Titre : Flirt au plus-que-parfait
Auteur : Tisama
Pairing : Steve Rogers x OC
Genres : Amitié/Romance
Disclamer : Marvel possède Steve et le MCU. Matt est un OC de mon cru.
Rated : T (présence d'une relation ambiguë entre deux hommes)
Résumé : Steve a animé des groupes de paroles pendant les cinq ans qu'a duré la Décimation. Voici l'histoire d'une des rencontres qu'il a fait à l'occasion de l'un d'entre eux, celle d'un homme, celle d'un ami, celle d'un flirt. Une rencontre désormais au plus-que-parfait.
Flirt au plus-que-parfait
La rencontre avait été banale. Il était arrivé à l'un de groupe de parole de Steve. Brun, ses yeux sombres étaient cernés de bleu et sa bouche était entrouverte comme s'il voulait dire quelque chose mais qu'il n'osait pas. Steve avait souri et avait tendu la main pour l'inviter. Alors il était rentré.
Au début, il n'avait pas parlé. Il avait regardé, écouté. A la fin de la séance Steve lui avait dit : « On vous reverra la semaine prochaine ? ». Il avait acquiescé puis était parti.
La semaine qui avait suivi, il était revenu. Il était arrivé légèrement en retard comme la première fois. Cette fois il s'était excusé, et s'était frotté l'arrière de la tête dans un geste embarrassé. Steve avait souri à nouveau, l'avait invité à rentrer. Il s'était assis sur la seule chaise qui restait, à croire qu'elle l'attendait. C'était celle face Steve. Lorsque les deux billes azur s'étaient plongées dans les siennes il n'avait pas pu faire autre chose que de baisser la tête. Il avait quand même décidé de se présenter.
« Je suis Matt. Je suis de ceux qui sont restés. J'ai perdu mon compagnon. Ça fait deux ans.
-Bienvenue Matt. Parle ici à ta guise. Ou bien pas si tu n'as pas envie. »
La voix de cet homme blond à la carrure si imposante, était l'une des choses le plus douce qu'il n'avait jamais entendu. De toute la séance, il n'avait rien dit de plus. Mais il avait regardé et avait laissé une étrange chaleur se répandre en lui.
« A bientôt Matt. »
Les yeux de Steve l'avaient transpercé à cet instant comme s'ils avaient lu en lui.
« A bientôt Steve. »
Il avait l'impression d'exister quand cet homme le regardait.
La semaine suivante, Matt était arrivé un peu en avance. Steve était dans la salle du groupe de parole, seul, et était en train de manger un sandwich. Non, en réalité, il avait semblé plus absorbé par ce qu'il était en train de lire sur son téléphone que par son casse-croute. Matt avait toqué.
« Bonjour Steve.
-Bonjour Matt. Comment vas-tu ? »
Steve avait posé son téléphone à côté de son sandwich et n'y avait alors plus prêté la moindre attention.
« Pas trop mal je crois… ça me fait du bien de venir… je crois… »
Matt s'était dit qu'il avait dit deux fois « je crois », mais Steve n'avait pas relevé. Il avait souri.
« Je suis content de l'entendre. »
Ils en étaient restés là. Le reste du groupe était arrivé.
« Matt ? Tu veux nous dire quelque chose cette semaine ? »
L'intéressé s'était plongé dans ces deux billes bleues qui étaient en train de le sonder.
« Je peux vous parler de Will ? Will s'était l'homme de ma vie. C'est affreusement cliché mais c'est vrai. Quand on s'est vu pour la première fois, quelque part, on savait qu'on s'aimerait jusqu'à ce que la mort nous sépare. Il était grand Will. Pas très beau ont dit mes amis mais moi, je ne voyais que lui. Il me faisait rire. Il ne me regardait comme personne avant lui. Il aimait l'Italie. On devait y partir. On avait tout prévu. Il voulait absolument voir Venise mais je trouvais ça trop cliché. Je voulais visiter Capri. Mais Will est parti. Un soir où j'étais dans ses bras, devant la télé. Il était là, puis soudain, il ne restait que ses cendres. »
Il avait tout dit d'un coup. D'une traite, comme on arrache un pansement. Il avait levé les yeux vers Steve. Ce qu'il avait vu dans ces orbes océans l'avait achevé et il s'était mis à pleurer. Ça faisait si mal.
