Chapitre 15 - Tentations.


Le vendredi soir, lorsque Hermione entra dans ses appartements après avoir passé un moment plus qu'appréciable dans la salle de bains des préfèts, Snape était déjà là.

Il lisait paisiblement au coin du feu et ne releva même pas son regard lorsque la jeune femme entra.

La Gryffondor se dirigea promptement vers sa chambre où elle dénoua la serviette de ses cheveux ainsi que le long peingoir spongieux qu'elle avait arboré dans les couloirs du château sans se préoccuper des regards avoisinants pour le peu d'élèves qu'elle croisa. Pour le peu qu'ils étaient, de toutes manières ils auraient dû être dans leurs foyers respectifs à cette heure-ci.

Elle s'habilla de son pyjama en polaire et passa par dessus une courte robe de chambre dans la même matière avant de se diriger vers le tout petit espace de cuisine. Comme d'habitude deux thés se firent et la jeune femme porta les tasses brûlantes sur la table basse, prenant place à côté de son curieux mentor.

-" Vous vous êtes enfin décidé à les porter." Remarqua-t-elle qu'il arborait ses lunettes.

-" Oui et les plaquettes me démangent." Avoua-t-il ronchon.

-" C'est sûrement parce que vous n'avez jamais dû les nettoyer." Concéda-t-elle.

-" Pourquoi faire une telle chose alors qu'elles sont tout le temps fourrées dans un coin d'un placard ?" Renifla-t-il.

-" Elles se sont usées, même si vous ne les portez pas. Les verres sont sensibles mais pas moins que la composition autour." Elle lui tendit sa tasse et il s'en saisit machinalement.

-" J'ignorais que vous aviez des aptitudes en ophtalmologie." Ricana-t-il.

-" Je n'en ai pas, je ne fais que spéculer." Pouffa-t-elle à son tour.

Là il inspira et posa son livre sur la table, s'abreuvant du liquide chaud et sucré.

Hermione ne lui posait plus la question, elle avait appri comment il l'appréciait et en l'occurence peut-être que cela manquait volontairement de sucre. Il se souvint de la tête qu'elle avait fait la première fois qu'il lui en avait demandé trois et comment elle s'était retenu de lui faire une leçon de morale.

Elle n'en prenait pas et de toutes façons les saveurs lui importaient peu. Si ce n'était pas de la viande bien saignante, elle ne ressentait le goût de plus rien, quoique le dernier commençait sérieusement à s'ammenuir ces derniers temps.

Décembre était arrivé et quelques nouvelles gênes aussi du côté de la sorcière. Elle réussissait à suivre la plupart de ses cours mais certains jours, elle n'avait simplement pas la force de se lever pour la première heure. Les nuits s'allongeaient dehors seulement, les siennes devenaient peu à peu plus éveillées.

Snape lui, concédait à passer le plus clair de son temps libre dans ses appartements, ceux qu'Hermione occupait. Ils ne parlaient généralement pas ou très peu, se disputaient rarement et il se devait de ronger son frein afin de calmer certains pics d'amertume qu'il voulait exprimer.

Il ne savait pas vraiment s'il se calmait de lui-même ou si la néophyte face à lui y était pour quelque chose, cependant s'il y réflechissait bien, la seule présence de la jeune femme réussissait parfois à le calmer d'une rude journée. Hermione était très souvent muette ou posait des questions auxquelles lui seul pouvait répondre. Ils débattaient ensemble de choses qu'il jugeait essentielle, découvrant chez la jeune femme une véritable capacité de réflexion, lui qui avait toujours, toujours pensé qu'elle ne faisait que recracher ce qu'elle pouvait absorber des livres.

Ces jours-ci, il avait observé qu'elle ne lisait plus grand chose en rapport direct avec la magie. Son esprit avait besoin de s'évader alors elle empruntait à la bibliothèque des romans, des nouvelles appartenant à la culture moldue. Il voyait défiler le nom d'anciens auteurs tel Poe, Brontë, Zola... Des choses que le commun des sorciers de son âge trouvait généralement indigestes. Ces ouvrages n'étaient jamais consultés en dehors des cours d'étude des moldus et quand bien même, personne n'y prêtait réellement attention.

