Note aux plus jeunes lecteurs, ATTENTION VEUILLEZ LIRE CECI ATTENTIVEMENT :certaines scènes peuvent les choquer. A ne lire que si la violence, les remarques sexistes ou les agressions avec un grand « S » ne vous choque pas. Un lecteur avertit en vaut deux. On voit définitivement pire mais je préfère prendre des précautions vis-à-vis d'un jeune public.

Et bien sûr : Dragon ball Z et compagnie appartiennent toujours à Toriyama…

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Chapitre 7 : la raison du plus fort…

Elle courait, courait aussi vite qu'elle le pouvait. TAP TAP TAP…faisaient ses chaussures à chaque impacte avec le sol, et le seul le bruit de sa respiration, au demeurant bruyante, venait accompagner ce martèlement incessant. Elle avait couru, droit devant elle sans s'arrêter ni se retourner. Elle ne se souciait guère de savoir où ses pas la portait, sa seule idée en tête était de fuir, le plus loin et le plus vite possible. Son instinct de survie était pour l'instant seul maître a bord, et il faisait apparemment rudement bien son travail car elle courait depuis bientôt 30 minutes. Vaguement elle se surprit à penser que ce palais n'avait pas de fin.

Elle nota également que les corridors naguère pleins de vie quelques minutes auparavant, étaient presque désert ; presque désert et surtout, nettement moins éclairé.

« Mince » L'endroit n'avait rien de rassurant. Elle pila nette. Peut être devrait –elle rebrousser chemin ?

Elle observa avec attention les alentours afin d'évaluer la situation. Droit devant elle le corridor s'étendait à perte de vue, et les travées semblaient pires que le corridor où elle se trouvait. Au moins ce dernier était chichement éclairé…les autres…elle frissonna.

Non, mieux valait faire demi-tour et regagner un endroit mieux éclairé, là, elle verrait.

Elle commença alors à remonter à pas lent la longue allée, posant à chaque intersection, à la recherche d'un quelconque renseignement géographique. Peine perdue ; pas de réelle direction hormis Nord écrit en lettres rouges toutes écaillées. Elle prit toutefois note que figurait à chaque intersection un numéro bien distinct.

Elle déchiffra l'un deux. 'Hum peut être secteur nord allée 28, ou un truc comme ça ? Mais tord ou raison, cela lui faisait, 'une belle jambe'.

Et que faire une fois revenu sur ses pas ? Probablement récupérer ses affaires en vitesse. Dedans se trouvait la capsule contenant son vaisseau de secours. Oui mais après ? Ou aller ?

Que diable je préfère me poser la question une fois en route, plutôt que de finir assassinée.

'Personne ne veut de moi ici' pensa t'elle amèrement, et de toute façon, ce sont des barbares, le prince en premier.

Le prince… à sa seule pensée elle ressentit un mélange d'appréhension et de sécurité, bien que ces deux sentiments apparaissent comme antagoniste.

Elle se mit à songer à tout ce qui lui était arrivée en moins de 24h. C'était beaucoup à gérer, même pour elle, et tout son entraînement de soldat et de scientifique étaient vain fasse à une rencontre du troisième type. 'Je suis en terrain inconnu' songea t'elle,' tout est si étrange et déconcertant'. Elle s'appuya contre un mur et se laissa glisser en position assise, les genoux remontés contre sa poitrine, les bras enroulés autour, dans une tentative inconsciente de recherche de protection. Elle laissa échapper un gros soupir. « Que faire » ? La raison voudrait qu'elle 'opère un replis stratégique' expression élégante visant à remplacer des expressions comme 'fuir la queue entre les jambes ou tout simplement 'se sauver', des termes mal vus dans l'armée, 'comme si le fait d'appeler un chat autrement que chat changeait la situation', ironisa t'elle.

'Je suis dans de beaux draps, et apparemment je ne suis pas prête de m'en dépêtrer'.

