Pairing _ Théodore Notts & Hermione Granger + O.C. / O.C. que vous connaissez (normalement) déjà...
Genre _ Romance / Famille / Suspens.
Rating _ M ... :P
Disclaimer _ L'univers & ses personnages - adultes - appartiennent à une certaine auteure dont je préfère ne plus écrire le nom...
Note de l'Auteure _ Euh...
Je pourrais m'excuser 10000 fois, mais ça ne changerait rien au fait que je vous ai fait attendre beaucoup trop longtemps... (Il s'avère que les vacances étaient nulles, que les mois qui ont suivi l'étaient aussi, et que j'ai eu beaucoup beaucoup de mal à me motiver...)
Je n'ai pas répondu à vos reviews, et je m'en excuse (encore davantage que du fait de ne pas avoir posté plus tôt), mais je me suis dit que là, ça ne ferait que repousser le post d'avantage, que je prendrai plus de temps encore à me motiver, et que vous préfériez sans doute un chapitre à une réponse. (Vous avez le droit de ne plus jamais me reviewer pour me punir.) Sachez néanmoins que j'ai lu tous vos reviews, je le fais toujours, et qu'ils me rendent vraiment heureuse comme j'espère que mes écrits le font pour vous...
Sur ces mots, je vous laisse à la lecture de ce chapitre qui s'est tant fait attendre, en espérant qu'il vous plaise - et que vous vous rappeliez encore du précédent...
Ellarosa - Vermelha
.
Chapitre 9
« La loyauté et l'obéissance à la sagesse et la justice sont de nobles sentiments. Mais il est plus noble encore de défier un pouvoir arbitraire, utilisé de façon cruelle et inique, et cela non pour nous défendre nous, mais pour défendre les plus faibles.»
Elizabeth Gaskell.
.
Assis sur un siège dans un bureau qu'il connaissait par coeur, Toby attendait que le couperet tombe. Seul, il avait tout le loisir de réfléchir à ce qu'il avait fait, à la réaction d'Ella qui avait suivi, puis à sa convocation quasi immédiate au Bureau des Aurors. Il allait se faire taper sur les doigts, il en était persuadé même s'il se demandait comment son directeur avait été mis au courant aussi vite. Ce n'était évidemment pas ce qui le préoccupait réellement.
La seule pensée qui tournait dans son esprit, virant à l'obsession, était Ella. Ella qui lui avait hurlé d'arrêter quand il avait frappé le visage de Rhys Demontmorency, puis qui les avait ensorcelés pour les éloigner l'un de l'autre. Ella qui l'avait fusillé du regard en lui disant qu'il avait perdu la tête. Ella qui s'était penchée sur Rhys, étendu par terre, pour le soigner, inquiète pour lui.
Quand un Sorcier d'Elite était apparu à la porte, seulement quelques minutes plus tard et lui avait demandé de le suivre, Ella n'avait même pas tenté de le rejoindre. Elle s'était simplement préoccupée de Rhys et ne lui avait pas jeté un seul regard.
Il se retrouvait désormais dans le bureau de Dawlish, prêt à recevoir une punition d'envergure, et plus inquiet à l'idée de ce que pouvait bien faire Ella. Il espérait qu'elle avait fini par s'éloigner de Rhys. Cet homme qui, sans qu'il sache pourquoi, le mettait définitivement mal à l'aise. Ce n'était pas sa jalousie ou même sa colère à l'idée du contrat que son père tardait à signer… Son instinct lui hurlait que quelque chose clochait, et il trépignait à l'idée de découvrir de quoi il s'agissait. Il avait besoin d'agir, et vite.
Mais il devait attendre que son patron veuille bien lui faire l'honneur de sa présence, et l'impatience menaçait de le rendre fou. Il regrettait tant de ne pas être auprès d'Ella en cet instant, même s'il se doutait qu'elle ne laisserait pas passer son coup de sang sans rien dire.
« Auror Malefoy. »
La voix de Dawlish dans son dos poussa Toby à se tendre. Son patron entra dans le bureau d'une démarche qui rappela à Toby les dessins de cow-boy de ses livres d'images d'enfance. L'homme s'installa face à lui, l'air de jouir de la situation et Toby serra les dents, se forçant au silence.
« D'après ce que le Sorcier d'Elite Summerby, vous avez été surpris à agresser Rhys Demontmorency dans l'enceinte des Laboratoires d'Howler & Powder. Est-ce vrai ?
- Oui.
- Vous avez donc attaqué un citoyen sorcier innocent au sein d'un bâtiment appartenant au Ministère de la Magie ? »
Toby répéta un « Oui » calme et posé, comme s'il ne mourait pas d'envie de sauter par-dessus ce bureau pour effacer le sourire ravi de Dawlish. Au fond, il aurait voulu lui renvoyer les questions : pourquoi le Sorcier d'Elite Summerby se trouvait dans les parages, et en quoi cela concernait-il le Ministère après tout ? Pourquoi avait-il même été prévenu ? Il n'était même pas en service lorsque l'incident s'était produit, même s'il portait encore son uniforme d'Auror.
« Rhys Demontmorency a accepté de ne pas porter plainte contre vous.
- Quel grand seigneur, railla Toby malgré tout, incapable de se taire à cette remarque ridicule.
- Il dit qu'il s'agissait d'un malentendu. »
Toby serra les poings. Un malentendu ?
Si son instinct le poussait dans la bonne direction, le rapprochement de Rhys en direction d'Ella n'avait rien d'innocent ou d'une coïncidence. Et même s'il n'avait pas encore toutes les explications - le pourquoi demeurait bien mystérieux - il se doutait que quelque chose clochait.
Il ne faisait cependant pas assez confiance à Dawlish pour évoquer le sujet avec lui. Il gérerait l'affaire seul, et si tenter qu'elle soit du ressort des Aurors, il s'entretiendrait directement avec le Ministre lui-même. Autrement, il connaissait encore quelques Sorciers d'Elite auxquels il pourrait gérer Rhys avec la férocité qu'il méritait.
Il attendit donc la punition à laquelle il n'échapperait pas - son patron était bien trop impatient de lui en faire baver, comme toujours. Il s'imaginait déjà passer une semaine dans la salle d'archive à devoir gérer la paperasse que ses collègues lui apporteraient quotidiennement.
« Vous êtes mis à pied. »
Toby crut avoir mal entendu. Il resta là, effaré, se demandant comment un bête coup de poing avait pu le conduire à une telle issue. Il avait contrevenu aux règlement tant de fois qu'il avait pris l'habitude des punitions de toutes sortes, mais jamais il n'avait été renvoyé.
« Combien de temps ? Gronda-t-il en essayant tant bien que mal de ne pas craquer - ce qui aurait sans nul doute prolongé la punition.
- Jusqu'à nouvel ordre. »
Toby sentit un poids peser sur sa poitrine. Il savait que Dawlish pouvait faire trainer son cas sur plusieurs mois s'il l'estimait nécessaire - ou simplement si cela l'amusait. Et jusqu'à son retour à son poste, il pouvait faire une croix sur son salaire. Il ne sut ce qui de l'idée de devoir piocher dans ses économies ou de ne pas pouvoir exercer le travail qu'il aimait tant le perturbait le plus. Un mélange des deux sans doute, associé à une certaine frustration : ses moyens de mener correctement son enquête venaient de s'amenuiser d'un seul coup.
« Vous pouvez disposer. »
Toby se releva d'un mouvement sec, le corps tendu de colère, et se demanda comment l'évacuer. Frapper quelqu'un d'autre - Dawlish par exemple - n'était malheureusement pas une option valable, et en temps normal, il aurait sans nul doute fait un passage éclair au Chaudron Baveur afin de ramener n'importe quelle femme un peu mignonne dans son lit. Malheureusement, cette option n'était pas plus acceptable que la première.
Il s'inclina légèrement dans un simulacre de révérence, et se tourna vers la porte, prêt à rejoindre Ella pour partager avec elle toutes les pensées qui le tourmentait. Même s'il doutait de pouvoir le faire. Si son instinct ne le trompait pas, il ne pourrait rien lui dire.
« Auror Malefoy, le rappela Dawlish, et Toby s'obligea à reporter son attention sur lui malgré sa fureur. Vous devriez profiter de ce temps pour remettre en question votre façon de fonctionner.
- Et comment devrais-je travailler à votre avis ? Répliqua Toby d'un ton railleur.
- Vous devriez apprendre à faire ce qu'on vous demande. Ni plus, ni moins. Et si vous n'espérez pas finir votre vie à vendre de minables petites potions comme votre père, sans doute devriez-vous aussi apprendre à ne pas vous attaquer aux mauvaises personnes. »
Toby répéta cette cette phrase avant de ricaner, perplexe. Si Rhys Demontmorency était une personne à laquelle il ne devait pas s'attaquer, cela signifiait sans doute qu'il avait du pouvoir. Et pour autant qu'il le sache, personne n'atteignait les sommets en restant quelqu'un de bien. Il y avait des cadavres dans le passé de Rhys, et il n'avait plus qu'à les déterrer.
Il ne répondit même pas à son patron, parce que seules des insultes lui venaient, et quitta le bureau sans plus se retourner.
Il n'allait pas se contenter de faire ce qu'on lui demandait.
Il resterait cet Auror qui ne redoutait pas d'arrêter d'anciens héros de Guerre, de dénoncer la corruption qui sévissait dans les plus hautes sphères du Ministère, et qui cognerait toujours les hommes qui menaçaient la sécurité de la femme qu'il aimait. Il pouvait se passer de gallions, il avait vécu la plus grande partie de sa vie sans en avoir autant qu'il le devait. Mais jamais il ne pourrait remettre en cause son intégrité. Nombre de Malefoy avaient vendu leur âme pour obtenir du pouvoir, et cela s'était retourné contre eux. Il n'était pas de ceux-là et il était prêt à le prouver.
Il sortit du Ministère en courant presque, le coeur battant à tout rompre contre ses tempes alors qu'il frémissait de colère face à l'injustice de cette situation. Il pleuvait des cordes, mais il ne s'en inquiéta pas et parcourut les quelques centaines de mètres qui le séparaient de chez lui à vive allure. Il était trop tendu pour essayer de transplaner sans risques.
Il atteignit le hall, trempé mais toujours furieux, salua Buster d'un simple geste de la main et se rua vers les escaliers. Il grimpa les marches quatre à quatre, refusant de perdre du temps à attendre l'ascenseur, et battit son record de vitesse en arrivant au dernier étage.
Il se précipita vers la porte de l'appartement d'Ella avant d'essayer de l'ouvrir - d'ordinaire, elle l'attendait avant de l'ensorceler pour empêcher quiconque d'entrer. Il frappa contre le battant en la découvrant bloquée, encore et encore, de plus en plus inquiet.
Enfin, après plusieurs minutes, elle apparut.
Il recula d'un bond en la découvrant, ses yeux couleur chocolat lançant des éclairs dans sa direction alors qu'elle croisait ses bras sur sa poitrine. Elle portait un peignoir et ses cheveux encore humides ondulaient sur ses épaules, trempant le tissu-éponge.
« Ella, je…
- Je ne te laisserais pas dormir chez moi cette nuit. Va-t-en. »
Elle recula, prête à refermer la porte, mais il l'en empêcha en se dressant contre l'embrasure. D'ordinaire, il aurait respecté son besoin d'espace. Il aurait sans doute essayé de s'excuser auparavant, refusant qu'elle se couche en colère contre lui - son père lui avait appris à ne jamais laisser sa femme s'endormir de mauvaise humeur - mais il aurait accepté de mettre de la distance. Pas cette fois.
Il la repoussa à l'intérieur de son appartement, faisant fi de son exclamation furieuse, et rabattit la porte qui claqua violemment.
« Mais qu'est-ce que tu fiches ?!
- Il faut qu'on parle.
- Pas ce soir, non ! Déclara-t-elle d'un ton glacial. Pas après que tu sois entré dans mon labo, ait renversé ma potion en faisant une cascade inutile et cogné mon patron.
