Chapitre 17 - Nouvelles pistes


Devant la porte en métal rouillé, Severus attendait une réponse.

Lorsque la fente servant de judas indiscret s'ouvrit, il tomba sur des yeux dorés maquillés de noir sur un peau brune éclatante.

-" Severus ?" Entendit-il dire une femme en proie à la surprise.

-" Oui." Se contenta-t-il de répondre.

Les yeux disparurent et le loquet de la porte s'ouvrit, laissant apparaitre une très grande jeune femme aux cheveux tressés jusqu'aux fesses, agrémentés de boucles dorées. Coquette, elle était maquillée juste assez pour souligner son regard félin et arborait un rouge à lèvres brique mat, ses hautes pommettes colorées de pourpre.

Elle était habillée d'une façon inconnue des sorcières, un jean noir taille haute qui épousait toutes ses formes et un haut crème révélant juste ce qu'il fallait pour deviner une poitrine généreuse, une chaine en or autour du cou.

Des tintements à ses poignaient montraient de nombreux bracelets dorés pareils aux créoles à ses oreilles.

Severus resta pantois un instant alors qu'elle lui souriait avec une certaine timidité.

-" Rosa ?" Demanda-t-il se souvenant que Desmond avait chanté ses louanges. Elle gloussa, juste assez pour révéler ses crocs et le piercing qui habillait sa langue.

-" Oui. Tu te souviens..." Fit-elle reprenant un peu d'assurance.

Elle ferma la porte et se tourna vers la salle où se trouvait ses compagnons.

Le regard du sorcier se concentra sur le postérieur se déhanchant devant lui, ses jambes fuselées montées sur des talons aiguilles claquant le béton. La vue ne le dérangeait pas le moins du monde et il avait au moins besoin de ça pour se sortir de la tête ses derniers tourments.

A mesure qu'il s'avançait dans cette pièce au demeurant glauque, il remarqua les regards une fois encore braqués sur lui mais cette fois-ci, il y avait comme... De l'amusement.

Severus ne tenta cependant pas de percer ce mystère et se laissa guider par la présence exquise de son nouveau guide.

Rosa le mena directement dans les quartiers de Desmond où ce dernier semblait l'attendre avec une grande impatience et un sourire équivoque.

-" Ah, enfin te voilà." Commença-t-il voyant alors le sorcier pénétrer dans son antre. " Rosa, tu peux nous laisser... Nous revenons vite, promis." Glissa-t-il à la jeune femme qui s'exécuta.

Malgré lui, Severus l'observa disparaître par la porte et lorsqu'il se retourna vers son interlocuteur, sa face n'avait pas changée.

-" Je suis toujours de bons conseils..." Laissa planer Desmond.

-" Que veux-tu dire ?" Renifla Snape.

-" Il semblerait que tu ne sois pas insensible aux charmes de Rosa." Fit-il avec une pointe de malignité. L'ex-mangemort soupira puis se résigna.

-" Je sais reconnaître une belle femme quand j'en vois une... Pour ce qui concerne ta prétendue pérennité à donner de bons conseils, seul le temps nous avisera, n'est-ce pas ?" Se moqua Snape. " Assez bavardé. Il paraît que tu as trouvé quelque chose que le ministère souhaiterait que j'examine ?"

Le regard perçant de Desmond se fit plus dur tout à coup et il reprit sa face neutre habituelle lorsqu'ils discutaient affaires.

-" Effectivement... Il se trouve que lors d'un raid de reconnaissance en forêt, une de mes équipe a mis le doigt sur un abri des plus étranges. De cet abri ils ont pu déterminer un autre emplacement mais les pistes s'arrêtent là. Ce qui en revanche a mis la puce à l'oreille de mon lieutenant, c'est qu'elle a trouvé des traces de magie dans ces deux endroits."

-" Cela pourrait être n'importe quoi et ce ne serait pas la première fois qu'un sorcier s'isole pour vivre dans la cambrousse." Compléta l'homme en noir sans être surpris.

-" C'est là que ça se corse. Les sens de Jett sont imparables et c'était de la magie noire."

Le regard de Snape se fronça.

-" Je ne suis pas certain de voir où exactement tu veux en venir."

-" Il se trouve qu'après une discussion houleuse avec Madame Fubble, il aurait été glissé à un certain moment dans la conversation que tu étais pris non seulement par tes obligations professionnelles mais aussi par la chasse aux mangemorts... Un comble n'est-ce pas ?" Se permit Desmond avec un sourire mesquin.

-" Oh, trop aimable de ta part de vouloir alléger ma part de travail, vraiment." Ironisa le potioniste.

-" Ce n'est pas le cas. Il se trouve que nous avons un certain problème avec tes congénères. Si autrefois j'avais des soupçons maintenant, avec ce qui vient de se passer j'ai une preuve. Ils nous chassent." Avoua le vampire, les dents serrées.

-" Le ministère interdit formellement cette pratique." Coupa Severus.

