Chapitre 7 - Banquise

Oui, j'avais dit que je publierais à rythme régulier mais ces derniers temps sont relativements durs et incertains. La Covid ayant emporté mon grand père dans son sillage, il m'a été difficile de trouver le temps et surtout l'envie de publier. Je vous écris en période de deuil mais je ne vous oublie pas et je lis toutes vos reviews qui font extrêmement plaisir sachez le, même si je n'ai pas l'énergie nécessaire pour répondre à tout le monde. Je vous aime. Prenez soin de vous.


Ce ne fut que deux heures après qu'Hermione fut trouvée.

Enfin, à vrai dire, personne ne l'avait vraiment cherchée.

Les enseignants savaient que parfois il se pourrait qu'en cas de faiblesse momentanée, elle se réfugie dans son cocon et Minerva avait mis un point d'honneur à ce que personne ne la dérange. Elle ne pouvait simplement pas quitter les terres du château, c'était comme ça.

Ce fut Snape qui la trouva allongée dans son canapé, les yeux perdus dans le vague.

Lui avait encore un peu de mal à aligner deux pas corrects et aussitôt était-il rentrée avec sa furie habituelle qu'il s'était instantanément ravisé en restant stoïque, remarquant la présence de la jeune femme. Il renifla bruyamment.

-" Vous n'êtes pas en cours ?" Ragea-t-il.

Il n'obtint aucune réponse de sa part.

Il soupira longuement et leva les yeux en l'air avant de s'approcher avec prudence jusqu'à se planter devant elle.

Elle observait simplement le feu. Les yeux rouges et des cernes aussi lourdes que s'il elle avait veillé tout un mois.

Lorsqu'il atteint sa vision, malgré-elle Hermione se recroquevilla comme une boule fœtale et alors le chat se mit à miauler sur une note d'avertissement.

Il nota tous ces petits défauts sur son visage, les vaisseaux sanguins exposés et les tâches rubis tout autour de ses paupières.

-" Miss Granger..." Soupira-t-il.

-" Fichez le camp." Répondit-elle aussi sec.

Là Snape fulmina une fois encore et lorsqu'il s'approcha davantage pour lui secouer les puces, Pattenrond bondit et leva une patte toutes griffes dehors.

Second avertissement.

Le potioniste malgré-lui se laissa impressionner par la petite bête velue qui protégeait sa maîtresse avec ferveur. Le félin lui transperça le regard de ses orbes jaune brillant, le nez retroussé, prêt à en découdre immédiatement avec le géant de marbre qui se tenait devant lui.

-" Dîtes à votre greffier de se calmer immédiatement."

-" Il me protège seulement. » Cracha-t-elle.

-" Et de quoi, je vous le demande. » Ricana-t-il.

Pour la première fois, elle osa le regarder vraiment. Il avait encore du sang coagulé dans une narine et rien que la vue lui donna de lourdes palpitations. Naturellement elle huma, c'était plus fort qu'elle.

Tremblante elle tenta de s'apaiser en inspirant longuement mais la partie était loin d'être jouée.

-" Vous saignez..." Réussit-elle simplement à dire d'une voix suraigüe.

Trop heureux de cette occasion, Snape s'accroupit devant elle, jusqu'à être à sa hauteur, face à face tout en gardant bonne distance avec le chat.

Promptement, Hermione se releva et alla se réfugier de cette image de l'autre côté du sofa, chassant inexorablement Pattenrond de son nid douillet.

-" Vous avez tout entendu n'est-ce pas." Dit-il rhétoriquement.

-" S'il-vous-plaît arrêtez et partez." Scanda-t-elle au bord de la crise. Une fois de plus elle s'était fourvoyée quant à l'idée que Snape s'était peut-être assagi au fil des semaines concernant son cas. Il n'en était rien et l'audace des mots qui avaient été prononcé auprès de Lupin était un coup de poignard supplémentaire et inexorablement, une chute spectaculaire de son estime.

-" Rendez-nous service à tous les deux alors. Faîtes-le une bonne fois pour toutes et quittez cette école. Ce n'est plus fait pour vous." Intima-t-il sur une voix basse. La rupture était définitive et tout ce qu'Hermione voulait à cet instant, fut un peu de solitude qu'il n'était même pas capable de lui offrir. Ironique ?

-" Mais bon sang, qu'est-ce que vous êtes venu faire ici !?"

-" Simplement récupérer des affaires. J'ai besoin d'air... Maintenant vous avez le choix. Soit vous vous transformez définitivement ici et maintenant, soit vous devenez la bombe à retardement." Proposa-t-il en s'approchant plus encore.