Lorsqu'elle avait envie de passer à autre chose, Hermione sortait généralement un livre traitant d'astrophysique ou encore de physique quantique. Là, Snape ne suivait plus.

Ce soir, elle avait tiré avec elle un recueil de poèmes de Baudelaire que lui-même avait étudié de long en large. Les Fleurs du Mal

Il se gaussa alors qu'une plaisanterie douteuse lui vint en tête.

-" Quoi ?" Demanda-t-elle décontenancée, se tournant vers son visage.

-" Il y a un poème pour vous là-dedans, dans les premières pages je crois." Nargua-t-il avec un sourire satisfait.

Hermione ouvrit la table des matières et dans le registre Spleen et Idéal son oeil s'attarda sur le titre de la page soixante douze.

Elle pouffa allègrement renvoyant une oeillade suspecte mi-close à Snape qui savait d'ores et déjà que la jeune femme avait trouvé ce dont il s'était souvenu.

De nouveau, entre ses doigts, les pages défilèrent et alors elle prit les vers en connaissance alors qu'il se râcla la gorge et murmura deux des versets :

-"Toi qui, comme un coup de couteau, Dans mon cœur plaintif es entrée ; Toi qui, forte comme un troupeau. De démons, vins, folle et parée... "

Hermione haussa un sourcil alors que Snape énnonça les mots qu'elle lisait de ses yeux couchés sur le papier.

-" Je ne compte néanmoins pas répéter tous les sonnets."

Elle n'y répondit rien, absorbée par sa lecture ponctuelle. Au point final, elle s'interdit de rougir, si quand bien même ce fut possible.

Hermione fit de son mieux pour rester inflexible et sa main gauche eût un spasme de récupération.

-" Vous avez bien conscience que le vampire ici est une métaphore ?" Lui demanda-t-elle d'une toute petite voix.

-" Bien évidemment, néanmoins je trouve son utilisation très intéressante." Vibra-t-il avec un sourire mesquin.

De colère, Hermione ferma le livre et le reposa là où il avait demeuré. Elle saisit sa tasse de thé et Snape roula les yeux au ciel, une fois de plus.

Il se fustigea mentalement de longues secondes avant de se rassembler et proposer son aide quotidienne à la sorcière.

-" Il faut changer vos pansements ce soir." Lui annonça-t-il.

Hermione plissa les lèvres de mécontentement, montrant qu'après ce coup-bas, elle n'était pas tout à fait encline à le laisser faire et pourtant, depuis deux longues semaines, il s'attardait à lui prodiguer ses soins tous les deux jours au moins. Parfois il ne venait pas mais lorsqu'il y avait cette tâche à faire, il ne se trouvait jamais très loin.

Elle alla dans la salle de bains chercher le matériel rangé dans une trousse qui restait à disposition, qu'elle porta jusqu'au salon.

Il prit entre ses mains le nécessaire tandis que la Gryffondor ôtait sa robe de chambre. Lorsqu'elle fut assise et dos à lui, elle enleva les manches de son pull de nuit, lui révélant son dos nus, parsemé de vieilles cicatrices et de grains de beauté si on oubliait l'énorme bande lui recouvant presque la moitié droite.

Elle cachait sa poitrine simplement avec ce même pull, faisant office de bandeau.

Lorsque Severus posa ses mains sur elle pour déchirer la bande adhésive, il constata une fois encore qu'elle était froide mais pas glacée comme il l'avait connue il y a presque deux mois. Il savait que sa présence l'aidait à se sentir mieux alors que lui tombait de fatigue, était intraitable et irritable sans sa présence.

Tous deux savaient qu'elle se nourissait de sa mortalité, ils savaient aussi que ce jeu était risqué et ni l'un ni l'autre ne faisait quoi que ce soit, aucun ne cherchaient une solution.

La première plaie s'était refermée rapidement mais il restait encore à la désinfecter. Hermione était peut-être une néophyte mais tant qu'elle ne se nourrirait pas de sang humain, elle restait vulnérable aux attaques bactériologiques et la moindre complication dans son état pourrait se révéler fatale.