- J'ai renversé ta potion ? Se désola-t-il, parce qu'il n'en avait pas du tout eu l'intention.
- J'aurais pu me faire renvoyer ! Si Rhys n'avait pas accepté mes excuses, je…
- Oh, quel homme fort minable ! Pardon, je voulais dire formidable, évidemment. »
Ella roula des yeux dans ses orbites face à son pathétique jeu de mot, puis lui tourna le dos, signe qu'elle en avait fini avec lui. Il songea brièvement à attendre qu'elle se soit calmée, qu'elle ait digéré un peu toutes ses bêtises - même s'il n'en regrettait aucune, à l'exception de cet accidentelle histoire de potion - mais ne parvint pas à s'y résoudre.
Il craignait que Rhys ait déjà eu l'occasion de lui raconter n'importe quoi, comme lorsqu'il avait imité ses soi-disant amantes alors qu'il était désormais évident qu'il n'avait jamais eu le loisir d'en entendre une seule. Il n'avait pas l'intention de laisser cet homme manipuler encore davantage Ella qui paraissait persuadée qu'il était un homme bien.
Néanmoins, il ne pouvait pas tout lui dire. D'un coup d'oeil, il observa les lieux qui l'entouraient, à la recherche d'un détail, n'importe lequel, qui confirmerait ses soupçons. Il y avait une toile d'araignée vide au plafond, mais il ne parvint pas à repérer d'autres insectes, ce ne lui rassura pas réellement. Et ce fut avec circonspection qu'il déclara, prêt à ne lui expliquer que la moitié la plus visible de l'iceberg.
« Rhys a menti ! »
Ella se figea alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans la salle de bain. Il vit ses épaules s'affaisser et il crut qu'elle allait poursuivre son chemin et lui claquer la porte au nez. Au lieu de ça, elle soupira en revenant vers lui et haussa un sourcil interrogateur, l'air de dire « Mais encore ? ».
« Tu te rappelles de notre rencontre dans le couloir après la fête pour Samya ?
- Oui, votre première petite bataille pour savoir lequel d'entre vous a la plus grosse baguette. Quel merveilleux souvenir, comment aurais-pu l'oublier ? railla-t-elle, clairement furieuse.
- Il a menti ce jour-là en disant qu'il m'avait entendu. Il habite dans l'immeuble depuis seulement trois mois, et je te l'ai dit, je n'ai pas eu tant d'amantes que ça ces dernières années…
- Et alors ?
- Alors depuis son arrivée, je n'ai invité qu'une seule femme dans mon lit. Et elle n'a pas pu crier. »
Ella fronça les sourcils, lui demandant silencieusement pourquoi il en paraissait aussi sûr et il sentit ses joues s'enflammer. Il n'avait pas honte de grand chose, et il assumait plutôt bien toutes ses pratiques, qu'elles sortent ou non de l'ordinaire. Les partager avec Ella par contre, le perturbait un peu, et il hésita une seconde avant d'admettre du bout des lèvres :
« Parce qu'elle était bâillonnée. »
Ella écarquilla les yeux, ouvrit la bouche, la referma, et il se demanda si elle était si choquée que ça. À l'époque de leur rencontre, elle n'avait eu qu'une seule expérience avant lui. Banale première fois entre deux adolescents aussi maladroits l'un que l'autre. Avec lui, il admettait qu'ils n'avaient rien tenté de farfelu. Il se demanda si elle avait vécu des expériences similaires avec d'autres hommes. À en croire son expression troublée, il n'en était rien.
« Et ça t'arrive souvent de faire ça ? » s'enquit-elle d'une voix un peu tremblotante.
Il décela une pointe de curiosité dans son ton. Toute colère paraissait même envolée.
« Non, admit-il avant d'expliquer. J'ai eu affaire à une criminelle il y a quelques semaines, peu avant que tu arrives. L'approcher était difficile, et nous avons fini par découvrir qu'elle visitait de nombreux clubs portés sur les expériences sexuelles peu conventionnelles… Puisque je n'avais fait ça de ma vie, j'ai demandé à une amie de m'apprendre à me comporter dans ce genre de situation.
- Oh mon Dieu, tu as couché avec Samya ?! Hurla Ella en portant ses mains à ses lèvres, comme si elle allait vomir.
- Merlin, non ! Mais quelle horreur ! »
Cette idée le poussa à s'agiter comme pour se débarrasser de la sensation que cela lui faisait de ne serait-ce qu'imaginer la chose, et Ella soupira, clairement soulagée. Il n'en revenait pas qu'elle ait pu croire une chose pareille, même s'il devait admettre qu'il n'avait qu'une réelle amie fille et que cette dernière en connaissait un rayon sur la question - béni soit Charlie.
« Non, pas Samya, poursuivit-il plus sérieusement, avant de reprendre, espérant la convaincre de son honnêteté. Elle s'appelle Betty Jones, c'est la petite-fille de Buster. Elle et moi, on se connait depuis que j'ai aménagé ici, et c'est la seule femme avec laquelle j'ai couché plus de quelques fois durant toutes ses années. Ça n'a jamais été sérieux, je ne t'ai pas menti à ce sujet. Je me contente de la joindre quand j'ai besoin de…
- T'envoyer en l'air ? Conclut-elle d'une voix où perçait clairement de la jalousie.
- Oui, et d'expérimenter de nouvelles choses avec quelqu'un en qui je peux avoir un minium confiance. »
Betty et lui n'avaient dû avoir que quelques discussions en tout et pour tout. Elle vivait au rez-de-chaussée avec son grand-père quand il était arrivé dans l'immeuble, et puisqu'elle était jeune et plutôt dévergondée, elle avait été la femme parfaite pour remonter en balai après Ella. Elle ne serait jamais réellement une amie, mais il pouvait compter sur elle pour tenter n'importe quoi tant qu'elle y prenait du plaisir.
Il regrettait un peu de n'avoir pas édulcoré la situation avec Ella. Elle semblait de nouveau agacée, comme si le fait qu'il ait eu des rapports avec une autre femme l'énervait maintenant qu'elle connaissait des détails. Ça n'avait pas été son but de la rendre jalouse, mais il en était un peu fier malgré tout. Il était soulagé de constater qu'il n'était pas le seul à s'impliquer émotionnellement, même s'il devait à cause de cela affronter sa colère.
« Ella ?
- Quoi ? Gronda-t-elle avant de le fusiller du regard. Et puis franchement, qu'est ce que ça prouve ? Rhys a peut-être tout simplement voulu te faire passer pour un coureurs de jupons à mes yeux, et puis c'est tout !
- D'accord, mais si c'était plus que ça ?
- Comme quoi, hein ? Qu'est-ce que tu es allé t'imaginer, Toby ? »
Elle paraissait croire qu'il se montait la tête pour rien. Il aurait voulu disposer de preuves évidentes, mais n'avait que son instinct à lui proposer. Il espérait que ce soit suffisant, au moins pour l'inciter à être prudente en compagnie de Rhys jusqu'à ce qu'il ait le fin mot de toute cette histoire.
« Je n'imagine rien du tout…
- Vraiment ?! Parce que j'ai l'impression que Rhys est en train de devenir une obsession pour toi. Tu cherches la bagarre à chaque fois que vous vous croisez, tu le nargues en montrant à quel point nous sommes proches ce qui est un peu vexant pour moi parce que j'ai l'impression de n'être qu'un faire-valoir dans ces moments là. Et maintenant, quoi ?
- Ella, je crois vraiment que nous ne pouvons pas lui faire confiance.
- Et moi je crois vraiment que tu agis comme un gamin jaloux et paranoïaque. Tu t'imagines que j'aurais pu perdre mon travail à cause de toi ?
- Et alors, quelle importance ?! »
Il avait répliqué sans réfléchir, frustré par cette situation qui lui semblait être une impasse. Elle ne le croyait pas. Il n'avait rien d'autres à lui offrir que des suppositions qu'il n'osait même pas formuler à haute-voix au cas où ils seraient surveillés. Et il avait dit quelque chose de stupide.
« Quelle importance ? répéta-t-elle avant de s'abandonner en un rire sans humour qui sembla sonner le départ d'un combat qu'il n'était pas certain de pouvoir emporter. Tu viens bien de dire « quelle importance » ?! Tu te fiches de moi ?! Évidemment que c'est important ! Je ne sauve peut-être pas le monde sorcier en chassant des Mages-Noirs, mais ça ne signifie par que mon travail a moins d'importance que le tien, espèce de Scroutt-à-Pétard !
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, tenta-t-il de se défendre.
- Tu crois que ce que je fais n'a pas d'importance pour les malades de Sainte-Mangouste ?! Et pour Scarlett qui grâce à moi, pourra peut-être devenir mère ?!
- Ce n'est pas ce que je pense !
- Alors quoi ?! »
Elle criait cette fois et il crut voir des larmes de fureur perler à ces cils. Elle serrait les poings et il se demanda si les sortilèges n'auraient pas volé dans tous les sens si elle avait eu sa baguette en main. Ses joues étaient rouges de colère même, et il regretta sincèrement ce qu'il lui avait dit.
Parce que ça avait de l'importance évidemment. À Poudlard, le cours de Potion était l'un de ses préférés - et pas juste parce qu'il était assuré par Severus, l'un des hommes en qui il avait le plus confiance. Il savait quels miracles pouvaient accomplir des potions savamment préparées, tout comme il admirait les efforts d'Ella pour en créer de nouvelles qui puissent changer des vies. Celle de Scarlett déjà, puis tant d'autres.
Il aurait pu se contenter de s'excuser, de confirmer qu'il ne le pensait pas et que ses mots avaient dépassés sa pensées. Mais ç'aurait été un mensonge. Elle avait peut-être mal compris ce qu'il avait dit, mais quand il y pensait, il savait qu'il n'avait pas répliqué ça par accident. Alors il inspira et expliqua en un soupir :
« Ce que tu fais est formidable, Ella. Je crois juste que tu travailles pour les mauvaises personnes.
- Quoi ?
- Howler & Powder, toute cette entreprise…
- Waouh, si je m'étais attendue à ce que Tobias Malefoy soit anti-capitaliste ! » S'esclaffa-t-elle sèchement.
Elle leva les yeux au ciel une fois de plus, comme si tout ce qui sortait de sa bouche n'était qu'un ramassis de sottises, et il n'y tint plus. Il avait obéit à son père. Il n'avait pas une seule fois évoqué le rachat de son échoppe de potions par l'entreprise qui l'avait engagée, parce qu'il refusait qu'elle se sente coupable d'une chose dont elle n'était pas responsable. Mais il ne voulait pas non plus qu'elle se trompe en accordant sa confiance à un homme qui ne la méritait clairement pas. Son choix fut vite fait, et il déclara gravement :
« Rhys prévoit de racheter la boutique de mon père. »
Ella se stupéfia. Ses poings se desserrèrent d'eux-mêmes, sa rage s'évanouissant alors qu'elle prenait conscience de tout ce qu'il lui avait caché. Il était évident qu'il n'avait appris cette nouvelle le jour même, et elle se demanda pourquoi il ne lui en avait pas parlé plus tôt. Peut-être avait-il eu honte - il avait toujours été embarrassé par l'emploi de Drago - ou peut-être n'avait-il pas su s'il pouvait ou non lui faire confiance.
Quoi qu'il en soit, elle comprit que ce qu'elle avait pris pour de la jalousie n'était finalement pas que cela. Toby avait toutes les raisons d'être furieux contre Rhys. À sa place, si quiconque avait voulu s'emparer de tout le travail abattu par son père au long des années, elle l'aurait été tout autant. Elle aurait même sans doute collé un poing dans la figure de Rhys bien plus tôt.
Malheureusement, elle aussi infiniment consciente que la colère ne résoudrait rien. Le monde dans lequel ils vivaient était ainsi fait. Les grosses entreprises dévoraient les petites, ou les poussaient à mettre la clé sous la porte en accaparant tout le marché. Elle était désolée pour Drago, évidemment, mais savait que sa présence chez Howler & Powder n'y était pour rien.
