Plop bonsoir !
Voici un nouvel OS écrit dans le cadre du Drabble Club du Kraken Writing Club (n'hésitez pas à m'envoyer un MP pour plus d'informations) !
Je rappelle que ce recueil prend place dans le contexte d'un de mes UA en cours d'écriture, mais pas de publication.
Donc, informations nécessaires à la compréhension :
- Touya Todoroki a été adopté par les Midoriya quand il avait 15 ans et est désormais connu sous le nom de Hikari Midoriya. Hitoshi Shinsou a aussi été adopté, mais a gardé son prénom.
- Touya est passé par Yuei comme école et a fait ses stages sous la houlette de Lady Nagant
- Il est un super-héros sous le pseudonyme de Phénix et se bat pour la protection des populations les plus démunies et des minorités.
- Il est en colocation avec Soga Kugisaki, du spin-off Vigilante
Donc, en avertissements :
/!\ SPOILERS MANGA ET SPIN-OFF VIGILANTE
/!\ THÉORIE TOUYA TODOROKI = DABI
/!\ THÈMES DIFFICILES POUVANT ÊTRE MENTIONNÉS (ils seront toujours indiqués au début de chaque OS si besoin)
8ème Édition du Drabble Club
Thème n° 3 : Champignon
Avertissements particuliers : /
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3# Ennemi juré
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― C'était délicieux !
Touya sourit à son ami, avant de repousser son bol le ventre plein. Il ne regrettera jamais sa décision d'être en colocation avec lui ; fini les repas livrés ou alors tout préparés, quand sa mère ne lui laissait pas des tupperwares. Il s'étire, songeant que ça fait longtemps qu'il n'a pas mangé la cuisine d'Inko, quand il croise le regard de Soga.
Il y a un air beaucoup trop carnassier sur le visage de son ami pour être serein.
― Il y avait des champignons dans ce ramen, tu sais.
― De !? Tu me fais marcher !
Touya n'a rien vu qui ressemble de près ou de loin à ces choses honnies qui ne sont nullement des légumes. Soga n'aurait pas osé lui en mettre alors qu'il déteste ça ! Puis il l'aurait senti, tout de même ! Il n'en mangera jamais, de toute façon, il préfère encore vendre son âme à un démon.
Ce sont des organes génitaux, par les Kamis ! Ça devrait être interdit d'en mettre dans les plats !
― Vu que tu es actuellement assis, non, je ne te fais pas marcher.
― Tu as mis des champignons dans notre repas.
― Ça va, t'en es pas mort.
― Mais des champignons, Soga !
Touya désigne son bol vide de ses mains, son sourire se tordant en air outré. Comment son ami a pu lui faire une chose pareille ? Pour combien l'a-t-il trahi ? Que lui ont promis ses petits frères s'il arrivait à lui faire manger ces choses caoutchouteuses ?
― Ils étaient même pas hallucinogènes, j'vois pas pourquoi t'en fais tout un plat ! Enfin, un bol, en l'occurrence. Tu as fini de jouer la drama queen pour quelque chose que tu n'as même pas senti ?
― Traître ! Faux-frère !
― Tant que je suis pas du faux-filet, ça me convient. Et je te rappelle qu'on a pas les mêmes parents, idiot.
Ah, il veut jouer à ça ? Touya sent le coin de ses lèvres frémir, alors qu'il lie ses mains et les pose au bord de la table. Soga n'a certes plus de parents depuis quelques années, mais il est en passe de se faire adopter en tant que membre honoraire de la famille. Même Giran l'apprécie, sans doute parce qu'il est arrivé la première fois avec des cigares pour lui.
Personne n'a demandé la provenance ; la carte de l'ignorance est toujours la plus aisée à jouer.
― Rappelle-moi qui s'est fait couver par ma mère au dernier repas de famille auquel il a été invité ?
― Je ne me suis pas fait couver ! Puis tu peux pas savoir, tu n'étais pas là, t'étais encore en mission !
Soga a raison. Touya n'était pas là. Mais Hitoshi et Izuku si ; pour une fois qu'il n'est pas la cible du génie de ces deux petits démons, il s'amuse beaucoup. Il sort son téléphone, le faisant tourner entre ses doigts en fixant son ami.
― Oh ? Mais j'ai des preuves, très cher.
― … Sales mioches, grommelle Soga quand il comprend de qui il a obtenu les preuves.
― Que veux-tu, ils sont bien trop malins, ils nous enterreront tous !
― Ou ils partiront en premier parce qu'ils ont un don pour trouver les ennuis.
Le silence qui suit est lourd. Presque glaciale. Touya peine à déglutir, tant il sait que les mots de Soga sont justes. Hitoshi et Izuku veulent devenir des héros, comme lui ; il ne connaît que trop bien la dangerosité du métier, mais il refuse pour autant de les en empêcher. Il les a mis en garde, il les a conseillés. Il ne les empêchera pas de faire ce qu'ils veulent, il refuse de ressembler à Endeavor.
