Bonjour, bonsoir, bon appétit.
Comme le savent, je reviens.
Ces deux dernières années comme vous avez pu le voir, beaucoup de travaux ont été supprimés et les raisons sont simples : Je n'aimais plus mon propre travail et disons que j'avais lourdement perdu foi en ce fandom donc je ne voulais plus l'alimenter.
La raison à cela est que depuis maintenant plus d'un an je traine sur un groupe SSHG international où très peu de francophones sont présents ( On est 2 sur une centaine) et dans ce groupe il se passe tous les jours des choses extraordinaires qui donnent une hype d'enfer mais allez savoir pourquoi, les groupes francophones sont muets, à l'abandon et carrément délaissés. Donc ça m'a un peu brisé de faire cette triste constatation alors que de l'autre côté les gens s'amusent et continuent de créer autour du Snamione.
Alors avec Karine-F, on a décidé de mettre un grand coup de pied à la fourmilière et de fonder un groupe tout autant vivant que Hearts and Cauldrons. Je me permet donc de faire la promo de notre groupe Facebook que vous êtes libres de rejoindre, il porte le nom de Prudence&Potions, on commence à être relativement dedans et ça fait plaisir de voir que finalement le fandom francophone n'est pas mort et qu'il reste des gens pour partager cet univers et continuer de créer du contenu ainsi que faire pas mal de shitpost.
Nous avons également crée un groupe Discord en la gloire du ship, pareil si vous voulez nous rejoindre envoyez moi un MP et je vous donnerais le lien. Dedans on parle de tout de manière décomplexée, on prend du plaisir et même qu'à la fin de la pandémie on va faire une giga teuf. On est très émues d'avoir réussit à rassembler des gens et tristes aussi de ne pas avoir trouvé le courage de faire ça plus tôt. Bref tout ça pour dire que je suis extrêmement touchée de tout cet amour porté au ship et qu'on ait enfin réussi à fédérer une communauté très sympa.
Voilà pour les mouchoirs, maintenant passons au vif du sujet.
Je vous présente Parasite, c'est une fiction sur laquelle je bosse depuis Août 2019 en scred, il n'y a que Karine-F qui a lu les prémisces. Cette fic va être longue, très longue et et je suis loin d'avoir terminé sa rédaction. Je profite donc de la hype pour me relancer et ainsi proposer quelque chose d'un peu inédit en dehors de mes OS réchauffés repostés récemment.
Merci à tous pour votre soutien, merci pour vos reviews, merci pour le train de la hype. A la revoyure !
Chapitre 1 - Point de rupture
Poppy Pomfresh dormait à poings fermés.
C'était tout à fait le genre de nuit calme qu'elle aimait passer.
Pas un seul nez qui coule, pas de grippe, pas de fractures due au dernier match de Quidditch, non, tout ce soir était parfait et pour une fois, elle pouvait apprécier la quiétude de ses appartements jouxtant l'infirmerie.
La matrone de Poudlard s'était longuement divertie au coin du feu avec un livret médical moldu parlant de nouvelles techniques modernes pour soigner des maladies que de toutes façons ses élèves n'étaient pas près d'attraper. La jeunesse sorcière de Grande-Bretagne était injustement bien plus résistante que les enfants moldus.
Alors, ce samedi soir elle s'était couchée avec la plus grande satisfaction du monde.
Rien à signaler...
Jusqu'à quatre heures du matin.
L'infirmière scolaire s'éveilla presque en sursaut lorsqu'un éclat de lumière bleutée, un chat, vint se poser tel un gardien de nuit au pied de son lit.
Elle cligna des yeux successivement, tentant de faire le point sur le flou de son sommeil peinant à se dissiper.
Poppy, une fois tirée de ses songes non sans un râle réprobateur se leva sur ses jambes comme un ressort après avoir reconnu le patronus de Minerva.
Elle habilla ses pieds de ses petits chaussons fourrés et se couvrit d'une robe de chambre en polaire non sans oublier sa baguette posée sagement sur le chevet.
Elle maugréa quelques mots incompréhensibles puis se rendit vers l'infirmerie avec résignation.
Il était rare qu'on la somme entre un samedi et un dimanche, d'habitude les élèves un peu feignant se débrouillaient toujours pour tomber malade un jour de semaine, voire un dimanche soir, afin d'avoir un congé à rallonge et puis jamais pendant les vacances, à part peut-être pour les plus malchanceux ayant mal évalué leurs capacités sportives ou encore leur prétendue toute puissance face aux germes magiques.
