Note de l'Auteur _ Coucou les gens ! x) Je devais poster depuis quelques jours déjà, mais j'ai été atteinte d'une flemmingite aigüe tout d'abord, puis d'une dépression familiale pire qu'une tempête de neige, puis j'ai été harcelée par un intense moment de doute concernant la constitution de mes chapitres. 24 Ou 25 ? Où couper ? Finalement, j'ai laissé comme ça devait l'être au départ, autrement je n'aurai jamais posté... Donc il y en aura 25.

Je suis actuellement en pleine écriture du 2o que j'espère finir demain ou après-demain... Et puis, je suis en vacances cette semaine alors je devrais avancer ! Mon but étant de poster l'épilogue le 23 Novembre... Jour de mon anniversaire & veille de sortie d'HP7 [Avouez que la seconde raison vous parle plus ! xD]. Enfin, je pourrais dire : "J'ai quitté le monde de Fanfiction le jour même de mes 2o ans." Tadam ! ça l'fait nan ? xD Okay, j'délire...

& je vous laisse à la lecture de ce pitoyable chapitre ! -_-" Il fait partie de ceux mous d'entre-deux avant l'action... De ceux que je n'aime pas franchement surtout quand mes personnages sont aussi ridi-cultes & trop contrôlables... Ma fibre SchizOphrène m'ayant quitté -sans doute parce que la moitié du chapitre est prise d'asseau par tous les personnages ou presque & je ne pouvais pas me dédoubler pour eux tous.

[Florigeon : Un Immentissime merci de ton review très gentil ! =D Et puis l'important, c'est que t'ai laissé un review finalement ! ça t'excuses bien de ne pas l'avoir fait auparavant alors pas la peine de culpabiliser ! Enfin une personne qui connait Star Wars =P Mais le petit Jedi que je suis a apprit à garder ses secrets d'écriture ou a en distiller assez dans ses notes pour rendre les lecteurs fous... Mouhaha & pour Timothy... Et bien il débarque en grandes pompes avec une phrase qui ne peut être prononcée que par un enfant -par un adulte, ça serait glauque xD- & Winifred réapparait également un peu. J'espère que ça te plaira ! =D] Merci également à Ceciles & à Vivi [Tu as particulièrement raison sur un point ! =P] en non-inscrits & à tous les autres inscrits ! =D

Bonne lecture !

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Ellarosa - Chapitre 19

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« L'immoralité est un mythe inventé par les honnêtes gens pour expliquer la curieuse attirance qu'exercent les autres. »

Oscar Wilde.

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Samya attacha soigneusement ses cheveux en une queue de cheval assez sévère qui avait l'avantage de laisser voir les traits fins de son visage. Elle rajouta une couche de rouge à lèvres s'accordant à la perfection avec son teint brun sur sa bouche, renforça le trait sombre autour de son regard chocolat et allongea ses cils d'un coup de mascara. Elle murmura un « Parfaite ! » satisfait alors que son reflet lui adressait un clin d'œil complice. D'un coup d'œil, elle s'assura de l'état de sa tenue.

Son chemisier d'un blanc immaculé laissait voir en transparence l'exceptionnel arrondi de ses seins lorsqu'elle se tenait dos au soleil, mais ne dévoilait pas un centimètre de peau de trop. En vérité, elle l'avait acheté pour un mariage ennuyeux à mourir l'été précédent et ne s'était jamais imaginée le reporter, mais lorsque le Weasley-maladroit lui avait expliqué qu'il valait mieux laisser un peu de place à l'imagination, elle s'était décidée à se couvrir un peu plus que lors de ses séances de dragues habituelles. Elle avait enfilé un jean tout simple juste un peu trop moulant et des bottes pour compléter le tout.

Rien n'aurait pu laisser soupçonner à qui que ce soit ce qu'elle s'apprêtait à faire. Sa tenue était d'une simplicité époustouflante et elle-même douta un instant que cela puisse provoquer le moindre désir chez un homme normal… Elle admira une dernière fois son reflet avant de se laisser l'occasion de changer d'avis et d'enfiler l'une de ces charmantes jupes d'écolières trop courtes et le soutien-gorge qui lui faisait une poitrine de rêve.

Elle quitta son dortoir sans un regard pour les autres filles partageant ce lieu avec elle et tenta de redevenir la Samya à la témérité absurde qui ne doutait jamais une seule seconde, mais elle réalisait facilement qu'en demandant conseil à quelqu'un elle s'était montrée faible et avait dévoilé que cette histoire avait un peu plus d'importance que les autres à ses yeux. Probablement parce qu'il paraissait plus inaccessible que les autres…

Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, elle traversa les nombreux couloirs du château en marchant bien trop vite pour que cela paraisse naturel et arriva finalement avec dix minutes d'avance dans la cour. Son regard défila sur l'immensité des lieux, puis s'arrêta sur la silhouette de Charlie qui –dans l'enclos proche de la cabane de garde chasse désormais désertée- nourrissait un hippogriffe. Elle grimaça, exécrant ces bestioles presque autant que les Gryffondor ou les filles qui cherchaient à l'imiter.

L'histoire de Buck, l'affreuse créature qui avait failli « tuer » Drago un jour l'avait empêchée de dormir… Surtout que son parrain se plaisait à la raconter lorsqu'elle n'était encore qu'une fillette. Elle avait fini par apprendre que Buck avait à peine blessé Drago et que ce dernier excellait dans l'art de l'exagération. Néanmoins, elle n'arrivait toujours pas à apprécier la beauté de ces étranges hybrides, mélanges de chevaux et d'oiseaux.

Elle se rassura avec le dynamisme habituel et les petites remarques mentales visant à lui rappeler à quel point elle était extraordinaire… Ce qui fonctionnait étrangement avec elle. Depuis l'enfance, elle s'appliquait à se faire elle-même des compliments puisque ceux des autres ne l'atteignaient jamais réellement. Elle poussa un bref soupir puis s'avança courageusement vers l'enclos réservé aux animaux dont le professeur s'occupait quotidiennement.

Elle cessa d'avancer en atteignant les barrières de bois et se racla la gorge afin d'attirer l'attention de Charlie qui se retourna brièvement avec un sourire presque moqueur en sa direction. Elle se retint difficilement de répliquer « Quoi ? » à cet air railleur indescriptible alors qu'elle savait parfaitement quel en était la cause. Elle devait avoir une tête d'effarouchée qui lui donnait très envie de se moquer… Il continua à nourrir l'animal sans plus se soucier d'elle et Samya fut prise d'une brusque envie de lui sauter dessus pour lui ordonner de la regarder.

Il finit par venir vers elle après s'être incliné auprès de l'hippogriffe, et s'accouda à la barrière, si proche d'elle que Samya crut un instant qu'il s'apprêtait à l'embrasser. Il ne le fit bien évidemment pas, même si une nuance de doute s'incrusta dans ses yeux lorsqu'il la regarda. Elle attendit qu'il parle et explique en quoi consisterait sa retenue, même si elle espérait au fond d'elle-même qu'il s'agisse d'une punition plus charnelle que scolaire. Il fit éclater la bulle de ses espoirs en énonçant d'une voix relativement froide :

« On doit attraper des Chrysopes. Le professeur Rogue en aura besoin pour fabriquer certaines potions et le temps est parfait pour les récupérer… Généralement, il s'en charge seul, mais puisqu'il est en… vadrouille, j'ai pensé que nous pourrions le faire à sa place.

- Des chrysopes ? répéta Samya avec une moue de dégoût. Ces espèces d'insectes malodorants qu'on trouve dans la boue près des arbres ?

- Vous suiviez mes cours ? s'exclama-t-il pour seule réponse avec un rire. Exactement ! Heureusement que vous avez mis des bottes, Miss Zabini ! »

Elle résista à l'envie de lui répliquer que le nombre de gallions dépensés ne servait pas à aller se perdre dans une forêt pour attraper des insectes, mais sa grimace suffit à le faire comprendre à Charlie. Il roula des yeux dans ses orbites, momentanément insupporté par sa superficialité évidente. D'un seul signe de la tête, il lui désigna l'orée de la forêt interdite –qui ne l'était pas tant que ça- et elle croisa ses bras sur sa poitrine, provocatrice. Elle n'avait pas peur de la forêt, malgré toutes les rumeurs la concernant. Elle tourna donc les talons et s'avança vers les bois sans même ciller, se déhanchant un peu trop pour que cela paraisse réellement normal mais pas assez pour dépasser le seuil de la vulgarité.

Il esquissa un petit sourire en coin avant de la suivre, récupérant près de la barrière une boite dans laquelle il mettrait les Chrysopes une fois qu'il les aurait attrapés. C'était un travail relativement répugnant qu'il évitait ordinairement de faire, mais l'idée d'imaginer Samya Zabini avec les mains dans le cambouis l'amusait foncièrement. Il la rattrapa en quelques pas plus rapides que les siens et faillit glisser sa main dans la sienne, instinctivement. Alors qu'ils s'éloignaient de Poudlard en un silence caustique, Charlie prit conscience de ce qu'il faisait exactement, aidé par une petite voix –celle de sa mère, encore une fois. Il l'amenait à l'écart des autres, dans une forêt où jamais personne n'osait aller… La faire trainer dans les cachots tard le soir n'aurait pas été plus risqué !

Au bout de quelques minutes, elle lui adressa un sourire plein d'une sensualité étonnante pour son âge et il serra la lanière de son sac un peu plus fort, ses tendons se dessinant sous sa peau blême seulement mouchetée de tâches de rousseur. Il détourna les yeux de cette bouche si tentante et figea son regard sur le bout de ses chaussures qui s'enfonçaient dans la mousse verdâtre recouvrant le sol. Il réalisait l'absurdité de cette situation alors qu'il recherchait un nid de Chrysopes sans être sérieusement intéressé par leur découverte.