Manifestement, on en voulait en sa vie, de cela elle en était presque sure. Elle avait une mission à mener à bien, mais pas au point de risquer sa vie. Mieux valait donc oublier cette planète. Cette mission était un échec total. Leur technologie paraissait aussi avancée que leur comportement primitif, et l'un dans l'autre cela pourrait bien s'avérer un problème.

Ce n'était pas de ce genre d'alliance dont avait besoin la Terre. Trop risqué compte tenu de leur tendance raciste. Totalement hors de question aux vues de leur engouement pour la violence. Non vraiment, elle secoua la tête de désespoir.

Elle ne pouvait pourtant se résoudre à partir comme une voleuse. Elle avait en effet promis au prince de lui remettre une capsule à des fins d'étude, et qui sait peut-être pourrait-elle alors obtenir en échange d'accéder aux archives royales. Avec cela elle pourrait sûrement retourner chez elle. Et puis après tout, peut être réagissait elle de façon disproportionnée ? Le prince n'avait-il pas veillé à ce qu'elle reçoive les soins appropriés ? Ne s'était-il pas montré courtois envers elle ? Bon c'est vrai il y avait eu un épisode fâcheux. Mais hormis ce moment de violence il s'était montré on ne peut plus civil avec elle. Il aurait pu déléguer sa surveillance à un subalterne, mais non… c'était étrange…. Pourquoi avait-il tenu à se charger d'elle ? Et puis il lui avait même présenté des excuses, qui au demeurant était on ne peut plus mérité, mais qui compte tenu du peu qu'elle savait de lui avait dû lui coûter énormément en termes de fierté. Enfin aucune remarque raciste n'avait franchi ses lèvres, ce qui tendrait à prouver que l'attitude raciste qu'elle avait pu observer ne concernait en fait que quelques illuminés et non pas la planète entière, comme elle l'avait cru de prime abord.

A bien y penser, elle s'était enfuie alors qu'il essayait de s'expliquer, de lui décrire son peuple. Elle devrait peut-être l'écouter jusqu'au bout avant de prendre une décision.

Oui voila, c'était la bonne décision à prendre.

Nettement plus calme, elle se remit en chemin d'un pas vif. Arrivée à la parcelle 22 elle fut stoppée par une conversation animée. Elle s'approcha en silence.

Trois hommes à la mine patibulaire avaient cerné une jeune femme et tentait de l'entraîner dans une ruelle. Elle tentait de se débattre mais le jeune enfant qu'elle avait dans les bras semblait beaucoup la gêner et elle fut bientôt jetée à terre, le petit garçon lui échappant des bras. « Maman, maman » cria le petit garçon en roulant à terre.

Faisant fi de toute prudence et malgré l'infériorité numérique, elle ne pu s'empêcher d'intervenir. « Lâchez-la ! Tout de suite ! Et de s'interposer entre la figure prostrée à terre et ses agresseurs.

« Ma parole les mecs ! Regardez qui nous a rejoint ? Un 'rencard ' de plus et exotique qui plus est. Alors ma belle tu cherches un peu de compagnie ?

« Je ne savais pas que ce genre de femelle existait, probablement un défaut génétique, mais qu'importe une femme est une femme », ajouta un autre.

« Ne restez pas là ! Allez chercher de l'aide » intervint la femme à terre. A l'image des autres personnes, elle avait les yeux et les cheveux noirs, à ceci près que les siens étaient coiffés en chignon.

