Note de l'Auteur _ Sky' Blog a décidé de me bouder -où alors il apprécie pas les textes de plus de 10mots xD- Et vu que j'pars un peu dans ... 18heures -dont 10 de sommeil je sens xD- j'ai pas trop envie d'attendre qu'il se décide ou non à accepter mon "chapitre". donc voili Voilou le potentiel début de la potentielle suite d'ellarosa. Le titre est en cours de fabrication xD [Mais là j'ai tripé avec O'Hara = Scarlett comme Scarlett O'Hara dans "Autant en emporte le vent" bande de ptits incultes -Remarque : Je n'ai jamais compris l'interêt de cette histoire : un espèce de jeune frigide amoureuse d'un mec qui est marié à une autre fille, finalement elle s'console avec un autre mais... xD Bref ! C'est pour ça le "o'hara" vu que cette "suite" devrait concerner davantage Scarlett ^^] & puis... Franchement, j'me demande pourquoi j'ai pas posté cette fin -première version d'ailleurs- avant toute chose... ah ui, parce que la seule personne l'ayant déjà lu m'a dit clairement "Je te déteste" en la finissant xD A vous d'deviner pourquoi ! =P

Bonne lecture !

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Ellarosa _ Début de "La Potion d'O'Hara"

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« Parfois, ce que je désire et ce que je ne désire pas se font tant de concessions qu'ils en viennent à se rassembler. »

Antonio Porchia.

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6 ans plus tard

Dans le petit établi dressé au fond de son jardin, Scott observait sans ciller une seule seconde l'œuf qui –exposé sous une lumière brulante- gigotait de plus en plus en son nid. Il ne parvenait désormais plus à s'éloigner de l'œuf de dragon, un dragon dont il aurait ensuite l'entière responsabilité durant plusieurs mois –jusqu'à ce qu'il atteigne la taille adulte- et dont il devrait ensuite se séparer pour l'envoyer dans un élevage très loin de l'Irlande. Il aurait alors l'impression qu'on lui arrachait le cœur… Mais s'en remettrait dès qu'un nouvel œuf lui serait apporté. Il poussa un soupir en écoutant les petits bruits qui provenaient du bloc solide, bouillant intérieurement s'impatience.

Elever des Dragons n'était au départ qu'un petit boulot obtenu à la sortie de Poudlard. Il voulait à l'époque offrir une jolie bague de fiançailles à Scarlett et –connaissant la hantise de la jeune femme pour les engagements de toute sorte- s'était efforcé de trouver le plus beau bijou de l'univers… Son job d'étudiant l'avait enthousiasmé plus qu'il ne l'avait prévu au départ et il avait acquis une petite réputation. Des éleveurs plus importants lui confiaient les œufs qui semblaient mal portants et il s'en occupait comme s'ils s'agissaient d'enfants. A défaut d'avoir les siens.

Il passa nerveusement sa main dans ses épis roux clairsemés de brindilles et d'une araignée qui se baladait là, songeant au plaisir que cela aurait été pour lui de pouvoir un jour transmettre son savoir à un fils… Lorsque Scarlett lui avait appris qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfants, ils n'étaient encore que des adolescents et Scott n'avait pas trouvé ça si important. Le présent en compagnie de la fille qu'il aimait importait bien davantage. Désormais, bien qu'il soit encore relativement jeune, voir Alixe grandir, ou apprendre la grossesse de ses amies lui tordait l'estomac. L'envie de paternité était désormais bien là, latente, impétueuse… Véritable torture car jamais Scarlett ne pourrait lui apporter ce plaisir.

Elle sentait bien son trouble et lui avait mainte-et-maintes fois lancé quelques perches qu'il aurait pu saisir, lui expliquant en long et en large qu'elle comprenait son envie. Elle avait aussi sous-entendu qu'elle l'accepterait s'il décidait de rompre afin de trouver une femme capable de lui offrir ce qu'il désirait. Mais jamais il n'aurait été capable d'une telle chose ! Scarlett était devenue l'élément le plus important de son existence et se séparer d'elle lui briserait le cœur, obligatoirement… Ils avaient songé à l'adoption, comme Hypérion et Aaron, mais l'idée n'emballait pas particulièrement Scott qui aurait voulu un enfant leur ressemblant à tous les deux.

La porte de l'établi s'ouvrit dans son dos et il ne prit même pas la peine de se retourner, sachant très bien de qui il s'agissait. Scarlett posa tranquillement une assiette sur le coin de la table et il jeta un coup d'œil rapide au repas qu'elle lui apportait afin qu'il ne se laisse pas mourir de faim par oubli. Elle lui adressa un sourire charmeur et il regretta de ne pas pouvoir laisser l'œuf seul un petit moment afin de combler sa belle. Elle se pencha vers lui, son rideau de cheveux sombre dissimulant un instant son visage avant qu'il ne le replace derrière ses oreilles. Il cueillit un baiser sur sa bouche et elle passa tranquillement ses bras autour de son cou en s'asseyant sur ses genoux.

Il enfouit son visage dans ses cheveux, humant leur parfum sucré qui lui donnait constamment envie de la dévorer toute crue, et mordilla tendrement sa peau pour démarrer. Elle le laissa faire en se blottissant davantage contre lui, caressant son dos avec une tendresse nouvelle. Elle ne se sentait jamais aussi bien qu'entre ses bras. Longtemps, elle avait cru que la solitude serait son seul salut afin de ne pas souffrir plus encore… Maintenant qu'elle l'avait, il ne lui viendrait jamais à l'idée de l'abandonner, quelle que soit les épreuves à traverser.

Un craquement attira brusquement leur attention et Scott sursauta, son regard se figeant sur l'œuf dont la surface se craquelait sous la pression du bébé dragon qui tentait de s'en extirper. Il fut tenter d'accélérer le processus, mais se résigna à patienter un peu. Scarlett –au lieu d'observer la naissance du dragon- scruta son fiancé dont les yeux pétillaient de joie. Elle regrettait tant de ne pas pouvoir le faire assister à l'arrivée de leur enfant, à tous les deux… Elle sentit que ses paupières s'emplissaient de larmes et fit tout pour les retenir. Scott, habitué à cette manie qu'elle avait de dissimuler ses émotions, perçut la crispation de son corps et la regarda. Il caressa sa joue avec une tendresse désarmante qui lui donna envie de céder à ses larmes, puis embrassa son front. Il comprenait sans difficulté la raison de son nouveau trouble, et –alors que l'Opaloeil des Antipodes venait au monde- murmura :

« Je peux très bien me contenter de mes enfants reptiles… Et puis, les élever coûte beaucoup moins cher, on peut les laisser dehors et…

- Ils brûlent absolument tout ce qu'on possède ? ajouta Scarlett avec un petit rire sanglotant.

