Plop bonsoir !
Voici un nouvel OS écrit dans le cadre du Drabble Club du Kraken Writing Club (n'hésitez pas à m'envoyer un MP pour plus d'informations) !
Je rappelle que ce recueil prend place dans le contexte d'un de mes UA en cours d'écriture, mais pas de publication.
Je tiendrais à ajouter qu'un personnage a popé à l'insu de mon plein gré et que vous allez devoir faire avec , je ne suis pas sûre de vouloir reprendre le premier OS de suite pour le rajouter.
Donc, informations nécessaires à la compréhension :
- Touya Todoroki a été adopté par les Midoriya quand il avait 15 ans et est désormais connu sous le nom de Hikari Midoriya. Hitoshi Shinsou a aussi été adopté, mais a gardé son prénom.
- Touya est passé par Yuei comme école et a fait ses stages sous la houlette de Lady Nagant
- Il est un super-héros sous le pseudonyme de Phénix et se bat pour la protection des populations les plus démunies et des minorités.
- Il est en colocation avec Soga Kugisaki, du spin-off Vigilante
Donc, en avertissements :
/!\ SPOILERS MANGA ET SPIN-OFF VIGILANTE
/!\ THÉORIE TOUYA TODOROKI = DABI
/!\ THÈMES DIFFICILES POUVANT ÊTRE MENTIONNÉS (ils seront toujours indiqués au début de chaque OS si besoin)
8ème Édition du Drabble Club
Thème n° 2 : Au coin du feu
Avertissements particuliers : /
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2# La chaleur de l'amitié
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Il neige, dehors. Les flocons s'accumulent sur la fenêtre, recouvrant de blanc la vitre, et il y a des enfants qui jouent. Leurs cris résonnent sous le ciel et Touya se souvient d'un temps où c'était Izuku, Hitoshi et lui dans la poudreuse, à former des bonhommes de neige ou à se lancer des boules. Il se souvient de ses petits frères formant des anges dans l'étendue brillante, se fichant bien d'attraper froid et de finir mouillés par les flocons éphémères.
Il renifle. Le pire, c'est que c'est toujours lui qui tombe malade, même quand il fait attention. Sa santé est plus fragile qu'il ne veut bien l'admettre et puis, un temps pareil affaiblit ses pouvoirs. Il est bien mieux au chaud sur le canapé, sous un plaid. Ou deux. Voire même trois. Izuku rirait bien de lui s'il était là et Hitoshi reniflerait sans doute avec tout son dédain de sale gosse, mais leur mère leur interdit de mettre les pieds dans l'appartement tant qu'il est malade.
Enfin, tant que Soga et lui sont malades, plus précisément.
Son ami se traîne depuis la cuisine jusqu'au salon, une tasse de ce qui sent comme du grog dans la main droite et Sonic le cactus en peluche sous son autre bras. Puisqu'il n'approche plus Igor de peur de lui faire du mal en éternuant et en perdant ainsi le contrôle de son Alter, il se console avec la peluche offerte par Izuku.
Soga a beau crier à tout va qu'il ne dort pas avec, Touya sait. Et il trouve ça affreusement adorable, quand bien même il s'étoufferait avec ses céréales du matin plutôt que de l'avouer.
― Rapt est bassé avec sa petite zœur nous donner des courses. Avec c'que ta mère a ramené hier et Moyuru avant'hier, on d'vrait avoir assez pour un moment.
Son colocataire renifle à son tour, les yeux cernés du manque de sommeil. Touya grogne, trop épuisé pour faire une phrase correcte pour si peu, avant de soulever les plaids juste à côté de lui pour que son ami puisse s'asseoir. Soga lui adresse un sourire, déposant sa tasse sur la table basse où brûlent quelques bougies. Les flammes bleutées dansent lentement au bout du fil de coton, hypnotiques, et Touya se perd dans la contemplation de ses propres flammes jusqu'à ce que son colocataire lui donne mollement un coup de coude.
― T'endors pas zur tes flammes, 'bécile.
― Ça m'est encore jamais arrivé.
― T'as dis ça aussi lors de ta bremière fois ? Il ou elle l'a bien bris ?
Soga ricane et Touya lui retourne son coup de coude, ses lèvres plissées en une moue boudeuse.
― C'était ta mère, si tu tiens tant à savoir, réplique-t-il avec toute la mauvaise foi du monde.
― Oh le mauvais goût !
Leurs regards se croisent, quelques secondes avant qu'ils n'éclatent de rire ensemble. Touya se roule sous ses plaids, comme un chat, avant de poser la tête sur l'épaule de Soga. Ce dernier soupire sans pour autant le repousser, se contentant de remonter un plaid sur lui.
