? Elle serait déçue, ne voudrait plus jamais recommencer, et n'accepterait sûrement pas que je la demande en mariage le jour de la remise des diplômes.
- Tu as l'intention de la demander en mariage le jour de la remise des diplômes ? s'écria-t-elle en tentant par tous les moyens de rester impassible.
- Ouais. C'est romantique. Et… puis… On se marierait au Terrier l'été suivant. Et on ferait des enfants dès qu'on aurait chacun un travail fixe. Trois enfants. Deux garçons et une fille. Et… Pourquoi tu souris ? »
Il ne parvint pas à différencier ce sourire de ceux moqueurs qu'elle lui envoyait parfois, et il se demanda si elle était simplement touchée qu'un gamin de son âge ait prévu tout ça, ou si elle le trouvait complètement ridicule. Il pencha pour le ridicule quand elle rit sans le quitter les yeux. Finalement, elle se leva et le contourna.
« Tu comptes l'épouser et lui faire trois rouquins… Tu es donc largement capable de l'embrasser convenablement ! »
Il faillit la rattraper pour lui demander si elle en était certaine, mais Scarlett sortit de la salle de cours sans lui laisser le temps de répondre. Il s'appuya contre la table qu'il avait quittée quelques minutes auparavant en réalisant qu'il était venu pour la consoler et qu'au lieu de ça, il l'avait quasiment harcelée pour lui voler un baiser… Une petite voix dans sa tête persifla méchamment : « Quand deviendras-tu un peu plus malin mon grand ? ». Il grogna pour seule réponse.
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Ella taquina le lobe de Toby du bout de son nez glacé et il grommela quelque chose avant d'être interrompu par ses lèvres qui se posèrent avec empressement sur les siennes. Avec une patience hors du commun, elle s'était évertuée à lui rendre le sourire, lui faisant momentanément oublier la souffrance qui lui lacérait la jambe et la jalousie qui s'était insinuée en lui dès sa rencontre avec Eingil. Elle n'avait pas réellement pris la peine de le rassurer sur ce dernier sujet, assez amusée en fin de compte qu'il se montre si possessif à son égard alors que durant les dernières semaines, pas une seule fois il n'avait repoussé un garçon qui s'approchait trop d'elle. Peut-être que la beauté surnaturelle d'Eingil l'inquiétait et qu'il se sentait par conséquent menacé… Elle n'osa pas réellement lui poser la question et continua à l'embrasser en y mettant tout son cœur.
Faire attention à sa jambe s'avérait légèrement problématique. Elle ne pouvait ni se coller à lui sur le côté gauche, ni se mettre au dessus de lui, sans lui faire mal. Finalement, elle se retrouva à califourchon sur son bas ventre, si concentrée à l'idée de ne pas toucher les parties blessées de son corps qu'elle en devenait drôle. Il sourit en caressant sa hanche nue, et lui accorda un rictus d'excuse pour lui faire comprendre qu'ils devraient attendre quelques jours au moins avant de pouvoir faire l'amour à nouveau. Un rugissement de frustration naquit dans la gorge d'Ella qui se laissa retomber sur le lit en boudant. Il éclata de rire avant de minauder :
« C'était si extraordinaire que ça cette nuit pour que tu sois obsédée par l'idée de recommencer ?
- Ça ne l'était pas pour toi ? s'enquit-elle d'une petite voix en s'appuyant sur son coude pour l'observer. Ou c'était la plus longue heure de toute ton existence ?
- La plus… belle. Et si cette maudite bestiole ne m'avait pas estropiée, je t'assure qu'on n'aurait jamais quitté cette forêt ! »
Un sourire éclaira le visage de la jeune fille, et elle glissa son doigt le long de son torse avec un air de canaille qui réveilla les soupçons de Toby : elle s'apprêtait à retenter le coup ! Elle approcha ses lèvres de son oreille avant de susurrer :
« Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas coucher ensemble qu'il faut rester là bien sagement… Tu me laisses prendre les choses en main ? »
Il ne put qu'acquiescer avec impatience en pressentant qu'elle l'attirerait vers des délices auxquels il ne pouvait échapper.
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Harry se glissa sous ses draps avec un ronronnement de satisfaction, heureux d'enfin se retrouver dans son lit après tant d'heures sans sommeil. Il colla son torse au dos de Ginny qui se plaça tranquillement contre lui, calant chaque partie du corps de son époux par rapport au sien. Il enfouit son visage dans ses cheveux flamboyant en réprimant un bayement. Il aurait pu rentrer à Poudlard, mais se doutait que croiser le professeur McGonagall repousserait davantage son repos. De plus, être dans ses bras de sa femme après une telle journée s'avérait beaucoup plus salutaire.
« Vous avez fini par accepter le plan de Masra ? demanda Ginny d'une voix endormie.
- Oui… On partira après demain.
- Souhaites-tu que je vous accompagne ?
- Non, ça ira. On a déjà formé l'équipe… Je n'en reviens pas, d'ailleurs. Je vais me battre aux côtés de trois anciens Mangemorts ! Ça semble si invraisemblable…
- Théo était leur ami à eux aussi. C'est donc relativement logique. Qui d'autre vient ?
- Ron, Remus, Severus, Fred et George, Neville, Luna et Nymp. Hermione va probablement venir également… Mais je n'ai pas eu l'occasion de lui parler à nouveau. Je présume qu'elle m'en veut un peu d'avoir tenté de le mettre de côté. Je ne comprends pas pourquoi elle tient tant à venir alors que le but de la mission est de sauver un type qu'elle a rejeté il y des années ! Je pensais qu'elle tenterait de l'éviter, comme elle l'a fait avec Ella… »
Ginny se retourna pour lui faire face, se blottissant dans ses bras à la recherche d'un peu de chaleur qu'il lui offrit tendrement à l'aide d'une multitude de caresses. Elle réfléchit quelques secondes avant de soupirer :
« Sans doute cherche-t-elle à se racheter un peu. Aux yeux d'Ella, et aux nôtres…
- Ce n'est pas en risquant sa vie bêtement qu'elle y parviendra, rétorqua Harry avec un air circonspect.
- Alors… Peut-être qu'elle l'a simplement aimé, et qu'elle souhaite réellement l'aider ! »
Harry resta silencieux et elle n'osa pas interrompre ses pensées. Au bout de quelques longues minutes, il soupira :
« Oui, peut-être… »
Mais Ginny s'était déjà endormie.
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Eingil pénétra dans la chambre appartenant à Ella sans même prendre la peine de frapper, presque amusé à l'idée d'interrompre quelque chose. Hélas pour lui, Ella et Toby étaient déjà endormis, collés l'un à l'autre, la peau moite de chaleur et d'étreintes. Pas gêné pour un sou, il s'avança vers le lit, détaillant rapidement les corps nus entrelacés qui s'exposaient impudiquement sous son regard. Il tapota tranquillement l'épaule d'Ella qui ouvrit les yeux assez vite, comme consciente de sa nudité et du fait qu'elle doive absolument la cacher. Elle adressa à Eingil un regard noir qui renforça le sourire satirique de ce dernier avant de serrer son drap pour le remonter sur son corps.