Steve avait pris la boite de mouchoir et s'était approché. D'une main, il avait tendu la boite, de l'autre il avait posé une main sur son genou, innocemment, dans un geste de pur soutien.
A la fin de la séance, tout le monde s'était salué. Matt n'avait pas voulu partir tout de suite. Il avait aidé Steve à ranger. Matt demanda :
« Tu rentres comment ?
-Je vais marcher.
-Mais tu habites où ?
-J'ai un appartement à Brooklyn.
-Tu veux que je te raccompagne ? Il fait un froid de tous les diables.
-Je veux bien merci. »
Matt avait souri.
Il avait ramené Steve chez lui. Pas un mot n'avait été échangé jusqu'à ce que la voiture s'arrête.
« Et toi Steve ? Il t'est arrivé quoi ?
-Je n'ai pas trop envie d'en parler maintenant.
-Viens diner chez moi… On en discutera. Tu nous écoutes tout le temps. Pourquoi on ne pourrait pas entendre ton histoire ?
-Parce que… j'aurais pu faire mieux… C'est ma faute.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Rien. Bonne nuit, Matt. Rentre bien. »
La semaine suivante, Matt était aussi arrivé en avance.
« Salut Steve.
-Salut Matt. Tu vas bien ?
-Oui, ça va… ça m'a fait du bien de tout évacuer la semaine dernière.
-Tant mieux alors.
-Tu as réfléchi ?
-A quoi ?
-Ma proposition. Pour venir diner.
-Je ne sais pas Matt…
-Tu ne seras pas obligé de parler si tu n'as pas envie.
-Bon, je te dirais quand j'aurais un moment de libre. »
Matt avait souri et Steve avait souri en retour.
Pendant la séance, Matt avait à nouveau parlé.
« Avec Will on parlait parfois d'avoir un enfant. Je n'en voulais pas vraiment. On était heureux, juste lui et moi. Je lui ai même offert un chat, pensant que l'envie passerait. Mais non. Elle était toujours là. Et moi je me demandais si je n'allais pas accepter pendant notre voyage en Italie. Je voulais lui faire une surprise. »
Ce soir-là, Matt avait ramené Steve chez lui, à nouveau.
« Jeudi soir ? Ça t'irait ?
-Tu acceptes alors ?
-Oui. Si ça tient toujours.
-Oui. Oui, bien-sûr ! Je viens te chercher d'accord ?
-Très bien.
Le jour du rendez-vous, Steve avait attendu devant chez lui, jetant quelques coups d'œil à sa montre. Le froid avait piqué ses les joues et son souffle se transformait en buée. Il avait vu la voiture de Matt arriver de loin. Il s'était demandé s'il ne faisait pas une énorme bêtise en s'impliquant dans la vie de l'un des membres de ses groupes de paroles. Et Matt n'était pas comme lui, comme eux. Il n'était qu'un dommage collatéral, comme tous les autres. Il n'était pas coupable.
Il était monté dans le véhicule. Il avait remarqué que Matt s'était plus apprêté que lorsqu'il venait aux groupes de parole mais Steve ne l'avait pas relevé. Arrivé chez Matt, il avait observé son environnement. C'était plutôt cosy. Il y avait plusieurs cadre photos le représentant avec un autre homme.
Will.
Les regards qu'ils échangeaient ne trompaient pas. Ils éprouvaient l'un pour l'autre un amour d'une puissance qui allait au-delà de l'imagination. Steve ne se rappelait pas avoir échangé un tel regard avec qui que ce soit.
« J'adore celle-ci. C'était après l'attaque des extra-terrestres…
-Les chitauris.
-Ouais c'est ça ! T'es un fan des Avengers ?
-Je ne sais pas si je peux vraiment dire ça… répondit Steve avec un léger sourire.