Samya, elle, attendait un geste de sa part. D'ordinaire, elle adorait provoquer les choses, jouer de son corps et de ses mots pour séduire l'autre… Cette fois –suivant d'autres conseils de Scott- elle préférait qu'il vienne à lui afin qu'il ait l'impression de dominer dans leur pseudo-relation future. Cependant, elle commençait à bouillir intérieurement de devoir supporter ce silence et ce manque flagrant d'intérêt de la part du professeur. Elle s'apprêtait à balancer l'une de ces répliques qui provoquaient des réactions quasi-cosmiques chez les hommes lorsqu'il marmonna :

« J'ai trouvé… »

Elle suivit son regard qui se portait à la souche d'un arbre où fourmillait un véritable pâté de boue immonde et mouvant qui cachait probablement mille insectes répugnants. Elle fit mine de vomir, gamine, et il s'avança sans l'attendre jusqu'à l'arbre. Elle le suivit sans entrain alors qu'il s'agenouillait pour examiner la terre humide. Derrière lui, Samya soupira :

« Et dire que j'avais imaginé ça sans bestioles… Quelle naïveté !

- Puisque je suis professeur de soins aux créatures magiques, il aurait été anormal que je te fasse copier des lignes.

- Et l'effet poisseux et froid de cette retenue était obligatoire ? Nous n'aurions pas pu partir à la recherche d'une licorne, non ? persifla-t-elle avec une moue de petite fille gâtée qui lui donna l'air plus jeune qu'elle ne l'était.

- Une retenue n'a pas pour but d'être agréable… rétorqua Charlie sans la regarder, agacé par le ton condescendant de sa voix. Et maintenant, agenouille-toi près de moi et fais ton travail ! »

L'éclat de rire qui lui parvint le fit rougir jusqu'aux oreilles dès qu'il constata que sa dernière phrase pouvait avoir un double sens qu'il ne souhaitait absolument pas lui donner à l'origine. Samya, elle, savoura cet instant comme s'il s'agissait d'un rare nectar et en profita pour commencer à mener la danse, puisque Charlie ne semblait pas vouloir jouer. Elle posa sa main sur sa nuque rougit par le soleil lors de son travail en plein air et un frisson se dessina sous ses doigts alors qu'il baissait les yeux en essayant tant bien que mal de conserver son calme. Les doigts de la jeune fille remontèrent dans ses cheveux et elle les caressa une seconde avec un sourire, heureuse qu'il se laisse faire. Ses doigts semblèrent danser sur la peau de sa nuque une seconde, puis descendirent vers une épaule en une cajolerie qui lui fit craindre le pire –ou espérer le meilleur…

« Généralement, je n'obéis pas à ce genre d'ordre, susurra-t-elle finalement près de son oreille, Mais je suis prête à faire une exception pour vous, professeur… »

Ses lèvres frôlèrent son lobe qu'elle mordilla tendrement et il se leva d'un seul bond, comme électrisé par ce contact. En un autre saut –elle s'étonna qu'il puisse s'éloigner si vite et crut même qu'il avait transplané- il se retrouva à un mètre d'elle, le visage rouge, les poings serrés.

« Tu… Vous… Dingue !

- Sujet, verbe, complément, ça ne vous dit rien ? répliqua-t-elle avec une moue enjôleuse.

- Ce n'est pas drôle !

- Ah ! Là, c'est mieux ! Et puis, cessez donc de vous angoisser, professeur. Nous sommes complètement seuls… avec ces Chrysopes mais je doute qu'ils aient la capacité de nous dénoncer ! »

En deux grandes enjambées, il se retrouva face à elle et saisit ses épaules, la secoua un bon coup avec les yeux écarquillés, comme s'il cherchait à deviner une quelconque preuve qu'elle soit sous l'effet d'une drogue… Elle le laissa faire, bien qu'elle craigne un instant qu'il finisse par la balancer au sol, mais il se calma. Ses mains toujours sur ses épaules, il arrêta de s'énerver et plissa le front, sa peau déjà prématurément ridée par le soleil et les épreuves se fripant un peu plus alors qu'elle le scrutait.

« Je suis parfaitement consciente de mes actes, chuchota-t-elle comme pour le convaincre de ce dont il semblait douter. Et non, je ne suis pas dingue… J'ai juste très envie de… »

Elle s'interrompit avec l'impression d'être stupide et d'agir comme une midinette bêtement amoureuse d'un enseignant. Il fallait avouer que Charlie avait les faveurs de nombreuses étudiantes et que Samya avait surpris des dizaines de conversations plutôt lubriques à son sujet. Elle savait que la saveur du risque sur sa langue l'engourdissait et qu'elle se plaisait à mettre en péril la vie –ou plutôt la carrière dans ce cas ci- d'un autre. Elle s'amusait depuis l'enfance à des jeux de grands. Petite, elle côtoyait les adolescents, cherchant à leur ressembler bien qu'elle n'y parvienne jamais tout à fait. Désormais, elle se sentait plus à l'aise avec des hommes, des vrais, de ceux qui pouvaient la serrer dans leurs bras et lui apprendre des choses dont elle n'avait pas idée, de ceux qui toujours s'enhardissaient de sa jeunesse… Charlie représentait ça : l'âge mur et le danger. Un savoureux mélange qu'elle rêvait de goûter désormais.

Lui ne cillait même plus, abasourdi par la brève violence ayant enserré son corps alors qu'il s'était promis de ne plus jamais brutaliser qui que ce soit après la guerre. Il se souvenait de la sensation étourdissante éprouvée lorsqu'il tenait la vie d'un autre entre ses mains. D'ailleurs, il avait encore un souvenir assez vif d'une altercation avec Blaise à l'époque, de la rougeur de son visage à la peau café alors qu'il serrait son cou pour l'étouffer… Voldemort venait juste de mourir, mais il avait vu périr trop d'amis, trop de frères, et s'était emporté, finalement retenu par Harry qui lui avait hurlé que la guerre était finie, qu'ils n'avaient plus à faire justice eux-mêmes. Et voilà qu'il maintenait Samya, corrompu par un désir tout autre que celui de donner la mort, mais tout aussi immoral.

Pourtant, lorsque les mains de la jeune fille se posèrent sur ses joues, maintenant son menton entre ses paumes en coupe, il ne chercha pas à l'éviter puisque personne ne le lui ordonnait. Il aurait donné n'importe quoi pour qu'un autre professeur apparaisse et exige qu'il se reprenne. Mais il la laissa faire. Il répondit à son sourire. Il suivit des yeux chaque mouvement. Et il abaissa ses paupières dès que les lèvres de Samya s'unirent aux siennes. Et malgré les exhortations imaginaires de sa mère dans sa tête, malgré la culpabilité qui lui tirailla les entrailles, il laissa ses mains retomber jusqu'à les poser sur la taille de la jeune fille. Il se rattrapa mentalement : « Non. De la jeune femme. »

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Fin prêts pour leur départ, les anciens membres de l'Ordre –ainsi que les trois anciens Serpentard- se rassemblèrent au centre de la clairière, vérifiant pour la dernière fois s'ils avaient tout. Les elfes les observaient soigneusement, jaugeant de leurs mouvements comme pour s'assurer de leur état car certains s'étaient couchés tard et paraissaient complètement assommés. Eingil et Masra quittèrent les foules pour se rapprocher des sorciers, souhaitant l'un comme l'autre faire leurs adieux à certaines personnes.

Eingil s'avança mécaniquement vers Ella qui ne lâchait pas ses parents des yeux comme si elle pouvait les maintenir à distance l'un de l'autre par la seule puissance de son regard. Il posa sa main sur son épaule pour attirer son attention et elle lui adressa un rictus assez crispé avant de sourire à Toby qui –au loin- s'était figé. Elle se devait de le rassurer, bien qu'ils ne passent plus que quelques minutes à la Baie et qu'il parte avec elle alors qu'Eingil resterait.

« Tu sais que tu ne pourras pas réellement les surveiller tous les deux, lança Eingil finalement sans se soucier du regard noir de Toby qui lui vrillait la nuque. Ils sont adultes et agiront comme ils le désirent malgré tout ce que tu pourrais dire ou faire…

- Merci de tes encouragements ! répliqua Ella en haussant un sourcil interrogateur, se demandant pourquoi il se montrait brusquement si pessimiste.

- Je ne veux pas que tu passes ton temps à les éloigner… Cela risque de causer du tort à de nombreuses personnes, toi y compris ! »

Elle détourna les yeux, dévoilant ainsi son refus obsessionnel à écouter le moindre conseil, qu'importe de qui il venait. Elle n'avait pas l'intention de laisser l'occasion à sa mère d'à nouveau briser son père qui –bien qu'il fasse le fier- avait déjà souffert plus que nécessaire. Eingil la connaissait par cœur et devina aisément qu'elle camperait sur ses positions, agaçante humaine têtue qu'elle était ! Il se contenta donc d'embrasser tendrement son front pour seul adieu et lui ébouriffa les cheveux juste parce qu'il savait que ça l'agaçait. En effet, le regard assassin qu'elle lui décocha le prouvait amplement. Il s'éloigna donc en ricanant bêtement, ses épaules nues tressautant à chaque pas et elle roula des yeux dans ses orbites, amusée malgré elle par ce petit bout d'homme avec lequel elle avait presque grandi.

A quelques pas d'elle, Meleke discutait avec Théodore, si bas que personne ne pouvait espérer percevoir un seul mot. D'ailleurs, Meleke ne le souhaitait pas, ce qu'elle énonçait calmement à son ami lui étant exclusivement adressé. Théodore se contentait d'acquiescer avec un petit sourire en coin, comme s'il participait à une farce que lui seul pouvait comprendre et Ella tenta de se rapprocher. Malheureusement, la Reine était bien trop douée pour se laisser surprendre et elle fit un petit signe à Ella, lui ordonnant de s'éloigner. Mécaniquement, l'adolescente obéit, ce qui eut don d'élargir le sourire de son père.

