1) L'enlèvement par WICKED

Elle avait peur. Très peur. Le noir les englobaient tous, les cris des souffrants effrayaient les plus jeunes qui se blottissaient dans les bras de leurs mères. Ou si elles étaient atteintes par le virus, dans ceux de leurs pères... Dans les bras de quelqu'un qui ne risquait pas de leur faire du mal.

La petite fille, du haut de ses trois ans et demi, comptait parmi les enfants les plus courageux. Elle n'avait pas versé une seule larme, pas poussé un seul cri depuis leur arrivée dans ce tunnel lugubre. Pourtant, elle avait peur. Oh oui. Sa maman la serrait fort contre son cœur, lui murmurant à l'oreille qu'elle serait toujours là pour elle.

Des cris plus forts que les autres se firent entendre. La fillette attrapa la main de sa maman. Quelqu'un se faisait attaquer. Encore. Ils étaient habitués maintenant, mais n'avaient pas vraiment d'autres choix que de rester là où ils pouvaient se cacher. Cependant, les cris se firent plus proche. Les choses qui les provoquaient avançaient dans leur direction. La maman se redressa, attrapa sa fille et se leva. Elle se mit à courir.

L'enfant ne cria pas, comme d'habitude. Elle s'accrochait à sa maman comme à son doudou, faisant ce qu'elle pouvait pour peser le moins possible dans ses bras. Il fallait qu'elles se dépêchent si elles ne voulaient pas être attaquées à leur tour et devenir comme...

Elle n'avait pas deux ans quand son papa contracta le virus qui décimait des populations entières. Il avait tenu bon, très longtemps. Mais un jour, il avait lâché. Et s'était attaqué à sa femme. Leur fille était dans la pièce, trop jeune pour comprendre. Elle avait tout vu. Son papa sautant à la gorge de sa maman, celle-ci se débattant en criant au secours, lui, les yeux noirs, la salive de la même couleur coulant le long de son menton. Et puis, plus rien. Plus un bruit, plus un cri. Le corps sans vie de son papa tombant à la renverse. Et la maman attrapant sa fille pour s'enfuir. Elles s'étaient alors réfugiées dans le tunnel avec une multitude d'autres sinistrés.

- Maman... chuchota la fillette quand leur course folle fut finie.

- Oui ma chérie ?

- Maman, tu crois que les méchants, ils nous laisseront tranquilles un jour ?

- Je l'espère ma petite princesse. Mais sache que je serais là à chaque moment de ta vie ! Dans ton cœur.

La petite fille serra sa maman entre ses petits bras. Elle fourra sa tête dans son cou et huma l'odeur de celui-ci. Elle sentait la fraise. La fillette adorait se coller à sa maman de cette manière. Elle adorait le faire aussi avec son papa, avant. La petite fille sursauta quand une explosion fit s'écrouler l'un des murs. Tout le monde cru que les Fondus les avaient retrouvés, mais ce n'en étaient pas. C'étaient des êtres humains. Sur leurs uniformes, en grosses lettres, étaient inscrit "WICKED".

Les réfugiés se réjouirent de voir ces hommes, armés. Ils venaient les secourir, ce n'était pas possible autrement. Pourtant, si. Les hommes se mirent à prendre tous les enfants. Un par un. Si quelqu'un avait le malheur de résister, il était tué sur le champs. La maman et sa fille reprirent leur course. Mais les hommes étaient entraînés, forts, et rapides. Ils n'eurent pas de mal à les rattraper.

- Donnez-la nous ! Et il ne vous sera fait aucun mal ! s'écria l'un d'eux.

- Il n'en est pas question. C'est ma fille, ma petite !

- Donnez-la nous, sinon, nous vous tuons !

L'homme fit un pas en avant, suivit par un autre. La maman recula. Elle n'allait pas leur laisser sa fille. Il n'en était pas question. Des hommes capables de tuer les parents pour enlever leurs enfants, ce n'était sûrement pas pour les aider. Ils lui demandèrent à nouveau, et une fois de plus, elle refusa. Alors l'un d'eux s'approcha et lui arracha sa fille hors des bras, les faisant hurler toutes les deux.

- Rendez-moi ma fille ! Laissez-la ! Cathy ! Je t'aime Cathy !

Puis ce fut une détonation. Cathy n'avait pas détourné le regard. Elle avait vu sa mère tomber, une balle dans la tête. Comme elle avait vu son père tomber, un couteau dans le cœur. La fillette cessa de crier après sa mère. Cela ne servait plus à rien de toute manière. Cathy fut emmenée avec les autres enfants. Ils furent transportés dans un train. Là, une femme vint les voir, un par un. Quand elle arriva à sa hauteur, elle se pencha vers elle et lui caressa la tête.

- Bonsoir ma chérie. Comment vas-tu, Mélanie ?

- Je ne m'appelle pas Mélanie !

- Si, maintenant, tu seras Mélanie, ma chérie.

- Moi c'est Cathy !

- Bon, nous allons vous emmener dans un endroit sûr. Tu n'as plus rien à craindre, dit-elle en se redressant. Et, les enfants. Sachez une chose : WICKED est bon.