« Je suis vraiment désolé pour ton père, Toby, mais…
- Je sais, la loi du plus fort, cracha-t-il avec un dégout qui ne lui ressemblait pas. Mais c'est la moitié de sa vie que ton cher patron est en train de lui racheter pour une bouchée de pain ! Il va aussi s'approprier les potions qu'il a créées lui-même et il n'aurait de compte à rendre à personne ?! Tu ne trouves pas ça injuste ?
- Bien sûr que si, mais… »
Elle se tut en prenant subitement conscience d'une chose qu'elle n'avait pas comprise jusqu'alors. Ce n'était qu'un soupçon, mais elle ne parvint pas à s'empêcher d'y donner vie.
« Oh Merlin, c'est toi ! C'est toi qui a parlé de toute cette histoire à la Gazette ! Et… Betty Jones ! La femme avec laquelle tu as couchée, c'est la journaliste qui a écrit l'article.
- Oui, admit-il sans paraitre voir en quoi cela posait problème.
- Tu aurais pu couler toute la boîte ! »
Elle exagérait un peu, elle le savait. Quelques sorciers avaient manifesté devant le laboratoire pendant deux jours avant d'abandonner - elle ne savait pas réellement pourquoi - et l'affaire s'était tassée d'elle-même.
« Et alors ? Répéta Toby en un grondement dépité, comme si elle se focalisait sur des détails inintéressants.
- Toby, je sais que tu es en colère, mais des centaines de sorciers travaillent pour Howler & Powder et dépendent de cette entreprise. Moi, je m'en sortirais, ainsi que tous les Maîtres des Potions, mais tu penses que les petites mains auraient la même chance ?! Tu as réfléchi au moins avant de te lancer dans cette stupide vendetta ?!
- Stupide ?! Cria-t-il en s'avança subitement vers elle. On parle de ma famille, Ella ! Ma famille qui s'est battu pour sortir la tête du trou pendant toutes ces années !
- On parle du trou dans lequel ils se sont mis tout seuls en soutenant Voldemort ?! »
Elle avait conscience d'être injuste. Elle savait que les parents de Toby n'avaient fait que suivre les ordres de ses grands-parents, que contrairement à Théo, ils n'avaient juste pas osé se rebeller. Elle savait aussi qu'ils avaient été traités injustement par la suite, que nombre de sorciers leur mettaient nombre de crimes dont ils n'étaient pas responsables sur le dos, et que Toby même portait ce fardeau alors qu'il n'avait été qu'un enfant pendant la guerre.
Elle se doutait également que s'il avait des enfants un jour, le nom des Malefoy serait dur à porter, à moins que Toby ne devienne un héros public grâce à son travail. Ce dont elle doutait un peu. Il était évident qu'il accumulait les missions dangereuses les plus secrètes et que contrairement à nombre d'Aurors, jamais son nom ne paraitrait dans le journal. De cela, ses supérieurs devaient s'assurer. Personne ne voulait savoir qu'un Malefoy protégeait le monde sorcier. Ils étaient bien plus heureux de pouvoir mettre ce nom dans la case « Méchants » de leur esprits étriqués.
« Oui, ce trou-là, chuchota Toby qui avait blêmi sous la cruauté de sa remarque. Je ne savais pas que tu pensais qu'on méritait d'y rester enterrés pour toujours…
- Ce n'est pas ce que je crois, polémiqua-t-elle en faisant un pas de plus en sa direction. Mes mots… Mes mots ont dépassé ma pensée. Tu sais très bien que pour moi, ton nom n'a jamais eu la moindre importance. Je crois juste que toute cette situation… Il ne peut pas y avoir les gentils d'un côté et les méchants de l'autre, Toby. »
Elle savait qu'il en était conscient. Il était intelligent, vif d'esprit, et il avait été lui-même victime de l'injustice d'être catalogué depuis sa plus tendre enfance. Il ne pouvait pas croire qu'Howler & Powder était remplis de monstres et que tous les propriétaires de petites boutiques de potions étaient leurs victimes. Ç'aurait été naïf d'y croire.
Il était désormais clair pour elle que Rhys était un requin. Elle l'avait soupçonné après tout, même si elle avait préféré ne pas s'attarder sur cette idée. Mais son travail était de faire de l'entreprise la reine en matière de Biomadicologie, et il le faisait trop bien. De son emploi dépendaient des centaines de sorciers rien qu'en Europe et d'autres ailleurs dans le monde. Ils étaient à la pointe de l'innovation, gagnaient des centaines de milliers de gallions chaque années, et Ella savait que Toby - aveuglé par sa colère - ne se rendait pas compte de ce qu'il pouvait provoquer en essayant de faire tomber Rhys.
« Si tu persistes sur cette voie, Howler & Powder pourrait finir par en pâtir… Tu sais à quel point la réputation est importante dans le monde sorcier. Si tu t'attaques à Rhys, je pourrais perdre mon travail, et je ne serais pas la seule.
- Tu en trouveras un autre.
- Toby… Ne sois pas si égoïste et réfléchis-y un peu ! S'emporta-t-elle en se postant face à lui, espérant lui remettre les idées en place même si elle devait pour cela le gronder comme un enfant qu'il n'était plus.
- Égoïste ?! Et c'est toi qui dit ça ?! »
Elle accusa le coup. Elle savait qu'il ne le pensait pas, mais serra les poings malgré tout, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes pour y tracer des demi-lunes douloureuses. Elle resta figée là, à quelques centimètres de lui, son regard rivé au sien qui lançait des éclairs.
Elle avait dit des tas de sottises ce soir-là. Et il en avait prononcé bien d'autres à son tour. Elle réalisa alors qu'il s'agissait de leur première vraie dispute.
À l'époque de leur rencontre, ils s'étaient chamaillés, puis il lui avait dit des horreurs en rompant avec elle. Mais elle avait été incapable de lui répondre. Elle s'était laissée rejeter sans rien dire et avait fini par pleurer toutes les larmes de son corps en regrettant de ne pas avoir eu le courage de trouver les mots pour tout réparer.
En vérité, il s'agissait même de sa première dispute tout court. Elle avait parfois monologué des atrocités à sa mère, mais cette dernière ne s'était jamais défendue. Et quand son père s'en était pris à elle une semaine auparavant, elle était restée muette. D'ordinaire, elle attendait que la situation s'apaise d'elle-même, se calme et que tout revienne à la normale, alors c'était la première fois qu'elle éprouvait ça.
Colère, frustration, rancoeur, tout cela se mélangeait en elle, provoquant une tension telle qu'elle se demanda comme l'apaiser. Elle était furieuse, aurait voulu lui faire rentrer la vérité à coups de sortilèges dans le crâne, consciente qu'il aurait sans doute voulu en faire de même.
Ils étaient dans une impasse, tout simplement. Il était aussi irrité qu'elle, incapables de communiquer comme si un mur les séparait subitement. Un mur qu'elle refusait de voir s'agrandir. Elle n'avait peut-être pas la force de l'abattre, mais elle devait trouver un moyen de s'escalader avant que leur dispute ne s'envenime davantage.
« Tu ne le penses même pas…
- Que tu es une égoïste, bien sûr que si ! Cria-t-il en approchant encore davantage son visage du sien, le visage rougie par la colère.
- Alors pourquoi est-ce que tu es toujours là, hein ? Répliqua-t-elle sans y songer. Je t'ai demandé de quitter mon appartement et c'est toi qui as tenu à rester ! Alors va-t-en !
- Sinon quoi ?! »
Ils étaient nez à nez désormais, leurs respirations trop rapides se heurtant entre leurs bouches prêtes à prononcer mille bêtises encore.
Son coeur battait comme pour s'échapper de sa poitrine, et une émotion de plus finit par l'envahir alors que le regard d'argent de Toby s'ancrait au sien. Un frisson qui n'avait rien de déplaisant grimpa le long de son échine, faisant se dresser les poils de ses avants-bras et la pointe de ses seins. Elle se demanda s'il était normal de ressentir cela alors même qu'elle aurait voulu le gifler, puis décida que cela n'avait plus la moindre espèce d'importance.
Alors elle s'entendit chuchoter les seuls mots qui lui parurent avoir encore de la valeur, parmi cet océan de répliques assassines et vides de sens :
« Permission accordée ? »
Toby respira plus fort avant d'enfoncer ses dents dans sa lèvre inférieur qu'il mordilla comme pour apaiser la tension qui venait de saisir tout son corps. Ella pria pour qu'il cède cette fois, sans quoi ne savait-elle pas comment elle pourrait réagir.
Alors il jura.
Un « Par le gland de Merlin » qui brisa le silence plein d'électricité qui flottait entre eux. Elle n'eut pas le temps de comprendre ce que cela voulait dire.
Les mains de Toby entourèrent subitement sa nuque et sa bouche heurta férocement la sienne avec une avidité qu'elle n'avait jamais connue jusqu'alors. Avec lui ou avec quiconque. Elle gémit sous le coup de la surprise avant de se sentir basculer en arrière, mais il la rattrapa et la poussa jusqu'au mur qu'elle heurta en un claquement.
Elle ignora la douleur de son dos et remonta ses mains le long du corps de Toby avant de les fourrer dans ses cheveux sur lesquels elle tira alors qu'il mordait ses lèvres comme pour les punir de toutes les bêtises qu'elles avaient émises ce dernier quart d'heure.
Haletante, elle tira sur sa robe d'Auror et il s'en débarrassa sans même détacher ses lèvres des siennes. Elle ne chercha même pas à comprendre comment il avait accompli ce petit miracle, son esprit peinant à se focaliser sur tout autre chose que le contact de plus en plus pressant entre leurs corps.
Il dénoua le noeud de son peignoir d'une seule main, l'autre toujours accroché à sa nuque. Elle bascula la tête en arrière en sentant ses doigts atteindre le seul endroit où elle voulait réellement le sentir, et il abandonna sa bouche pour embrasser son cou.
Elle ne parvenait plus tout à fait à respirer, tout son corps tremblant sous le désir violent qui s'était emparée d'elle. Elle réussit à haleter un « S'il te plait » qui sonna comme une supplique à ses propres oreilles et il mit fin au supplice en abaissant son pantalon.
Elle ne sut qui de lui ou d'elle fit le plus de bruit. Il gronda un juron, le visage enfoui dans son cou, et elle cria en ployant la nuque. Elle se cogna au mur au passage, mais n'en avait que faire.
Seul comptait Toby qui s'enfonça en elle d'un seul mouvement, lui tirant un nouveau cri qui devait tout au plaisir malgré la pointe de douleur qu'elle éprouva. Cela faisait longtemps, et malgré son impatience à le sentir en elle, sans doute aurait-elle dû lui proposer quelques préliminaires.
Mais déjà le désir prenait le dessus, et elle s'enroula autour de lui comme pour ne plus jamais le lâcher alors qu'il se mouvait en elle en des gestes si puissants qu'il lui semblait heurter le mur avec plus de fougue à chaque va-et-viens.
Il la cloua au mur alors qu'elle se resserrait autour de lui, et gronda une dernière fois contre son cou.
Ils restèrent figés là quelques secondes, haletants l'un contre l'autre, à la recherche du souffle qui leur manquait après ce qui avait tout l'air d'une course. Puis Toby, sans la lâcher, se laissa tomber par terre, la serrant fort contre son torse. Il la fit tournoyer pour prendre sa place contre le mur auquel il s'adossa avant de repousser ses cheveux qui serpentaient devant elle, humides de sueur après cette trop courte séance de sport.
« Ça a été rapide, s'excusa-t-il, le souffle court.
- Mais satisfaisant, pouffa-t-elle avant de se pencher vers lui pour l'embrasser. Tu aurais pu te contenter de dire « oui », tu sais ?
- Vraiment ?