Une fois qu'elle fut assez loin d'eux, Meleke reprit le cours de la discussion comme si elle n'avait jamais été interrompue :

« Si tu as besoin du moindre soutien, que tu sens que tu perds le contrôle ou qu'elle tente quoi que ce soit… Je veux que tu nous rejoignes immédiatement ! Nous sommes ta famille, Théo, ne l'oublies pas…

- Tu réalises que lorsque tu prononces ce genre de phrases, tu fais « grande prêtresse d'une secte » ? Et puis, cesse de parler de moi comme d'une pauvre créature sans défenses ! J'ai parfaitement conscience de mes faiblesses et je ne me laisserais pas avoir cette fois ci… Je ne suis pas un drogué qui a besoin de sa dose d'Hermione Granger.

- Tu réalises que cette remarque peut paraitre libidineuse ? »

Théodore esquissa un sourire plus taquin, presque charmeur bien qu'il n'ait jamais tenté de séduire la Reine qui semblait parfois avoir mille années de plus que lui.

« Elle l'est ! »

La Reine leva les yeux au ciel, mimant l'exaspération à merveille mais apparemment rassurée par l'aisance de Théodore à plaisanter du sujet « Hermione Granger » alors qu'autrefois il blêmissait à l'évocation de son nom et paraissait au bord des larmes. Elle ne souhaita pas sonder son âme, craignant d'y découvrir mille fissures qui lui donneraient envie de l'obliger à rester –ce qui la ferait passer pour une hystérique ! Plus ou moins convaincue par la nonchalance de son ami, elle se tourna vers les sorciers afin de s'adresser à eux, oubliant ses inquiétudes pour quelques minutes car elle avait avant tout le devoir de protéger son peuple et la présence d'humains sur leurs terres ne plaisait pas à tous. Elle les rassembla en quelques secondes à peine sans même les appeler à voix haute comme si son être entier dégageait cet ordre auquel ils se devaient d'obéir.

« J'ai envoyé un messager jusqu'à l'extérieur de la forêt durant la nuit afin qu'il envoie un hibou à Poudlard… Tous vous attendent sûrement déjà, bien que je n'ai aucune idée réelle du temps que prennent vos « pigeons » pour parcourir une telle distance. Masra vous conduira et s'assurera que vous quittez bien les lieux. De plus… j'aimerais que vous promettiez tous de ne jamais parler de l'emplacement de la Baie à qui que ce soit !

- Vous le promettre ? répéta Severus avec un air moqueur, éberlué par la naïveté de la souveraine –ne savait-t-elle pas que les gens normaux mentaient constamment ?

- Oui. Dites simplement « Je vous le promets » et vous pourrez partir… »

Ils échangèrent tous des regards –hormis Hermione, Théo et Ella qui savaient parfaitement de quoi il retournait pour avoir dû bien des années auparavant faire la même promesse- mais finirent par énoncer les mêmes mots que la Reine sans vraiment y réfléchir, inconscients. Meleka sourit mystérieusement, adressa un petit rictus à Théo, puis leur fit signe de partir sans un mot de plus. Elle embrassa rapidement Ella, pressentant qu'elle reverrait très vite la jeune fille, bien que ses dons ne lui apprennent pas encore les raisons de son retour imminent parmi eux.

Quelques minutes plus tard, ils s'enfoncèrent dans la forêt, faisant des signes aux elfes qui les regardaient partir et regrettant déjà la bulle de sécurité que leur offrait la Baie. Après quelques pas, seul Severus eut l'intelligence de demander :

« Pourquoi nous fait-elle confiance ? »

Un rire sadique s'échappa de la gorge de Masra alors que Théo retenait difficilement un sourire. Hermione hésita quelques secondes avant de répondre, tentant de faire parvenir l'information à ses amis sans les angoisser bien que cela soit bien difficile :

« Parce qu'en vous faisant promettre, elle vous a lié à elle… Si un seul d'entre vous rompt la promesse, il mourra dans la seconde. »

Un silence de plomb s'abattit sur la troupe et Severus regretta brusquement d'avoir posé la question.

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Scott s'écroula sur sa chaise avec un air de martyr relativement convainquant, s'attirant un sourire de la part de Maïa qui –assise face à lui- ne cessait de roucouler. En entrant dans la Grande Salle quelques minutes auparavant, il avait décidé de lui demander à quel stade de leur relation ils en étaient désormais –bien que la formulation de cette question reste assez floue dans son esprit. N'étant pas certain de former avec elle un couple, il s'impatientait, désirant être fixé pour cesser de culpabiliser par rapport à Scarlett. Maïa ne lui avait pas laissé le temps d'ouvrir la bouche et l'avait embrassé devant tout le monde, attirant quelques rires, un bourdonnement désagréable de répliques –acerbes ou romantiques- et des sifflements agaçants qui le suivaient désormais.

Il avait brièvement croisé le regard de Scarlett, mais celle-ci s'était empressée d'observer son assiette avec un air maussade qui lui fit honte. Finalement installé, il mangeait en silence, ne prêtant qu'une attention minime aux conversations de ses condisciples. Les filles pépiaient, interrogeant Maïa sur l'avancé de leur relation alors que les garçons discutaient du match Serdaigle/Gryffondor se déroulant le week-end suivant, hésitant à parier sur un quelconque vainqueur puisque les Gryffondor gagnaient la coupe chaque année depuis des décennies. Scott, bien qu'il fasse partie de l'équipe, ne participait pas à la discussion qui l'indifférait totalement.

Son regard furetait aux quatre coins de la salle, à la recherche d'un quelconque sujet pouvant lui faire oublier les discours de Maïa et le silence désappointant de Scarlett, et il aperçut Samya. Elle entrait dans la salle, un sourire presque effrayant de bonheur ornant sa bouche, et avançait d'une démarche quasi-sautillante. Il se tourna vers la table des professeurs et regarda son oncle qui s'installait, les joues rougies par ce qui semblait être de l'excitation. Les yeux de Scott s'écarquillèrent momentanément avant qu'il ne s'esclaffe, réalisant qu'il n'y avait pas de quoi être étonné en fin de compte. Personne ne pouvait résister à Samya… Et Charlie s'était toujours plu à jouer avec le feu.

Il croisa le regard de Scarlett qui elle aussi avait remarqué ce qu'il se passait et regretta de ne pas pouvoir être auprès d'elle afin d'en discuter –et surtout d'en rire. Il se doutait que Maïa ne s'amuserait guère de cette situation et irait probablement dénoncer Charlie à son père. Il reporta son attention à la table des enseignants et réalisa que le Professeur McGonagall s'évertuait à attirer son attention. Il l'interrogea du regard et elle lui désigna la sortie avant de faire des signes en direction de Winifred, Samya, Maïa et même Scarlett. Il comprit que cela devait probablement concerner leurs parents –ou amis- et fit rapidement passer le message avant de sortir.

Ils furent tous réunis dans le couloir en moins de deux et Samya adressa un clin d'œil presque reconnaissant à Scott qui réfréna son envie de rire alors que Maïa se serrait contre lui sous le regard d'une Scarlett manifestement agacée. Winifred, elle, gigotait dans tous les sens comme sous l'effet d'un sortilège de chatouilles, de plus en plus angoissée à l'idée qu'on lui annonce un drame alors qu'elle s'apprêtait à rentrer chez elle dans l'après-midi pour y retrouver sa mère.

Le professeur McGonagall apparut finalement, flanquée de Charlie qui paraissait au bord de l'implosion. Elle leur adressa un sourire et annonça franchement :

« Ils rentrent. Tout le monde va très bien ! ajouta-t-elle à l'adresse de Winifred qui poussa un profond soupir de soulagement. Ils seront chez les Potter dans les prochaines heures probablement et Ginny –la maman de Winifred- a proposé que vous y alliez afin de les retrouver puisqu'après tout, ce sont vos parents… Ou amis, corrigea-t-elle en regardant Scarlett. Alors, finissez donc de déjeuner et…

- On peut y aller tout de suite ! coupa Winifred en bondissant presque d'impatience. Je n'ai plus faim. Du tout, du tout, du tout ! Et les autres non plus ! »

Les « autres » n'eurent pas l'occasion de répliquer quoi que ce soit qu'elle leur envoyait un regard made in Molly qui aurait pu faire marcher Lord Voldemort lui-même au pas. Ils acquiescèrent donc en un parfait mimétisme et Minerva acquiesça avant de murmurer :

« Et bien dans ce cas… Allons-y ! »

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Hypérion bailla foncièrement sans prêter la moindre attention au regard moralisateur qui lui décocha sa mère. Épuisé par l'entrainement, lever la main pour la mettre devant sa bouche lui paraissait être un effort insurmontable… Ou peut-être se laissait-il simplement gagner par la fainéantise. Son regard défila rapidement sur les personnes présentes et il fut soulagé de découvrir l'absence de bon nombre des membres de l'Ordre. Sans doute avaient-ils compris que cette histoire ne les concernait en rien et que Théodore n'allait probablement pas alimenter leurs ragots. Croisant le regard de sa mère, il réalisa plutôt qu'elle ne les avait même pas prévenus et faillit éclater de rire. Au moins, Lavande ne pourrait pas envoyer la moindre information au Sorcière Hebdo…

« Ils sont censés arriver bientôt ? interrogea Samya avec une mine d'ennui accompagnée d'un bref coup d'œil à Charlie qui se tenait à l'exact opposé d'elle, adossé au mur le plus éloigné, les yeux baissés.

- Selon le message, ils reviendront aujourd'hui, répondit Minerva qui marchait dans le salon des Potter avec l'impression d'être un lion en cage.

- Il est quatorze heures. On ne va pas attendre là jusqu'à minuit, n'est ce pas ?

- Rien ne t'oblige à rester. » marmonna Scott dans sa barbe sans oser affronter le regard noir de la Reine des Serpentard.