Mal à l'aise, Hermione recula son visage le plus loin possible du sien et enfouit son nez dans un coussin qui avait le mérite d'avoir l'odeur de l'humidité et du feu. Elle le tint fermement devant son visage, essuyant au passage ces larmes de colère qui s'amoncelaient dans ses yeux. Elle n'aimait déjà pas montrer ses signes de faiblesse avant, alors maintenant c'était devenu une obsession. S'il la voyait craquer de nouveau et perdre ses moyens, elle ne donnerait pas cher de leur peau.

Sans aucune inhibition, Snape fou de rage lui retira cette armure de tissus et plumes, la forçant de nouveau à lui faire face.

C'est à cet instant qu'Hermione perdit franchement ses moyens et le repoussa avec une violence inouïe, le faisant chanceler jusqu'à tomber fesses contre sol entre le canapé et la table basse.

Elle se leva de tout son long, restant maîtresse de son propre corps et le toisa.

Il tenta de garder la face bien que dans une position très inconvenante pour sa stature.

-" Vous êtes mauvais. Je n'ai rien demandé. Je ne voulais pas solliciter votre aide. Je ne voulais pas tout ça. Comment pouvez-vous être aussi cruel alors que vous-même avez subit tant par le passé ?" Hurla-t-elle en proie à un tourment infini.

Elle s'accroupit en lui faisant face, lui tentant de rester digne jusqu'au bout, son poids entier reposant sur ses avant-bras derrière son dos.

La noirceur du regard d'Hermione lui donna la chair de poule, bien dissimulée derrière ses vêtements.

Elle s'humecta et mordit ses lèvres d'anticipation. L'odeur de la peur avait un goût victorieux.

-" Je ne vous avais jamais réellement jugé avant aujourd'hui. Pendant des semaines je me suis évertuée à aider Harry à vous faire sortir de votre trou puant parce que je vous pensais plus... Intelligent. Vous m'effrayiez moins. Maintenant vous voulez me tuer ? Hé bien allez-y ne vous gênez pas."

A cet instant elle nota qu'il avait sa baguette entre ses mains. Lentement, elle s'agenouilla entre ses jambes et alors avec douceur elle s'en saisit et le força à la pointer sur son thorax.

Le maître de potions se laissa prendre, tétanisé ou alors sous le joug d'un contrôle qui lui avait échappé. C'était comme si subitement il faisait face à une montagne de givre qui l'empêchait de réagir. Il était étrangement calme alors que tout en lui sonnait l'alerte.

Il la darda étrangement quelques longues secondes, le souffle court. Séché.

-" Alors, qu'attendez-vous ?" Redemanda-t-elle devant l'absence de réaction. Elle se délecta de l'effet qu'elle lui faisait. Il resta dans une paralysie digne, s'empêchant de tressauter.

-" Descendez immédiatement." Souffla-t-il avec une colère absente.

Il savait qu'elle savait exactement ce qu'elle était en train de faire, il pouvait le lire dans ses yeux. L'occasion de voir une telle assurance juste entre deux battements de cils était assez surprenant venant de la fille Granger. Il pouvait même ressentir le plaisir qu'elle prenait ici et maintenant à le malmener et lui, pauvre idiot rattrapé par une vieille peur primaire n'était ni plus ni moins réduit qu'à une vulgaire poupée de chiffons.

Elle était froide. Effroyablement froide, il pouvait sentir sa peau gelée à travers toutes ces couches de vêtements d'hiver. Dure comme un roc.

La sorcière se força à produire un véritable sourire carnassier, laissant voir le peu que ses canines avaient grandi.

Elles n'étaient pas à taille " adulte" cependant, le changement était suffisamment choquant pour que ce soit remarqué.

Seuls le regard de Snape arrivaient à suivre ce qui se passait et ses yeux lui exposaient la vérité crue. De beaux crocs, encore assez petits mais suffisants pour repérer le chemin d'une jugulaire.

-" Alors Severus, vous n'y voyez toujours aucune différence ?" Lui demanda-t-elle avec un air joueur qui le ramena des années en arrière.

Même subjugué, pétrifié, il regagna un semblant de présence et fronça les sourcils à l'évocation de son prénom. Rares étaient ceux qui se le permettaient.

-" Comme vous avez de grandes dents, mère-grand." Laissa-t-il échapper sur un ton neutre.

La jeune femme ouvrit un regard rond surprit puis se mit à glousser incontrôlable ment durant quelques secondes, forçant Snape à se détendre quelque peu. Sous-elle, elle sentit ses muscles se relâcher avec prudence.