- Non, pas vraiment… »
Elle s'esclaffa et il fit de même avant de secouer la tête, les joues rosies par le plaisir qu'il venait de prendre. Il baissa alors les yeux, et glissa ses doigts contre son ventre nu avant de lui enlever le peignoir qu'il pendait inutilement à ses épaules. Il saisit alors la pointe de son téton et elle geignit avant de le fusiller du regard. Trop sensible, elle l'incita à rester sage, avant de confier :
« Je n'avais jamais fait ça…
- Hum, je crois me rappeler que si, la taquina-t-il en faisait courir son doigt jusqu'à son nombril avant de descendre plus bas encore.
- Je veux dire, coucher pour mettre fin à une dispute, expliqua-t-elle avant d'haleter quand il frôla la zone la plus sensible de son anatomie. Toby, j'essaie de te parler…
- La dispute n'est pas terminée, elle est juste reportée jusqu'à demain. On a suffisamment parlé pour ce soir.
- Vraiment ? »
Il hocha la tête avec un sérieux qui détonnait alors qu'il se mettait à la caresser, faisant de nouveau grimper son désir qui n'avait pas été tout à fait assouvi jusque-là. Elle le sentit durcir de nouveau en elle, et fit danser ses sourcils avec un air lubrique qui le fit rire.
« Satisfaisant, ce n'est pas assez, décida-t-il en se baissant avant d'happer la pointe d'un sein qu'il mordilla joyeusement. Partante pour un deuxième round ? Cette fois, tu n'auras même plus la force d'utiliser un mot de plus de deux syllabes pour décrire ce que nous ferons… »
Elle s'amusa de son arrogance avant de le taquiner en faisant mine de réfléchir.
« Deux syllabes maximum ? Bof-Bof ? Nul ? Mouais ?
- Toby.
- Quoi ? s'esclaffa-t-elle.
- Toby. C'est la seule chose tu seras capable de dire, affirma-t-il avant de la soulever dans ses bras sans paraître perturbé par son poids. Je pense même pouvoir te l'entendre crier… »
Elle leva les yeux au ciel, amusée malgré elle par l'assurance qu'il dégageait subitement. Il lui semblait retrouver le Toby de Poudlard avec lequel elle aimait tant jouer - à des jeux bien adultes. Il ouvrit la porte de sa chambre d'un coup de pied, et elle songea subitement à la façon dont avait commencé la dispute. Une pointe de suspicion s'enfonça alors en elle, et elle ne put s'empêcher d'y donner vie :
« Tu veux m'entendre crier ton nom, ou tu veux que Rhys m'entende crier ton nom ? »
Toby s'arrêta et manqua de la lâcher. Il paraissait ne pas avoir envisagé la chose une seule seconde et elle sut qu'il ne jouait pas la comédie. Elle s'en voulut un peu d'avoir osé l'imaginer aussi manipulateur, et se demanda même comment elle avait pu le croire prêt à se servir ainsi d'elle pour se venger de Rhys.
Un éclair sembla traverser le regard de Toby, comme si une idée lui était venue. Elle se mit aussitôt à craindre le pire. Un rictus machiavélique courba alors les lèvres de Toby, et elle devina que leur dispute était loin d'être finie. Elle était cependant prête à la mettre de côté pour quelques heures au moins, et espéra être capable de comprendre ce qu'il avait en tête avant qu'il ne se lance dans un projet qui risquait de tout briser.
« Voilà un bonus non négligeable… répliqua-t-il finalement sans vraiment le penser.
- Idiot ! Je ne crierai pas pour la peine. »
Elle doutait d'en être capable, mais essaya de paraitre aussi sûr d'elle que possible. Toby s'esclaffa contre ses lèvres avant d'y déposer un baiser prometteur qui la fit trembler de tout son corps. Puis, ressemblant de plus en plus au garçon dont elle était tombée amoureuse dix ans plus tôt, il répliqua en souriant :
« Tu veux parier ? »
Hermione se réveilla aux première lueurs de l'aube, alors que le soleil se levait au-dessus de la forêt, baignant d'éclats dorées la Baie et tout ce qui les entourait. Elle s'était endormie auprès de Théo, comme toutes les nuits depuis une semaine, à la seule différence que cette fois, ils n'étaient pas dans le lit qu'ils partageaient. L'eau de la Baie taquina ses orteils et elle ramena ses jambes contre elle en se blottissant dans les bras de son amant qui dormait profondément.
La veille, ils s'étaient rappelés mille souvenirs, évoquant Meleke et Masrà, leurs deux amis qui les avaient quittés bien trop tôt. L'un pour le sauver, l'autre parce qu'elle ne parvenait pas à vivre sans lui. Il semblait finalement que les Elfes étaient bien capables d'amour après tout, suffisamment au moins pour qu'ils puissent en mourir.
Y songer l'amena à se redresser pour contempler Théo qui, assoupi, lui offrait une vision bien apaisante. Elle était parvenue à le convaincre de se laisser couper les cheveux d'un sortilège et elle avait insisté pour s'occuper aussi de sa barbe. Une fois débarrassé de tous ces poils bien encombrant qui lui donnaient l'air d'un nomade, elle avait pu retrouver le Théo qu'elle connaissait.
Un Théo parfois bien sombre, qui - pour la première fois - demandait bien plus d'amour qu'il n'en donnait, et fronçait les sourcils dès qu'elle s'éloignait de lui, comme redoutant qu'elle finisse par disparaitre. Elle se demanda combien de temps il lui faudrait pour qu'il lui fasse entièrement confiance, consciente pourtant que cela pourrait prendre des années. Après tout ce qu'elle lui avait fait subir - et qu'ils n'avaient pas encore clairement abordé - elle le comprenait.
Malheureusement, elle manquait de temps.
Elle avait abandonné sa vie une semaine auparavant, mais n'avait pris que quinze jours de congés avant de le rejoindre. Bientôt, elle devrait repartir en Angleterre, reprendre son travail et son train-train, et elle n'était pas certaine qu'il veuille en faire partie.
Évidemment, il l'aimait, elle le lisait toujours dans la façon dont il la touchait avec une référence touchante, et la regardait comme si elle était la plus belle chose vivant sur Terre. Mais il paraissait encore trop éprouvé par la vie qui n'avait cessé de lui donner des coups - par sa faute, puis par celle d'Ella.
Elle n'avait pas encore osé lui en parler, redoutant qu'il ne se braque et lui dise de partir, puisque c'était ce qu'il semblait redouter le plus. Mais elle savait qu'elle ne pourrait pas fuir le sujet davantage.
« Tu es réveillée depuis longtemps ? »
Elle réalisa subitement que, perdue dans ses pensées, elle ne l'avait pas vu ouvrir les yeux. Il les frotta comme pour en chasser les dernières miettes de sommeil et lui offrit le plus beau des sourires. Celui du matin, avant qu'il ne se rappelle qu'elle l'avait tant fait souffrir par le passé et qu'elle pouvait très bien recommencer. La confiance était une chose fragile, songea-t-elle alors, et la reconstruire ne serait pas aisé.
« Seulement quelques minutes… Je n'en reviens pas qu'on se soit endormis là, je suis toute ankylosée.
- Je crois qu'on est trop vieux pour dormir à la belle étoile, confirma-t-il en étirant douloureusement ses bras au-dessus de sa tête. Il doit être drôlement tôt. Tout est encore si calme… »
En effet, seuls quelques Elfes étaient déjà debout, commençant à préparer le feu pour faire cuire le petit-déjeuner. Quelques enfants ensommeillés fouinaient dans les paniers tressées contenant les fruits cueillis la veille et se faisaient taper sur les doigts par leurs parents qui réprimandaient leur impatience.
Mais toute cette activité se faisait dans le silence qui caractérisait les Elfes au démarrage de leur journée. Ils attendaient que le soleil illumine entièrement la Baie pour faire du bruit, comme s'ils craignaient qu'au moindre cri, l'astre ne change d'avis et décide de s'en aller illuminer un autre monde.
« Je crois que je pourrais passer toute ma vie ici, chuchota alors Théo d'un ton émerveillé. Je ne me sens jamais aussi bien que dans cet endroit… »
Hermione sentit son coeur se serrer. Elle aurait voulu pouvoir dire la même chose, et dans une autre vie, sans doute en aurait été capable. Malheureusement, elle avait des enfants - dont un encore jeune - de l'autre côté de la Terre. Et un travail auquel elle tenait même s'il menaçait parfois de lui faire perdre toute foi en l'humanité. Rester à la Baie n'était qu'un joli rêve inaccessible à ses yeux.
Comme s'il lisait dans ses pensées, Théo posa sa main contre son dos avant de le caresser d'un mouvement apaisant qui chassa ses idées noires. Il lui sourit, pour la rassurer, puis se pencha vers elle pour l'embrasser. Comme toujours, elle fondit entre ses bras avant de soupirer quand une ombre surgit au-dessus d'eux, cachant le soleil. Ils se détachèrent l'un de l'autre pour se retrouver face à une petite fille qu'Hermione avait appris à connaître ces derniers jours, puisqu'elle les suivait constamment.
« Bonjour, Tinok, soupira Théo avec une pointe de désespoir, conscient qu'ils n'allaient jamais pouvoir se débarrasser de la fillette à moins que sa mère n'apparaisse.
- Bonjour ! Vous avez dormi avec la Baie ? »
Tinok, comme tous les enfants de son âge, considérait la Baie comme une personne à part entière, et Théo et Hermione ne prirent donc pas la peine de corriger sa formulation. La fillette était la fille d'Eingil, son seul autre enfant - qu'il n'avait pas eu avec la mère de Din, mais avec une autre femme morte en couche.
Les Elfes n'étaient pas fidèles, ils ne connaissaient même pas réellement le sens de ce mot. Pas en amour du moins. Ils étaient attachés à leur coutumes, à leur Reine, à leur famille et à leur peuple dans son entièreté. Mais ils n'avaient pas de relations exclusives, et Tinok en était la preuve. Elle vivait néanmoins avec la mère de Din et ses autres demi-frères et soeurs. Bien trop nombreux de l'avis d'Hermione, même si Théo lui avait expliqué qu'après les nombreux décès survenus dix ans plus tôt, les Elfes tentaient de repeupler la Baie qui n'était pas tout à fait remise de tant de disparitions.
« Tu es debout drôlement tôt, dis donc ! » Remarqua finalement Hermione en s'asseyant.
Aussitôt, la petite fille grimpa sur ses genoux. Elle avait quatre ans, seulement quelques mois de moins que son grand-frère, mais ils étaient comme le jour et la nuit. Contrairement à Din qui appelait Hermione « l'humaine là ! », Tinok se fichait bien qu'elles ne soient pas de la même espèce. Elle était aussi bien plus sociable que son grand-frère, constata Hermione en souriant.
« C'est parce que Din a disparu.
- Quoi ? S'écria Théo en se redressant d'un bond. Comment ça, disparu ?!
Papa s'est réveillé très tôt parce qu'il a dit qu'il ne sentait plus Din là, expliqua l'enfant en posant sa main sur son coeur. Alors il est venu dans notre chambre, mais Din était plus à la maison. Il a pris son arc et des flèches, et il est parti, mais on sait pas où. Alors maintenant papa et tous les autres guerriers le cherchent. »
Elle avait à peine fini sa phrase que Théo partit en courant, et Hermione le suivit des yeux alors qu'elle était subitement pétris d'angoisse à l'idée qu'il ait pu arriver un drame au petit garçon.
Au fond, elle se doutait de ce qui avait dû se passer. Toute la semaine durant, les Elfes avaient parcouru la forêt pour chercher les hommes dont Din avait senti la présence. En vain. Tout le monde pensait qu'il avait tout imaginé. Tout le monde sauf Théo, qui s'angoissait à l'idée que quelqu'un ne veuille encore du mal aux Elfes et qu'il ait pu les entraîner jusqu'à eux inconsciemment. Hermione aussi avait envie de croire en l'enfant qui paraissait si déterminé.
Suffisamment au moins pour avoir quitté sa chambre au milieu de la nuit pour partir tout seul à l'aventure.
« Et toi, est-ce que tu le sens encore ? » Demanda Hermione d'une voix tendue à la fillette qui s'était blottie contre elle.