― J'pensais pas qu't'avais autant de couvertures.
― Je prends facilement froid.
― Avec ton Alter ? Tu me fais marcher !
Touya esquisse un maigre sourire sans répondre. Il ne veut pas répondre, surtout. Cela lui rappelle de mauvais souvenirs, du temps où les Midoriya n'étaient pas encore rentrés dans sa vie pour l'illuminer comme les plus belles étoiles du ciel. Il est né avec la résistance à la glace de sa mère biologique et les flammes de son géniteur. Le mélange a donné un désastre, une bombe à retardement que les Todoroki n'ont pas su désamorcer.
Chaque brûlure, chaque maladie, chaque faiblesse était comme une craquelure de plus sur un vase. Le genre de défauts qui pouvait être recouvert, mais qui égrenait les secondes jusqu'à l'ultimatum de la casse. Peut-être était-il destiné à se briser un jour ou l'autre entre les mains fortes d'Endeavor, après tout.
Peut-être Touya devait-il se briser en mille pièces pour que les Midoriya puissent le rapiécer derrière avec de l'or pour le sublimer. N'a-t-il pas vu un livre de développement personnel qui utilisait la métaphore du kintsugi, d'ailleurs ? Peut-être devrait-il y jeter un coup d'œil, un de ces jours.
Il aime bien l'idée d'être devenu une meilleure personne, une plus belle personne entre les mains douces de sa mère et celles plus petites d'Izuku.
Tout comme il a aidé Hitoshi à devenir plus sûr de lui, à devenir un enfant plus sociable, quand bien même il sera marqué par ses années de solitude. Giran n'est pas un mauvais père, mais l'enfant a grandi bien seul, baladé de planque en planque, obligé de se cacher lorsque des gens venaient. Touya comprend sans peine son animosité et sa maladresse de leurs premiers mois ensemble.
Heureusement qu'Izuku est d'une telle douceur et d'une telle bonté qu'il peut abattre les montagnes de crainte derrière lesquelles les autres se réfugient.
― … Tu m'fais pas marcher.
― Je n'ai rien dit.
― C'bien c'qui m'inquiète. Accouche.
― J'suis pas enceint.
― Joue bas au blus malin, Hikari.
― Je ne joue pas, je suis le plus malin.
Soga lève les yeux au ciel avant d'abandonner, mais Touya sait que ce n'est que partie remise. Dès qu'il en aura l'occasion - et dès que le héros semblera ne plus y penser - il cherchera à en apprendre plus. Il aurait dû se taire. Il n'a pas spécialement envie d'en parler. Bien évidemment que Soga sait qu'il a été adopté, même en teignant ses cheveux en vert, il n'a que peu de traits communs au reste de sa famille. Mais il ne veut pas donner d'informations sur sa famille biologique. Il ne peut pas les revoir, de toute façon.
Ses démons peuvent bien rester dans le domaine Todoroki, il les a abandonnés en choisissant de fuir.
― Moui, j'dirais ça à tes frangins l'prochaine fois qu'j'les croise. Histoire de les faire rire.
― Nan, mais Izuku est hors catégorie ! Et Hitoshi est pas mal dans le genre non plus, grogne Touya.
Il a beau avoir sa fierté, il est bien trop fier de l'intelligence de ses petits frères pour ne pas concéder le point à Soga. Ce dernier ricane, avant de saisir sa tasse et de commencer à la siroter. Le silence reprend ses droits dans l'appartement, un peu trop facilement. Touya n'aime pas le silence, après avoir vécu dans une maison pleine de vie. Il préfère les taquineries qui volent d'un bout à l'autre de la pièce, Izuku et Hitoshi qui se chamaillent autour d'un jeu de société ou même Giran qui drague leur mère quand il pense qu'ils ont le dos tourné.
Touya a du mal à voir Giran comme une figure paternelle. C'est plus fort que lui, le mot « père » dans sa tête ne renvoie qu'à des démons qui sommeillent au fond de son cœur, mais il voit comment il rend Inko heureuse et la lueur de fierté dans ses yeux mauve lorsqu'il les pose sur Izuku et Hitoshi. Au moins, les deux plus jeunes vivent désormais dans un semblant de normalité qui leur fait sans aucun doute du bien.
Il ne veut pas penser à la déscolarisation d'Izuku et d'Hitoshi après « l'incident ». Il sait qu'ils sont à même de suivre des cours en ligne - il a même vu Izuku prendre des cours qui n'entrent pas dans un cursus de collégien - mais il a bien conscience que les souvenirs de ce jour-là les hanteront encore longtemps.