Sans s'en rendre compte, elle continua de pester ainsi tout son petit trajet. Quel élève avait osé la tirer d'un sommeil si doux, si réparateur ? Son oreiller moelleux lui manquait déjà.
Lorsque Poppy tira le rideau de son bureau, une certaine agitation qui n'avait pas attendu sa présence pour se manifester, la tira de ses rêveries.
Minerva était là et le fils Weasley avec.
-" Oh pour l'amour du ciel Weasley, combien de fois faudra-t-il vous dire de ne pas vous gaver à outrance sous peine de vous voir infliger une crise de foie ? Je me le demande." Râla l'infirmière mais l'air grave de la directrice lui fit tout de suite changer de regard.
Ron s'écarta sans même s'excuser de quoi que ce soit. Il savait qu'elle avait l'habitude de le voir pour des choses particulièrement insignifiantes comme susnommées mais cette fois-ci, le cadet des rouquins ne broncha même pas. Il n'avait pas même cet air livide qu'il arborait lorsqu'il était malade.
Ce ne fut que lorsqu'il bougea sa masse costaude que la matrone remarqua la présence dissimulée de la préfète-en-chef de Gryffondor, assise sur un lit, secouée par une respiration hachée.
-" Miss Granger ?" Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
-" Elle m'a envoyé un patronus pour signaler sa détresse mais elle a été incapable de dire quoi que ce soit d'intelligible." Dit alors McGonagall en proie à mille tourments.
Poppy s'avança à la hâte et posa sa main sur le front de la sorcière, un geste réflexe.
Elle était glacée.
Hermione était secouée de spasmes si violents qu'elle en faisait grincer les roulettes du lit sur lequel elle était assise.
-" Par Merlin, cette fille est congelée ! Où l'avez-vous trouvée ?"
-" Mais dans sa chambre pardi !" S'étonna la directrice.
-" Weasley, vous savez où se trouve la bouilloire, faîtes donc préparer de l'eau chaude." Commanda l'infirmière.
Le garçon s'exécuta comme un soldat au garde à vous devant son capitaine.
-" Vous dormez les vitraux ouverts ?" Demanda l'infirmière avec étonnement à l'attention de la sorcière.
La jeune femme ne put que nier frénétiquement de la tête, tremblante comme une feuille. De la buée s'échappait de ses narines.
Ron derrière elle, la directrice de Poudlard foula les pierres de l'édifice, montant péniblement les marches qui les ramenaient vers la tour Gryffondor.
Ils s'arrêtèrent une fois ou deux sur le chemin, le jeune préfet derrière elle n'osa porter le moindre mot sur l'état de fatigue général de sa supérieure.
Parfois essoufflée, Minerva tenait les rambardes. Demain sera un meilleur jour.
Ils avaient laissé la jeune femme à son sort, enfouie dans une couette en plumes d'oie, sous l'œil bienveillant de l'infirmière qui faisait son possible pour la réchauffer un tant soit peu.
-" Monsieur Weasley, retournez à votre lit et tâchez de dormir un peu." Dit-elle entre deux inspirations.
-" Oui madame, je retournerais à l'infirmerie demain matin."
-" Oh vous savez, c'est inutile, Poppy a la situation bien en main et puis Miss Granger ne doit pas en être à sa première grippe." Lui répondit-elle en esquissant un sourire léger.
Il y répondit avec un hochement de tête nostalgique avant de s'aventurer dans l'obscurité, la lumière de sa baguette se désintégrant petit à petit pour finalement être happée par la nuit ambiante.
Rassemblant son courage et montant les dernières marches de l'étage consacré à sa maison, Minerva prit tout son temps et se dirigea en direction de la chambre privée de sa petite malade.
Nul professeur n'avait besoin de mot de passe et alors elle fit simplement signe au tableau pour qu'il s'ouvre sans broncher.
Tenant sa baguette fermement, la vieille femme se sentit subitement happée par le froid glacial régnant à l'intérieur de la pièce.
D'un simple geste de la main, elle enflamma le candélabre suspendu et constata un capharnaüm inhabituel, une facette de la fille Granger qui était totalement hors de pensée.
Elle resta plantée là quelques secondes, reluquant çà et là avec des yeux ébahis pour finalement porter son attention sur la fenêtre qui avait été ouverte. Avec une moue désapprobatrice, elle claqua la vitre d'un sort. Le cas Granger était à présent résolu et demain matin, elle irait passer un savon à sa meilleure élève.
A peine Ron eût-il ouvert les yeux aux premières lueurs du jour, sa première pensée fut de se mettre sur pieds et d'aller quérir un peu de soutien dans le lit voisin.