Bien sûr qu'il est terrifié à l'idée de les perdre, à l'idée de les voir mourir avant lui. Il tremble à l'idée de leur photo dans un cadre noué de noir. Mais il se détesterait bien plus de briser leurs rêves alors que la société tente déjà de le faire. Il ne peut que les entraîner et leur apprendre tout ce qu'il peut pour qu'ils survivent et atteignent le sommet, comme Lady Nagant l'a fait pour lui.
Son ami sait décidément mettre le doigt là où ça fait mal. Pourtant, d'habitude, il essaye de ne pas lui rappeler que les rêves de ses petits frères seront peut-être leur urne funéraire. Est-il fatigué, ce soir, ou…
Oh.
― Est-ce que tu essayes de me détourner des champignons ? s'indigne Touya.
― … J'aurais essayé, au moins.
Soga hausse les épaules avec un sourire contrit et Touya sait qu'il ne regrette absolument aucun de ses mots. Et lui-même ne peut pas lui en vouloir ; entendre la dure réalité lui permet de s'y faire et peut-être ne se brisera peut-être pas en mille morceaux le jour où il arrivera quelque chose de grave à Hitoshi ou Izuku. Peut-être que ce ne sera que cinq cent, ou cent pièces.
― Tu m'en veux vraiment, pour les champignons ?
― Pourquoi tu en as mis ?
― Parce que j'aime ça et que j'en avais marre de me priver ?
Il y a un air grincheux sur le visage de Soga, mais ses yeux reflètent toute l'insécurité qui doit chuchoter actuellement à son oreille. Touya tombe des nues. Il ne pensait pas que ses goûts personnels affecteraient autant les choix de cuisine de son ami ! Il ne voulait pas le priver de quoi que ce soit, seulement éviter de croiser ces sporophores.
― Mais pourquoi tu me l'as pas dit plus tôt ?
Il a vraiment merdé, si son ami ne s'est pas senti assez en confiance pour lui dire ça. Est-ce qu'il se prive d'autres choses, pendant qu'ils sont sur un sujet pareil ? Touya a soudain honte de s'être plaint pour de simples champignons. Dans le pire des cas, il aurait pu les mettre sur le côté et pourquoi pas, même les refiler à Soga, vu qu'il a l'air d'aimer, mais jamais il n'a voulu en arriver là !
Son ami détourne les yeux et Touya n'a qu'à le voir se gratter l'arrière de la nuque pour se douter que le sujet est hautement sensible. Peut-être n'a-t-il pas besoin de s'ouvrir à lui ce soir ; il lui laissera le temps qu'il lui faut, une éternité de silence même. Il ne veut pas se disputer avec lui pour de si petites choses.
Il a appris avec deux petits frères à faire des compromis et les Kamis savent qu'il ne les aime pas moins pour autant. Même avec sa mère, il a dû en faire, bon sang !
― Laisse tomber si t'as pas envie de me le dire. J'ai combattu pire que trois pauvres champignons dans un ramen !
L'air soulagé de Soga ne lui échappe pas et Touya lui sourit doucement, avant de se lever pour récupérer la vaisselle. La main de son ami vient cependant s'enrouler autour de son poignet alors qu'il saisit le bol devant lui, et ils échangent un regard silencieux, avant que Soga ne détourne de nouveau les yeux.
― Merci, mec.
― De rien. C'est toi qui fais la cuisine, je peux bien faire des compromis. T'es devenu mon colocataire grâce à ça, je te rappelle !
― En même temps, t'es l'ennemi juré de la gastronomie, je suis pas surpris, renifle Soga.
― Et tu es le merveilleux chevalier blanc qui défend sa princesse la gastronomie corps et âme ?
― J'ai du piquant, pour un paladin.
― Oh, tu as une lance ?
Ils éclatent de rire en même temps et Soga défait sa prise. Touya dépose les bols dans le lave-vaisselle, gardant cependant un œil sur son ami. Ce n'est pas ce soir que les choses iront franchement mieux, mais il ne peut qu'être présent pour lui jusqu'au jour où il aura envie d'en parler. Ses lèvres s'étirent en un sourire amusé, alors qu'il repousse la porte de la machine.
― Allez, vante-toi de ta réussite auprès des deux petits monstres et de ma mère, t'as réussi là où ils ont échoué.
― Je t'ai mouché ?
Le sourire en coin de Soga vaut bien toutes les piques à son ego. Touya lui tire la langue et il l'observe rire de bon cœur avec un certain soulagement. Quoi qui le ronge, ce n'est pas assez pour l'empêcher d'être heureux. C'est le plus important.
Même supporter d'avoir des champignons dans son assiette n'est pas trop cher payé pour cette joie qui illumine la pièce.
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