Sa tante poussa un bref soupir désabusé, se demandant s'il s'apprêtait à se la jouer « imbécile effronté » durant toute la journée. Ginny devait admettre qu'elle n'hésiterait plus une seule seconde à devenir la méchante tatie s'il se transformait ainsi face à Ella –ou pire, face à Théodore. Du coin de l'œil, elle surveillait Timothy dont elle s'était occupée durant les derniers jours. L'enfant –peu habitué à dormir sans ses parents- s'était montré particulièrement excentrique et Ginny avait été soulagée d'apprendre qu'Hermione et Ron rentreraient si tôt. Elle n'aurait sans doute pas supporté de découper les toasts en forme de soleil encore très longtemps…

Elle s'approcha de son frère en voyant son air contrarié et posa sa main sur son épaule avant de lui accorder un sourire voulant probablement dire « Tu peux te confier à moi ». Charlie répondit par un haussement des épaules très évasif et Ginny comprit qu'elle aurait trop de gens à surveiller durant les prochaines heures. Elle tapa dans ses mains deux fois pour attirer l'attention des jeunes gens emplissant la pièce et lança avec enthousiasme, comme pour les motiver eux aussi :

« Qui veut prendre une part de tarte à la citrouille ? »

Elle s'attendait à obtenir au moins une réponse, mais personne ne sembla intéressé, trop angoissés qu'ils étaient par l'arrivée imminente de leurs parents et amis, craintifs de découvrir des blessés parmi leurs pairs. Winifred semblait au bord de la crise de nerfs et Ginny ne savait pas vraiment comment la réconforter puisqu'elle-même portait ses angoisses.

Un bruit attira brusquement son attention au dehors. Proche d'un coup de tonnerre, le détonement fit trembler les vitres mêmes de la maison, la rappelant à des souvenirs peu appréciables qu'elle aurait mieux voulu oublier. Mécaniquement, Charlie sortit sa baguette de sa poche et –dès lors que la poignée de porte d'entrée se mit à trembler, s'apprêta à lancer mille sortilèges à un ancien mangemort ou à un autre méchant du même acabit.

Pourtant, lorsque la porte s'ouvrit, Harry apparut et Ginny se jeta à son cou sans réfléchir une seule seconde, le faisant partir à la renverse, bousculer Ron et apporter quelques grognements mécontents par-dessus son épaule. Peu à peu, les autres membres de leur petit groupe anormalement constitué firent leur entrée, marmonnant des insultes à propos de la protection entourant la propriété, laquelle avait bloqué leur transplanage pour les faire tomber au sol, juste devant le portail.

Lorsque Théodore pénétra dans la pièce, en dernier, un silence s'imposa d'office comme si personne ne savait comment réagir. Ginny fut la première à s'échapper de sa torpeur pour prendre Théo dans ses bras, sincèrement heureuse de le voir en si bon état même si elle mourait d'envie de dire qu'il était trop maigre. Ne souhaitant pas qu'on la compare pour la énième fois à sa mère, elle évita la moindre réflexion.

Un peu plus loin, les poings de Scott s'étaient instinctivement crispés, comme s'il faisait face à une menace que lui seul percevait et Scarlett faillit le rejoindre pour desserrer elle-même ses doigts et lui demander de se calmer. Mais Maïa, proche du jeune homme, le fit à sa place, en profitant pour glisser sa main dans la sienne et Scarlett détourna les yeux, jalouse pour de bon. Elle reporta son attention sur Ella qui ne quittait pas son père, accrochée à lui comme à une bouée en plein naufrage alors que Toby aurait normalement pu la soutenir également. Le jeune Serpentard avait été prit d'asseau par sa meilleure amie qui l'étouffait de son étreinte en lui reprochant apparemment son imprudence digne d'un Gryffondor –insulte suprême.

Certains avaient du mal à trouver leur place dans cette toute nouvelle foule, alors que d'autres engageaient des discussions, heureux de se retrouver. Scarlett appartenait à la première catégorie. Scott évitait même de la regarder et sa seule autre amie ne semblait pas vouloir abandonner son père de peur qu'il disparaisse. Elle se demanda pourquoi elle était venue finalement puisque personne ne prêtait attention à elle et fut tentée de disparaitre discrètement par la cheminée.

Alors même qu'elle s'en approchait, Ella l'interpella finalement et tira son père derrière elle, ne lui laissant même pas le choix de ses mouvements ce qui lui attira quelques railleries de ses anciens condisciples. Scarlett tenta un sourire, mal à l'aise, se souvenant encore trop bien des remarques faites à Ella quelques jours auparavant. Elle les pensait bien évidemment, mais s'en voulait un peu et espérait que la seule amie qui lui restait ne lui en porterait pas rigueur. Ella semblait prête à enterrer la hache de guerre, puisqu'elle la serra dans ses bras, oubliant un instant qu'elles évitaient généralement tout contact. Après un instant de gêne, elle murmura :

« Papa, c'est Scarlett, l'amie dont je t'ai parlé dans la forêt tout à l'heure. Scarlett… mon père, le seul et l'unique ! »

Scarlett faillit éclater de rire, consciente qu'elle rencontrait là l'homme qui a ses yeux se rapprochait le plus d'une célébrité et qui pour elle était une véritable star… Un modèle même sans doute. Elle rougit légèrement en lui serrant la main –qu'il lui tendit avec un sourire, réalisant qu'Ella lui avait probablement raconté ce qu'elle pensait de lui. Elle eut l'impression d'être une fan se retrouvant face à une star mondiale. Elle bégaya un bref « bonjour », constatant avec un certain malaise que l'homme observait Hermione par-dessus son épaule. Ella ne tarda pas non plus à s'en rendre compte et elle entraina son père un peu plus loin, de plus en plus paranoïaque.

Hermione, elle, ne se souciait plus vraiment de lui, trop contente de retrouver ces enfants. Scott se laissa étreindre sans un sourire alors que Timothy sautillait d'impatience à l'idée de se retrouver dans les bras de sa mère et surtout désireux de ne plus jamais la laisser partir. Elle le souleva dans ses bras et l'enfant cacha son visage dans son cou alors qu'elle lui caressait tranquillement les cheveux pour l'apaiser.

Théodore ressentit un léger pincement au cœur en découvrant ce spectacle pourtant attendrissant mais qu'il aurait aimé apercevoir à une autre époque, avec un autre enfant… Il détourna les yeux pour se concentrer sur sa fille qui tentait maladroitement de le distraire et qui s'apprêtait à lui présenter Hypérion. L'homme connaissait pourtant déjà le jeune Potter et ne put s'empêcher de l'admirer avant de remarquer :

« Tu as bien grandi ! La dernière fois que je t'ai vu, tu n'étais qu'un gamin de quatre ans adepte du nudisme qui courait partout en braillant et tentait –avec succès- de faire perdre la tête à ta pauvre mère. »

Cette révélation provoqua un fou rire chez Ella alors qu'Hypérion passait sa main dans ses cheveux pour les ébouriffer, ses joues se teintant légèrement de rouge alors qu'il cherchait quelque chose à répondre. Il ne voulait pas donner l'impression d'être gêné –bien que de toute sa vie, il s'était imaginé que seuls ses parents pourraient lui faire honte à l'évocation de ce genre de souvenirs.

« Et bien… Je n'ai pas franchement changé ! Il m'arrive encore de faire ce genre de choses, mais seulement quand je suis saoul maintenant. Et quand je suis avec des amis qui partagent ma passion pour la nudité du corps humain. »

Derrière lui, Harry enfouit son visage dans ses mains, sincèrement désappointé par le manque d'éducation de son aîné. Il espérait pouvoir mettre ça sur le compte de la guerre afin de l'excuser auprès de Théodore, mais déjà celui-ci riait, amusé par le côté impertinent d'Hypérion. Pourtant, Harry ne put s'empêcher de pousser Winifred à la rencontre de Théo. L'adolescente lui adressa un sourire flamboyant qui n'était pas sans rappeler celui de sa mère et Théodore tomba immédiatement sous le charme de cette petite bouille, parfait mélange Potter-Weasley qui –il s'en doutait bien- avait dû aussi commettre nombres de bourdes durant l'enfance. Il réalisa qu'il avait été gâté avec Ella, beaucoup plus calme que les autres enfants, sans quoi il n'aurait jamais pu la supporter bien longtemps.

Ginny vint rejoindre cette petite réunion de famille, apaisée par le retour de Théodore parmi eux et impatiente à l'idée d'entendre un peu le récit de leurs aventures des derniers jours. Elle était aussi particulièrement soulagée par la sérénité présente sur les traits autrefois crispés de son ancien ami. Elle qui avait craint que son arrivée ne déclenche une nouvelle guerre se retrouvait quelque peu surprise par le manque d'étincelles qu'aurait dû provoquer l'apparition de Théodore. Peut-être s'était-elle angoissée pour rien finalement…

Ron s'approcha d'eux et tapota discrètement l'épaule de Théo avant de marmonner quelques mots à son oreille, ce à quoi l'ancien captif acquiesça sans grande joie. Apparemment, il n'avait pas forcément le choix, poussé par les lois de l'univers qui s'apprêtaient à l'accabler du devoir le plus funeste qui soit : la rencontre avec Scott et Timothy. Les deux enfants de Ron et d'Hermione l'observaient d'ailleurs depuis son arrivée, mais il avait préféré les ignorer… jusqu'à ce qu'on le force à agir en adulte et à affronter ceux dont il aurait pu empêcher l'existence. Ella hésita une seconde, mais le clin d'œil que lui accorda son père l'obligea à rester sur place et à arrêter de s'inquiéter pour lui.

Ron entraina donc Théodore à l'autre bout du salon où Hermione écoutait les babillages sans-intérêts de Timothy sur les derniers matchs de la saison de Quidditch Junior comme si cette dernière avait déjà compris quelque chose à ce sport. Elle blêmit ostensiblement en voyant Théodore approcher et Timothy cessa tout monologue avant de lever les yeux vers le nouvel arrivé dans leur vie, un peu effrayé par les chamboulements qu'il pourrait occasionner et en même temps curieux à l'égard du père de sa toute nouvelle sœur.