- Bah… Aucun enfant n'est parfait après tout ! »

Elle l'embrassa pour seule réponse avant de le laisser à la charge de leur « nouveau bébé ».

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Samya entortilla ses doigts en signe d'un stress grandissant, discutant depuis une bonne demi-heure avec le reflet que lui renvoyait le miroir, en pleine et intense conversation avec elle-même. Elle inspira plusieurs fois à fond, se coiffa pour la énième fois et quitta sa salle de bain en ayant bien du mal à tenir sur ses jambes. Elle retrouva Charlie qui préparait le repas en sifflotant. Il était rentré de Poudlard pour le week-end à peine une heure avant et s'était mis à cuisiner après l'avoir embrassé, lui ordonnant de se détendre alors qu'elle avait passé sa journée à ne rien faire. Être une Langue-de-Plomb au Ministère ne consistait en effet pas à grand-chose… Il goutta la sauce de sa viande et s'humecta les lèvres avec un sourire arrogant, de toute évidence fier de ce qu'il venait de produire.

Lorsqu'ils avaient pris cet appartement –car elle ronchonnait constamment de devoir rentrer à Poudlard pour le voir- elle avait découvert une toute autre facette de lui… Sans doute parce qu'ils ne se voyaient habituellement que dans un lit. Et elle avait été étonnamment comblée de constater qu'il cuisinait mieux qu'elle –chose peu compliquée en réalité- et qu'il était plus galant que nombre d'hommes.

Elle s'installa à table, attendant qu'il la serve et il vint rapidement lui apporter son repas. Il posa également une bouteille de vin sur la table et elle mordilla l'intérieur de sa bouche en tapotant nerveusement le pied de la table, ne parvenant pas à cesser de gigoter. Il s'assit finalement face à elle avec un sourire, sentant son angoisse à mille kilomètres à la ronde bien qu'il ne sache pas à quoi elle était due. Voyant qu'elle gardait le silence, il s'enquit sans la presser :

« Qu'as-tu fait aujourd'hui ? »

Elle hésita un instant, triturant un morceau de porc dans son assiette sans le porter à sa bouche, l'odeur trop épicée lui soulevant quelque peu l'estomac.

« Et bien… J'ai mis en boite une nouvelle prophétie, j'ai déjeuné avec mon père, j'ai fait un test de grossesse qui s'est avéré être positif, j'ai fait un peu le ménage et j'ai mesuré les dimensions de la chambre d'ami qui deviendra rapidement la chambre d'un autre, et j'ai vu Toby. »

L'information –bien que Samya ait tenté de la dissimuler- arriva rapidement à l'esprit de Charlie qui lâcha ses couverts, lesquels tombèrent sur la nappe, la tachetant d'une sauce orangée. La surprise se lut sur son visage puis –étonnement alors qu'elle s'était attendue à de l'inquiétude- la joie la remplaça. Elle esquissa un rictus, heureuse et soulagée par cet immense sourire transcendant brusquement le visage de son amant. Il se leva tranquillement jusqu'à venir se poster à genoux devant elle, saisit ses mains dans les siennes et y déposa quelques baisers avant de se redresser un peu pour l'embrasser réellement. Elle se laissa aller à son étreinte avec félicité, l'idée de sa grossesse s'installant doucement dans son esprit alors que ce n'était jusque là qu'une éventualité pas réelle du tout.

Leur relation au départ n'était pas censée mener à ce genre de complication. Elle voulait juste s'amuser… Toby lui avait dit quelques semaines plutôt, lorsqu'elle avait évoqué Charlie comme un « amant », que vivre en couple depuis deux ans avec le dit-amant dont elle profitait déjà six années auparavant aurait dû la pousser à changer d'avis sur la question. Mais Samya trouvait sa relation avec Charlie bien trop intense pour être qualifiée de « relation de couple ». Même après Poudlard, ils avaient continué à se voir secrètement, afin d'éviter de possibles problèmes –tant pour le travail de Charlie que pour son avenir à elle qui aurait pu être assombri par les ragots d'une liaison avec un prof. Elle l'avait représenté à son père en tant que « petit-ami » quelques mois avant qu'ils aménagent ensemble et Blaise s'était contenté d'un sourire entendu, comme s'il s'en doutait depuis longtemps.

« Tu es heureuse, n'est ce pas ? s'enquit Charlie d'une petite voix, inquiet de la voir si passive même s'il avait pris l'habitude d'être le plus expansif de leur couple lors des grands changements. Je sais que tu es encore jeune contrairement à moi… Je suis le seul Weasley à ne pas avoir d'enfants, même mon neveu s'y est mis avant moi !

- Ouais, cette histoire va foutre en l'air votre arbre généalogique ! plaisanta-t-elle en l'observant soigneusement.

- Sûrement… Mais… Je veux être sûr que ça te convienne. Je ne veux pas que ça « foute en l'air » -comme tu dis- notre couple. »

Il paraissait réellement angoissé à cette idée et Samya ne put réfréner le sourire idiot qui se colla à ses lèvres. Pourtant, manipulatrice hors-pair, elle décida de profiter un peu de la situation et se pencha vers lui jusqu'à frôler ses lèvres des siennes.

« Uhm… tu changeras les couches et quand il ou elle pleurera au beau milieu de la nuit, tu te lèveras ?

- Tout ce que tu voudras, répondit-il sans la moindre hésitation.

- Très bien, Monsieur Weasley, alors… commença-t-elle avant de s'interrompre pour l'embrasser avec une nouvelle fougue plus apaisée. Vous allez être papa ! »

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Toby se retourna dans son lit tout en s'étirant. A tâtons, il parvint à trouver son réveil qui bipait désagréablement à son oreille avec la ferme intention de le rendre sourd. Finalement, le silence se réinstalla, pesant et solitaire. Il ouvrit les yeux et son regard d'ambre se posa sur le corps entièrement nu qui reposait sur ses draps verts. Il fronça les sourcils, courba ses lèvres en une grimace suspecte, puis retrouva ses souvenirs imbibés d'alcool de la nuit précédente. Néanmoins, il ne réussissait à mettre un nom –ou même un visage en cet instant- sur cette personne.

Par une habitude étrange –et relativement malsaine- il se pencha au dessus d'elle et déposa ses lèvres sur son omoplate. Un baiser, tout simple, tel une caresse alors que sa bouche recherchait d'autres souvenirs plus tactiles. Il remonta lentement jusqu'au creux situé juste derrière son lobe, son nez fourré dans une épaisse chevelure blonde. Le parfum qui brutalisa son odorat lui sembla bien connu et il fouilla dans ses souvenirs.

