Je n'ai aucun self-control.
Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K Rowling, je ne suis qu'une humble fane.
Paradox
I
3 Novembre 1994, Ecosse, Poudlard
Mia était habituée à être accusée de choses dont elle était innocente. Son oncle, sa tante, son cousin et les habitants de Poudlard s'en était assurés. Mais ça ne changeait rien au fait que c'était toujours aussi blessant et rageant que lorsqu'elle était petite fille. Et le pire, c'était qu'elle avait beau hurler son innocence, personne n'écoutait un traitre mot de ce qu'elle avait à dire…du moins, personne sauf Hermione... Mia ne savait vraiment pas ce qu'elle ferait sans Hermione. Elle serait sans doute morte à onze durant son premier match de Quidditch, maintenant qu'elle y songeait…
C'est avec un soupir que Mia prit un passage secret peu connu, afin d'éviter que des étudiants à qui elle n'avait jamais adressé la parole ne la fusillent du regard comme si elle avait personnellement insulté leurs mères.
Chaque année, Halloween s'avérait être une nuit maudite pour elle. Et chaque année, depuis qu'elle avait entamé Poudlard, quelqu'un essayait de la tuer. Un fait que les élèves de Durmstrang et de Beaubâtons ne pouvaient pas savoir, mais que les élèves de Poudlard étaient censées connaître. Pourquoi alors, étaient-ils persuadés qu'elle avait triché ?
Non seulement qu'elle avait triché, mais qu'elle mentait également ? Et pour quoi ? Pour un sac d'or dont elle n'avait pas besoin et une gloire éphémère qu'elle possédait déjà ? Mia n'aurait jamais pensé un jour dire ça, mais les Poufsouffles étaient définitivement les pires du lot. Ils la harcelaient plus que les Serpentards, et ça, c'était quelque chose qu'elle pensait définitivement impossible.
Mia aurait cru qu'après l'avoir accusé d'être l'héritière de Serpentard et après s'être excusé auprès d'elle, les élèves de Poufsouffle auraient réalisé qu'elle n'était pas leur ennemi, mais apparemment leurs excuses ne valaient rien et la maison des Blaireaux n'était loyale qu'à elle-même…Bon, Mia savait qu'elle était aigrie, mais elle en avait parfaitement le droit ! Elle se faisait insulter tous les jours, devait esquiver des mauvais sorts régulièrement et personne ne semblait se soucier du fait que quelqu'un essayait de la tuer une nouvelle fois !
Et comme toujours, Dumbledore et McGonagall ne faisaient rien absolument rien.
C'est avec un nouveau soupir que Mia tourna l'angle d'un corridor, aperçu un jet de lumière rouge…et perdit instantanément connaissance.
Lorsqu'elle se réveilla, elle était assise par terre, attachée par des cordes, face à deux garçons qui semblaient avoir son âge. Fusillant du regard ses assaillants, Mia remarqua distraitement que le blond ressemblait comme deux gouttes d'eau à Draco Malfoy et que le brun tenait sa baguette entre ses mains.
Préférant ignorer ces détails importants, Mia ouvrit immédiatement la bouche :
-Pour la dernière fois, je n'ai pas mis mon nom dans cette maudite Coupe de Feu !
-On s'en fout de ça, dit le brun d'un air méprisant.
Il ressemblait étrangement à elle. Si elle était née en tant que garçon, elle ressemblerait exactement à lui.
-Tout ne tourne pas autour de toi ! Cracha-t-il, la tirant de ses pensées.
Mia jeta un coup d'œil à ses liens et lui adressa un regard dubitatif. La jeune sorcière savait bien que tout ne tournait pas autour d'elle, mais ça ne l'empêchait pas d'attirer un peu trop l'attention et malgré tout ce que disait Ron et les autres élèves de Poudlard, ce n'était pas de sa faute !
-Ecoutez, on s'excuse mais on a besoin d'aide et promis, on ne vous dérangera pas longtemps, dit le blond.
-Ouais, c'est pas comme si tu passais du temps avec moi pour commencer, grommela le brun.
-Je ne t'ai jamais vu de ma vie, répliqua Mia, agacée.
-Bien sûr que non, je ne suis même pas encore né !
-Quoi ?
-Bien sûr que tu n'arrives pas à le voir, continua le brun, après tout on ne se ressemble pas du tout, n'est-ce pas ? Comment est-ce que je pourrais comparer à la grande Mia Potter !
Mia était sidérée de réaliser que même des gens à qui elle n'avait jamais adressé la parole était capable de la considérer avec le même mépris que Severus Rogue…très franchement, elle ne s'en pensait pas capable avant aujourd'hui.
-Nous venons du futur, expliqua le blond d'un air hésitant, comme s'il avait peur qu'elle se moque de lui.
C'était une expression très étrange, venant de quelqu'un qui ressemblait autant à Malfoy.
-Vous venez du futur, répéta-t-elle lentement.
-Mon Dieu, ce que t'es lente d'esprit, soupira le brun.
Irritée, Mia décida de l'ignorer et de se concentrer sur le blond.
-Tu es un Malfoy, n'est-ce pas ?
Le blond parut étrangement plein d'espoir, ce qu'elle ne comprit pas. Avoir un lien de sang avec Draco Malfoy n'était certainement pas cause de réjouissance à ses yeux.
-C'est vrai ? Demanda-t-il, les yeux brillants.
Mia n'essaya même pas de cacher son air dubitatif.
-Tu lui ressembles comme deux gouttes d'eau, tu dis venir du futur et tu me demandes si c'est vrai ?