Severus imbiba une compresse d'alcool et la frotta le long de la cicatrice, évaporant le sang et le pus qui en découlait à certains endroits. Elle ne ressentait aucune douleur et c'était une petite bénédiction.

Cela n'avait pas été son cas lorsque Poppy avait par le passé dû prendre le temps de le rafistoler plus de fois qu'il ne pouvait s'en remémorer. Il se revit en arrière après de longues nuits de torture, après Azkaban, après les coups de Black et Potter père. Tous ces stigmates encore présents sur et en lui restaient intacts.

Il défit à nouveau des bandes et les colla.

-" C'est bon ici, la suite." Annonça-t-il.

Hermione se tourna montrant à présent le haut de sa poitrine et ses épaules.

Ici elle portait un pansement prenant racine en haut de son épaule et descendant en deux branches distinctes. La première ramifiction allait jusqu'à la moitié de son bras, l'autre s'arrêtait un peu avant le début de son sein.

Là, elle détourna son regard, pas pour sa propre pudeur mais pour celle du potioniste qui avait déjà beaucoup de mal à la regarder dans ces instants. Elle sentait son malaise, sa respiration plus dense et fatalement son rythme cardiaque. C'était comme ça un jour sur deux et rien n'y changeait, même si ses traits montraient plus d'assurance, ses réflexes humains eux ne dérrogeaint pas à la règle.

-" Severus." L'appela-t-elle doucement.

Il releva les yeux et fut prit d'embarras croisant ses yeux ambrés. Il répondit d'un simple chant de son nez.

-" Détendez-vous." Glissa-t-elle.

Il n'en fallut pas davantage pour que son regard noir la perce encore une fois.

-" Je suis très détendu !" Se défendit-il.

Le visage neutre, elle haussa un sourcil, non impressionnée et un peu désappointée que son pouvoir ne fonctionne pas cette fois.

-" Vous savez que vous ne pouvez pas me faire avaler ces couleuvres-là n'est-ce pas ?" Lui demanda-t-elle le plus sérieusement du monde.

Il sortit une expiration agacée et grinça des dents.

-" Alors n'écoutez pas." Lui somma-t-il.

-" C'est très compliqué." Avoua-t-elle.

-" Bon sang, taisez-vous et laissez-moi faire !" Pesta-t-il en arrachant la première bande, puis la seconde.

Cette plaie là en revanche n'était pas tout à fait remise. On pouvait clairement distinguer le mouvement de la griffe de Draco qui ne l'avait qu'effleurée en quelques sortes. Le trou avait été profond les premiers jours mais aujourd'hui, il ne restait plus qu'une trainée sanguinolante avec des agréments de lymphe ça et là. Ce n'était pas joli à voir mais au moins elle avait la chance de pouvoir cicatriser plus rapidement que le commun des mortels.

Il répéta encore le coup de la compresse et de l'alcool, seulement ici, sa main était plus hésitante, son contrôle était plus chaotique et lorsqu'il s'en rendait compte, fatalement sa pression augmentait, laissant Hermione en proie à un rire incontrôlé.

-" Fouttue peste, vous n'avez qu'à le faire vous même !" Menaça-t-il en se retirant.

Hermione le rattrapa et lui reposa la main manu militari là où elle avait été extraite. Il se figea en proie à une rage sévère.

-" Ce n'est rien que vous n'ayez jamais vu avant et puis c'est humain alors bon sang, nettoyez et pansez. A la guerre comme à la guerre !" S'emporta-t-elle.

-" Vous n'avez pas à me dire ce que je dois faire ! Cela ne pourrait pas être plus gênant !" Gronda-t-il.

Une lueur de défi passa dans les pupilles de la Gryffondor. Un sourire mutin étira ses lèvres et sans qu'il ne voit quoi que ce soit arriver, elle ôta les manches de son pull et le balança derrière elle.

-" En êtes-vous certain ?" Planta-t-elle avec une mine triomphante, exhibant fièrement sa poitrine mise à nu.