La jeune inconnue se réveilla en le sentant si proche d'elle et se retourna brusquement, dévoilant enfin les traits de son visage. Toby plissa le front, si surpris qu'elle aurait dû s'en offenser –mais elle en avait l'habitude depuis le temps. En effet, elle avait passé trop de temps dans son lit ces derniers mois, ne se souciant pas des conséquences. Elle était mariée, travaillait pour lui, risquait sa vie de famille et son emploi… Mais il était assez bon amant pour qu'elle ose agir ainsi. De plus, il ne lui demandait jamais rien de plus. Il n'en avait pas vraiment le droit puisqu'il ne s'intéressait à elle que pour une seule raison.

« Cléo ? articula-t-il bêtement, sa langue trop lourde et pataude dans sa bouche.

- Qui veux-tu que ce soit ? ricana-t-elle avant d'ajouter : Ne répond pas. J'ai déjà ma petite idée sur la question ! »

Sur ces mots, elle se releva, gracieuse et parfaite dans sa complète nudité. Il resta un instant à l'admirer, appréciant à sa juste valeur le cadeau qu'elle lui offrait en acceptant de passer ses nuits avec lui. Pourtant, une fois au travail, il avait du mal à la supporter, cette sale bêcheuse de secrétaire naïve et ridicule sur ses talons trop hauts, avec son maquillage trop voyant. Une vraie greluche. C'est en ces termes que Samya l'avait représentée lors d'une soirée au Manoir Malefoy. En voyant Cléo arriver, Drago avait haussé un sourcil interrogateur, surpris que son fils amène une conquête dans leur demeure fraichement restaurée. Toby n'avait pas répondu à ses questions silencieuses, refusant d'évoquer le prénom qui flottait pourtant constamment dans l'air, telle une épée de Damoclès au dessus de sa tête.

Cléo était déjà rhabillée lorsqu'il émergea réellement, toujours assommé. Il se souvint brusquement d'un petit détail remarqué la veille, détail qui l'avait poussé à se souler plus que de raison juste pour éviter d'avoir la trouille. Il interpella la jeune trentenaire qui s'apprêtait à mettre sa veste et elle s'arrêta dans son mouvement, épatée par cette façon qu'il avait de la surprendre lorsqu'elle s'y attendait le moins, alors qu'ils n'échangeaient jamais que quelques mots hors du travail.

« Es-tu enceinte ? demanda-t-il d'une voix tremblotante.

- Oui, acquiesça-t-elle en levant les yeux au ciel, agacée par sa perspicacité. Mais ne te fais pas de cheveux blancs, mon chou, il n'est pas de toi. Quelques calculs simples prouvent que tu étais au Pérou lors de la conception. »

L'air soulagé qui s'empara des traits sombres du visage du jeune homme lui arracha un éclat de rire. Elle revint vers le lit, l'embrassa avec une certaine tendresse, et le rassura en cajolant sa joue :

« Je présume que je ne dois pas espérer repasser la nuit ici avant longtemps ? Les hommes ont horreur des femmes enceintes.

- Coucher avec une femme enceinte d'un autre homme –son mari qui plus est… C'est un peu trop glauque pour moi. »

Elle haussa les épaules, prouvant que ça n'avait pas la moindre importance, que leur amourette s'arrêtait là et qu'elle ne s'en offensait pas outre-mesure. Etrangement, elle lui en fut même reconnaissante, ravie qu'il prenne cette lourde décision à sa place. Elle quitta la pièce après l'avoir embrassé une dernière fois et Toby se rallongea sur son lit en écoutant ses pas qui s'éloignaient. Il referma les yeux, ses paupières trop lourdes pour qu'ils les maintiennent, et tenta de se rappeler du jour où il avait commencé à craindre ces marmailles chahutant. Il sentit les larmes lui monter aux yeux en réalisant qu'il avait fait une croix sur les enfants en même temps qu'une croix sur Ella.

D'un geste rageur, il essuya ses larmes et se mit debout. Une fois douché et habillé, il parvint à retrouver son état d'esprit habituel. Un leitmotiv résonna à son esprit : « Juste vingt-quatre heures. », et il lui sembla pourtant que survivre à cela serait douloureux. Pourtant, se battant contre son envie de retourner se coucher pour déprimer toute la journée, il saisit sa sacoche.

Il quitta son appartement et colla le fameux sourire -qui était devenu sa marque de fabrique avec le temps- sur ses lèvres. Il retrouva ses collèges du ministère, son patron, ses amis… Et pas un ne se douta de la litanie qu'il avait entamée dans son esprit : « Juste vingt-quatre heures, juste vingt-quatre heures, justes vingt-quatre heures… »

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Ella redressa les yeux de ses mille potions bouillonnantes dès que le bec du hibou lui apportant son courrier tapota à la fenêtre de son cabanon personnel. Après avoir obtenu ses examens –passés exceptionnellement au Ministère Australien qui avait dû jauger de ses capacités, elle avait déclaré à son père qu'elle voulait créer, comme lui. Pas des plantes –la place de botaniste extraordinairement habile était déjà prise- mais des potions. Il lui avait donc fabriqué son propre espace de travail et depuis, elle passait tout son temps à imaginer des compositions improbables ayant pour buts des résultats encore plus contestables. Elle échangeait mille courriers avec le Professeur Rogue qui se plaisait à trouver les failles de ses projets et à l'aider dès qu'il en était capable. Il n'avait hélas pas toujours l'imagination nécessaire à ce qu'elle faisait.

Elle se leva tranquillement, échangea un regard curieux avec le volatile qui s'acharnait sur sa vitre et détacha tranquillement la lettre de sa patte. Elle le laissa s'envoler sans même lui offrir à manger ou à boire, trop impatiente de déplier sa lettre. Elle reconnut rapidement l'écriture de Scarlett et fut surprise par un grand sourire.

« Cher Ella,

Comment vas-tu depuis ta dernière lettre ? Je sais que j'ai pris plus de temps que d'ordinaire à répondre, mais j'étais en pleine écriture de mon dernier roman –qui parle de toi selon Scott car l'héroïne te ressemble beaucoup. Et de ta vie aussi. Je sens que je vais devoir te donner des droits avant de publier. J'ai parfois l'impression de t'abandonner au profit de la vie et cela me désole sans doute autant que toi. Peut-être que tu pourrais venir nous voir un jour ? Il me semble que ça fait des siècles qu'on ne s'est pas croisé… Mais c'était juste à ton dernier anniversaire.

Quoi qu'il en soit, j'ai entendu parler –dans un magazine- de ta nouvelle création et j'ai parlé de l'article à tout le monde autour de moi. Scott n'arrêtait pas de répéter : « Arrête, c'est une biologiste, pas une rock-star ! »… Tu sais à quel point il peut se montrer rabat-joie ! Enfin, je l'ai tout de même surpris à lire l'article à la petite Alixe, ce qui était à la fois risible et touchant. Autant te dire qu'elle n'a pas comprit grand-chose.