-" Et si c'était pour mieux vous dévorer ?" Répondit-elle en forçant une nouvelle vague d'appréhension.

Il la regarda droit dans les yeux, sans ciller.

-" J'imagine que c'est mon destin." Murmura-t-il avec provocation.

-" Vous êtes prêt à vous sacrifier encore une fois pour prouver que vous avez raison ? Vous avez un sérieux problème d'autodestruction. Vous êtes suicidaire à ce point-là ?"

Pour toute réponse, il pesta depuis le fond de sa gorge, déglutissant difficilement. D'une main, Hermione vint enserrer son cou juste sous la mâchoire, son pouce glacial collé à sa pomme d'Adam jouant avec. Il se raidit encore plus que précédemment et laissa échapper un spasme lorsqu'il vit la sorcière se pencher plus encore et enfouir son visage dans le creux du peu d'espace libre qu'offrait sa redingote.

Un affreux spasme le parcourut entièrement, si puissant qu'il en trembla explicitement. Le souffle frais d'Hermione sur sa gorge lui fit perdre ses moyens. Elle respirait fort prête à passer à l'acte.

Il allait crever.

Il avait raison.

Enfin il le pensait.

Il perçut juste les lèvres humides de la Gryffondor contre sa peau. C'était étrange irréel, électrique. Froides et brûlante à la fois.

Pourtant, elle ne fit qu'humer ce parfum qui la hantait depuis de longues minutes maintenant. Elle inspira un long moment et profondément comme le chasseur qu'elle devenait et se releva quelque peu, le laissant intact.

-" Je ne vous donnerai jamais raison." Promit-elle entre ses dents, juste tout près de son visage malgré l'odeur du sang qui l'appelait. " Maintenant respectez moi." Ordonna-t-elle.

-" Qu'est-ce que..." Commença-t-il à demander hébété.

Elle se releva de sa pose lascive, glissant contre lui comme un serpent.

-" Je voulais simplement sentir votre peur, imprimer cet instant et le graver dans ma mémoire." Dit-elle satisfaite. Elle lui offrit une main pour l'aider à se relever mais sa fierté l'en empêcha. Il se releva étrangement paisiblement et resta face à elle.

-" Vous êtes vraiment une sale petite peste. La directrice entendra parler de votre comportement." Marmonna-t-il.

-" Mais faîtes-donc. Expliquez-lui que je suis inoffensive et moi je lui raconterai pourquoi vous voulez ma mort." Le défia-t-elle.

Il serra le poing et la mâchoire.

Il avait perdu.

-" Vous pensiez réellement que j'allais vous tuer ?" Lui demanda-t-elle sérieusement.

Son regard noir s'abattit sur elle comme la foudre.

-" Quand on a vu ce que j'ai vu... Tout est possible."

-" Je ne vous tuerais pas. Ni vous, ni personne. Alors aidez-moi." Implora-t-elle au bord du précipice.

Il ferma les yeux un long moment, se tenant l'arrête nasale entre ses longs doigts fins. La tête lui tournait. Ces mots d'appel à l'aide étaient définitivement en train de le culpabiliser.

Il prit encore un peu de temps, tenté de faire les cent pas sur place. Il en avait assez de jouer les héros. Il était fatigué et pourtant l'air de chien battu de Granger lui donna un haut le cœur. Pas autant que son estime d'elle qui venait de gagner quelques places supplémentaires dans son classement par la témérité dont elle venait de faire preuve. Une assurance dont il se serait bien passé mais tout de même, il fallait saluer la performance inopinée selon lui alors qu'il ne s'était jamais réellement senti en danger jusqu'à présent. Peut-être était-elle plus forte qu'il ne l'avait imaginé ?

Quoi qu'il en fût, ce n'était pas juste.

Ce n'était pas juste qu'une femme avec un avenir aussi brillant soit évincée aussi simplement.

Bien entendu, il ne lui dirait jamais.

A cet instant, il revit la tête de McGonagall dans un des nombreux entretiens qu'ils avaient eus. Il arrivait à se mettre à sa place et comprendre pourquoi cela la tourmentait tant.

C'était du gâchis.

-" Bien." Se résigna-t-il. Il avait une dette envers la directrice et maintenant, la culpabilité l'étreignait une fois de plus.

Hermione soupira d'aise, rassurée de l'avoir quelque peu convaincu. S'il n'avait pas le cœur à cela, en revanche elle savait qu'il était un homme de parole.