« je ne vais pas vous abandonner » protesta Bulma

« Teu teu teu… alors comme ça on n'apprécie pas notre compagnie ? » Ricanement des 2 autres. Celui qui avait parlé esquissa un rictus mauvais. « De toute façon tu n'as pas le choix, tu restes femme ! Mes amis et moi avons besoin de compagnie féminine, les nuits sont froides par ici ». Et de ricaner de plus belle. Il fit alors un pas dans sa direction et la jeune femme adopta aussitôt une position de combat. Les deux autres se mirent alors en devoir, l'un d'immobiliser la femme au sol, l'autre de se saisir de l'enfant qui se remit à pleurer de plus belle. Un cri particulièrement perçant leur fit tous, à l'exception de bulma, se boucher les oreilles. Voyant sa chance, Bulma en profita alors pour sauter et envoyer son poing dans le visage de son adversaire le plus proche. Ce dernier, surpris et déséquilibré, tomba lourdement à terre. Elle enchaîna aussitôt par un coup de pied circulaire qui faucha le type penché au dessus de la jeune femme, l'envoyant s'écraser contre le mur. Elle se tourna alors vers le troisième mais fut cueilli au menton par un puissant uppercut. L'impact la propulsa elle-même contre un mur et elle pu distinctement sentir quelque chose céder dans son dos. Elle essaya de bouger sans aucun résultat. Elle se sentait étrangement léthargique comme dans du coton.

Quelqu'un se pencha au dessus d'elle, et la saisit par son haut.

« Elle est toujours en vie et nettement moins agressive, on a intérêt à en profiter ».

Un bruit de vêtements déchirés, 'les siens' pensa t'elle vaguement. Un cri de femme près d'elle. 'Je suis désolée' se surpris t-elle à penser, 'je n'ai rien pu faire'. Elle sentit des mains froides et visqueuses parcourir son corps, et eu la nausée. Un bruit de claque et un cri de douleur retentit près d'elle.

'Je suis désolée'. Des larmes lui brûlaient les yeux tandis que les mains étaient rejointes par quelque chose d'humide, qui tenta de forcer le passage de sa bouche. Par pur réflexe elle mordit de toutes ses forces, malgré sa mâchoire probablement brisée ou démise, et eue la satisfaction de sentir couler un sang autre que le sien.

« Ça tu vas me le payer » ragea son agresseur. Il se mit alors en devoir de la rouer de coups. Dabord insoutenable, la douleur finie par s'atténuer, ne laissant alors plus entendre que le bruit de la chair contre la chair. 'J'ai froid' fut sa dernière pensée,' je suis si fatiguée'.

Juste avant de perdre conscience elle cru distinguer un cri de rage, et la dernière image qu'elle emporta avec elle fut celle d'une silhouette baignée de lumière. Elle ferma les yeux.

Le jeune prince regarda la Terrienne s'éloigner sans savoir que faire. Il se sentait un peu blessé par sa réaction. N'avait t'il pas littéralement envoyé à vaux- l'eau sa fierté en s'excusant ? Et elle ne se donnait même pas la peine de l'écouter jusqu'au bout.

Cependant, reconnu t'il, elle avait brusquement paru comme terrifiée et cela n'était pas normal. Expliquer son peuple aurait dû la rassurer, lui donner confiance en lui, envers ses intentions mais il s'interrompit : qu'elles étaient au juste ses intentions ? Il voulait qu'elle reste avec lui de cela il en était sûr. Mais pourquoi et dans quel but ? Il n'avait jamais réellement désiré la seule présence de quelqu'un, alors pourquoi elle parmi tant d'autres? Il pourrait se mentir à lui-même et se dire que c'était une question de technologie, après tout cette jeune femme non seulement semblait posséder ces « capsules « elle paraissait aussi s'y connaître dans le domaine scientifique, ce qui à l'heure actuelle manquait cruellement à sa planète, mais il était un guerrier et se mentir à soi même revenait à esquiver les difficultés plutôt qu'à les affronter, à choisir la solution de facilité. Ce n'avait jamais été et ne serait jamais son genre. Il n'était peut-être pas prêt à totalement affronter la réalité mais il n'allait certainement pas l'occulter. Il appréciait cette femme. Tout : de son apparence physique jusqu'à son attitude. Et l'odeur qui flottait autour d'elle… il n'avait jamais rien humé de si doux et captivant. Même son apparente fragilité, quasi inexistante au sein de sa race, ne la rendait que plus exotique à ses yeux et, si elle ne semblait pouvoir se défendre physiquement, verbalement c'était une autre histoire. De toute façon aussi longtemps qu'elle serait en sa présence elle n'aurait à craindre aucune menace physique ou autre. Une grimace d'inquiétude troubla un instant ses traits. Il venait en effet de se rappeler que justement la secte « les fils de Végéta- sei » semblait vouloir attenter à sa vie. Ignorant jusqu'où remontait les ramifications de ce mouvement il ne pouvait agir présentement.