Le dit professeur de potions détourna le regard, atterré, ayant déjà vu plus de temps qu'il ne lui en fallait. Pourquoi fallait-il qu'elle en fasse un drame ?

-" Oh mais c'est que ça cogne vraiment très fort là dedans !" Se moqua la sorcière. " Voyons si on peut augmenter le rythme d'un cran."

Il ouvrit de nouveau les yeux et avant même qu'il n'ait le temps de se retirer, elle prit sa main et la posa directement sur sa peau, pressée entre sa poigne et son sein gauche.

Si son visage demeurait de glace même sous le regard hautement satisfait de la jeune femme, néanmoins, il n'avait pas le moindre contrôle de ce qui était en train de se tramer dans son thorax.

Il pouvait ressentir toute cette pression s'insinuer en lui mais le pire fut ce qu'il décelait sous sa propre main, le téton dur et froid de la jeune femme, directement dans sa paume comme s'il la creusait.

-" Vous vous amusez bien ?" Demanda-t-il avec une voix trainante.

-" Oh oui. Voir votre tête et écouter votre coeur en même temps comme dichotomie est vraiment la chose la plus distrayante qui m'ait été de contempler ces derniers temps."

-" Alors gravez la bien parce que je ne suis pas prêt de revenir ici." Grinça-t-il entre ses dents.

-" Toujours les mêmes mots pour au final dérroger à votre promesse le jour suivant." Asséna-t-elle toujours aussi souriante mais sans jamais, jamais montrer ses dents.

-" Je le ferais cette fois."

-" Oui je n'en doute pas." Ironisa-t-elle. " Vous ne pouvez pas vous en empêcher." Termina-t-elle, initiant un léger mouvement de sa paume.

Il la vit le diriger de haut en bas avec langueur, sentant son propre contrôle commençant à lui faire défaut. Pourquoi avait-il fallu qu'elle jette son fichu dévolu sur lui ? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui trouver ?

-" Hermione... Que voulez-vous à la fin ?" Lui demanda-t-il en proie à un nouveau tourment se profilant. Elle considéra sa question un moment, différentes lueurs se bouculant dans ses prunelles ambrées.

-" Je m'amuse simplement à vous destabiliser." Lui répondit-elle finalement avec comme une incompatibilité du fond de son regard.

-" Je ne suis pas une distraction, Miss Granger. Je sais bien que vous vous ennuyez à mourir ici et qu'il vous faut votre dose de sensations fortes mais je ne consens pas à être prit de surprise. "

-" Alors si je vous prévenais, cela vous conviendrait ?" S'amusa-t-elle avec un sourire goguenard.

Il papillonna du regard lentement.

-" Ce n'est pas parce que nous avons une nouvelle proximité depuis quelques semaines que vous avez le droit de me balader comme ça." Souffla-t-il.

-" Vous savez... C'est déroutant de s'endormir auprès de quelqu'un et de se réveiller dans ses bras chaque matins sans jamais dépasser... Les limites. Je dois vous avouer que j'apprécie assez l'effet que j'ai sur vous." Chuchotta-t-elle près de son visage.

-" Vous voulez dire l'emprise." Murmura-t-il avec un demi-sourire sarcastique.

-" Encore une fois, je joue franc jeu depuis le début sauf aux moments où vous méritez de vous calmer et que je vous y 'force' juste avec un mot doux... Je refuse d'avoir une quelconque emprise sur vous." Avoua-t-elle un peu déçue de la réflexion de l'homme.

-" Le doute m'habite... Pourquoi parlons-nous de cela alors ? Pourquoi cet enchaînement ?" Mumura-t-il.

-" Parce que j'ai délogé ma main depuis vingt bonnes secondes et que la vôtre est toujours en place." Lui annonça-t-elle.

Il baissa la tête et confirma de lui-même ses dires. Sans se retirer il se noya de nouveau dans l'ambre.

-" Vous voyez, vous êtes plus serein tout à coup."