Un sourire crispé orna les lèvres de Théodore alors qu'autour d'eux, toutes les conversations s'étaient plus ou moins interrompues sans aucune discrétion. Scott croisa ses bras sur son torse, dents serrés, comme pour retenir les mots qui menaçaient de s'échapper de ses lèvres, probablement mille insultes plus atroces les unes que les autres. Mais il sentait le regard de Scarlett sur lui, regard qui paraissait peser sur son corps tout entier, le forçant à rester figé et surtout muet afin de ne pas commettre de nouvelles gaffes qui auraient vite fait de le recaser dans la partie « imbéciles » de leur groupe. Alors il demeura silencieux, menaçant mentalement Théodore de nombreuses morts cruelles.

Ron s'éclaircit la gorge avant de faire les présentations, aussi froidement qu'un maitre de cérémonie comme pour rendre cette affaire impersonnelle.

« Les enfants, voici Théo. Théo, Scott et Timothy… »

Scott grogna avec la maturité habituelle alors que Timothy s'avançait vers Théodore, la tête levée pour pouvoir l'observer. Les sourcils froncés, une moue frondeuse sur les lèvres, il semblait en proie à une interrogation fondamentale. Il s'opposa momentanément à un sacré dilemme intérieur –oser ou non poser sa question essentielle- puis lança d'une voix soupçonneuse :

« Alors c'est vous qui avez fait des choses avec ma maman alors qu'elle devait normalement les faire qu'avec papa ? »

Il sembla qu'une tasse brûlante avait été renversée sur les joues d'Hermione qui devinrent aussi rouge que son blason alors qu'un ricanement de malaise s'échappait de la gorge de Théodore et que les autres résistaient difficilement à l'envie d'éclater de rire. Théodore n'eut pas l'occasion de répondre, Blaise s'en chargeant –avec la subtilité habituelle- à sa place :

« Ouais, et même plus de choses qu'avec ton père si tu veux mon avis ! »

Le principal concerné, offensé, se tourna vers lui, la peau aussi flamboyante que ses cheveux, et parut s'étouffer sous le flot d'insultes qui lui vinrent à l'esprit. Théodore posa une main rassurante sur son épaule avant d'adresser à Blaise un regard qui en disait long sur ce qu'il pensait à l'instant et le métisse s'esclaffa sans éprouver une pointe de remord –émotion qui ne faisait apparemment pas partie de son vocabulaire. Hermione, cherchant à détendre la situation, rapprocha son fils d'elle et murmura :

« Oui, c'est lui. Et j'aimerais savoir qui t'as dit ça… »

Le regard du garçonnet défila brièvement sur son grand frère qui grimaça, pressentant l'arrivée imminente d'un sermon. Hermione se contenta de secouer la tête avec un air désolé avant de s'éloigner, désireuse d'échapper aux autres interrogations possibles de son fils qui la mettraient inévitablement dans une situation gênante. Timothy accorda un bref sourire à Théodore, qui y répondit naturellement, comprenant que le petit rouquin ne lui poserait pas de problèmes, malgré son âge qui l'obligeait à dire tout ce qu'il pensait.

Néanmoins, il saisit sans difficulté que Scott pourrait être un parfait cliché de l'adolescent en colère… Et qu'il serait la cible de toutes les crises du jeune homme. Selon les récits d'Ella, il était l'ennemi tacite à abattre. Alors, par habitude, ou peut-être parce qu'il n'avait aucune envie de se chamailler avec un gosse de l'âge de sa fille, Théodore retourna auprès de ses amis d'école, s'éloignant de Scott pour éviter une confrontation qu'il savait pourtant déjà inévitable.

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Ella se laissa tomber sur le lit qui lui appartenait depuis quelques semaines, Hypérion la rejoignant aussi rapidement qu'un garçon désirant avoir des rapports sexuels. S'il n'avait pas été gay, elle aurait presque pu s'inquiéter, mais elle se doutait que son ami était –tout comme elle- épuisé par l'attente d'un conflit qui ne se déclarait pas clairement mais qui –lattent- leur pesait à l'un comme à l'autre. Il lui avait semblé que l'atmosphère s'était électrisée. Ses parents s'évitaient clairement et la plupart de leurs amis évitaient de prononcer le nom de l'autre lorsqu'ils se trouvaient en compagnie de l'un. Sam semblait sur le point d'exploser. Toby sirotait un cocktail –sans doute alcoolisé par lui-même- dans un coin de la pièce et paraissait aussi maussade que Remus les soirs de pleine lune. Les Serpentard esquivaient à nouveau les Gryffondor comme si la réapparition de Théodore avait eu pour effet de rendre leur haine d'adolescents plus bouillante encore. Et Scott, les nerfs à vif, refusait simplement que quiconque lui adresse la parole.

Seules personnes plus ou moins normales de l'assemblée, Hypérion et Ella avait fini par s'en échapper, refusant de participer davantage à cette mascarade. En apparence retrouvailles d'amis. En réalité potentielle explosion de ressentiments et d'amertumes. Le jeune homme étouffa un bâillement et Ella se tourna vers lui, appuyée sur son avant-bras, afin de l'observer.

« Tu as l'air d'un zombi…

- Tu en aurais toi aussi l'apparence si tu passais huit heures par jour sur un balai ! répliqua-t-il en un grognement. D'ailleurs, mon premier match en temps que titulaire aura lieu dans deux semaines. Le samedi. Tu penses que tu seras encore ici ou que tu auras regagné ton pays de pandas…

- Koalas, corrigea-t-elle naturellement. J'espère que j'aurai quitté l'Angleterre au fond… Mais je reviendrais juste pour ton match ! ajouta-t-elle en un sourire.

- Sérieux ? s'extasia-t-il, aussi content que si elle venait de lui annoncer qu'il avait déjà gagné.

- Attends, tu penses sérieusement que je manquerais une occasion de baver littéralement sur une horde de joueurs de Quidditch transpirants sur un terrain, à califourchon sur des balais ? »

Hypérion éclata de rire, se remémorant soudainement la passion de la jeune femme pour les stars du Quidditch et leurs muscles saillants.

« Tant que tu ne me mattes pas, moi… persifla-t-il avec un sourire fier.

- Désolée de te décevoir mon vieux, mais tu es bien loin d'être le plus sexy de ton équipe ! »

Hypérion se saisit brutalement d'un oreiller qu'il lui balança au visage afin de la frapper. Partagé entre les cris –fictifs- et les rires- bien réels-, Ella tenta maladroitement de se défendre contre cette attaque non prévue au programme. Hypérion se retrouva finalement à califourchon sur son ventre et fit mine de l'étouffer avec l'oreiller. La porte s'ouvrit sur ce spectacle et Hypérion grimaça –ou sourit, il eut été difficile de le dire- en voyant Théodore entrer. Celui-ci haussa un sourcil, étonné, puis marmonna à l'adresse de sa fille aux joues roses et aux yeux brillants.

« J'ai loupé un épisode ?

- Des tas en fait, répliqua Ella avant de lui tirer la langue, gamine. Hypérion est gay, je te rassure ! Je n'ai pas encore décidé de me la jouer sur deux tableaux comme mon adorable fournisseuse d'ovule de mère. »

Cette réplique, lancée sur un ton acide, eut le don d'effacer toute interrogation du regard de Théodore et Hypérion se racla la gorge avant de se lever, comprenant qu'il n'avait plus vraiment sa place dans cette pièce. Ella s'assit calmement sur son lit, attendant le sermon, mais son père eut la délicatesse d'attendre qu'Hypérion ait disparu avant de commencer à parler.

« Harry m'a raconté ce qu'il s'est passé entre ta mère et toi durant les dernières semaines… Il a résumé la situation, mais je le soupçonne de s'être rangé de ton côté dans cette espèce de petite guerre que vous menez Hermione et toi. Ou du moins, que tu mènes d'affront et qu'elle évite soigneusement. »

Il referma la porte de la chambre derrière lui après être entré et Ella baissa les yeux, n'appréciant pas de se faire rabrouer alors qu'elle savait déjà parfaitement ce qu'il allait dire. Le même blabla habituel probablement. Les mêmes phrases chocs. Les mêmes « il n'y a pas que du blanc et du noir », « ta mère a fait ce qu'elle a pu », « elle a fait un choix et nous nous devons de le respecter »… Et le même, toujours le même, « c'est ta mère, Ella ! » qui lui donnait envie d'hurler. Ne pouvait-il pas comprendre que justement, c'était là le fond du problème ? Elle ne voulait pas d'une mère. Et jamais elle ne pardonnerait à la sienne, quoi qu'il puisse dire, quelles que soient les excuses qu'il pourrait lui trouver.

« Tu vas me faire la morale ? soupira-t-elle en le regardant d'un air de défit.

- Non. Tu as toutes les raisons de lui en vouloir et… Peut-être le mérite-t-elle au fond. Je n'en sais rien. Mais puisque je n'ai ni l'envie, ni la force de me montrer cruel avec elle, tu as bien le droit de le faire pour nous deux ! »

Ella arqua un sourcil, surprise, peu habitué à un tel discours de la part de son pacifiste de père qui passait son temps à répéter que faire du mal ne résolvait aucun problème. Il comprit ce qu'elle pensait sans qu'elle n'ait besoin de le formuler à voix haute –privilège que possédaient les gens ayant vécus seuls durant tant de temps- et s'expliqua :

« Nos prochains jours ici ne seront pas de tout repos. J'ai l'impression que ce Scott va tenter de me tuer durant mon sommeil, que Blaise va accumuler les bourdes comme lui seul sait si bien le faire et que ta mère… Me retrouver dans la même pièce qu'elle me torture réellement, Ella. Je comprends donc parfaitement ce que tu as pu ressentir en te retrouvant seule parmi tous ces gens que tu ne connaissais pas et qui n'avaient pas que de bonnes intentions à ton égard. Tu t'es défendue comme tu le pouvais, que ce soit face à ta mère ou à ton… frère. Mais désormais, je suis là. Tu n'as pas à protéger mes souvenirs à ma place, ni à tenter de sauvegarder le peu d'honneur qu'il me restait en partant d'ici… Tu devrais te focaliser sur cette pseudo-relation de guerre ouverte entre ta mère et toi, et sur cette réelle relation que tu as engagée auprès du fils de Drago. Tu n'as pas besoin de me surveiller moi. Je suis assez grand pour m'occuper de moi tout seul, d'accord ? »

Ella acquiesça lentement avec un petit sourire. Se doutait-il qu'elle n'obéirait jamais à cette demande ? Ils n'avaient toujours compté que sur eux deux. Comment pouvait-il réellement croire qu'elle allait continuer à vivre sa petite vie durant le peu de temps –du moins elle l'espérait- qu'ils passeraient encore ici alors que leur univers pouvait s'effondrer dès la moindre intervention d'Hermione Granger ? Il sembla saisir chaque bride de ses pensées, mais décida de ne pas s'en formaliser. C'était à lui de démontrer qu'il possédait la force nécessaire pour repousser tous les possibles sentiments qu'il ressentait encore pour Hermione. Et il espérait en être capable puisqu'il venait de s'en vanter. Il secoua la tête, chassant ses pensées néfastes, et marmonna :

« Cependant, j'ai encore besoin de ma fille adorée pour une petite chose !