Il aurait voulu être là. Il aurait dû être là et songer que ses petits frères ont évité le pire par l'intervention de Katsuki rend sa culpabilité d'autant plus amère. D'un côté, il est heureux que le gosse ait changé de mentalité, passant de harceleur à un ami protecteur pour Hitoshi et Izuku, mais c'est Katsuki, et Touya ne l'apprécie toujours pas.
Il sait pertinemment que c'est hypocrite de sa part, parce qu'il a bien pardonné à Soga ses délits et qu'il lui a offert son amitié, mais le comportement passé de l'enfant lui reste toujours autant en travers de la gorge. Peut-être parce qu'il voit son ancien lui à travers sa colère constante et que cela ramène un goût amer dans sa bouche. Il a fait des choses pour lesquelles il ne pourra jamais demander pardon ; il a dit des choses qu'il regrette, qui lui brûlent encore les lèvres maintenant.
Il ne se retrouve que trop dans Katsuki pour lui pardonner ce qu'il a fait à Izuku, ou tout du moins tourner la page.
Les flammes bleues dansent toujours dans leur cercueil de verre et une douce odeur d'agrumes remplit petit à petit l'appartement. Soga reprend une gorgée de sa boisson, avant de grogner :
― On va bas rester affalés dans le sofa sans rien faire comme deux bau'ves bommes, si ?
― J'veux bien être une pomme si ça me guérit.
Touya renifle, avant de couler un regard en coin à son colocataire. Il y a toujours cette solution…
― Non. Bas ce regard, Hikari. Je refuse. Niet.
― On est censés garder Eri pour le week-end en amoureux de Nagant et son compagnon. Ça te fera de l'entraînement.
― C'est une bonne excuse, oui !
― Alors je me contenterai de ricaner quand Eri te demandera de chanter avec elle.
― Démon. Tu aurais dû te nommer Méphisto au lieu de Phénix.
― Enfin, Soga, un bon démon ne crame pas sa couverture !
― Ouaip, il crame les âmes damnées, conclut son ami avec un sourire.
Touya éclate de rire, qui finit en une toux qui le plie en deux et lui brûle la gorge, comme s'il avait avalé des cendres. Il déteste cette sensation étouffante qui pèse sur ses poumons. Du coin de l'œil, il voit Soga lui adresser un regard inquiet, avant qu'il ne pose doucement une main sur son dos.
― Mec, t'es sûr que tu veux pas de sirop pour la toux ?
― Moui. C'est dégueu.
― Un vrai gosse, rit Soga.
Mieux vaut se faire moquer que de dire l'exacte vérité. Touya est allergique à l'un des composants et a fait de violentes crises d'allergie, enfant. Même s'il a confiance en son ami, il craint ce qui pourrait lui échapper, ce qui pourrait amener des journalistes et des fouilles-merdes à additionner deux et deux. Même s'il n'est pas très médiatisé et qu'il masque ses traits lorsqu'il travaille, il y a toujours un risque que quelqu'un se mette en tête qu'il est lié d'une façon ou d'une autre à Endeavor et déterre tout ce que Giran et Inko se sont efforcés de faire disparaître.
― Allez, pour te faire blaisir. C'est bas comme si j'suis en état d'réfléchir de toute façon.
Soga se penche et tend la main vers le niveau inférieur de la table basse, saisissant son ordinateur, flambant neuf ou presque, avec des stickers sur le dos choisis par chacun des membres de la famille Midoriya. Touya ignore si c'est parce qu'il est le seul ami qu'il ait réussi à se faire ou si c'est parce qu'il a été un peu adopté dans leur famille de bric et de broc ; en tout cas, c'est la chose à laquelle Soga tient le plus après Igor et Sonic.
Le héros récupère la télécommande de la télévision et l'allume, avant que Soga n'y affiche par Bluetooth l'écran de son ordinateur. Quelques manipulations plus tard, une tête blonde reconnaissable s'affiche à l'écran, légèrement auréolée des reflets bleus de ses flammes. Touya soupire de contentement, se recalant confortablement au fond du canapé alors que le film commence, sous le ricanement peu discret de son ami. Il lui donne un coup de coude, qui n'éteint pourtant pas la lueur rieuse dans les yeux dorés.
Soga peut bien se foutre de lui s'il veut, mais Touya niera jusqu'à la fin de ses jours apprécier regarder les films Barbie pour se détendre et ne plus penser à rien.
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