-" Oui mais... On ne peut pas vraiment dire que ces gens-là s'en remettent au ministère, si tu vois ce que je veux dire... Et quand je parle de chasser, je fais allusion au fait de quelques disparitions ces dernières semaines et pas que dans notre clan. J'aurais besoin de ton expertise en la matière." Confia Desmond alors que Snape roulait déjà des yeux au ciel.

-" Voyez-vous cela. Je croyais que les vampires n'avaient pas besoin de protection." Lança-t-il avec cynisme.

-" Vampires, humains, sorciers... Les lois de la nature sont les mêmes partout. Les plus faibles se font manger en premier et c'est exactement ce qui est en train de se produire. Tes anciens copains nous ont pris en chasse et il paraitrait, selon certains bruits de couloir, que nous serions utiles en pièce détachées... Si tu vois ce que je veux dire."

-" Non ?" Demanda Severus.

-" Nous ferions de bons ingrédients. Des ingrédients illicites vendus sous le manteau. Si le ministère t'a envoyé, ce serait pour que tu mettes tes talents de potioniste espion à contribution."

Severus explosa d'un rire incontrôlé si fort qu'il s'en tint les cotes sous le regard impassible du vampire.

-" Tu es sérieux Desmond ? Es-tu au fait des dernières nouvelles ? Je suis l'ennemi public numéro un pour ce genre de vendeur et pour sa clientèle." Beugla-t-il en reprenant un semblant de sérieux.

-" Certes, mais Fubble t'a vendu comme étant un sorcier puissant. J'imagine que tu sauras trouver une combine pour changer de corps, il parait que c'est une pratique courante chez vous non ? Et puis au moins tu pourras te trouver une meilleure enveloppe ne serait-ce que pour quelques jours, celle-ci laisse vraiment à désirer mais bon... Rosa est prête à t'emballer tel quel." Attaqua Desmond, toujours avec ce sourire cruel qui lui rappelait un autre sorcier de sa jeunesse qui n'avait pas manqué de le rabaisser.

Mais Snape ne fit pas cas de l'affront, à vrai dire il s'en fichait pas mal. Peut-être après tout que cette mission pourrait être intéressante et grassement payée.

Doux Merlin, s'il poursuivait sa demande de démission auprès de Poudlard, sa carrière de mercenaire était déjà toute tracée.


Draco s'assit contre la vieille souche à côté d'Hermione. Ils avaient de la chance au moins cette après-midi il ne pleuvait pas. On pouvait même dire que le temps était relativement beau, juste quelques nuages couvrant le soleil. C'était vraiment parfait.

Lorsqu'il arriva, la jeune femme avait fermé son livre et sortit une gourde d'eau de coco.

-" Alors tu vas y aller ?" Demanda le garçon aux cheveux platine.

Hermione haussa les sourcils, les yeux perdus dans l'horizon, se posant sincèrement la même question.

-" Je n'ai pas de très bon souvenirs en ce qui concerne celui d'il y a quatre ans." Avoua-t-elle pensive.

-" Pourquoi ?"

-" Parce que Ron s'était vraiment comporté comme un crétin." Pouffa-t-elle sans joie.

-" Je croyais que tu y étais allée avec Krum." Fronça le jeune homme.

-" Oui... Mais... En fait à cause de ça, Ron a été infect."

-" Donc si je résume tu es hésitante à cause d'une mauvaise expérience il y a des années de cela ? Je te pensais plus persévérante Granger." Renifla Draco.

Hermione lui lança un regard sournois auquel il répondit par un sourire facétieux.

-" Quand bien même, je n'ai personne avec qui y aller. Qui voudrait y aller avec moi ? Et puis de toutes façons, c'est idiot. On n'a pas besoin de cavalier pour s'amuser." Répondit-elle un peu désappointée.

A cet instant, l'idée totalement incongrue de se voir danser dans une salle pleine à craquer lui donna le tournis et le pire dans cette histoire fut qu'elle s'imagina au bras de Snape. Elle chassa bien vite ce fantasme de son esprit, se concentrant sur la mine pensive du Serpentard à côté d'elle. Elle le darda alors qu'il semblait déconfit.

-" Tout va bien Malfoy ?" Demanda-t-elle

Pour toute réponse il inspira et ferma légèrement son regard, en proie à mille torture.

-" Du thé ?" Se souvint-il pour éluder le sujet qui semblait le gratter intérieurement.

-" Malfoy !" Grogna-t-elle sur un ton avertissant.

L'intéressé se crispa intensément puis inspira pour chasser sa couardise.

-" Ok très bien... En fait c'est que... Je voulais te demander si tu étais partante." Fit-il avec une lenteur extrême, marquant toute l'hésitation tant il peinait à prononcer ces mots-là.

-" Pour un thé ? Toujours." Répondit Hermione à toute vitesse.