- Tout ce que tu voudras ! s'esclaffa-t-elle en se redressant sur le lit, comme si il s'apprêtait à lui confier une mission d'une importance capitale.

- Il parait que tes grands-parents maternels vont bientôt débarquer, puisque Ginny a eu l'excellente idée de leur annoncer notre retour ! Et… je ne me sens pas de taille à affronter un interrogatoire du style « Comment avez-vous osé débaucher notre fille alors qu'elle était mariée ? ». Je peux y échapper selon toi ?

- Uhm… Non ! Mais, ne t'inquiètes pas. Si j'ai appris une chose en venant ici, c'est que toute la lignée Granger n'est pas si endommagée que ça. Timothy échappe à la règle, et –grâce à Merlin- Mr et Madame Granger également ! »

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Scarlett se servit tranquillement une tasse de thé alors qu'à quelques mètres d'elle, Maïa et Scott se –selon les termes venant à l'esprit de Scarlett- « léchouillaient le visage ». Son regard était inévitablement attiré par le couple alors qu'elle s'imaginait malgré elle à la place de la blondinette. Elle se souvint avec mélancolie de l'époque où elle ne côtoyait personne et où les autres ne pouvaient pas lui faire réellement de mal… Une belle époque ! Elle ingurgita à la va-vite le liquide brûlant et amer qui ébouillanta sa gorge et l'étouffa presque. Samya, à quelques pas de là, haussa un sourcil, narquoise au possible, percevant apparemment tout ce que ressentait la Serdaigle. Elle s'avança finalement vers elle avec un sourire dédaigneux :

« Jalouse ? interrogea-t-elle simplement en jaugeant Scarlett.

- Pardon ? Quoi ? Non, pas du tout, balbutia la jeune fille en secouant la tête.

- Et dire que tu aurais pu aller à Serpentard et apprendre à mentir, Railla Samya en un ricanement facétieux.

- Lâches-moi, okay ? Je n'ai pas besoin d'une leçon de Samya Zabini, merci bien ! »

Elle tourna les talons pour échapper aux remarques de la jeune fille au regard sombre. Elle se faufila dans le salon où la plupart des membres de l'Ordre discutaient entre eux, échangeant quelques souvenirs d'aventures et nombres de remarques sur les derniers jours. Timothy et Nyx étaient allongés sur le ventre au beau milieu du tapis du salon, jouant une partie d'Echec Version Sorcier sous le regard suspicieux de Ron qui se demandait apparemment comment son fils pouvait être si nul à un jeu où lui-même excellait. Il ne se doutait pas que l'enfant préférait perdre que de s'attirer les foudres de sa meilleure amie dominatrice.

Quelques membres de l'Ordre de plus avaient débarqué durant l'après-midi et Scarlett eut l'impression que la soirée s'éterniserait. Elle aurait bien voulu rentrer à Poudlard afin d'éviter de supporter les regards mièvres et soumis de Maïa à Scott ou l'expression de lobotomisé de ce dernier. Néanmoins, elle hésitait à s'éloigner. Elle aurait alors l'impression de perdre la partie face à Maïa –partie d'un jeu étrange auquel elle jouait toute seule apparemment mais elle se refusait à abandonner malgré tout.

Ella entra brusquement dans la pièce, sautant les deux dernières marches de l'escalier à pieds-joints, son père sur les talons. Son regard défila sur la pièce, s'arrêta momentanément sur son petit-ami grognon dont elle n'avait franchement pas envie de s'occuper, puis sur Scarlett vers laquelle elle se dirigea rapidement avec une expression partagée entre la complicité et l'embarras. Les deux adolescentes partagèrent un sourire, comprenant l'une comme l'autre que le temps des excuses était venu… Ayant chacune du sang de Serpentard dans les veines, elles attendirent que l'autre le fasse puis haussèrent les épaules en un même mouvement en comprenant qu'aucune ne craquerait. Chacune de leur côté, elles comptèrent mentalement jusqu'à trois puis émirent d'une seule et même voix :

« Je suis désolée ! »

Un sourire vint marquer leurs lèvres et Ella saisit la main de Scarlett dans la sienne avant de l'attirer vers le dernier canapé libre où elles se laissèrent tomber.

« Alors, que s'est-il passé d'exceptionnel au Brésil ? s'enquit Scarlett en repliant ses jambes sous ses fesses pour prendre moins de place, son avant bras allant se plaquer contre le haut du sofa. Je veux dire, en dehors du sauvetage et de tous ces trucs passionnants mais qu'ils ont tous racontés mille fois au moins…

- Et bien… Toby et moi, on a… murmura Ella sans finir sa phrase, consciente que quelques curieux pourraient écouter la conversation et que Timothy –à quelques pas d'elle- pourrait lui poser des questions sur un sujet qu'elle ne souhaitait absolument pas évoquer avec lui. Plusieurs fois même. Et… C'était extra. »

Scarlett esquissa un sourire en voyant l'air extatique qu'arborait son amie, mais elle s'y força un peu. Elle était bien évidemment très heureuse pour Ella, mais se mettait ainsi à la jalouser. Non par rapport à Toby –qui resterait à ses yeux le crétin arrogant qu'il avait été durant son enfance- mais par rapport aux expériences qu'Ella pouvait faire alors qu'elle n'avait rien à espérer. Ella plissa le front, percevant une nuance de regrets dans l'expression de Scarlett.

« Et toi ? Qu'est-ce que tu as fait de beau durant mon absence ?

- Rien de particulier, mentit Scarlett en haussant les épaules. Cours, devoirs, accumulation de remarques sibyllines des autres élèves… Tu sais, la routine ! »

Ella l'examina longuement, l'air de dire « Tu me prends pour une idiote ? » et Scarlett détourna les yeux. Hélas, son regard se posa malencontreusement sur Scott et Maïa qui quittaient la cuisine et les traits de son visage se durcirent ostensiblement, comme sous l'effet de la colère. Ella suivit son regard et soupira :

« Ils ont été désagréables ? Quel imbécile ce type… Je n'en reviens pas qu'on partage notre ADN. Non, mais regarde-le… On dirait qu'elle le traine comme un petit chien et qu'il est totalement perdu. C'est insupportable.

- Ouais, t'as raison, acquiesça Scarlett pour la forme sans la regarder dans les yeux. Enfin, ils n'ont pas été plus agaçants que d'habitude. Deux moutons, comme toujours ! »

Ella fronça les sourcils, ayant manifestement un peu de mal à la croire puisque Scarlett ne mentait pas particulièrement bien. De plus, elle ne pouvait dissimuler la lueur de désir qui illuminait son regard d'ordinaire si noir dès qu'elle contemplait Scott. Ella hésitait un instant, ouvrit la bouche plusieurs fois sans parvenir à dire ce que son cerveau lui ordonnait d'énoncer. Il lui fallut plusieurs essais avant d'articuler :

« Toi… Et Scott ? Il ne te plait pas, n'est ce pas ?

- Non, bien évidemment que non. Tu l'as dit toi-même. C'est un idiot incapable d'avoir un avis sur quoi que ce soit sauf s'il lui est soufflé par quelqu'un d'autre et qui ne pense qu'à lui sans se soucier de l'évolution possible des sentiments des gens à son égard !

- Oulà, ça sent le ressentiment ! »

La voix sifflante de Samya derrière elle donna des envies de meurtres à la principale concernée alors qu'Ella elle-même s'interrogeait sur l' « évolution possible des sentiments » de Scarlett à l'égard de Scott. Elle n'eut néanmoins pas davantage le temps de s'inquiéter à ce sujet que son père s'approchait d'elle avec l'air de s'être fait rouler dessus par le magicobus.

« Mr et Madame Granger sont là… »

Ella s'excusa auprès de Scarlett, lui murmurant un bref « La discussion n'est pas terminée ! » qui fit craindre le pire à la jeune fille. Puis elle se leva et suivit son père, le conduisant auprès des Granger qui venaient d'arriver, frigorifiés par l'air extérieur. Ginny les débarrassa de leurs manteaux, parfaite hôtesse comme toujours, et Ella incita son père à arborer un sourire au lieu de faire sa tête d'enterrement réservée aux événements dramatiques.

Edgar Granger cessa toute discussion avec Ginny en voyant Théodore et un masque de dureté qu'Ella n'avait jamais vu auparavant sur son visage apparut. Jean Granger, elle, adressa un sourire à sa petite-fille avant de venir l'embrasser avec tendresse. Edgar serra brièvement la main de Théodore, lui broyant manifestement les os vu la grimace de ce dernier.

« Alors, voilà le père de notre petite-fille cachée ! lança-t-il simplement d'un ton macabre détonnant alors que Jean –ayant décidée de jouer à la gentille Auror- saluait Théodore en lui faisant la bise. Je ne crois pas avoir eu le plaisir de vous rencontrer auparavant… Mais puisque vous étiez l'amant de ma fille, je présume que c'est normal que nous n'ayons jamais été présentés.