« Qu'est ce tu fais là ? s'enquit-elle d'un ton qui démontrait parfaitement à quel point la situation l'oppressait. On est au beau milieu de la nuit ! Tu ne peux pas te permettre d'entrer comme ça sans te soucier de…
- Mon père vient de revenir, rétorqua-t-il avec un calme détonnant. Il s'apprête à expliquer le plan du sauvetage de ton père à la Reine. J'ai pensé que ça pouvait t'intéresser. »
Ella acquiesça avant de lui faire signe de se retourner, ce qui était complètement stupide étant donné qu'il avait déjà eu le loisir de l'observer scrupuleusement. Pourtant, il obéit et riva son regard à la fenêtre. Ella se glissa dans l'une des nombreuses tuniques reposant dans le tiroir à côté de son lit et réenfila sa culotte qui trainait dans les draps. Elle lia ensuite ses cheveux en une tresse avant d'embrasser le front de Toby qui semblait imperturbable. Elle repoussa le drap pour qu'il ne prenne pas froid, puis se dirigea vers la porte sans attendre Eingil. Il la rejoint dans le couloir et passa son bras par-dessus ses épaules.
« Même amputé, il continu à te plaire ? Sérieusement, qu'est ce que ce type a de si particulier ?
- Il est humain, s'esclaffa-t-elle en lui tirant la langue. Et, contrairement à un certain Elfe que je connais, il ne se contentera pas de m'écarter les jambes une fois avant d'aller trouver une nouvelle amante d'un soir !
- Ella Rose Nott ! Vilaine jeune fille ! Mais… même une fois, ça ne te dirait rien ?
- Non. Franchement, Eingil, arrête ça ! Je suis persuadée que tu t'amuses simplement à mettre Toby en colère. C'est de la provocation, et comme Toby tombe dans le panneau, tu en profites… Sauf que je ne trouve pas ça particulièrement drôle. »
Il tourna les yeux dans ses orbites sans se départir de son sourire, tout fier de réussir à mettre Toby mal à l'aise. Ils se retrouvèrent devant les portes de la chambre de la Reine et il frappa avant d'entrer sans attendre de réponses. Ella arqua un sourcil en découvrant la scène. Masra et Meleke s'embrassant à pleine bouche. Eingil se racla la gorge en pouffant et le couple se sépara avec tant de hâte qu'Ella ne put s'empêcher de rire. Masra recula de plusieurs pas afin de respecter la distance réglementaire entre sa souveraine et lui, puis demanda aux jeunes de refermer la porte.
« Excuses-nous de t'avoir ainsi tirée du lit, Ella, mais nous pensions que tu souhaiterais être tenue au courant de l'avancée des opérations. Installez-vous. (Ils obéirent.) Masra… »
Le soldat attendit qu'ils soient tous bien assis avant de raconter :
« Les Membres de l'Ordre du Phoenix rejoindront le Dôme par le flan gauche de la montagne le plus discrètement possible. Ils ne seront qu'une dizaine afin de ne pas trop attirer l'attention. Harry Potter mènera l'intervention. Leur but est de pénétrer le centre sans se faire remarquer pour éviter un combat et les conséquences éventuelles que cela entrainerait. Ils sortiront Théodore de là et… viendront ici en cas de blessures.
- Je présume qu'il y a peu de chance que leur intervention parvienne à se faire sans encombre, persifla Eingil. Qu'importe qu'ils aient connu une Guerre. Ces sorciers sont entrainés et je doute qu'ils se laissent ainsi surprendre !
- Je le sais. C'est pour ça qu'ils seront tous armés de leurs baguettes magiques et qu'ils se défendront un maximum ! Mais leur but n'est pas de punir ces hommes. Ils veulent avant tout sauver Théo. Le reste… Ce sera de la pure improvisation. Ils sont néanmoins parfaitement conscients des risques qu'ils encourent et seront prêts à se servir de leur magie pour s'échapper.
- Alors, ils ne puniront pas ces gens ? s'exclama Ella en s'offusquant. Ils ont enlevés mon père ! Ils méritent de…
- Ce sera au gouvernement sorcier de prendre le contrôle des opérations par la suite, Ella. L'important c'est de sortir ton père de là, sain et sauf ! Le reste attendra. Le monde sorcier n'est plus en guerre. Les amis de ton père ne peuvent tuer sans que cela ait de conséquences. »
Ella serra les dents sans répondre, manifestement en colère à l'idée que les hommes ayant fait du mal à sa famille puissent s'en sortir sans être punis. A ses yeux, c'était la pire des injustices. Elle n'osa formuler ses pensées à voix haute, mais tous comprirent sans peine ce qu'elle ressentait. Meleke décida de changer de sujet avant qu'Ella ne craque, et se tournant vers son seul amant, l'interrogea :
« Hermione fera-t-elle partie du groupe ?
- Je doute qu'on puisse l'en empêcher, grimaça Masra tout en haussant les épaules. Elle est aussi têtue qu'avant… Mais je l'ai prévenue. Elle ne viendra pas ici, quoi qu'il se passe. Je vous le jure.
- Très bien… J'autoriserais la présence des autres s'ils doivent être soignés ou se reposer quelques heures. Et Théo sera évidemment le bienvenu ici, comme Ella. Vous pourrez rester autant de temps que vous le désirerez. Toby rentrera avec les Membres de l'Ordre par contre. »
Ella acquiesça, s'interrogeant mentalement sur son envie de rester lorsque cette histoire serait finie. N'aurait-elle pas plutôt envie de rentrer en Australie pour reprendre le cours de sa vie ? Meleke ne lui laissa pas le temps de répondre à ses questionnements intérieurs et demanda :
« Quand arriveront-ils ici ?
- Après demain. »
Ella sentit son cœur se serrer, et un sourire transcenda brusquement ses traits. Un seul mot résonnait à son esprit : Enfin…
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Ella se réveilla dans son lit, seule. En un sursaut, elle se retrouva assise et contempla la chambre à la recherche de Toby qui n'aurait pas dû quitter le matelas –et qui était censé en être incapable. Elle l'aperçut alors, étendu sur l'un des canapés sous les fenêtres, le regard fixé sur la Baie baignée de soleil. Elle se leva tranquillement, sans faire le moindre bruit pour ne pas le perturber, et glissa finalement ses bras autour de ses épaules. Il sourit sans détourner les yeux du spectacle féérique qu'offraient les lieux qu'il aurait tant aimé pouvoir visiter.