-" Partante pour aller au bal avec moi." Lâcha-t-il sans prendre en compte la technique de manipulation de la Gryffondor.

-" J'avais bien compris." Admit-elle avec gêne et une voix fluette.

-" Bien... Alors ?" Se détendit-il, maintenant pied au mur.

-" Je t'ai arraché la main et cassé les cotes mais tu me demandes quand même de m'accompagner au bal ?" Rit-elle, cachant son malaise.

-" J'aime les filles qui ont du mordant." Se moqua-t-il devant la face inexpressive de sa nouvelle amie mais bientôt, elle s'autorisa à rire de sa plaisanterie avec sincérité.

Un instant, Draco la contempla. Hermione ne souriait pas franchement ces derniers temps et cet éclat de vie dans les yeux semblait reprendre un peu de vigueur. Il pouvait voir ses crocs qu'elle ne lui cacha pas et pour la première fois depuis des lustres, elle semblait en confiance, suffisamment à l'aise avec elle-même pour se dévoiler telle qu'elle était devenue.

Ces deux-là passaient le plus clair de leur temps ensemble depuis cette fameuse pleine lune où ils s'étaient écorchés l'un l'autre et pourtant, ce dur moment ne fit que les rapprocher davantage. Draco avait déjà deux personnes au courant de sa situation avant mais avec Hermione c'était différent. C'était différent simplement parce qu'elle aussi avait un secret à protéger, un secret relativement commun au sien.

Lui seul pouvait réellement la cerner, l'appréhender et elle semblait s'être ouverte à lui même si au fond, le jeune homme savait qu'il y avait une part de mystère en elle, quelque chose qu'elle ne partageait avec personne. Cependant, il se sentait privilégié de partager des moments tels que celui-ci.

Elle comptait pour lui. Plus qu'il ne voulait l'admettre.

C'était donc avec naturel que la première personne à qui il avait pensé pour passer cette soirée douloureuse fut Hermione.

-" J'ai besoin d'y réfléchir. Je ne sais même pas si j'ai envie d'y aller." Avoua-t-elle avec un sourire triste.

Le Serpentard plissa ses lèvres et hocha la tête.

Message reçu.

-" Prends ton temps, je ne te mets pas la baguette sous la gorge et puis... Tu sais on n'est même pas obligés de se trouver quelqu'un." La rassura-t-il.

Elle sembla se réjouir de sa réponse et alors elle engloutit un peu du contenu de sa gourde, désaltérée par la trouvaille de Luna.

-" Alors... Qu'est-ce que tu penses de la venue de Slughorn ?" Reprit-elle.

Cette question à vrai dire était la plus insignifiante mais elle cachait un tas de ressentiments qu'elle n'était pas prête à dévoiler. Elle savait Draco proche de leur professeur de potions habituel et ce sujet n'avait même pas été abordé depuis le matin.

En fait, si mais pas avec lui. A table elle s'était contentée d'écouter les soulagements infinis de Harry, Ron et Neville sans même prendre la peine de répondre à ce déferlement de moqueries surtout venant du rouquin. A vrai dire, il n'y avait eu que lui pour se réjouir autant du départ précipité de Snape, les autres avaient suivi, voire riaient poliment à ses blagues.

Même Neville.

Londubat n'avait pas grand-chose à en penser à part peut-être que ses devoirs et travaux seraient notés avec beaucoup plus d'objectivité et pour ça, il appréciait grandement la présence d'Horace, cela aurait peut-être le mérite de lui donner un coup de pouce pour ses ASPICs.

Malfoy se râcla la gorge.

-" Tu veux dire, l'absence de Snape, Granger ?" Questionna-t-il, son regard tout à coup éteint.

-" Tu sais bien..." L'encouragea-t-elle, masquant son propre trouble. " Encore une fois c'est précipité, qu'est-ce que tu crois qu'il fait ? C'est vrai après tout c'est la troisième fois depuis le début de l'année qu'il s'absente mais... Le fait que Slug soit revenu ne me prédit rien de bon."

Malfoy sembla pensif un court instant.

-" Je n'en ai pas la moindre idée... Cela me rappelle... L'année dernière, il partait aussi de temps en temps mais il y a fort à parier que ce n'est pas pour les mêmes raisons... A moins que..."

-" A moins que quoi." Demanda-t-elle au bord de la crise, le regard implorant.

-" Tu sais, j'ai remarqué un truc assez étrange. Tu vas peut-être me prendre pour un fou mais chaque fois que Severus revient de ses escapades, tu peux être certaine que dans les gros titres de la gazette on peut lire qu'un nouveau mangemort a été envoyé à Azkaban." Hésita le garçon.

-" C'est peut-être une coïncidence." Pointa-t-elle, envisageant toutes les possibilités.

-" Il ne me semble pas avoir dit que c'était la vérité. Je spécule, rien de plus."

Le silence se fit de nouveau un court instant, Hermione en proie au souci.