Après avoir laissé le dénommé Koil entre les mains de Carot pendant une petite heure ou deux, il avait préféré mettre un terme à son supplice afin de ne pas éveiller davantage les soupçons de l'illuminé. Il souhaitait se renseigner plus avant sur son sujet et avait chargé Carot, le seul dont il était sûr qu'il n'appartenait pas à cette secte, d'épier ses moindres faits et gestes. Peut être arriverait –il par ce subterfuge à remonter jusqu'aux plus hautes sphères du mouvement ? Il devrait aussi trouver des hommes de confiance enfin de veiller sur la jeune femme la nuit, ou s'il se trouvait dans l'impossibilité de veiller sur elle lui- même. Mais réalisa t'il soudain il fallait déjà la retrouver. Il se mit donc à sa recherche et par le biais des gardes présent aux différents postes ne tarda pas à savoir qu'elle direction elle avait prise. Réalisant que c'était précisément le secteur qu'il lui avait recommandé d'éviter il accéléra le pas, s'arrêtant seulement afin d'être sûr de rester dans la bonne direction. Arriva un moment ou il n'y eu plus personne pour le renseigner. Il continua alors tout droit puisque cela semblait être la direction qu'elle tenait depuis le début. Il prit note de la saleté, l'étroitesse et le manque d'éclairage des lieux. De plus, aucune patrouille ne circulait. De temps en temps une ou deux silhouettes peu engageantes pouvaient être aperçues. Il avait eu raison de la mettre en garde, et elle était inconsciente de ne pas l'avoir écouté. Ce coin était réputé abriter les rebus de la société, en clair, le parfait endroit pour les meurtriers, violeurs et autres mécréants. Il se surprit à remettre en cause le comportement laxiste de son père. Depuis que la reine était tombée malade et que tout espoir de traitement semblait impossible le roi s'était replié sur lui-même, délaissant les affaires courantes du Royaume à la charge de son fils ainé. Il n'avait pas abdiqué, grand Dieu non, mais il refusait d'aborder quoi que ce soit n'ayant pas trait à la condition de sa femme. Certes le prince avait un pouvoir considérable physiquement parlant mais il était loin de faire l'unanimité en termes de popularité auprès de ses sujets. Son caractère était tellement instable que des problèmes d'affaires courantes tel que la sécurité au sein de son palais ou l'entretien des coursives et corridors n'avait sans doute pas valu la peine que quelqu'un risque sa vie en l'approchant. Des échos lui étaient parvenus bien sûr, mais- et il se surprenait à le regretter amèrement aujourd'hui- il avait jusque là pour toute réaction, simplement hoché la tête en signe d'agacement, tout en se moquant bien des victimes. Après tout avait-il pensé- si des gens de son peuple n'était pas assez forts pour faire face à un simple vol ou à une embuscade, alors ils ne pouvaient décemment pas prétendre faire partie de la puissante race des Saiyens. C'était même de son point de vue personnel, une manière efficace de séparer le mauvais grain de l'ivraie Les forts survivaient, les faibles périssaient.