Si tu voyais Scott avec elle, tu n'en reviendrais pas. Je sais que tu penses comme lui, que notre relation peut survivre sans nouvelle possibilité de changement et d'évolution, mais j'y crois de moins en moins. Tu vas encore me dire de partir en voyage avec lui, de faire plein de choses nouvelles pour ne pas nous enfoncer dans une routine qui nous détruirait, mais je me lasse moi-même des raids et des activités futiles… On s'y force l'un comme l'autre sans éprouver le moindre plaisir à cela et nous arrêtons de sourire à l'approche de chaque enfant qui croise notre route. Il n'est plus vraiment le seul à en rêver. Je donnerais n'importe quoi pour être capable de lui donner ce qu'il veut. Après tout, qu'est-ce qu'un Weasley sans enfant ? Un Charlie sans doute.

Enfin non, je rectifie : un Ancien Charlie ! C'est partie pour le paragraphe potins –je rattrape mes années ragots ratées de Poudlard. On a surpris Timothy et Nyx en train de s'embrasser à pleine bouche –avec la langue et tout le tintouin !- durant la fête annuelle de l'Ordre. J'ai cru qu'Hermione allait s'évanouir. Ron a d'ailleurs profité de l'occasion pour venir accompagné d'une charmante trentenaire, vendeuse dans une boutique des Weasley en écosse. Elle s'appelle Gemma. J'ai l'impression que c'est sérieux entre eux. Ça m'a fait plaisir de le voir comme ça… Je suis sûre qu'elle te plaira ! Winifred est toujours en admiration devant Toby et je crois que son petit-ami en est presque jaloux, comme s'il ne comprenait pas que ça n'avait rien de sensuel et que Toby représente simplement le but d'excellence qu'elle s'est fixée.

Et pour en revenir à Charlie… Devine donc qui est enceinte ? Non, pas Charlie, Samya ! Elle a lâché cette information comme une bombe. Blaise s'est étranglé, Toby a balbutié « Enceinte » en ayant apparemment oublié le sens de ce mot, et Fred et George ont hurlé « Enfin ! » avant de frapper violemment le dos de leur frère. Et tu aurais vu l'expression du professeur McGonagall ! Je suis presque certaine qu'elle a pensé à se tuer –ou à tuer quelqu'un d'autre- pendant un bref instant. Le mot « félicitation » a eu bien du mal à franchir ses lèvres.

Remarque, il a aussi eu du mal à franchir les miennes…

Quoi qu'il en soit, tu manques beaucoup à tout le monde ici et j'espère te revoir très bientôt. Embrasse ton père pour moi.

Scarlett. »

Ella relut quelques phrases, plus angoissée que rassurée par ces nouvelles. Elle était heureuse pour Samya, là n'était pas la question. Elle regrettait un peu que Scarlett évoque Toby, alors qu'elle évitait généralement de le faire puisqu'il s'agissait d'un sujet devenu tabou. Mais plus tout, elle s'inquiétait pour sa meilleure amie. Sa stérilité était devenue sujet courant dans ses lettres et Ella savait parfaitement que Scarlett n'hésiterait pas à rompre pour ce qu'elle pensait être le bonheur de Scott. Pour avoir parlé avec son frère des dizaines de fois, elle savait pourtant pertinemment qu'il ne l'accepterait pas facilement. Elle mordilla sa lèvre inférieure, rongée par de nouvelles inquiétudes.

Lorsqu'elle avait décidé de rester en Australie –malgré les propositions de Scarlett qui rêvait qu'elles vivent dans la même ville- Ella s'était sentie rassurée de constater que les gens qu'elle aimait poursuivaient leur route… Que Scott soit auprès de Scarlett, qu'il la protège de tout –et surtout d'elle-même- lui enlevait un possible sujet d'angoisses. S'ils rompaient, elle saurait qu'ils étaient tristes chacun de leur côté et ne le supporterait pas.

Un frisson parcourut son dos, frisson d'excitation impétueuse, de celles qui naissaient dans son ventre pour l'avertir. L'avertir de quoi ? Elle saisit violemment son bloc note et barra furieusement « Potion anti-légimencie ». Elle y travaillait pourtant depuis des semaines, mais fut prise d'une inspiration toute nouvelle et beaucoup plus personnelle : « Potion de Fertilité ».

Elle sourit en imaginant ce que cela serait de parvenir à un résultat correcte et se sentit excitée, plus que depuis longtemps, par cette possibilité. Le courant d'air glacé qui pénétra dans sa pièce personnellement dès l'ouverture de la porte fit s'envoler cette envie. Elle se retourna, surprise, peu habituée aux arrivées de son père dans cet endroit. Sourcils froncés, il la contempla avec sévérité et elle eut le sentiment de rétrécir.

« Papa, qu'est-ce que tu fais là ? »

Il ne répondit même pas à sa question et se contenta de brandir un morceau de parchemin. Son morceau de parchemin. La proposition dont elle n'avait même pas osé rêver. La lettre qu'elle s'était enfin résolue à jeter la veille après des semaines à la lire. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit et elle se résolut à rester muette. Théo, lui, ne le resta pas très longtemps, trop furieux pour contenir ses mots.

« Qu'est-ce que c'est que ça, Ella ? Qu'est-ce que ça faisait dans la poubelle, tu peux me le dire ? Est-ce que tu as bien lu ce qui est noté là-dessus ?

- Oui, émit-elle d'une petite voix sans oser le regarder.

- Vraiment ? Parce que si c'est dans la poubelle, je présume que tu n'as pas dû accepter ? Alors, attends… Qu'est-ce que ça dit déjà ? Ah oui ! « Miss Nott, Suite aux résultats d'exception obtenus grâce à vos nombreuses recherches, le Centre de Biomagicologie Howler & Powder financé par le Ministère de la Magie serait ravi de vous compter parmi ses membres… ». Sais-tu quelle réputation a cette agence ?

- Oui, papa. J'ai déjà lu des articles sur eux.

- Et tu sais qu'Arsenius Beaulitron l'a fondé ? LE Arsenius !

- Oui, celui qui a écrit « Potions Magiques », le livre de référence sur les potions que tu me lisais quand j'étais petite… Je sais !

- D'accord, alors pourquoi est-ce que tu es encore là ? »

Ella haussa les épaules sans répondre et Théo secoua la tête, navré par la bêtise dont elle faisait preuve. Sa fille, véritable cerveau sur pieds, se décidait à se montrer stupide et insouciante pile lorsqu'elle ne devait pas l'être. Il aurait voulu lui faire entrer cette lettre dans la tête pour qu'elle comprenne que son avenir se jouait. Pourtant, il décida de se montrer compréhensif durant un instant et chercha à comprendre les raisons de ce refus.