-" Après tout, cela se tient. S'il a été sorti de la prison en Août, peut-être que c'est à la condition qu'il aide les aurors à capturer des..." Le mot était encore insupportable à prononcer et elle frissonna rien qu'à l'idée de revoir dans sa tête les images des instants où elle avait cru que sa vie tomberait à trépas.

-" Mangemorts." Compléta Draco avec un visage sinistre.

Une décharge électrique se propagea dans la colonne vertébrale de la jeune femme qui l'espace d'un court instant put percevoir la douleur infime de ses cicatrices qui jusque-là ne l'avaient jamais faites souffrir. Sa main trembla incontrôlablement sous l'effet

Draco se pencha alors et il saisit le bras gauche de la sorcière, essayant de calmer son émotion soudaine. Elle aspira tout l'air qu'elle put emmagasiner et ferma les yeux un long moment avant de sentir les doigts maladroits du Serpentard venir chatouiller les siens.

Lorsqu'elle rouvrit les paupières, elle vit la main réparée mais encore indomptable de son ami, tenter de prendre la sienne.

C'était assez étrange et drôle à la fois, en pleine galère et cela eût au moins le mérite de lui remonter un tant soit peu le moral.

Le Serpentard tentait de la maîtriser, essayant de plier ses doigts mais il n'y avait rien à faire, cette main demeurait encore un peu paralysée.

-" On fait deux beaux estropiés." Pouffa-t-il.

Pour toute réponse, Hermione fournit tout ce qu'elle pouvait offrir en termes de volonté et plia difficilement ses doigts, les refermant autour de ceux de Draco.

-" Il y a encore du chemin." S'avoua-t-elle vaincue.

Ils restèrent comme ça, sans savoir combien de temps, plongé l'un dans le regard de l'autre et au bout d'un moment, à force d'efforts, la main d'Hermione se paralysa, refusant de forcer davantage.

-" Tu as fait du progrès." La congratula-t-il.

-" Oui mais ce n'est pas encore ça... Toi tu auras plus de rééducation à faire que moi." Sourit-elle tristement.

Draco laissa échapper un rire aigu à s'en tenir les cotes.

-" Quoi ?" Demanda la Gryffondor en levant les sourcils.

-" Rien, j'imaginais juste que si on devait danser au bal on allait avoir l'air de deux idiots comme ça !" Répondit-il bidonné.

La jeune femme se mit à rire bruyamment, mettant ces images en scène dans sa tête.


Les pistes de Desmond avaient mené Snape au fin fond d'une forêt obscure.

Il s'était vu affublé de trois vampires pour lui tenir compagnie et pour ça, il avait envie de crucifier leur chef sur le champ.

Pas qu'ils étaient insupportables, loin de là mais Snape aimait travailler seul et la nuit il était difficile de percevoir quoi que ce soit. Les autres n'avaient pas ce problème, ils étaient capables de se repérer avec une aise déconcertante, flairer et même voir mieux que lui.

Il y avait Jett, cette femme d'une vingtaine d'années aux cheveux plumage de corbeau coupés étrangement, rasés sur les côtés, long au-dessus, du moins assez pour se couvrir une moitié de visage alors que ses mèches les plus basses retombaient sur ses joues. Elle arborait un style androgyne qui saillait avec son corps sec et musclé, pantalon cargo noir et une veste en cuir lui s'arrêtant autour de ses hanches creuses. A ses pieds, des rangers comme celles de l'armée. Sa spécialité était de pister les traces de magie.

Ses yeux étaient chocolat, entourés de cernes tant elle peinait à se nourrir, refusant de toucher aux poches de plasma que le ministère leur fournissait. Alors, elle ne se nourrissait que lorsqu'elle sentait que son corps allait lâcher. Un comble pour cette ancienne végétarienne transformée depuis déjà quelques années.

Le second se dénommait William, dit Will, transformé depuis déjà au moins quinze ans. Il était ressorti intact des années 80 et arborait fièrement sa crète d'un rouge flamboyant. Il était affublé d'un piercing à l'arcade sourcilière droite et une cicatrice barrait l'espace entre son œil gauche et sa joue. Elle devait être antérieure à son changement. Au niveau vestimentaire, il était celui qui rappelait à Severus les pires accoutrements de mangemorts qu'il ait pu voir. C'était un punk qui devait passer le plus clair de son temps libre dans les bas-fonds de Camden. Il ne parlait pas ou très peu en revanche, il semblait doué pour tout ce qui était d'ordre géographique. C'était en quelques sortes lui leur boussole.

La troisième était Rosa et pour ça, Severus ne cessait d'insulter mentalement Desmond même si son choix était hautement approprié. Oh et puis ce sourire de vainqueur qu'il avait arboré quand il avait formé son équipe de choc. Ce vampire-là allait passer un sale quart d'heure quand ils rentreraient à l'aurore.