Elle savait que les Elfes étaient reliés à la Baie et entre eux également. C'était pour cette raison qu'ils souffraient tant lorsque l'un d'eux disparaissaient même si leurs légendes assuraient qu'ils rejoignaient la Baie et renaissaient sous une autre forme. Ils étaient connectés les uns au autres tout simplement, et Tinok devait l'être encore davantage de par son lien de sang avec Din.
« Non, je ne le sens pas… Mais… Un peu quand même, bredouilla la fillette en paraissant hésiter sur la façon d'exprimer ce qu'elle ressentait.
- Tu peux essayer de me le faire comprendre ? »
Tinok fit la moue avant de tendre la main vers Hermione, l'index pointée en avant. Elle demanda à Hermione de faire de même et leurs doigts se touchèrent finalement.
« D'habitude, je sens Din comme ça, annonça-t-elle en souriant. Mais aujourd'hui… (Elle éloigna son index de celui d'Hermione.) C'est plutôt comme ça.
- Je ne suis pas sûre de saisir.
- Bah… Je le sens plus vraiment, mais je sais qu'il est toujours là, tu vois ? »
Hermione sentit le soulagement l'étreinte en comprenant enfin. Le lien entre Din et sa petite soeur existait toujours même si elle ne le sentait plus aussi proche, mais cela signifiait sans nul doute qu'il était encore en vie, et cela suffisait amplement à Hermione qui avait soudain imaginé le pire.
Le soulagement fut de courte durée.
De nombreux Elfes - des hommes pour la plupart - apparurent à l'orée du bois, des mines sombres étirants leurs visages éreintés. Théo se rua vers eux, et Hermione suggéra à Tinok d'aller retrouver ses frères et soeurs. Quoi que les guerriers aient découverts, elle ne tenait pas à ce que la fillette l'entende. Une fois certaine que l'enfant obéirait, elle se rapprocha elle aussi du petit groupe alors que la mère de Din surgissait à son tour, un bébé dans les bras.
Hermione ne lui avait parlé que quelques fois, mais se retrouver près d'elle lui donnait toujours l'impression d'être minuscule et insignifiante. Ahava était plus grande, plus mince malgré ses nombreuses grossesses et plus belle que toutes les femmes de sa connaissance. Ses cheveux d'un ocre lumineux tombait presque jusqu'à ses chevilles et son regard couleur bronze brillait l'intelligence et elle avait toujours réponse à tout sans être arrogante pour autant. Elle partageait ses connaissances avec bonté, sans jamais hausser la voix. Jusque-là du moins.
Elle fonça vers Eingil et le saisit par le col de la tunique qu'il avait enfilé pour affronter la température plus basse de la nuit, et cria :
« Tu l'as trouvé, n'est-ce pas ? »
Eingil détourna les yeux, l'air si triste qu'Hermione éprouva sa douleur comme si c'était la sienne. Puis il extirpa un arc et des flèches brisées de la sacoche de toile qu'il tenait à l'épaule et Ahava émit un son tel qu'Hermione n'en avait plus entendu depuis des années.
Elle eut l'impression d'être projeté dans le passé, à l'époque de la Guerre, et Théo dut ressentir la même chose puisqu'il se figea, une expression de pure souffrance contractant ses traits. Si elle avait dû nommer ce son, elle l'aurait appelé « bruit qu'un coeur fait quand il se brise », parce qu'il s'agissait clairement de ça.
Elle avait reconnu l'arc de Din elle aussi, elle se souvenait encore de la ferveur avec laquelle l'enfant l'avait pointé en sa direction une semaine plus tôt. Tout à coup, elle aurait voulu pouvoir revenir à cet instant et empêcher ce qui lui était apparemment arrivé.
« Il n'était pas là… révéla Eingil d'une voix blanche, contenant ses émotions comme il le pouvait malgré la situation, conscient que son rôle parmi son peuple ne lui permettait aucune faiblesse, même en cet instant. Nous avons dépassé la frontière, mais il n'y avait aucune trace de lui… C'est comme s'il s'était volatilisé.
Il n'aurait jamais volontairement franchis les barrières de notre territoire ! Se récria Ahava en serrant son bébé plus fort dans ses bras alors qu'il se mettait à pleurer. Et tu le sais aussi bien que moi. Jamais il n'a désobéi à nos règles, pas une seule fois ! »
Hermione sentit ses yeux lui piquer et Théo, comme s'il avait ressenti sa peine, se rapprocha d'elle avant de passer son bras par-dessus ses épaules pour la ramener contre lui.
Elle savait qu'Ahava avait raison. Din, du haut de ses cinq ans, était déjà un petit soldat en herbe. Un guerrier qui s'intéressait davantage aux histoires d'adultes qu'aux jeux d'enfants, et s'impatientait de grandir pour devenir un grand combattant, comme son père et son grand-père avant lui. Jamais il n'aurait pu quitter la Baie, conscient de tous les dangers qui le guettaient là-dehors. Il avait forcément dû y être obligé. Mais par qui ? Et pourquoi ?
Soudain, ses préoccupations du réveil lui paraissaient superflues.
Peu importait bien qu'elle rate quelques jours de travail ou même qu'elle reste à la Baie des semaines durant. Elle ne partirait simplement pas avant que Din soit de nouveau parmi les siens. Et comme si Théo lisait dans ses pensées, il se pencha vers elle et hocha la tête, un éclat de témérité illuminant son regard.
Il se tourna vers les Elfes qui semblaient totalement dépassés. En dehors de leur territoire, le monde leur paraissait bien trop vaste pour qu'ils osent s'y risquer. Ils ne connaissaient pas les règles là, dehors. N'avaient aucun moyen de découvrir ce qui était arrivé à leur petit. Hermione et Théo, eux, en étaient capables, et ce fut forts de cette assurance, motivés l'un comme l'autre par cette nouvelle mission qu'ils déclarèrent d'une même voix :
« Nous allons le retrouver. »
Ella pouvait se mettre dans la peau d'une victime d'un Strangulot. Elle n'avait jamais jusque-là tenté d'imaginer ces pauvres gens, mais les choses avaient changé ce matin-là, quand Toby s'était découvert une toute nouvelle passion pour les câlins. Il ne l'avait simplement pas lâchée, même pas pour qu'elle puisse prendre une douche.
Elle ne s'en plaignait pas vraiment. Son corps accusait difficilement le coup de leurs galipettes qui avaient mené à une nuit presque blanche. Elle aurait même vendu son âme aux Détracqueur pour retourner se coucher - et dormir, cette fois ! - mais les douze dernières heures entraient facilement dans son top 3 des meilleures de sa vie.
Elle avait eu droit à un réveil crapuleux, à une séance coquine sous le jet d'eau qu'il savait parfaitement manipuler, puis à des caresses savoureuses alors qu'elle essayait de prendre son petit-déjeuner. Elle avait encore les jambes pantelantes.
Mais désormais, alors qu'elle entrait dans la cabine d'ascenseur avec un Toby-Strangulot accroché à sa taille, elle réalisait qu'elle ne survivrait pas une telle journée. Et puis, après l'incident de la veille, elle doutait que Rhys accepte qu'elle arrive au labo avec Toby.
« Il va falloir que tu me lâches, tu sais ? »
Toby mordilla tendrement le lobe de son oreille pour seule réponse et Ella eut une autre révélation : ce petit bout de chair était relié par un quelconque nerf à tout le reste de son corps. Elle le découvrit en sentant un petit courant de désir la traverser jusqu'à atteindre ses orteils, et lâcha un geignement qui aurait pu ressembler à une plainte. Ou à une supplique.
« Je suis sérieuse ! », tenta-t-elle de le gronder avant d'être interrompue par sa bouche qu'il posa sur la sienne comme pour la bâillonner.
Elle finit par lui mordre la lèvre et il se recula en se plaignant d'un « Aïe ! » un peu exagéré. Il ne saignait pas, c'était déjà ça. Elle l'incita à être sage d'un seul regard alors que les portes de l'ascenseur se refermaient derrière eux, et elle appuya sur le bouton du rez-de-chaussée avant de lui tendre la main. Elle pouvait accepter qu'ils se tiennent par la main en public, mais pas qu'il essaie de la dévorer et lui fasse émettre les petits bruits qu'il était le seul à pouvoir lui tirer. Enfin lui, et le chocolat.
« Tu travailles toute la journée, aujourd'hui ? »
Elle croisa les doigts pour qu'il réponde par la négative. La veille, elle avait promis à Rhys - après l'avoir soigné évidemment - qu'elle se rendrait au Labo au lieu de profiter de son samedi de libre. Elle espérait qu'il lui parle de nouveau du fameux ingrédient capable de résoudre tous ses problèmes et qu'il lui avait fait miroiter comme une carotte à un âne. Avant que Toby n'arrive et lui fracasse le nez à coups de poings et qu'il paraisse bien moins enclin aux confidences, évidemment.
Néanmoins, elle ne comptait pas rester au travail toute la journée et était impatiente de pouvoir retourner au lit. Avec Toby de préférence, même s'il l'empêcherait encore de dormir. Elle lui offrit donc un sourire plein d'espoir alors qu'il paraissait subitement un peu tendu. Il hésita, comme si cette question méritait réflexion, puis acquiesça.
« Je risque d'être occupé, oui. Mais je ne rentrerai pas tard », promit-il avant de se pencher de nouveau vers elle pour l'embrasser.
Elle ne sut s'il avait fait exprès d'agir ainsi pile au moment où s'ouvraient de nouveau les portes de l'ascenseur. Ou si c'était juste son karma qui la punissait de toutes les erreurs qu'elle avait commises dans sa vie. Quelle qu'en soit la raison, elle se retrouva une fois de plus entre deux hommes qui se détestaient suffisamment pour se battre, et dont elle semblait être le prix à remporter. Elle supplia Toby du regard, espérant qu'il se montre suffisamment adulte pour ne pas réagir à la moindre provocation.
Rhys entra dans l'ascenseur non sans avoir claqué sa langue contre son palais comme de dégoût. Les portes se refermèrent, et Ella se demanda si la cabine n'avait pas subitement rapetissé. Toby serra sa main plus fort dans la sienne et elle retint un glapissement de douleur - non sans difficultés. Elle espérait que le malaise qui l'empoisonnait dure jusqu'au rez-de-chaussée, et n'implose pas subitement si l'un des deux hommes décidait d'ouvrir la bouche.
Malheureusement, ce qui devait arriver finit par se produire, et Rhys ouvrit la bouche. Ella ferma aussitôt les yeux comme pour ne pas assister à la collision.
« Bonne soirée ? La mienne avait un peu mal commencé, comme vous le savez, mais…
- Excellente, interrompit sèchement Toby et Ella s'obligea à contempler la scène qui - qu'elle ferme les yeux ou non - semblait inéluctable.
- C'est à Ella que je parlais.
- Sa soirée était aussi excellente que la mienne, merci.
- Toby ! »
Elle le rabroua avec plus de sécheresse qu'elle ne l'avait souhaitée, et il haussa un sourcil railleur en sa direction. Merlin, comment l'homme si soucieux de son bien-être pouvait se transformer en un tel imbécile dès qu'il se retrouvait dans la même pièce que Rhys ? Ou plutôt dans le même ascenseur, ce qui était pire de bien des façons.
Elle réalisa alors que la dispute qu'ils avaient interrompue en se sautant dessus ne pouvait être repoussée éternellement. En fait, elle se promit d'aborder le sujet de Rhys le soir même, parce qu'il n'était pas envisageable que cette situation s'éternise. Elle pouvait comprendre qu'il soit furieux contre son patron - et elle comptait même discuter du rachat de la boutique de Drago avec ce dernier - mais pas au point d'agir aussi sottement.
« J'ai passé une très agréable soirée, Rhys. Merci beaucoup, s'obligea-t-elle donc à dire en espérant que se comporter en adulte pourrait faire disparaitre leurs expressions bagarreuses. Et la vôtre ?