-C'est juste qu'il y a des rumeurs…
-Oh, ignore les rumeurs, grommela Mia. Il y a deux ans, j'étais l'héritière de Serpentard aux yeux des idiots de cette école. Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent, ça ne veut pas dire que c'est vrai et tenter de raisonner avec des idiots est aussi inutile que de tenter de raisonner avec des pigeons. Tu peux présenter toutes les preuves du monde, offrir de prendre du Véritaserum, avoir des témoins mais les pigeons s'en foutent éperdument !
Le blond parut étrangement rassuré par cette diatribe tandis que le brun semblait prêt à la détester par principe… Mia se demanda vaguement s'il avait un lien de parenté avec la tante Petunia.
-Et tu es censée être… ?
-Bien sûr que tu ne me reconnais pas, après tout, on se ressemble pas du tout, n'est-ce pas ? Tu reconnais Scorpius mais tu ne reconnais pas ton propre fils, quel genre de mère, es-tu ?!
Mia regarda sans comprendre le garçon indigné en face d'elle pendant plusieurs secondes avant de réaliser l'énormité de ce qu'il venait d'annoncer.
-T-tu es mon... quoi ?!
Le garçon ne semblait pas se soucier du fait qu'elle n'avait que quatorze ans, qu'elle avait un seigneur des ténèbres qui souhaitait sa mort avant même qu'elle n'apprenne à parler, qu'elle n'avait pas de famille et qu'elle n'avait jamais même considéré un futur. Pour lui, seul lui et ses sentiments comptaient.
Scorpius Malfoy tenta de le calmer mais le garçon –qui s'était avéré être son futur fils- décida de débiter tout ce qu'il avait sur le cœur et lui expliqua à quel point elle était une mère indigne.
Une part de Mia se brisa à ce moment-là, sans qu'elle ne s'en rende compte.
Elle n'avait jamais songé à avoir une famille dans le futur, persuadée que Voldemort finirait par réussir à l'éliminer un jour ou l'autre. Mais si ce que ces garçons disaient, était vrai… elle avait la preuve que même dans un futur sans Voldemort, les Dursley avaient raison. Personne, ne voudrait jamais d'elle. Pas même son fils.
Lorsque le garçon finit enfin de se soulager de ce qu'il avait sur le cœur, Scorpius reprit enfin la parole.
-Nous sommes là pour sauver Cedric Diggory.
Mia le contempla d'un air impassible, épuisée par leur simple présence.
Scorpius entreprit d'expliquer que lui et son ami –et Mia se demanda vaguement ce qu'elle avait bien pu prendre comme drogue dans le futur pour nommer son fils Albus Severus, et surtout dans quel sorte de futur étrange, la progéniture de Malfoy était plus agréable que la sienne- avaient volé un Retourneur de temps, spécialement pour sauver Cedric Diggory à la demande de son père, Amos Diggory.
Mia écouta sans dire un mot, les explications loufoques des deux garçons. D'après eux, Voldemort comptait ressusciter à la fin de la troisième épreuve. Ils se fichaient comme d'une guigne de ce que cela signifiait pour leur monde, de ce qu'elle comptait subir, des nombreux morts que le seigneur des ténèbres allait causer, ni même des répercussions qu'ils allaient engendrer, tout ce qui comptait, c'était de sauver Cedric Diggory, pour qu'ils puissent justifier ce qu'ils venaient de faire. Parce qu'apparemment, la vie de Cedric et leur acte d'héroïsme étaient infiniment plus important que tout le reste.
Ils ne savaient pas comment, ils ne savaient pas non plus qui avait mis son nom dans la coupe, tout ce qu'ils savaient, c'était qu'elle devait faire quelque chose parce qu'ils le demandaient.
-J'ai une question, dit-elle après qu'ils aient fini de parler. Qui est ton père ? Demanda-t-elle à Albus.
Albus parut sincèrement surpris. Comme si elle aurait dû savoir qui était le futur père de son enfant.
-Ron Weasley.
Mia recula comme si on l'avait giflé.
Elle et Ron ? Ron et elle ?
C'était encore plus invraisemblable que deux idiots qui faisaient un voyage dans le temps, vingt ans dans le passé pour sauver un illustre inconnu.
-Et Hermione dans tout ça ?
-Qu'est-ce que Hermione Granger à avoir dans tout ça ? Demanda Albus de son ton méprisant.
Mia le contempla sans répondre.
-Rien, finit-elle par dire au bout d'un moment. Rien du tout.
Après leur avoir assuré qu'elle empêcherait Cedric de toucher le trophée, les deux garçons la détachèrent et s'en allèrent sans même se soucier qu'à l'instant où ils quitteraient le passé, ils cesseraient d'exister. Parce qu'après avoir annoncé à une fille de quatorze ans qu'elle deviendrait une mère indigne, que son propre fils ne l'aimait pas, pensaient-ils réellement que cette même fille souhaiterait fonder une famille ? Albus Severus Potter-Weasley ne naîtra jamais, il s'en était assuré. Et par l'effet papillon, Scorpius Malfoy, non plus.
Mia resta longtemps là, assise sur le sol de pierre froid, à contempler ce qu'elle venait d'apprendre.
Une part d'elle était dubitative. La visite des deux garçons était encore plus bizarre que sa propre expérience avec un Retourneur de temps, mais une autre part d'elle y croyait et elle était déjà décidée à tout changer.
Oh, elle ferait tout pour sauver Cedric, c'était certain. Quant au reste…
Avec un énième soupir, Mia se releva. Elle avait des plans à manigancer, de la magie à apprendre et le reste de sa vie à planifier.
Elle n'avait pas le temps de pleurer.
J'étais inspiré la semaine dernière et j'ai écris sept chapitres d'une traite. Je voulais vraiment finir cette histoire avant de la poster mais comme je l'ai déjà mentionné, je n'ai aucun self-control et je préfère savoir dès le début si ça vaut la peine de continuer.
Bises,
LS.