Rosa avait troqué ses coquetteries pour quelque chose de grandement plus adapté aux terrains accidentés qu'ils foulaient à présent. Un jean souple, un tricot noir près du corps et des bottes plates. Elle avait rattaché toutes ses tresses dans un chignon épais, dégageant son visage entièrement.

La technique de la jeune femme était en revanche assez inattendue. C'était un as en sports de combats, chose qu'elle semblait avoir pratiqué depuis fort longtemps. Elle maniait l'art des lames sans pareil et pour ça, elle leur était indispensable en cas d'attaque.

A cette révélation, le potioniste n'avait su s'il devait être encore plus subjugué ou terrifié mais les pensées de la vampire étaient assez claires pour ne pas qu'il prenne ses jambes à son cou.

Tous étaient moldus et n'avaient pas l'entraînement nécessaire pour masquer leurs pensées au legillimens qu'il était et pour ça il était rassuré car au moins, il pourrait prévoir en avance si l'un d'entre-eux aurait décidé de faire de lui un encas.

Non, cela ne semblait pas être à l'ordre du jour et ainsi ils pouvaient se concentrer sur leur tâche.

-" Voilà, c'est là." Indiqua Will.

Ils étaient arrivés devant un espèce d'abri avec une trappe. Un vieux bunker rouillé qui ressemblait à tous ces des environs, probablement là depuis les années 40.

-" Douce nostalgie." Se moqua Rosa entrant la première dans cet endroit humide.

-" Fais attention, il y a peut-être quelqu'un." Lui intima Jett encore à l'extérieur en un murmure.

Severus dégaina sa baguette et incanta un Lumos. Lui n'avait pas la chance de marcher sans y voir un minimum.

Le tout par terre était recouvert de béton lui-même maculé de flaques d'eau croupie. Il y avait des tuyaux sur les murs sur lesquels des rats les observaient curieusement, dérangés par la soudaine source lumineuse. Au bout de ce tunnel sombre, une pièce fermée d'une manivelle en forme de volant. Will tourna la poignée, non sans mal puis il ouvrit cette nouvelle porte de fer, laissant au sorcier le loisir de passer devant.

Snape pointa sa baguette et son nez se plissa à l'odeur de renfermé et autres choses en décomposition.

C'était un beau bazar de papiers, de machinerie, d'étagères renversées et effectivement, encore préservées, il pouvait percevoir les traces de magie noire résiduelle, imprégnée dans les murs, les objets...

-" C'est un endroit des plus étranges pour un sorcier." Remarqua alors le potioniste.

-" A la guerre comme à la guerre." Renifla Jett en lorgnant sur le tout, cherchant une source à tout ce que ses sens lui dictaient.

Au fond du tout, il y avait une couchette, du moins ce qui s'y apparentait le plus. Jett s'y fraya un chemin et huma l'odeur crade de ce qui se dégageait du matelas pourrissant et des oreillers brunis par l'humidité.

Elle se pencha sur un des oreillers et huma.

-" Snape, éclaire-moi." Ordonna-t-elle.

Le concerné s'aventura et se pencha au-dessus du maigre corps de la vampire. De là, elle s'approcha du coussin, ignorant les effluves infâmes et tira un cheveu entre deux ongles.

Elle montra le cheveu devant la lumière de la baguette de Snape, un cheveu long et intact.

-" C'est une fille !"

-" Rien ne le prouve." Remarqua Rosa.

-" Comme ça non mais juste à l'odeur, je te le garantis." Reprit Jett.

Severus fut cependant interloqué par un espace vide entre la couchette et le reste de tout ce fatras. Il y avait un cercle dans le sol, un tapis qu'aucun ne semblait avoir discerné.

Lorsqu'il se baissa pour éclairer un tant soit peu sa trouvaille, il fut surpris de constater la présence de poils noirs.

-" Il y avait aussi un chien ici." Remarqua-t-il.

Les trois autres le fixèrent interloqués puis virent le tapis.

-" Un chien ? Pourquoi un vampire aurait un chien ?" Demanda Jett un peu dégoûtée puis se baissa à nouveau au niveau de Snape pour voir de ses propres yeux ce qu'il annonçait.

-" N'importe qui peut avoir un chien." Défendit Will.

-" L'heure n'est pas au débat." Tempéra Rosa. " Tout va bien Jett ?" Demanda-t-elle à l'attention de la femme qui semblait bloquée tout à coup.

-" Oui c'est juste... Il y a beaucoup de magie ici... Tout le tour de la couche en est imprégné... Cela veut dire une seule chose. Notre vampire est une sorcière également." Fit la concernée d'un ton sinistre en se tournant vers Severus.

Ce dernier inspira profondément.

-" On avait vraiment pas besoin de ça." Pesta Will.

-" Ah et pourquoi ?" Rugit Snape avec une pointe d'amertume dans la voix.

-" Parce qu'à chaque fois qu'un sorcier s'est transformé en vampire, ça nous a tous mit dans la merde. Ils sont trop forts, ont trop de pouvoirs et se prennent pour les rois du monde." Grogna le punk en retour.