J'ai reçu d'excellentes nouvelles concernant le travail, répondit Rhys avec un sourire qui - sans qu'elle sache trop pourquoi - lui fit froid dans le dos. Malheureusement, mon sommeil a ensuite été perturbé par des voisins bruyants. »
Il lui décrocha avec une oeillade accusatrice qui lui fit monter le rouge aux joues. Oh, Merlin… La veille, elle avait failli à sa bravade à la première caresse de Toby. Elle avait crié. Beaucoup, alors même qu'elle était plutôt du genre silencieuse d'ordinaire. Et il les avait entendus. Si la honte était capable de tuer, elle était sur le point de rendre son dernier souffle.
Elle n'en eut pas le temps. La main de Toby écrasa la sienne et il serra les dents si fort qu'elle les entendit grincer. Son regard s'était assombri, passant de l'argent brillant à un inquiétant orage, et elle craignit qu'il ne se rut sur Rhys pour le frapper encore. Ce qui n'aurait eu aucun sens. La veille, il avait crâné à l'idée que Rhys l'entende crier, et maintenant…
L'orage passa subitement, comme chassé par un coup de vent, et Toby esquissa un sourire goguenard où perçait une violence sous-jacente qu'elle n'était pas sûre de comprendre. Elle avait l'impression d'avoir loupé quelque chose, comme à l'époque où il lui expliquait comment reconnaitre les constellations mais qu'elle était trop occupée à l'admirer pour écouter.
Puis il se pencha vers elle, les yeux brillants d'un savant mélange d'humour et de rage, et chuchota à son oreille, si fort pourtant que chacun de ses mots semblait trouver un écho contre les parois de l'ascenseur :
« Je t'avais bien dit de ne pas crier aussi fort… »
Ella se demanda si le tuer était une option envisageable. Elle ne savait pas s'il était possible de faire l'amour à un fantôme, mais elle était prête à prendre le risque. Il fallait qu'il se taise. Mais il n'en avait aucune intention puisqu'il se tourna vers Rhys pour ajouter :
« Pardonnez-moi, Rhys, c'est entièrement de ma faute. Je ferai mon possible pour la bâillonner la prochaine fois. »
Ella écarquilla les yeux, écarlate. Ses joues auraient pu être utilisées pour faire éclore des oeufs de dragons, et cela n'était pas entièrement dû à la honte. Elle éprouva en effet une sorte de fascination curieuse à l'idée qu'il venait d'énoncer, et se demanda jusqu'où était allé l'entrainement de Betty Jones, et ce que Toby pouvait donc lui faire. Elle chassa ses pensées alors que Toby lui décrochait un regard plein d'humour - elle ne savait pas comment, mais il semblait toujours lire dans ses pensées lorsque ces dernières concernaient le sexe. Il avait un radar, à n'en pas douter. Et elle s'obligea à lui donner un coup de coude pour le faire taire, alors même que le coeur n'y était plus.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent enfin, et les deux hommes attendirent qu'elle n'en sorte pour la suivre - Toby passa inextremis devant Rhys avec une expression triomphante risible. Ella secoua la tête, dépitée. Quel gamin !
« Ce serait très serviable de votre part, finit par répondre Rhys et Ella se demanda jusqu'où irait son humiliation. N'hésitez pas à faire appel à moi si vous ne savez pas comment vous y prendre. »
Les traits de Toby se contractèrent aussitôt et Ella revint vers lui, se dressant instinctivement entre les deux hommes. Il était incroyable de constater que deux adultes puissent se comporter ainsi. Pire que des enfants, ils avaient tout l'air de deux primates prêts à se disputer une banane, et elle se demanda combien de temps elle tiendrait avant de les ensorceler tous les deux. Un petit « impero » de rien du tout, et ils deviendraient aussitôt plus matures, à n'en pas douter. Et elle atterrirait à Azkaban. Elle devait trouver un autre plan.
« Je devrais être revenue pour midi, promit-elle en essayant d'attirer l'attention de Toby qui fusillait toujours Rhys du regard. Je t'attendrais à la maison, d'accord ? »
Toby reporta son attention sur elle, et les nuages qui assombrissaient sa mine s'éloignèrent pour laisser apparaitre un sourire qui la rendit flageolante sur ses jambes. Elle comprit ce qui avait provoqué cette viscérale satisfaction en se répétant le « à la maison » qu'elle avait prononcé sans y penser. Comme autrefois, Toby et elle brûlaient des étapes, se plongeant dans une relation dont elle espérait cette fois qu'ils sortent tous deux indemnes.
« A la maison, hein ? Chuchota-t-il avant de se pencher vers elle pour l'embrasser. Je ramènerai de la mousse au chocolat.
- Oh. Tu penses à ce que je pense ?
- Et pire encore… »
Elle ne put s'empêcher de rire, ravie d'avoir pu faire revenir le Toby avec lequel elle avait passé la nuit. Le Toby plein d'humour, de tendresse et de désirs qu'elle voulait tant assouvir. Et pas le crétin jaloux et bagarreur qu'il semblait être en présence de Rhys.
Derrière elle, Rhys se racla la gorge pour se rappeler à leur présence, mais Ella ne fit pas attention à lui. Elle était prête à agacer un peu son patron si cela lui permettait de prouver à Toby qu'elle ne voyait que lui, et qu'il avait au moins une raison en moins de détester cet homme. Pour l'autre raison, elle espérait pouvoir arranger les choses avant que Toby ne fasse elle-ne-savait quelle sottise.
Toby ne la lâcha pas de yeux et l'embrassa de nouveau avant de lui sourire, l'air de dire que tout irait bien et qu'elle pouvait aller travailler.
Elle hésita pourtant à le laisser, sans trop savoir pourquoi. Elle craignait qu'il ne s'embarque dans une mission suicide - parce qu'il semblait que c'était de ça que son travail était fait - ou que sa petite vendetta ne le pousse à commettre d'autres erreurs. Elle aurait voulu rester avec lui finalement, repousser au lundi sa discussion avec Rhys et entrainer Toby jusqu'au lit qu'ils partageaient pour lui faire oublier tous ses plans.
« On se voit ce soir, Ella, assura alors Toby, mettant fin à ses projets qu'elle ne pouvait de toute façon pas mettre en place. Je t… Je te préviendrais si j'ai du retard. »
Il se pencha vers elle pour l'embrasser une fois de plus, fusilla Rhys d'un énième regard noir et menaçant, salua rapidement Buster qui n'avait rien manqué de la scène, puis s'éloigna vers elle-ne-savait quel danger. Elle le suivit des yeux, la gorge subitement nouée alors qu'un angoissant pressentiment sur lequel elle n'eut pas le temps de s'appesantir.
« Loin de moi l'idée de me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais par Merlin, que lui trouves-tu ? »
Ella fit volte-face pour affronter Rhys qui paraissait sincèrement curieux. Curieux et très impoli. Elle aurait pu lui répondre. Elle avait une liste mentale toute prête des qualités de Toby et elle aurait bien aimé les partager, ne serait-ce que pour le défendre et effacer cette expression dédaigneuse du visage de Rhys. Au lieu de quoi, refusant de participer activement à leurs chamailleries immatures, elle préféra agir de façon cordiale.
« Il s'est montré désagréable et insolent dans l'ascenseur, j'en suis désolée.
- Oh, ce n'est rien de bien grave. J'ai constaté que les hommes aiment se vanter de leurs conquêtes lorsqu'ils sont peu sûrs d'eux…
- Peu sûrs d'eux ? Répéta Ella en un ricanement irrépressible. Je sais que tu ne vis pas ici depuis toujours, mais les Malefoy sont plutôt réputés pour leur fierté.
- Ils étaient aussi connus pour leur vénération envers les Mages Noirs, et celui-ci s'acharne plutôt à les arrêter. Quoi qu'il en soit, quand on s'est rencontrés, je ne pensais pas qu'il était toujours ton genre d'homme…
- Mon genre d'homme ? »
Elle ne comprit pas tout à fait ce qu'il voulait dire. Et que pouvait-il bien savoir de son genre après tout ? Rhys haussa les épaules, l'air nonchalant, et elle réalisa que Toby avait peut-être raison finalement. Rhys se comportait parfois bizarrement. Elle s'en voulut aussitôt de le penser. Il avait été si gentil avec elle dès le départ, et ne cessait de la soutenir et de la motiver au travail. Elle ne pouvait laisser la mauvaise opinion de Toby l'influencer, surtout quand cela ne reposait sur aucune preuve tangible.
« Fanfaron, manquant de finesse… énuméra alors Rhys et elle fut prise d'une envie de le gifler. C'est un Auror, après tout.
- C'est un métier très respecté dans le monde sorcier, répliqua-t-elle en s'efforçant à ne pas hausser le ton.
- Dans le passé, peut-être… Mais leur travail consiste désormais à se charger des missions trop difficiles pour les Sorciers d'Elite. Il y a peu de Mages Noirs en activité après tout, et contrairement à autrefois, leurs arrestations ne font plus la Une. Les Aurors ne sont plus vraiment reconnus et célébrés. Ils ne sont que des agents des forces de l'ordre qui risquent leur vie pour des sommes de gallions dérisoires.
- Nous avons besoin d'eux. »
Son ton était plus tendu cette fois, et elle en voulut à Rhys de trainer ainsi dans la gadoue l'emploi de Toby, mais aussi de Winifred et de nombre de sorciers de confiance. Il avait peut-être raison sur certains points - les Mages Noires se faisaient rares, ce qui était une bonne chose, et les journaux ne parlaient plus vraiment des Aurors, à moins qu'ils ne s'illustrent d'une mauvaise façon. Néanmoins, il avait tout faux : ces gens qui risquaient leurs vies pour celles des citoyens sorciers méritaient bien plus de considération, quelle que soit leur célébrité ou les criminels qu'ils arrêtaient.
« Nous ne pouvons pas tous être des intellectuels, après tout, conclut Rhys avec un rictus conciliant un peu paternaliste. Notre monde a aussi besoin de gros bras ! »
Ella dut se retenir de toutes ses forces de ne pas lui montrer ses propres « gros bras », ou plutôt sa baguette magique. S'il continuait ainsi, ça ne serait pas elle qui finirait bâillonnée. Et il le serait d'une façon bien moins agréable.
En quelques phrases, il avait réussi à la mettre en colère, et comme s'il l'avait pressenti, il s'approcha d'elle et posa gentiment sa main sur son épaule. Elle fut une fois de plus surprise par l'effet qu'il lui faisait. Surprise et dégoûtée. Son traitre de corps refusait d'être sur la même longueur d'onde que son esprit qui trépignait d'envie de s'emporter pour protéger Toby.
« Mais passons… soupira Rhys en retrouvant le sourire qu'elle connaissait si bien. J'ai une excellente nouvelle qui devrait pouvoir nous rendre aussi heureux l'un que l'autre ! C'est au sujet de l'ingrédient dont je t'ai parlé hier. »
Son irritation disparut aussitôt. Pas grâce à la caresse dont Rhys couvait son épaule, ni à son sourire indolent. C'était ses mots. Cette promesse de réussite qu'elle ne pensait pas pouvoir atteindre et qu'il lui offrait subitement sur un plateau d'argent. Elle ne savait pas de quoi il s'agissait, elle n'était pas certaine que cela fonctionnerait, mais elle espérait de tout son coeur qu'il résoudrait tous les problèmes qu'elle avait avec sa potion. Peut-être pourrait-elle ainsi offrir un tout nouveau rêve à Scarlett et Scott.
« Nous l'aurons bientôt ?! Qu'est-ce que c'est exactement ? Et tu penses vraiment que ça marchera ?
- Tant de questions, s'esclaffa Rhys, amusé par l'enthousiasme qu'elle ne pouvait réfréner. Et oui, je suis sûr que ça fonctionnera parfaitement. »
Ella ne put s'empêcher de sautiller, extatique, et se retrouva aussitôt contre lui, emportée par la joie de pouvoir atteindre l'objectif qu'elle s'était fixée. Elle enroula ses bras autour de son cou en le remerciant, et il glissa ses mains à sa taille pour la maintenir en riant.
« Alors quand ? » demanda-t-elle encore, tremblant presque d'impatience.
