Chapitre 18 - London Calling
Mille mercis pour vos retours =) Petit chapitre assez court mais la suite arrive bientôt. Bises.
A la fin de cette semaine, Hermione, Luna et Harry s'étaient rendus à Londres sur une idée de Lovegood qui avait envie de changement. Les robes de Madame Guipure manquaient cruellement d'originalité et ce fut presque sur un coup de tête qu'ils décidèrent de partir le vendredi soir.
Hermione avait envoyé une lettre à ses parents en premiers lieux afin de les avertir de leur passage et ces derniers furent heureux d'accepter la visite de leur fille et de ses amis les plus proches à présent.
Ginny n'était toujours pas dans la confidence et ce fut un petit miracle malgré Ron qui n'adressait plus réellement la parole à Hermione. Elle avait pris peur qu'il la dénigre au point de révéler son secret à toute l'école mais le garçon avait peut-être enfin finalement pris assez de maturité pour savoir se la boucler. La pression de Harry à ce sujet aidait grandement.
Le vendredi soir, ils arrivèrent à King's Cross et furent récupérés par le père d'Hermione qui sembla hésitant un instant quant à la reconnaissance de sa fille.
Hermione était très différente de la dernière fois où il l'avait vue à Sainte Mangouste.
Sa pâleur avait pris le pas sur son teint hâlé, ses yeux étaient entourés de cernes et ses cheveux avaient considérablement poussé. C'était peut-être le seul avantage qu'elle se trouvait. Au moins ils étaient beaucoup moins rêches et brillaient même s'ils avaient considérablement foncé.
Luna répétait à ce sujet qu'elle ressemblait à une poupée de porcelaine et cette condition semblait s'accentuer au fil des semaines. Au fond, la Gryffondor ne savait pas comment prendre cette remarque, ne sachant pas si c'était un compliment ou une pirouette déguisée.
Quand monsieur Granger reconnut Harry, il fit le lien immédiatement et masquant son trouble, il se contenta de prendre sa fille dans ses bras dans une étreinte paternelle inquiète.
Car même s'ils s'écrivaient toutes les semaines, lui et sa mère demeuraient terriblement inquiets à ce sujet, ce que Minerva McGonagall leur avait annoncé début octobre.
Il n'était pas rare d'ailleurs qu'une attaché du ministère se déplace en personne jusqu'à leur domicile afin de les rassurer, de leur présenter des faits et des nouvelles rassurantes. Mais au fond, c'était une entourloupe judicieuse de la part de Kingsley pour leur montrer qu'ils avaient la situation bien en main.
Pour l'instant.
-" Ma chérie." Se contenta de saluer son paternel qui ne put s'empêcher de masquer son frisson au contact des mains glaciales de son enfant.
Elle ne répondit rien, juste un léger sourire agrémentant son visage et se contenta de lui rendre l'étreinte, un peu mal à l'aise de le toucher avec ses mains froides.
-" Tu te souviens de Harry et voici Luna Lovegood, une amie de l'école." Présenta-t-elle en s'extrayant des bras de son père.
Le jeune homme le salua d'une poignée de main confidente tandis que l'autre sorcière ne sut trop quelle attitude aborder avec un moldu si bien qu'elle imita Harry et serra la poigne virile du père qui lui broya presque la main sans même se rendre compte de son enthousiasme.
-" Jack Granger." Se présenta-t-il alors qu'il tenait la main molle de Luna dans la sienne. " Vous êtes étudiante à Gryffondor également ?" Demanda-t-il avec entrain.
-" Non, je suis à Serdaigle." Répondit la voix fluette avec naturel.
-" Je t'expliquerai." Murmura Hermione.
-" Allez, on y va j'ai garé la voiture sur un parking limité à quinze minutes, après c'est payant."
Luna eût la joie de découvrir cette invention moldue qu'on appelait voiture.
Enfin joie...
Disons qu'elle comprit assez vite qu'elle avait une disposition à avoir le mal des transports, un désagrément qu'elle ne trouvait pas aussi intense que le vol sur balai mais tout de même.
Lorsqu'ils furent arrivés à destination dans un quartier reculé et paisible en périphérie de la capitale, la jeune Serdaigle ne put s'empêcher de scruter ce curieux jardin qui à son goût manquait cruellement de plantes. Tout était taillé de manière carrée, droite. Pas une feuille ne dépassait du rang et même si ce n'était encore que la fin de l'automne et que les branches furent partiellement dénudées, les conifères eux taillés en pointe presque parfaite, flanquèrent à Luna un certain malaise. Toutes ces pauvres plantes maltraitées.