Le sorcier ne sut comment appréhender la chose alors il préféra se taire et laisser son acidité bien rangée.


Les jours passèrent et à la mi-décembre, Snape n'était toujours pas rentré à Poudlard. Cela faisait au moins dix jours qu'il était absent et petit à petit de mauvaises habitudes semblaient prendre le pas en ce qui concernait les classes de potions.

Slughorn était davantage permissif, doux euphémisme. Les notes augmentaient tant il était moins strict et regardant en revanche plus personne ne semblait obnubilé par la qualité de son travail.

Cela déplaisait fortement Hermione qui même si elle voyait sa notation grimper, ne pouvait s'empêcher de voir tous les endroits où Snape aurait marqué des annotations, des choses à approfondir... Même si ses devoirs étaient toujours parfaits, par simple principe, il trouvait toujours à redire et lorsque Slug lui rendait une copie vierge d'encre rouge, cela la mettait quelque peu mal à l'aise.

Les marques de présence de Severus s'amenuisaient jour après jour et quand elle fut seule dans son lit qu'elle ne réussissait plus à quitter au profit de la cheminée, son empreinte demeurait intacte. Son odeur, le renfoncement dans le matelas qui attestait de la longue présence de son corps, l'imprégnation des lieux... Elle devenait folle.

Lorsque ces bribes d'existence devenaient trop dures à surmonter, elle se surprenait à insuffler un peu de chaleur à son corps, laissant trainer des mains qu'elle n'imaginait pas à elle sur sa peau nue. Nuit après nuit, elle se caressait jusqu'à l'orgasme, hurlant ce nom qui pourrait la délivrer, ce nom qu'elle n'aurait jamais pensé oser crier aussi sensuellement un jour.

Chaque fois que la pression retombait et passablement comblée, elle se demandait si lui pouvait l'entendre, si au moins il percevait la même chose.


De son côté, Snape ne comptait plus le nombre de fois où il avait passé des nuits médiocres au Chaudron Baveur. C'était presque devenu son second foyer devant celui qu'il occupait réellement dans le nord du pays. Il s'accommodait, malgré l'odeur pestilentielle de doxycide traitant les moquettes et les rideaux de cette pièce vétuste qu'on osait ici appeler chambre.

Il ne lui restait que cinq petits jours pour réfléchir à son avenir et s'il devait être totalement honnête avec lui-même, la traque était davantage stimulante que de servir de pantin haït de tout Poudlard ou presque.

Enseigner à des idiots qui ne referaient plus jamais de potions de leur vie était une si grande perte de temps et son ambition à ce propos le quittait. Si tant soit-il fut elle présente un jour.

Il avait beau se remémorer ses élèves ayant foulé les dalles des cachots, très peu avaient su tirer leur épingle du jeu et aujourd'hui, tous travaillaient dans sa branche, selon les dires de Minerva et ses propres observations sur le chemin de traverse.

Paradoxalement, même s'il avait fait de leur vie un enfer en cours, ces mêmes personnes s'accordaient à saluer son excellence, des années après avoir encaissé Poudlard certes. Il s'était un jour, même vu proposer un poste par une ancienne élève, dans son apothicairerie. Seulement à l'époque il devait toujours sa dette envers Dumbledore et de toutes manières, Severus Snape ne travaillerait pour personne. S'il voulait poursuivre ailleurs qu'à Poudlard, ce serait pour nourrir ses propres desseins sans hiérarchie.

Par-dessus tout, être ici avait au moins le mérite de le laisser méditer en paix sur son cas. Poudlard, Granger, Draco... Tout cela était en pause pour le moment et il savourait chaque instant loin de ce tumulte qui le rongeait... Enfin presque.

Granger était toujours présente dans un coin de sa tête et il ne pouvait se défaire de son image. C'était viscéral et même il s'abaissait au luxe de se demander comment elle allait, comment elle se gérait sans lui. C'était totalement mégalo et incongru mais une réelle inquiétude se profilait lorsqu'il pensait à la jeune femme. Tout le temps.

Ses pensées grivoises le rattrapaient chaque nuit de solitude et il se mordait les doigts à présent de ne pas avoir écouté les suppliques de la jeune femme, tout en sachant que lorsqu'il reviendrait, il la repousserait exactement de la même façon qu'auparavant. Cette dichotomie était relativement insupportable.

La dixième nuit, il fut néanmoins satisfait de cette journée affreuse qu'il avait passée. Ce soir-là, il prenait un peu de repos, loin de la tanière de Desmond. Son rythme s'était cependant considérablement métamorphosé, vivant et dormant à l'heure des vampires et pour ça il les maudissait. Pas que la lumière du jour lui manquait mais travailler dans ces conditions devenait réellement intolérable.

Aujourd'hui, le potioniste avait été reçu au ministère avec les honneurs.

Il avait de lui-même capturé deux mangemorts.