Elle déposa un nuage de baisers à la base de sa nuque, les quelques cheveux courts du jeune homme taquinant le bout de son nez. Elle entreprit finalement de laisser une marque sur sa peau et aspira langoureusement sa chair pour lui faire un suçon. Elle l'entendit rire avant de se retrouver assise près de lui dès qu'il la tira sur le canapé.
« Comment es-tu parvenu à quitter le lit ?
- Je me suis accroché à tous les meubles sans m'appuyer sur ma jambe blessée. La peau recommence à pousser… ça brûle un peu. Tu crois que quand je serais capable de marcher, on pourrait aller se baigner dans la baie toi et moi ?
- Tu veux des enfants maintenant ? rétorqua-t-elle en un rire.
- Non… Et puis, tu as vraiment l'esprit mal tourné ! Je t'ai proposé une baignade, et non quoi que ce soit de sexuel. Mais cet endroit est extraordinaire. Un vrai décor de carte postale. J'aimerais en voir davantage. »
Elle caressa tendrement sa joue avant d'y déposer un baiser en signe de promesse. Elle prit conscience de la douceur de ses gestes en percevant le regard interrogateur de Toby. Ses joues s'empourprèrent sans qu'elle ne puisse rien y faire. Mais ces lieux étaient si magiques –et trop romantiques- pour qu'elle retienne ce genre de démonstrations affectives. De plus, à le voir ainsi blessé, elle se sentait poussée vers la tendresse et était presque fière de lui faire profiter de ces instants. Elle embrassa finalement ses lèvres et perçut son sourire contre sa bouche. Elle resta ainsi blottie contre lui durant quelques secondes avant qu'il ne murmure en regardant au dehors :
« Tu imagines que ton père sera libre aujourd'hui…
- Si les membres de l'Ordre parviennent à exécuter leur plan sans encombre. »
Il plissa le front en la voyant aussi incertaine, et caressa d'un doigt les rides se formant au dessus de ses sourcils froncés.
« Tout se passera bien. »
Elle acquiesça sans vraiment y croire avant de se redresser, une nouvelle lueur de détermination illuminant son regard.
« Je… Je reviens.
- Où vas-tu ?
- Me prendre un bain… »
Elle l'embrassa tendrement avant de quitter les lieux en courant presque. Il la regarda sortir, se doutant bien qu'elle venait de lui mentir… Il ne s'en offusqua pas. Il comprenait parfaitement les raisons qui la poussaient à cacher ce qu'elle s'apprêtait à faire. Il aurait tenté de la retenir contre son gré, malgré toute la confiance qu'il lui portait. Il attendit quelques minutes, lui laissant de l'avance avant de se redresser difficilement. Il se laissa tomber sur le lit avant de saisir le petit fil qui lui permettrait de prévenir quelqu'un. Lorsqu'Eingil arriva dans la chambre et l'interrogea du regard sur ce dont il avait besoin, Toby articula simplement :
« Ella est partie pour le Dôme. »
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Hermione inspira profondément l'air bouillant Brésilien en observant les alentours, où ses amis apparaissaient les uns après les autres. Harry lui accorda un regard peu amène, soucieux de sa sécurité alors qu'il s'était plain de son maudit tempérament environ mille fois depuis la veille. Cependant, il devait admettre que la présence de sa meilleure amie le rassurait. Elle seule connaissait le terrain et pourrait les diriger. Il se demanda si les Elfes –ou du moins Masra- les surveillaient déjà, et s'ils plongeraient dans la bataille dans le cas où ça tournerait mal pour eux. Après tout, ils aimaient Théo, ils ne souhaitaient sûrement pas qu'il soit blessé.
« Alors, où va-t-on ? » demanda Fred en tournant sur lui-même exactement comme George.
Hermione désigna d'un doigt la forêt menaçante qui se dressait à quelques centaines de mètres au bout d'une allée de terre. Harry se plaça devant –par habitude- et ils se mirent tous à avancer, Ron le rejoignant rapidement afin de lui parler et d'effacer cet air sérieux qui s'était emparé des traits de son meilleur ami. Hermione, juste derrière eux, écouta d'une oreille distraite les plaisanteries de son ex-mari visant à détendre l'atmosphère tout en jaugeant les autres membres de l'expédition.
Severus –comme toujours depuis qu'elle le connaissait- ne se départirait pas de son rictus sévère et concentré. Il marchait un peu de côté des autres afin de prévenir d'une possible attaque qui n'interviendrait probablement pas étant donné que leur principal atout tenait en l'effet de surprise. Remus avançait quelques pas derrière elle, couvant son épouse du coin de l'œil, Nymphadora regardant alentour avec circonspection. Les jumeaux semblaient tout à fait sûrs d'eux et ne prêtait qu'une attention minime à ce qu'il se passait autour. Pourtant, Hermione savait qu'une fois la mission réellement engagée, ils seraient extrêmement sérieux et fiables. Neville semblait passionné par chaque plante qu'il croisait et Luna le tirait par le bras avec un sourire dès qu'il ralentissait.
Les trois anciens Serpentard fermaient la marche, Blaise se tenant assez éloigné de Drago comme pour éviter de se prendre un coup. Les deux hommes se jetaient à intervalle régulier des coups d'œil assassins et Pansy veillait sur eux deux pour agir au moindre débordement. Elle se tourna vers Hermione et un sourire presque cruel marqua sa bouche. Cette dernière comprit que Pansy imaginait sans doute mille scénarios atroces dans lesquels elle la torturait. L'idée la fit frissonner et elle rattrapa Harry et Ron, se glissant entre leurs corps tendus.
Elle leur fit signe d'entrer dans la forêt au bout d'un moment et ils se glissèrent entre les arbres en serrant leur baguette magique, sachant que certains hommes du Dôme y traineraient probablement. Ils avancèrent en un silence de plomb, restant relativement éloignés de la Baie selon les ordres d'Hermione qui craignait de rencontrer la Reine et de subir son courroux. De plus, revoir Masra ne l'enchantait pas outre-mesure. Elle refusait d'avoir à supporter son regard lourd de sens sur elle… Surtout que le retour de Théo dans sa vie la brusquerait probablement et que Masra profiterait de chaque faiblesse.
Durant deux bonnes heures, ils marchèrent entre les arbres, évitant les ronces, les branches et les racines avec quelques difficultés. Aucun ne se plaint néanmoins, même si l'air de Pansy en disait assez sur ce qu'elle pensait de cette « Exploration Nature ». Elle avait demanda à Masra pourquoi ils ne rompaient pas les charmes protégeant la Baie durant quelques heures au moins, et l'Elfe n'avait même pas pris la peine de répondre, comme si elle proclamait là une ineptie incommensurable. Hermione montra l'un doigt le sommet de la montagne qu'ils entrapercevaient à travers la cime des arbres.