-" Vous n'avez pas de buisson de prunes ?" Demanda-t-elle à Hermione alors qu'ils foulaient les marches du perron.
-" Euh, non Luna, les moldus n'ont pas ce genre de plantes. Ici on se contente de rosiers et de glycines. Un grand classique dans les voisinages de ce genre." Lui expliqua la Gryffondor avec un sourire.
-" Mais alors comment vous savez quand quelqu'un est sur le pas de la porte et que vous êtes à l'étage ?" Demanda-t-elle en lorgnant les fenêtres du premier. Harry s'esclaffa gentiment.
-" Nous avons des sonnettes... C'est comme une cloche. Regarde." Elle lui indiqua de son index un petit renfoncement dans le mur de briques. " Là tu as un boiter et dans ce boitier il y a un bouton sur lequel tu appuies et cela transmet un signal dans la maison où un son de cloche fait signe à l'habitant que quelqu'un est devant sa porte."
-" Oh... Je peux essayer ?" Demanda la blonde avec un air enfantin dans le regard.
Le sourire d'Hermione s'étira davantage et elle se mit sur le côté, montrant à son amie ledit boitier.
Luna s'approcha avec curiosité et posa son doigt sur le bouton. Lorsqu'elle appuya et que le son de la cloche retentit, elle l'ôta comme si elle avait fait une bêtise, avant de glousser comme une fillette qu'on venait de prendre sur le fait d'avoir ingurgité tout un pot de confiture.
-" C'est rigolo." Rit-elle et alors les deux sorciers ne purent que fondre devant la curiosité innocente de la jeune femme.
Monsieur Granger quant à lui avait regardé la scène ébahi, se demanda quand fut la dernière fois qu'il avait croisé une gamine de l'âge de sa fille avec autant de candeur. Peut-être jamais.
Là, Madame Granger ouvrit la porte alors que tous les trois restaient sur le perron, fixant Luna en proie à de nouvelles découvertes.
La femme resta surprise un instant.
-" Mais pourquoi vous avez sonné ?" Demanda-t-elle en s'approchant de sa fille et venant lui baiser la joue tendrement.
-" Je t'expliquerai." Lui répondit son mari avec un sourire étrange.
-" Comment va ma grande fille ?" Demanda Norma éludant ce fait.
Hermione lui offrit un sourire chétif.
-" Je vais bien maman." Murmura-t-elle, masquant au plus profond les notes de mensonge dans sa voix.
Cependant une mère savait quand quelque chose n'allait pas. Lorsqu'elle se retira de son affection, elle lui rendit un regard scrutateur empli de mille questions alors que les yeux noisette se contentaient de fournir autre chose que son malaise. Elle ne voulait pas en parler et elle ne lui mettrait pas le couteau sous la gorge.
-" Je te présente Luna, c'est une amie de l'école." Répéta-t-elle encore une fois et par réflexe à présent, ladite Luna tendit sa main molle à l'attention de la mère.
-" Bonjour Luna, je suis Norma." Elle lui rendit sa poignée de main étrange.
-" Je suis étudiante à Serdaigle." Lui répondit-elle.
-" Je croyais que vous étiez tous à Poudlard." Les sourcils de madame Granger se froncèrent devant l'incompréhension.
-" Serdaigle est une autre maison, avec Harry nous sommes à Gryffondor... Tu te souviens ?" Expliqua Hermione encore une fois pour que l'illustration soit claire une fois pour toute.
-" Ah, très bien... Et Harry Potter." Sourit-elle en se détournant de l'étrangeté de cette jeune femme blonde qui n'avait pourtant pas l'air bien méchant. " Comment vas-tu ?" Lui demanda-t-elle en venant claquer une bise sur la joue du survivant.
-" Très bien et vous ?" Demanda-t-il un peu décontenancé devant cette marque d'affection assez peu commune. Harry se doutait qu'Hermione avait longtemps fait son éloge auprès de ses parents. Elle avait également du leur conter en long large et travers leur épopée durant ces huit dernières années alors peut-être que la femme avait envie de lui montrer qu'il était le bienvenu dans la famille.
-" Très bien si on élude le fait qu'il reste encore beaucoup de matériel de notre cabinet coincé en Australie." Répondit la mère avec un sourire mitigé à l'encontre de sa fille qui cacha un faux malaise.