« C'est à cause de Toby ? C'est grand l'Angleterre, Ella, tu le croiseras peut-être de temps à autres, mais… Et puis ça fait déjà six ans !

- Et alors ? rétorqua-t-elle, acerbe. Après dix-sept ans, la première chose que tu as trouvé à faire en revoyant Hermione, c'est de passer la nuit dans son lit. Et puis, ça n'a rien à voir avec lui…

- Alors quoi ? Si c'est un problème d'argent, tu sais pertinemment que j'ai les moyens de t'offrir un bel appartement. Tu retrouveras des amis en plus là-bas. Je suis certain que Scarlett t'obligera à vivre avec elle et Scott jusqu'à ce que tu trouves quelque chose qui te plaise. Et quoi que tu en penses, tu auras toujours ta mère pas loin, ou même Ron et les Potter. Tu connais Ginny, elle entreprendra un replumage en règle dès que tu passeras sur le sol Anglais et qu'elle verra à quel point tu es maigre… C'est un pays que tu connais un peu, avec des gens qui seront ravis de t'accueillir…

- Je ne veux pas te laisser ! »

Elle avait hurlé cette fois, en colère. Elle le haïssait qu'il tente de la convaincre. Ces maigres tentatives ne pourraient jamais effacer la seule et unique raison de son refus catégorique. Car elle avait réfléchi à tout ça, au fait qu'elle connaisse ce monde et que des gens auxquels elle tenait y vive. Le risque de croiser Toby aurait pu la bloquer, mais elle avait relégué cette possibilité au fond de son esprit. Elle aurait bien pu l'éviter. Et elle avait accepté l'existence de sa mère dans cet univers depuis quelques années déjà et pouvait désormais la supporter plus de dix minutes –montre en main. La seule chose qui l'arrêtait demeurait son unique raison de départ d'Angleterre au départ.

Son père.

Six années plus tôt, elle avait voulu fuir le monde qu'elle apprenait tout juste à connaitre dans l'unique but de le protéger d'Hermione. Elle avait mille raison de rester, mais celle la poussant à partir était plus forte.

Cette fois, elle aurait vendu son âme aux Détraqueurs pour quitter l'Australie, pour échapper à cette ambiance déprimante qui entourait leur maison depuis leur retour… Mais il était là, et elle se refusait à l'abandonner, quoi qu'il lui en coûte.

Théo resta silencieux, assez longtemps pour qu'elle s'inquiète, puis s'avança vers elle, jusqu'à caresser sa joue. Il replaça doucement une mèche brune frisotante derrière son oreille puis secoua la tête, encore une fois, cette fois par dénégation de cette raison si stupide pour lui.

« Je suis un grand garçon, Ella. Je peux très bien vivre seul. Tu viendras me voir le week-end et lorsque tu auras des vacances, quand tu voudras…

- Tu ne manges que lorsque je t'y force et tu penses pouvoir vivre seul ? s'écria-t-elle en échappant à son contact, refusant de se laisser amadouer. Je sais très bien que c'est de ma faute si tu es comme ça, alors il n'est pas question que je t'abandonne…

- Ta faute ? répéta-t-il sans comprendre avant de grimacer : Et comment « comme ça » ?

- Déprimé ! Tu passes ton temps à t'occuper de tes plantes, tu ne dors plus, tu ne manges plus et… C'est à cause de moi ! C'est parce que je t'ai éloigné de maman en pensant t'éviter de souffrir. Alors maintenant, tu n'es plus toi et tu… Je ne peux pas te laisser. »

Théodore fronça les sourcils, apparemment surpris par ces mots et légèrement dépité de découvrir qu'il jouait mal son rôle de père puisqu'elle le maternait. Alors il mentit :

« Ta mère me manque, oui, mais je ne suis pas triste pour ça. Je ne pense pas que ça aurait pu marcher longtemps entre nous… Au bout d'un temps, la rancune et les secrets nous auraient dévorés elle et moi.

- Alors pourquoi est-ce que tu es triste ? murmura Ella en se rapprochant ostensiblement, comme pour mieux le comprendre.

- Parce que ma fille de vingt-deux ans vit avec son vieux père, qu'elle n'a aucun contact réel avec le monde, et qu'elle gâche bêtement tout son potentiel et tout ce talent que j'ai vu en elle dès qu'elle est apparut sur le pas de ma porte. Et je le suis bien plus encore maintenant, en sachant que c'est de ma faute. »

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Gazouillant et gesticulant dans son berceau, la petite Alixe Liliane Potter-Walker tentait toujours par tous les moyens à sa disposition d'attirer le maximum de regards sur elle. Avec sa peau café au lait, ses grands yeux marron clair et sa masse de frisettes noires, elle était aux yeux de ses parents, la plus belle des petites filles au monde. Adoptée au Maroc quelques mois plus tôt par Hypérion et son petit-ami Aaron Walker, elle approchait de son premier anniversaire et ne se lassait pas de l'attention que sa famille lui portait. Elle poussa furieusement un cri alors qu'Harry Potter, son grand-père s'éloignait d'elle pour prendre son biberon et il accourut pour le lui tendre avant qu'elle ne pique une crise. Harry se sentit dépassé par les événements. Le baby-sitting ne lui réussissait vraiment pas !

La porte du salon s'ouvrit à la volée et un homme d'une trentaine d'années apparut dans le bureau –là où Harry avait installé sa petite-fille, vêtu de la tenue de Quidditch réglementaire de l'équipe d'Angleterre. Aaron Walker, batteur aux muscles saillants et à l'allure dévastatrice. Un vrai nounours pourtant derrière ces pectoraux. Il s'avança vers le berceau après avoir salué son beau-père et prit sa petite princesse dans ses bras. La fillette éclata d'un rire cristallin lorsqu'il la chatouilla et il déposa un baiser sur son front.

« Elle a été gentille ?

- Un ange. Sauf quand on s'éloigne… Là elle hurle. Où est Hypérion ?

- Il arrive dans quelques minutes. Il se faisait interviewer quand je suis parti. La Gazette se demandait comment c'était de sortir avec un collègue ! Quelles fouines tous ces journalistes… »

Harry secoua la tête en levant les yeux au ciel, comprenant exactement de quoi son beau-fils parlait. En effet, Hypérion était un peu trop connu : fils de l'élu, joueur de Quidditch dans l'équipe nationale depuis trois ans, et premier joueur qui avouait publiquement son homosexualité jusqu'à sortir avec un autre joueur de son équipe, puis adopter un enfant avec cet homme… Il faisait parler de lui. Ce qui ne plaisait pas à tout le monde. Mais Aaron et lui vivaient encore dans la petite bulle du couple, et s'aimaient bien trop pour porter attention aux réflexions.