Rhys la serra plus fort contre lui, et elle sentit son corps tout entier se statuer. Le désir se mêlait à une répugnance dont elle ne connaissait pas l'origine, mais qu'elle oublia aussitôt qu'il lui répondit, son souffle chaud faisant naître des frissons sur sa peau :
« Il est en chemin. »
Après une interminable journée à passer de portoloin en portoloin, de réseaux de cheminée en réseaux de cheminée, Toby commençait à se sentir nauséeux. Il avait l'habitude des moyens de transports magiques, mais se contentait habituellement d'un ou deux voyages par jour, et pas d'une quinzaine. La distance parcourue ne tenait pas à quelques dizaines de kilomètres, mais à des milliers, et il avait l'impression de ne plus vraiment savoir où il se trouvait.
Il connaissait parfaitement cet endroit pourtant. Durant son adolescence, il y avait passé la plupart de ses samedis, sirotant Bièraubeurre sur Bièraubeurre, refilant quelques gallions de plus aux serveuses pour qu'elle lui mettent davantage d'alcool dans le répugnant breuvage.
Les Trois Balais n'avait pas changé, même si les lieux étaient bien vides en cette fin de journée pluvieuse. Il avait commandé un Whisky-Pur-Feu pour se réchauffer en attendant son invitée, mais n'avait bu qu'une gorgée avant de se remettre au travail.
Sous ses yeux, une multitude de parchemins s'exposaient. Des notes qu'il avait prises lors des nombreux entretiens qu'il avait eus au cours de la journée. Quelques articles de journaux - en français pour la plupart - dont Rhys était le principal sujet. Il avait même réussi à récupérer son acte de naissance ce qui, il le savait, risquait de lui attirer bien des problèmes. Étant mis à pied, il n'aurait même pas dû se servir de sa plaque d'Auror, mais avait décidé de faire fi du règlement une fois de plus. Il jouait contre la montre, sans qu'il sache réellement d'où lui venait cette sensation d'urgence.
Il savait désormais tout - ou presque - de la vie de Rhys Charles Demontmorency, né le 26 août 1994 à Toulouse, en France. Isabelle Demontmorency était le seul parent inscrit sur l'acte de naissance. Elle avait eu deux autres enfants après Rhys, qui portaient un autre nom, celui de leur père. À en croire la rumeur, Rhys était né d'une relation d'adultère et n'avait donc pas été reconnu par le sien.
Il s'était illustré dès son plus âge en créant une potion qui, diluée dans l'eau même la plus répugnante, la rendait potable. Il avait alors tout juste huit ans. Elle s'était vendue à prix d'or après avoir été rachetée par Howler & Powder, alors dirigée par celui auquel Rhys avait finalement volé le poste, vingt ans plus tard.
Il avait eu, comme Winifred l'avait dit à Toby, des notes excellentes durant toute sa scolarité, même si après une étude de ses bulletins de notes, les professeurs de Beauxbâtons n'avaient pas semblé vraiment impressionnés. « Se repose sur ses lauriers » revenait continuellement, et Toby savait ce que cela signifiait pour avoir mille fois lu la même chose sur ses propres devoirs. La langue était différente, le sens ne l'était pas.
Certains enseignants l'accusaient aussi de se montrer « manipulateur envers ses congénères », et l'un d'eux, retraité depuis et à qui Toby avait pu parler le jour-même, l'avait traité de sociopathe. Apparemment, Rhys croyait en la pureté du sang et en la domination des sorciers sur toutes les autres créatures, ce que Toby peinait un peu à croire. Après tout, Ella était une Sang-Mêlée et - quoi qu'il cache - l'attirance de Rhys envers elle était palpable.
C'était après l'obtention de son diplôme que la vie de Rhys devenait plus intéressante. Il avait gagné de nombreux prix pour ses potions, même si certains articles estimaient les moyens employés comme étant « barbares et désuets ». En effet, l'une de ses créations nécessitait le jeter un Botruc encore en vie dans le chaudron avant de l'y écraser.
Les Botruc, contrairement aux loups-garous, aux centaures, aux gobelins, ou plus récemment aux Elfes de Maison, n'étaient pas considérés comme des êtres humains à part entière. Ils n'étaient que des animaux, et comme chez les moldus, pouvaient être maltraités de ce fait et servir d'ingrédients aux potions.
Mais Toby se demandait comme un tel niveau de cruauté avait pu être accepté et récompensé. Il comprenait davantage à chaque information que les Elfes de la Baie préfèrent fuir le monde sorcier au lieu d'en faire partie. Merlin seul savait ce que ces gens auraient pu être tentés de faire d'eux…
Il n'eut pas le temps de parcourir les autres parchemins que la porte des Trois Balais s'ouvrit enfin, laissant apparaitre une rouquine d'une humeur massacrante qui enleva sa veste en projetant de l'eau sur lui. Volontairement, bien entendu.
« Tu sais, gronda-t-elle sans me le saluer. Quand j'ai décidé de devenir Auror et que j'ai su que tu allais être mon mentor, je n'imaginais pas du tout que ça ressemblerait à ça ! Je pensais que tu m'apprendrais tout un tas de trucs utiles, et pas que tu me pousserais à agir dans le dos de notre patron alors que tu n'as même pas le droit d'enquêter sur quoi que ce soit à l'heure actuelle…
- Tu as été repérée ? Rétorqua-t-il sans répondre à son laïus accusateur.
- Evidemment que non, tu m'as bien élevée ! »
Elle le fusilla du regard, vexée, avant de lui tendre un épais dossier. Il soupira, soulagé. Il lui faisait confiance, bien entendu, elle n'était pas son apprentie pour rien et son potentiel le poussait à croire qu'il aurait vite une concurrente à son niveau, dès lors qu'elle obtiendrait la qualification d'Auror. Preuve en était qu'elle était arrivée deuxième au dernier examen, une semaine plus tôt. Il en était heureux, et pas seulement parce qu'il pouvait ainsi tenir sa promesse sans se contredire lui-même. Il se jura de commencer son apprentissage de métamorphose en animagus dès qu'il retrouverait son poste, puis reporta son attention sur des préoccupations plus actuelles.
« Tous les noms sont là ? Demanda-t-il en ouvrant le dossier pour le feuilleter.
- Oui. À l'exception des sorciers qui ont refusés d'être recensés par leur Ministère, ajouta-t-elle avant de lui piquer son verre en s'installant. J'ai vérifié sur les listes françaises et anglaises, Rhys Demontmorency n'est pas dedans. »
Surpris, il haussa un sourcil en sa direction et elle haussa les épaules.
« Quoi ? Je sais bien que c'est sur lui que tu enquêtes ! Même si je ne comprends pas trop ce qui te pousses à croire qu'il pourrait être un Animagus. »
Toby ne le pensait pas. Il était presque presque certain que Rhys ne se transformait en aucune créature : il manquait déjà de trop d'humanité pour se permettre de perdre le peu qui lui en restait en se métamorphosant. Il parcourut néanmoins les nombreuses listes du regard, avant de prendre un autre parchemin, à la recherche des noms communs.
« C'est quoi ? L'interrogea Winifred en se penchant par-dessus la table, curieuse.
- La liste des employés d'Howler & Powder.
- Et celle-ci ?
- Tous les gens reliés à Rhys d'une façon ou d'une autre, depuis Beauxbâtons jusqu'à ses précédents emplois.
- D'accord… Toby, tu ne crois pas que ça vire un peu trop à l'obsession, là ? »
Il ne prit même pas la peine de répondre, agacé que deux des femmes les plus importantes pour lui ne cessent de remettre son instinct en question. Il savait que quelque chose ne tournait pas rond et ses soupçons commençaient peu à peu à le mettre sur une piste qu'il refusait d'abandonner sous prétexte qu'elles ne croyaient pas en lui.
« Non, mais c'est vrai, poursuivit Winifred en observant la paperasse qui les entourait. Franchement, tu fais ça pour quoi ? Parce que tu es jaloux par rapport à Ella ?
- C'est mon nom qu'elle a crié cette nuit, pas le sien, répliqua Toby sans lever les yeux des listes qu'il étudiait.
- Eurk, trop d'informations ! Alors, c'est à cause de cette histoire avec ton père ? J'en ai parlé au mien, tu sais ? Il a dit qu'il était prêt à aider. Il a demandé à la Directrice McGonagall s'ils pouvaient engager ton père en tant que nouveau fournisseur en potions de Poudlard… Le Professeur Rogue a un peu ronchonné qu'il pouvait très bien gérer leur stock tout seul, mais je suis sûre que tu pourrais le convaincre. Il t'adore !
- Demontmorency ne rachètera pas la boutique de mon père.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Parce que je vais le tuer. »
Winifred écarquilla les yeux. Elle avait l'habitude d'entendre Toby lancer des menaces en l'air, mais généralement ils se trouvaient devant des criminels qu'il essayait de maitriser - et d'effrayer. Puisque Rhys Demontmorency n'était pas dans cette pièce, elle s'inquiéta à l'idée qu'il pense sincèrement ce qu'il disait. Sauf qu'Auror ou non, il n'avait pas le droit d'assassiner des sorciers pour son bon plaisir.
« Toby, t'as perdu la tête ? Tu peux pas perdre la tête, tu dois m'apprendre à me transformer en animagus. »
Toby ne l'entendit même pas. Elle le savait, il aurait souri de ses bêtises s'il l'avait écoutée. Au lieu de ça, il jura avant de se relever d'un bond et rassembla tous les parchemins avant de les fourrer dans la sacoche qu'il trainait toujours partout avec lui.
« Où est-ce que tu vas ? S'inquiéta-t-elle aussitôt, craignant qu'il ne commette une bêtise tant il paraissait furieux. Je peux venir ?
- Non.
- Mais, je… »
Il balança son sac sur son épaule avant de s'approcher d'elle et de saisir son visage entre ses mains. L'espace d'une seconde, elle crut qu'il était vraiment devenu fou et qu'il allait l'embrasser ou faire autre chose d'aussi dégoûtant. Elle avait une moquerie au coin des lèvres lorsqu'il ordonna, du ton d'Auror qui la poussa à se redresser :
« Ecoute-moi très attentivement. J'ai besoin de toi. Je veux que tu t'assures que Rhys n'approche jamais Ella quand elle est seule, est-ce que c'est clair ?
- Mais pourquoi ?
- Je crois… Non, je suis certain qu'il est dangereux. Je ne sais pas ce qu'il attend d'elle, mais je sais que quelque chose cloche. Tu me fais confiance, pas vrai ? (Elle acquiesça.) Alors contente-toi de faire ce que je dis. Tu n'enquêtes pas de ton côté, tu ne fais rien d'idiot ou de dangereux et tu t'assures juste qu'Ella soit en sécurité. À distance, d'accord ? Je ne veux pas qu'elle s'inquiète et que son comportement puisse rendre Rhys méfiant.
- D'accord.
- Ce n'est pas que l'ordre de ton capitaine, Auror Winner, dit-il d'une voix plus douce. C'est aussi la demande d'un ami.
- Je sais… Et j'obéirais aux deux. »
Toby lui offrit un petit sourire en coin qui lui fit l'impression d'être face à l'adolescent qu'elle croisait si souvent dans les couloirs de Poudlard. L'adolescent qui se jouait du danger, comme s'il ne craignait rien et n'avait rien à perdre. Il se pencha vers elle, déposa un baiser fraternel sur son front, puis sortir en courant presque.
Quand elle quitta les Trois Balais une courte minute plus tard - il avait fallu qu'elle règle son addition, puisqu'il était parti sans payer - il n'était plus là. Elle se serra dans ses propres bras, soudain saisie par un frisson dont le froid n'était en rien responsable.
Elle savait que Toby était un grand Auror, l'un des meilleurs sans doute. Mais elle ne pouvait s'en empêcher : elle s'inquiétait.
Pour son capitaine.
Et pour son ami.