Oh comme il s'en mordait les doigts maintenant. La Terrienne, et toute son exotique beauté et fragilité était quelque part, perdue au milieu de ces coursives sinistres, sans moyen de défense sans garde patrouillant le secteur et sans sa protection. A cette seule pensée, il accéléra le pas décidant qu'à la vitesse ou il avait progressé dans ce secteur il avait certainement excédé la sienne. Elle ne devrait plus être bien loin. Il pila alors net au milieu de la coursive principale, cherchant, scouteur à l'oreille à détecter le moindre signe de vie. Son scouteur resta muet et il prit une profonde inspiration afin de se calmer. Soudain, un effluve, particulièrement agréable et familier lui parvint au nez. C'était elle ! Elle était passée par là peu de temps auparavant ! Elle avait fort heureusement couru droit devant elle et devait se trouver non loin de sa position. Se servant davantage de son nez que de son scouteur il se laissa guider par son odeur afin de franchir les derniers mètres les séparant. Soudain son scouteur jusqu'alors silencieux redonna des signes de vie : il indiquait la présence de 6 personnes. Il haussa alors un sourcil en guise d'étonnement : il cherchait une personne et non pas 6 et les niveaux d'énergie ne correspondaient pas au sien : ils étaient soit bien trop forts, soit bien trop faibles, ces derniers appartenant soit à un enfant particulièrement jeune et faible soit à quelqu'un de sérieusement blessé. Mais son odeur se précisait et mû par un nouveau sursaut d'angoisse il se précipita vers ces énergies.

Ce qu'il découvrit alors restera probablement gravée dans sa mémoire comme l'un de ses plus horrible souvenir.

Elle gisait contre un mur, ensanglantée et inerte, tandis qu'un homme était collé à elle, sa langue et ses mains la violant sauvagement.

« Non ! » hurla t-il tout en laissant éclater sa rage.

Son aura dévastatrice eut tôt fait d'attirer l'attention de toutes les personnes présentes, toutes sauf elle, qui demeurait inerte, telle une poupée désarticulée.

Les trois hommes reconnaissant leur souverain délaissèrent promptement leurs proies pour se jeter à genoux, en signe de déférence et de soumission. Il nota presque de manière détachée, que les deux autres victimes n'étaient autre que la femme et le fils de Carot.

Hormis quelques bleues et égratignures ils avaient l'air relativement intactes. Mais Bulma, elle, ne bougeait toujours pas. Elle était couverte de sang et d'ecchymoses, au point qu'il était impossible de dire si elle respirait encore.

Un gémissement pitoyable le sortit enfin de sa transe. Contrairement à toute attente il provenait de SON agresseur. Avait-il réalisé que son acte impardonnable lui vaudrait ainsi qu'à ses complices de ne pas assister à un autre levé de soleil ?

Un second gémissement, inhumain de par sa peine et sa rage, résonna autour des personnes présente. Il réalisera plus tard qu'il provenait de lui. Il se rua vers elle, des paroles incohérentes aux oreilles de l'assistance, « Tu es en vie, s'il te plait tu es en vie… »

Il se saisit d'elle avec une douceur et une prudence hors de ce monde. La première chose qu'il nota avec horreur était à quel point sa peau ordinairement claire douce et chaude, était à présent glacée, et pâle. Il n'y avait pas beaucoup d'endroit exempte de traces de coups et de sang. Ses vêtements étaient en lambeaux, son beau visage jusque là magnifique et sans cicatrices était à présent une masse de bleus et de coups. Sa mâchoire probablement brisée à plusieurs endroits était tuméfiée et ses beaux yeux d'ordinaire ouverts et pleins de vie, de même que ses lèvres étaient gonflés et fermés. Il se pencha avec trépidation au-dessus de sa poitrine à moitié dénudée à la recherche d'un quelconque signe de vie. Une main tremblante- la sienne- chercha son pouls. Là, sous ses doigts rendus moites et raides par la terreur il détecta un faible battement de cœur. Sa poitrine se soulevait avec difficulté, un râle sifflant et humide se faisait entendre signe d'un collapsus imminent des bronches et des poumons. Sa position contre le mur indiquait de plus une blessure à la moelle épinière ou à la colonne vertébrale. Elle était toujours en vie, certes, mais elle ne le resterait pas longtemps sans soins immédiat. Sans la lâcher ou la bouger, il appuya sur son scouteur afin de contacter les secours. Sa voix normalement forte et stable ordonna sous peine d'exécution immédiate l'envoie de médecins et de spécialistes exo biologistes. Ce dernier point était essentiel compte tenu de la biologie extra-saiyenne de la jeune femme. Elle avait beau leur ressembler rien ne disait que des organes vitaux inconnus à sa race ne soit également touchés. Il contacta dans la foulée ses conseillers médicaux royaux afin que toute une batterie d'examens lui soit prodiguées. Tout cela fut menée en très peu de temps et de menaces-son ton et ses directives précises rendant cela superflu-.