-" J'ai eu le temps d'apprivoiser ça." Admit-il en effleurant de ses doigts le point culminant de ce mont de chair qui s'assouplit sous son toucher. Il pinça et tira légèrement dessus, laissant échapper toute la concupiscence qu'elle lui faisait ressentir

-" Je vois." Tenta-t-elle submergée d'émotions soudaines.

-" Je sais ce que vous cherchez, vous savez également que je ne peux pas vous l'offrir. Dormir dans votre... Mon lit avec vous est déjà un grave franchissement des barrières instaurées."

-" Je sais que vous n'y êtes pas insensible."

-" Je suis fait de chair !" Justifia-t-il presque avec fierté.

-" Les limites sont déjà tellement loin..." Avoua-t-elle en un souffle tandis qu'il jouait de sa peau contre la sienne à présent réchauffée. " Qu'est-ce que cela pourrait bien faire si nous allions plus loin ?"

-" Si nous allions plus loin et que votre directrice l'apprenait, je gagnerais un aller simple à Azkaban et je pense que vous pouvez aisément comprendre que l'idée me refroidit un peu."

-" Vous savez que j'ai vingt ans et que par conséquent cette menace s'est périmée il y a trois ans ?" Se moqua-t-elle.

-" Vous restez une élève, elle me fera la peau."

-" Si je résume, votre seul frein c'est McGonagall ?"

-" Je crois que c'est une épée de Damoclès assez bien effrayante, ne pensez-vous pas ?"

Elle s'approcha de son visage, prête à fermer la distance.

-" Certains risques valent le coup d'être pris." Murmura-t-elle près de ses lèvres, si près qu'il perçut son souffle s'insinuer entre-elles.

Il s'attendait à ce qu'elle l'embrasse mais elle se retira, le laissant avec sa frustration.

Il n'en fit pas cas et elle se replaça comme initialement, le pull toujours en moins mais atendant qu'il continue. Elle le pressa d'un regard et il s'exécuta de nouveau, les lèvres plissées de mécontentement.

-" Vous êtes relativement paradoxale." Lui dit-il alors qu'il découpait un morceau de bande.

-" A l'évocation de vos raisons, je préfère ne rien faire qui vous mettrait mal-à-l'aise." Répondit-elle.

-" Dixit la femme qui est à moitié nue dans mes appartements et qui m'a forcé à la caresser." Asséna-t-il avec un sourire sardonique.

-" Dixit l'homme qui ne s'est pas gêné pour me pincer le mamellon."

Snape se gaussa sincèrement mais toujours appliqué à poser la bande le plus droit possible afin qu'elle ne gondole pas et épouse au mieux ses formes. Pour la première fois depuis des jours, son pansement ressemblait enfin à quelque chose et intérieurement il maudit/bénit la jeune femme d'avoir poussé l'extrême aussi loin. Il n'avait à présent plus autant de crainte quant à poser ses mains sur elle tant qu'elle y consentait.

Et il semblait qu'Hermione y consentait fort.

Elle le remercia et renfila son pull de polaire précédemment jeté en boule. Ensuite ils se levèrent et se dirigèrent vers la chambre où Snape transfigura son habit en vêtement de nuit.

Hermione se coucha dans les draps froids, dans sa partie du lit, sachant pertinemment qu'elle se trouverait dans ses bras au petit matin.

Severus éteignit les lumières d'un mouvement gracile de baguette et se coucha de son côté.

Au bout de longues secondes, dans le silence et le noir complet, Hermione décida de se tourner et de venir directement se nicher dans le creux de son épaule.

Elle devina le tissus rêche de la chemise de nuit qu'il arborait juste sous son menton.

Il l'acceuillit sans rechigner, comme si il l'attendait déjà.

Merde, à quel moment la situation avait-elle dérapée à ce point ?

La sorcière huma la fragrance se dégageant des cheveux du potioniste, un mélange d'huile de coco et de savon alors que sa nuque gardait les traces d'un parfum ambré.

-" Ne me mordez pas." Lui pria-t-il avec cynisme.

C'était plus fort que lui.

-" Promis... Même si ce n'est pas l'envie qui me manque." Asséna-t-elle sur le même ton.