- En effet, approuva Théodore avec un sourire candide, Généralement, on présente le mari et on cache l'amant dans le placard. »

Ella étouffa un rire en une toux peu subtile qui faillit effriter la mine flegmatique de son grand-père. Jean scruta Théodore et murmura, soupçonneuse :

« Néanmoins, je crois que nous avons dû nous croiser quelques fois au 12 Square Grimmaurd. Et Hermione ne cessait de vanter votre intelligence… avant votre escapade, bien entendu ! »

Ella roula des yeux dans ses orbites, agacée par cette manie qu'avaient les gens de démontrer que sa mère avait de l'estime pour son père uniquement avant de coucher avec lui. Comme si leurs relations devenues intimes, il avait perdu de tout son intérêt, que son intellect élevé par rapport aux autres avait disparu pour laisser uniquement place à ses capacités –quelles qu'elles soient- au lit. Après un passage éclair à la baie, il n'avait plus compté que pour son corps et Hermione avait préféré oublier tout le reste… Et elle avait bien été forcée de ne pas évoquer cette partie là de leur relation et avait donc tout bonnement cessé de parler de lui. Ella ne parvenait toujours pas à comprendre comment sa mère avait pu faire fit de toutes ces semaines passées entre d'autres bras que ceux de son mari aussi facilement. Son grand-père interrompit ses pensées sans même s'excuser en demandant :

« Et Ronald était l'un de vos amis, n'est ce pas ?

- Oui, Monsieur Granger, en effet. Et oui, j'ai beaucoup culpabilisé à ce sujet si vous vous posez la question. Mais, toute cette histoire est désormais bien loin derrière chacun de nous et puisqu'Ella n'a dit que du bien de vous, je vous suggère de ne pas vous efforcer à paraitre plus froid que vous ne l'êtes en réalité. J'ai commis nombres d'erreurs il y a dix-sept ans… Mais puisqu'elles ont conduit à l'existence de cette charmante jeune fille (Il entoura les épaules d'Ella de son bras.), j'imagine que nous pourrions penser au futur plutôt qu'au passé. Qu'en pensez-vous ? »

Edgar ouvrit la bouche et la referma aussi sec alors que Jean cachait son sourire derrière sa main afin d'éviter de prendre un quelconque parti –que de toute manière, elle espérait ne jamais avoir à prendre. Elle fut soulagée à l'instant même alors que son époux –probablement conscient de l'effet « dépassé » du sujet de leur dispute- acquiesçait à la proposition de Théodore. Ella elle-même fut délestée d'un certain poids. Elle percevait déjà les problèmes potentiels qui se poseraient dès lors que Scott ouvrirait les vannes d'insultes bloquées par un barrage éphémère qui ne tarderait pas à se rompre. Elle pourrait peut-être empêcher quelques guerres inutiles après tout, mais que ses grands-parents soient assez matures pour éviter les disputes la soulagea.

« Puisque vous évoquez le futur, Théodore –je peux vous appeler Théodore ?-, je songeais aux prochaines fêtes de noël… »

Edgar passa son bras par-dessus les épaules de celui qui aurait pu être son gendre et l'attira vers la table où avaient été disposées les boissons alcoolisées –surveillées par un Harry au regard sévère. Ella ne chercha pas à les suivre, espérant qu'en les laissant seuls, les deux hommes puissent se trouver des points communs et qu'elle ait la possibilité de garder contact avec ces gens qu'elle appréciait bien plus qu'elle ne pouvait se l'avouer. Jean embrassa son front avant de se diriger vers Hermione qui avait suivit la scène de loin avec une certaine appréhension.

Ella comprit qu'au fond d'elle, sa mère avait probablement espéré que la conversation dégénérerait afin d'accélérer le départ de Théodore pour l'Australie. Une ébauche de sourire se dessina sur les lèvres de l'adolescente alors qu'elle réalisait que pour la toute première fois, sa mère et elle avaient un but commun : le retour à leur vie d'avant. Si elle ne l'avait pas autant haï, sans doute se serait-elle unie à elle pour inventer un plan visant à hâter les choses. Mais elle la détestait toujours autant et était persuadée que jamais, quoi qu'il advienne dans le futur, elle ne s'unirait à sa mère pour quoi que ce soit…

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Scott se faufila à l'extérieur, dans le jardin broussailleux dont sa tante ne semblait pas s'être occupée depuis des lustres. Il fallait admettre qu'ils avaient tous eu beaucoup plus important à faire dernièrement. Poussant un soupir, il s'adossa au mur de la maison, regrettant momentanément de ne pas plutôt s'être installé du côté plage, où il aurait pu longuement vagabonder sans attirer l'attention de qui que ce soit. Mais de ce côté de la maison, passer le portail l'aurait conduit au village où nombres de voyageurs cherchaient à approcher l'illustrissime Harry Potter. Pas question de les mener jusqu'à cette demeure, même si interrompre la fête lui aurait bien plu.

En effet, après avoir supporté un interrogatoire de père inquiet par Neville, écouté un discours grandiloquent de Ron sur les relations hommes-femmes (alors qu'il n'avait rien d'un spécialiste selon Scott) et tant embrassé Maïa qu'il en avait les lèvres gercées, il avait bien besoin d'une pause.

Hélas, il réalisa bien vite qu'être seul ramenait à son cerveau mille questions existentielles et troublantes qui le torturaient depuis le matin même. La présence de Scarlett à cette soirée de dernière minute ne l'aidait pas à s'en débarrasser et à chaque seconde où il sentait le regard de la jeune fille sur lui, il avait l'impression désagréable d'être une boule de culpabilité. Pourtant, plus il y réfléchissait, plus il cherchait à se convaincre qu'il n'avait rien à se reprocher. Après tout, il n'avait que quinze ans et demi. Quelques baisers avec des filles n'étaient pas censés le lier à elles pour l'éternité. Autrement, sa mère se serait appelée Lavande Brown… Cette idée cauchemardesque lui donna la nausée.

Pourtant, il sentait que le baiser partagé avec Scarlett avait eu une autre signification pour elle –et aussi pour lui, bien qu'il ne soit pas prêt à l'admettre. Pour Scarlett, il s'agissait d'un premier vrai baiser. Un qu'elle n'avait pas franchement souhaité, mais qu'elle avait de toute évidence appréciée. Un qui ne venait pas d'un homme beaucoup plus âgée et fort qu'elle qui s'apprêtait à lui faire subir nombres de violences plus abjectes les unes que les autres. Il avait été son « premier » d'une certaine manière… Et il réalisait bien l'ampleur que cela avait dû prendre dans l'esprit de la principale concernée. Comme dans le sien.

Il ne parvenait pas à considérer son baiser avec Samya comme un réel baiser. Il s'agissait plutôt d'une sorte d'exercice, un entrainement pratique avant le grand plongeon. Avec Scarlett, ce n'était pas un entrainement. Il en avait eu envie, poussé par un désir plus fort que sa conscience, troublé par la beauté qu'elle représentait et par la nouvelle personne qu'il voyait en elle après l'avoir considérée comme une lépreuse pendant tant d'années. Ses sentiments s'étaient dévoilés si brutalement qu'il en avait eu le souffle coupé et qu'il s'était senti presque obligé d'aller chercher un peu d'air à la source de sa bouche.

Puis, il y avait eu Maïa. Baiser tant attendu, si parfait, ni normal au fond. Il en était amoureux depuis si longtemps que jamais il n'avait imaginé son avenir autrement qu'auprès d'elle. Mais maintenant qu'il démarrait dans cet avenir, chaque seconde lui semblait être un supplice.

Il plongea sa tête entre ses mains avec un grognement mécontent, emporté par les milliers d'idées et d'émotions contradictoires qui tiraillaient son cœur et son cerveau, le poussant dans une direction, puis dans une autre…

Jamais il n'aurait imaginé pouvoir souffrir à ce point d'être amoureux. Ou plutôt, jamais il ne s'était imaginé capable de ressentir des sentiments de ce genre pour deux filles en même temps. Peut-être que sa mère avait ressenti la même chose des années auparavant… Mais jamais il n'oserait lui poser la question.

La porte derrière lui s'ouvrir à la volée et Maïa apparut, aussi souriante que la Miss Sorcière Hebdo du mois de Décembre, interrompant ses pensées sans même sans rendre compte, trop éperdue dans ce qu'elle pensait être un bonheur irréprochable pour prêter attention aux petites imperfections. Il s'efforça à lui sourire alors qu'elle s'avançait pour l'embrasser et il la serra contre son torse, s'immergeant dans le rôle du petit ami conquit avec une facilité détonante alors que son esprit voguait déjà à quelques mètres de là.

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Toby observait les mouvements languissant et les battements de cils de Samya alors qu'elle s'évertuait à attirer l'attention du professeur Weasley, lequel –les yeux fixés sur son verre- semblait en proie au désespoir le plus extrême. L'adolescent se doutait bien des raisons du trouble de l'enseignant, sans doute parce que sa meilleure amie, elle, semblait particulièrement fière d'elle, telle la gagnante imméritée d'une tombola. Elle n'avait cessé de sourire depuis le début de la soirée et Toby s'impatientait presque désormais, pressé d'entendre le récit –non détaillé cependant- de la débâcle professionnelle d'un Weasley.

Samya, découvrant qu'elle était surveillée, vint vers lui avec un grand sourire, heureuse d'avoir un ragot si savoureux à lui offrir, mais regrettant légèrement qu'il ne soit pas plus conséquent. Il haussa un sourcil interrogateur et –tout en mordillant dans une fraise juteuse- elle susurra :

« Je n'ai pas couché avec lui. On s'est simplement embrassés durant une bonne demi-heure. Mais le temps ne permettait pas la moindre perte de vêtements, hélas… Nous étions dans la forêt interdite en plus et ce lieu est bien trop banal pour moi ! Mais, ne t'inquiètes pas. Plus que quelques tentations et ce cher Charlie sera à moi corps et âme.