« On continu tout droit, murmura Hermione. On passera à côté de la montagne et on pourra la contourner pour arriver au Dôme. Ça devrait nous prendre une heure de plus au maximum… si Neville cesse de contempler chaque fougère bien évidemment ! »
Le principal concerné se raidit et releva la tête avec un sourire penaud, ce qui provoqua quelques rires, rapidement étouffés par le regard de Severus qui leur rappela que la situation n'était pas propice aux boutades. Ils se remirent donc en route en direction de la montagne. Ils s'arrêtèrent d'un même mouvement en percevant les bruissements des feuilles devant eux. Harry posa mon majeur contre ses lèvres, leur intimant le silence. Ils levèrent leurs baguettes vers le lieu d'où provenaient les bruits, prêts à contrer une attaque…
Hermione ne put s'empêcher de sursauter en voyant Masra apparaitre aux côtés d'un homme lui ressemblant trait pour trait avec vingt années de moins. Ils se détendirent instantanément en reconnaissant l'Elfe, mais Hermione comprit en voyant sa mine renfrognée qu'il y avait un problème. Harry l'interrogea du regard en jetant un rapide coup d'œil au jeune elfe.
« Je vous présente Eingil, mon fils, murmura Masra en désignant le jeune homme d'un mouvement du menton.
- Tu as grandi, commenta Hermione en l'observant, se souvenant encore du petit bambin galopant en brisant tout sur son passage. Que se passe-t-il ? Je croyais que vous ne pouviez nous aider et vous ancrer dans nos histoires de sorciers.
- La situation a changé… Ella est partie.
- Elle quoi ? hurla Severus. Cette gamine ne peut donc pas rester en place plus de quelques jours ?
- Elle veut simplement aider son père ! »
L'intervention d'Eingil coupa court à la discussion et les adultes prirent conscience de leur naïveté. Avaient-ils sérieusement imaginé qu'Ella resterait bien sagement chez les Elfes pendant qu'ils risquaient tous leurs vies ? Après la première désillusion due à son départ pour le Brésil, ils auraient probablement pu se rendre compte tous seuls de l'incapacité d'Ella à suivre des règles simples.
« Quoi qu'il en soit, commença Masra en une grimace de déception, nous allons vous accompagner. Au moins le temps de sortir Ella et de la ramener par la peau du cou jusqu'à sa chambre ! Et puis… peut-être pourra-t-on récupérer Théo en même temps, ou les blessés potentiels. Cela vous convient ? »
Tous se tournèrent vers Harry qui acquiesça avec un demi-sourire, heureux d'avoir deux personnes de plus de son côté dans cette bataille et impatient à l'idée de pouvoir découvrir une nouvelle démonstration des pouvoirs des Elfes. Ils se remirent donc en route, Masra offrant quelques informations supplémentaires à propos de l'état de Toby à ses parents, et donnant le nom de chaque plante à Neville qui souriait de toutes ses dents, enthousiaste d'apprendre autant de choses.
Les elfes marchaient un peu plus vite qu'eux et les sorciers s'efforcèrent de suivre le rythme. Ils se retrouvèrent à l'orée des bois et Masra leur fit signe de se taire avant de leur montrer une petite dizaine d'hommes qui marchaient en cercle autour d'une sorte de boite blanche et ronde gigantesque, de la taille d'une grande maison. On aurait dit qu'une boule avait été enfoncée à moitié dans le sol, l'autre dépassant encore. Les rares fenêtres brillaient sous les reflets du soleil, le bâtiment n'étant formé que de verre et d'une sorte de plastique sans doute hermétique à tout. Harry parvint néanmoins à repérer la porte –une sorte de grand carré noir et gris.
« Comment allons-nous passer ?
- On doit d'abord retrouver Ella ! rétorqua Masra sans hausser la voix afin de ne pas attirer l'attention sur lui. On ne peut pas lui permettre de rester ici… On doit la mettre en sécurité. »
Hermione acquiesça en observant les alentours, espérant repérer Ella avant qu'elle-même ne se fasse prendre par un de ceux gardant le Dôme. Remus s'approcha davantage de l'orée du bois en essayant de distinguer les allées et venues afin de pouvoir se faufiler dès qu'ils leur tourneraient le dos. Il ne put faire part de ses remarques à ses compagnons que Blaise et Drago commencèrent à se chamailler à voix basses, s'insultant presque en se fusillant du regard. Harry se retrouva entre eux en un saut et leur fit signe de se taire. Trop tard.
L'un des gardiens perçut leurs mouvements à travers les arbres et s'approcha en faisant signe à ses compagnons. Masra se dressa devant les sorciers en leur ordonnant de reculer d'un seul regard. Son fils se plaça à ses côtés en maudissant Ella de toutes ses forces.
A quelques pas de là, un sourire de vainqueur marqua les traits de la jeune fille qui surveillait le Dôme depuis une bonne heure. Elle poussa un soupir de soulagement en remarquant que tous les hommes lui tournaient désormais le dos pour avancer vers l'autre côté de la forêt. Elle inspira à fond avant de se lancer, baguette en main vers le bâtiment. Elle se mit à courir aussi rapidement que le lui permettaient ses jambes. Son cœur rata un battement quand la voix d'Eingil retentit dans son esprit : « Diversion ! ». Elle cessa d'avancer pour comprendre ce qui avait attiré les soldats vers l'autre côté de la brèche : les Membres de l'Ordre.
Elle ne prit qu'une seconde avant de prendre sa décision. Elle se tourna vers les hommes qui avançaient dangereusement vers les bois. Elle n'était pas nécessaire à son père cette fois ci… Les Membres de l'Ordre seraient bien plus utiles qu'elle. Et bien qu'elle le sache parfaitement depuis le début, elle n'accepta son erreur qu'en cet instant. Alors seulement, elle hurla :
« Eh ! »
Comme un seul homme, les soldats se tournèrent vers elle en la même expression de stupéfaction. Elle leva la main pour leur faire un petit signe, plus moqueuse que jamais et ils se ruèrent sur elle. L'adolescente tourna les talons avant d'accélérer jusqu'à la porte qu'elle poussa violemment en priant pour que les hommes la suivent sans réfléchir… Ayant été choisis pour leurs muscles et non pour leur quotient intellectuel, ils se précipitèrent à sa suite. Elle espéra réussir à les semer, mais s'heurta à un torse massif avant de glisser au sol. Elle cessa de respirer en réalisant sa bêtise : semer les soldats surveillant l'entrée pouvait être simple. Mais il y en avait bien d'autres à l'intérieur. D'autres qui désormais la jaugeaient en souriant.
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Masra plaqua violemment son fils contre un arbre et le jeune Eingil se cogna lourdement la tête sans desserrer les dents. Il aurait probablement pu répliquer et se défendre contre son père. Après tout, ils avaient subi le même entrainement. Masra avait peut-être plus d'expérience, mais Eingil lui, possédait la fougue de sa jeunesse et pourrait s'avérer plus fort en combats à mains nues. Bien évidemment, son père n'avait pas du tout l'intention de le frapper, mais simplement de lui remettre les idées en place.