Elle sentit sa poitrine se soulever sous sa main, lui laissant croire qu'il riait, caché dans l'obscurité.

-" Je vous tuerais avant." Répondit-il.

-" Vous n'aurez pas le temps de sentir quoi que ce soit. Moi je n'ai pas senti en tous cas." Avoua-t-elle.

-" Et c'est bien pour ça que nous en sommes là aujourd'hui..." Laissa-t-il planer.

-" Est-ce que ce cheminement est un mal ?" Demanda-t-elle reprenant l'implication.

-" Terriblement." Il se tourna du côté d'Hermione, lui faisant face dans le noir, son nez frôlant le sien.

Il ne fallut guère plus à la Gryffondor pour tatillonner au milieu des draps et se frayer un chemin. Nul besoin de voir ce qu'elle faisait, la chaleur de Severus irradiait ce lit et alors elle se hissa jusqu'aux lèvres de celui qui peuplait ses nuits. Il l'accueillit, l'attendant déjà et se laissa bercer par le chaste baiser aveugle.

L'homme qu'il était avait à présent un flot de contradictions martelant son crâne, divisé entre son devoir moral et l'envie de se donner à elle avec passion.

Il ne devait plus initier les choses, elle devait venir à lui autrement il se fustigerait chaque jour, chaque nuit. Il n'avait pas la force de la repousser et appréciait même ce qu'elle lui offrait.

D'un autre côté, le désir ardent de la posséder entièrement et voir jusqu'où s'étalait son effronterie était un tableau relativement charmant et flatteur pour son ego meutrit.

Dans les deux cas il était fichu.

Douce et agile Hermione, torturant son âme, le liant à elle un peu plus chaque secondes à force de confiance en elle. Cette pathologie était une bénédiction comme une malédiction et il se savait d'ores et déjà perdu, enchaîné comme l'esclave qu'il était devenu en répondant au chant de la vampire.

Ses lèvres sensuelles contre les siennes se morphèrent rapidement en quelque chose d'infiniment plus langoureux et elle s'insinuait en lui, quémandant toujours plus loin et lui pauvre hère se laissa consummer, prenant même l'aise de remonter sa cuisse fermement contre son entre-jambe qui le tirallait d'un message clair.

Il soupira sous la caresse mais bientôt sa conscience revint au galop.

Il la retourna sans ménagement et elle se retrouva coincée sous son corps.

-" Hermione... Arrête." La supplia-t-il, la voix trahie par le désir.

Elle fit courrir ses doigts frais le long de son torse laiteux. Quand avait-elle ouvert sa chemise ?

-" C'est ce que tu veux ?" Lui demanda-t-elle perdue et confuse d'avoir potentiellement mal agit.

-" Non mais il le faut !" Ragea-t-il entre deux souffles.

-" Désolée, Severus." S'excusa-t-elle en ôtant sa présence.

Ce fut trop à supporter d'un coup.

Enragé, il se leva, quitta le lit et se dirigea machinalement vers la sortie.

Il ne s'occupa pas de son accoutrement, tout ce qui lui importait fut de se retrouver le plus loin possible d'elle avant de commettre l'irréparable.

Les choses avaient été trop loin une fois encore et au détour d'un couloir il trouva deux élèves cachés derrière une alcôve, manifestement en train de se bécoter.

-" Moins cinquante points pour vos maisons respectives !" Hurla-t-il sans même prendre le temps de s'arrêter, sans voir à qui il venait d'infliger pareille sanction, sans même leur sommer de rentrer dans leur salle commune.

Il gravit les étages et passant près du bureau de la directrice, l'idée fugace de présenter officiellement sa démission le démengea. Mais il continua sa route et cria après son tableau le mot de passe.

Il fallait qu'il le change, autrement elle serait capable de débouler en furie ici. Il ferait ça demain. Demain il fera jour.

Entré, il ne perdit pas de temps et se déshabilla pour trouver sa douche. Il tourna le robinet d'eau froide et s'y jeta comme il l'avait souvent fait mais cette fois-ci, ce fut pour calmer ses pulsions.