-" C'est fou de voir à quels extrêmes il faut aller pour vous convaincre." Lui répondit-elle en soupirant.

-" C'était totalement inapproprié."

-" Je sais... Je voulais simplement voir de quoi vous étiez capable. Vous n'êtes pas un assassin professeur. Vous avez juste peur. Tout comme moi." Avoua-t-elle.

D'un coup d'un seul, l'humeur de la Gryffondor changea du tout au tout, la fragilité s'abattant impitoyablement sur ses frêles épaules.

Lui avait envie de lui hurler qu'il n'avait pas peur, qu'il en avait vu d'autre et qu'il était imperméable. Seulement il savait que s'il se permettait un tel mensonge, elle ne le respecterait plus d'autant qu'elle avait toutes les facultés pour ressentir réellement ce qui le travaillait sans pour autant le sonder.

Lui n'avait pas cette chance. S'il voulait vraiment l'analyser il avait besoin de sa magie, d'ouvrir son esprit en deux et fouiller à l'intérieur comme un boucher, à la recherche d'une preuve.

Il ne lui infligerait pas ça. Pas maintenant qu'elle était épuisée.

Elle se recoucha paisiblement sur le sofa, entre une humeur honteuse de ses actes et la résignation.

Aujourd'hui elle avait gagné.

-" Durant le reste de la semaine, Poppy fera vos injections." Changea-t-il de sujet.

-" Vous partez encore ?" Demanda-t-elle peu enchantée.

-" Disons juste que la directrice m'a offert un congé."

-" Vous avez pris un blâme." Raisonna Hermione.

Il haussa les sourcils.

-" Comment savez-vous ?"

-" Comme vous dîtes... J'ai tout entendu." Se remémora-t-elle avec douleur.

-" Lupin a commencé." Se défendit-il.

-" Arrêtez de vous comporter comme un enfant. Lupin essayait seulement de me protéger. Il est mon ami que ça vous plaise ou non et jusqu'à présent il fait beaucoup pour moi, pour que je me sente mieux. D'autres feront la même chose... J'ai de la chance." Concéda-t-elle avec un sourire malheureux.

-" Miss Granger, ne me parlez pas de la sorte. Je ne suis pas un enfant." Avertit-il, éludant tout ce qu'elle avait dit ensuite pour mieux rebondir sur son sentiment bafoué.

-" Alors cessez de cacher votre angoisse derrière vos grands airs de dur à cuire."

Il resta ébahi, ne croyant pas que cette gamine se donnait la permission de pouvoir le rabrouer comme le faisait Minerva. Les deux faisaient vraiment la paire. Exactement les mêmes. Il allait une fois encore ouvrir la bouche mais elle l'en empêcha :

-" Je sais ce que vous vous dîtes mais vous n'avez pas besoin de porter ce masque avec moi. N'oubliez pas que je sais tout de votre vie passée. Tout."

Il serra sa mâchoire jusqu'à en faire craquer la jointure.

-" Est-ce du chantage ?" Demanda-t-il sur un ton si bas qu'elle en recula d'un pas.

-" Simplement une invitation à rester vous-même et admettre quand la situation vous échappe... C'est vraiment pas bon que vous ayez prit ce blâme." Avoua-t-elle.

-" Pourquoi ?"

-" Parce que je suis certaine que Remus n'a rien à voir avec la disparition de vos ingrédients." S'inquiéta-t-elle.

Il expira gravement. Il ne voulait pas se rendre à l'évidence. Pour lui il était bien plus aisé de désigner le coupable le plus probable et évincer une bonne fois pour toute cette vieille épine qui lui chatouillait le pied.

-" Durant mon absence, vous allez rester utile. Je veux que chaque jour vous alliez dans la réserve et comptiez les ingrédients. Maintenant que vous savez comment faire, j'attends une tenue impeccable des comptes. Si rien ne change, alors je saurais qui est coupable de ce forfait."

-" Lupin a pris un blâme aussi." Déduit-elle.

-" Précisément."

-" N'avez-vous pas pensé que s'il faisait le coupable idéal, le véritable voleur allait certainement profiter de votre absence à tous les deux pour se tenir à carreaux pour l'inculper encore davantage ?"

-" Pourquoi cette manie de toujours vouloir défendre l'indéfendable Miss Granger ?"

-" Parce que vous êtes habituellement terriblement injuste." Répondit-elle.

La lèvre inférieure de Snape trembla et alors il se retourna, ne voulant plus faire face à la jeune femme. Il fouilla sa poche et posa sa baguette sur la table basse.