Le deuxième membre du duo entra dans le salon, salua son père avec un sourire et le remercia d'avoir gardé sa fille –qui passait les entrainements des week-ends chez ses grands-parents, et ceux de la semaine dans les gradins surveillée par l'entraineur. Hypérion alla ensuite prendre Alixe qui se mit à babiller quelques mots –ou syllabes sans sens- sous les oreilles attentives de ses pères qui acquiesçaient comme s'ils comprenaient ce qu'elle disait. Alixe était déjà étrangement bavarde pour une si petite fille, et Harry craint un instant qu'elle puisse devenir une vraie Weasley hystérique comme sa tante « Winnie », et sa mamie « Gin ».

Les pères étant en pleine session « gagatisme », Harry en profita pour quitter les lieux et rejoindre son épouse dans la cuisine. Elle préparait le repas pour le désormais habituel dîner du samedi soir où leurs enfants revenaient dans la maison familiale. Il embrassa lentement Ginny en passant ses bras autour de sa taille alors qu'elle faisait frire de la viande. Il déposa un léger baiser sur sa nuque et marmonna :

« Alixe deviendra la fillette la plus pourrie-gâtée qui existe dans l'univers ! Au moins !

- Et j'ai bien l'impression que son papi sera le premier à la gâter ! » rétorqua Ginny en un sourire.

Harry ne prit même pas la peine de répondre, parfaitement conscient de l'influence qu'avait ce petit bout d'enfant sur lui depuis son arrivée dans leur foyer : il était encore plus gaga qu'avec ses enfants… Sans doute parce que sa petite princesse adoptée demandait mille fois plus d'attention ! De plus, le rôle de grand-père le comblait bien davantage. Il serait présent pour les cadeaux, les câlins et autres choses positives, et laisserait aux parents le soin de punir et autres… En bref, il serait le gentil papi. Et cette idée l'enthousiasmait alors qu'il observait la petite Alixe grandir. Il était impatient de pouvoir lui apprendre tout ce qu'il savait.

Ginny l'embrassa pour le faire revenir au présent et il la serra contre lui avec un soupir. Il avait encore bien le temps d'y penser !

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Winifred sauta du haut de la balustrade de métal, atterrissant en un bond face à Toby qui avait suivi son entrainement avec un grand sourire de fierté. Elle demeurait sa bouffée d'air frais dans ce zoo de dingues. La jeune femme âgée de dix-neuf ans était l'une des plus prometteuses future-Auror du ministère. Et c'était à lui qu'on l'avait confiée. Il observait ses progrès sans cesse, heureux de la voir si à l'aise et entreprenante alors qu'il avait craint en la voyant débarquer qu'elle ne se laisse emporter par ses activités extérieures. Elle s'était fiancée quelques mois plus tôt à Seth Finnigan et semblait follement amoureuse… Ce qui inquiétait un peu Toby, lequel s'était découvert une âme de protecteur en réalisant que Winifred pouvait être franchement trop passionnée.

La jeune rouquine s'approcha de lui, sa baguette serrée dans sa paume moite, son front perlant de sueur. Elle adorait l'entrainement magique, se prenant à sentir l'adrénaline secouer son corps. Néanmoins, devoir courir, sauter, et éviter toute sorte d'obstacles comme pendant une course ne l'amusait que peu de temps. La crispation de ses muscles ankylosés lui apporta une grimace d'inconfort alors que Toby lui tendait une serviette de bain humide afin qu'elle puisse se rafraichir un peu.

« Tu as été plus rapide que les fois précédentes, remarqua-t-il avec un rictus d'orgueil. Je pense même que tu pourrais battre mon score si tu t'employais d'avantage à cet entrainement au lieu d'appeler ton amoureux toutes les heures…

- Dis-donc, ça te va bien de me dire ça, Monsieur Asocial ! Je n'ai pas besoin de tes conseils !, rétorqua Winifred en une moue taquine, son regard brillant de malice. Et puis, je n'aime pas autant le sport que toi, il va falloir t'y faire. Si j'avais un balai lors de ces sessions, je serais mille fois plus rapide !

- Et avec un balai, ce serait beaucoup trop facile. L'important, c'est de te muscler un peu ! Imagine donc que tu doives poursuivre des malfrats et que tu n'ais aucun moyen de transport immédiat…

- Tes jambes se devront de jouer leur rôle ! conclut-elle avec une grosse voix en une imitation risible de son mentor. Je sais, je sais, je sais, monsieur le perroquet ! Mais… Je préfère la magie ! D'ailleurs, j'aimerais te parler d'une idée que j'ai eue… »

Il passa son bras par-dessus ses épaules, l'attirant vers de petits bancs entourant la salle d'entrainement, là où ils pourraient s'installer pour discuter. Il devait admettre qu'il craignait toujours les idées de la jeune femme, laquelle pouvait être aussi insouciante et impulsive qu'une adolescente. Il se doutait d'ailleurs que ses patrons avaient choisi qu'il dirige Winifred pour cette raison uniquement : il pouvait la contrôler un peu à chaque débordement. Elle passa soigneusement la serviette sur son visage afin de refroidir un peu sa peau bouillante et rouge, et murmura finalement :

« Puisque tu as appris à te transformer en puma, j'estime que je devrais également avoir le droit de devenir un animagus, déclara-t-elle sagement en plantant son regard dans le sien. Après tout, tu es censé m'apprendre tout ce que tu sais, y comprit les parties de ton savoir qui n'empruntent pas le chemin d'un enseignement classique !

- J'ai appris à devenir un animagus lors de mon entrainement d'Auror, alors que tu n'es encore qu'une potentielle Sorcière d'Elite ! Ton entrainement te prend déjà bien assez de temps comme ça… Tu auras davantage l'occasion d'apprendre quelques enseignements particuliers lors de tes dernières années d'études.

- S'il te plait ! »

Elle lui accorda la moue qui le faisait ordinairement fondre, et il roula des yeux dans ses orbites. La jeune Potter était une vraie diablesse lorsqu'elle se mettait à agir ainsi, et il ne parvenait que très rarement à lui résister… Il était sans doute une proie facile. A l'époque de Poudlard, Winifred n'était pour lui que cette adolescente capable de lui porter l'oreille attentive dont il avait besoin. Désormais, elle représentait plus ou moins une fille à ses yeux, une petite protégée qu'il se devait de conseiller afin de la guider sur la bonne route… Route sur laquelle lui-même avait excellée. Il craignait néanmoins qu'elle profite de leur relation amicale pour l'influencer et le rendre moins dur qu'il aurait dû l'être… Il ne se doutait pas vraiment que Winifred le respectait bien assez et qu'elle suivrait toujours ses directives, même si elle rechignait un peu au départ. Il finit par hausser les épaules et marmonna pour seule réponse :

« Si tu parviens à obtenir de bons résultats à ton examen de première année et si tu arrives, disons… dans les trois premiers, je t'apprendrais tout ce que je sais !