- Tu es effrayante quand tu dis ce genre de choses, rétorqua Toby en un rire. On dirait que tu t'apprêtes à le dépecer vivant et non à lui faire vivre une belle nuit de luxure dont son cœur de se remettra pas –vu son âge.

- Il n'est pas vieux !

- A peine, railla le jeune homme en fixant les quelques cheveux blancs clairsemant le roux de la tignasse Weasleyienne de Charlie.

- Il a de l'expérience, voilà tout. Et je peux t'assurer que l'avant-goût de ce matin me laisse présager le meilleur… A ma place, tu n'aurais pas tenu une seconde avant de retirer tes vêtements !

- Tu me connais si bien… J'ai toujours eu un faible pour les hommes Weasley de plus de quarante ans. »

Samya éclata de rire, attirant nombre de regards sur elle sans pour autant s'en soucier. Elle paraissait de bien bonne humeur et Toby se demanda si le jeu de la séduction dans lequel elle venait de se plonger sans réfléchir ne dépasserait pas les frontières habituelles. Samya avait toujours été une personne pour le moins extrémiste et s'enticher de la personne la plus inaccessible qui soit lui ressemblait bien. Il espéra qu'elle ne ferait pas cette erreur, conscient qu'elle en souffrirait probablement, tout comme lui s'apprêtait à souffrir.

Elle perçut un changement dans son attitude et oublia Charlie pour quelques instants :

« Tu n'as pas passé beaucoup de temps avec Ella depuis votre retour… Il y a quelque chose qui ne va pas ? »

Toby hésita quelques secondes, appréhendant le moment où il oserait admettre à voix haute que quelque chose clochait depuis la veille dans sa relation avec Ella. Le retour de son père, au lieu d'enlever un poids de ses épaules, avait rendu la jeune fille plus angoissée encore et désormais, Toby se sentait complètement exclu, comme repoussé hors d'un jeu dans lequel il n'aurait pas de place majeure. Pourtant, il haussa les épaules, simplement, puis mentit pour la première fois à sa meilleure amie :

« Non, tout va bien. »

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Théo déposa une pile vertigineuse d'assiettes sales sur le rebord de l'évier, dans un ordre approximatif qui laissait craindre de la casse à Ginny, laquelle s'empressa de mettre la vaisselle en lieu sûr avant de remercier l'homme d'un sourire. Il s'appuya contre la table alors qu'elle nettoyait le bazar exposé là depuis des heures alors que la soirée se prolongeait dans la pièce d'à côté. La magie aidant, il ne sortit même pas sa baguette, la surveillant simplement tout en cherchant à deviner ses pensées. Finalement, elle se tourna vers lui avec un regard suspicieux et il esquissa un sourire :

« Merci d'avoir accueilli Ella chez toi.

- Harry a eu bien plus de mal à accepter son existence, c'est lui que tu devrais remercier. Pour moi, c'était normal… Je me doutais bien que ce jour arriverait.

- Merci quand même. Et pour… ne pas l'avoir balancée dans une poubelle au coin d'une rue ou abandonnée devant un orphelinat sordide il y a seize ans aussi. »

Ginny baissa les yeux, n'osant pas admettre que c'était en effet le plan B. il le savait néanmoins, ou du moins, l'avait imaginé à de nombreuses reprises durant les semaines ayant suivies la naissance d'Ella. Il n'eut pas l'occasion de réellement lui poser la moindre question. Repoussant cette affreuse discussion des hypothétiques vies qu'Ella aurait pu avoir, Blaise et Drago entrèrent dans la pièce, le premier un peu trop pompette, le second complètement désespéré. Théo les jaugea avec une sévérité qu'ils connaissaient bien –il était toujours celui qui les réprimandait lorsque leur comportement dépassait les bordes à l'époque de Poudlard.

Il ne put leur dire le fond de sa pensée que blaise vida une bourse pleine de gallions sur la table de la cuisine. Effarée, Ginny se demanda s'il s'agissait d'une habitude normale de Serpentard. Vu l'expression de Théodore, ce n'était pas le cas. Drago éclata de rire avant de lancer, grivois :

« C'est pour Granger ! »

Théodore haussa un sourcil, se demandant s'ils avaient perdus la tête alors qu'Hermione –alertée par l'évocation de son nom- se tournait vers la porte grande ouverte pour découvrir de quoi ils parlaient.

« Pour Granger ? répéta Théodore avec un air un peu perdu, ne comprenant pas où ils voulaient en venir.

- Bah oui ! s'exclama Blaise en levant les yeux au ciel. Cent gallions si tu arrivais enfin à la mettre dans ton lit ! »

Les joues rouges, Hermione rentra dans la cuisine, furieuse, Harry et Ron sur les talons. La voix de Blaise ayant porté jusqu'au salon, quelques rires leur parvinrent, Pansy se contentant de soupirer, exaspérée par la débilité caractérisant ses amis. Celle d'Hermione porta bien davantage lorsqu'elle cria :

« Vous aviez parié sur quoi ?

- Théodore était tout niais quand il parlait de toi, Granger, répondit Blaise en haussant nonchalamment les épaules. Alors on s'est dit qu'un peu de gallions réveilleraient sa motivation et qu'il arriverait enfin à conclure. Enfin, on pensait qu'il n'avait aucune chance sérieusement, mais l'existence d'Ella prouve le contraire !

- Enfin, engagea Drago en réfléchissant, Je me demande tout de même s'il n'y a pas prescription…

- Si ! acquiesça Théo en se tournant vers Hermione, désolé qu'elle puisse le voir comme un imbécile capable de faire ce genre de paris. On était idiot ! C'était il y a plus de vingt ans, on en avait seize…

- Ouais, il gagnait plus s'il était l'premier ! ajouta Blaise en un ricanement. On ne savait pas trop si toi et Weasmoche vous… copuliez à l'époque. »

Les yeux écarquillés, Hermione le contempla avec la franche envie de lui arracher les yeux, et Théodore marmonna quelques insultes inintelligibles. Ron, rougeoyant, balbutia une phrase qui fut comprise comme un « non, nous ne copulions pas » et qui fit rire Drago. Harry et Ginny semblaient partagés entre le rire et la gêne. Hermione croisa ses bras sur sa poitrine, soupira bruyamment comme pour évacuer sa colère, puis articula :

« Vous aviez aussi pariés sur la perte de ma virginité ? Mais… vous êtes…

- C'était pour mettre un peu de piment ! Et puis, ça paraissait tellement improbable que tu l'ais déjà fait à l'époque… Après tout, tu étais Hermione Granger !

- Je le suis toujours, rétorqua-t-elle en roulant des yeux dans ses orbites. Et vous n'avez pas intérêt à échanger de l'argent sur le compte de cet… idiotie de pari ! Bandes de… »

Elle ne trouva apparemment pas d'insultes assez vulgaires car elle tourna les talons et quitta la cuisine, aussi en colère qu'en y entrant. Blaise éclata de rire avant de s'esclaffer :

« Elle est toujours Hermione Granger en effet ! Toujours incapable de trouver des gros mots valables… »

Le regard de Théo fit mourir son rire dans sa gorge. En quelques secondes, il se retrouva maintenu par la nuque, à nouveau hilare alors que Théodore menaçait à son oreille :

« Je peux t'en trouver des tas, moi ! Et je cogne aussi fort qu'avant… »

Il n'eut pas le temps de mettre sa menace à exécution que Drago soupirait, une lueur moqueuse pénétrant ses orbes gris :

« Et tu te bats toujours pour défendre la même cause… »

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Note de l'auteur _ Padam... [Bouh !] Blaise, toujours aussi subtile. Théodore, toujours aussi chevaleresque -hélas. Hermione, toujours à côté de la plaque. Scott, toujours aussi indécis. Scarlett, devenant un double d'Ella. Samya, toujours aussi insensible. Charlie, toujours aussi mou du g'nou. [... Chapitre 2o, tu vas voir ! xD] Toby, toujours du genre à accumuler -jusqu'à l'explosion probable. Les Elfes, toujours aussi francs -au grand désespoir de leurs amis les sorciers. Hypérion, toujours aussi lourd...

Que dire d'autres ? En fait, je suis relativement... Pas inspirée pour les idioties aujourd'hui alors si vous pouviez en énoncer à ma place...

Au vue de la platitude exaspérante de ce chapitre vide de sens mais obligatoire, je vous fais la promesse de poster le chapitre 2o dès qu'il sera écrit ! Ce qui devrait arriver dans les prochains jours très prochains... -mercredi au grand maximum selon les décisions d'Hermione puisque ce prochain chapitre marquera un peu un tournant de l'action -avec une fin ENFIN sadique [ça vous manquait non ? xD]...

Questions : Charlie se laissera-t-il réellement tenter par Samya ? Toby osera-t-il expliquer à Ella ce qu'il a dans la tête ? Scott va-t-il casser la tronche à Théodore [ça serait fun tiens... j'y avais pas pensé avant ! xD] pour se défouler au lieu de se frapper lui-même en réalisant à quel point il est idiot sur ce coup là [Juste sur ce coup là, Snapou, moi aussi j'l'aime ton Scotty !] ? Hermione & Thédore vont-ils se faire enfin face & tenter de communiquer réellement ? Ella va-t-elle devenir moins paranoiaque & réaliser qu'elle a une relation plutôt satisfaisante avec l'Homme Presque-Parfait ? [...] Ploum plOum, plus d'idées...

Information secrête qui ne le sera plus dès que j'aurai écrit ces mots... [roulements de tambour.] Je transformerai le rating T en rating M au prochain chapitre -même si j'aurais ptêtre dû le faire avant ! [connaissant la plupart d'entre vous, je sais que vous avez l'âge de lire des conchoncetés, mais pour les autres... Pfff, on voit tellement pire que c'que j'écris à la tv ! =P]

A Bientot !

Bisous bisous, Reviews, Reviews ! x)

*¤ Bewitch_Tales ¤*