« Pourquoi as-tu fait ça ? Ils vont l'attraper !
- Mais nous, nous pourrons entrer et la sauver. Alors que si on s'était fait prendre, il y aurait eu une bataille, ça nous aurait fait perdre du temps ! De plus, elle se serait fait repérer de toute manière une fois à l'intérieur. Je… J'ai trouvé que c'était la meilleure solution d'accord ! Et Ella a dû le comprendre puisqu'elle a obéit à ma suggestion !
- On parle d'une gamine de seize ans qui risque sa vie constamment depuis quelques jours et semble toujours prendre les mauvaises décisions ! Alors, excuse-moi, mais son avis ne m'importe pas beaucoup !
- Taisez-vous ! »
La voix d'Hermione fouetta l'air et ils cessèrent instantanément de se disputer. Elle leva les yeux au ciel en les regardant tour à tour, définitivement agacée par les réactions puériles de ceux qui l'entouraient. Elle se tourna vers Drago et Blaise qui ne quittaient plus leurs pieds des yeux.
« Si vous pouviez arrêter de vous chamailler comme des bébés, tous, au moins durant l'heure qui vient, ce serait un grand soulagement ! Vous vous en sentez capables, oui ou non ? (Quelques « Oui » penauds lui parvinrent.) Okay, très bien… Alors, nous devons profiter de la diversion offerte par Ella dès maintenant ! Allons-y ! »
Elle leva sa baguette devant elle avant de repousser les branches lui bloquant le passage, suivie par les autres membres de l'Ordre, les trois Serpentards et les deux elfes parfaitement conscients qu'ils désobéissaient à leur Reine. Retenant leur souffle, ils parcoururent l'espace les séparant de la porte restée ouverte et pénétrèrent dans le Dôme.
Comme son extérieur, l'intérieur était constitué d'un matériau blanc et froid, mélange de plastique, d'inox et de verre. Hermione eut l'impression de venir de transplaner dans un téléfilm sur les extra-terrestres et les laboratoires secrets et se demanda pourquoi cet endroit avait été construit à l'origine. Elle pressentait que l'emplacement –si proche des Elfes- n'était pas dû au hasard. Dans un silence de plomb, ils s'avancèrent dans le couloir vide, et Harry désigna un panneau du doigt avant de glisser son majeur sur une indication : « Laboratoire 1 » suivit d'une flèche menant à gauche. Ils suivirent cette piste sans faire de bruit, sursautant au moindre bruissement.
En passant devant un escalier menant aux sous-sols, Harry fit signe à Remus, Nymphadora, Severus, Fred et George de descendre afin de vérifier si Théo était dans sa cellule. Le reste des troupes continua à avancer. Brusquement au détour d'un couloir, un homme portant une blouse blanche apparut. Harry n'eut pas le temps de lancer un sort que Masra leva la main. L'inconnu s'écroula au sol en un bruit sourd et les sorciers se tournèrent vers l'Elfe qui sourit avec fierté.
« Il n'est pas mort. Juste évanoui. Dégainez donc vos baguettes plus rapidement… Je vais l'envoyer dans la forêt pour quelques heures, histoire qu'il ne pose pas davantage de problèmes. »
D'un claquement de doigt, l'homme disparut et Masra se remit en route sans se soucier des mines choquées de ses autres compagnons. Seul Eingil souriait, heureux de montrer la supériorité des Elfes aux sorciers. Masra s'arrêta d'un seul coup en leur demandant de se taire et Hermione perçut quelques bribes de conversations derrière une porte. Elle sembla décider que ce n'était pas important, et leur fit signe de continuer jusqu'au laboratoire où elle espérait retrouver Théo. Après tout, s'il n'était pas dans sa cellule, il devait forcément se trouver ailleurs…
Masra saisit violemment sa main et l'attira contre lui avant d'avancer dans un autre couloir, suivi par les autres qui surveillaient les alentours en craignant l'arrivée d'autres soldats. Que les lieux soient aussi silencieux les angoissait sérieusement.
« Le calme avant la tempête… » chuchota Blaise en grimaçant.
Soudain, Masra se baissa, tirant Hermione vers le sol. Elle comprit pourquoi en réalisant qu'ils se trouvaient sur une sorte d'estrade en hauteur et fit signe à ses amis de se faire tout petit. L'elfe rampa légèrement vers l'avant, et Hermione analysa la situation. Ils se situaient sur un balcon en arc de cercle surélevé et avaient une vue parfaite sur une immense pièce ronde emplis de plantes et de tables de travail. Son cœur cessa brusquement de battre dès qu'elle perçut les murmures d'une discussion et reconnut une voix. Celle de Théo. Les battements de son cœur s'emballèrent et Masra lui accorda un sourire railleur auquel elle ne répondit pas. Elle rampa à ses côtés pour tenter de distinguer Théodore parmi le vert –des broussailles- et le blanc –des meubles. Harry la rejoint rapidement et aperçut son ancien ami bien avant Hermione. Il le lui désigna d'un regard et Hermione sentit que ses joues bouillaient ce qui finirait forcément par se remarquer.
Elle dévisagea son ancien amant, le dévorant mécaniquement du regard. Il avait vieilli : de petites rides creusaient les coins de ses yeux sombres et elle pouvait presque deviner la présence de quelques rarissimes cheveux blancs sur ses tempes. Il s'était également amaigri, mais elle se doutait que sa captivité y était pour quelque chose. En dehors de ça, il restait le même Théodore Nott dont elle connaissait le corps sur le bout des doigts –et de la langue. Il arborait le même sourire légèrement moqueur qu'autrefois et se tenait aussi droit, comme régnant sur le monde.
« Demande à ton cœur de se calmer si tu ne veux pas nous faire repérer ! » persifla Masra avec un immense sourire qui voulait probablement sous-entendre le « Je te l'avais dit ! » qu'elle attendait.
Elle ne prit même pas la peine de répondre et tenta d'écouter la conversation malgré les tambourinements irréguliers de son cœur qui l'abrutissait. Théodore discutait avec un homme de petite taille assez rondouillard dont le ventre proéminant était serré dans un costume sombre. Il entortillait sa petite moustache noire en faisant les cents pas sous le regard presque amusé de sa victime.
« L'Ellarosa n'a tenu que cinq jours cette fois ci ! J'exige que vous m'expliquez pourquoi ! Immédiatement !
- Sinon quoi ? rétorqua Théo –ce qui fit s'esclaffer Drago derrière Hermione, laquelle lui ordonna d'être plus silencieux.