- Promis ? s'enquit-elle en tendant son petit doigt, qu'elle replia afin qu'il s'en saisisse de la même manière.

- Juré. »

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Toby croisa le regard soucieux du gardien d'Azkaban –dont les cellules n'étaient plus gardées par les détraqueurs depuis la fin de la guerre- et se sentit trop exposé, malgré les dizaines de personnes présentes dans la salle d'audience. Il remonta un peu la capuche de son pull et la disposa tranquillement sur sa tête, sans prêter la moindre attention au côté impoli que cela pouvait donner. Il se dirigea vers la sortie de la salle en cherchant à calmer ses nerfs, aussi en colère et frustré que d'habitude après ce genre de matinée.

Avant de passer le seuil de la porte, il aperçut le sourire qu'Hermione Granger lui envoya, sourire complice et apaisant qui lui donna envie de pleurer. La voir lui causait toujours une sorte de trouble malsain, comme s'il avait vue Ella à sa place, sans doute parce qu'elles se ressemblaient pas mal. Il enfonça ses mains dans ses poches pour ne laisser à personne l'occasion d'admirer ses tremblements et répondit au sourire de celle qui aurait pu devenir sa belle-mère. Pendant un instant, il fut tenté de la rejoindre et d'entamer la discussion, de lui demander des nouvelles de Timothy et Scott qu'ils n'avaient pas vus depuis bien longtemps…

Il résista à cette tentation, sachant pertinemment qu'il se ferait plus de mal que de bien et quitta les lieux sans plus attendre. Il ne parvint à respirer correctement qu'une fois dans l'ascenseur. Il s'adossa tranquillement à l'un des murs et s'accrocha à l'une des rambardes de ferrailles permettant de ne pas tomber. Quelques hommes qu'il avait croisés dans la salle d'audience se glissèrent dans la cabine à sa suite tout en poursuivant leur discussion au sujet des procès de la journée et Drago les écouta d'une oreille inattentive.

Il se souvenait très bien du jour où –trois années plus tôt- il avait entendu un homme évoquer son grand-père. Ce dernier avait tenté de demander sa libération et s'était vue refuser même une audience. Toby se doutait qu'Hermione devait y être pour quelque chose. Il appuya son crâne contre la surface de miroirs formant l'arrière de l'ascenseur et profita longuement de la froideur qu'elle dégageait. Il parvint –non sans difficultés- à mettre son cerveau sur pause le temps de quelques minutes appréciables, avant de devoir jouer à nouveau le rôle d'Auror implacable qui était le sien dans son bureau.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit au Département de la Justice Magique, là où il travaillait, mais il se refusa à descendre et laissa les autres employés aller et venir sans bouger. Il avait besoin d'un peu de temps encore pour se détendre. Il arriva finalement au niveau -1 et fut enseveli sous les nouveaux arrivés qui s'entassèrent dans la cabine au lieu d'en chercher une autre de libre. Une insulte lui échappa lorsqu'il comprit que son instant de calme était bel et bien fini.

Il attendit que l'ascenseur se libère un peu avant de s'avancer vers les portes pour pouvoir sortir sans se taire piétiner. Il s'arrêta en se retrouvant le nez enfoncé dans une épaisse chevelure brune, faite d'ondulations de toutes sortes. Il eut l'impression de recevoir un coup de poing à l'estomac, un coup de poignard dans le cœur et un autre de pied au niveau du plexus solaire… En clair, rien de très agréable. Il se recula violemment et marcha sur les pieds d'un homme qui le poussa en maugréant des insultes. En temps normal, Toby se serait retourné pour lui en coller une, mais là, il se contenta de balbutier de vagues excuses sans même le regarder, trop obnubilé par cette tignasse qu'il semblait reconnaitre.

Sa conscience lui siffla avec un ton sournois qu'il délirait, que jamais elle n'aurait pu se trouver là, dans le même pays que lui, dans la même ville et encore moins dans le même ascenseur. Il ferma les yeux avec force jusqu'à voir de petites lumières lancinantes, et serra ses poings dans ses poches. La douleur que lui infligèrent ses ongles s'enfonçant dans la chair de sa paume lui fit comprendre qu'il ne rêvait pas. Alors il rouvrit les yeux et supplia tous les saints de lui accorder une seule faveur : Faites qu'elle se retourne !

Les portes s'ouvrirent à nouveau avant que quiconque puisse exaucer son souhait et il se retrouva là, les bras ballants, alors qu'elle sortait. Il parvint à réagir juste à temps pour quitter la cabine en vociférant et jouant des coudes. Il se retrouva dans des couloirs qu'il ne connaissait même pas, parmi une foule de visages inconnus et se mit presque à paniquer.

Combien de femmes avait-il suivies dans la rue en pensant qu'il s'agissait d'Ella ?

Des dizaines sans doute.

Mais cette fois, il sentait que c'était différent. La peur annihila toute impatience, toute excitation. La douleur qu'il avait ressentie un peu plus tôt s'accentua au niveau de la poitrine et il dût se pencher en avant pour faire taire le sifflement perçant qui résonna à ses oreilles. Sa tête lui tourna et il se sentit nauséeux. Une femme s'arrêta à côté de lui et il perçut derrière l'écho des battements de son cœur :

« Vous allez bien ? »

Il aurait voulu répondre que non, mais en était incapable. Il essaya de s'apaiser, comme toujours. Il avait appris à gérer ses crises d'angoisse en voyant de nombreux psychomages, mais cette fois, il ne parvint pas à recouvrer son calme.

Jusqu'à ce que des chaussures apparaissent sous ses yeux. En réalité, ce n'était pas les chaussures qu'il reconnut –elle en avait changé depuis- mais ses chevilles. Ella possédait une tâche de naissance, simple marque de trois millimètres à peine, quasi invisible. Il releva la tête très lentement, son sang battant contre ses tempes, un filet de transpiration coulant jusque sa joue.

Et même s'il savait à quoi elle ressemblait, même s'il était certain qu'il s'agissait bien d'elle, il eut le souffle coupé. Parce qu'elle était là. Et qu'il ne rêvait pas. Tout était trop intense pour qu'il s'agisse d'un rêve. Il eut envie d'hurler, de joie ou de colère, juste pour libérer cette tension qui crispait son corps. Au lieu de ça, il eut l'impression d'être sur le point de fondre en larmes. Il ne le fit pas. Il avait encore un peu de fierté.