Pour lui, rien d'exceptionnel quant à ce fait étant donné qu'ils étaient directement venus le cueillir au Chaudron Baveur, ayant écouté de bonnes rumeurs. Ils voulaient faire payer au traitre. Ces deux abrutis n'avaient cependant pas pris en considération son changement de rythme et pensant le découvrir dormant, ils avaient simplement débarqué au moment incongru où le sorcier sortait de sa douche, juste en serviette de bains.

Il se remémora la stupéfaction dans leur regard et avait profité de cette surprise pour prendre le duel à son avantage.

Mis à part un Crucio mal exécuté, il s'en sortit avec aucune séquelle et appelé qui de droit pour venir les extraire sur le champ de sa chambre, direction Azkaban en attente de leur procès. Ce n'étaient que deux petits exécutaires sans réelle valeur mais Kingsley semblait tout à fait satisfait en attendant de ferrer un plus gros poisson.

Quelques heures après, Snape avait demandé à Desmond une solution de repli. Il ne pouvait plus rester là-bas et même si la foudre ne frappait jamais deux fois au même endroit, il était préférable de jouer la carte de la sécurité et trouver une planque que personne ne soupçonnerait.

C'est comme ça qu'il s'était retrouvé dans l'appartement de Rosa.

Même s'il n'avait rien dit sur le moment, dans son esprit il faisait subir mille torture à leur chef de meute qui s'était largement délecté de scruter ses réactions physiologiques.

Il était donc là, dans ce nouvel appartement relativement petit et décoré de souvenirs qui traversaient les décennies. Des photos en noir et blanc dans des cadres, le confort moldu moderne avec les moyens du bord et surtout des planches clouées aux fenêtres pour le rendre imperméable aux moindre petit rayon de soleil, même s'il pleuvait presque continuellement sur Londres.

Il observait avec méticulosité ce véritable témoin de vie de cette femme qui semblait vivre ici depuis assez longtemps même si les murs témoignaient d'un mauvais entretien. Des tâches d'humidité çà et là, un parquet qui craquait sous les talons de la belle et de très vieux meubles en guise de rangement.

Une question cependant lui taraudait l'esprit alors qu'il était assis inconfortablement dans son sofa limé.

-" Comment est-ce que tu payes ton loyer ?" Demanda-t-il le plus naturellement du monde alors qu'elle s'affairait à lui offrir un verre d'eau de robinet.

-" Tu crois que parce que je suis un vampire je ne travaille pas ?" Lui demanda-t-elle avec un sourcil relevé.

-" J'imagine difficilement la chose en effet." Avoua-t-il.

-" Eh bien, tu te trompes. Nous avons tous des carrières à mener. Sauf Desmond et Will, mais c'est un choix de vie. En ce qui me concerne je travaille à Heathrow la nuit en tant qu'agent de sûreté pour les vols nocturnes. J'arrive à dix-neuf heures et je repars à quatre heures du matin. L'été j'ai des horaires plus courts pour la même solde et quand j'ai besoin de m'absenter, je m'arrange pour qu'ils aient des trous de mémoire." Confia-t-elle avec un sourire charmeur.

-" Et quand ils se rendent compte que tu ne vieillis pas, j'imagine que tu changes de carrière ?" Souffla-t-il.

Elle lui tendit son verre d'eau et s'assit à ses côtés.

-" Oui et parfois même il m'arrive de ne pas travailler et de faire en sortes de me faire oublier par les propriétaires et la compagnie d'électricité. Avant cela je travaillais aux télécoms jusque dans les années 80. J'ai dû faire toutes les boites du pays et dis-toi que j'ai commencé à y travailler dans les années 30 en qualité de simple opératrice." Gloussa Rosa.

-" Depuis combien de temps es-tu... Transformée ?" Demanda-t-il avec curiosité même si ce dernier mot avait du mal à passer.

-" Depuis 1922. A l'époque je vivais clandestinement avec ma famille en Louisiane. J'ai passé mon enfance en Jamaïque et lorsque j'ai eu 23 ans et que j'étais à nouveau enceinte, nous sommes partis pour... Une meilleure vie." Dit-elle sombrement.

-" Tu as des enfants ?" Demanda Snape, reprenant ce qu'elle venait de dire sans même calculer la lourde implication de ses mots. Lorsqu'il s'en rendit compte il était déjà trop tard et la femme scruta nerveusement la télévision éteinte devant elle. Elle fronça les sourcils et alors Snape se couvrit la bouche, s'insultant mentalement. " Excuse-moi." Lâcha-t-il péniblement.

-" J'avais des enfants... Ils sont restés au pays... Enfin... Je les ai abandonnés au bout de dix ans après ma morsure... Ma première fille est morte il y a deux ans... De vieillesse... J'avais quinze ans quand je l'ai eue. C'était une autre époque... Mon fils lui est décédé il y a des années d'un cancer généralisé et quant à ma dernière... Accident de la route." Révéla-t-elle sans oser le regarder.