Ce soir-là, Hermione parti se coucher un peu plus sereine malgré le stress qu'elle avait accumulé en si peu de temps à l'idée de voir ses parents.
Ces retrouvailles furent telles qu'elle les avait envisagées, chaleureuse mais une distance s'était créée.
Eux n'avaient posé que quelques questions curieuses auxquelles elle avait répondu en détournant plus ou moins le sujet. Elle ne tenait pas vraiment à partager les malaises de sa condition et même si elle les aimait très fort, certaines choses ne pouvaient être dites.
Elle avait aussi perçu le grand mal dans leur regard lorsqu'elle s'était esclaffé ouvertement lorsque sa mère lui avait annoncé qu'elle n'avait pas aillé le pain qui accompagnait le poulet et que ses canines furent bien visibles.
Leur fille avait changé, c'était indéniable et alors elle s'était aussitôt reprise en reprenant un visage neutre et à sa plus grande horreur ils avaient également rebondi sur ce malaise, se fustigeant intérieurement.
Tout cela était nouveau pour eux, encore une chose à encaisser en plus du fait qu'elle ait des talents exceptionnels. Mais c'était leur fille et quoi qu'il advienne, ils la soutiendraient sans faillir.
Hermione gardera toujours également cette lueur dans leur regard lorsque à la fin du mois de mai elle avait débarqué sur le perron de leur porte dans leur nouvelle maison de Sydney.
Leur rendre leurs souvenirs n'avait pas été une tâche facile et son père avait relativement mal prit la chose lorsqu'il s'était enfin souvenu qu'ils avaient un enfant et que cette dernière s'était éclipsée pour les protéger.
Il avait fallu quelques semaines pour qu'il comprenne que pour leur bien, elle devait les écarter.
Elle se coucha donc sereine dans sa chambre d'enfance, repensant à tous ces souvenirs de gosse qu'elle avait accumulé ici cependant. C'était sa maison après tout mais elle n'y avait pas passé autant de temps qu'à Poudlard. C'était quelque peu déroutant.
Comment envisager son avenir à présent ? Quel avenir pouvait-elle avoir ?
Le lendemain matin, quand elle descendit pour le petit déjeuner qu'elle ne prendrait de toutes façons pas, elle fut accueillie par la présence de Harry et Luna dans la cuisine.
Tous deux étaient bien silencieux tout à coup et elle ne put s'empêcher de constater la nervosité du survivant qui malgré son éclat habituel matinal, tenta de masquer quelque chose qui semblait le tarauder.
Luna était sereine, comme d'habitude. Rien ne pouvait perturber l'éternelle rêveuse.
Hermione éluda le tout et demanda à Lovegood de lui injecter son produit à l'abri du regard de ses parents. Elle au moins n'aurait pas les mains tremblantes.
L'après-midi, ils firent ce qu'ils avaient enfin prévu, ce pour quoi ils étaient venus à Londres.
Hermione dirigea Luna et Harry vers Camden, là où à coup sûr la Serdaigle pourrait trouver quelque chose de convenable à porter pour le bal que la directrice avait organisé.
Ils firent le tour de ces curieuses échoppes, toutes plus excentriques les unes que les autres parmi la culture underground de cette ville multiculturelle.
Ils furent attirés par un magasin démarqué par l'entrée gardée de deux immenses statues de robots humanoïdes. Le tout était plongé dans le noir et la seule lumière venait des lampes fluorescentes donnant à cet endroit un aspect science-fiction tout à fait immersif.
Luna avait des yeux rêveurs devant la multitude d'étoffes improbables mais son dévolu se jeta sur une robe moulante, faite de plastique aux couleurs holographiques. C'était parfait pour elle qui découvrait en même temps cette matière plus ou moins bannie du monde sorcier.
Harry lui se contentait de chiner avec curiosité. Il ne prévoyait rien à acheter mais il ne pouvait s'empêcher de porter son regard là où les couleurs criardes appelaient ses yeux.
Luna termina ses emplettes et alors au dehors Hermione fut interpellée par une robe dans une vitrine. Une simple et longue robe mauve sans fioritures, juste fendue au niveau de la cuisse. Il y avait pourtant d'autres tissus bien plus jolis et attractifs mais la sorcière n'avait pas envie de passer le reste de son après-midi à chiner. Celle-là était parfaite, ergonomique et pourrait aisément cacher les cicatrices qui demeuraient après son combat acharné contre Malfoy. Belle ironie sachant qu'elle l'accompagnait au bal.