Ella lui sourit, toujours aussi belle. Plus même, plus femme, plus adulte, plus tout que dans ses souvenirs. Plus réelle surtout. Elle ouvrit la bouche avec un mouvement d'épaule, comme si elle s'apprêtait à le saluer, comme si leur rencontre était une chose commune et habituelle. Puis, elle sembla réaliser que ce n'était pas le cas et se tut en mordillant sa lèvre inférieure, ses joues se peignant de rouge. Voyant son air effrayé, elle ne resta pas silencieuse très longtemps et s'enquit, légèrement inquiète :

« Tu te sens bien ? »

Il aurait voulu lui répondre : « Bien évidemment. Tu es là, en face de moi, comme je le souhaite depuis six ans. ». Ou mieux : « Devine, pauvre gourde ! ». À la place, il émit un son, proche du « Mouais », et peu convainquant, puis baissa les yeux sur ses pieds. Finalement, il eut l'impression d'être le plus stupide des hommes et s'efforça à la regarder, même si ça lui donnait mal au crâne.

« Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je… J'ai un rendez-vous pour un job, répondit-elle calmement, tâchant d'ignorer son malaise. Je vais probablement travailler pas loin. Dans les bureaux associés au Ministère. Tu sais, près du chemin de Traverse.

- Je connais. Je vis ici, ajouta-t-il bêtement. Je suis… surpris de te voir. »

Elle esquissa un sourire, comprenant parfaitement ce qu'il voulait dire par là. Même elle, qui savait pourtant pertinemment qu'il travaillait au Ministère, n'avait pu s'empêcher de frissonner en l'apercevant. Elle le contempla soigneusement, comme pour analyser ce que ses expressions faciales voulaient signifier, puis laissa tomber. Il avait l'air totalement apeuré et elle préférait ne pas se demander si c'était de sa faute à elle.

« Surpris ? Surpris dans le sens « Agréablement surpris » ou dans le sens « Par le caleçon de Merlin, faite qu'elle disparaisse de mon chemin ! » ? »

Des milliers d'autres réponses lui vinrent à l'esprit, mais il fut incapable de les énoncer. Il savait qu'elles étaient trop intimistes pour être prononcées dans une telle situation. Il aura voulu s'avancer vers elle, un peu plus, et la prendre dans ses bras, déposer mille baiser à son cou pour retrouver son parfum et ne pas l'oublier. Son esprit volatile perdit un instant contenance et il s'évertua à redevenir sérieux afin de ne rien laisser paraitre. Il avait encore mille questions, sur les raisons de sa présence, sur ce qu'il se passerait maintenant, sur sa situation, sur l'endroit où elle logerait… Au lieu de ça, il lança à une vitesse magique :

« Il faut que j'y aille ! »

Il tourna les talons sans dire un mot de plus et se précipita vers l'ascenseur, le souffle court. Il se remémora la souffrance qu'il avait ressenti quelques minutes auparavant et se souvient qu'elle n'était rien comparée à celle à laquelle il avait dû endurer après le départ d'Ella. Par pur instinct de conservation, tout son corps, toute son âme, le poussait à fuir. Car d'autres questions se bousculaient dans son crâne : « Tu as quelqu'un ? Tu es mariée ? Fiancée ? Combien d'hommes t'ont touchée après moi ? J'ai été le premier qui ait compté, n'est ce pas ? D'autres ont-ils eu de l'importance ensuite ? »…

« Toby ! »

Il se retourna alors que les portes menaçaient de se refermer et crut rêver en voyant Ella se dresser entre elles pour les bloquer. Quelques grognements des autres employés le firent entendre, mais il n'y prêta pas la moindre attention. Les joues rouges de honte, Ella débita :

« J'aurai dû t'écrire… Te prévenir que je viendrais et qu'on allait peut-être se croiser. Mais j'ai eu la trouille, ma venue était incertaine, je… Et j'ai ce projet complètement dingue pour lequel je devrais être financée… Je suis désolée de ne pas t'avoir mis en courant.

- Ce n'est rien, mentit-il, sans paraitre sûr de lui.

- Je… Je vais chez Samya ce soir, tenta-t-elle avec un rictus douteux. Charlie a invité Scarlett et Scott à une fête pour le bébé. Peut-être que tu y seras ? »

Déjà, elle se reculait, prête à prendre le large, comme autrefois. Ce fut à son tour de bloquer les portes et des insultes lui meurtrirent les oreilles.

« Tu es célibataire ? demanda-t-il en se sentant totalement et irrémédiablement atteint par la stupidité.

- Pourquoi ? Tu es intéressé ? minauda-t-elle, aussi moqueuse que troublée.

- Oui. »

Il ne prit pas la peine de mentir et retrouva un peu du côté séducteur de sa personne, juste pendant un instant, comme si le fantôme de l'ancien Tobias Malefoy –celui qu'Ella n'avait pas fracassé en mille morceaux irréparables- lui avait insufflé ces mots. Un sourire marqua ses lèvres lorsqu'il aperçut une toute nouvelle expression sur les traits de la jeune femme : l'impatience. Elle acquiesça, d'un mouvement saccadé, trop brutal. Alors il lâcha les portes de l'ascenseur et leur permit de se refermer. Il lut la peur dans ses yeux durant une nanoseconde et lança, juste à temps :

« Je suis invité moi aussi ! »

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Note de l'auteur _ Uhm... J'entends déjà les "Je te déteste" fuser ! -Je suis une Voyante ! [Une vraie, pas du genre de Sybille xD] enfin bref... Voilà ! Si j'finis par écrire la suite [J'ai entendu des "T'as pas l'choix" là... Snapou, c'est toi ? xD] j'enlèverai ça d'là & j'le mettrais sur l'Ot'fic [qui aura un meilleur titre les gens hein, j'vous jure !] & puis voilà c'est tout. Cette fois j'm'en vais... j'vais m'écrouler devant "Speak" avant d'matter le torse imberbe de Henri Calvill dans The Tudors [Nan mais sérieux, j'regarde cette série depuis 2 jours juste pour admirer ce spectacle ! Associé à celui de J. Rice Meyer bien entendu !]

Donc voilà, je vous souhaite une bonne année [Parait-il qu'ils ouvrent le champagne dans l'avion à Minuit =D -mais ça va être minuit de France ou minuit de la Réunion ? xD] & je vous conseille de ne pas faire de résolutions puisque ce que de toute façon tout l'monde sait que personne ne les tient jamais ! =P Evitez de vous la jouer "Hermione" avec la boisson & supportez bien le froid [là j'suis méchante hein mais vous savez qu'il fait 30degrès à la réunion en c'moment ? =D]

B'zOus

[Ah & désolée mais y'a peu d'chance que j'réponde aux reviews à partir de maintenant... Du moins, pas avant la prochaine fois que j'aurai internet -& ce sera un peu bOfBOf comme réponses x) Donc j'remercie tous ceux qui m'donneront leurs avis d'avance. ^^']

*¤ Bewitch_Tales ¤*