Harry dormait encore à poings fermés, profitant de la quiétude matinale dominicale.
D'un geste lent, Ronald vint s'asseoir sur le flanc du matelas de son meilleur ami et, les paupières encore engourdies, il papillonna un instant avant de poser la main sur l'épaule du survivant, sans un mot.
Le garçon aux cheveux d'ébène inspira avec une demi-protestation, l'autre moitié était encore dans ses rêves ou bien ses cauchemars résiduels.
Une respiration cependant sèche annonça au rouquin qu'il était en train de se réveiller en douceur. Après de longues secondes d'attente, le jeune homme finit par enfin tâtonner sa table de chevet pour trouver ses verres.
Lorsque Harry fit le point sur sa vision, il tomba dans les yeux inquiets de son ami, portant presque le même état de fatigue post-guerre. Avait-il seulement récupéré un peu de répit depuis ?
-" Ron, qu'est-ce que... Quelle heure il est ?" Eût-il simplement la force de grommeler.
-" Il doit être huit heures et demie... C'est juste que... Hermione est à l'infirmerie." Dit alors le cadet des Weasley avec son tact habituel.
Harry fit un bond sur le matelas et se releva à peine pour regarder si l'horloge indiquait vrai.
-" Qu'est-ce qui s'est passé ?"
-" Rien de grave, elle a simplement attrapé un rhume, je crois."
Les deux jeunes hommes s'en allèrent d'un pas pressé vers l'aile de l'infirmerie, le ventre vide.
La fatigue accumulée de ces derniers mois n'arrangeait en rien l'état des deux amis. Depuis la guerre, le sommeil était devenu une denrée si précieuse et terrifiante que l'idée même de se reposer ne les effleurait même plus.
Chaque fois qu'ils fermaient l'œil, les visions revenaient, incessantes, occultant une lourde partie de ce qui semblait réparateur et réconfortant.
Ils savaient que la donne était la même pour Hermione, cependant, ils ne pouvaient savoir à quel point, elle ayant ses propres appartements et surtout étant seule, isolée, hurlant dans le vide de la nuit, livrée à ses propres démons.
Alors avec un pas fugace ils accoururent presque, même pour un simple rhume.
Lorsqu'ils passèrent l'alcôve de l'infirmerie, le silence de nouveau. Leurs pas se faisant discrets, ils marchèrent, les yeux rivés sur chaque lits vide excepté celui tout au fond, juste à côté du bureau de la matrone.
Déjà à cette heure-ci, Poppy était éveillée, ou du moins, luttait pour ne pas se rendormir. Ron la darda de haut en bas. Elle était toujours habillée de ses apparats nocturnes.
Les cernes creusés de la médicomage firent paraître ses yeux globuleux encore plus menaçants que d'habitude. Son regard se leva sur les personnes qui osaient troubler le repos de sa patiente, ou du moins, peut-être quelque part aussi le sien.
-" Vous êtes tombés du lit ?" Marmonna-t-elle avec une grimace.
-" En fait, on voulait voir comment Hermione se sentait ce matin." Répondit Ron, toute son assurance l'ayant quitté.
-" Hé bien elle dort encore, messieurs, repassez plus tard."
Un rapide coup d'œil des garçons sur la silhouette endormie paisiblement leur dicta qu'ils pouvaient peut-être se relâcher et foncer vers le petit déjeuner qui les attendait quelques étages plus bas.
Hermione émergea finalement de son sommeil pour le douzième coup de midi.
Lorsqu'elle s'éveilla avec empressement, elle lorgna de gauche à droite et trouva l'infirmière totalement écroulée sur ses parchemins.
Discrètement, elle se glissa hors des draps, prit ses chaussons dans ses mains et traça une route discrète dans le sens inverse, vers son dortoir, prenant soin de ne pas croiser âme qui vive.
Ses yeux brûlaient, avec la sensation fugace d'avoir une enclume dans sa boîte crânienne.
Au moins, elle tirait la satisfaction d'avoir passé une bonne nuit de sommeil. Peut-être la première depuis qu'elle avait foulé cet édifice.
Même si Poudlard était sa maison, jamais depuis sa rencontre et le début de son amitié avec Harry Potter elle n'avait pu dormir sur ses deux oreilles.
La guerre aurait dû apaiser toutes les tensions qu'ils avaient subit au cours de ces années mouvementées et pourtant, il y avait encore ces échos qui les frappaient sa cesse, ces douleurs résiduelles et des cicatrices qui ne se refermeraient probablement jamais réellement.