- Savez-vous que votre fille est proche d'ici ? Elle a parcouru notre forêt il y a quelques jours, et a fait une charmante rencontre. L'animal que j'ai lancé sur elle et son compagnon n'a hélas pas eu le temps de lui faire de mal. Mais, je ne doute pas qu'une colonie de créatures de mon animalerie personnelle ferait des ravages chez vos… amis aux oreilles pointues. »
Le torse de Théo fut secoué par un rire alors que Masra se crispait, n'appréciant guère la profération de ce genre de menaces.
« Premièrement, les Elfes des Montagnes n'ont pas les oreilles pointues, sauf dans les œuvres moldues. Et deuxièmement, un Elfe de cinq ans serait capable de faire exploser tout votre bâtiment. Alors sérieusement, si vous voulez me faire peur… Trouvez autre chose. De plus, merci de me prévenir que ma fille est en sécurité chez eux. J'aime bien avoir ce genre de nouvelles… surtout lorsqu'elles viennent de vous, Nedrig. »
Le poing du professeur s'abattu si violement sur sa joue qu'il faillit s'écrouler. Lorsqu'Hermione put à nouveau voir son visage, elle remarqua que son arcade saignait légèrement et se tendit. Masra posa sa main par-dessus la sienne pour l'apaiser, conscient du fait que Théo avait dû se prendre bien d'autres coups avant celui là. Nedrig tourna les talons avant de se remettre à tourner en rond, tel un lion dans une cage, son regard défilant sur les dizaines d'Ellarosa mortes autour de lui.
Il cessa de s'agiter en voyant le capitaine de sa légion de protecteurs –Pierce- pénétrer dans la pièce avec un petit sourire arrogant. Il s'approcha de lui et le soldat lui murmura quelques mots à l'oreille, de toute évidence très fier de lui. L'air victorieux de Nedrig ne plut pas vraiment à Théo qui pressentit que quelque chose ne tournait pas très rond. Le patron fit signe à son homme de sortir et revint vers Théo :
« Vous vouliez des informations sur votre fille ? J'ai une bonne nouvelle pour vous… Elle va pouvoir vous en donner par elle-même ! »
Le sourire railleur de Théo disparut impitoyablement pour faire place à une panique incontrôlable. Toute couleur quitta son visage alors qu'il serrait les poings, prêt à défendre sa fille corps et âme. Le soldat revint avec d'autres hommes, dont un maintenant une Ella qui tentait vainement d'échapper à leur poigne. Théo fit un pas en avant, mais fut arrêté par le regard noir de son bourreau.
« Alors, Théodore… Votre fille ou vos fleurs ? »
Pierce plaqua sa baguette sur la tempe d'Ella qui s'immobilisa pour observer son père. Elle aurait tant voulu le retrouver dans une situation différente, se blottir dans ses bras et l'écouter prononcer mille mots de réconfort.
« Attendez, ordonna Théo en voyant que Nedrig s'impatientait.
- Pourquoi ? Vous hésitez ?
- Je vous demande simplement d'attendre ! »
Masra et Hermione échangèrent un regard sans comprendre. Savait-il qu'ils étaient là et souhaitait-il qu'ils interviennent ? Qu'étaient-ils censés faire exactement ? Ils ne pouvaient vraisemblablement pas sauter du haut des balustrades pour se battre, de risque de blesser Ella. Pourtant, ils n'eurent pas à réfléchir davantage. La demande de Théo trouva un sens quelques secondes plus tard, lorsque la pièce fut illuminée par une lueur dorée qui scintillait, comme si les murs étaient recouverts d'or.
Les Ellarosa pourtant mortes un peu plus tôt revenaient à elles, les pétales s'ouvrant un à un en des cliquetis métalliques merveilleux, les tiges se dressant pour poindre vers le ciel, la sève d'or s'égouttant le long de celles que les botanistes avaient tentés de briser.
Le professeur Nedrig poussa un cri avant de se ruer sur Théo en lui demandant des explications. Ce dernier, comprenant que son secret ne l'était désormais plus –et espérant secrètement que Nedrig et ses hommes mourraient très bientôt- finit par admettre en un soupir :
« C'est simple… Les fleurs ont besoin d'eau et de soleil. L'Ellarosa a également besoin d'Ella. »
L'adolescente concernée écarquilla les yeux sous l'effet de la stupeur, et son père lui accorda un petit sourire dont il avait le secret, comme pour dire « Surprise ! ». Nedrig et ses hommes observaient les fleurs, émerveillés, ainsi que les membres de l'Ordre qui ne quittaient pas des yeux ces joyaux de la botanique magique. Voir une Ellarosa était une chose. Mais en avoir tant sous les yeux tenait du miracle. Le spectacle les enchanta –surtout Neville qui semblait complètement sonné- et ils ne se rendirent même pas compte du retour de l'autre moitié de leur escouade. Fred et George levèrent les pouces en jetant un rapide coup d'œil sur la scène se jouant sous eux et Hermione se demanda s'ils étaient contents de voir ça ou simplement de découvrir Théo en vie.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? s'enquit Harry sans quitter Ella des yeux. Il va falloir qu'on finisse par attaquer… Je ne sais pas comment vont réagir ces hommes en comprenant qu'ils n'ont plus besoin de Théo et je ne tiens pas franchement à le savoir. »
Hermione haussa les épaules et lui fit signe d'attendre encore un peu avant de s'angoisser pour rien. Les soldats avaient instinctivement desserré leur étreinte sur le corps tremblant d'Ella qui semblait résister difficilement à l'envie de foncer dans les bras de son père. Théo ne quittait sa fille des yeux que pour jauger de la réaction de ses tortionnaires, manifestement partagé entre la joie d'enfin la revoir et la peur de ce qui les attendait. Nedrig se tourna brusquement vers l'adolescente avec un sourire concupiscent et déclara :
« Enfermez-la ! »
Théo fit un pas et le professeur le fusilla du regard.
« Sauf si vous souhaitez la voir mourir, bien évidemment !
- Etes-vous réellement aussi idiot ? répliqua l'ancien Serpentard. Si vous lui faites du mal, les Ellarosa en subiront les conséquences. Et non, ce n'est pas une menace, juste une constatation. »
Nedrig fit signe à ses hommes qui obligèrent Ella à s'asseoir avant de lui lier les chevilles aux barreaux d'une chaise sous le regard impuissant de son père qui fut quand même soulagé de l'avoir encore près de lui. Nedrig sortit tranquillement sa baguette de la poche de sa blouse et s'avança vers Ella, menaçant.
« Qu'est-ce que vous faites ? l'arrêta Théo alors que les soldats s'approchaient de lui comme pour le retenir.