-Okay… Euh, bref, c'était juste après que les Avengers aient sauvé tout le monde. Je crois que c'est ce jour là qu'on a compris à quel point on devait chérir chaque moment… Quand une catastrophe de cette taille nous passe juste à côté ça fait réfléchir ! Comment tu l'as vécu toi ?
-L'attaque ? J'ai réussi à venir en aide à plusieurs personnes et après… c'est un peu compliqué à expliquer…
-Ce que tu es cachotier ! Tu travailles quand même pas pour la CIA.
-Oh non. Surement pas…
-On va manger ?
-Je te suis. »
Ils avaient appris à se connaître un peu mieux pendant ce diner. Bien-sûr Steve n'avait pas échappé à la question fatidique :
« Et tu as quelqu'un toi ? »
Il avait baissé les yeux.
« J'ai un travail trop prenant pour ce genre de choses.
-Je vois… Monsieur préfère les aventures courtes. Avec ton physique tu dois en faire tourner des têtes. »
En cet instant, le visage de Tony Stark, le milliardaire, playboy et philanthrope était passé dans l'esprit de Steve Rogers. Non… Il n'était pas non plus de ce genre-là.
« Et tu es plutôt fille ou garçon ?
-Eh bien… je dirais que je n'ai eu que des femmes dans ma vie… Je viens d'une famille ou ce genre de choses n'était pas très bien vu.
-La vieille école ? Je vois.
-C'est ça. On pourrait dire que ma famille appartient à un autre temps. Mais ils sont tous morts aujourd'hui.
-Ah merde, je suis désolé…
-Ne t'inquiète pas. On ne se parlait plus depuis longtemps. »
La soirée s'était passée en un clin d'œil et Matt avait ramené Steve chez lui. Avant que le blond ne parte, Matt avait posé sa main sur son bras.
« Merci.
-Merci à toi. »
Les semaines s'étaient enchaînées. Ils se voyaient au groupe de parole. Matt se s'était beaucoup livré. Sur Will, sur l'après Décimation, sur le quotidien. Il avait bien sympathisé avec le reste du groupe. Puis, Matt avait pris l'habitude de ramener Steve chez lui, essayant à chaque fois un peu plus d'apprendre à connaître ce grand blond aux yeux bleus si mystérieux. La gentillesse et la patience de Steve avaient véritablement fait aller Matt de l'avant. Oh, il n'oubliait pas Will mais il avait commencé à avancer, à doucement recommencer à vivre. Il avait toujours mal mais plus comme avant. La sensation de manque comme une boule de plomb au fond de son estomac étaient en train de s'estomper semaine après semaine.
Et il n'y avait pas que ça. Matt ne pouvait nier que Steve lui plaisait. Pas assez pour être amoureux, pas après Will, mais juste assez pour avoir envie de flirter avec lui, une envie qui était partie en poussière avec l'homme qu'il aimait par-dessus tout. Alors il avait commencé par des mains qui se frôlaient, des regards qui s'accrochaient, des sourires complices. Puis il y avait eu les soirées où ils finissaient collés l'un à l'autre sur le canapé de Matt.
Et Steve ne disait pas non. Steve était réservé timide et avait besoin d'être apprivoisé, d'apprivoiser son corps, le corps de Matt. Mais il ne disait pas non. Il n'avait pas envie de dire non. Parce qu'au milieu de toute cette souffrance, ces petits jeux lui plaisaient. Il oubliait pendant ces brefs moments qu'ils avaient laissé l'univers être amputé de la moitié de sa population. Matt était un homme. Matt en aimait un autre. Mais Matt lui plaisait. Pas au point d'en être amoureux mais juste assez pour le laisser le guider dans ces moments de tendresse qui n'appartenaient qu'à eux.
Ils avaient même commencé à sortir en public. Plus tout à fait des amis mais en aucun cas des amants. Ils n'en parlaient pas. C'était eux et c'était bien.
Ils ont continué ainsi pendant cinq mois, jusqu'à ce que Matt casse la routine et ne vienne pas à la réunion habituelle. Pas de message, pas de signe. Steve avait rangé la salle comme d'habitude inquiet. Il avait soudain entendu deux coup brefs sur une porte derrière lui. Matt était à l'entrée de la salle, un sourire contrit sur les lèvres à côté de lui, un énorme sac de voyage.