A la fin de la journée et les poches remplies de sacs qu'ils avaient rétrécis, ils s'octroyèrent le droit d'aller prendre un repas au Chaudron Baveur.
Londres était décorée de guirlandes, de lumières festives et la nuit tombant donna aux petites rues anciennes un aspect féérique tant et si bien que Luna passait son temps le nez en l'air.
Ils entrèrent, constatant l'auberge à moitié vide et le flair d'Hermione se sentit tout à coup surexcité. Quelque chose ici était étrange.
Ils se placèrent et attendirent une carte tandis que la jeune femme scrutait les environs, s'attardant sur le peu de gens présents pour un samedi soir.
Assis au bar, il y avait un homme seul qui n'avait pas daigné se tourner pour l'instant. De dos, il avait des cheveux longs bruns et bouclés, un long manteau noir qui tombait sous son tabouret. Mais quelque chose clochait dans son aura.
-" Je vais commander quelque chose à boire." Annonça Hermione à ses deux comparses, sa curiosité impossible à contenir.
Elle s'approcha du bar avec des pas précautionneux et alors plus elle marchait en direction de l'inconnu, plus ses sens furent en alerte. Pourquoi faisait-elle ça ? Aucune espèce d'idée. C'était presque comme la fois où elle s'était battue avec Malfoy, son impulsivité avait pris le contrôle de son esprit.
Il dégageait une odeur qu'elle connaissait. Une odeur propre et unique à chaque être humain.
Elle esquissa un sourire satisfait avant de fermer la distance et de se hisser sur le tabouret voisin alors que l'autre ne sembla pas lui donner un semblant de considération.
-" Cela fait longtemps que vous êtes parti." Glissa-t-elle sans pour autant le regarder.
Lui en revanche se tourna absentement et à ce moment, elle perçut son cœur battre plus fort.
Gagné.
Il soupira et alors elle s'autorisa enfin à scruter les traits qu'il arborait.
Un autre homme en apparence seulement. Il était tellement plus séduisant pour le commun des mortels, cependant les yeux ne mentaient pas et sa surprise dissimulée fit que la jeune femme resta campée sur sa position.
-" Vous vous amusez à draguer sous l'influence de Polynectar maintenant ?" Esquissa-t-elle avec un sourire ironique.
-" Si je vous disais que c'est pour vous échapper, me croiriez-vous ?" Murmura-t-il excédé.
-" Peut-être mais je sais aussi que vous êtes assez solide pour faire ça sans potion." Répliqua-t-elle alors que le barman lui demanda ce qu'elle voulait. L'air de rien, elle commanda trois bières au beurre.
-" Alors disons juste que j'essaierais une autre méthode la prochaine fois." Cingla-t-il.
-" Et sinon, la véritable raison ?" Demanda-t-elle impatiente.
-" Je ne peux pas me compromettre. Nous en parlerons à mon retour à Poudlard. D'ailleurs comment se fait-il que vous soyez dehors vous ?" Concéda-t-il sur un ton pas plus haut qu'un murmure.
-" Au cas où cela vous aurait échappé, il se trouve que Luna, Harry et moi sommes des élèves majeurs, donc si l'envie nous prend de venir à Londres un week-end nous sommes parfaitement en droit." Se défendit-elle.
-" Je vois... Et où cette joyeuse bande a-t-elle pris ses quartiers ?" Demanda-t-il sans désintéressement.
-" Pourquoi ? Vous tenez à dormir avec moi ?" Lâcha-t-elle avec un sourire satisfait.
-" Je souhaiterais simplement savoir où aller sans croiser votre... Délicate présence." Nargua-t-il tout autant délecté.
-" Alors je vous répondrais qu'il ne faudrait certainement pas que vous trainiez dans Wembley au 12 Langham Gardens."
-" C'est noté..." Répondit-il en plissant ses lèvres.
-" Bien, je vous laisse à vos affaires." Elle sorti sa baguette de la poche arrière de son jean et fit virevolter le plateau servi de pintes jusqu'à leur table. Lorsqu'elle tourna les talons il l'appela cependant.
-" Miss Granger ? Le quartier n'est pas sûr... Ne tardez pas à rentrer chez vous." Lui somma-t-il.
Elle opina en guise de réponse et s'en alla rejoindre Harry et Luna pour déguster cette bière qui de toutes façons serait bien fade pour son palais.