- Je vérifie seulement votre… « constatation ». »
Hermione se crispa ostensiblement et Harry glissa sa main dans la sienne pour lui transmettre un peu de courage, se doutant que le scientifique ne tuerait jamais Ella, ce qui lui ferait prendre le risque de détruire des semaines de travail. Il lui ferait seulement mal. Sa baguette frôla la joue de la jeune fille, redescendant tranquillement vers son cou. Il ne se souciait même pas des tremblements secouant le corps tendu d'Ella qui se doutait que les prochaines minutes lui feraient regretter son aplomb. La voix d'Eingil lui parvint malgré sa peur : « Détends-toi. Nous sommes tout près. S'il va trop loin, nous interviendrons… Ne lui donne pas le plaisir de voir à quel point tu es effrayée. Respire. Calme-toi. ». Elle tenta vainement d'obéir.
Puis la souffrance l'assomma. Un doloris. L'homme n'avait même pas pris la peine d'énoncer le sortilège à voix haute, préférant faire comprendre à Théodore ce qu'il faisait subir à sa fille alors qu'il était déjà trop tard. Ella serra les dents pour s'empêcher d'hurler, ses larmes coulant désormais sans vergogne sur ses joues rouges. Lorsqu'il la relâcha, elle haleta, et un sourire vainqueur s'inscrit sur les lèvres de Nedrig. Il jeta un coup d'œil rapide aux fleurs et soupira :
« Elles n'ont pas l'air d'en souffrir… »
Il glissa sa baguette à l'ouverture de la tunique d'Ella dont le corps se spammait désormais, autant de peur que de douleur. L'extrémité du bout de chêne devint d'un rouge lumineux et elle ferma les yeux en l'attente d'une nouvelle vague de souffrances. La baguette tailla brusquement sa chair, aussi clairement qu'un couteau aurait pu le faire. La blessure n'était pas profonde, mais le sang rougeoyant inonda tout le même le blanc de sa tunique alors qu'elle mordait ses lèvres pour ne pas laisser passer le moindre cri.
Les membres de l'Ordre avaient bien des difficultés à ne pas intervenir, attendant un signal d'Harry. Eingil, lui, était maintenu par son père et ne tentait pas de se dégager, malgré le fait qu'il en meure d'envie. Il ne supportait simplement pas de ressentir sa douleur et ne parvint pas à comprendre comme son père y résistait. Il avait l'impression que son crâne allait exploser alors que Masra arborait le même air concentré que d'habitude.
Mais Théo, contrairement aux autres –dont il ignorait encore la présence- ne resta pas inactif. Les soldats ne prêtaient pas attention à lui, dressant un mur de muscles le séparant de sa fille mais lui tournant néanmoins le dos. Alors il s'empara d'un bol doseur rempli d'un liquide fabriqué par ses soins depuis quelques jours déjà, dès lors qu'il avait compris que le professeur Nedrig ne reculerait devant rien.
La voix de Masra retentit brusquement dans son esprit et il faillit lâcher le récipient sous le coup de la surprise : « A quoi tu joues ? ». Théo esquissa un sourire en comprenant qu'ils n'étaient pas seuls, et leva les yeux à la recherche des Elfes, se doutant qu'ils ne pouvaient être qu'en hauteur puisqu'ils le voyaient. Masra leva la main très rapidement et Théo poussa un bref soupir de soulagement en le repérant avant de se concentrer pour parvenir à laisser libre accès à son esprit. Son ami s'y glissa tranquillement pour y lire son plan et y obéit immédiatement.
Veillant à ce que Nedrig ne s'aperçoive de rien, il dirigea sa paume vers les soldats qui parurent soudain complètement absent. Leurs yeux se vitrèrent et Théo remercia mentalement Masra, certain qu'il l'entendrait. Il se glissa entre les corps immobilisés des hommes et s'avança vers le professeur sans même respirer, le bol doseur en mains.
« Excusez-moi… »
Nedrig se retourna en un bond, lâchant sa baguette au sol. Il n'eut pas le temps de se pencher que Théo lui jeta le contenu du récipient de verre au visage. L'acide lui brûla cruellement la peau alors qu'il se mettait à hurler en portant ses mains à son nez. Théo ne fit même pas attention à lui et s'agenouilla face à sa fille, dénouant les nœuds autour de ses chevilles. Les membres de l'Ordre sautèrent comme un même homme depuis la balustrade, suivis par Drago, Blaise, Pansy et les deux elfes qui se ruèrent vers Ella pour la guérir. Le corps de la jeune fille tomba en avant, rattrapé in-extremis par son père qui la souleva tendrement en embrassant son front moite.
Derrière lui, les soldats reprenaient conscience –la magie de Masra s'atténuant alors qu'il était préoccupé par autre chose. Hermione, Harry et Ron s'élancèrent vers eux pour les désarmer alors que Remus ligotait Nedrig qui agonisait toujours, sa peau semblant fondre. Ses cris finirent par alerter d'autres soldats et scientifiques en blouses blanches qui débarquèrent en masse par les portes. Trois fois plus nombreux que les membres de l'ordre présents, ils les encerclaient presque et Théo comprit que le combat serait sans doute sanglant.
Il serra une Ella vacillante dans ses bras avant de la pousser dans ceux d'Eingil.
« Emmène-la à l'extérieur et soigne-la.
- Je veux rester avec toi… polémiqua Ella d'une voix pâteuse, trop faible pour que son avis soit réellement pris en considération.
- Tu as pris bien assez de risques pour aujourd'hui, ma puce. »
Il fit signe à Eingil qui hissa Ella dans ses bras sans lui laisser le temps de répliquer, avant de s'éloigner en courant, évitant agilement les sortilèges qui fusaient autour de lui. Théo regarda sa fille partir avant de sentir une main sur son épaule. Drago. Ils partagèrent un regard complice, aussi fusionnels que vingt années plus tôt et Drago glissa une baguette magique dans sa main.
« Severus l'a récupérée pour toi. »
Théo le gratifia d'un simple « Merci » avant de se lancer dans la bataille, appréciant à sa juste valeur la présence de ces hommes si différents les uns des autres et qui s'étaient unis pour le libérer, prenant des risques inconsidérés. Il remarqua la présence d'Hermione après une bonne minute et faillit se recevoir un sortilège en pleine tête tant il fut surpris de la voir. Il la scruta durant une nanoseconde qui lui parut être une éternité, admirant la férocité de son regard d'or et la force qui se dégageait de son corps plein de courbes.
Puis il se réengagea dans le combat. Il aurait bien le temps d'apprécier sa beauté plus tard. Néanmoins, presque inconsciemment, il surveilla ses allées et venues du coin de l'œil, prêt à la protéger. Pour la première fois depuis des années, il se sentit en phase avec d'autres personnes, heureux de retrouver cette complicité qu'il pensait détruite. Il se rappelait encore exactement du fonctionnement d'Harry dans les batailles et couvrait ses arrières lorsqu'il prenait trop de risques –une mauvaise habitude qui perdurait encore. Ils semblaient tous se comprendre parfaitement, même les trois Serpentard qui s'étaient pourtant toujours battus dans le camp adverse trouvèrent le bon rythme. Théo devait malgré tout admettre qu'ils auraient plié sous le poids de leurs ennemis sans la présence de Masra qui les ensorcelait un à un sans montrer le moindre signe d'épuisement.