Une fois ceci accompli il ne lui restait plus qu'a attendre, mais avant cela… Sans quitter la jeune femme des yeux il leva alors la main non occupée à la soutenir et sans plus de cérémonie vaporisa les 3 agresseurs. Sous le regard médusé des deux autres victimes il ne resta plus de leur présence que trois petits tas de cendre fumants.

Jeu set et match, le justicier jury et bourreau avait parlé. La sentence prononcée et exécutée, il eut encore l'état d'esprit de contacter Carot afin qu'il vienne rejoindre sa famille.

Après cela il cessa tout contact avec le monde extérieur son scouteur uniquement focalisé sur l'énergie qu'elle dégageait encore-si faible- sur sa respiration- si pénible- et sur son pouls -si lent.

La main exécutrice avait à son insu, commencée à caresser les cheveux et le visage de la jeune femme comme pour l'encourager à émerger de son inconscience et à la rassurer de sa présence et de sa protection.

Ce ne fut que lorsque les secouristes arrivèrent sur les lieux qu'il se résigna- il avait conscience que cela était vital pour sa survie- à les laisser approcher. Une Saiyenne dans la soixantaine- encore bien jeune au regard de leur espérance de vie- entreprit tout en examinant et stabilisant son état de lui faire part de la situation de sa patiente.

Comme il le craignait ses poumons et sa colonne vertébrale nécessitaient une intervention chirurgicale immédiate. Une fois temporairement stabilisée elle fut transportée dans un bloc opératoire où plusieurs spécialistes en biologie et génétique extra-saiyenne, des chirurgiens, anesthésistes et radiologues se relayèrent afin de lui administrer les meilleurs soins.

Pendant ce temps, Végéta, végétait. Rongeant son frein il patientait tant que faire se peut. Et patienter n'était définitivement pas son fort. Cela faisait maintenant plusieurs heures qu'il avait dû laisser Bulma aux bons soins des médecins et autres spécialistes. Il n'était cependant pas parti sans leurs faires bien comprendre que de SA vie dépendait leurs vies.

Le regard de la Saiyenne en charge de toute cette opération de sauvetage lui donnait aussi matière à penser. En effet au moment de son évacuation Végéta s'était rendu compte à sa plus grande stupéfaction que sa queue de singe d'ordinaire en son plein et entier contrôle s'était enroulée sans qu'il s'en soit rendu compte autour de la taille de la jeune femme qu'il tenait de surcroit d'une manière on ne peut plus protectrice entre ses bras. A la vue de cette scène surréaliste, la thérapeute s'était complétement figée son regard alternant entre son monarque et la jeune étrangère en proie à une complète incompréhension. Personne n'aurait pu blâmer le pauvre docteur : Végéta le 4ème du nom n'avait jamais au grand jamais fait démonstration ou étalage d'un quelconque geste d'affection envers une femme, à tel point que des rumeurs avaient commencés à circuler à propos de cet éternel célibataire. Son total désintérêt envers la gentes féminine avait même commencé à inquiéter le Roi et la Reine au point que jusqu'au moment où la Reine avait commencé à montrer des signes de maladie ses parents n'avaient eu de cesse de lui présenter des prétendantes potentielles. Inutile de dire que cela ne s'était pas bien terminer pour ces dernières. Humiliées au mieux par son manque d'intérêt- il n'est jamais agréable de se sentir indésirable- les plus rancunières n'avait eu aucuns scrupules à alimenter toujours plus les commérages quand a son impotence ou à sa préférence pour le même sexe- Ne passait-il pas le plus clair de son temps avec ce Carot ?-