« Tu n'oses pas rentrer ?
-Steve… Je suis désolé de pas être venu.
-Tu n'es pas obligé de venir. D'autres sont partis avant toi. Je… pensais juste que tu m'aurais prévenu. Je me suis inquiété.
-Je sais… Je… Pardon…
-Laisse-tomber. Tu vas quelque part ? »
Il avait désigné d'un mouvement de la tête le sac.
Matt était entré avec son sac, avait fermé la porte derrière lui.
« Je pars. J'ai besoin d'avancer. Je vais m'installer en Italie.
-Quoi ? Comme ça ?
-J'y ai beaucoup réfléchi. J'ai fait une demande il y a un mois. Elle vient d'être accepté.
-D'accord… Je suis surpris… Tu n'en as jamais parlé.
-Je… Je voulais le faire mais… J'ai pas eu le courage. Je ne suis pas comme toi, Steve Rogers. »
Steve avait immédiatement de ranger. Il s'était tourné et avait jeter un regard grave et dur à Matt.
« Je me suis rendu compte un peu tardivement de qui tu étais. Et je ne voulais pas que ça change les choses entre nous. Pour moi, ça n'a rien changé.
-Je te remercie ne pas y avoir fait mention.
-Steve… Je viens pour te dire au revoir. Je ne reviendrais pas. A moins que Will revienne. Vous comptez réparer ce qui a été fait ?
-Matt… Je peux me démener comme je veux… On ne remonte pas le temps. Ce qui a été fait ne peut être défait.
-Pardon. J'imagine à quel point ça doit être dur à porter… C'est pour ça que tu animes toutes ces réunions, pour soulager à ta conscience.
-En partie. Si je peux soulager certaines personnes en les écoutant alors je le ferais jusqu'à ma mort.
-Je te reconnais bien là. Je… je peux te demander un dernier service ?
-Eh bien… Est-ce que… Non ! Ferme-les yeux !
-Quoi ?
-Ferme juste les yeux. »
Steve s'était exécuté et avait caché ses yeux bleus si intimidants derrière ses paupières. Alors Matt s'était approché doucement. Il avait posé une main sur la nuque de cet homme qui lui avait tant apporté au fil de ces derniers mois. Il lui avait laissé quelques secondes pour se dérober et voyant qu'il se laissait faire, Matt avait posé ses lèvres sur les siennes un baiser doux, chaud un merci un adieu un « je t'aime » et « je ne t'oublierai jamais ».
« On s'appellera, on s'écrira ? »
Matt s'était reculé et avait posé sa question un peu embrassé. Steve avait rouvert les yeux et avait souri. Il avait hoché la tête. Un poids dans la gorge l'empêchait de parler.
« Bon… Je vais y aller. A bientôt.
-A bientôt Matt… »
Le jeune homme avait ouvert la porte et était sorti par cette même porte où il était venu. Steve était resté debout, sonné. Il avait porté sa main à ses lèvres. Ça avait été agréable mais rien à voir avec ce qu'il avait pu vivre avec Peggy, sur cette voiture, alors qu'il la voyait pour la dernière fois. Il s'était demandé si un jour il rencontrait quelqu'un qui compterait autant pour lui que Will comptait pour Matt. Il s'était demandé si la prochaine fois qu'il échangerait un baiser, son cœur et son corps s'embraseraient.
Il avait terminé de ranger. Il avait fermé la porte et sur elle le souvenir de cet instant, celui de la fin d'une romance jamais commencé, d'une amitié étrange, d'un baiser fugace que s'envolait déjà pour être remplacé par le lourd manteau de la solitude.
Steve avait marché jusqu'à chez lui, sous la lune d'été, seule témoin de la fin de cette relation imparfaite, de ce flirt au plus-que-parfait.
J'espère que ce petit OS vous a plus, je me suis beaucoup amusée à l'écrire. Dédicace à Kae qui a été à l'origine de cette idée.
Des bisous, n'hésitez pas à laisser une petite review :3