Théo finit pourtant par comprendre –en voyant Fred s'écrouler au sol- qu'ils seraient tous blessés si le combat durait plus longtemps. Un sortilège l'envoya contre un mur et il se cogna durement le visage, un sombre craquement l'avertissant de la cassure de son nez. Il ne s'en inquiéta qu'à peine, son regard se fixant sur les membres de l'Ordre qui offraient de plus en plus de marge de manœuvre à leurs ennemis. Même Masra commençaient à ne plus savoir où donner de la tête. Il interpella l'Elfe, répétant une seule et même phrase dans son esprit pour être certain qu'il percevrait son message : « On doit se replier ! ». Masra acquiesça et désigna une porte close aux autres. Harry ne parut pas réellement emballé par cette solution. Il n'avait jamais été du genre à abandonner. Mais le corps ensanglanté de Luna –soutenue par Neville- le rappela à la dure réalité de ce genre de combat : ils ne pouvaient gagner, l'important était donc de sauver leur peau !
Ils se mirent à courir vers la sortie, Neville et George ralentis par le poids de Luna et Fred sur leurs épaules. Théo récupéra rapidement une fleur noire dans un bocal –ce qui lui attira un regard curieux d'Hermione. Mais il n'eut pas le temps de s'expliquer, et accéléra en direction des portes, se baissant tant bien que mal en serrant la fleur contre son buste. Masra se dressa entre les sorciers –scientifiques et soldats- pour les empêcher de passer, les abrutissant suffisamment pour qu'ils ralentissent le pas pendant que ses congénères passaient le pas de la porte.
Il se glissa finalement derrière eux et rabattu le battants de verre avant de se remettre à courir pour mettre le plus de distance possible entre ces hommes et lui. Seul Théo resta en arrière, malgré les exhortations de ses amis. Mais il refusait de laisser à ces gens la moindre chance de s'en sortir sans payer pour tout le mal qu'ils avaient fait.
« Théo, avance ! » hurla Harry en le tirant par le poignet, agacé par cette maudite témérité dont Ella avait hélas héritée.
L'ancien Serpentard lâcha la fleur que Neville reconnut brusquement comme la Mionaglaé, et la fit voltiger jusqu'aux portes vitrées qu'elle traversa en un fracas de verre. Alors seulement, avec un sourire d'un sadisme serpentesque qui fit rire Pansy, il fit exploser le pot. A la surprise de tous –excepté Théo- la détonation fut retentissante. Ils s'étalèrent tous au sol, repoussés par la force destructrice de la déflagration. Le Dôme tout entier sembla s'évanouir dans un nuage de fumée noire, envoyant tout autour de lui des morceaux d'inox, de plastiques brûlés et de cristal.
« Par le caleçon de merlin… » marmonna George en couvrant le corps de son jumeau du sien pour éviter qu'il ne soit davantage blessé.
Cette simple phrase résuma à elle seule la surprise de tous. Seul Théo resta debout. Puis, l'épuisement prit le dessus et il se détendit. Il vacilla avant de partir en arrière, seulement retenu par Masra qui le soutint avec un sourire, sentant qu'il allait bien et qu'il aurait juste besoin de repos. Le soulagement prit rapidement le dessus et les cris de joie et soupirs rassurés emplirent bientôt l'espace occupé par leur groupe.
Hermione resta de côté sans lâcher des yeux le visage apaisé de Théo, évanoui. Elle seule sembla prendre conscience de la complexité de sa situation. Elle savait parfaitement que le retour de Théo parmi eux ne constituait pas une fin… Mais le commencement de mille autres problèmes qui ne se régleraient sûrement pas à l'aide d'une simple fleur.
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Note de l'auteur _ Tututututututu -générique de Star Wars, si si ! on dirait pas, mais c'est ça ! xD Enfin... Enfin quoi ! Bah oui, enfin Théo est libre. Dans les vapes, mais libre. Et Hermione qui capte que ça ne va pas être franchement facile... Sinon, ne vous dites pas que c'est fini & qu'à partir de maintenant ce sera uniquement "romance"... On va encore un peu entendre parler des "méchants" de l'histoire & tout l'tralala. Histoire que ça devienne pas tout mou d'un coup. Et puis, ce serait trop facile qu'ils aient tous explosés n'est-ce pas ? xD [Même si j'trouve ça marrant de les imaginer en bouillie à cause d'une fleur mouahaha]. Sinon... Ella... Désespérante ! Sérieusement, cette gosse peut pas rester en place deux minutes, non ? Elle me donne des envies de meurtres parfois. Failli la tuer rien que pour lui donner une bonne leçon ! (a) Sinon... Eingil - Toby... xD Il s'défend bien nOt'sorcier chéri, non ? Je crois que mon passage préféré reste la discussion entre Hermione & Masra que j'avais imaginée depuis supra-longtemps. Je ne voulais pas qu'il lui sorte ses quatre vérités d'un coup, mais plutôt qu'il l'amène à réfléchir un peu ! x) Et ça marche apparemment... Autrement, Scott toujours à côté de la plaque tout de même ! -même s'il est chou avec ses projets de mariage... xD Et cette garce de Lisa [je crois que c'est la deuxième fois qu'une de mes "méchantes ados" s'appelle Lisa... Alors que c'est le prénom de ma couz' préférée. Bizarre...] franchement, elle mériterait des baffes ! Impossible d'être aussi idiote ! Et j'espère que pour l'Ellarosa vous ne vous y attendiez pas... x) C'était un peu, The Secret de la fic.
Sinon, Questions : 1. Hermione va-t-elle faire exprès de se perdre dans la forêt, se la jouer à la Robinson juste pour éviter d'avoir à affronter Théo ? [ça aurait été fun... xD] ; 2. Scott va-t-il continuer à avoir un peu de cran Ou va-t-il se dégonfler comme un bon soufflet à la citrouilles ? ; 3. Est-ce Lisa va se faire écrabouiller par une météorite qui tombera du plafond de la Grande Salle ? [Mouahaha] ; 4. Comment vont se passer les retrouvailles Hermione - Théo [mais non, elle ne va pas se cacher dans la forêt Oh ! xD] & celles Théo - Ron ? Et puis celles Théo / tout le monde en fait ? ; 5. Uhm... Vous avez des idées pour la suite ? x) [Là j'suis en train de vraiment tout planifier pour que la fin soit bien organisée -j'avais au départ organisé que jusqu'au sauvetage de Théo donc...- enfin si y'a des trucs auxquels vous songez... C'est maintenant ! ^^']
Bisous bisous, Reviews, Reviews ! x)
*¤ Bewitch_Tales ¤*