Merlin merci, au moins après la décoction que Poppy lui avait donnée, il semblait à Hermione avoir décelé les traces d'une potion apaisante et peut-être même un philtre de sommeil sans rêves dont les effets se furent dissipés malheureusement dès lors qu'elle avait ouvert les paupières pour se retrouver dans une pièce baignée d'une lueur aveuglante.
Au moins elle avait bien dormi, et ça c'était une première à inscrire dans ses mémoires.
C'est donc d'un pas discret à l'heure où tout le monde était censé se retrouver au réfectoire qu'elle regagna sa chambrée. Elle enverrait une note à Poppy et Minerva pour les remercier et au moins leur éviter un sang d'encre lorsque l'infirmière découvrirait qu'elle avait déserté la place qu'elle était censée tenir. Même adulte et responsable de ses gestes, il lui restait au moins la bienséance de prévenir ses garants.
Pourtant, depuis un certain temps, tout ne tournait pas rond et elle en avait pris conscience cette nuit.
Si le problème venait d'être réellement identifié de sa part et totalement occulté par la médicomage, il ne restait qu'une poignée d'heures avant que d'autres s'en aperçoivent et que la nouvelle ne déclenche un cataclysme qu'elle ne pourrait assumer pleinement.
Le lundi suivant, Hermione se présenta en cours sans avoir pris la peine de descendre prendre un petit déjeuner au préalable.
Depuis la veille au soir, rétablie et après avoir subi un léger savon de sa directrice de maison ainsi que de l'infirmière, personne ne l'avait vue. La jeune femme s'était terrée profondément au fond de son lit après sa convocation. Il faut dire que même étant responsable d'elle-même, la note envoyée aux deux femmes ne les avait guère enchantées. Harry et Ron avaient tenu à l'accompagner au moins jusqu'à l'infirmerie même si cet entretien à huit clos les avait maintenus hors de la portée des femmes qui apparemment n'avaient pas grand-chose à dire si ce n'est que de taper légèrement sur les doigts de la préfète en chef. Peut-être que pour une fois dans sa vie, Hermione s'était montré déraisonnable et avait par conséquent attiré l'attention sur sa personne ?
Harry et Ron quant à eux, avaient noté les expressions et les attitudes énigmatiques de leur amie de toujours. La grippe devait lourdement jouer sur son comportement, cependant elle semblait distante, voire fermée.
A huit heures, elle s'était donc présentée le plus naturellement du monde en cours d'histoire de la magie, prête à être assommée par le professeur le plus barbant de Grande-Bretagne.
Elle prit sa place habituelle près de Luna tout en évitant soigneusement de croiser son regard avec cet étincelant rayon de soleil qui était pile dans la trajectoire de sa tête.
Sans un mot, ni même un avertissement, la jeune femme décala son banc plus loin, à l'écart de la Serdaigle qui haussa un sourcil sans même se formaliser. La pauvre Luna était habituée à ce genre d'actions contre sa personne même si venant d'Hermione le geste avait une portée plus étrange, voire bizarre.
Pour autant, la blonde écoutait d'une oreille et grattait son parchemin tandis que ses sens demeuraient concentrés sur la brune derrière elle qui avait tous les traits caractéristiques de quelqu'un qui était en plein malaise.
Le cours passa et le rayonnement de l'astre avec, continuant sa course inévitable.
Aujourd'hui, on ne pouvait pas dire que la studieuse Gryffondor était au sommet de sa forme, ni même de sa gloire.
Elle sentait les regards de ses complices de toujours, des yeux inquiets braqués sur elle tandis que pour une fois, ils essayaient tant bien que mal de suivre ce cours digne d'un assommoir.
Son sang martelait ses tempes. La voix monocorde de Binns bourdonnait dans son crâne. Les inspirations des autres autour d'elle diffusaient un chaos douloureux.
Chaque son, chaque image devenait insupportable et puis cette lumière qui brûlait ses rétines donnait l'impression qu'elle deviendrait aveugle d'une seconde à l'autre.
Elle voulait que cela cesse, retourner au néant ou du moins dans la quiétude de l'obscurité sous sa couette.
Hermione était totalement déconcentrée, déconnectée. Ses membres s'engourdirent et de vilains picotements remontaient le long de ses doigts comme si piquée par une armée de fourmis rouges. Dans élan désespéré, elle darda Luna quelque centimètres devant elle et comme si elle avait entendu son appel à l'aide, la Serdaigle se retourna presque immédiatement pour constater la pâleur et le regard terrifié de sa camarade.
Ce n'est qu'à l'instant où elle se sut secourue qu'Hermione se permit le luxe de tomber dans les pommes.