Toby avait l'habitude des planques inconfortables qui entrainaient rhumes ou contusions. Il avait passé un jour plus de trois heures caché, suspendu dans l'âtre d'une cheminée à écouter un Mage Noire potentiel déblatérer sur l'importance du droit à utiliser des sortilèges impardonnables. Et même s'il s'était avéré n'être qu'un crâneur avide de popularité auprès de quelque faibles d'esprit, cela n'enlevait rien à l'aventure vécue par Toby.
Cependant, malgré les nombreuses nuits de poursuites et parties de cache-cache - avec arrestation à la clé - auxquelles il avait participées, jamais il n'avait eu une telle conscience du danger.
Sur le toit d'un immeuble, face aux Laboratoires d'Howler & Powder, il veillait aux allées-et-venues des employés. Il n'avait vu aucun Maitre des Potions ou quiconque portant la robe blanche qu'Ella arborait comme un uniforme. Seuls quelques agents d'entretien du Ministère étaient entrés depuis le début de la soirée, mais il n'avait aucune certitude que les lieux soient aussi vides qu'il le désirait.
Il aurait évidemment pu se contenter d'entrer. Il avait encore la carte qu'Ella lui avait inconsciemment confiée - il le paierait cher, sans doute, si elle venait à l'apprendre. Néanmoins, il n'était pas suicidaire. La veille, le Sorcier d'Elite Summerby était arrivé bien trop vite et il soupçonnait que les lieux soient surveillés. Il pourrait s'en sortir de quelques sortilèges - il avait été entrainé pour ça - mais il redoutait de commettre une erreur. L'entrée par effraction était bien suffisante. Il ne pouvait pas se faire prendre.
Tout ce qui lui fallait, c'était des preuves.
Et une raison d'entrer.
Il fit craquer sa nuque d'un mouvement brusque. Il commençait à se sentir engourdi, tant par le manque d'activité que par la fatigue et le froid environnant. La pluie n'arrangeait rien, malgré le sortilège parapluie qu'il avait lancé pour ne pas finir trempé.
Rentrer ? Ne pas rentrer ?
Il jouait à la roulette russe avec sa carrière, il en était parfaitement conscient, mais il commençait à perdre patience.
Avec un peu de chance, il pourrait trouver le bureau de Rhys - il savait où il se trouvait, les plans du laboratoires bien mémorisés dans sa tête ; découvrir ce qu'il attendait d'Ella et ce qu'il prévoyait d'illégal ou d'inhumain et quitter les lieux avec des preuves. Tout ça sans se faire prendre.
Un jeu d'enfant.
Il esquissa un sourire railleur pour lui-même et décida d'abandonner son perchoir. Il n'allait pas rester là toute la nuit. Sa femme - plus ou moins - l'attendait après tout. Et il était impatient de la retrouver et de pouvoir proclamer un « Je te l'avais bien dit ! » comme un gamin qu'il n'était plus depuis longtemps.
Il s'apprêtait à mettre son plan en marche quand plusieurs hommes apparurent au bout de la rue. Ils auraient pu être de simple fêtards prêts à s'embarquer pour une tournée des Pubs un peu tardive, ou simplement des travailleurs rentrant chez eux après une longue journée, mais quelque chose dans leurs mines patibulaires le poussa à les fixer.
Ils étaient cinq. Ils portaient tous des capes noires du plus mauvais goût. Des sorciers à n'en pas douter, ou ces moldus au style vestimentaire douteux qui se prenaient pour des vampires. Deux d'entre eux semblaient assez costaux vu d'ici, les trois autres étaient petits et trapus, du genre à se mêler facilement aux Gobelins. Et qu'il s'agisse de son instinct ou du mépris purement Malefoyien pour les gens de basse extraction, il était presque certain qu'ils n'étaient pas suffisamment intelligents pour travailler au Ministère. Même pas de nuit.
Alors qu'ils s'avançaient encore, approchant de plus en plus du niveau de la rue où s'était installé, il remarqua que l'un d'entre eux portait un sac sur son dos. Un sac étonnamment grand qu'il crut voir bouger. Il jura avant de décider que c'était là le signe qu'il attendait. Il était un Auror après tout, renvoi temporaire ou non, et il pouvait très bien décider qu'une vie était en danger - même si la taille du sac lui faisait plutôt penser à un animal.
Il retint sa respiration lorsqu'ils s'arrêtèrent devant la porte du laboratoire et quand le plus grand de la bande sortit une carte de sa poche, Toby décida qu'il s'agissait du signal dont il avait besoin.
Il attendit que les hommes soient tous rentrés avant de sauter du toit, entouré d'un sortilège qui lui permit de passer inaperçu. Il chuchota une formule avant d'heurter le sol et flotta à un petit mètre de l'asphalte. Doucement, il se laissa retomber, puis se précipita vers la porte. Il passa sa carte et fila à la suite des hommes, prêt à leur annoncer son grade et à leur demander les raisons de leur présence en ces lieux au beau milieu de la nuit.
Ils avaient disparu.
Il regarda tout autour de lui, effaré. Les couloirs étaient longs de plusieurs dizaines de mètres, ils n'avaient tout de même pas pu se volatiliser. Jurant tout bas, il avança en prenant garde à faire le moins de bruit possible et hésita.
Il pouvait directement se diriger vers le bureau de Rhys. Ou il pouvait chercher ces inconnus et découvrir ce qu'ils fichaient là, ainsi que le contenu de leur sac.
Sa tête lui hurla de suivre son plan. Il devait trouver des preuves après tout, et il n'avait aucune certitude que les sorciers qui venaient d'entrer trament quelque chose de louche. Néanmoins, il ne put s'y résoudre. Quoi qui ait bougé dans ce sac, humain ou créature, il ou elle était en danger. Personne n'enfermait un être vivant pour l'emmener jouer une partie d'échecs version sorcier.
Il n'avait jamais su suivre les plans de toute manière, ils étaient rarement en accord avec son instinct. Il soupira donc et parcourut les couloirs vides, effaré du silence qui régnait dans un tel lieu. L'endroit lui faisait l'effet d'un labyrinthe même s'il ne risquait pas de se perdre. Cependant, une étrange sensation lui brûlait la gorge, et elle n'avait rien à voir avec l'adrénaline habituelle.
Il s'apprêtait à rejoindre l'étage supérieur quand un bruit l'arrêta net. Un cri. Il se stupéfia sur place avant de retenir son souffle, espérant que les battements erratiques de son coeur n'assourdissent pas le prochain son. Il ferma les yeux.
Un autre cri. Il revint sur ses pas en courant, sans même plus tenter de se montrer discret. Il ouvrit de nombreuses portes à la volée, conscient que quelque chose ne tournait pas rond. La veille, tout était fermé à l'aide de puissants sortilèges. Cette fois…
« C'est trop facile. » lui hurla une petite voix, l'incitant à la prudence.
Il ne l'écouta pas alors qu'un autre cri fendait l'air, plus proche. Il y était presque, et quand bien même son esprit lui suggérait qu'il s'agissait d'un piège, il ne l'écouta pas et défonça une énième porte.
Son cœur eut un sursaut alors qu'instinctivement, il tendait sa baguette en avant, prêt au combat. Il absorba chaque détail de la scène d'un seul regard.
Le Sorcier d'Elite Summerby qui, adossé à un mur face à lui, arborait un petit rictus plein d'ironie aux lèvres. Les cinq hommes, des brutes épaisses à en croire leur allure, qui pointaient leurs baguettes sur lui.
Et l'enfant. Harnaché à un fauteuil bien trop grand pour lui, ses yeux dorés écarquillés de terreur, il le regardait fixement. Toby sut immédiatement qu'il s'agissait d'un Elfe et non d'un humain. Sa peau était trop pâle, ses yeux trop brillants, et s'il ne l'avait pas deviné ainsi, il aurait suffit d'observer sa tenue.
Alors il comprit. Pourquoi Rhys Demontmorency avait engagé Ella, pourquoi il s'intéressait tant à elle… Tout trouva un sens, enfin, et il se demanda s'il n'avait pas trouvé la solution à tous ses doutes des derniers jours un peu trop tard.
Summerby éclata alors de rire avant de se mettre à applaudir, et Toby se concentra, prêt à entrer en action au moindre mouvement brusque. Il pouvait très bien se charger des six hommes, il avait déjà combattus des groupes bien plus impressionnants.
« Félicitation, Malefoy ! Ricana Summerby en faisant virevolter sa baguette entre ses doigts. À peine quinze minutes… J'avais parié que ça te prendrait plus de temps.
- Relâchez l'enfant, ordonna simplement Toby sans prêter attention à la raillerie qui prouvait qu'il s'était bien fait avoir.
- L'enfant ? Ce n'est pas un enfant, c'est juste une créature qui nous sera bien utile dans les jours à venir et qui fera de nous des hommes riches. Et de toi un homme mort. »
Toby serra plus fort sa baguette dans ses mains, dégoûté par la façon dont le Sorcier d'Elite venait de traiter le petit qui, tremblant sur le siège, pieds et poings liés, ne pouvait rien faire d'autre que d'attendre d'être sauvé.
Et Toby le sauverait, même si c'était la dernière chose qu'il devait faire.
Alors il attaqua, plongeant en avant afin de se dresser près de l'enfant pour parer aux sortilèges qui auraient pu l'atteindre. Il fit décoller du sol l'une des brutes qui alla s'écraser contre le mur, assommé. Il jura quand un maléfice l'atteignit, ouvrant une plaie béante à son bras droit. Aussitôt, il attrapa sa baguette de l'autre main avant de reprendre le combat.
Il parait à la plupart des attaques, parvenant tant bien que mal à protéger l'enfant - même si cela le mettait bien plus en danger.
Jusqu'à qu'un Doloris l'atteigne en pleine poitrine.
Il bascula en arrière en serrant les dents, refusant d'offrir à quiconque la satisfaction de l'entendre crier. Il tomba sur l'enfant. Le petit Elfe se mit à vociférer, lui hurlant de se lever avec une autorité impressionnante pour un garçon aussi jeune.
Toby essaya vainement de lui obéir.
Mais déjà, un autre sortilège le clouait au sol, puis un autre et un autre encore, jusqu'à ce que son corps ne soit que douleur. Une douleur qui réveilla des souvenirs qu'il ne parvint pas à faire fuir et qui l'entrainèrent vers l'inconscience.
Et par-dessus les cris du jeune Elfe, alors même que mille voix imaginaires commençaient à le hanter, il perçut celle de Summerby. Il entendit un ordre qui lui offrait enfin la preuve dont il avait besoin, une preuve qu'il doutait même de pouvoir partager un jour alors qu'il sombrait dans les ténèbres qui l'entouraient.
« Allez chercher Rhys. Il sera ravi de rencontrer nos nouveaux invités… »
Note _ ... Ma passion secrète (ou pas) : laisser les personnages dans des situations dangereuses xD
Petites questions _ 1. Alors, Toby ? (il a des comportements qui m'agacent en vrai xD Mais je l'aime quand même... et puis là, il a raison, pourquoi personne ne l'écoute ?!) ; 2. Suis-je la seule qui est agacée par Ella ? (je sens que non xD même quand je l'aime, elle vous agace, alors là ? elle a dit des trucs tellement grrrr) ; 3. Rhys vous avait manqué encore plus que les autres personnages je suis sûre, avouez-le ? je suppose que maintenant, vous voyez clairement quel est son objectif ? Mais pourquoi ? Et comment a-t-il eu cette idée selon vous ? ; 4. Bébé Diiiiiin encore une fois T_T Pensez-vous que Toby parviendra à le sauver ? ; 5. Comment pensez-vous qu'Hermione & Théo vont "finir" ? ; 6. Ce chapitre vous a plu ? :)
Dans le prochain épisode _ de douloureux souvenirs, des cris, 03h47, une photo injuste, un début d'explication, une aiguille, des portoloins, trop de cafés, des soupçons, du désir, une faveur, une vision traumatisante, le téléphone Weasley, un étrange compliment & une révélation.
Voili voilouu ! Des bisous (de loin, masqués & co) contre des reviews ! (que je ne mérite pas xD)
Bewitch_Tales