Bref le docteur s'était alors retrouvé face à un dilemme cornélien : il était certes rassurant pour l'avenir de la planète de constater que son souverain n'était en fait pas si indifférent aux femmes- juste très difficile- mais que cette femme ne soit pas une Saiyenne risquait de compliquer très sérieusement les choses. Et dans le meilleur des cas- celui ou la majorité de son peuple et du Grand conseil des Anciens n'y voient pas d'objection- quelle garantie ce couple improbable avait-il de fournir un héritier ou une héritière au trône ?

Inutile de vendre la peau de l'Ozzaru avant de l'avoir terrassé avait-elle fini par conclure. Le prince avait certes démontré un comportement protecteur et territorial envers la jeune étrangère- comportement suffisamment sans équivoque- la queue d'un Saiyen ne saurait mentir- mais encore fallait-il que la femme que lui et sa bête intérieure convoitaient fasse preuve de la même réciprocité, et cela, rien ne permettait de le démontrer.

Mais s'était-elle promis, je serais sûre d'en toucher un mot à la Reine la prochaine fois que je suis de garde auprès d'elle. Et il n'y aurait non plus aucun mal à devancer les souhaits de sa souveraine en orientant les tests de la jeune blessée vers un domaine plus spécifique que ce qui aurait été fait d'ordinaire…

Végéta avait immédiatement essayé de relâcher l'étreinte de sa queue mais avait eu plus de mal que prévu. Cette dernière n'avait pas eu envie de coopérer. A la fin il avait dû l'empoigner à deux mains afin de lui faire lâcher prise. Il avait alors jeté un regard alarmé autour de lui avant de constater avec soulagement que seul le médecin le plus proche des deux jeunes gens avait remarqué ce comportement étrange. Les autres étaient trop occupés à courir partout afin de recueillir des indices sur la scène de crime, à interroger les deux témoins ou à prodiguer les premiers soins à la blessée la plus grave. Que voulait dire ce refus d'obtempérer ? Sa bête intérieure voulait-elle lui faire passer un message ? et pourquoi avait-il insisté pour accompagner la jeune femme jusqu'au bloc opératoire ? Au final cela s'était avéré judicieux, il avait ainsi pu ordonner au personnel médical de la conduire à l'aile réservée à la royauté ; là-bas elle aurait les meilleurs traitements et donc de meilleures chances de survie. Il me faut sa technologie avait-il tenté de se justifier encore- sa bête intérieure avait alors rétorquée narquoisement « mais oui bien sûr c'est pour sa technologie que tu es prêt à patienter à son chevet, tu vas être franchement utile à rester là sans rien faire comme un idiot, pourquoi ne pas aller faire quelque chose de plus productif comme passer tes nerfs sur Carot ? » il lui avait répondu que le pauvre simplet serait sans doute peu enclin à laisser sa famille si tôt après avoir failli la perdre- la bête lui avait alors soufflé 'Toi aussi…'

A cela Végéta avait alors rougit et ne sachant que rétorquer- il n'est pas aisé de se battre avec soi-même- s'était assis les bras croisés sur sa poitrine, la queue battant l'air- signe d'une profonde agitation-et sous le couvert d'une prétendue séance de méditation avait mis tous ses sens en éveils afin de capter le moindre changement de condition de son étrangère. Il fallait qu'elle se réveille, il le fallait…