Severus ne dit rien. Après tout il ne savait pas tellement quoi dire après cette bourde affreuse et ses réflexes habituels. Il n'était pas coutumier de parler à un immortel et son langage lui faisait défaut, ainsi que sa curiosité mais Rosa continua sur sa lancée, comme si elle avait besoin de cathartiser cette douleur incessante.

-" L'année prochaine j'aurais cent ans et regarde-moi... Je suis condamnée à rester à mes 25 ans jusqu'à ce que je décide de m'empoisonner ou que je me fasse capturer ou qu'un chasseur du dimanche ne me tranche la tête. J'ai vu la chair de ma chair disparaitre, tous les gens que je chérissais, les uns après les autres. Je n'ai même pas pu dire au revoir à mes parents, à mes enfants... N'importe quel choix que j'aurais fait aurait été un sacrifice, une douleur... Je n'avais rien demandé et une nuit je me retrouvais avec un homme au-dessus de moi, se nourrissant et me laissant au bord de la mort. Il a peut-être eu pitié et a décidé de me refourguer son venin. Je crois que j'aurais préféré crever là et infliger moins de peine à mes proches. Ils n'ont jamais su et dieu merci mon mari avait l'habitude de se saouler à mort tous les soirs tant et si bien qu'il n'a rien vu... Autrement... Je n'aurais pas donné cher de ma peau même si je n'étais pas responsable le moins du monde."

-" Les gens veulent devenir des vampires parce qu'ils pensent que l'immortalité est une bénédiction, qu'on devient invincible. Il n'y a que les idiots qui ont peur de la mort qui raisonnent ainsi." Soupira Snape, attristé devant cette existence atroce.

Rosa était une ancienne. Elle avait vu défiler tout ce siècle et aujourd'hui elle se fondait dans la masse tel un véritable caméléon. Personne la croisant dans la rue ne pouvait attester que cette femme avait réellement presque cent ans. Cela faisait dix jours qu'il la côtoyait et jamais ses pensées n'avaient été négatives et dirigées vers sa vie passée. Elle vivait pour le présent, malgré les tumultes que lui avaient causé son ancienne vie.

-" Le pire dans tout ça, c'est que j'arrive à en tirer une certaine satisfaction. Qui peut se targuer d'avoir vécu les deux guerres mondiales ? D'avoir appris le naufrage du Titanic un matin d'avril ? De s'être vue accordé le droit de vote ? D'avoir vaincu la ségrégation ? D'avoir tremblé de peur à l'annonce de la guerre froide ? D'avoir exalté lorsque les premiers hommes ont marché sur la Lune ? D'avoir une garde-robe si remplie qu'elle ferait pâlir d'envie n'importe quelle habilleuse pour le cinéma ? De pouvoir dire j'étais à Woodstock en 1969 et que même seulement la nuit c'était incroyable ? Je crois qu'on est peu à pouvoir se vanter d'un tel exploit." Rit-elle sur un ton plus léger.

-" Alors tu ne regrettes pas ?" Demanda Snape avec un sourcil levé.

-" Il faut savoir vivre avec ce qu'on nous donne. Cette vie m'a énormément volé alors je ne fais que ré-établir son équilibre en reprenant un peu de ce qu'elle me doit." Continua-t-elle en s'approchant de lui sans timidité.

Il se laissa envahir de la présence de Rosa et rapidement elle vint nicher ses lèvres dans le creux de son cou, embrassant cette peau chaude qui la faisait frémir.

Rosa était froide tout comme Hermione.

Snape ferma les yeux, se laissant caresser par cette fraicheur irradiante qu'il savait pouvoir transformer en chaleur.

Il déposa une main caressante dans sa nuque, l'attirant plus franchement contre lui et la jeune femme ne se fit pas prier davantage.

D'un mouvement léger, elle se replaça, venant chevaucher les genoux de Severus qui la regardait avec envie à présent. Il ne s'en était pas caché et elle non plus. La tension devait être libérée.

-" Ce qu'il y a de bien avec vous, les mortels, c'est qu'on se sent plus proches du vivant dans des instants pareils. Vous êtes brûlants et communiquez parfaitement cette chaleur. J'aime ça." Avoua-t-elle penchée au creux de son oreille.

Il se retint de dire quoi que ce soit et il tira le visage de la vampire pour déposer un baiser vorace sur ses lèvres.

Elle mena la danse, frottant son bassin contre le sien, le déshabillant avec langueur.

Le sorcier à cet instant ne réfléchit plus vraiment, mu par des pulsions qu'il peinait à canaliser.

Il la laissa le prendre, englobant ses fesses de ses doigts, s'amusant à les claquer pour la faire hurler davantage et lorsque son orgasme fut prêt à être libéré, il se retint de justesse de murmurer un prénom autre que celui de celle qui s'empalait sur son membre.

Sa bataille intérieure n'était pas terminée.