-" La vie est injuste."

Il se dirigea vers une des bibliothèques et prit entre ses mains une section de livres qui semblait avoir été soigneusement choisie. Sur ces derniers mots, il ferma la porte laissant Hermione seule avec ses tribulations.


-" Votre attention s'il-vous-plaît. Il se trouve qu'au vu de certains évènements, les professeurs Snape et Lupin seront dans l'incapacité de garantir leur classe pour toute la semaine. Avant que vous ne commenciez à sauter de joie partout, sachez que ces heures de cours seront remplacées par des heures d'études que vous effectuerez en permanence ou à la bibliothèque. Les devoirs vous ayant été distribués seront réclamés à l'heure originelle due. Je ne tolèrerais pas d'absence à ces permanences. Par ailleurs, samedi une sortie à Pré-Au-Lard est prévue. Comme d'habitude les élèves mineurs devront fournir une autorisation d'un parent ou tuteur. Merci."

Lorsque Minerva eut terminé son petit monologue face à une horde d'élèves surexcités, Ron ne put s'empêcher de soulager un air bienheureux.

-" Whoa dément." Dit-il la bouche pleine.

-" Mastique avant de parler !" Rabroua sa sœur.

-" Oh laisse-le savourer Gin." Rit Harry.

Hermione piquait la viande dans son assiette sans pourtant trop d'inspiration. Comme tous les soirs, elle se servait une dose généreuse de rôti de bœuf, le mâchant à l'extrême pour en extraire tout le jus et le boire discrètement.

Luna la regardait d'un air songeur.

-" C'est curieux que tu engloutisses autant de viande que Ron à présent."

La Gryffondor haussa son regard sur la belle blonde et ne put réprimer un intense rougissement.

-" J'ai des carences en fer." Répondit-elle au tac-au-tac.

-" Je ne sais pas ce que c'est mais ça à l'air grave. Tu es pâle mais tu es très jolie comme ça." Dit alors la Serdaigle avec un air étrange.

Hermione fronça les sourcils sans trop savoir quelle attitude adopter alors que Harry et Ron la défiguraient avec appréhension et en même temps soulagés qu'elle trouve toujours de quoi répondre quant à ses attitudes énigmatiques.

-" Merci... Enfin je crois." Gloussa-t-elle.

-" Au fait, vous voulez entendre un truc pas commun ?" Fit Harry pour détourner le sujet de la conversation.

Il capta l'attention de Ron immédiatement, toujours ouvert à de nouveaux potins. Ginny roula les yeux au ciel.

-" Dis toujours." L'encouragea l'incorrigible glouton.

Harry se pencha légèrement sur la table et les autres s'approchèrent aussi net de la confidence pour pallier aux oreilles indiscrètes.

-" Cet après-midi j'ai surpris Neville et Draco en train de se promener." Avoua-t-il.

-" Et ?" Demanda Hermione avec un sourcil levé comme si elle n'était pas si impressionnable.

-" Neville et Draco." Répéta Harry.

-" Si tu les as pas surpris en train de se rouler une pelle alors c'est l'information la plus ennuyeuse que tu n'aies jamais libérée." Pouffa Ginny.

-" Oh non Gin..." Râla Ron.

-" Non mais je sais pas... Au bout d'un moment, ces deux-là ne pouvaient pas se voir en peinture." Argumenta le survivant.

-" Harry cela n'a rien d'étrange. Depuis la guerre Draco est seul. La plupart de ses amis sont soit partis à Azkaban soit ne sont jamais revenus. Personne ne veut trainer avec lui, il est considéré comme un paria non seulement par le peu de mangemorts restant mais aussi par les gens normaux." Contrecarra Hermione.

-" Et Neville est tombé dans le panneau. Doux Neville, ta bonté te perdra." Renifla le rouquin.

-" Oh mais si ce n'était que ça... L'autre jour avec Remus on l'a vu revenir de la forêt interdite avec des champignons pour Hagrid." Révéla alors la Gryffondor.

Les deux jeunes hommes regardèrent en direction de la table professorale en un même réflexe.

-" Hagrid est toujours vivant. Il n'a pas l'air empoisonné." Minauda le brun.

-" Hagrid est garde forestier, il ne peut pas se laisser intoxiquer avec des champignons." Sourit Luna.

Tous la regardèrent. Elle qui ne semblait pas avoir pris part à la conversation avait pourtant écouté avec une oreille attentive.

Après un bref silence gêné, Ron reprit la parole.

-" Moi ça ne me dit rien qui vaille."